24/07/2010 à 16h17

Rabhi : « C'est la civilisation la plus fragile de l'Histoire »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Il teste et vante depuis cinquante ans la « sobriété heureuse ». Pierre Rabhi est un Gandhi à la française, version agricole.


Pierre Rabhi chez lui (Audrey Cerdan/Rue89).

Le grand public a un peu entendu parler de lui lors de sa pré-campagne présidentielle de 2002, ou dans le dernier film de Coline Serreau. Chez les écolos convaincus, il est un des penseurs qui comptent le plus.

Lui n’a pas « fait le Larzac », car la communauté ce n’est pas son truc. Il n’a pas été embringué par Europe Ecologie non plus. Il a simplement cultivé son jardin, écrit des livres, et développé ce qu’il a appelé l’ « agroécologie », une agriculture plus bio que bio mais sans logo. Il exporte ses techniques dans le monde entier, surtout en Afrique.

Son « mouvement des oasis en tous lieux » a donné naissance à des oasis réelles, dont l’association Terre et humanisme est le principal fer de lance. Ce « pape » des révoltés de la société de consommation nous a reçu chez lui, en Ardèche. En le voyant déambuler dans son jardin et s’émerveiller face à la nature, on comprend mieux le personnage. (Voir la vidéo)


Rue89 : Jamais la consommation bio, le développement durable ou le vote vert ne se sont aussi bien portés. Y voyez-vous un bon signe ?

Pierre Rabhi : Tant que l’écologie restera une question subsidiaire qu’on traite par des « Grenelle », tout cela ne sera que diversion et amusement. L’écologie devrait être transversale, la préoccupation de tout être humain, car ça concerne rien de moins que notre survie ou notre disparition.

Les Etats ne sont pas assez honnêtes pour considérer cette question comme absolument essentielle, ils préfèrent perfectionner ce qui sert la mort (comme les armes) que ce qui sert la vie. Servir le lucre et la puissance du lucre, et pour cela piller les mers, détruire les forêts et les sols...

Qu’appelez-vous la « toute puissance du lucre » exactement ?

La planète est devenue le théâtre d’une pièce ambiguë qui repose sur la toute puissance du lucre, la quête du profit. Si vous n’avez plus de ressources, vous n’existez pas. Nous devons changer de paradigme : au lieu de postuler que « la Terre nous appartient », nous devons prendre conscience que « nous appartenons à la Terre ». L’être humain et la nature, donc le respect de la vie, doivent revenir au cœur nos valeurs.

Vous prônez une insurrection des consciences. La prévoyez-vous pour bientôt ?

L’apocalypse est déjà sur la planète, simplement nous sommes peut-être encore du bon côté de la barrière. Le système invente des stratagèmes de tranquillisation généralisée. Les supermarchés sont pleins mais les gens ne savent pas que pour cela nous transportons de l’alimentation du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest, au détriment de notre capacité à la produire là où nous sommes.

Dans le Sud, je vois des gens qui n’ont pas assez pour se nourrir et qui cependant sont joyeux. Certains consomment la vie, d’autres comptent leurs milliards.



Pierre Rabhi dans son jardin en juillet 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

Que vous inspire la réforme des retraites ?

Moi je trouve qu’il n’y a rien de plus horrible que de naître pour travailler jusqu’à la fin de ses jours. Dès la maternelle et jusqu’à l’université, l’homme est enfermé dans une espèce de pénitencier, ensuite il y a des casernes, on va dans des boîtes, petites ou grandes, et pour s’amuser on va en boîte, et bien sûr on y va en caisse, et puis ensuite il y a les boîtes où on met les vieux en attendant la dernière boîte !

Il faut ajouter à ça les logements exigus alors que le monde est vaste, l’importance des divertisseurs... On exalte les stars, idoles d’un monde qui s’ennuie. C’est triste, tragique même.

Moi je ne veux pas vivre pour travailler, je veux travailler pour vivre. Ici, le paysage est magnifique, l’air est pur, il est gratuit, je ne veux pas renoncer à ça. Je me sens mieux qu’un milliardaire !

Que dites-vous aux chefs d’entreprise qui vous sollicitent pour des conférences ?

Le Medef m’invitait à réfléchir sur la question de savoir s’il existe une vie après la mort, mais je m’en fiche. Moi, ce qui m’intéresse c’est ce qui existe pendant que je suis vivant, s’il existe une vie AVANT la mort.

Le modèle est en train de se déglinguer, on se rend compte qu’on est dans la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui vous supprimez le pétrole et l’électricité et tout le système s’effondre. C’est une société inintelligente qui s’est mise elle-même dans une sorte de traquenard dont on a du mal à sortir. Le pétrole sera sans doute l’enjeu d’une déflagration généralisée.

Que diraient des extraterrestres en regardant l’humanité ? Qu’elle est à la fois douée... et stupide. Avec Internet, nous sommes de plus en plus confinés dans un monde qui ne nous laisse plus l’espace de la vie.

Que proposez-vous à ceux qui se sentent en insurrection intérieure mais doivent nourrir leur famille ?

Moi, je travaillais à Paris dans une usine et j’ai dit non. Il a fallu de l’audace pour plonger dans le vide, dans l’inconnu. Je suis devenu crédible parce que je fais ce que je dis, je dis ce que je fais. J’ai rendu la terre féconde.

Aujourd’hui, c’est structurellement plus difficile d’acheter un bout de terrain, mais moi je considère qu’avoir un morceau de terre pour se nourrir est un acte politique et de résistance.


Pierre Rabhi dans son jardin en juillet 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

Vous voulez qu’on devienne tous paysans...

Ce n’est pas ce que je préconise. Mais si tous les paysans faisaient grève, on se rendrait compte qu’ils sont importants. Si la SNCF fait grève, on attend. Si les paysans ne veulent plus nous nourrir, on fait quoi ? La chose la plus importante c’est donc la terre qui nous nourrit. Une politique intelligente est une politique qui intègre cette idée du patrimoine nourricier.

Le monde de l’après-crise va-t-il tendre vers la décroissance ?

Aux élections de 2002, j’ai voulu me présenter pour ouvrir un espace de parole sur l’urgence écologique et humaine parce qu’on ne peut pas appliquer un système illimité à une planète limitée. A ce moment-là, j’ai prêché la décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen, le seul qui mérite le prix Nobel. Aujourd’hui, ce qu’on appelle « économie » c’est le pillage, l’épuisement du capital vital. On est gonflé d’appeler ça « économie » !

L’Afrique qui a des richesses inouïes est considérée comme pauvre parce qu’on ne mesure que le PNB. Les richesses gratuites comme de s’occuper de sa vieille mère, élever ses enfants, sont des valeurs humaines. Cette mère de famille devrait-elle envoyer sa facture à l’Etat pour avoir fabriqué un petit producteur-consommateur qui paiera des impôts ? C’est absurde.

Le mouvement que vous avez inspiré est important tout en étant confidentiel. Vous semblez presque un demi-Dieu pour ceux qui viennent assister à vos conférences. Seriez-vous finalement une sorte de « gourou » ?

Je suis beaucoup trop respectueux de la personne humaine pour l’amener dans mon propre camp. Rendre les gens dépendants de quelqu’un, c’est l’horreur. Chacun son destin, sa spiritualité, ses croyances... Si certains ont cette sensation c’est soit que je me suis mal expliqué, soit qu’ils n’ont pas très bien compris ce que je suis. (Voir la vidéo)


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  • Enki
    Enki répond à vermisseau
    alchimiste
    • Posté à 07h35 le 25/07/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    C’est sûr que les bons élèves suant des intrants qui récitent le catéchisme productiviste en faisant des allers retours en tracteur sur 50 hectares de monoculture pour ne même pas en nourrir une famille ne sont pas des esclaves volontaires.

    Ce n’est pas forcément un cadeau, un woofer sur une exploitation, parce qu’il faut le former et repasser derrière lui. C’est un échange qui n’entre pas dans des considérations de rentabilité.

    Le lucre n’est pas la motivation qui fait se rencontrer ces gens là.

    Dans certaines exploitations, notamment dans les pays où cultiver bio et local n’est pas encore aussi rentable que de pétroler les assiettes, cela peut-être une façon de compenser le marché, certes.

    C’est parfois la seule façon de rendre au paysage ce que le marché lui a pris et ne lui rendra pas, comme reconstituer les haies, remettre des plessis à la place des barbelés, ou remonter ces murs en pierre sèche que vous aimez bien voir en vacances en Ardèche.

    Cela peut-être un coup de pouce pour un jeune exploitant, un coup de main pour les saisons, ou dans des pays où la production bio n’est pas valorisée par le marché, c’est surtout une façon de partager son expérience, c’est souvent une ouverture culturelle pour l’hôte qui partagera ses repas en famille avec des woofers japonais, australiens, américains ou parisiens.

    C’est une expérience humaine avant tout. C’est une autre façon de voyager pour ceux qui n’ont pas le goût ou pas les moyens d’aller au club Med. C’est une façon d’apprendre sur le terrain comment pousse ce qu’on a envie de manger, tout en contribuant à la gestion écologique du petit morçeau de planète que l’on a, sous les pieds, à portée de mains.

     
    • vermisseau
      vermisseau répond à Enki
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 09h31 le 25/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      et donc on retombe dans le bon vieux cliché du bio qui fait pas ça pour l’argent mais pour la planète etc...

      je vous conseille un bon article de « agriculture et environnement » qui a interviewé éric orsenna, et qui explique pourquoi il ne faut pas perdre de vue l’aspect de rendement en agriculture, afin de ne pas décherger sur les autres pays notre consommation et ne pas tranformer nos agriculteurs en paysagistes

      ça devrait vous intéresser

      • Enki
        Enki répond à vermisseau
        alchimiste
        • Posté à 10h26 le 25/07/2010
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Vous avez la foi.

        Le problème n’est pas le sous-rendement mais la sur-consommation, et une économie qui ne fonctionne que sur l’aubaine de ressources épuisables.

        Je devrais vous épargner le cliché de vous demander de quelle planète de rechange vous disposez si vous voulez répondre à l’augmentation de la consommation par l’augmentation de la production.

        Ayez autant d’enfants que vous pouvez en envoyer à l’usine, ou autant d’enfants que les champs peuvent en nourrir.

        Si vous croyez qu’on peut résoudre l’équation globale, allez-y, d’autres cherchent à la résoudre localement, ça marche, et ils ne volent l’avenir de personne, laissez les faire.

        • vermisseau
          vermisseau répond à Enki
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 12h13 le 25/07/2010
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          ils ne volent l’avenir de personne parce que ça reste insignifiant

          globalisez ça et ça donne un véritable désastre : vous croyez vraiment que le WOOFING pourrait se généraliser à toutes les fermes bio ? avec quels « bénévoles » ?

          que la traction animale pourrait se généraliser à toutes les exploitations ? avec quels rendements ? combien d’accidents ? de gens brisés par le travail ?

          que le BRF pourrait se généraliser à toutes les exploitations ? au prix de combien de forêts dévastées ? de combien de terres bousillées au nom de la production de bois raméal fragmenté ?

          que les variétés anciennes pourraient se généraliser ? au nom de combien de mutations incpntrôlées ? de combien de famines ? de combien d’intoxications alimentaires ?

          que les AMAP et les circuits courts pourraient se généraliser ? au nom de combien de consommateurs trompés ? de combien de combines entre producteurs dégoûtés ?

          que le bio pourrait se généraliser ? au nom de combien d’hectares pris sur la nature pour essayer vainement de conserver une production égale ? de combien de paysans détruits ? de combien d’épidémies provoquées par les applications de produits fermentés comme insecticides comme on nous le montre dans le film de Coline Serreau ?

          la sur consommation est l’argument de ceux qui ne sont pas capables de proposer à leurs enfants ce dont ils ont besoin : « tu vois, tu consomme trop, ce n’est pas moi qui ne produit pas assez »

          • Enki
            Enki répond à vermisseau
            alchimiste
            • Posté à 13h58 le 25/07/2010
            • Internaute 9562
              alchimiste

            Le woofing n’est pas une main d’oeuvre régulière sur laquelle un agriculteur peut faire reposer son exploitation, Il loge et nourri sa famille, il peut loger et nourrir un ami qui s’intéresse à ce qu’il fait en plus, celui-ci donne un coup de main. Votre schéma de pensée semble étanche à quelque chose de pourtant, humainement pas très compliqué.

            Je vous reconnais d’argumenter, mais vous vous basez sur des clichés, des erreurs voire des contre-vérités.

            Qui a parlé de généraliser la traction animale ? Les déchets d’une exploitation sont aujourd’hui un coût, alors qu’ils représentent l’énergie nécessaire à l’exploitation.

            Qui a parlé de dévaster des forêts pour le BRF ? La végétalisation de voirie est aujourd’hui un coût, on bétonne les berges pour les tenir moins bien qu’un ripisylve, on laisse lessiver les sols parce qu’on ne se fatigue plus à tailler un tétard ni conduire une haie, et on laisse partir des forêts en fumée parce qu’elles ne sont ni paturées ni entretenues.

            L’agrodiversité, qui ne met pas tous ses oeufs dans le même panier serait un facteur de vulnérabilité alimentaire ? Risque d’intoxication, de mutation, d’épidémie et d’infestation ? Vous avez une bourse d’études de Monsanto ?

            Les produits phytothérapeutiques naturels ne sont pas là pour remplacer les épandages massifs, ce sont des traitements d’appoint là où le vrai travail, l’intelligence phytosociologique et la permaculture, n’a pas suffit. Les purins peuvent être bouillis, d’ailleurs, si vous l’ignoriez. On ne parle pas de traitements alternatifs à ce que necessitent des hectares d’abricotiers, on parle de planter l’abricotier de façon à ce que, au pire, il ne nécessite qu’un traitement local naturellement et grâcieusement fourni par ce qui pousse tout seul à coté.

            Sur la généralisation des circuits courts, même sans considérer le droit spollié de la majorité de l’humanité à une agriculture vivrière, on est dans l’évidence. L’énergie nécessaire au conditionnement, au transport, et à la déchetisation de votre plat cuisiné n’est plus disponible. Cette rareté là sera plus violente que celle des terres arables. C’est là qu’est la surconsommation.

            Et il ne s’agit pas de priver ses enfants de frites congelées, mais de leur apprendre comment une patate sort de terre, à l’éplucher et tailler les frites soi-même.

            Risque de coupure me direz-vous, faible rendement, baisse de niveau de vie, moins de temps pour la télé, mais, même les oignons, c’est rien que du bonheur et vous mettrez dessus le prix que vous voulez.

            • kagul
              kagul répond à Enki
              • Posté à 15h03 le 25/07/2010
              • Internaute 23275

              Merci d’avoir enfin fait taire l’étudiant...

              • vermisseau
                vermisseau répond à kagul
                étudiant ingénieur en (...)
                • Posté à 17h19 le 25/07/2010
                • Internaute 26276
                  étudiant ingénieur en (...)

                ah ça ! il ne faut jamais parler trop vite ;)

              • Enki
                Enki répond à kagul
                alchimiste
                • Posté à 19h59 le 25/07/2010
                • Internaute 9562
                  alchimiste

                Ouarf ! J’allais vous répondre que ce n’était pas le but, un débat sans contradicteur étant vain, puis je me suis dit qu’il allait probablement vous répondre lui-même...

            • vermisseau
              vermisseau répond à Enki
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 17h06 le 25/07/2010
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              ah mais on est mille fois d’accords !

              mais tout ce que vous me décrivez là, ce n’est PAS le bio, c’est l’AGRICULTURE

              ce qui me gêne, c’est que les gens s’imaginent qu’il n’y a QUE le bio qui fasse ça alors que dans le cahiers des charges du bio c’est : aucun produit de synthèse

              après votre cuivre « naturel » la limite c’est 3kg/Ha donc vous pouvez y aller franco

              de même, tout cela est basé sur une fausse idée selon laquelle les produits de synthèse sont plus nocifs que les produits naturels, ce qui est faux : cas par exemple des pyrètrines naturelles (je ne suis pas sûr de l’ortographe dsl) qui sont plus toxiques et moins biodégradables que les pyréthrinoïdes de synthèse, interdites en AB

              à mon avis, le monde est pavé de bonnes intention, le seul problème, c’est de prendre pour vérité acquise une hypothèse, une observation ou une tradition, ou le « bon sens populaire »

              en revanche, pourriez préciser le WOOFING, je n’ai bien saisi où vous voulez en venir ? de même pour les purins « bouillis » ? ..

              • Enki
                Enki répond à vermisseau
                alchimiste
                • Posté à 21h00 le 25/07/2010
                • Internaute 9562
                  alchimiste

                J’ai déja tendance à faire des commentaires trop longs, je ne vais pas essayer de vous répondre in extenso.

                Disons que l’agriculture écologique devrait être un pléonasme, comme la décroissance devrait être prise pour une recherche de bon sens, et non comme une idéologie délétère. Sous ces deux concepts, il y a des théoriciens, mais ce sont surtout la somme des expériences humaines qui les composent.

                Le propre de l’écologie c’est de ne faire concensus que chez ceux qui l’isolent pour la vendre et la corrompre, et de diviser ceux qui s’en préoccupent réellement. Le marketing et les politiciens ne s’y trompent pas.

                Sur le bio en tant que label, c’est la seule façon d’exister à coté de la FNSEA. Je préfèrerais que l’on paye les produits à leur vrai coût environnemental plutôt que d’aider les non impactants. On ne peut pas le faire sans dire au volailler industriel ou au laboureur du désert de Beauce que ce sont des ouvriers, au mieux des techniciens, mais pas des agriculteurs, et surtout pas des paysans.

                Enfin, il y a trois composantes qu’il faut dissocier pour être conscients de leurs interactions : l’environnement, la santé et l’économie. Ainsi, même si un intrant chimique était 100% safe, même s’il améliore le rendement et économise de l’huile de coude, le fait est qu’on recherche une agronomie la moins dépendante possible de l’industrie, et c’est un besoin superflu, parce qu’il n’est rendu nécessaire que par une mauvaise gestion et peut être produit localement.

                Cela peut être « spirituel », dans le rapport à la terre, si vous voulez, c’est aussi économiquement pragmatique pour ceux qui pensent que la production vivrière est en danger de sa dépendance à l’industrie, et donc au cours du pétrole...

                • vermisseau
                  vermisseau répond à Enki
                  étudiant ingénieur en (...)
                  • Posté à 22h44 le 25/07/2010
                  • Internaute 26276
                    étudiant ingénieur en (...)

                  bon, on ne partage pas le même avis sur le bio et la décroissance, mais ça je commence à m’y habituer

                  sinon, concernant le lien à le terre j’ai aussi l’impression qu’on est sur la même longueur d’ondes, et je me réjouis d’avoir pu « parler de façon constructive » avec un internaute :)

                  disons que le label est la seule façon d’officialiser une pratique, c’est une des raisons qui ont amenées à l’agriculture raisonnée

                  et je suis plus que d’accord avec vous sur l’écologie, je dirai que vous avez transcrit en mot ma pensée que je n’arrivais pas à exprimer, ne m’en voulez pas, mais je crains de devoir un jour vous emprunter la formule ;)

    10 autres commentaires
  • Sophie Verney-Caillat
    Sophie Verney-Caillat répond à Enki
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 10h26 le 25/07/2010
      rédacteur
    • Journaliste 50753
      Journaliste

    Nous avions d’ailleurs publié un reportage sur ce sujet voici deux ans déjà : Lien

    • Enki
      Enki répond à Sophie Verney-Caillat
      alchimiste
      • Posté à 10h52 le 25/07/2010
      • Internaute 9562
        alchimiste

      Dans un autre genre, les Les Jardins de Cocagne sont des jardins maraîchers biologiques à vocation d’insertion sociale et professionnelle, qui distribuent leurs produits comme les AMAP, peut-être près de chez vous :

      Lien

      Cordialement.

       
      • vermisseau
        vermisseau répond à Enki
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 17h22 le 25/07/2010
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        bon après l’idée est bonne voire excellente (nan vraiment)

        mais la qualité des produits, la praticité du système et grosso modo le respect du consommateur...

        des aubergines à 80%, des quantités extrêmement variables, des irrégularités d’approvisionnement, des retards, des fruits et légumes abimés... disons qu’au nom de l’insertion sociale il ne faut pas non plus nier les impératifs économiques, sinon on perd tout crédit

        • Enki
          Enki répond à vermisseau
          alchimiste
          • Posté à 21h24 le 25/07/2010
          • Internaute 9562
            alchimiste

          Je me rappelle cet agriculteur qui vendait plus cher ses abricots réformés sur le marché en prétendant qu’ils étaient bio...

          Des tomates hydroponiques calibrées sur branche, des goldens sans surprise, des oeufs en tube et si possible des poulets qui sortiraient de l’oeuf sous forme de nuggets... Mais aussi des citoyens tous pareils, conformes et modélisables...

          C’est la demande du marché, mais est ce qu’on est dans le vivant, dans l’humain ? Est-ce que c’est l’avenir qu’on souhaite ?

          L’industrie exige la constance du produit, mais on fait comment pour être content d’avoir de belles tomates si elles sont toutes pareilles ? Où est la surprise, où est l’aventure ?

          • vermisseau
            vermisseau répond à Enki
            étudiant ingénieur en (...)
            • Posté à 22h47 le 25/07/2010
            • Internaute 26276
              étudiant ingénieur en (...)

            bon je n’irai pas jusqu’au nugget sortant du cul de la poule...

            mais pour rester dans la métaphore avicultrice, tout cela est l’éternelle question de l’oeuf et de la poule : qui était là le premier ? est ce le consommateur qui impose ses désirs à l’inductrie, ou l’industrie qui formate le consommateur ?

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à vermisseau
              In enculo cum vibro
              • Posté à 01h01 le 26/07/2010
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              En tous cas, l’industrie investit des milliards dans la publicité.

              Est-ce que cela formate le consommateur plus que de mettre de la merde en rayon ?

              La question reste ouverte.

      4 autres commentaires
  • James Ascoli
    James Ascoli
    Administrateur
    • Posté à 19h48 le 24/07/2010
    • Internaute 120779
      Administrateur

    René Dumont avait critiqué très fortement Pierre Rabhi pour son travail à Gorom Gorom au Burkina Faso. Monsieur Rabhi avait mis de l’avant, à grand frais, avec le Point un centre agro-touristique. Lors de mon dernier passage voici environ 10 ans il ne restait pratiquement rien du complexe hôtelier et la partie agro avait déjà disparu à la fin des années 80. Le coté agro n’était que de la frime pour les touristes. La quantité d’eau et d’intrant nécessaire faisait en sorte que ses pratiques culturales ne pouvaient en rien être généralisé. Mais il avait de la bonne presse, en gros une grosse opération de marketing soit disant écolo. A t il poursuivit dans ce mode marketing depuis ?

    James Ascoli

  • esurnir
    • Posté à 20h19 le 24/07/2010
    • Internaute 16551

    « Si les paysans ne veulent plus nous nourrir, on fait quoi ? »

    On importe, des USA par exemple

    • Peinard
      Peinard répond à esurnir
      serial-rieur
      • Posté à 08h03 le 25/07/2010
      • Internaute 120808
        serial-rieur

      on fait une grêve de la faim.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 20h32 le 24/07/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Merci monsieur de montrer que la prise de conscience est accessible à tous pour un peu que l’on réfléchisse et que l’on sorte de l’abrutissement généralisé que véhicule les médias à longueur de temps.
    Bien sûr ce n’est pas vous qu’on met en valeur dans les journaux mais les requins, les m’as-tu-vus, les connards qui s’en mettent plein les fouilles pendant qu’on nous enjoint de travailler jusqu’à la mort pour un salaire de plus en plus moindre. Monde de merde...
    Lien

    • Hulk
      Hulk répond à Asse42-
      Gros con de droite
      • Posté à 00h56 le 25/07/2010
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      C’est pas vrai du tout ça. Moi par exemple, j’ai été grassement augmenté cette année.

      PS : c’est un TOC cette manie de coller des liens partout ?

      • Asse42-
        Asse42- répond à Hulk
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
        • Posté à 02h08 le 25/07/2010
        • Internaute 25124
          Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

        Oui je me doute que votre situation est florissante vu votre acharnement à défendre la politique anti-social.
        J’ai deux blogs donc je mets des liens lorsque le sujet s’y prête.

         
        • Hulk
          Hulk répond à Asse42-
          Gros con de droite
          • Posté à 02h12 le 25/07/2010
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Détrompez-vous : je défends une politique sociale, contrairement à vous et à vos semblables.

          Je prône l’augmentation de la prospérité générale, ce qui permet peu à peu d’améliorer les conditions de tous malgré les inégalités.
          Vous, vous prônez des mesures qui ont pour effet de diminuer la prospérité générale, ce qui a pour conséquence qu’avec votre politique, les pauvres en prennent plein la gueule et sont de plus en plus pauvres, vu que au sein d’un gâteau qui se réduit ils sont moins bien armés pour défendre leur part.

          PS : vu le niveau de vos blogs, vous feriez mieux de vous dire que le sujet ne s’y prête jamais, ce serait plus raisonnable.

          • Asse42-
            Asse42- répond à Hulk
            Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
            • Posté à 02h16 le 25/07/2010
            • Internaute 25124
              Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

            Le niveau de mes blogs est fluctuant de quel côté on se place ^^ Et détrompez-vous moi aussi je propose la prospérité pour tous mais sans passer par la guerre économique, militaire, environnementale, sociale , en fin de compte humaine. De mon point de vue je milite pour une société humaine coopérative et non concurrentielle. C’est pour cela que je suis de gauche.

            • Hulk
              Hulk répond à Asse42-
              Gros con de droite
              • Posté à 02h17 le 25/07/2010
              • Internaute 108405
                Gros con de droite

              C’est surtout pour ça que vous n’êtes pas près de voir vos idées mises en pratique. Les électeurs ont encore du bon sens.

              • Asse42-
                Asse42- répond à Hulk
                Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
                • Posté à 03h28 le 25/07/2010
                • Internaute 25124
                  Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

                Les électeurs de droite et les libéraux qui croient que nous sommes soumis aux marchés financiers.
                Mais je vous ne ferai pas l’affront de me dire quelles sont vos idées pour assurer la prospérité pour tous comme vous avez si benoîtement et gentiment émit l’idée de votre politique sociale.

                • Hulk
                  Hulk répond à Asse42-
                  Gros con de droite
                  • Posté à 03h43 le 25/07/2010
                  • Internaute 108405
                    Gros con de droite

                  Les libéraux ne croient pas que nous soyons soumis à quoi que ce soit. Lisez Montesquieu au lieu de désirsdavenir, ça vous instruira.

                  Ce sont les gauchistes qui croient que nous sommes soumis à la bêtise et aux raisonnements primaires.

                  Nuance.

        5 autres commentaires
      • Oontack
        Oontack répond à Hulk
         ! =
        • Posté à 15h08 le 25/07/2010
        • Internaute 60324
           ! =
      • Oontack
        Oontack répond à Hulk
         ! =
        • Posté à 15h05 le 25/07/2010
        • Internaute 60324
           ! =

        Il est important de bien traiter ses meilleurs larbins. Ils vous le rendent au centuple.

  • Atopiak
    Atopiak
    Critique
    • Posté à 21h31 le 24/07/2010
    • Internaute 120415
      Critique

    Certains commentaires me paraissent bien rapides et bien peu médités. Je ne comprends pas, par ailleurs, pourquoi certaines personnes semblent n’entendre qu’en partie les propositions de Pierre Rahbi que je découvre pour ma part avec un vrai bonheur. Il nous parle, certes, de « cultiver son jardin », mais cette proposition ne doit pas s’entendre uniquement au sens propre : l’idée n’est pas de faire de chacun un paysan, mais surtout de renouer avec un certain rapport à la terre pour prendre la bonne mesure de ce qu’elle nous offre et de nos véritables besoins. Sommes-nous devenus si sourds à des valeurs autres que l’argent, la possession, la consommation à outrance, le chacun-pour-soi ?
    Il n’y a pas si longtemps que cela, suite au mouvement social qui eut lieu en Guadeloupe et en Martinique en 2009, Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau et d’autres écrivains antillais ont écrit un « Manifeste pour les “produits” de haute nécessité » qui, à mon sens, évoquait la même question, celle de savoir ce qui est véritablement essentiel et donne du sens à une vie humaine. Car de quels « produits » avons-nous réellement besoin ?
    Sommes-nous tant pris par les multiples divertissements, au sens que donnait Pascal à ce mot, qui nous entourent - et auxquels nous répondons bien volontiers - et tant imprégnés des représentations médiatiques, publicitaires, et idéologiques, que nous ne parvenions même plus à entendre que l’avoir et l’être sont deux choses différentes ?
    Merci à Pierre Rahbi de nous le rappeler, et d’offrir d’autres modèles - car c’est cela, sans doute, qui nous fait défaut - au modèle dominant, qui n’a nul besoin d’être défendu tant il est présent dans chaque strate de nos vies. Voilà un homme qui nous rappelle que la richesse n’est pas seulement matérielle, qu’il y a d’autres richesses, infiniment plus en rapport avec notre qualité d’homme.
    Et tiens, puisque je parlais de Pascal, pourquoi ne pas faire appel à lui ici ? Il est, certes, un peu austère, mais en ces temps de surabondance certains de ses écrits sonnent avec une belle justesse :

    « Divertissement. On charge les hommes, dès l’enfance, du soin de leur honneur, de leur bien, de leurs amis, et encore du bien et de l’honneur de leurs amis. On les accable d’affaires, de l’apprentissage des langues et d’exercices, et on leur fait entendre qu’ils ne sauraient être heureux sans que leur santé, leur honneur, leur fortune et celle de leurs amis soient en bon état, et qu’une seule chose qui manque les rendrait malheureux. Ainsi on leur donne des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour. Voilà, direz-vous, une étrange manière de les rendre heureux ! Que pourrait-on faire de mieux pour les rendre malheureux ? Comment ! ce qu’on pourrait faire ? Il ne faudrait que leur ôter tous ces soins ; car alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont ; et ainsi on ne peut trop les occuper et les détourner. Et c’est pourquoi, après leur avoir tant préparé d’affaires, s’ils ont quelque temps de relâche, on leur conseille de l’employer à se divertir, à jouer, et à s’occuper toujours tout entiers. »

  • DIOPZO
    • Posté à 21h32 le 24/07/2010
    • Internaute 24613

    Je ne connaissais pas ce monsieur mais, au regard de cet article, je ne vois ^pas ce qu’il apporte de plus à la cohorte des préceptes écologiques qu’on nous ressasse depuis des années.
    Alors gourou mais au nom de quoi ?

    • vermisseau
      vermisseau répond à DIOPZO
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 23h09 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      d’un facteur de multiplication de 360 pour les grains de maïs ^^

      • jean.pierre
        jean.pierre répond à vermisseau
        • Posté à 23h55 le 24/07/2010
        • Internaute 27384

        360 grains à l’ épi ? une fois que tout le monde s’est servi il lui en reste combien de grains ?

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à DIOPZO
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 10h19 le 25/07/2010
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Lisez les « à lire aussi » : il a inspiré énormément de gens, créé un mouvement qui ne cesse d’essaimer (Terre et Humanisme, Colibris, Oasis en tous lieux...).
      Creusez si ça vous intéresse : il propose un changement de paradigme qui ne s’appréhende pas en une seule interview.

  • migloo
    migloo
    anarcho-élitiste de pacotille
    • Posté à 21h37 le 24/07/2010
    • Internaute 90438
      anarcho-élitiste de pacotille

    La décroissance démographique est évidemment nécessaire et urgente.
    Et puisque l’espèce n’a pas été capable de le comprendre ni a fortiori de l’organiser, la nature s’en chargera, sans prendre de gants.
    La seule question est de savoir si cette rétroaction sera climatique, épidémique ou guerrière.
    Mais c’est pour bientôt. Après ça ira mieux pour les quelques survivants qui auront enfin de la place.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à migloo
      In enculo cum vibro
      • Posté à 23h44 le 24/07/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Vous citez Mein Kampf de mémoire, ou vous avez le bouquin sur les genoux ?

      • ozi
        ozi répond à Autist Reading -
        Mauvais-goûteur
        • Posté à 06h02 le 25/07/2010
        • Internaute 111670
          Mauvais-goûteur

        A défaut d’être particulièrement subtil, ce post m’a fait beaucoup rire. Voilà, c’était une phrase inutile.

        Sinon, la question de la surpopulation est une question grave qui prendra toute sa saveur d’ici quelques dizaines d’années je pense. On doit y réfléchir sérieusement, sans pour autant traiter de nazies ceux qui prônent la décroissance.

        Car finalement, si je tente de résumer humblement le problème, dans quelques temps, la planète sera surpeuplée. De là, la place sur Terre sera très chère et se fera probablement au mépris des océans et des espaces verts. Mais quand ceux-ci seront complètement obstrués par la masse humaine, qu’adviendra-t-il ? Tout cela dans l’optique que l’on ne découvre pas les bonds PRL (surpraluminique) servant à chercher des planètes habitables...

        Mais plus sérieusement, je crois que c’est un réel problème que la science ou la politique ne seront probablement pas à même de résoudre avant un certain temps...

         
        • Autist Reading -
          Autist Reading - répond à ozi
          In enculo cum vibro
          • Posté à 08h29 le 25/07/2010
          • Internaute 73535
            In enculo cum vibro

          Les famines, c’est pas dû à une mauvaise organisation de la production et de la consommation, non-non-non !

          C’est à cause qu’on est trop. Va falloir tirer à la courte paille.

          L’humanité manque d’espace vital...

          On ne remet pas en question l’appropriation privée de la production sociale, on remets en question la production elle-même.

          On ne lutte pas contre le pape anti-contraception, mais on propose de supprimer écoles, hôpitaux et hygiène publique.

          M’est avis que c’est une arnaque, cette histoire de surpopulation...

          C’est le capitalisme qui est incapable de subvenir aux besoins de tous.

          Cela n’a rien à voir avec les scientifiques qui ne sauraient pas obtenir suffisamment de la Terre.

          • ozi
            ozi répond à Autist Reading -
            Mauvais-goûteur
            • Posté à 17h42 le 25/07/2010
            • Internaute 111670
              Mauvais-goûteur

            Non mais, pour l’instant, on est d’accord. Mais le Japon qui crée des Terre-plein pour pouvoir avoir de la place, ce n’est pas une invention de ma part.

            Dans l’immédiat, on est sensiblement d’accord, mais dans 20, 30, 50 ou 100 ans, ça risque d’être une autre histoire...

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à ozi
              In enculo cum vibro
              • Posté à 23h00 le 25/07/2010
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              Les japonais, c’est comme les parisiens, on se demande pourquoi ils ne vont pas habiter la Creuse... ; - )

        3 autres commentaires
  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 21h58 le 24/07/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt
  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 22h02 le 24/07/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Le débat sur la consommation est aussi biaisé que celui sur la croissance. D’abord parce que dans le terme de consommation on peut tout mettre : le bol de riz d’un affamé de Bombay, et le yacht géant de Bolloré. Dans un pays comme le nôtre, où l’on vient d’apprendre que les chiffres de vol de nourriture sont en très forte hausse, il paraît tout de même stupéfiant d’entendre des militants dénoncer la consommation sans faire de différence entre les consommateurs… c’est-à-dire entre les classes sociales.

    Mais lorsque les décroissants en appellent à une réduction volontaire de la consommation, cela signifie qu’ils considèrent cette consommation comme un libre choix de la population. C’est une lourde erreur.

    La consommation est bien sûr avant tout, une affaire de survie de l’espèce : il faut bien manger pour vivre. Mais elle n’est pas que cela : elle est aussi un rapport social et économique. Dans le marché capitaliste, la consommation des travailleurs est indispensable aux capitalistes parce que ce n’est qu’en vendant leur production qu’ils réalisent leurs profits. Il est donc indispensable aux capitalistes de vendre leur production – que celle-ci soit utile ou pas, nuisible ou pas, peu importe. Ce n’est pas la consommation qui règle la production, sous le capitalisme, mais la production elle-même qui oriente, voire détermine, la consommation. Les capitalistes fabriquent des voitures et des chars d’assaut, des vaccins et des fusils, des céréales et du maquillage… et il leur revient par la suite de convaincre de gré ou de force les consommateurs d’acheter leurs marchandises. D’où la débauche de moyens qu’ils consacrent à la publicité, à la création de modes plus ou moins artificielles, voire à la création de produits dont l’obsolescence, la vitesse d’usure, est artificiellement accélérée.

    Cela représente indiscutablement un gaspillage révoltant de moyens et de travail social. Sans compter le gaspillage encore plus absurde qui découle de la concurrence entre les différentes entreprises capitalistes.

    Mais prétendre s’attaquer à cette question du gaspillage sans remettre en cause la propriété privée des moyens de production, et la mainmise des capitalistes sur la production industrielle, cela revient à s’attaquer aux effets et non aux causes.

    Et, en dehors de cela, pourquoi devrions-nous être choqués par la hausse de la consommation – je ne parle pas de la consommation des armes, qui représente aujourd’hui 1 200 milliards de dollars par an, mais de celle des classes populaires ? Si l’on en croit un rapport que vient de publier l’Insee sur « Cinquante ans de consommation en France », la consommation a augmenté dans ce pays, entre 1960 et 2007, de 2,5% par an. Dans les budgets des ménages, de nombreuses mutations se sont opérées – ce qui n’a en soi rien de surprenant ni de critiquable. Ainsi la part de l’alimentation est-elle passée de 38 à 25% – ce qui signifie, et c’est tout de même tant mieux, que la France n’est plus considérée comme un pays pauvre. (En Roumanie par exemple, aujourd’hui, ce chiffre s’élève à 40%.) Cela signifie-t-il que nous serions, comme le dit Latouche, des « gavés de l’hyperconsommation » ? Selon l’Insee, le budget nourriture des ménages français atteint aujourd’hui 2 640 euros par an, c’est-à-dire 7,2 euros par jour. Et c’est une moyenne. Le terme de « gavage » paraît ici légèrement exagéré – c’est le moins que l’on puisse dire.

    Il faut être aveugle pour ne pas voir que la croissance industrielle des années d’après-guerre a permis en France l’éradication des bidonvilles, et d’atteindre aujourd’hui un taux d’équipement en salles de bains de 97% des ménages. Pour ne pas voir que les ménages populaires mangent aujourd’hui infiniment mieux qu’ils ne mangeaient avant-guerre. Alors, s’il est indispensable de critiquer les méthodes qui ont permis cette amélioration du niveau de vie, il est ridicule de la dénoncer.

    C’est pourtant ce que font les objecteurs de croissance. Ils ont une façon choquante de glorifier le passé, une sorte de « paradis perdu » dont la prétendue surconsommation nous aurait chassés. Les pauvres d’avant, ils étaient pauvres, vraiment pauvres. Est-ce que c’était mieux ? Ah, l’époque où les ouvriers n’avaient ni l’eau courante, ni les sanitaires, ni les moyens de manger de la viande plus d’une fois par semaine ! Aujourd’hui, rendez-vous compte, tous les travailleurs, « même archi-pauvres » écrit un décroissant, ont une télévision ! Voire même – comble du comble – une télé… à écran plat !

    • Oontack
      Oontack répond à Autist Reading -
       ! =
      • Posté à 14h33 le 25/07/2010
      • Internaute 60324
         ! =

      la consommation a augmenté dans ce pays, entre 1960 et 2007

      Tu devrais enlever de cette période le moment où le prix de l’immobilier a explosé. Aujourd’hui un smicard voit la partie immobilière, location / achat, prendre proportionnellement nettement plus de place qu’auparavant dans son budget. Je n’ai pas beaucoup d’exemples sous la main mais un smicard de ma connaissance affirme que la location de son appartement, qui est le même depuis longtemps, est passé d’un quart de son salaire à plus d’un tiers.
      De plus avec l’apparition de l’euro et depuis lors, il semblerait que la nourriture, surtout les fruits et légumes, ait nettement augmenté. Il était plus facile auparavant de se payer des pommes de terre que de nos jours.

      Aussi, quand l’INSEE prétend que le pouvoir d’achat augmente, tu devrais allez voir de plus près comment ils opèrent pour en arriver à ces résultats. Sinon il va falloir expliquer toi même comment la part de l’alimentation est passé de 38% à 25% quand dans le même temps les pauvres ressentent de grandes difficultés à continuer de se nourrir. Peut-être l’explication vient de ce que le complément se fait par les associations caritatives comme les Restos du Coeur. Les pauvres dépenseraient moins en alimentation parce qu’une partie viendrait de là. Plausible après tout. Mais il ne s’agirait alors pas de la hausse de la consommation dont tu parles.

      Pour ne pas voir que les ménages populaires mangent aujourd’hui infiniment mieux qu’ils ne mangeaient avant-guerre.

      Pourquoi comparer à aujourd’hui l’avant-guerre plutôt que la préhistoire tant qu’à faire. Est-ce que quand tu dis « mieux » tu veux dire « plus » ?
      Quand je vois les tas que sont devenus mes contemporains, j’ai du mal à croire qu’ils mangent mieux. Mon avis est plutôt qu’ils mangent plus de merde que jamais.

      ni les moyens de manger de la viande plus d’une fois par semaine !

      Je doute vraiment que ce soit la viande qui ait le plus augmenté ces dernières années. Je doute encore que plus d’une fois par semaine soit une nécessité.

      Finalement je dirais que ce qui me choque dans l’énoncé suivant,

      pourquoi devrions-nous être choqués par la hausse de la consommation [...] des classes populaires  ?

      c’est qu’il y ait réellement un hausse de la consommation des classes populaires.

      Les bases de ta réflexion semblent pour le moins légères.

      Je dirais une chose aussi concernant ta réflexion elle même.

      prétendre s’attaquer à cette question du gaspillage sans remettre en cause la propriété privée des moyens de production, et la mainmise des capitalistes sur la production industrielle, cela revient à s’attaquer aux effets et non aux causes.

      Ça me parait un concept intéressant, surtout que de mon avis, si la décroissance doit être redoutée pour les classes populaire, ce dont au passage je ne partage pas le point de vue, elle ne viendra certainement pas d’un changement de paradigme, mais bien, pour cette classe, du système capitaliste actuellement en vigueur. Les pauvres de nos sociétés occidentales vont être menés à la décroissance par le pouvoir d’achat.

      Ainsi, si une décroissance réelle est à préconiser (redouter, selon le point de vue), c’est bien les nantis, et eux seuls, qui sont concernés.

      Personnellement je n’y voit aucun inconvénient.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Oontack
        In enculo cum vibro
        • Posté à 22h44 le 25/07/2010
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Le fait est que l’espérance de vie a augmenté. Vous oubliez de compter nos hôpitaux et notre sécurité sociale et tout le reste de nos services publics, dans votre comptabilité de notre salaire et de nos consommations. (De toute façon, c’est très dur de faire de la compta, tous les livres de comptes sont truqués.)

        Et c’est justement ce qui est visé en premier lieu par le grand capital et ses alliés décroissants.

        Après, je veux bien admettre qu’au niveau global, mondial, le capitalisme a été incapable de la moindre croissance réelle depuis la crise de 1929.

        Vous sous-entendez que nous mangeons plus mais moins bien, ce qui n’est pas tout à fait faut, mais l’organisme humain vit mieux avec de le mauvaise nourriture que sans nourriture. Ce que ne semble pas admettre les décroissants.

        Nous pourrions comparer avec la préhistoire, mais ce serait dégueulasse pour ceux qui prônent la frugalité des cueilleurs-chasseurs, comme l’universitaire décroissant Serge Latouche.

        Quant à la décroissance des riches, c’est très exactement ce que ne propose pas nos savants décroissants.

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 22h22 le 24/07/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Sans vouloir faire mon rabat-joie, cette interview n’est quand même qu’un enfilage de lieux communs et de propos de comptoir au ras des pâquerettes...

    Ça ne présente franchement aucune espèce d’intérêt. Les problèmes environnementaux méritent mieux.

    • vermisseau
      vermisseau répond à Hulk
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 23h13 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      et c’est bien là le problème des « écolos » et de toute la troupe qu’ils mènent par le bout du nez à grands coups de « démonstrations » parisiano parisiennes

      aaaaah... la gauche, les verts, Paris, Rue89... tout un monde

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à Hulk
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 10h08 le 25/07/2010
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      J’attends vos proposition écolos pour changer le monde, cher Hulk !

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