24/07/2010 à 16h17

Rabhi : « C'est la civilisation la plus fragile de l'Histoire »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Il teste et vante depuis cinquante ans la « sobriété heureuse ». Pierre Rabhi est un Gandhi à la française, version agricole.


Pierre Rabhi chez lui (Audrey Cerdan/Rue89).

Le grand public a un peu entendu parler de lui lors de sa pré-campagne présidentielle de 2002, ou dans le dernier film de Coline Serreau. Chez les écolos convaincus, il est un des penseurs qui comptent le plus.

Lui n’a pas « fait le Larzac », car la communauté ce n’est pas son truc. Il n’a pas été embringué par Europe Ecologie non plus. Il a simplement cultivé son jardin, écrit des livres, et développé ce qu’il a appelé l’ « agroécologie », une agriculture plus bio que bio mais sans logo. Il exporte ses techniques dans le monde entier, surtout en Afrique.

Son « mouvement des oasis en tous lieux » a donné naissance à des oasis réelles, dont l’association Terre et humanisme est le principal fer de lance. Ce « pape » des révoltés de la société de consommation nous a reçu chez lui, en Ardèche. En le voyant déambuler dans son jardin et s’émerveiller face à la nature, on comprend mieux le personnage. (Voir la vidéo)


Rue89 : Jamais la consommation bio, le développement durable ou le vote vert ne se sont aussi bien portés. Y voyez-vous un bon signe ?

Pierre Rabhi : Tant que l’écologie restera une question subsidiaire qu’on traite par des « Grenelle », tout cela ne sera que diversion et amusement. L’écologie devrait être transversale, la préoccupation de tout être humain, car ça concerne rien de moins que notre survie ou notre disparition.

Les Etats ne sont pas assez honnêtes pour considérer cette question comme absolument essentielle, ils préfèrent perfectionner ce qui sert la mort (comme les armes) que ce qui sert la vie. Servir le lucre et la puissance du lucre, et pour cela piller les mers, détruire les forêts et les sols...

Qu’appelez-vous la « toute puissance du lucre » exactement ?

La planète est devenue le théâtre d’une pièce ambiguë qui repose sur la toute puissance du lucre, la quête du profit. Si vous n’avez plus de ressources, vous n’existez pas. Nous devons changer de paradigme : au lieu de postuler que « la Terre nous appartient », nous devons prendre conscience que « nous appartenons à la Terre ». L’être humain et la nature, donc le respect de la vie, doivent revenir au cœur nos valeurs.

Vous prônez une insurrection des consciences. La prévoyez-vous pour bientôt ?

L’apocalypse est déjà sur la planète, simplement nous sommes peut-être encore du bon côté de la barrière. Le système invente des stratagèmes de tranquillisation généralisée. Les supermarchés sont pleins mais les gens ne savent pas que pour cela nous transportons de l’alimentation du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest, au détriment de notre capacité à la produire là où nous sommes.

Dans le Sud, je vois des gens qui n’ont pas assez pour se nourrir et qui cependant sont joyeux. Certains consomment la vie, d’autres comptent leurs milliards.



Pierre Rabhi dans son jardin en juillet 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

Que vous inspire la réforme des retraites ?

Moi je trouve qu’il n’y a rien de plus horrible que de naître pour travailler jusqu’à la fin de ses jours. Dès la maternelle et jusqu’à l’université, l’homme est enfermé dans une espèce de pénitencier, ensuite il y a des casernes, on va dans des boîtes, petites ou grandes, et pour s’amuser on va en boîte, et bien sûr on y va en caisse, et puis ensuite il y a les boîtes où on met les vieux en attendant la dernière boîte !

Il faut ajouter à ça les logements exigus alors que le monde est vaste, l’importance des divertisseurs... On exalte les stars, idoles d’un monde qui s’ennuie. C’est triste, tragique même.

Moi je ne veux pas vivre pour travailler, je veux travailler pour vivre. Ici, le paysage est magnifique, l’air est pur, il est gratuit, je ne veux pas renoncer à ça. Je me sens mieux qu’un milliardaire !

Que dites-vous aux chefs d’entreprise qui vous sollicitent pour des conférences ?

Le Medef m’invitait à réfléchir sur la question de savoir s’il existe une vie après la mort, mais je m’en fiche. Moi, ce qui m’intéresse c’est ce qui existe pendant que je suis vivant, s’il existe une vie AVANT la mort.

Le modèle est en train de se déglinguer, on se rend compte qu’on est dans la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui vous supprimez le pétrole et l’électricité et tout le système s’effondre. C’est une société inintelligente qui s’est mise elle-même dans une sorte de traquenard dont on a du mal à sortir. Le pétrole sera sans doute l’enjeu d’une déflagration généralisée.

Que diraient des extraterrestres en regardant l’humanité ? Qu’elle est à la fois douée... et stupide. Avec Internet, nous sommes de plus en plus confinés dans un monde qui ne nous laisse plus l’espace de la vie.

Que proposez-vous à ceux qui se sentent en insurrection intérieure mais doivent nourrir leur famille ?

Moi, je travaillais à Paris dans une usine et j’ai dit non. Il a fallu de l’audace pour plonger dans le vide, dans l’inconnu. Je suis devenu crédible parce que je fais ce que je dis, je dis ce que je fais. J’ai rendu la terre féconde.

Aujourd’hui, c’est structurellement plus difficile d’acheter un bout de terrain, mais moi je considère qu’avoir un morceau de terre pour se nourrir est un acte politique et de résistance.


Pierre Rabhi dans son jardin en juillet 2010 (Audrey Cerdan/Rue89).

Vous voulez qu’on devienne tous paysans...

Ce n’est pas ce que je préconise. Mais si tous les paysans faisaient grève, on se rendrait compte qu’ils sont importants. Si la SNCF fait grève, on attend. Si les paysans ne veulent plus nous nourrir, on fait quoi ? La chose la plus importante c’est donc la terre qui nous nourrit. Une politique intelligente est une politique qui intègre cette idée du patrimoine nourricier.

Le monde de l’après-crise va-t-il tendre vers la décroissance ?

Aux élections de 2002, j’ai voulu me présenter pour ouvrir un espace de parole sur l’urgence écologique et humaine parce qu’on ne peut pas appliquer un système illimité à une planète limitée. A ce moment-là, j’ai prêché la décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen, le seul qui mérite le prix Nobel. Aujourd’hui, ce qu’on appelle « économie » c’est le pillage, l’épuisement du capital vital. On est gonflé d’appeler ça « économie » !

L’Afrique qui a des richesses inouïes est considérée comme pauvre parce qu’on ne mesure que le PNB. Les richesses gratuites comme de s’occuper de sa vieille mère, élever ses enfants, sont des valeurs humaines. Cette mère de famille devrait-elle envoyer sa facture à l’Etat pour avoir fabriqué un petit producteur-consommateur qui paiera des impôts ? C’est absurde.

Le mouvement que vous avez inspiré est important tout en étant confidentiel. Vous semblez presque un demi-Dieu pour ceux qui viennent assister à vos conférences. Seriez-vous finalement une sorte de « gourou » ?

Je suis beaucoup trop respectueux de la personne humaine pour l’amener dans mon propre camp. Rendre les gens dépendants de quelqu’un, c’est l’horreur. Chacun son destin, sa spiritualité, ses croyances... Si certains ont cette sensation c’est soit que je me suis mal expliqué, soit qu’ils n’ont pas très bien compris ce que je suis. (Voir la vidéo)


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  • fredjean
    fredjean
    agent commercial
    • Posté à 17h20 le 24/07/2010
    • Internaute 115309
      agent commercial

    Notre ami « porteur de lumière qui éclaire le chemin » a une bonne tête de......

    Nul doute qu’il trouvera des adeptes.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h25 le 24/07/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Pierre Rahbi devrait de nouveau se présenter en 2012 car il a beaucoup de choses intéressantes à nous dire sur la décroissance. Je ne cois pas que c’est un gourou mais un homme qui privéligie l’humain à notre société de sur-consommation qui nous conduit droit dans le mur... !
    Lien

    • vermisseau
      vermisseau répond à Phil2922
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 17h41 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      la métaphore du mur semble omniprésente chez les gens n’ayant pas d’arguments non ? ..

  • emiboot
    emiboot
    No Homs land
    • Posté à 17h34 le 24/07/2010
    • Internaute 81944
      No Homs land

    MERCI

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 17h38 le 24/07/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Belle leçon.. !
    Modestie..
    Intelligence..
    Clairvoyance et Lucidité..
    Un « MEC »...au cerveau BIO...il n’est pas pollué.. !
    A méditer... !

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 17h50 le 24/07/2010
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    « ...Le Medef m’invitait à réfléchir sur la question de savoir s’il existe une vie après la mort... »

    Ha bon, ça commence à flipper dans les rangs ? !

    Bravo Pierre Rabhi
     : -D

    • vermisseau
      vermisseau répond à Brédala
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 17h51 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      nan c’était histoire de lui donner du boulot ;)

      • Y.Bertot
        Y.Bertot répond à vermisseau
        Patriote anti-mondialiste
        • Posté à 18h14 le 24/07/2010
        • Internaute 114817
          Patriote anti-mondialiste

        Votre prétention, votre morgue et votre condescendance trahissent une inconscience certaine de notre bien fugace condition d’êtres humains. Calmez-vous donc, tirez un coup si nécessaire, puis prenez quelques instants pour penser un peu avant de répandre avec rage vos bêtises sur ces forums.

  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 17h58 le 24/07/2010
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    Ce qui m’a frappé, c’est la façon dont ce monsieur Rabhi botte en touche face aux questions trop précises, trop concrètes.

    Question : « - Que proposez-vous à ceux qui se sentent en insurrection intérieure mais doivent nourrir leur famille ? »

    Réponse : « - Moi, je travaillais à Paris dans une usine et j’ai dit non. Il a fallu de l’audace pour plonger dans le vide, dans l’inconnu. »

    C’est bien, le respect de l’interlocuteur, mais à ne pas insister, on donne quand même un peu l’impression d’avoir surtout voulu lui servir la soupe...

    • vermisseau
      vermisseau répond à Gelone2010
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 18h24 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      soupe de haricots hein ! parce que c’est bien beau de les faire pousser, après faut se les bouffer !

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à vermisseau
        Sarkophobe
        • Posté à 18h45 le 24/07/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « ...parce que c’est bien beau de les faire pousser... »

        C’est quand même mieux d’engraisser des lapins. Ca ne demande qu’à « lapiner » et après : de l’herbe ramassée en pleine nature, du pain sec récupéré chez le boulanger et des épluchures de légumes offertes par les voisins, comme friandises + eau fraîche à volonté.

        P.S. - Tenir les cages très propres, sinon des goûts désagréables se communiquent à la viande.

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à Gelone2010
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 10h35 le 25/07/2010
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Il vous a peut-être échappé que j’ai relancé en disant « vous voulez que nous devenions tous agriculteurs... » sinon je ne vois pas en quoi laisser ce monsieur s’exprimer était lui servir la soupe,
      j’aurais pu aussi lui dire « tout ce que vous dites ne vaut rien, n’est pas applicable dans la société où l’on vit »... mais il ne dit pas que ça l’est, il propose à chacun de réfléchir et s’il le veut et peut de changer. Après, le système global il a encore beaucoup beauocup d’inertie avant que ...

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Sophie Verney-Caillat
        Sarkophobe
        • Posté à 12h08 le 25/07/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        Ce qui m’a fait réagir, c’est que j’ai pensé à une famille avec trois enfants en âge scolaire, ayant besoin de deux salaires, et qui s’entendrait répondre :

        « - Moi, je travaillais à Paris dans une usine et j’ai dit non. Il a fallu de l’audace pour plonger dans le vide, dans l’inconnu. »

        Or, pour dire « non » comme l’a fait M. Rabhi, il faut soit être inconscient, soit n’être responsable que de soi-même. C’est sur point-là que, personnellement, j’aurais insisté parce qu’il ne répond rien à propos de la nécessité de nourrir une famille.

        Il parle d’audace en feignant d’ignorer qu’il y a des audaces qu’on ne peut affronter que lorsqu’on n’a qu’un minimum de responsabilités sociales.

         
        • vermisseau
          vermisseau répond à Gelone2010
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 17h13 le 25/07/2010
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          et c’est bien là le problème de tous ces gens qui veulent bouleverser l’ordre acquis

          on dit beaucoup de chose qui n’engagent à rien puisque personne ne pourra le faire, en effet comme vous le dites si bien c’est impossible dès lors qu’on a une vie sociale

          donc ces gens avancent des choses avec lesquelles tout le monde va se croire d’accord, personne ne pourra jamais aller vérifier que ça marche et au final voilà on est content, on fait du buzz et on vend des livres...

          • Gelone2010
            Gelone2010 répond à vermisseau
            Sarkophobe
            • Posté à 20h14 le 25/07/2010
            • Internaute 99991
              Sarkophobe

            « ... personne ne pourra jamais aller vérifier que ça marche...“$

            Ben, il y en aura peut-être quelques-uns quand même. Qui se casseront la g..., et dont, à la différence de M. Rabhi, personne n’entendra jamais parler...

            • vermisseau
              vermisseau répond à Gelone2010
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 20h23 le 25/07/2010
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              ce n’est pas impossible

              disons que peut être certains en parlerons

              mais sûrement pas Rue89, ça reviendrait pour eux à admettre qu’ils ont dit des bêtises, et apparemment ce n’est pas le genre de la maison...

        3 autres commentaires
  • kunlun
    kunlun
    bonne
    • Posté à 18h03 le 24/07/2010
    • Internaute 120782
      bonne

    D’accord à 300 %. Cependant le problème pour celui qui choisirai un retour à la terre, cela signifie aujourd’hui isolement et pauvreté.

    Produire des fruits des légumes, c’est super ! bien sur ! mais qui va vous les acheter et à quel prix ?

    Ce qui est sur par contre c’est qu’il va falloir payer la MSA, les graines, le matériel. Sans compter le prix d’un terrain ayant du potentiel.

    Il y a 1 an, j’y étais, comme salarié dans le bio afin de me rendre compte.

    Un travail extrêmement fatiguant (bien que le corps s’adapte...) mais surtout isolement et marginalisation.

    Commencer à 8h pour finir à 23 heures avec 2h au déjeuner et quasiment 7 jours sur 7 .

    Enfin tout en écrivant, je me rend compte que c’était pas mal. ! .

    Surtout ce sentiment de liberté et de communion avec la nature.

    L’esprit est apaisé et deviens serein.

    Sans doute s’agit il là aussi de se lancer...

    Merci Bye

  • jnk1961
    • Posté à 18h04 le 24/07/2010
    • Internaute 119895

    C’est bien gentil tout ça !
    Ce Monsieur me rappelle un certain « facteur » qui explique aux autres comment lui il distribuerait le courrier mieux que personne, mais qui refusera tout net de faire une tournée, si jamais si son tour venait...

    • vermisseau
      vermisseau répond à jnk1961
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 19h36 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      c’est le principe de la décroissance ;)

      • jnk1961
        jnk1961 répond à vermisseau
        • Posté à 20h24 le 24/07/2010
        • Internaute 119895

        Dit-il en espagnol, en se grattant l’oreille sans quitter de l’oeil le cac 40 !

         
        • vermisseau
          vermisseau répond à jnk1961
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 20h28 le 24/07/2010
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          en espanol es possible, pero a mi no me gusta mucho la economia ;)

          • jnk1961
            jnk1961 répond à vermisseau
            • Posté à 20h58 le 24/07/2010
            • Internaute 119895

            Con’t’ador !

            • vermisseau
              vermisseau répond à jnk1961
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 22h49 le 24/07/2010
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              caramba !

        3 autres commentaires
  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 18h30 le 24/07/2010
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    La puissance du lucre, il suffit de regarder autour soi pour la voir. Ici, à Vaison la Romaine, en Provence, où je passe mes étés, elle s’étale dans les mas restaurés, dans les villas somptueuses entourées de propriétés soigneusement entretenues et possédant des piscines privées aux abords de pierre naturelle luxueux, dans les vitrines des magasins de mode ou de bouffe « de qualité », dans le triomphe du mercantilisme et de l’affairisme. Du fric en tas, servant à satisfaire tous les caprices d’habiles « entrepreneurs », à côté de la tristesse des quartiers de pauvres ou de gens modestes. De l’ostentation à faire vomir, avec la bénédiction des bobos locaux qui se sont affublés d’une étiquette socialiste pour veiller sur leurs intérêts. Et des discours humanistes à profusion à chaque occasion, surtout lors des événements hautement culturels réservés aux happy few qui viennent y jouer les amateurs d’art.

    • vermisseau
      vermisseau répond à STEFFEN Louis
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 18h50 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      je vous offre une villa avec piscine en provence, genre vous allez cracher dessus ? ..

  • A déménagé le 13-9 2
    A déménagé le 13-9 2
    Poète disparu..
    • Posté à 18h30 le 24/07/2010
    • Internaute 81138
      Poète disparu..

    Ce que dit cet homme est magnifique. Et les années, les décennies à venir vont être le spectacle d’une métamorphose (oserai-je dire « révolution » ?) de nos conscience.

    Le modèle de la consommation à outrance est en train d’imploser, les inégalités de revenus écartent de plus en plus de ménages du « jeu social », et de plus en plus d’individus ne se reconnaissent pas dans les valeurs véhiculées par la publicité et les magazines de mode.

    Une rupture. Le système est rongé par ses contradiction internes, par sa négation de l’humanité de chacun (qui est réduit à un numéro de CB, à un emploi, et à une propension moyenne à consommer).

    Finalement, des émeutes dans les banlieues aux cracks financiers, il s’agit de la société entière, mondialisée, qui se pète la gueule, lentement mais surement. Le modèle repose sur des valeurs qui vont le faire chuter.

    Enfin, j’espère.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h49 le 24/07/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Le grand capital exclut des centaines de milliers de personnes du système de production, chaque année en France.

    Youpi !

    Des centaines de milliers de nouveaux adeptes !

    Je sens que çà va faire un carton, la décroissance !

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h55 le 24/07/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Une doctrine qui pourrait être utile… aux exploiteurs

    Mais ceux qui épousent ces théories ne se rendent probablement pas compte que véhiculer et populariser ces idées, non seulement n’a aucune raison de faire peur à la bourgeoisie, mais au contraire pourrait bien lui rendre de grands services. Le matraquage écologiste et, aujourd’hui, décroissant, permet d’accréditer l’idée que si finalement tout le monde se serrait la ceinture, le monde irait mieux. Qu’un salarié qui voit son pouvoir d’achat diminuer devrait plus se réjouir que s’en plaindre. Avec l’écologie classique, on peut convaincre un salarié qui ne peut plus s’offrir une voiture et doit aller au travail en vélo qu’il fait « un geste pour la planète ». Avec la décroissance, on passe un degré au-dessus : il fait même un geste pour les pauvres du Tiers-monde, puisqu’en réduisant sa consommation il laissera plus de place à celle des Africains . En réalité, cela n’a aucun rapport, et ce n’est pas le fait que les travailleurs européens voient leur pouvoir d’achat taillé en pièce qui augmentera si peu que ce soit celui des miséreux d’Afrique. Cela n’augmentera que les profits des capitalistes. Mais que des travailleurs le pensent, et le pensent nombreux, cela ne peut qu’arranger la bourgeoisie d’ici.

    Tout cela revient, encore une fois, à tenter de trouver des solutions de remplacement lorsque l’on ne croit plus à un autre avenir pour l’humanité. Les décroissants n’envisagent que des solutions de replâtrage, dont on ne peut que se désoler de la faible ambition. Chez les décroissants, tout doit être petit, local, lent : il faut réduire, décroître, ralentir ; il faut aller vers des micro-sociétés, des petites exploitations, des petits potagers, du petit commerce, du petit artisanat. Ils dénoncent les projets scientifiques les plus ambitieux en les appelant « prométhéens », du nom du héros grec Prométhée qui, dans la légende, vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes. C’est la raison pour laquelle ils critiquent si violemment le projet de fusion nucléaire ITER : au lieu de s’émerveiller du fait que des scientifiques tentent de recréer le soleil dans un laboratoire, les décroissants s’indignent de ce que les hommes cherchent à imiter la nature… ou dieu – ce sont eux qui le disent. Et même dans la vision qu’ils ont des loisirs et de la vie en général, on retrouve ce même regard limité : Serge Latouche fait cet étonnant éloge du chacun chez soi : « Un clocher au centre, et tout autour un horizon, délimitent un territoire suffisant pour une vie d’homme. Il ne faut pas bouger pour que l’imagination déploie ses ailes. »

    • grafik
      grafik répond à Autist Reading -
      agri
      • Posté à 21h12 le 24/07/2010
      • Internaute 116791
        agri

      Intéressant, mais il me semble que les Rabhi, Aries and co proposent un changement radical d’orientation sociétal plutôt qu’un « replâtrage ». C’est justement le fait qu’ils sont trop ambitieux qui fait que leur projets ne seront jamais d’actualité. Le plâtre se trouve plutôt du coté des Grenelles et autre capitalisme vert.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à grafik
        In enculo cum vibro
        • Posté à 21h36 le 24/07/2010
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        En attendant qu’on ne soit plus que 1 à 3 milliards, ils soutiennent le démantèlement de l’industrie, les licenciements à la pelle, le défaut d’investissement dans quelque infrastructure que ce soit.

        C’est bien simple, à chaque fois que le capital casse des jambes, les décroissant arrivent pour plâtrer avec du « mais c’était nul le travail », « c’est bien que t’aies pas un rond, çà t’évite d’acheter des conneries », « oui, mais moins il y a d’hôpitaux, plus on est proche de la nature », « ... ».

        La capitalisme vert c’est le pseudo résultat d’une pseudo négociation entre le méchant capital et la gentille décroissance. On garde le capital, et vous vous décroissez.

         
        • grafik
          grafik répond à Autist Reading -
          agri
          • Posté à 22h05 le 24/07/2010
          • Internaute 116791
            agri

          Des négociations entre le capital et les décroissants on en voit pas tous les jours ! Vous devez confondre avec le gentil Hulot. En tous cas pour ma part je suis plutôt d’accord avec eux sur le diagnostique, si on continue comme ça, en agriculture (et par extension l’alimentaire) notamment, il nous faut plusieurs planètes avec bien plus d’hôpitaux pour soigner les agriculteurs imbibés de pesticides, les consommateurs dépressifs nourris avec des poisons etc etc... Sans changements radicaux dans nos modes de vies notre futur va être un peu tendu !

          • Autist Reading -
            Autist Reading - répond à grafik
            In enculo cum vibro
            • Posté à 22h29 le 24/07/2010
            • Internaute 73535
              In enculo cum vibro

            J’ai déjà signalé plus haut que les décroissants voulaient se débarrasser d’au moins la moitié de la population mondiale.

            Ce n’est pas la peine de me le réexpliquer.

            • Éric  Perrin
              Éric Perrin répond à Autist Reading -
              Ginkonaute
              • Posté à 11h27 le 25/07/2010
              • Internaute 51185
                Ginkonaute

              Ce sont les pays qui ont appliqué un contrôle des naissances intelligent qui ont le meilleur indice de développement, prouve moi le contraire.
              Il n’y a rien de choquant à vouloir réguler une population [sauf pour un religieux]

              D’autre part ce sont bien souvent les pays qui ont un indice de développement médiocre pour une grande partie de leur population qui ont le plus fort taux de croissance au niveau mondial.

              Et toi tu es pour cette croissance là ?

              • vermisseau
                vermisseau répond à Éric Perrin
                étudiant ingénieur en (...)
                • Posté à 17h17 le 25/07/2010
                • Internaute 26276
                  étudiant ingénieur en (...)

                on pourrait peut être le voir autrement :

                actuellement en Chine qui est l’usine du monde les salariés se rebiffent, font grève, bloquent des usines (enfin commencent pcq y’a encore de la marge)

                est ce qu’on pourrait pas plutôt l’envisager de la façon suivante : un pays passe par une phase disons de production (Chine, Inde etc...), emmagasine de l’argent, augmente son niveau de vie, offre de l’éducation à ses enfants et accumule du savoir, lui permettant d’atteindre une phase d’engineering couplée à une phase de service (dans laquelle nous rentrons) ?

                bon, j’ai fait très court et ce n’est pas vraiment mon domaine, mais est ce que ça ne pourrait pas expliquer autrement cela ? nous ne serions pas tous au même « stade d’évolution sociale »

              • Autist Reading -
                Autist Reading - répond à Éric Perrin
                In enculo cum vibro
                • Posté à 00h55 le 26/07/2010
                • Internaute 73535
                  In enculo cum vibro

                Lutter contre les infrastructures collectives et la production de masse me parait moins pertinent que de lutter contre la privatisation du système de santé et contre l’influence catholique dans les Etats et organes de gouvernances supra-nationales. Pour un contrôle des naissances intelligent.

                Je ne suis bien évidemment pas pour la croissance qui croît quand on lâche 3000 tonnes de bombes sur une ville de six mille ans d’histoire.

                Je suis pour la croissance des secteurs socialement utiles de l’économie, et pour l’abolition pure et simple des secteurs destructeurs de l’économie.

                Dire aux citadins qui vivent à 3000 par immeuble « ah ben non, on va pas pouvoir vous nourrir, vous n’avez qu’à vous trouver un bout de terrain », c’est le meilleur moyen de renoncer à l’union du marteau et de la faucille.

                Ceci-dit, je remercie tous les paysans qui se pètent le cul à essayer de nous fourguer de la bonne came, et je sens tout l’amour qu’ils y mettent.

                D’ailleurs je suis bien persuadé qu’ils finiront par prendre toutes les terres et toutes les machines nécessaires pour une alimentation saine de toute l’humanité (quitte à mettre quelques têtes sur des piques), plutôt que d’attendre que la population ait baissée de moitié.

        5 autres commentaires
  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 19h05 le 24/07/2010
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    Journalismes bien pensantsgaucho-bobos parisianistes. pour paraphraser Burns j’ajoute écolo et le compte y est ?
    Je suis bien à droite comme ça ? Je vous ressemble assez avec mes neurones comme un pérroquet, un singe je vous imite
    Burns
    Grelouse
    Laviandeachée...

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 19h16 le 24/07/2010
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Je ne sais pas trop encore quoi dire en détail, simplement merci pour cette découverte et l’interview.

    Je suis actuellement partagé entre d’un côté, le scepticisme (car malheureusement aussi bon que soit l’homme, ces paroles, qui me rappellent à la fois Vaneigem et Krishnamurti, je les ai un peu déjà entendu sans trop savoir comment elles permettront de vraiment en finir avec l’horeur actuelle) ; et de l’autre côté, un optimisme certain (celui qui nous montre qu’il existe encore des hommes qui « tiennent un point » comme le dit Badiou, et qui tiennent bon).
    Et rien que pour ça, ça fait du bien.

  • Lilalolinette
    Lilalolinette
    Instable
    • Posté à 19h19 le 24/07/2010
    • Internaute 112548
      Instable

    Sympa ce type là, très sympa. Bonne continuation Monsieur^^

    • Mnyaoen
      Mnyaoen répond à Lilalolinette
      Etudiant en sociologie
      • Posté à 19h26 le 24/07/2010
      • Internaute 120788
        Etudiant en sociologie

      Il y a quelque chose qui me fascine chez toi Vermisseau : En une vingtaine de réponses environ (j’ai pas compté, c’est approximatif), tu n’as réussi à dire qu’une seule chose, une seule : Ton mépris pour autrui, en rejetant coup sur coup tous ce que disais les commentaires avec une arrogance démesurée.

      • vermisseau
        vermisseau répond à Mnyaoen
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 19h32 le 24/07/2010
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        la vahce heureusement que je lisais les autres commentaires

        quand tu veux me parler soit cool fais le via un de mes posts pcq d’ici une heure y’aura tellement de com que je ne les lirai pas tous ^^

        effectivement tu as raison

        mes arguments je les garde pour ceux qui en valent la peine, qui me contacte autrement que par un « espèce de prétentieux » ou je ne sais quoi

        si ça t’intéresse, envoie un mail ça me fera plaisir d’échenger de façon constructive :)

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 19h30 le 24/07/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Intéressant, ce qu’il dit comme sa capacité à fédérer sur son expérience.

    Cela dit, décroissance et sobriété ne sont pas des concepts équivalents.
    La décroissance est une utopie qui s’assoit sur les réalités humaines.
    La sobriété est une utopie qui tient compte des réalités humaines.
    La sobriété nécessite des techniques différentes, la décroissance nécessite une espèce humaine différente...

    Et ça fait une sacrée différence, de celles qui transforment ou non l’utopie en réalité.

    • Enki
      Enki répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      alchimiste
      • Posté à 09h54 le 25/07/2010
      • Internaute 9562
        alchimiste

      Je ne crois pas que la décroissance soit un concept aussi uniforme, entre ses théoriciens et ceux qui s’affranchissent, dans l’expérimentation individuelle, des dogmes d’une idéologie de la croissance qui, elle, est systématisée et globalisée alors qu’elle s’assoit non seulement sur la réalité humaine, mais sur la réalité tout court.

      Et j’ai bien peur que ce soit entre la réalité tout court et les réalités humaines qu’il y ait conflit.

      La sobriété est une voie où l’on se recentre dans la satisfaction de ses besoins humains réels, c’est aussi une anticipation de la pauvreté. La décroissance est déja une réalité dans une société qui supprime des profs et des hopitaux.

      L’idée est plus la recherche d’un discernement que la renonciation totale et absolue aux acquis sociétaux et technologiques, laquelle s’imposera si on n’a pas développé d’alternative avant l’effondrement du système.

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Enki
        non connue
        • Posté à 20h01 le 26/07/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        [désolé de répondre si tard, je n’ai plus de temps à moi]
        D’accord avec toi. Je suis aussi méfiant de la décroissance que de la croissance, car elles s’évaluent, dans le sens que les média leur donnent, sur les mêmes valeurs : le pognon et la compétition.
        Il y a du boulot...

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 19h36 le 24/07/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Merci, Sophie Verney-Caillat de nous présenter Pierre Rabhi ici.

    Celui qui défend un module : un hectare - un habitat - une famille, est aussi un pionnier et une figure de référence du woofing en France. Ceux et celles qui se sentent en insurrection intérieure mais qui doivent se nourrir peuvent trouver dans ce réseau alternatif la possibilité de mettre un pied dans l’agriculture biologique, et de voyager, tout en étant utiles et nourris-logés.

    Le principe du WWOOF, pour World Wide Opportunities on Organic Farms consiste à vous mettre en contact avec des agriculteurs biologiques du monde entier, où vous pourrez séjourner en échange d’une participation aux tâches.

    Ce n’est pas du travail, et il n’y a pas d’échange d’argent.

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    • vermisseau
      vermisseau répond à Enki
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 23h05 le 24/07/2010
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      woofing, le truc qui fait que les bios disposent d’esclaves volontaires

      du coup : on produit moins sur plus de place avec plus de subventions et avec des gens non payés pour vendre plus cher

      que c’est bon le bio...

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