A la une 21/07/2010 à 16h49

L'assassinat de Pier Paolo Pasolini agite toujours l'Italie

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Le cinéaste a-t-il été tué par un prostitué ou pour ses idées ? Trente-cinq ans après, de nouveaux éléments relancent l’enquête.


Un passant devant le portrait de Pasolini lors d’une commémoration le 2 novembre 2005 à Rome (Alessia Pierdomenico/Reuters).

Le 2 mars 2010, le sénateur bibliophile Marcello Dell’Utri, proche de Silvio Berlusconi, déclare aux médias qu’un homme l’a contacté pour lui vendre un chapitre inédit de « Pétrole », le livre inachevé de Pier Paolo Pasolini, publié après sa mort.

Ce chapitre, volé au réalisateur d’ « Accatone », contiendrait des révélations sur la mort mystérieuse d’Enrico Mattei, l’ancien président de la société pétrolière ENI, Ente nazionale idrocarburi.

Pour la rédaction de « Pétrole », Pasolini avait enquêté longuement sur les liens entre le pouvoir et la mafia, notamment sur la mort mystérieuse de Mattei. Une activité à risque : avant lui, le journaliste Mauro de Mauro, qui enquêtait lui aussi sur la disparition de Mattei, avait été liquidé.

Après avoir promis qu’il le présenterait à la Foire de Milan, le sénateur a finalement annoncé que son contact s’était rétracté. Cité par le Nouvel Obs, il explique :

« La personne qui m’avait promis le manuscrit a disparu. Pourtant je l’avais bien vu : une soixantaine de pages tapées à la machine, avec des corrections faites à la main... Et je n’arrive même plus à joindre ce monsieur au téléphone... »

Trente-cinq ans après la découverte du corps mutilé de Pasolini sur la plage d’Ostie, près de Rome, cette histoire relance les interrogations sur le meurtre mystérieux du cinéaste.

L’assassinat politique de Pier Paolo Pasolini

Le 2 novembre 1975, Pasolini est retrouvé inanimé sur la plage d’Ostie. Il a été sauvagement assassiné. Il porte la trace de multiples coups. De nombreuses fractures sont relevées sur le rapport d’autopsie et son cœur a explosé après qu’on lui a roulé plusieurs fois sur le corps.

Dans cet extrait d’ « Ostia » réalisé par Sergio Citti sur un scénario de Pasolini, Laurent Terzieff joue un meurtre semblable à celui qu’a connu le cinéaste sur cette même plage. (Voir la vidéo)

« Sale pédé, sale communiste ! »

Pino Pelosi, jeune prostitué de 17 ans, avait été condamné pour le meurtre qu’il avait reconnu. Après avoir purgé sa peine, il change de version en 2005, contraignant le parquet romain à réouvrir l’enquête.

Sur la chaîne Rai3, l’homme affirme ne pas avoir tué Pasolini. Il accuse des Siciliens dont il ne donne pas les noms. Ils auraient roué de coups le cinéaste sous les yeux de celui qui est également connu sous le nom de « Pino la Rana » (la grenouille). Son long silence, explique-t-il, était motivé par la peur de représailles :

« Je suis innocent, je ne suis complice de personne. Je n’ai pas tué Pasolini [...] Aujourd’hui je n’ai plus peur. »

« Profondo Nero », livre et film enquête sur la mort du poète, avance la thèse d’un crime commandité. Pino Pelosi, interrogé par les auteurs, témoigne dans ce sens. Pelosi confirme dans le dernier numéro du Nouvel Observateur :

« “Pourquoi j’ai changé de version ? explique Pino la Grenouille. Parce que tout le monde est mort, et que maintenant je peux parler.” Ce “tout le monde est mort”, on le retrouve en ouverture des confidences du même Pelosi à la metteur en scène Roberta Torre dans “La nuit où Pasolini est mort”, qui a été présenté au public le 14 mai. Un film qui a secoué les intellectuels romains.

“On l’a exécuté, y affirme Pino. Ils étaient cinq. Ils lui criaient : ‘Sale pédé, sale communiste !’ et ils le tabassaient dur. Moi, ils m’avaient immobilisé. Je ne l’ai même pas touché, Pasolini, j’ai même essayé de le défendre...” »

Ce témoignage s’accorde avec ceux de plusieurs personnes rencontrées par le réalisateur Mario Martone en 2005. Son documentaire publié intégralement sur le site internet de La Repubblica s’appuie sur la présence de nombreux témoins présents sur la plage d’Ostia le soir du drame.

Dès 1976, la police ne croit pas en la thèse du tueur solitaire

Depuis 1975, des indices et témoignages contradictoires alimentent la thèse d’un crime politique. Si Pino Pelosi a longtemps endossé le meurtre -selon sa première version, il se serait bagarré avec l’intellectuel italien puis l’aurait assassiné- ses déclarations ont été remises en cause par la police, qui ne croit pas à un acte solitaire, dès l’ouverture de son procès en 1976.

Selon Enrico Marussic, producteur, Pasolini aurait pu être tué par vengeance par une mafia italo-américaine. Des films du cinéaste avaient été volés et on lui en réclamait un milliard de lires. Il refusait de céder à ce chantage. (Voir la vidéo)

L’extrême-droite a menacé Pier Paolo Pasolini

Pasolini tué par un amant -les aveux initiaux de Pelosi, cette fin tragique supposée collait à l’image scandaleuse du réalisateur d’Accattone. Le romancier Dominique Fernandez, amoureux de l’Italie, est allé jusqu’à l’interpréter comme la manifestation ultime de son art. Une sorte de mise en scène inconsciente de son propre meurtre qu’il a raconté dans une biographie controversée, « Dans la main de l’ange ».

Il y récusait la théorie d’un complot fasciste, une piste longtemps évoquée. Peu de temps avant sa mort, Pasolini avait reçu des menaces de la part de l’extrême droite pour « Salo, ou les 120 journées de Sodome ». (Voir la vidéo)

Mais peu de personnes croient en la version initiale de Pelosi. En 1997, la musicienne Giovanna Marini, grande amie de Pasolini pour qui elle a composé de nombreux chants, s’en prenait à l’écrivain Alberto Moravia, lui aussi proche du poète, qui, en croyant au meurtre passionnel, « réduisait » la mort de Pasolini à celle d’un homosexuel scandaleux. (Voir la vidéo)

Les principaux témoins de cette affaire, ceux que Pelosi accuse, étant morts, la vérité sur la mort de Pasolini n’est pas près d’éclater. Pour le réalisateur Marco Tullio Giordana, quelle que soit cette vérité, ce crime est le symbole d’une Italie à la dérive :

« Il n’y a pas de lien direct entre la mort de Pasolini et le crime d’état, et les indices recueillis sont trop faibles pour pouvoir crier au crime politique, mais toutes ses conséquences ont été politiques : les blocs opposés dressés l’un contre l’autre, les réactions, les automatismes, la volonté de savoir et celle de refouler, l’Italie coupée en deux.

Voilà pourquoi la mort de Pasolini reste de toute façon un événement politique, même si ce n’est qu’une bande de petits voleurs qui l’a tué. »

Pour Pelosi, c’est de toute façon retour à la case prison. Ce mercredi, Pino la Rana a été arrêté après avoir percuté un passant alors qu’il conduisait en état d’ébrieté.

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  • 65 réactions
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  • admirateur-
    • Posté à 17h04 le 21/07/2010
    • Internaute 32111

    Avec un peu de chances, dans quatre ans, l’affaire Boulin trouvera une amorce de réponse

    • Numerosix
      Numerosix répond à admirateur-
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 17h47 le 21/07/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Sauf que Boulin n’était ni indispensable , ni original .
      C’est comme l’ affaire Seznec . Qu’est ce qu’on en a foutre de savoir si ce commerçant breton était innocent ou coupable ? Et même à la limite (en exagérant un tantinet pour la démonstration) , que Dreyfus ai été finalement innocenté, tant mieux pour lui . Mais un capitaine de l’armée , un gros commerçant ou un vague ministre vaguement magouilleur et gaulliste , ça se remplace facilement par un autre et ça ne change rien..

      Alors qu’un artiste comme Pasolini, non . On aurait aimé voir d’autres films de Pasolini !

      • admirateur-
        admirateur- répond à Numerosix
        • Posté à 18h08 le 21/07/2010
        • Internaute 32111

        Une justice et une vérité à deux vitesses en quelque sorte ?
        Méchamment : pour vous il y a des hommes qui ont droit à la justice et des hommes qui n’ont pas droit à la justice ?
        Peut-être êtes-vous nietzschéin ?
        D’autant que de ce côté-ci des Alpes comme de l’autre il semblerait qu’un certain affairisme...

         
        • Le_mouton_noir
          Le_mouton_noir répond à admirateur-
          www.delaservitudemoderne.org
          • Posté à 08h11 le 22/07/2010
          • Internaute 119868
            www.delaservitudemoderne.org

          Je suis d’accord avec vous sur le fond mais, nom de dieu, qu’est ce que Nietzsche à avoir avec ça ? Lisez le !

        • Dede11
          Dede11 répond à admirateur-
          Desinformaticien
          • Posté à 08h35 le 22/07/2010
          • Internaute 98311
            Desinformaticien

          « Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue »

        3 autres commentaires
      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 22h35 le 21/07/2010
        • Internaute 29846
          menuisier

        « Sauf que Boulin n’était ni indispensable , ni original . »

        Ce qui serait valable pour 99% de la population mondiale.

        Pour autant, la disparition de ces 99% ne laisserait rien de moins qu’un désert où les artistes oeuvreraient en vain, en attendant de crever de faim.

        « Quel bruit fait un arbre en tombant dans une forêt déserte ? »

         : -)

      • scalpa93
        scalpa93 répond à Numerosix
        • Posté à 13h20 le 23/07/2010
        • Internaute 116759

        Donc, selon vous, l’humanité se divise en 2 catégories : a) les hommes superflus, « non-originaux », qui ne méritent ni le respect ni la justice ; b) une Elite (en l’occurrence artistique, mais ça ne change rien).
        Réfléchissez un peu à vos propos et vous comprendrez (je l’espère) ce qui en découle.

  • Ftannenberg
    • Posté à 17h05 le 21/07/2010
    • Internaute 119494

    Il aurait été utile dans cet article de ne pas présenter Marcello dell’Utri seulement comme un sénateur bibliophile et ami de Berlusconi. Il vient surtout d’etre condamné en appel par une cour de Palerme, à 7 années de prison pour ses liens avec la mafia avant 1992.....L’affaire est mainenant en cassation....Une information utile qui peut miner la crédibilité de ce témoignage ou au contraire la renforcer puisque la justice a souligné ses liens avec « cosa nostra »

  • Gonzague Loumintope
    Gonzague Loumintope
    Preuve s'il en fallait de la (...)
    • Posté à 17h12 le 21/07/2010
    • Internaute 69428
      Preuve s'il en fallait de la (...)

    « Sur la plage abandonnée, corbillard et cul tassé »

    Merci pour cet article qui en plus d’être intéressant démontre s’il en fallait l’importance d’une justice totalement indépendante. Si ces histoires ressortent aujourd’hui, sous votre plume, je suppose qu’elles ne le font pas innocemment ; l’impunité ou le boucémissairisme inspirés par « la peur des représailles » n’ont pas le droit de devenir ( de se maintenir ?) monnaie courante.

    J’ai comme l’impression qu’un message se cache derrière cet article.

  • Kartoffelsalat
    Kartoffelsalat
    étudiant, en phase terminale
    • Posté à 17h12 le 21/07/2010
    • Internaute 110243
      étudiant, en phase terminale

    crime politique ou non, Pasolini manque cruellement au cinéma. Me suis racheté Médée il y a qq jours, c’est tellement parfait...

  • A.V.
    • Posté à 17h26 le 21/07/2010
    • Internaute 24685

    « Pour Pelosi, c’est de toute façon retour à la case prison. Ce mercredi, Pino la Rana a été arrêté après avoir percuté un passant alors qu’il conduisait en état d’ébrieté. »

    Après Paf le chien, Paf la grenouille.
    Je sors.

  • Royka
    Royka
    Dissident
    • Posté à 17h47 le 21/07/2010
    • Internaute 13753
      Dissident

    « Salo ou les 120 jours de sodome » est le meilleur film jamais fait contre le fascisme.
    Il montre comment cet idéologie rabaisse l’Homme à un rang qui n’est même pas animal, aucun animal ne torturant pour le simple plaisir de jouir de la souffrance d’autrui. Il montre aussi les liens dans cette déchéance de l’humanité entre militaires, religieux, politiques, hommes d’affaire et mafias. Et il est difficilement regardable sans détourner le regard par moment, comme l’est le fascisme et ses horreurs.

    Je n’en sais évidement rien avec certitude, mais pour le chef d’œuvre anti-fasciste que représente cette œuvre, son assassinat par cette lie de l’humanité ne m’étonnerai guère.

    • Kartoffelsalat
      Kartoffelsalat répond à Royka
      étudiant, en phase terminale
      • Posté à 18h36 le 21/07/2010
      • Internaute 110243
        étudiant, en phase terminale

      tout à fait d’accord, Salo reste pour moi un des films les plus « vrais » sur le fascisme. Difficile à voir, comme les horreurs du fascisme, difficile à regarder en face, comme la réalité du contexte de son apparition.

    • puresonic
      puresonic répond à Royka
      Contempteur irascible
      • Posté à 18h38 le 21/07/2010
      • Internaute 55211
        Contempteur irascible

      « “aucun animal ne torturant pour le simple plaisir de jouir de la souffrance d’autrui” »

      Alors là.....vous n’avez jamais vu un chat jouer avec une souris....

      • Kartoffelsalat
        Kartoffelsalat répond à puresonic
        étudiant, en phase terminale
        • Posté à 18h52 le 21/07/2010
        • Internaute 110243
          étudiant, en phase terminale

        et tu arrives à lire de la jouissance dans le regard d’un chat toi ? : -)

      • Royka
        Royka répond à puresonic
        Dissident
        • Posté à 19h01 le 21/07/2010
        • Internaute 13753
          Dissident

        L’animal ne se délecte pas de la souffrance en elle-même, c’est les mouvement de la proie qui l’excite et le plaisir du jeu de la chasse. il n’y aucun sadisme chez l’animal, tout au plus une insensibilité à la douleur de sa proie.

         
        • Kartoffelsalat
          Kartoffelsalat répond à Royka
          étudiant, en phase terminale
          • Posté à 19h18 le 21/07/2010
          • Internaute 110243
            étudiant, en phase terminale

          Pour en revenir à Salo, j’ai essayé d’imaginer un chat dominer quelques souris, leur faire bouffer de la merde, leur raconter des horreurs ou les bruler à la bougie. Mais j’ai eu du mal.

          Il faudra encore attendre pour que nos amies les bêtes forment des factions fascistes

        • puresonic
          puresonic répond à Royka
          Contempteur irascible
          • Posté à 01h52 le 22/07/2010
          • Internaute 55211
            Contempteur irascible

          je ne sais pas s’il se délecte mais il doit bien imaginer ce que ça fait de se prendre des coups de pattes à répétition (la bagarre étant assez courante entre chats).
          De plus, cela va au dela de la chasse puisque la proie est déjà prise
          et il est unutile de jouer une heure avec......

        2 autres commentaires
    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à Royka
      Bonne
      • Posté à 19h47 le 21/07/2010
      • Internaute 30028
        Bonne

      RE TOP .
      RE RE RE TOP ...

    • Thermidorien
      Thermidorien répond à Royka
      Journaliste précaire
      • Posté à 20h24 le 21/07/2010
      • Internaute 103972
        Journaliste précaire

      Aux dernières nouvelles, la torture n’est pas née sous le fascisme.

      Le voir dans le spectre de l’anti-fascisme c’est n’avoir rien comprit au film, ou tout au moins adopter une vision ultra réductrice.

      • Royka
        Royka répond à Thermidorien
        Dissident
        • Posté à 12h24 le 22/07/2010
        • Internaute 13753
          Dissident

        Je n’ai pas eu la prétention de faire une critique exhaustive du film en quelques lignes. Ce film n’est pas que ça, mais il est aussi ça.

    • Ratfucker-
      Ratfucker- répond à Royka
      • Posté à 15h07 le 23/07/2010
      • Internaute 88371

      Salo n’a rien d’antifasciste : l’engagement politique n’est qu’un alibi pour Pasolini, pervers sado-maso-homo-fétichiste en rut pour exprimer ses fantasmes dans un snuff movie avant l’heure. Le manuel d’interrogatoire d’Al Qaeda présente une vocation au moins aussi artistique Lien

  • Alexander Doria
    Alexander Doria
    wikipédien…
    • Posté à 17h57 le 21/07/2010
    • Internaute 42699
      wikipédien…

    Vu la sérénité du débat politique, judiciaire et journalistique dans l’Italie de Berlusconi, cela m’étonnerait que l’on en sache beaucoup plus sur l’affaire Pasolini.

    Si les principaux acteurs de l’affaire sont morts, leurs descendants et successeurs sont sans doute bien en vie. Il se peut même que plusieurs grands noms du monde politique et économique aient été au courant de la réalité des faits : si les faits étaient mis au jour, leur silence ne serait plus justifiable.

    Bref, la vérité attendra encore quelques décennies...

  • bous
    bous
    oleiculteur
    • Posté à 18h23 le 21/07/2010
    • Internaute 34983
      oleiculteur

    on regrette notre époque quant on pense a Pasolini.
    il n y a plus d’intellectuels aussi libre de pensée que l’était Pasolini mais beaucoup ’d’intellectuels’ au ventre mou.
    la version officielle de son assassinat à l’époque n’avait convaincue personne.

  • puresonic
    puresonic
    Contempteur irascible
    • Posté à 18h37 le 21/07/2010
    • Internaute 55211
      Contempteur irascible

    « Pier Paolo Pasolini agite toujours l’Italie »

    l’agitation est palpable.....

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h14 le 21/07/2010
    • Internaute 111221
      fée

    Si le crime politique avait été prouvé et que les auteurs du crime s’étaient réfugiés dans un autre pays pour échapper à la justice italienne, je me demande si les bien-pensants auraient trouvé normal et légitime que les autorités de ce pays refusent d’extrader les criminels en Italie, un peu comme ce fut le cas pour les Brigades rouges et les autorités françaises.

    • Kartoffelsalat
      Kartoffelsalat répond à Féline
      étudiant, en phase terminale
      • Posté à 19h21 le 21/07/2010
      • Internaute 110243
        étudiant, en phase terminale

      « Bien-pensants » est un terme qui pourrait rester dans les forums du figaro non ? Ça ne veut strictement rien dire

      • Féline
        Féline répond à Kartoffelsalat
        fée
        • Posté à 19h54 le 21/07/2010
        • Internaute 111221
          fée

        Les bien-pensants, ce sont ceux qui décrètent quelles sont les opinions éthiques et respectables et quelles sont les opinions nauséabondes et condamnables. Les « pères la morale » de la société moderne en quelque sorte.

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 20h25 le 21/07/2010
          • Internaute 61755

          bien recopié la définition....mais tu vas bientôt nous dire que pasolini était un bobo.

          • Féline
            Féline répond à A déménagé le 1-6
            fée
            • Posté à 20h57 le 21/07/2010
            • Internaute 111221
              fée

            Recopiée sur qui ou sur quoi ?

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 22h49 le 21/07/2010
              • Internaute 29846
                menuisier

              Lorsque l’on parle avec des gens, c’est bien d’être d’accord sur le vocabulaire.

              Ca aide à la compréhension.

              Par exemple « bien pensant ».

              Demandez-en la définition à :

              -Un Born Again chantant Jésus un M16 à la main

              -Un Mollah dans une madrasa pakistanaise

              -Un curé à mèche

              -Un stalinien pratiquant

              -Un UMP

              ° encore que tous se recouvrent fortement dans leur dialectique totalitaire.

              Vous constaterez assez rapidement le flou que recouvre ces simples deux mots sans rien autour.

              Ca va comme ça ou je vous mets un petit pochot ?

              • Féline
                • Posté à 23h22 le 21/07/2010
                • Internaute 111221
                  fée

                Et bien, donnez-moi donc leur définition. De mon côté, je vous ai donné la mienne et je ne la trouve pas si mal que ça.

                • Adéménagé le 3 janvier 2011
                  • Posté à 23h37 le 21/07/2010
                  • Internaute 29846
                    menuisier

                  Mais je n’en ai pas de personnelle :

                  La « bien pensance » est une aberration que je laisse précisément aux curés, aux mollahs, et d’une manière générale à tous ceux qui laissent traîner leurs mains dans les culottes des autres sans y avoir été invités au préalable.

                  La pensée est libre, enfant de bohême, de manouche, et n’a jamais connu de loi.

                  (air connu, et de tradition française)

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 00h59 le 22/07/2010
              • Internaute 61755

              oups, j’aurais dû dire resucée

        10 autres commentaires
    • admirateur-
      admirateur- répond à Féline
      • Posté à 20h40 le 21/07/2010
      • Internaute 32111

      L’abbé Pierre est un bien-pensant
      (source Wikipedia)
      Après la mort de l’Abbé Pierre en janvier 2007, le magistrat italien Carlo Mastelloni a rappelé dans le Corriere della Sera que l’Abbé Pierre avait témoigné dans les années 1980 en faveur du groupe de réfugiés italiens à Paris dirigé par Vanni Mulinaris. Simone de Beauvoir lui avait également écrit une lettre, qui a été maintenue dans les archives juridiques. Les membres de ce groupe (qui inclut Corrado Simioni, Vanni Mulinaris et Duccio Berio) ont été accusés par le juge italien d’être des « dirigeants » des Brigades rouges, avant qu’ils ne soient tous acquittés par la cour d’assises de Venise.

      Après le voyage de Vanni Mulinaris à Udine et son arrestation par la justice italienne, l’Abbé Pierre est allé parler en 1983 avec le Président italien Sandro Pertini en faveur de Vanni Mulinaris (le mari de sa nièce), emprisonné pour avoir apporté une aide aux Brigades rouges. L’Abbé Pierre a même observé une grève de la faim pendant huit jours dans la cathédrale de Turin.
      Fuites en France : la « doctrine Mitterrand » [modifier]

      Au cours des années 1980, de nombreux membres des Brigades rouges et d’autres groupes terroristes ont pu se réfugier en France en vertu de ce qu’il est convenu d’appeler la « doctrine Mitterrand » : sous réserve de ne pas se servir de leur refuge en France comme base arrière pour des actions violentes, ils avaient la garantie de ne pas être extradés. Cette doctrine ne concernait pas néanmoins les personnes coupables de crimes de sang, ainsi qu’il ressort d’une déclaration du Président Mitterrand :

      « Nous avons environ 300 Italiens réfugiés en France depuis 1976 et qui, depuis qu’ils sont chez nous, se sont “repentis” et auxquels notre police n’a rien à reprocher. Il y a aussi une trentaine d’Italiens qui sont dangereux mais ce sont des clandestins. Il faut donc d’abord les retrouver. Ensuite, ils ne seront extradés que s’il est démontré qu’ils ont commis des crimes de sang. Si les juges italiens nous envoient des dossiers sérieux prouvant qu’il y a eu crime de sang, et si la justice française donne un avis positif, alors nous accepterons l’extradition.(…) Nous sommes prêts à extrader ou à expulser à l’avenir les vrais criminels sur la base des dossiers sérieux. »

      — compte-rendu d’un déjeuner de travail avec le Président du conseil italien Bettino Craxi en 1985

      Selon certains, la position de la France aurait contribué à apaiser la tension en Italie. La « doctrine Mitterrand » n’a cependant pas de valeur juridique sur le fond : ce que peut dire un président durant son mandat n’est pas une source de droit en France.

      Toutefois, Sergio Tornaghi, membre de la colonne milanaise Walter Alasia (du nom d’un brigadiste abattu par la police)[réf. nécessaire], condamné par contumace à la prison à perpétuité pour « participation à bande armée » et « assassinat » et arrêté en France en 1998, a obtenu gain de cause devant la cour d’appel de Bordeaux. Celle-ci a refusé l’extradition en raison de la procédure italienne qui ne permettait pas à l’époque à un condamné par contumace d’être à nouveau jugé en cas de retour, comme le prévoit la Cour européenne des droits de l’homme.

      En 2002, Paolo Persichetti, « brigadiste » non repenti[réf. nécessaire], condamné à 22 ans de prison pour participation à l’assassinat d’un général de l’aviation, qui enseignait la sociologie politique à l’université Paris VIII, est extradé en Italie. Voir notamment le récit de son extradition : Exil et Châtiment, paru aux éditions Textuel en 2005. Paris semble alors rompre avec l’engagement pris par François Mitterrand en 1985 [9]

      • Féline
        Féline répond à admirateur-
        fée
        • Posté à 21h03 le 21/07/2010
        • Internaute 111221
          fée

        En effet, l’Abbé Pierre était très certainement un bien-pensant. Et ?

        En tout cas, votre petit texte ne répond pas à ma question. Si le meurtre de Pasolini était un crime (je reste dans les « si », que ce soit vrai ou pas n’est pas mon propos) et si des militants d’extrême-droite suspectés d’avoir participé à ce crime avaient été traités par les autorité françaises de la même manière que l’ont été ces militants des brigades rouges, les réactions des bien-pensants auraient-elle été les mêmes ?

         
        • admirateur-
          admirateur- répond à Féline
          • Posté à 21h11 le 21/07/2010
          • Internaute 32111

          Vous voulez que nous évoquions le scandale de la loge P2, pourquoi pas : les liens entre le Vatican, la maffia, l’assassinat d’Aldo Moro ?
          Les militants d’extrême droite italiens n’ont pas été inquiétés par les autorités italiennes.
          Vos « si » ne riment à rien car « si » l’arche de noë ne s’était pas perchée sur le mont Ararat nous ne serions pas là pour disserter de l’histoire et de ses légendes.
          Bonne soirée

          • Féline
            Féline répond à admirateur-
            fée
            • Posté à 22h17 le 21/07/2010
            • Internaute 111221
              fée

            Vous ne faites que confirmer ce que je supposais : pour vous, quand un criminel d’extrême-droite n’est pas inquiété par les autorités de son pays (ici l’Italie), ce n’est pas normal, mais lorsqu’il s’agit d’un criminel d’extrême-gauche, vous trouvez cela tout à fait normal.

            Ou le « deux poids, deux mesures » dans toute sa splendeur...

            • admirateur-
              admirateur- répond à Féline
              • Posté à 22h39 le 21/07/2010
              • Internaute 32111

              Vous êtes trop drôle ; relisez-vous, à trop vouloir prouver on se ridiculise.
              On est bien d’accord sur le fait que les « criminels » d’extrême-droite ne sont pas inquiétés en Italie ; merci. C’est normal, ils sont depuis 1922-24 au pouvoir dans ce pays.
              Reste à disserter sur les crimes réels ou fantasmés par les émules de Marine Sarkozy d’un certain nombre de militants politiques italiens... l’histoire tranchera.
              Quant à savoir si les commanditaires et les exécutants de l’attentat de la gare de Bologne, de la place des Loges, de l’Italicus, les assassins d’Aldo Moro etc. ont été jugés, l’Histoire a tranché : on ne les a jamais retrouvés... alors comment voulez-vopus qu’ils aient besoin de se « réfugier » à l’étranger.
              Trop naze la Féline, plutôt mulot. manque de classe

              • Féline
                Féline répond à admirateur-
                fée
                • Posté à 23h37 le 21/07/2010
                • Internaute 111221
                  fée

                « Trop naze la Féline, plutôt mulot. manque de classe »

                Quand mes interlocuteurs commencent à sortir les insultes, je suis plutôt fière de moi, en général c’est qu’ils sont à bout d’argument.

                Depuis le début, vous ne semblez même pas capable de comprendre la nature de mon propos. Pour moi, un criminel est un criminel, peu importe ses opinions politiques. Et il ne me viendrait pas à l’idée de défendre des criminels pour la seule raison que ces derniers pourraient partager quelques convictions avec moi. Je n’essayerais jamais de justifier les crimes d’un militant d’extrême-gauche, d’extrême-droite ou du centre modéré sous prétexte que je serais moi-même d’extrême-gauche, d’extrême-droite ou centiste modérée.

                Et je m’amuse toujours beaucoup de voir ceux qui jugent les crimes des autres selon les opinions de leurs auteurs tout en prétendant parler de Justice.

                • egide
                  egide répond à Féline
                  Littéral
                  • Posté à 12h34 le 22/07/2010
                  • Internaute 45067
                    Littéral

                  Votre syllogisme n’a pas de logique. Vous proposez de répondre à une question farfelue et qui ne s’est jamais posée.

                  Vous multipliez les hypothèses absurdes à propos des circonstances de l’assassinat de Pasolini dont on ne sait pas grand chose.

                  Ce qui est probable, c’est que l’artiste et poète a été victime une agression d’une violence barbare probablement commise par plusieurs personnes.

                  Un témoin fragile et peu digne de foi qui a été condamné pour le meurtre de Pasolini accuse des personnes décédées dont on sait qu’ils étaient des grands délinquants, sans doute des maffieux et à l’occasion des nervis pour le compte de l’extrême droite.

                  Hypothèse qui reste à l’état de supputation.

                  Depuis le début du XXe siècle en Italie, certains notables n’hésitent pas à se payer les services du grand banditisme afin de juguler tout conflit social par les pires actions criminelles.

                  C’est d’ailleurs comme prestataire de ce genre de services de sécurité que Bénito Mussolini est devenu une sorte de seigneur de la guerre avant de s’emparer du pouvoir.

                  Dès la chute du régime fasciste en Italie pendant l’année 1943, de nombreux nervis et ex-dignitaires fascistes ont trouvé refuge en Espagne et en France au fur et à mesure de la libération de l’Italie.

                  Je ne crois pas qu’aucun de ces criminels n’a fait l’objet de la moindre extradition en raison de leurs crimes.
                  On peut même dire qu’on ne les a pas inquiété du tout.
                  On sait aussi qu’ils ont bénéficié d’aides et de faveurs.

            • bricole
              bricole répond à Féline
              les doigts dans la prise
              • Posté à 23h40 le 21/07/2010
              • Internaute 108490
                les doigts dans la prise

              Continuez à creuser, vous allez toucher le noyau ...

        6 autres commentaires
    • Credo quia absurdum
      Credo quia absurdum répond à Féline
      perplexe
      • Posté à 11h29 le 22/07/2010
      • Internaute 119046
        perplexe

      Si, si , si ma tante ....

      Pas grand chose à voir avec le sujet.

  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 20h14 le 21/07/2010
    • Internaute 91451
      N/A

    « La vérité sur la mort de Pasolini n’est pas prête d’éclater »...

    Et si vous écriviez en français ? Soit « La vérité sur la mort de Pasolini n’est pas près d’éclater », soit, en moins bien, « La vérité sur la mort de Pasolini n’est pas prête à éclater ».

    Faute courante, mais pas plus pardonnable pour autant quand on écrit à destination d’un large public.

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à J_P_M
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 20h35 le 21/07/2010
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      C’est corrigé, merci.

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