tribune 31/07/2010 à 12h24

Garde à vue : les 11 Sages font un coup d'Etat constitutionnel

Arthur Sauzay | Elève avocat à l'école du barreau de Paris

En abrogeant le régime des gardes à vue de droit commun, le Conseil constitutionnel est devenu à plusieurs égards aussi puissant que le Parlement ou le président de la République. Symbole majeur de cette prise de pouvoir : la juridiction suprême dicte l’agenda politique du gouvernement.

Avec la refonte de la Constitution votée en juillet 2008, le nouveau mécanisme de « question prioritaire de constitutionnalité » entré en vigueur en mars permet au Conseil constitutionnel, traditionnellement chargé du contrôle des lois juste après leur adoption par le Parlement, de procéder désormais à ce contrôle sur demande des justiciables.

Cette révolution silencieuse vient de faire sa première grande victime : rien de moins que la quasi-totalité du système français de la garde à vue.

Manifestement, le Conseil a voulu frapper un grand coup

On sentait depuis mars que le nouveau système était porteur de grands changements : peu pourtant avaient imaginé que le Conseil pourrait aller si vite et si loin. Manifestement, il a voulu frapper un grand coup, et il faut reconnaître que la garde à vue, de plus en plus contestée (à juste titre), fournissait un terrain de choix.

Mais derrière cette décision, largement soutenue par les associations de défense des droits de l’homme et les avocats, on est en droit de se demander dans quelle mesure le Conseil n’a pas largement dépassé sa mission.

Qu’a dit en substance le Conseil dans sa décision rendue le 30 juillet ? Que le système qui encadre la garde à vue est bourré de défauts, accentués au gré des diverses réformes qui se sont accumulées depuis vingt ans et ont contribué à faire de la garde à vue un événement presque courant.

La rupture est également dans le ton. Il faut lire les leçons que le Conseil tire de ces modifications successives pour se rendre compte du ton à vrai dire complètement nouveau, et même quasiment politique, utilisé par la juridiction suprême, pourtant si habituée aux formules de velours :

« [...] Ces évolutions ont contribué à banaliser le recours à la garde à vue, y compris pour des infractions mineures ; qu’elles ont renforcé l’importance de la phase d’enquête policière [...] ; que plus de 790 000 mesures de garde à vue ont été décidées en 2009. »

On a presque l’impression de lire un rapport d’Amnesty international.

Le Conseil peut réécrire des pans entiers de notre droit

Il ne s’agit de pas de prononcer sur le bien-fondé de la décision, mais bien sur le pouvoir que s’arroge le Conseil de dicter, en pratique, au gouvernement son agenda politique. Car en dépit des systèmes de filtre institués pour canaliser le flot des demandes, les multiples recours qui vont arriver jusqu’aux portes de la rue de Montpensier vont lui donner donner l’occasion de réécrire des pans entiers de notre droit.

On avait prédit que le flot de demandes se tarirait nécessairement rapidement, étant donné l’impossibilité pour le Conseil -en fonction depuis 1958- de se prononcer deux fois sur la même question, à moins d’un changement de circonstances. Le Conseil n’a pas hésité à appliquer cette condition afin de sanctionner des articles qu’il avait pourtant validés en 1993, en arguant du fait que les textes sur la garde à vue avaient substantiellement changé depuis.

Les Sages jugent ainsi que l’essentiel du système français de garde à vue est contraire à la Constitution. La sanction ? Les articles du code de procédure pénale sont abrogés à partir de juillet 2011. Le gouvernement a donc onze mois pour inventer un nouveau système... avant que le Conseil ne corrige à nouveau sa copie.

Quelle est la légitimité de cette assemblée ?

Au-delà de l’enjeu, évidemment fondamental, de la garde à vue, c’est la méthode qui choque : en clair, si au 1er juillet 2011 le gouvernement n’a pas adopté un nouveau système conforme à la Constitution, toutes les gardes à vue décidées après cette date seront illégales et tous les délinquants arrêtés resteront libres.

Bref, un ultimatum est posé.

Surtout, et c’est bien le fond du problème, quelle légitimité a cette assemblée pour décider que la loi, votée par les représentants élus du peuple, est nulle et non avenue ?

Certains diront qu’il s’agit là d’une résurgence du vieux débat sur le « gouvernement des juges », si souvent invoqué par les majorités en place.

Mais il est clair que la question prend aujourd’hui une dimension nouvelle : il ne s’agit plus d’interpréter la loi a priori mais bien de déclarer solennellement qu’une loi en vigueur est abrogée. Et l’occasion de le faire va se présenter souvent, forçant le gouvernement à adapter son calendrier parlementaire et politique aux flux des décisions du Conseil.

Espérons que les Sages continueront à l’être...

On peut parier qu’au gouvernement des voix vont s’élever pour estimer que le Conseil est allé bien plus loin que la mission qui lui est confiée. Mais qui pourrait contrôler le contrôle du Conseil ? Personne, puisque ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.

Nul ne pourra cependant prétendre que dans le grand fourre-tout mutant qu’est devenue la loi française, de nombreux textes, comme ceux qui régissent la garde à vue, méritent d’être revus.

Mais jusqu’à présent, seul le Parlement, représentant du peuple, pouvait véritablement prendre l’initiative. Le gouvernement peut certes proposer, mais il a besoin du vote parlementaire.

Il faut donc espérer que les Sages, ainsi qu’on les surnomme, continueront à l’être.

Jean-Louis Debré plus puissant que Nicolas Sarkozy

Car le bouleversement de l’équilibre des pouvoirs est net : Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, abolit un système que Nicolas Sarkozy n’a jamais véritablement remis en question.

Et à l’inverse, que penser du discours martial du président de la République promettant une loi pour retirer leur nationalité à des délinquants attaquant la police, mais qui aurait toutes les chances d’être annulée par le Conseil ?

On est donc tenté de conclure que Jean-Louis Debré est, en l’occurrence, plus puissant que Nicolas Sarkozy.

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  • SiDi
    SiDi
    En état de choc
    • Posté à 16h02 le 31/07/2010
    • Internaute 24795
      En état de choc

    « toutes les gardes à vue décidées après cette date seront illégales et tous les délinquants arrêtés resteront libres. »

    J’espère sincèrement ne jamais être représenté par un « avocat » comme vous !

    Petit rappel, un délinquant est une personne commettant des délits. Et quand on est en garde à vue, on est suspectés, et non reconnu coupable de quoi que ce soit : on n’est donc pas forcément un délinquant.

    • Kurtz
      Kurtz répond à SiDi
      Juriste médisant mais pas (...)
      • Posté à 16h11 le 31/07/2010
      • Expert 56691
        Juriste médisant mais pas (...)

      Bien vu, j’étais passé à côté au milieu des autres énormités ! Un gardé à vue est toujours présumé innocent !

  • didi_bzh29
    didi_bzh29
    pour l'indépendance
    • Posté à 16h05 le 31/07/2010
    • Internaute 70617
      pour l'indépendance

    « [..]les multiples recours qui vont arriver jusqu’aux portes de la rue de Montpensier vont lui donner donner l’occasion de réécrire des pans entiers de notre droit. »

    Vite vite, donnez-moi un exemple, afin que je les saisisse.

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 16h12 le 31/07/2010
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Notre pays est trop grand pour Sarkosy, il ne peut se déplacer sans faire boucler les lieux où il se rend. Il enfonce le pays dans la misère et ne supporte pas que les gens qui s’adaptent aux conditions qu’on leur fait, ne se laisse pas plus dicter leur vie. Les immigrés sont dans une situation de handicape dans notre société. Une société qui choisit de piquer du fric aux handicapés pour payer 30.000.000 € par an à Liliane Bettancourt. Au fait, quoi de nouveau avec Woerth ?

  • Nemed
    • Posté à 16h17 le 31/07/2010
    • Internaute 60703

    La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion . Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

    La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

    Voici l’article 1er de la Constitution Française.

    Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion

    Il n’y a pas de français de 1ere, 2ieme ou 3ieme génération. Il n’y a que des français.

  • Buleh Gila
    Buleh Gila
    Gila
    • Posté à 16h46 le 31/07/2010
    • Internaute 108464
      Gila

    De toutes manières, il est acté que la garde à vue n’est plus utilisée en France depuis l’audition du Ministre Woerth.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 16h59 le 31/07/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Le Conseil Constitutionnel va devoir se mettre de nouveau en avant en supprimant la volonté du ventilo de mettre en place une double peine pour les étrangers sanctionnés d’une infraction. D’ailleurs cette double peine n’a t’elle pas été annulée par le Consei d’Etat... ?

    N’est-ce pas étonnant de voir Lili Bettancourt et Woerth recevoir les policiers chez eux ou dans leurs bureaux professionnels pour répondre à leurs questions. Ils n’ont pas droit à une garde à vue... ? En fait ce sont les policiers qui préfèrent agir ainsi, sinon ils seraient obligés de pratiquer une fouille au corps et ils ne sont pas équipés de masques les protégeant des mauvaises odeur du « Bling-bling’ du marigot de nos décideurs... ! !

    Sarko, ministre de l’Intérieur en 2002, reprend les thèmes de l’insécurité pour garder l’électorat raciste qui semble le quitter avec l’affaire maffieuse Woerth-Bettencourt. Si en 2007, ses propos sécuritaires ont marché, cela ne semble pas être le cas cette fois ci, car les réacs français semblent être attirés par la blonde Marine qui pourrait faire de sacrées vagues en 2012... ! !
    Lien

    • Patrick Guergnon
      • Posté à 18h32 le 31/07/2010
      • Internaute 10669

      « car les réacs français semblent être attirés par la blonde Marine qui pourrait faire de sacrées vagues en 2012... ! !

      Vous pensez à une réédition du second tour de 2002, mais sans représentant de l’UMP ?

      • noubadekau
        • Posté à 13h29 le 01/08/2010
        • Internaute 31428

        Pire que cela, le tocard serait bien capable, sachant qu’il ne sera pas réélu et en partance pour toucher ses gages, de nous refiler le FN en cadeau d’adieu...
        Ce type n’aime ni la Farnce et encore moins les français.

  • plesn
    plesn
    procrastinateur
    • Posté à 17h18 le 31/07/2010
    • Internaute 76573
      procrastinateur

    On est effectivement content d’avoir vu Hadopi 1 et les gardes à vues de droit commun mises à la poubelle, et c’est une bonne chose que soit vérifiée non seulement la constitutionnalité des lois émises mais aussi la constitutionnalité de l’équilibre de leur application pratique. Mais cela pose effectivement plusieurs problématiques sur l’actuelle organisation du pouvoir législatif.

    La première problématique est effectivement le contrôle du conseil constitutionnel : celui-ci vient de devenir une véritable institution « active » de la République, il est aberrant qu’il reste composé de gens nommés. Heureusement que notre constitution est suffisamment progressiste pour que le danger de censure pèse pour l’instant d’avantage sur les lois liberticides actuelles que sur d’éventuelles lois progressistes ; mais le sens des mots peut être renversé et l’argent du lobbying peut être vu par exemple comme une « liberté d’expression » des lobbies. Enfin c’est tout de même un peu déprimant qu’une constitution datant de 200 ans reste progressiste…

    La deuxième problématique est que l’on empile des réformes, mais on a des outils insuffisants pour réorganiser les lois afin de les rendre plus simples, claires et succinctes, mieux documentées avec un contenu politique plus explicite, et donc plus accessibles à tous puisque « nul n’est censé ignorer la loi . » Les exemples pathologiques abondent comme la réforme financière américaine qui est un pavé énorme mais vidé de tout contenu politique. Il nous faut un bon outil de protection des citoyens et non une complexité baroque garante du maintient des intérêts des puissants. Techniquement il faut faciliter le travail de suivi et d’observation : les lois doivent être donc versionnées, abondamment documentées et motivées, les débats doivent être plus ouverts autorisant des références plus complexes (en étant adossés à des wiki par exemple) ; les auteurs de lois inconstitutionnelles ou de brèches volontaires (comme celle préservant la scientologie par exemple) doivent en être responsables, les arguments ne peuvent plus se baser sur le « parre-feu openoffice » dans un système un peu sérieux. Une loi ne meurt pas une fois votée, ses effets et « bugs » devraient être suivis dans un modèle beaucoup plus ouvert de rétro-action avec les observateurs et les institutions indépendantes dédiées.

    Enfin une remarque sur la séparation des pouvoirs : celle-ci s’avère relativement efficace lorsqu’elle est mise en place même partiellement : on a des gens qui sont là avec pour seul utilité d’enlever des lois inconstitutionnelles et qui le font même si celles-ci sont soutenues par leur camp politique. C’est à comparer avec un parlement godillot qui n’est plus séparé de l’exécutif car les parlementaires sont là essentiellement en position de relais de leur parti. On peut donc aisément faire beaucoup mieux.

  • Aligby
    Aligby
    Etudiant
    • Posté à 17h39 le 31/07/2010
    • Internaute 100824
      Etudiant

    Voilà qui est très drôle : les juges depuis un long moment maintenant vérifient la conformité des lois aux conventions internationales (arrêt Jacques Vabres du 25 mai 1975 pour la Cour de Cassation et depuis l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989 pour le Conseil d’Etat) mais s’interdisent la vérification à la Constitution puisqu’elle appartient au Conseil Constitutionnel. Et l’on se réveille aujourd’hui pour dire que voilà un scandale que la constitutionnalité des lois soient vérifiées !
    Donc : on peut très bien sanctionner une loi parce qu’elle est non-conventionnelle, mais surtout pas parce qu’elle serait inconstitutionnelle ! D’où, si l’on suit la logique d’Arthur Sauzay (qui ne va pourtant pas aller jusque-là puisqu’il ne semble pas avoir vraiment de connaissance sur le sujet ou parce qu’il fait mine de les ignorer - élève avocat nous dit-on, il devrait pourtant le savoir), les conventions internationales sont supérieures (en fait) à la Constitution française. Ou alors, il faut également se révolter contre le fait que nous soyons sous l’empire du droit de l’Union Européenne.
    Et puis, cette question prioritaire, n’est que l’aboutissement logique de l’évolution du droit de ces dernières décennies : pousser des cries d’orfraie sur cette question prioritaire, c’est pousser le bouchon un peu loin : soit l’on entre dans un système cohérent -ce qui est plus ou moins le cas aujourd’hui*- et la question prioritaire de constitutionnalité en fait partie, soit on change de système (et dans ce cas, on peut imaginer la suppression de ce recours ; mais ne doit-on pas aussi s’interroger sur la question des conventions internationales de la France et notamment du droit de l’union européenne (ancien droit communautaire) que les juges appliquent aujourd’hui directement même sans l’intervention du législateur ou contre lui ? Sans mentionner le droit européen**. ).

    Et le législateur dans tout ça ? Eh bien, le législateur dans tout ça, il est un peu responsable de cette situation non ? N’a-t-il pas délibérément et depuis des décennies abandonner tout pouvoir au Gouvernement, à l’Union Européenne, à l’OMC et autres ? Peut-être aussi que le législateur à oublier de comprendre quoique ce soit au droit, et que c’est un problème ? N’a-t-il pas contribué bien plus encore à la destruction de la loi en votant de manière systématique des lois pour chaque fait divers ? N’a-t-il pas contribué à la désacralisation de la loi en produisant des aberrations juridiques (la loi de simplification qui a bénéficié à l’Eglise de la scientologie dernièrement, la loi sur l’inceste plus favorable aux délinquants*** - ah ! tiens, il va falloir une interprétation extensive du juge pour réparer la boulette du législateur, hein, et là on va s’en plaindre peut-être ?) ? Par ailleurs, vous l’aurez noté, le Conseil a donné un an au Gouvernement pour voter une loi il ne « réécrit » donc pas des « pans entiers de notre droit », il ne fait que l’appliquer et laisse le soin au législateur de le réécrire.

    C’est difficile à accepter, mais le droit est avant tout un discours qui veut produire des effets sur le comportement, et un discours nécessite des interprétations. La complexité et la technicité de celui-ci (mais pouvons nous faire autrement aujourd’hui ?) y pousse inexorablement (et si le juge français à tendance à avoir des décisions au contenu opaque pour le non-initié, il n’empêche qu’il fait des efforts depuis quelques années pour simplifier, autant que faire se peut le droit).

    Que le droit permette une certaine puissance du juge, ça n’est pas complètement faux : mais dans des proportions en France, autrement plus faible qu’à l’étranger, si ce n’est peut-être par l’opacité des décisions des cours françaises (mais si les juges français écrivaient leurs arrêts comme les pays de common law ou du droit européen, vous hurleriez tout le temps). La légitimité du juge tient à la fois de manière substantielle et accessoire à ce que l’on appelle aujourd’hui communément la « sécurité juridique », c’est-à-dire que la décision du juge peut, si ce n’est être anticipée, du moins être comprise comme faisant partie d’un système cohérent, voire être tout simplement prévisible. Et lorsque c’est le cas, les pouvoirs du « Gouvernement des juges » est infiniment moins grand que la caricature qu’on en fait. Le juge est lié par sa cohérence et par l’air du temps. « Peu, dites-vous, avaient imaginé que le Conseil pourrait aller si vite et si loin » ; pourtant, lorsqu’on connait la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, on n’est absolument pas surpris par ces décisions... suite logique de sa jurisprudence ; et le Conseil ne va pas beaucoup plus loin que la Cour Européenne des droits de l’homme, en vérité.

    Un homme a dit un jour « Ce mot de jurisprudence des tribunaux devrait être effacé de notre langue ». Il s’agissait de Robespierre.

    *mise à part, quelques questions procédurales et surtout l’épineuse question de la nomination scandaleuse des membres du Conseil Constitutionnel : est-ce que certains de ces « sages » connaissent au droit constitutionnel ? Compétence juridique ? âge ? Mais qui qui les a nommés ? le pouvoir politique, alors qu’il ne s’en plaigne pas !
    **issu de la Convention Européenne des droits de l’homme
    *** sur ces questions, voir le blog de Maitre-Eolas (voir aussi la loi sur le voile intégral)
    (PS : une partie essentielle de ce commentaire est une reprise d’un commentaire que j’avais fait sur le même sujet sur Marianne2.fr)

    • Arthur Sauzay
      Arthur Sauzay répond à Aligby
      Auteur(e) de l'article Elève avocat à l'école du (...)
      • Posté à 18h18 le 31/07/2010
      • Expert 121311
        Elève avocat à l'école du (...)

      « Un homme a dit un jour “Ce mot de jurisprudence des tribunaux devrait être effacé de notre langue”. Il s’agissait de Robespierre. »

      Avez-vous déjà essayé d’appliquer la loi ? Les juges ne font pas un si mauvais boulot...

      Au demeurant, Robespierre, dans son domaine, a fait jurisprudence, et son ami le mgistrat Fouquier Tinville ne faisait pas effectivement dans la finesse...

      Plus que sur l’interprétation des lois, c’est sur l’effet des décisions qu’il faut je crois s’apesantir : la décisions sur la garde à vue est emblématique puisqu’elle oblige les autres pouvoirs (exec, leg) à initier une processus législatif.

      Aussi bien, on peut imaginer qu’à force de décisions en matière de QPC (et il y en a toutes les semaines maintenant) le conseil des ministres soit déplacé rue de Montpensier

      • Aligby
        Aligby répond à Arthur Sauzay
        Etudiant
        • Posté à 09h25 le 01/08/2010
        • Internaute 100824
          Etudiant

        Si vous m’aviez lu un peu plus attentivement, vous auriez compris que je ne reprenais pas cette citation à mon compte, bien au contraire.

        Eh oui : elle force à initier un processus législatif mais n’y participe pas, il faut revoir un peu la théorie de la séparation des pouvoirs sous l’angle des contre-pouvoirs.Qu’auriez-vous dit si le Conseil avait purement et simplement abrogé la loi sans appeler laisser du temps au pouvoir législatif ? (pouvoir qui lui a été attribuée par la Constitution) Vous auriez deux fois plus sauté au plafond... Par conséquent, les décisions qui renvoient au législateur ont bien moins d’effet direct que si le Conseil s’était contenté d’abroger la loi. Votre lecture de ce phénomène qu’est la QPC vous échappe complètement.

        Le Conseil n’a absolument pas outrepassé ses pouvoirs, contrairement à ce que vous avez dit. Il suffit pour s’en convaincre de relire 1/ l’article 61-1 de la Constitution, 2/ la loi organique d’application...

  • Triste.France
    Triste.France
    Technicien
    • Posté à 17h38 le 31/07/2010
    • Internaute 46928
      Technicien

    Bien sûr que Debré est plus puissant que Sarko. Pour preuve, ce dernier ne cesse de montrer son impuissance depuis des années...

  • Eric-au-Pré
    Eric-au-Pré
    musicien
    • Posté à 17h44 le 31/07/2010
    • Internaute 86280
      musicien

    « en clair, si au 1er juillet 2011 le gouvernement n’a pas adopté un nouveau système conforme à la Constitution, toutes les gardes à vue décidées après cette date seront illégales et tous les délinquants arrêtés resteront libres. »

    Il n’y a rien qui vous choque ? ? ?

    moi si : on n’est pas nécessairement délinquant quand on est en garde à vue !

    Auriez-vous oublié la présomption d’innocence ? ? ?

  • Wildleech
    Wildleech
    révolutionnaire en devenir
    • Posté à 17h48 le 31/07/2010
    • Internaute 81842
      révolutionnaire en devenir

    Contrairement à vous, je ne suis pas fâché qu’il existe encore un garde-fou contre les dérives législatives du gouvernement puisque députés et sénateurs ne font pas leur travail.
    Ma seule inquiétude c’est que d’ici deux ans il y aura un fou parmi les « sages ».

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 17h51 le 31/07/2010
    • Internaute 43503
      retraité

    >En 1958 ,je n’ai pas voté la Constitution proposée par le Général de GAULLE car elle me semblait contenir un double danger « mortifère » : un risque de cohabitation avec blocage de l’exécutif (étant donné le système des signatures validant les lois) et un risque de voir le Conseil Constitutionnel devenir omnipotent alors qu’il n’est pas de nature démocratique (nommé et non élu) .La cohabitation semble à peu près impossible avec le quinquennat mais le Conseil Constitutionnel lui ,représente un danger eu égard à l’essence même de notre démocratie .Qu’il y ait des recours in fine certes mais qu’ils émanent d’élus .De plus les anciens présidents de la république mis à la retraite retrouvent là des pouvoirs qu’ils n’espéraient plus ! Que le système de la garde à vue ait été retoqué ,j’applaudis mais j’aurais aimé que ce soit par d’autre voies .Quant aux mesures proposées par le monocrate (responsabilité pénale des parents pour leurs enfants ,loi de nationalité spécifique pour certains citoyens je ne parierai pas gros dessus car elles seront retoquées) .Il faudra tout de même interroger nos constitutionnalistes pour savoir sous quel régime nous évoluons...

    • Tizz
      Tizz répond à setori
      étudiant en droit
      • Posté à 18h06 le 31/07/2010
      • Internaute 117178
        étudiant en droit

      Ce sont les mêmes élus que vous sanctifiez qui ont voté les lois sur les GAV qui sont aujourd’hui jugées inconstitutionnelles...

      Pas directement bien sûr : pour être rigoureux juridiquement, ce sont les lois votées au fil des ans qui ont entraîné un changement de circonstance ouvrant la voie à une QPC, selon l’art. 61-1 de la Constitution (augmentation du nombre de fonctionnaires ayant le statut d’OPJ, volontés répressives qui amènent forcément à augmenter le nombre de gardes à vue en valeur absolue chaque année...).

      Quant au régime sous lequel vous vivons, je peux vous répondre : « parlementarisme présidentialiste ».

      • setori
        setori répond à Tizz
        retraité
        • Posté à 11h33 le 02/08/2010
        • Internaute 43503
          retraité

        Je ne sanctifie pas les élus mais le système d’élection : le suffrage universel .D’autre part je persiste à dire que mettre le C.C au dessus de tous les élus ne me semble pas normal étant donné que ce sont des gens nommés essentiellement par le pouvoir en place plus les anciens présidents (qui risquent de devenir nombreux avec le quinquennat !) .Imaginez Martine AUBRY présidente de la république et un SARKOZY au C.C ! Bonjour la bagarre .Et qui aura le dessus : le battu par le suffrage universel.Pas normal....

         
        • Tizz
          Tizz répond à setori
          étudiant en droit
          • Posté à 10h16 le 03/08/2010
          • Internaute 117178
            étudiant en droit

          Je suis d’accord sur le fait que les anciens Présidents n’ont rien à faire au CC. Au départ, il s’agissait pour la jeune Constitution de recycler les anciens présidents de la IVème. Aujourd’hui, cela marche encore en ce que VGE et Chirac sont sûrement encore très qualifiés pour occuper ces fonctions, mais il en sera autrement pour Sarkozy qui n’a sûrement jamais dû lire la Constitution de sa vie.

          Mais fondamentalement, il faut rappeler qu’il y a des fonctions dans la République qui ne peuvent qu’être attribuées selon des compétences, et non selon un suffrage.

          Ou sinon, la prochaine fois que vous prendrez l’avion, vous voterez pour savoir qui doit être le pilote ?

        1 autres commentaires
  • alaixih
    • Posté à 17h58 le 31/07/2010
    • Internaute 19775

    Je pense qu’il est une bonne chose que les droits à la défense de l’individu soient mis en avant. La garde à vue étant abusivement utilisée.

    C’est une bonne chose en ces temps de dérives démago-législatives.

  • Arthur Sauzay
    Arthur Sauzay
    Auteur(e) de l'article Elève avocat à l'école du (...)
    • Posté à 18h11 le 31/07/2010
    • Expert 121311
      Elève avocat à l'école du (...)

    Merci pour tous ces commentaires.

    Effectivement le but était d’interpeller, non pas tellement sur le fond (bien peu de gens défendaient le système actuel de garde à vue et l’application qui en est faite), mais bien plus sur ce que cette procédure dit sur notre système politique et notre régime constitutionnel.

    Qu’un contre-pouvoir contrôle l’action du législateur est bien sûr un minimum.

    Tout devient plus problématique quand ce contre-pouvoir empiète trop sur les autres.

    Evidemment l’équilibre des pouvoirs n’est pas un science exacte et il faudra voir dans les années qui viennent comment le conseil utilise ce nouveau pouvoir.

    S’agissant de la composition et du fonctionnement, de grands efforts ont été faits : plus de transparence (salle d’audience, vidéo etc.), un accès à la plaidoirie pour tous les avocats (et non aux seuls avocats dits « au conseil »), une audition des candidats à la fonction de membre du conseil par les députés qui peuvent rejeter à la majorité des deux tiers. (Reste les anciens Présidents de la République, membres de droit... très contestable quand même).

    Au-delà de cette tribune qui se voulait un petit pavé dans la marre, l’avenir nous dira si la « QPC » (pour les intimes : quel beau nom !) va servir la démocratie française.

    Car tous ceux qui se réjouissent (j’en fais partie) de la décision sur la garde à vue seront peut-etre déçus dans deux ou trois ans si de grandes réformes sociales sont déclarées inconstitutionnelles... Je crois que pour l’instant le système marche bien, et que les sages oublient assez rapidement à qui ils doivent leur poste, mais dans un contexte politique plus âpre on aura peut-etre des surprises.

    Au final, j’aurais préféré que les parlementaires, en tant que représentants directement élus par le peuple, soient eux aussi un peu sages et se saisissent du sujet, sans que le conseil ait à intervenir de manière si éclatante. On peut rêver...

    Enfin, si le conseil tire en effet sa légitimité de la constitution, on aurait peut-etre aimé que la révision constitutionnelle de 2008 soit approuvée par référendum...

  • clément dousset
    clément dousset
    enseignant
    • Posté à 18h15 le 31/07/2010
    • Expert 111860
      enseignant

    Pas de coup d’Etat, non, mais visiblement ici un coup d’éclat d’un jeune avocat sarkoziste. La France condamnée à 5 ans de Sarkozy malgré le désaveu cuisant des régionales, l’accumulation des affaires, les dérives antirépublicaines et xénophobes pourrait peut-être un peu respirer grâce au conseil consti : je m’en réjouis fort !

    • Arthur Sauzay
      Arthur Sauzay répond à clément dousset
      Auteur(e) de l'article Elève avocat à l'école du (...)
      • Posté à 18h27 le 31/07/2010
      • Expert 121311
        Elève avocat à l'école du (...)

      Excellent jeu de mot !

      Mais le but de l’article était justement d’essayer d’analyser la portée de la décision au-delà du problème de la garde à vue.

      Vous serez furieux en 2012 si le conseil entame une guerre de tranchées contre un gouvernement de gauche. Et avec ce nouveau pouvoir, il aurait des armes sacrément puissantes.

      C’est vrai que jusqu’ici (par exemple avec les nationalisations en 1982) il n’a jamais outrepassé son rôle ( mais qui se souvient de sa censure de la loi de modernisation sociale de Jospin en 2002 ?). Mais j’estime qu’eu égard à sa légitimité, son pouvoir potentiel est trop grand.

      Vous comptez manifestement beaucoup sur la sagesse du Conseil. Pourquoi pas ?

      • Hulk
        Hulk répond à Arthur Sauzay
        Gros con de droite
        • Posté à 18h41 le 31/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        Ce n’est pas une question de sagesse du Conseil. C’est une question de prééminence du droit sur le politique, ce qui est un pilier fondamental de l’État de droit et de la démocratie libérale.

      • Firmin
        Firmin répond à Arthur Sauzay
        employé du mois
        • Posté à 19h02 le 31/07/2010
        • Internaute 54542
          employé du mois

        Eh bien oui, pourquoi pas ?
        Mais c’est surtout qu’on n’a pas vraiment d’autre choix.

        De fait, l’application d’une norme suprême implique forcément, au moins en bout de chaîne, une juridiction suprême, donc sans contrôle, qu’il soit politique ou juridictionnel (on ne va pas empiler les juridictions suprêmes les unes sur les autres, cela reviendrait à vouloir supprimer le dernier wagon du train parce que les passagers trouvent que ça secoue trop).

        On ne peut donc que s’en remettre à la modération de la juridiction suprême, dont la légitimité ne serait atteinte que si elle outrepassait effectivement ses attributions (rassurez vous, elle a de la marge : le Conseil constitutionnel français ne fait pas partie des moins timorés d’Europe).
        Et très franchement, entreprendre un coup d’Etat en ne disposant que d’armes juridiques, ce ne serait pas exactement l’idée du siècle.

        Juridiction suprême ne signifie pas pouvoir suprême : le pouvoir suprême, c’est le pouvoir constituant.
        Dans le même ordre d’idée, je ne sait plus quel grand juriste disait que la légitimité du Conseil constitutionnel réside dans le fait qu’il n’a pas le dernier mot.

      • clément dousset
        clément dousset répond à Arthur Sauzay
        enseignant
        • Posté à 10h28 le 01/08/2010
        • Expert 111860
          enseignant

        Ma conviction surtout est qu’il ya deux droites : l’une profondément républicaine et attachée à l’état de droit et l’autre. Si la première n’est pas exclusivement et au mieux incarnée par Chirac, elle l’a été par la force des urnes qui, ne l’oublions pas, ont choisi Chirac contre Le Pen. La seconde paraissait jusqu’en 2007 exclusivement incarnée par le Front national mais la particularité des temps que nous vivons est d’avoir rendue floue la frontière des deux droites. Le sarkozisme avec ses dérives xénophobes, sa façon de vouloir toujours reconsidérer le droit républicain en particulier dans sa composante judiciaire semble vouloir s’écarter des principes de notre république quand il ne les malmène pas. Le conseil constitutionnel est majoritairement à droite mais les décisions qu’il prend, si elles sont effectivement de nature politique, indiquent en quelque sorte le partage entre une politique républicaine et une qui ne l’est pas . Elles sont politiques mais pas idéologiques. La gauche au pouvoir s’est heurtée au conseil constitutionnel. Elle n’a pas à craindre de s’y heurter plus rudement en cas de retour sauf si elle préparait des mesures qui représenteraient une dérive antirépublicaine.

      • Yves71
        Yves71 répond à Arthur Sauzay
        CS
        • Posté à 15h45 le 01/08/2010
        • Internaute 94531
          CS

        « Mais j’estime qu’eu égard à sa légitimité, son pouvoir potentiel est trop grand. » dites vous....

        Sa légitimité, comme dit par d’autres déjà, vient de la constitution, tout comme celle du président, et celle du gouvernement.

        Pourquoi donc sa légitimité serait moindre ?

        Quant à sa nomination c’est autre chose, mais là encore elle est fixé par la constitution, et contrôlé....(voir mon autre réponse plus bas)

        Pourquoi cette peur ? Est ce que l’attitude présente du président de la république, qui bafoue journalièrement la constitution ne vous fait pas peur non plus ?

        Ecrivez donc un billet pour nous rappeler ce que la constitution dit du comportement attendu du président, et de celui du gouvernement, et mettez en exergue la différence entre le texte fondateur de la république, et son usage actuel par le locataire de l’élysée...là nous parlerons de choses concrètes, et pas de peurs.

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 18h27 le 31/07/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Cette tribune est hélas parfaitement affligeante, surtout de la part d’un avocat.

    Quelques points de détail avant d’aborder le fond.
    1) Vous vous plaignez que cette réforme place le conseil au dessus du parlement. Pourtant, c’était déjà le cas avant : le conseil pouvait invalider toute nouvelle loi votée par le parlement, s’il était saisi. Aucun changement de fond, si ce n’est qu’auparavant, une loi anticonstitutionnelle pouvait être appliquée pour peu que personne ne saisisse le conseil, ce qui est le cas de lois faisant l’objet d’un consensus droite-gauche ; consensus dont l’expérience montre qu’il est porteur de graves atteintes aux libertés.

    2) Vous vous plaignez que la décision du conseil ne puisse pas être contestée devant une instance d’appel. Pourtant, c’était déjà le cas avant : le conseil pouvait invalider toute nouvelle loi votée par le parlement, s’il était saisi, et cette décision était sans appel. Aucun changement de fond non plus.

    3) Vous dites que « le conseil réécrit des pans entiers de notre droit ». C’est à l’évidence une ânerie. Le conseil n’écrit pas la loi ; il ne peut que l’invalider.

    4) Vous vous interrogez sur la légitimité de cette assemblée. Ses membres sont nommés par des élus, tout comme ceux, par exemple, de la cour suprême des USA. Le débat sur la légitimité du Conseil Constitutionnel est un marronnier que ressort chaque majorité à chaque fois qu’elle voit une de ses lois censurée, et cela depuis plus de trente ans. Quoi de nouveau sur ce plan ?
    S’agissant de dire le droit, qui a été voté par des assemblées légitimes, le conseil n’a pas besoin d’une légitimité issue des urnes : il tire sa légitimité du Droit, ce qui rend sa légitimité pleine, entière et incontestable.

    5) Vous dites que « Jean-Louis Debré est plus puissant que Nicolas Sarkozy ». C’est absurde, et c’est à se demander ce qu’on vous a appris en cours de droit. Ce n’est pas Debré qui est plus puissant que Sarkozy : c’est l’État de droit qui s’impose à tous, y compris au président de la République.

    6) Vous parlez d’ultimatum. C’est bien le contraire. Constatant l’inconstitutionnalité de ces articles de loi, le conseil aurait normalement dû les abroger dès lundi. Mais il a pris en compte le fait que cela causerait un désordre manifeste et excessif, et il a donc donné un délai au parlement pour voter un nouveau texte. Cela n’a rien d’un ultimatum.

    7) Vous parlez de gouvernement des juges. Mais les juges ne gouvernent pas. Le conseil ne gouverne pas : il est le garant suprême de l’État de droit. Lorsqu’un gouvernement ou un parlement a violé l’État de droit, alors il a mal gouverné, ou mal légiféré. Et le conseil est là pour le sanctionner. Ce n’est pas gouverner, c’est garantir le respect du Droit.


    Sur le fond maintenant :

    En somme, votre réaction est typique de l’incapacité française à s’extraire des règles jacobines et autoritaires issues de l’Ancien Régime, et continuées par la Révolution et les Républiques. Vous montrez à quel point des pans entiers des élites françaises sont rétives à l’État de droit et tout ce qu’il implique, en raison d’une tradition qui veut que la Politique prime sur le Droit.

    Mais il va falloir vous faire une raison : la décision d’hier parachève plus d’un demi siècle de patient progrès des idées libérales en France.
    Le premier « ver » dans le fruit a été l’adjonction de la déclaration des droits de l’homme à la constitution après la guerre. Le second a été l’élargissement de la saisine du conseil constitutionnel trente ans plus tard par Giscard. Et le troisième a été la réforme de 2008, par Sarkozy, qui a permis cette décision sur la GAV, et qui va en permettre d’autres.

    Vous vous présentez comme élève avocat. Permettez-moi de vous dire que je trouve désolant, bien que peu surprenant vu que nous sommes en France, de lire sous la plume d’un jeune élève avocat une défense et illustration de la prééminence du Politique sur l’État de droit. Cela rappelle Laignel et son « vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire »...

    C’est en ce sens que cette réforme sarkozienne de 2008 est fondamentale, et qu’elle va entraîner aux oubliettes la tradition liberticide issue de l’Ancien Régime de l’État et des Corps constitués en France.

    Il est à parier que c’est la seule chose que les historiens retiendront dans cinquante ans du premier quinquennat de Nicolas Sarkozy : le vote de cette réforme libérale de la constitution, qui aura été le point de départ d’une lame de fond qui aura abattu toute une tradition antilibérale française.

    Vous serez alors à la retraite. Mais aurez-vous consacré votre carrière à accompagner ce mouvement, ou à lui résister ?

    • Arthur Sauzay
      Arthur Sauzay répond à Hulk
      Auteur(e) de l'article Elève avocat à l'école du (...)
      • Posté à 18h47 le 31/07/2010
      • Expert 121311
        Elève avocat à l'école du (...)

      On peut parfaitement juger que la réforme de 2008 est dans la continuité de celles de 58, de 71 (décidée par le Conseil lui-même), de 74.

      Bien entendu le conseil a déjà par le passé sanctionné des lois. Mais même vous devez admettre que nous sommes maintenant dans une autre dimension.

      On peut donc juger qu’il s’agit là d’un pas de trop, non pas dans sa conception initiale mais dans l’application qu’en fait le conseil.

      Si je devais résumer, au-delà des formules (Debré plus puissant que Sarko), deux problèmes sont posés :

      - est-ce véritablement la mission du conseil de remédier aux tares d’un Parlement croupion ?

      - puisque le pouvoir doit nécessairement toujours être arrêté par un autre pouvoir, qui arrêtera le conseil s’il outrepasse son pouvoir ?

      Vous vous réjouissez, et je vous comprends, de la décision prise concernant la GaV.

      Mais avez-vous vraiment réfléchi au déséquilibre potentiellement liberticide qui s’est établi ?

      Car vous savez bien que la constitution autorise des interprétations diverses, et que le droit n’est pas EN SOI source de justice et de liberté.

      Bien plus fondamentale est la question du « checks and balances » qui implique de limiter le pouvoir du conseil : au moins par exemple en renforçant le contrôle de la nomination de ses membres.

      • Hulk
        Hulk répond à Arthur Sauzay
        Gros con de droite
        • Posté à 18h55 le 31/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        J’aurais préféré que vous répondiez à mes arguments, au lieu de vous répéter.

        Le même problème se pose avec la cour suprême aux USA, en pire, puisqu’il est quasi impossible de changer la constitution là-bas. ET pourtant, cela ne semble pas poser de problème aux américains.

        En France, si une décision du conseil est jugée intolérable, le parlement peut changer la constitution. C’est un contre-pouvoir suffisant, il n’y a rien besoin d’y ajouter.

      • Yves71
        Yves71 répond à Arthur Sauzay
        CS
        • Posté à 15h37 le 01/08/2010
        • Internaute 94531
          CS

        Vous dites « au moins par exemple en renforçant le contrôle de la nomination de ses membres »....

        « Suite à la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, les désignations des membres du Conseil constitutionnel peuvent faire l’objet d’un veto des commissions permanentes, et compétentes en matière de nomination des deux chambres parlementaires. L’addition des votes négatifs doit représenter au moins 3/5e des suffrages exprimés. Cette procédure a été mise en place par la loi organique du 23 juillet 2010 » (Wikipedia)
        Donc le contrôle existe depuis 1 semaine environ...votre voeu est donc exaucé.

        En outre la constitution indique que les 9 sages sont choisis (et pour 9 ans uniquement, par tiers renouvelable tous les 3 ans) par
        * Le président de la république (qui n’a de compte à rendre qu’au peuple)
        * Le président de l’assemblée nationale (qui n’a de compte à rendre qu’à ses députés et donc au peuple)
        * Le président du Sénat (qui n’a de compte à rendre qu’à ses sénateurs, eux-même aux élus, et ceux-ci au peuple)

        Tout revient en sus au peuple donc, qui peut contrôler toutes les nominations....démocratie oblige...2ème contrôle

        En outre, répartir le pouvoir de nomination entre 3 personnes évite de tout concentrer au sein d’un seul homme...3ème contrôle donc, et permettant en cas de cohabitation (que ce soit le sénat ou l’assemblée ou les 2 qui ne soient pas du même bord que le président) de pouvoir introduite des gens de sensibilité différente.

        Vous voyez, au final, le législateur n’a pas fait les choses n’importe comment...

         
        • Raymonde.Galopin-Bidochon
          Raymonde.Galopin-Bidochon répond à Yves71
          épouse de Robert, bru de sa mère (...)
          • Posté à 23h50 le 02/08/2010
          • Internaute 118684
            épouse de Robert, bru de sa mère (...)

          Mais Nicolas « Te Voilà » va-t-il réussir cet exploit ?
          Faire basculer le Sénat à gauche ?

        1 autres commentaires
    • Raymonde.Galopin-Bidochon
      Raymonde.Galopin-Bidochon répond à Hulk
      épouse de Robert, bru de sa mère (...)
      • Posté à 00h41 le 03/08/2010
      • Internaute 118684
        épouse de Robert, bru de sa mère (...)

      le Jacobinisme issu de l’Ancien Régime ?
      ah bon ...
      c’est intéressant, comme raccourci

      • Hulk
        Hulk répond à Raymonde.Galopin-Bidochon
        Gros con de droite
        • Posté à 17h07 le 03/08/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        En effet, le jacobinisme est la simple continuation renforcée de la pratique de gouvernement d’Ancien Régime.

        Il ne faut pas croire que la Révolution a jeté à bas les structures anciennes. La plupart ont subsisté.

         
        • Raymonde.Galopin-Bidochon
          Raymonde.Galopin-Bidochon répond à Hulk
          épouse de Robert, bru de sa mère (...)
          • Posté à 22h09 le 04/08/2010
          • Internaute 118684
            épouse de Robert, bru de sa mère (...)

          Robert me disais Gironde, quand nous étions jeunes ...

        1 autres commentaires
  • resistance citoyenne
    resistance citoyenne
    conseil en gestion - vigneron
    • Posté à 18h41 le 31/07/2010
    • Internaute 120598
      conseil en gestion - vigneron

    Interessant sujet ! ! !

    Dejà pour resituer un peu le débat, il me semble que c’est UN TEXTE ou une SOMME de TEXTES que le conseil vient de censurer. Absolument pas un gouvernement !

    Sur ce, plusieurs remarques :

    Tout d’abord, rappelons que le Conseil Consitutionnel ne s’est pas créé de lui même, ab nihilo. Il a été institué par un texte juridique qu’on nomme Consitution et qui a été adopté en Congrès par le Parlement.

    L’interêt de cette institution et de son evolution tient surtout au partage du pouvoir entre 4 piliers au lieu de trois. Républic1 souleve le probleme de la désignation de ses membres. On peut effectivement s’interroger sur le bien fondé de la nomination comme mode de désignation des mebres, procédé auquel effectivement il serait peut etre souhaitable de substituer celui de l’élection.

    Mais on ne peut que se rejouir d’un plus grand partage des pouvoirs qui justement peut legitimement contrer les débordements et les dérives des autres pouvoirs institutionnels, fussent ils législatifs. Car c’est le texte que le Conseil censure.

    Le fait que l’actuel gouvernement multiplie les GAV comme mode de discrimination des opposants est un autre sujet. Maintenant, grace à la décision du Conseil Consitutionnel, tout le monde pourra constater l’eventuel recours par le gouvernement à une procédure dont l’illégalité est devenue dès lors incontestable.
    Que ce soit pour Lilianne ou Eric (qui n’y ont pas eu droit) que pour Kader ou mamadou (qui en sont à leur troisiéme de la semaine).

    cette décision participe également d’une hamonisation du droit français avec les droits internationaux de l’Homme. Il serait souhaitable que la République arrête d’être schizophrene, signant des déclarations d’une main, s’éxonérant de l’appliquer sur son territoire de l’autre. Difficile sinon d’aller après faire la morale et de donner des leçons au reste du monde. Notre crédibilité n’en sort jamais renforcée.

    Et là, si on doit aborder le probleme d’un point de vue plus politique, en dehors de l’élection des membres d’une institution qui devient « activement politique », il est clair que l’attitude de l’équipe actuellement au pouvoir, nous fait tous passer pour des ..... zozos (ça c dans le dico). Au moins, les empereurs français précédents inspiraient-ils le respect !

    Il semble qu’hélas, en effet, le constat de l’état actuel de la FRANCE appelerait plutot à reflechir comment on va sortir le pays de cette situation politique sans en venir aux mains ? L’intervention du conseil
    Consitutionnel dans ces conditions me parait etre un bon moyen de prise de conscience des difficultés de part et d’autre, et l’occasion de poser la question plus globale de l’organisation de notre démocratie si nous souhaitons avancer dans le « vivre ensemble ».

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 18h47 le 31/07/2010
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Et c’est reparti pour un retour à la quatrième république .......

    Chacun de tirer sur l’autre jusqu’à ce que mort s’en suive ...... mort des citoyens, bien entendu !

    C’est nabot sarko qu’il faut déclarer inconstitutionnel !
    A force de vouloir tourner autour du bot, on va finir par ne plus avoir de gouvernement et faudra nettoyer les toilettes soi-même avant d’aller y rendre son quatre heure OGééMisé !

  • ethos32
    ethos32
    Avocat
    • Posté à 19h22 le 31/07/2010
    • Expert 121308
      Avocat

    Vous dites : « Il ne s’agit de pas de prononcer sur le bien-fondé de la décision, mais bien sur le pouvoir que s’arroge le Conseil de dicter, en pratique, au gouvernement son agenda politique ». Or, en vertu de l’art.16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui fait partie du bloc de constitutionnalité, les juges doivent interpréter la loi et dire le droit. Or, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est une loi constitutionnelle. Donc le Conseil constitutionnel doit l’interpréter et vérifier la conformité des lois ordinaires avec ses prescriptions. En se prononçant sur l’inconstitutionnalité du Code de procédure pénale (une loi ordinaire), le Conseil constitutionnel respecte le principe de la séparation des pouvoirs et ne s’immisce d’aucune façon dans le pouvoir législatif.

    Vous dites : « Surtout, et c’est bien le fond du problème, quelle légitimité a cette assemblée pour décider que la loi, votée par les représentants élus du peuple, est nulle et non avenue ? ». En France, comme au Canada d’ailleurs, il existe une hiérarchie dans les normes juridiques. Le bloc de constitutionnalité constitue la loi suprême du pays. Par conséquent, chaque loi promulguée doit être conforme à ses prescriptions autrement elle est inconstitutionnelle et il appartient au Conseil constitutionnel de la déclarer invalide. Le Conseil constitutionnel ne modifie pas la loi, mais se limite à déclarer la loi inconstitutionnelle. Il appartient au seul législateur de modifier la loi afin qu’elle soit conforme à la Constitution. Le Conseil constitutionnel affirme dans cette décision : « Considérant, d’une part, que le Conseil constitutionnel ne dispose pas d’un pouvoir général d’appréciation de même nature que celui du Parlement ; qu’il ne lui appartient pas d’indiquer les modifications des règles de procédure pénale qui doivent être choisies pour qu’il soit remédié à l’inconstitutionnalité constatée ».

    Eric Folot

  • jacob kinski
    jacob kinski
    citoyen du monde
    • Posté à 19h35 le 31/07/2010
    • Internaute 27621
      citoyen du monde

    je suis vraiment satisfait , de la décision du conseil constitutionnel , ils sont protéger la démocratie en agissant ainsi ,les sages défendent bien les fondamentaux de la république française .

    • ALPE
      ALPE répond à jacob kinski
      assis derrière son ordinateur
      • Posté à 22h39 le 31/07/2010
      • Internaute 112984
        assis derrière son ordinateur

      Ils protègent surtout les délinquants, qui eux se moquent complètement de la démocratie ! !
      Yessssssssssssss, encore plus de droits pour les délinquants ! ! ! ! !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 20h21 le 31/07/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « les multiples recours qui vont arriver jusqu’aux portes de la rue de Montpensier vont lui donner donner l’occasion de réécrire des pans entiers de notre droit ».

    Ils ne feront que remettre en place les onces de liberté enlevées par l’autre, systématiquement, comme s’il gouvernait par décrêts.
    - Nombre de lois liberticide ont été mise en application au pied levé !

    En plus, c’est à l’initiative de Nicolas que le conseil à ces nouvelles prérogatives ou ce pouvoir d’être consulté à la demande des justiciables.
    S’il n’y avait pas de véritables abus juste pour des stats, nous n’en serions pas là !

    Parce que le problème maintenant, c’est qu’il va falloir élargir les vrais délinquant, même ceux ayant fait acte de violence physique entraînant des blessures.

  • Yawn
    Yawn
    amateur d'eau
    • Posté à 20h34 le 31/07/2010
    • Internaute 35717
      amateur d'eau

    Ca fait bien longtemps que les juges peuvent annuler des décrets après leur entrée en vigueur ou ne pas appliquer des lois parce qu’elles violent des traités (dont la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme).
    Tout ça s’appelle la hiérarchie des normes et c’est un concept important dans un Etat de droit mais c’est pas neuf.
    Alors je dirai plutôt que la décision du Conseil Constitutionnel est importante et salutaire mais qu’on est loin d’une révolution ou d’un coup d’Etat constitutionnel.
    Etrange qu’un élève avocat qui est probablement passé par la fac de droit se pose encore ce genre de questions. Sauf s’il s’agit d’Hibernatus et qu’il a passé les 140 dernières années dans la glace.

  • Dolf395
    • Posté à 20h37 le 31/07/2010
    • Internaute 8208

    Le Conseil ne peut pas être considéré comme plus puissant que le Parlement.
    C’est un co-législateur négatif ; il peut annuler une loi partiellement ou intégralement, pour des motifs quasi-infinis –> Une censure sur fondement d’un « Principe Fondamentale Reconnu par les Lois de la République » (comme la décision de 1971 relative à la liberté d’association). De même, il peut décider de ne pas censurer une loi mais d’imposer l’interprétation devant être faite de la loi.

    Mais jamais il ne peut forcer l’adoption d’une loi. Lorsqu’une loi est censurée, rien n’oblige le Parlement a en voter une autre.

  • Jacko34
    Jacko34
    Retraité administratif
    • Posté à 21h07 le 31/07/2010
    • Internaute 117309
      Retraité administratif

    Gageons que les délinquants et criminels de tous poils connaîtront les nouvelles dispositions avant leurs victimes.

  • pmithrandir
    pmithrandir
    Developpeur
    • Posté à 21h28 le 31/07/2010
    • Internaute 90097
      Developpeur

    Je vous rejoins sur un point, Il est anormal que les décisions du conseil soient sans appel. En effet, il interprète la constitution(tout comme un juge interprète la loi) et peuvent donc être légitimement dans le faux a un moment.

    De plus, il serait peut etre intéressant de revoir leur nomination, les anciens présidents doivent ils y être ? OU doit on préféré des anciennes personnalités désignées par différentes assemblées ? Doivent elles être membres a vie ?

    Attention, je ne pretend pas que la décision a été mauvaise, tout comme l’auteur, je m’inquiète des possibles dérives.

    Exemple absurde :
    Si ils décrètent que les marguerites sont inconstitutionnelles alors que la constitution n’en fait nul mention, que se passe t’il, est ce que leur avis est officiel ? Est il outre passable ? Devra t’on couper les marguerite ou dire merde au conseil constitutionnel ? qui aura le mandat de renier leur décision ?

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 22h23 le 31/07/2010
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Je me demande si l’auteur de l’article n’aurait pas séché quelques cours de droit constitutionnel.
    Je vous rappelle donc qu’en France, il existe une chose supérieure à la loi votée par les représentants du peuple : la Constitution, selon la pyramide des normes de Hans Kelzen. (orthographe incertaine). D’ailleurs, la constitution a été adoptée de manière bien plus directe que la loi (par référendum populaire).
    Or, le rôle du Conseil Constitutionnel est de vérifier que les lois ne sont pas en contradiction avec la Constitution. Autrement dit, il est bien normal qu’il puisse abroger les lois anti constitutionnelles.

  • grosnaze
    • Posté à 22h45 le 31/07/2010
    • Internaute 27732

    Lorsque le nombre de garde a vue passe de 300 000 en 2001 a 900 000 en 2009 (source le Figaro dangereux gauchistes qui majorent ce genre de chiffre) alors que la délinquance est sensée avoir baissée ou au pire stagnee on peut se poser des questions non ?

    Si le parlement ne fait pas son travail il est rassurant que le conseil constitutionnel (dangereux repère de gauchiste autonome caillera) se penche dessus.

    Il ne fait d’ailleurs que défendre la constitution. De même les rodomontades sur le retrait de la nationalité française se heurtera a la dite constitution qu’il faudra pour se faire modifier (pas gagne du tout du tout ! !) D’autant qu’exit la majorité UMP au Sénat

  • Mabùhay
    Mabùhay
    Retraité malheureux
    • Posté à 00h05 le 01/08/2010
    • Internaute 121384
      Retraité malheureux

    Heureusement que de par la Charte Universelle des Droits de l’Homme, dont « Môssieu » se contrefout royalement, il est interdit à quiconque d’être déclaré « APATRIDE » ... Et encore plus heureusement qu’il existe de tels garde-fous réglementaires (Monde, Europe, Nations) pour contrer les velléités réactionnaires, dignes des pays les plus répressifs, de tel personnage comme le « nôtre » ....

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