Vie de bureau 25/07/2010 à 16h33

Stagiaire, j'ai dû évaluer un cadre comptable pour un cabinet

Zeninho | Salarié


Le mug « World best boss » (meileur patron du monde) (Doobybrain/Flickr).

Après un master en ressources humaines, j’ai décidé de réaliser une année de césure, pour acquérir de l’expérience à bas coût. J’étais conscient de la rémunération et des difficultés, mais ce sont les règles du jeu, aussi faussées soient-elles. Me voilà donc au sein d’un cabinet, et avec bien peu de connaissance du métier, je l’avoue.

Après deux petits mois, me voilà « autonome » et capable de mener une mission à bien. Et en face-à-face avec un cadre comptable, que j’étais présupposé évaluer, j’aurais aimé voir la tête de notre client s’il avait su qui effectuait réellement son recrutement.

Par chance, ou par compétence -je ne dénigre pas mon travail malgré tout–, cette mission a été une réussite. J’aurais parfois moins de chance par la suite.

Transmission de savoir ou main d’œuvre bon marché ?

C’est ce qui me conduit à m’attarder aujourd’hui sur la place prise par les stagiaires dans le monde des cabinets de recrutement et agences d’intérim. Comment se fait-il que certaines de ces entreprises fonctionnent avec près d’un tiers de leurs effectifs stagiaires (plus ou moins longue durée) ou contrats de professionnalisation, sans se cacher ?

Faire le travail d’un titulaire –pas toujours bien payé non plus par ailleurs– pour 400 euros par mois, cela ne semble choquer personne. La frontière entre la formation et la prise de poste semble de plus en plus ténue, et les recruteurs semblent trouver là de la main d’œuvre bon marché plutôt que d’avoir de véritable volonté de faire passer un savoir.

Bien entendu, il est agréable de se voir confier des responsabilités et d’indiquer de nouvelles compétences sur un CV. Mais sur les périodes de plus de six mois, c’est aussi renoncer aux avantages « légaux » (vacances, nombre d’heures hebdomadaire...) sans véritablement être légitime.

Des missions « hautes compétences » conduites par des étudiants

Alors que le recrutement est une fonction souvent décriée par les différents acteurs sur le marché, et qu’elle requiert une si grande expertise, comment comprendre qu’on laisse agir en toute autonomie un jeune en cours ou en fin d’études, bénéficiant de peu de formation pratique et d’un accompagnement lointain sur des missions aussi importantes ?

Comment également oser vendre une prestation de services supposant de hautes compétences, alors qu’elle sera en réalité menée à bien par un étudiant, qui fera le job le plus consciencieusement possible, mais avec une expertise limitée ?

Deux ans plus tard et quelques stages plus loin, les pratiques autour de moi sont restées les mêmes, et le métier est de plus en plus critiqué. Je suis devenu à force de pratique un salarié de ce monde, et me sens aujourd’hui légitime. De l’autre côté de la barrière, chez les clients, personne n’a jamais rien su de tout ça, bien évidemment.

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  • les_canards
    • Posté à 16h38 le 25/07/2010
    • Internaute 20527

    Normalement, une entreprise qui fait appel à des cabinets vendant surtout de l’expertise (auditeurs, consultants en stratégie, chasseurs de têtes) se fait remettre le CV des employés qui travailleront sur sa mission avant de désigner le cabinet auquel elle aura recours.

    Ca répond déjà à la question : « Comment également oser vendre une prestation de services supposant de hautes compétences, alors qu’elle sera en réalité menée à bien par un étudiant, qui fera le job le plus consciencieusement possible, mais avec une expertise limitée ? »

    Parce qu’en échange, l’entreprise commanditaire paiera moins cher, et que ça lui va bien comme ça. [Ou alors que le responsable de l’appel d’offres n’a pas fait son boulot, et dans ce cas tant pis pour sa pomme].

    • Almaren
      Almaren répond à les_canards
      Lecteur moyen
      • Posté à 16h55 le 25/07/2010
      • Internaute 62375
        Lecteur moyen

      Les CVs que vous allez recevoir sont ceux des gens avec qui vous allez vous retrouver en contact, ceux qui seront visibles du client.
      Le directeur de projet et éventuellement les experts techniques.
      Et c’est eux qui justifie le prix que vous allez payer.

      Toutefois, c’est bien souvent un stagiaire qui fait en fait le boulot (voir c’est même parfois lui qui ira voir les membres de l’équipe cliente, le directeur de mission s’occupant de l’unique rdv avec la hiérarchie par exemple).

      Au final vous aurez payer pour une prestation complète avec un ou plusieurs haut-profils et vous aurez eu un stagiaire qui aura fait quasiment tout le travail.

      Parfois ca se pase bien, parfois ca se passe mal, ce qui est « malhonnète » c’est que vous prenez un expert pour vous garantir une expertise mais que vous n’avez pas forcement celle-ci donc la réussite de la mission n’est plus assurée.

      • les_canards
        les_canards répond à Almaren
        • Posté à 17h38 le 25/07/2010
        • Internaute 20527

        Normalement un bon contrat spécifie TOUS les gens qui vont travailler pour vous, et le nombre d’heures approximatif, pas uniquement ceux avec qui vous serez en contact.

        Après il est toujours possible, surtout pour des missions qui ne se déroulent pas in loco, que le prestataire mette des stagiaires sur le coup en douce, mais dans ce cas la malhonnêteté ne prend plus de guillemets !

    • yamato
      yamato répond à les_canards
      • Posté à 22h27 le 25/07/2010
      • Internaute 21748

      Après 15 ans d’exprérience en audit financier et 10 ans en entreprise, je n’ai jamais vu un cabinet fournir les CV de ses intervenants...Ce qui, au demeurant, peu sembler normal.
      Vous demandez ça au garagiste qui répare les freins de votre voiture ?

      • les_canards
        les_canards répond à yamato
        • Posté à 20h25 le 23/08/2010
        • Internaute 20527

        Désolée, je vous réponds très tard.

        Mais pour ma part, dans ma boîte, on a une consigne très claire : pas de contrat aux auditeurs qui ne fournissent pas les CV des intervenants. S’ils refusent, on exige un rabais de 30 %.
        Tant pis pour ceux qui se laissent fourguer des stagiaires, ils n’avaient qu’à vérifier. Ca fait partie du job.

         
        • yamato
          yamato répond à les_canards
          • Posté à 23h40 le 05/09/2010
          • Internaute 21748

          Désolé, je tarde aussi un peu.

          Mais ma question reste la même, vous passez votre temps à demander les CV du réparateur de la photocopieuse, du plombier, des intervenants en ménage,...ou vous faites une fixette sur les auditeurs ?

          Accessoirement, en audit légal, les refus de payer des honoraires est une entrave.

          Après, pour ce qui est des stagiaires, si seulement il n’y avait que les cabinet d’audit qui en utilisaient ! Ce serait bien. Malheureusement, je ne sais pas ou vous travaillez, mais je crains fort que...

          PS : pour les auditeurs (financiers en tout cas), j’ai vu des personnes se choquer que l’on emploie un expert comptable « stagaire ». Il arrive parfois que le sujet soit mal connu...

        1 autres commentaires
  • ralamaiche
    ralamaiche
    dans le poulailler
    • Posté à 16h48 le 25/07/2010
    • Internaute 54328
      dans le poulailler

    Et oui.

    Le monde virtuel qu’on nous infliges, la flûte permanente que l’on nous joue, le pipo généralisé font que notre société est littéralement à bout de souffle.

    Tout le monde fait semblant. Tout le monde fait « de la dinette », en bas comme en haut.

    Se faire embaucher actuellement, se faire toiser par un jeune c****** à peine sortie de l’école, qui n’a souvent rien vu, rien fait ou si peu mais qui vous explique, sans rire, l’intitulé de vos points faibles, issue d’un pseudo-test très compliqué et très déterminant que vous avez eu la naïveté de passer la semaine d’avant, est un calvaire proche de l’humiliation.

    Il en faut du courage pour affronter tous ces entretiens factices, lorsque tout est basé sur l’apparence.

    Encore, lorsqu’on est jeune, en chamalo qu’on est, on accepte, on encaisse, un week end avec la copine et c’est oublié...

    En revanche, lorsque la PME vient de fermer, qu’on a un peu 20 ans d’expérience concluante et qu’on s’entend dire par un post-pubère fraichement débarqué de son master à la con que nous ne sommes pas assez « force de proposition », il y a de quoi se flinguer.

    Nous en payons les effets car concrètement le système s’effondre.

    • Dudesque
      Dudesque répond à ralamaiche
      généralement sur mon séant
      • Posté à 16h53 le 25/07/2010
      • Internaute 2716
        généralement sur mon séant

      enfin, ce ne sont pas la faute des post pubère tout frais sortis d’ecole, ce systeme à ete mis en place par nos chers ainés

      • ralamaiche
        ralamaiche répond à Dudesque
        dans le poulailler
        • Posté à 20h16 le 25/07/2010
        • Internaute 54328
          dans le poulailler

        Exact.

        Il n’empêche que beaucoup de ces jeunes crétins ont tout l’air de retirer une vive satisfaction à humilier la personne qui se trouve en face d’eux, qui bien souvent à son histoire, son vécu, son expérience, ses compétences et qui se demandera toujours pourquoi on lui demande, en plein milieu d’un tas de questions qui étaient pourtant déjà sérieusement hors propos : « quel rapport intime entretient-il avec le souvenir de la découverte du rapport homme/femme lorsqu’il était enfant ».

        Je suis passé par là. J’ai réussi à me tirer de ce piège à rat par le haut, mais je garderais toujours le souvenir de ces entretiens bidons.

        Qu’ils aillent au diable.

    • Ratfucker-
      Ratfucker- répond à ralamaiche
      • Posté à 16h58 le 25/07/2010
      • Internaute 88371

      En abusant du recours au stagiaires, les cabinets de recrutement sont en train de flinguer leur propre emploi. C’est ce qui est advenu aux coiffeurs : à force de faire réaliser aux apprentis un travail d’ouvrier qualifié, il est apparu aux patrons que l’embauche de CDI ne s’imposait plus. Résultat, une fois parvenus à l’âge de la retraite : plus personne pour reprendre le fonds de commerce.

  • quellevie
    quellevie
    commerciale
    • Posté à 17h04 le 25/07/2010
    • Internaute 120673
      commerciale

    Pour voir des stagiaires dans mon entreprise mener des fonctions de cadres sans le « savoir faire » que cela implique me fait poser un certain nombre de questions :

    - Est-il normal qu’un stagiaire tienne un poste à temps complet alors même que la législation prévoie le contraire ?
    - A-t-il vraiment les compétences et les connaissances pour le faire en parfaite autonomie ?
    - N’est ce pas, après tout, une forme détournée d’employer des personnes à bas coup en échange d’un travail pas toujours « assumable » par eux ?
    - N’est ce pas aller un peu vite en besogne ?

    Aujourd’hui, j’ai des doutes sur l’utilité de ces stages que se soit pour les stagiaires ou pour les salariés devant travailler avec ou sous leur « pouvoir » hiérarchique.

  • jnk1961
    • Posté à 17h17 le 25/07/2010
    • Internaute 119895

    Bravo ! Bien de le dire !
    Mais, rassurez-vous, ce n’est pas un scoop !

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 17h33 le 25/07/2010
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    Pas envie de rencontrer ni de fréquenter ce jeune mercenaire à bas coût. J’vais pas pleurer sur son sort. Il agit, je l’espère pour lui, en toute conscience.
    Il va aller loin mais sans moi.
    Ciao

  • Jambon
    Jambon
    Rédacteur web
    • Posté à 17h58 le 25/07/2010
    • Internaute 88671
      Rédacteur web

    Quelques fois, le travail des stagiaires se voit : regardez France.fr par exemple...

  • jeffouletofou
    jeffouletofou
    cddiste
    • Posté à 22h48 le 25/07/2010
    • Internaute 43444
      cddiste

    de toute facon combien de consultant sont vraiment competent pour juger des personnes qu’ils ont a recruter ? ?

    surement tres peu.

    lorsqu’on voit des mecs qui sortent de grandes ecoles et qui se retrouvent consultant dans divers secteur, on peu se poser des question.

    c’est a mourir de rire sauf pour le mec qui se retrouve confronter a un tel recruteur là on rigole moins : (

    se retrouver devant une pauvre meuf ou un pauvre gar qui n’a jamais bosser dans la filiere pour laquelle il/elle recrute c’est à pleurer mais ça arrive tellement souvent. : ( : (

    que le recruteur soit donc avec ou sans experience, n’a dans se domaine que tres peu d’importance puisqu’ils ne connaissent pas les metiers pour lesquel ils recrutent.

  • Achernar
    Achernar
    Etudiant
    • Posté à 18h22 le 25/07/2010
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Regardons le problème sous un autre angle.

    S’il y a autant de postes de stagiaires, c’est bien parce qu’il y a des stagiaires pour les occuper. Ceux-ci n’apparaissant pas par génération spontanée, cela veut dire qu’il y a donc un grand nombre d’étudiants dans le domaine qui doivent faire un stage au cours de leurs études.

    Maintenant si les boîtes diminuaient le nombre de postes de stagiaires, comment les étudiants en question trouveraient-ils un stage ?

    Le problème n’est-il pas simplement dans le nombre d’étudiants dans le domaine ? Ce qui explique :
    -l’encadrement défectueux : nombre d’employés insuffisant pour s’occuper de tous
    -le type de missions accordées : pas besoin de 30 gars pour trier la même étagère, donc la boîte puise dans le reste de ses activités pour occuper les stagiaires

    • les_canards
      les_canards répond à Achernar
      • Posté à 20h26 le 25/07/2010
      • Internaute 20527

      Si c’était des étudiants qui doivent faire « un » stage... mais ce sont des étudiants qui doivent faire DES stages, non pas pour se former, mais pour « ajouter des lignes au CV », voire tout simplement pour récupérer 400 euros.

      Si vous limitiez la durée maximale des stages possibles dans un cursus à 6 mois, bizarrement, je suis prête à parier que des postes aujourd’hui réservés aux stagiaires se trouveraient miraculeusement convenir très bien à de jeunes diplômés.

  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 18h56 le 25/07/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Pareil dans le domaine du journalisme…

  • jcm
    jcm
    • Posté à 19h03 le 25/07/2010
    • Internaute 22032

    Si des missions « de haute compétence » peuvent être réalisées avec succès de façon assez régulières par des étudiants ou tout nouveaux diplômés cela signifie que, de fait, ces étudiants disposent d’une expertise suffisante et correcte.

    Il suffit donc d’un master tout neuf en ressources humaines pour « évaluer » un cadre comptable : cela devrait être facturé en conséquence à un tarif assez modeste, à l’échelle du salaire perçu par un jeune qui débute dans sa profession.

    Vous venez de nous rappeler que les cabinets de recrutement et autres « spécialistes RH » sont souvent les marchands d’un vent qu’ils vendent outrageusement cher !

    Vous demandez : « Comment également oser vendre une prestation de services supposant de hautes compétences, alors qu’elle sera en réalité menée à bien par un étudiant, qui fera le job le plus consciencieusement possible, mais avec une expertise limitée ? “.

    Cette action correspond très exactement à l’action d’Lien (voir la définition B !) : c’est donc de l’escroquerie, réalisée par le cabinet avec la complicité du stagiaire.

    N’ayons pas peur des mots : les patrons qui agissent ainsi sont des escrocs qui abusent de la confiance de leurs clients !

    • romi45
      romi45 répond à jcm
      découvre l'information
      • Posté à 11h43 le 18/08/2010
      • Internaute 20205
        découvre l'information

      Je mettrais un bemol,

      tout depens quelles competences il devait evaluer :

      competences professionelles liées au boulot de cadre comptable, et la je vous rejoins.

      competence autres (CAD, presentation, integration, caracteres ETC...) ou la peut etre a t’il plus de « savoir faire ».

  • jbaptiste
    jbaptiste
    C'est une situation, consultant (...)
    • Posté à 19h22 le 25/07/2010
    • Internaute 88657
      C'est une situation, consultant (...)

    J’ai vécu ça dans le pôle conseil SI d’une très grosse boite de conseil / Audit financier / Commissariat au compte :

    Stage de fin d’étude, sur un poste systématiquement attribué à un stagiaire, sans évidement de possibilité d’embauche (enfin, si, on m’a proposé un poste, à un salaire honteusement au dessous du marché.. la gloire du nom de la société aurait peut-être du me convaincre.)

    Accompagné par un consultant plus senior, nous avons été « conseiller » un dirigeant sur un projet d’informatisation / automatisation d’une usine.

    A mon niveau, je n’avais pas grand chose à proposer, mon senior pas tellement plus.
    Résultat des comptes : facturation à 1250 euros/jour, pour le senior, et 1250 euros/jour, pour le stagiaire -moi.
    Le client n’a jamais su mon statut, le projet n’a jamais abouti. (mais c’est une autre histoire - des histoires de copains qui proposent les services de leur boite-)
    (Pour la petite histoire, j’étais moi-même rémunéré près de 1000 euros, par mois.)

    Aujourd’hui, je suis toujours dans le conseil, et quand certains de mes clients recrutent eux-mêmes des stagiaires pour m’aider sur mes missions, je précise très clairement que ces stagiaires seront la pour :
    1 - apprendre
    2 - me filer des coups de mains dans mes études
    3 - en aucun cas produire (secteur informatique)

    Résultat :
    Les stagiaires :
    1 - produisent (on a pas assez de ressources, et plus de budget.)
    2 - me filent des coups de mains
    3 - apprennent, tant que je prend sur mon temps d’intervention pour leur transmettre des connaissances.
    Leur maître de stage est mon client, je ne suis que presta, le fonctionnement de nombreuses sociétés s’appuie sur des stagiaires, et les résultats sont souvent bons, pourquoi changer ?

    Le must étant les stagiaires suffisamment arrivistes pour tenter à tout prix d’être reconnus, et qui prennent des tas de responsabilités, travaillent jours et nuits, flattent ce qu’il y a à flatter, bref, en font des tonnes. Et finissent par être remplacés par leur successeur, stagiaire lui aussi, avec une tape dans le dos « bien bossé gamin ! » (Mais quelque part, ces sur-faisant, je les plaints moins, la leçon leur permettra peut-être de ne plus rayer le parquet lorsque salariés)

  • alyss
    alyss
    un peu blasée
    • Posté à 19h39 le 25/07/2010
    • Internaute 70251
      un peu blasée

    Dans le recrutement ces pratiques sont courantes. Une de mes copines a fait un stage en 3ème année dans un cabinet où plus de 60% de l’effectif était stagiaire, et elle a fait son 1er recrutement au bout d’une semaine !

    Mais il n’y a pas que dans le recrutement ! J’ai fait une année de césure après ma maîtrise de gestion : un an de stage payé correctement (1100€/mois), à occuper un poste à temps plein et à bosser 45 à 50h/semaine.
    J’étais ravie jusqu’au jour où mon N+2 m’a demandé de un audit de l’équipe dans laquelle j’étais ! ! ! Je devais vérifier leur travail et chercher les raisons d’éventuels manques de performance... des gens qui avaient pour certains 20 ans de carrière...

    J’ai gentiment expliqué que je ne pouvais pas le faire, que je n’avais aucune légitimité et pas assez d’expérience dans le métier pour évaluer qui que ce soit. Mon chef a accepté sans broncher, puis m’a filé une mission pourrie.

  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 19h41 le 25/07/2010
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    La variable salariale est la variable qui fait baisser les coûts d’une prestation. C’est le seul curseur que les entreprises ont trouvé piur être compétitif. A défaut d’être des Chinois, ces dernière emploient des stagiaires qui bossent comme des ânes pour une compensation salariales qui frise l’indigence.
    On a le modèle de société qu’on mérite.
    Je crève dans la précarité et loin de ma formation pour avoir refusé de jouer cette partition. Dur.
    Un témoignage très éclairant, merci.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 20h53 le 25/07/2010
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Une mission faisable par un stagiaire n’est surement pas une mission « hautes competences ». De maniere generale le monde du recrutement fonctionne plus au pipotron qu’aux « competences ».

    Je travaille dans un secteur tres technique et j’ai participe a de nombreux recrutements. Les rares fois ou des « specialistes » se sont retrouves impliques, les resultats n’ont pas ete probants. Un consultant recruteur ne connait pas notre bopite et surtout notre metier. Invariablement le super-pro aux « hautes competences » se faisait embobiner par un beau parleur qui une fois mis sur le grill par un ingenieur se revelait incapable de resoudre un probleme de base.

    C’est drole la premiere fois mais ca devient vite lassant.

  • Cocodou
    Cocodou
    (Dubitatif)
    • Posté à 21h12 le 25/07/2010
    • Internaute 89835
      (Dubitatif)

    De nombreuses grosses SSII, qui se disent parfois cabinets de conseils - mais c’est exactement la même chose pour les gens avertis - prennent des stagiaires vendus au prix d’un consultant sénior en inventant parfois des années d’expérience dans un domaine. Ensuite il suffit de les placer chez un client qui ne cherche pas à en savoir plus. On n’aime pas bouleverser son confort et sa petite routine pépère dans les grosses boîtes, pas avant la retraite.

    La plupart des ex-stagiaires ingénieurs sont passés par là. Le pire, c’est que du coup ils trouvent cela normal et font ensuite la même chose. Un peu comme les apprentis à l’ancienne qui donnaient autant de coups de pieds au cul qu’ils en avaient reçus. Expérience primordiale.

    On trouve aussi parmi les fameux grands comptes, les clients finaux comme on dit, certains stagiaires exploités et pressés comme des citrons pour effectuer un travail de cadre. Ils se paient un petit tailleur, un petit costard et sont vachement fiers d’être là où ils sont.

    Il suffit de leur tendre la carotte de l’embauche en fin de parcours ou bien plus efficace, de « la satisfaction du travail bien fait » (il la gobe à chaque fois celle-là, papa et maman le leur ont dit) ou de la nécessité de bien lécher le cul du patron, et de leur jeter quelques miettes. Le pire, c’est qu’on arrive à les persuader que c’était pour leur bien, qu’ils ont appris beaucoup et que cette expérience était nécessaire et enrichissante.

    En profitant de leur naïveté, on les persuade qu’ils ont une obligation de résultat, qu’ils ont l’obligation de se faire bien voir vis-à-vis de ces employeurs précaires et que tout cela passe comme une lettre à la poste. D’ailleurs, ils sont persuadés d’apprendre quelque chose d’utile et sortent donc de là épuisés, pressurés, contents ou alors devenus experts sournois, mais toujours aussi cons. Prêts à se plier en deux devant le prochain qui voudra les exploiter.
    Formés.
    Moulés.
    Intégrés.

    C’est l’été. C’est la pleine saison des stagiaires.
    On les voit parader un peu partout dans les grosses boîtes.

    Heureusement il y a quelques survivants parfois. De vrais êtres humains qui en ressortent. Pffff.

    • mad
      mad répond à Cocodou
      • Posté à 21h57 le 25/07/2010
      • Internaute 2629

      Malheureusement, sans stage, pas d’embauches.
      C’est vrais dans ma branche, ou à moins de 18 mois de stages sur le cursus (5 ans en théorie), on n’obtient même pas d’entretiens.

      • Cocodou
        Cocodou répond à mad
        (Dubitatif)
        • Posté à 21h56 le 26/07/2010
        • Internaute 89835
          (Dubitatif)

        Je le sais bien.
        Je vois bien, comme tous les gens qui veulent bien regarder, le nombre de ceux qui errent de stage en stage en se faisant exploiter à chaque fois, et cela, pendant des années parfois. Une fois en stage, au lieu de les accompagner, de les épauler, de leur montrer, bref de leur apprendre, on leur balance un dossier et on leur dit « traite-le et vite et bien ».
        Ensuite on les balance d’un coup de pied aux fesses et hop, au suivant.

        Bon courage si tu es encore stagiaire.

  • in god we trust
    in god we trust
    Federal Organisation
    • Posté à 23h52 le 25/07/2010
    • Internaute 117369
      Federal Organisation

    mais ils ne comprennent pas , avec leurs politiques tordues des CV

    il y a des gens qui ont des valeurs et meme plus que ceux qui jouent aux recruteurs

    MOI j’ecoutes d’abord mon client , collègues et patrons n’ont pas à venir me dire déranger , je suis en relations clientèles, leurs salades c’est « plus tard »

    au travail il ne faut pas se laisser influencer par ces gens là, il faut meme faire le tri de leurs paroles,c’est meme conseillé

    c’est ça l’indépendance , c’est la réussite

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 23h59 le 25/07/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    il faut dire aussi que les étudiants ont un avantage que d’autres n’ont pas : comme vous le dites, ils sont consciencieux. donc obéissent bien aux règles. ils sont parfaits à tous les niveaux, des collaborateurs exemplaires.

  • Scif
    Scif
    patatoïde
    • Posté à 04h25 le 26/07/2010
    • Internaute 48662
      patatoïde

    Je ne vois où est le problème ! Tout le monde est content, en somme :
    - le client a eu la prestation qu’il voulait ;
    - le cabinet s’est fait de l’argent ;
    - le salarié a été recruté (il fallait bien en prendre un, de toute façon !) ;
    - et le stagiaire a fait quelque chose d’intéressant et, surtout, a gagné une leçon de vie concernant le monde de l’entreprise (ce qui n’a pas de prix)

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 07h49 le 26/07/2010
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Maintenant vous savez pourquoi les 5 cabinets d’audit (Big Five) refusent de publier leur bilan,quitte à payer une amende.

    Facturer des audits, missions de conseils à partir de 800 euros : l’expertise a un prix

    Envoyer des contrats en alternance, stagiaires, ...fait bondir les marges et amènerait de nouvelles négociations tarifaires.

    Pour les faire tenir, ces « salariés » (pour les meilleurs) bénéficient de formations réservées habituellement au Top Management ou aux « Talents à fidéliser »

  • ocelote
    ocelote
    Casseur de tête indigné
    • Posté à 08h32 le 26/07/2010
    • Internaute 44437
      Casseur de tête indigné

    Je vais allé faire chargé de projet aujourd’hui, pour 417,... € par mois...

    Ca donne juste envie de vomir ;) mais faut manger pour vomir ;)

  • YoshiL7
    • Posté à 08h59 le 26/07/2010
    • Internaute 29840

    Pour un certain nombre de sociétés, le stagiaire, c’est un peu comme faire faire le travail dans certains pays prisés par ces mêmes sociétés... mais avec des avantages certains, c’est qu’il n’y a pas la barrière de la langue, ni la distance et il y a la carotte au bout... et si le boulot est mal fait, ce n’est pas grave, le stagiaire ne coute pas cher... voila le discours résumé à leurs salariés en France de certains dirigeants qui abusent de stagiaires, tout en jonglant avec l’off shore de leurs activités... Reste que les boites qui ont une politique stagiaire = salarié, un grand nombre finisse par en payer le prix au plus fort sur le moyen long terme... Est il normal aujourd’hui de voir des offres de stage pour des bac+5 diplomés et non pas en cours de cursus... ? ces recruteurs veulent tout simplement le beurre, l’argent du beurre et le crémier ! Rappelez vous une grande société qui fait dans l’alimentaire à la base et qui cherchait, en début d’année sur son site, son stagiaire pour recruter ses stagiaires... Il y a peu les gens avec expérience étaient poussés (ca continue me direz vous) à la sortie pour être remplacés par des jeunes diplomés, aujourd’hui, ces mêmes jeunes diplomés ne rentrent même plus parce qu’on embauche des stagiaires.... qui viendra remplacer les stagiaires ensuite ?

  • valflut
    valflut
    Etudiant en école de commerce
    • Posté à 10h03 le 26/07/2010
    • Internaute 9699
      Etudiant en école de commerce

    Cela a plusieurs significations à mon sens : déjà, la généralisation du stage fait partie de cette stratégie de « flexibilisation » du travail qui consiste en réalité, à jouer avec ce que propose la loi pour minimiser les coûts du travail... En bref, les entreprises (et pas seulement les grandes boîtes) utillisent aujourd’hui les stagaires comme de la main-d’oeuvre à bas coût. En effet, alors qu’ils abattent souvent le travail d’un titulaire (et pas seulement lors des stages « longs », supérieurs à 6 mois, mais aussi lors des stages d’été, qui consistent souvent à remplacer des titulaires partis en vacances), les stagiaires ont un salaire minimum très faible (417 euros par mois) voire nul si la durée du stage est inférieure à deux mois. Sans compter le fait qu’ils ne cotisent pas, qu’ils n’ont pas (ou peu) de vacances...

    Bref, une fois, encore, le décalage entre la loi et la réalité est patent, et la question des stages fait partie des points à analyser lors d’une nécessaire réflexion sur le travail en général.

    Deuxièmement, si les stagiaires, qui n’ont que peu d’expérience professionnelle, peuvent effectuer un travail de titulaire, c’est signe que ce travail n’est peut-être pas trop complexe. Et on là aussi en droit de s’interroger sur la légitimité de ces grandes écoles à instruire : les outils qu’elles transmettent sont-ils véritablement utiles ? Ou n’est-ce pas plutôt le diplôme qu’elles délivrent qui constituerait un « passe » pour ce type d’emploi ? La question reste en suspens, mais je mets une option sur le deuxième choix.

  • jeanpatrickranu
    jeanpatrickranu
    En 1987, j'ai fait du vélo.
    • Posté à 11h37 le 26/07/2010
    • Internaute 120880
      En 1987, j'ai fait du vélo.

    Aaaah les métiers du recrutement ....
    Des propositions de postes pas du tout en adéquation avec ton CV.
    Des emails de sollicitation truffés de fautes d’orthographe.
    Des abonnés absents quand ta candidature ne fait pas l’affaire (pour eux, une réponse négative se traduit par ... pas de réponse).
    Des petites jeunettes qui déroulent leur questionnaire trois qualités, trois défauts, « que pouvez vous apporter à l’entreprise ? ».

    Bon nombre ont des méthodes de voyous ... mais pas tous.
    Pour sortir la tête hors de l’eau, il faut avoir des méthodes de voyou.

    - Le descriptif du poste
    Systématiquement, ce dernier ne comporte pas le nom de l’entreprise pour laquelle le cabinet fait un recrutement. Cependant, en copiant des phrases du descriptif sur google et en lançant une recherche, on tombe souvent sur le nom de l’entreprise et sur l’annonce directe. Très souvent, les cabinets de recrutement ne font même pas l’effort de reformuler le descriptif, ce qui, au final, est tout à l’avantage du candidat.
    - Le téléphone
    On vous appelle en numéro caché ? Laissez le correspondant enregistrer un message sur votre répondeur, ce qui vous laissera le temps de vous renseigner sur cette personne et de vous décider à répondre ... ou pas.
    Le numéro s’affiche ? En cherchant sur google, on arrive facilement à retrouver le nom de l’entreprise qui appelle, voire même du correspondant.
    Un appel téléphonique, c’est du temps de pris, et le votre est précieux.
    - sur monster
    Chaque semaine, changez une virgule dans votre CV. Cela aura pour effet de le faire revenir sur le dessus de la pile ... et donc de le rendre visible pour vos recruteurs potentiels.

  • JSC
    JSC
    PACA
    • Posté à 13h55 le 26/07/2010
    • Internaute 98125
      PACA

    > Après deux petits mois, me voilà « autonome »
    Car il faut combien de temps avant d’être autonome ?

    Quelle formation avez-vu eue pendant les deux mois ? Quelles compétences vous l’avait-elle données ? Quelles compétences vous manquaient-il encore pour devenir autonome, d’après vous.

    Bac +5 + expérience dans le monde du travail et vous vous estimiez toujours pas compétent ? Mais enfin... assumez votre choix.

    > vendre une prestation de services supposant de hautes compétences,
    Cela regarde le vendeur et le client plutôt. Ce dernier n’a pas à « supposer » mais de vérifier.

    • emiboot
      emiboot répond à JSC
      No Homs land
      • Posté à 22h11 le 26/07/2010
      • Internaute 81944
        No Homs land

      > vendre une prestation de services supposant de hautes compétences,
      Cela regarde le vendeur et le client plutôt. Ce dernier n’a pas à « supposer » mais de vérifier.

      Pas tout à fait : le contrat signé implique et explique l’intervenance, en théorie, le client est EN DROIT d’attendre une prestation selon devis, tout comme un stagiaire est en droit de penser qu’il va être « en formation » pour au moins une durée décente de son stage.
      Après y’a des prestataires qui gonflent leurs devis, et des stagiaires capables. Même s’ils lâchent probablement surtout ceux capable de se démerder, comme notre auteur, ça revient à faire travailler pas cher un stagiaire à un poste qui coute, au bas mot, charge patronale comprise, 3000€ du mois à la place de 400€ ?
      Le calcul est vite fait, et la proportion de stagiaire citée par l’auteur franchement atterrante.

  • Sybylle
    Sybylle
    Autodidacte multilingue
    • Posté à 15h32 le 26/07/2010
    • Internaute 117442
      Autodidacte multilingue

    Ça reste une forme d’esclavagisme légal, et une manne pour les entreprises qui peuvent se permettre d’occuper un (ou plusieurs) poste(s) sur le papier, tout en ayant un salaire ridicule à fournir.

    Pour parler d’expériences personnelles, je travaillais sur une mission sur un site Seveso il y a peu.
    Le client a eu recourt en masse aux stagiaires et autres contrats en alternance, pour leur confier :
    -du support informatique
    -de l’ingénieurie informatique
    -de la R&D
    etc...

    Le problème est que ces ressources sont souvent considérées comme remplaçants à part entière d’un poste, qu’il soit nouveau ou simplement non renouvelé...sans considérer qu’il s’agit de personnes en formation, souvent lâchées sans guides (ou avec un responsable théorique), dans des environnements qu’ils ne maîtrisent pas forcément.
    Cela n’est pas de leur fait, ils sont déjà heureux d’avoir trouvé un poste.

    S’il s’agit d’un bon calcul pour la comptabilité, sur le terrain c’est pas la même donne !
    J’ai par exemple eu vent d’une perte de 300k€ liée à un mauvais mélange de matières premières... La faute a été reportée sur le stagiaire en question, alors qu’il avait été lâché sans instructions complémentaires et sans responsable pour la réalisation d’un mélange.

    Quant à l’informatique, que je maîtrise un peu plus, c’est bien d’occuper les postes de technicien informatique avec des jeunes en alternance.
    Mais au jour le jour, quand leurs connaissances techniques sont nulles, leur travail consiste essentiellement à prendre les appels sans pouvoir les traiter, il s’avère que leur présence est plus une « gène » qu’un bienfait.
    Ce n’est pas de leur fait, et la plupart de ces « jeunes » sont bien plus motivés et appliqués à la tache que certains salariés (direction ou pas).
    Mais cela ajoute souvent à la charge, et lorsque que l’on réduit la masse salariale ou qu’on la remplace par des débutants, il ne faut pas s’attendre à garder la même productivité (et pourtant « ils » tablent sur ça !).

    C’est un peu la vieille rengaine de « l’informaticien » : un informaticien c’est un mec qui touche aux ordinateurs...Inutile de s’attarder sur sa spécialité, « il s’y connaît » par définition...
    De la même façon, un « conducteur » saura conduire motos, voitures, camions, trains et avions.

    La tendance est clairement à l’occupation des postes, quelle que soient les conditions, pourvu que ça ne coûte pas cher.

    N’oublions pas qu’une fois terminée leur formation, bien peu auront le droit à une place dans leur société/entreprise hôte, et pour les quelques élus, il est indéniables que leur condition salariale sera tout autre que celle de leurs collègues.
    Pour les autres, ils auront un joli diplôme fermant toutes les portes, car d’autres stagiaires et alternants arriveront pour prendre leur place « à moins cher ».

    Dernier petit exemple : ma moitié travaille dans le SAV d’une grande chaîne blabla...
    Son CDD se termine en octobre, et son remplacement est déjà prévu : 2 mi-temps en alternance. Arrivée prévue : octobre. Formation : ils se démerdent. Vu le merdier que c’est actuellement (et pas de stagiaire à la direction, étonnamment), je plains ces pauvres arrivants !

  • emiboot
    emiboot
    No Homs land
    • Posté à 22h03 le 26/07/2010
    • Internaute 81944
      No Homs land

    TB article merci.

  • Musi
    • Posté à 16h33 le 29/07/2010
    • Internaute 28821

    Je devais accompagner un jour une personne devant évaluer un bâti pour France domaine (l’état). J’ai vu arriver un jeune homme, cheveu en pétard, pressé, parcourant plusieurs centaines de km par jour, dépêché par un cabinet sous-traitant cette évaluation (certainement un marché juteux).
    C’était un stagiaire, un peu paumé, on lui avait collé quand même un voiture pour les déplacement. Il est resté 2 minutes sur le bâti en question.
    Voilà, une dépense inutiles de plus alors que de nombreux fonctionnaires auraient pu faire se « simple » travail de repérage sans charge supplémentaires.
    Depuis il suffit d’aller sur le site de France domaine, pour voir le bâti en question en vente, bradé certainement.