22/07/2010 à 13h41

L'experte de la souffrance au travail « discriminée » puis virée

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Créatrice de la première consultation sur la souffrance au travail, Marie Pezé est victime de tensions liées à son handicap.

Avec son livre « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés », la psychologue Marie Pezé a contribué à rendre public le problème de la souffrance au travail.

C’est du passé : sa consultation est condamnée depuis qu’elle a reçu, mardi, une lettre de licenciement après des années de bras de fer avec la direction de l’hôpital qui l’employait.

Son histoire est d’une ironie confondante : alors qu’elle reçoit des salariés en souffrance au Centre d’accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre (Hauts-de-Seine), Marie Pezé est licenciée après avoir tenté, en vain, d’obtenir des aménagements de son poste de travail, qui la faisait souffrir.

Psychanalyste et docteur en psychologie, Marie Pezé a créé sa consultation, la première de France, en 1997. Elle est handicapée à 80%, un handicap physique qu’elle nous demande de ne pas évoquer. « La première fiche de la médecine du travail date de 1999 », raconte-t-elle. « Il y en a eu trois au total. A chaque fois, mon cas s’était aggravé. »

L’hôpital ne réalise pas les aménagements demandés

Voici par exemple ce que préconise en 2003 un médecin du travail qui la déclare « apte sur poste aménagé » :

  • « pas de port de charges,
  • aide à la gestion des dossiers, courriers et photocopies,
  • déplacements limités : aide, vestiaire à proximité,
  • pas de gestes fins et répétés : dictaphone pour courrier, utilisation d’oreillette téléphonique,
  • secrétariat aidant. »

Mais la direction du Cash n’effectue pas les aménagements demandés par la médecine du travail pour ce poste à mi-temps. Marie Pezé est souvent en arrêt maladie. Quand elle exerce -sa consultation accueille 900 patients par an, dont un tiers travaillent dans le même hôpital qu’elle-, ses patients la voient répondre au téléphone, faire des photocopies, porter des dossiers...

Outre ses patients, des magistrats, des médecins du travail ou des psychologues constatent aussi ses conditions d’exercice : pour obtenir le certificat de spécialisation en psychopathologie du travail, dont Marie Pezé est responsable pédagogique, ils assistent à ses consultations.

Des journalistes et des parlementaires la sollicitent

Des élus, des documentaristes ou des personnalités diverses, intéressés par les pathologies que la psychologue a contribué à mettre en lumière, viennent aussi, avec l’accord des patients.

L’automne dernier, le journaliste Jean-Robert Vialet l’interroge dans sa très belle série documentaire sur France 2, « La Mise à mort du travail », qui obtient le prix Albert-Londres 2010. Les députés UMP auditionnent Marie Pezé dans une commission parlementaire et l’interrogent pour leur site Lasouffranceautravail.fr. (Voir la vidéo)

Mais au Cash, seuls les médecins ont droit à un secrétariat et à une imprimante dans leur bureau. Marie Pezé, malgré son handicap, doit aller au bout du couloir, et porter ses dossiers elle-même : quoique docteur, elle n’est pas médecin.

Début 2009, une psychologue du travail qui recevait les employés de l’hôpital (1 500 fonctionnaires, médecins et contractuels) s’en va. Elle n’est pas remplacée avant 18 mois.

« Depuis son départ, j’ai récupéré les salariés qu’elle prenait en charge », raconte Marie Pezé.

Le Cash doit faire des économies

Le 7 avril 2010, elle écrit au directeur de l’hôpital pour, une fois de plus, lui « faire mesurer la nécessité de recruter rapidement un psychologue du travail en remplacement » de la précédente. Deux pages de rappel à la loi et de détails, dont ceux-ci :

« Les agents du Cash sont, du fait même de la population prise en charge par l’institution, confrontés à des situations de violence qu’il ne faut pas banaliser : incendies avec morts, crimes, tentatives de meurtre, viols, coups et blessures, injures, insultes, provocations, incivilités... »

Le directeur, nommé un an plus tôt avec mission de faire des économies, répond le jour-même :

« Madame,
Vous avez oublié parmi les destinataires le premier président de la Cour des comptes. Cette noble institution pense qu’il y a aussi des efforts à faire dans les hôpitaux en matière de gestion. »

Marie Pezé n’est donc pas la seule à souffrir des restrictions budgétaires.

Le 16 juin 2010, un médecin du travail la déclare « inapte définitive ». « Inapte à mon poste, pas à mon travail », dit la psychologue.

« Je faisais le même tableau clinique que mes patients »

La direction du Cash ne communique pas sur le licenciement de Marie Pezé. C’est l’avocate de l’hôpital, Me Anne-Françoise Abecassis, qui s’en charge :

« Mme Pezé a été licenciée en raison d’une inaptitude physique constatée par le médecin du travail. Elle ne souhaitait pas être reclassée. Au contraire, elle a clairement exprimé qu’elle attendait ce licenciement. Les écrits en témoignent. »

Pour des raisons juridiques, Marie Pezé refuse de commenter les propos de l’avocate. Simple réponse :

« Je faisais le même tableau clinique que mes patients. »

A propos des demandes d’aménagement du poste de travail de Marie Pezé, que l’hôpital était légalement dans l’obligation d’effectuer, l’avocate botte en touche :

« Je ne connais pas l’historique de ce dossier, j’en ai été saisie très récemment. Mais elle a refusé un autre bureau, car elle voulait un environnement très immédiatement médicalisé. »

Marie Pezé répond qu’elle reçoit des patients « qui font des poussées d’hypertension et des malaises ».

La direction : « C’est une perte pour l’établissement »

Ils iront désormais les faire ailleurs, puisque Me Abecassis confirme que la consultation de Marie Pezé, qui a la particularité d’être psychologue clinicienne, sera supprimée :

« Mais tout le monde s’accorde à dire que c’est une perte pour l’établissement. »

L’avocate rappelle que la psychologue « a exprimé qu’elle est très fatiguée physiquement, psychiquement » et ajoute, énigmatique, qu’elle n’a pas envie d’en dire plus que ce que Marie Pezé dit elle-même sur son état.

La psychologue, renvoyée à un an et demi de la retraite, perd du même coup tous les emplois afférents : ses fonctions de responsable pédagogique, d’experte devant les tribunaux, et d’enseignante à l’université.

Elle s’apprête à déposer plainte contre l’hôpital. Ses avocats réfléchissent au motif : « Harcèlement » ? « Discrimination au handicap » ?

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  • Oodini
    • Posté à 13h48 le 22/07/2010
    • Internaute 30418

    Il est bon de rappeler que l’hôpital manque cruellement de moyens, et que l’aménagement demandé du poste de travail était coûteuse (création notamment d’un poste de secrétaire).

    L’article aurait peut-être du évoquer les aides perçues dans le cas d’un travailleur handicapé, et dans quelle mesure cela aurait pu réduire ce coût.

    Enfin, Marie Pezé ne semble pas s’être montrée très conciliante, d’autant plus qu’elle ne doit pas ignorer les difficultés financières des hôpitaux, et les donc les difficultés matérielles de ses collègues.

    • Balladeuse-
      Balladeuse- répond à Oodini
      • Posté à 13h57 le 22/07/2010
      • Internaute 118012

      Je n’ai pas compris votre raisonnement, dans vos derniers paragraphes : un travailleur handicapé doit être conciliant, c’est ça ?

      • Oodini
        Oodini répond à Balladeuse-
        • Posté à 14h00 le 22/07/2010
        • Internaute 30418

        Pas plus qu’un autre travailleur en situation d’être viré.

         
        • Balladeuse-
          Balladeuse- répond à Oodini
          • Posté à 14h11 le 22/07/2010
          • Internaute 118012

          Hum, hum : un travailleur en situation d’être viré doit être « conciliant », donc, d’après vous ? Si oui, pourquoi ? Merci de votre réponse.

          • Oodini
            Oodini répond à Balladeuse-
            • Posté à 14h18 le 22/07/2010
            • Internaute 30418

            Pour garder son emploi.

            Du moins s’il le souhaite. Cela reste à démontrer, dans le cas présent.

            • Chotella
              Chotella répond à Oodini
              jardinière
              • Posté à 16h14 le 22/07/2010
              • Internaute 83685
                jardinière

              Ouais, pas mal : quand tous les travailleurs auront appris à être conciliants pour garder leur emploi, on pourra enfin enterrer le droit du travail !

            • la champenoise
              la champenoise répond à Oodini
              • Posté à 16h36 le 22/07/2010
              • Internaute 27942

              Quand on veut vous virer, toutes les concessions du monde ne servent à rien ....

            • Balladeuse-
              Balladeuse- répond à Oodini
              • Posté à 17h07 le 22/07/2010
              • Internaute 118012

              Pour garder son emploi.

              Du moins s’il le souhaite. Cela reste à démontrer, dans le cas présent.

              Ben voyons. Il faut être conciliant pour garder son emploi (ce qui n’a par ailleurs pas d’efficacité prouvée, c’est rien de le dire : après la double peine, la double perte : dignité puis emploi, pour vous traduire). Et l’idée qu’on puisse vouloir exercer son métier correctement, pour donner aux gens ce dont ils ont besoin dans la mesure de ses capacités, et pas seulement pour le salaire, vous la comprenez ou il faut vous expliquer ?

              • Oodini
                Oodini répond à Balladeuse-
                • Posté à 17h18 le 22/07/2010
                • Internaute 30418

                Je la comprend.

                Et l’idée qu’il n’y ait pas de budget, vous al comprenez ou il faut vous l’expliquer ?

                • Balladeuse-
                  Balladeuse- répond à Oodini
                  • Posté à 17h32 le 22/07/2010
                  • Internaute 118012

                  « Je la comprends » (avec un « s »), mais c’est un détail. Et « la » à la place de « al » ce serait pas mal non plus.

                  Mais votre orthographe, on s’en fiche, en fait. Ce dont personnellement je ne me fiche pas, c’est de discours qui gangrènent les esprits, des discours (si l’on peut dire) tels que le vôtre qui ne prônent que la soumission au pouvoir d’une richesse usurpée. Parce qu’en fin de compte, c’est de cela qu’il s’agit.

                  • Oodini
                    Oodini répond à Balladeuse-
                    • Posté à 18h02 le 22/07/2010
                    • Internaute 30418

                    Il ne s’agit pas de richesse usurpée d’un pouvoir, mais plus prosaïquement de la pauvreté réelle des hôpitaux publics.

                    • emiboot
                      emiboot répond à Oodini
                      No Homs land
                      • Posté à 19h18 le 22/07/2010
                      • Internaute 81944
                        No Homs land

                      Oui, l’hôpital est grave en danger, mais en l’occurrence, l’argent investit dans ce poste/ce salarié aurait été bénéfique, sur lus long terme, et c’est bien ce qu’on demande à un service publique.
                      D’une elle a largement fait la preuve que ce poste était pour elle, et portée par elle. La masse de dossier évoqués le prouve, au delà de son handicap, elle avait une casquette large et de nombreuses compétences. Deux salariées n’auraient pas été de trop.
                      De deux, c’est une femme d’une compétence rare qui se retrouve en situation de grande fatigue, y compris mentale, et une consultation qui disparait. Et une situation de mauvaise gestion humaine de la part de l’hôpital. Ce n’est pas parce que l’hôpital est publique qu’il doit esquiver ses devoirs vis à vis des ses salariés.

                      • Oodini
                        Oodini répond à emiboot
                        • Posté à 19h44 le 22/07/2010
                        • Internaute 30418

                        Et donc, qu’aurait dû faire l’hôpital ? Virer une ou deux infirmières ?

                        Quelle était sa marge de manœuvre ? Vous la connaissez, vous ? Moi non.

                      • Oodini
                        Oodini répond à emiboot
                        • Posté à 19h44 le 22/07/2010
                        • Internaute 30418

                        Et donc, qu’aurait dû faire l’hôpital ? Virer une ou deux infirmières ?

                        Quelle était sa marge de manœuvre ? Vous la connaissez, vous ? Moi non.

                        • emiboot
                          emiboot répond à Oodini
                          No Homs land
                          • Posté à 21h04 le 22/07/2010
                          • Internaute 81944
                            No Homs land

                          Ce que je connais d’eux, c’est leur sourde oreille - puisqu’elle est de notoriété publique. Leur inaction et leur indifférence ne plaident pas pour eux.

                          • Oodini
                            Oodini répond à emiboot
                            • Posté à 22h25 le 22/07/2010
                            • Internaute 30418

                            Qui ça, « eux » ? ?

                            Et vous ne parlez pas des moyens, dans votre réponse.

                    • Anonyme répond à Oodini

                      On peut aussi tuer les malades des hôpitaux à coup de morphine ou d’autre chose. Ça fera des sous en plus. Non ?

                • foutard
                  foutard répond à Oodini
                  voudrait bien gagner un peu
                  • Posté à 18h01 le 22/07/2010
                  • Internaute 28406
                    voudrait bien gagner un peu

                  Avec des raisonnements comme le votre je comprends mieux la droite decomplexee ! !

                  • Oodini
                    Oodini répond à foutard
                    • Posté à 18h02 le 22/07/2010
                    • Internaute 30418

                    Pas sûr. Je n’ai jamais voté à droite de ma vie. : -)

                    • foutard
                      foutard répond à Oodini
                      voudrait bien gagner un peu
                      • Posté à 18h09 le 22/07/2010
                      • Internaute 28406
                        voudrait bien gagner un peu

                      Vous devriez ,
                      vous en avez deja le culte du fric roi !

                • jihel
                  jihel répond à Oodini
                  .
                  • Posté à 19h26 le 22/07/2010
                  • Internaute 120652
                    .

                  Pour les tour de passe-Passe vous n’avez pas le talent de l’illustrissime Houdini.
                  Avant de faire le malin sur ce forum il serait bon que vous sachiez de quoi vous parler :

                  l’aménagement d’un poste de travail ne coute rien à un employeur puisqu’il est pris en charge par l’AGEFIPH, organisme auquel cotise toute les entreprises de plus de 20 salariés.

                  Petit extrait du site de l’AGEFIPH :

                  Depuis la loi du 10 juillet 1987, les entreprises de plus de 20 salariés sont tenues à une obligation d’emploi d’au moins 6% de personnes handicapées dans leur effectif. La loi du 11 février 2005 réaffirme cette obligation et l’étend à de nouvelles catégories de personnes handicapées.

                  • Oodini
                    Oodini répond à jihel
                    • Posté à 19h48 le 22/07/2010
                    • Internaute 30418

                    « Avant de faire le malin sur ce forum il serait bon que vous sachiez de quoi vous parler : »

                    C’est vous qui n’y connaissez rien. L’AGEFIPH ne s’occupe que du secteur privé...

                    • jihel
                      jihel répond à Oodini
                      .
                      • Posté à 11h25 le 23/07/2010
                      • Internaute 120652
                        .

                      Visiblement plus que vous quand même puisque si ce n’est pas l’AGEFIPH pour la fonction publique c’est le FIPHFP.
                      Ce qui ne change rien à mon propos : la fonction publique est tenue à l’obligation d’emploi des personnes handicapés.
                      Pour en savoir plus :

                      Lien
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                • A déménagé le 31-1
                  • Posté à 21h14 le 22/07/2010
                  • Internaute 115310

                  vraiment au bord du karoshi intellectuel, vous devriez consulter mon vieux, les signes sont inquiétants

                • Yann56
                  Yann56 répond à Oodini
                  vie maritale
                  • Posté à 23h58 le 23/07/2010
                  • Internaute 2536
                    vie maritale

                  oh le vilain Troll ! ! ! ! !

            • We want a shrubbery
              We want a shrubbery répond à Oodini
              Fonctionnaire. A voté!
              • Posté à 19h27 le 22/07/2010
              • Internaute 100046
                Fonctionnaire. A voté!

              Vous avez bien raison.

              Z’ont qu’à pas être malades, déjà...

            • A déménagé le 13-10-11
              A déménagé le 13-10-11 répond à Oodini
              non connu
              • Posté à 22h11 le 22/07/2010
              • Internaute 29372
                non connu

              Votre pensée salit la dignité humaine.

          • bloozmarch
            bloozmarch répond à Balladeuse-
            indocile heureux
            • Posté à 14h18 le 22/07/2010
            • Internaute 15731
              indocile heureux

            ON nous bâtit une société où TOUS les travailleurs sont en situation d’ être virés, Général Motors, raffinerie Total en exemples récents, DONC TOUS les travailleurs DOIVENT être conciliants, c’ est facile à comprendre (pour un U.M.P. au moins), non ?
            Et s’ils ont des problèmes, à force de na pas être conciliants, on pourra les culpabiliser en disant que c’ est de leur faute, et que les problèmes, ils les ont bien cherchés !

            • emiboot
              emiboot répond à bloozmarch
              No Homs land
              • Posté à 20h12 le 22/07/2010
              • Internaute 81944
                No Homs land

              (un con post conforme et compatissant)

              Etre con.ciliant ?
              En situation de con.currence mondiale, la peur con.tagieuse de se faire virer virant à la con.spiration, certains se voient con.traint par le con.sensus collectif a com.biner leurs efforts pour con.tinuer à produire, à con.struire, trop con.ditionnés par notre con.tagieuse culpabilité qui nous con.damne sinon. Pas trop de con.testations, compagnons. Ne pas con.spuer les con.sommateurs con.cervateurs qui s’autocon.gratulent en buvant du jus de con.conbre con.golais. Ni ceux qui se con.tente de con.denser les commérages, trop con.tents de ne pas être celui qui sera con.traint de com.pter ses abatis avant une con.damnation à mort pour con.stitutionalisme têtu.
              Etre con.ciliant...
              Là où il n’y a que de la con.cupiscence de comptables con.descendants et avides, sans con.tact avec leur propre con.science no con.sidération pour le bien commun, qui nous con.damnent tous mais en nous rat.con.tant de jolis con.tes con.fortables, que tous con.sentent à avaler sans comprendre ?
              Etre con.ciliant ?
              Con.cilier, cons.entir, se con.tenter sans con.stance ?
              Il n’y a pas de consensus possible parfois avec les commanditaires du contraignant capital décomplexé. Pas de compréhension mutuelle, pas de conditions possibles, juste le combat.

            • Oodini
              Oodini répond à bloozmarch
              • Posté à 09h39 le 23/07/2010
              • Internaute 30418

              General Motors n’est-elle pas en situation financière critique ? Ne faut-il pas en tenir compte ? Quand il y a une hausse d’activité, on exige de l’embauche, mais quand il y a une baisse d’activité et que la faillite menace la boîte, on refuse la baisse des effectifs. Ce n’est pas logique.

              Pour Total, il s’agit d’une raffinerie. Vous m’expliquerez quel intérêt ils ont à faire venir du pétrole brut en France, plutôt que de raffiner près du site d’extraction. Faire venir du brut signifie transporter plus de volume. Économiquement et écologiquement, ce n’est pas très rationnel. Et ne venez pas me parler du côté humain : je ne sais pas pourquoi il serait moins humain de filer du boulot à des travailleurs dans d’autres pays.

              De toute façon, les syndicats de Total le disent : le raffinage n’a plus d’avenir en France. C’était bon du temps où les compétences n’existaient pas dans les pays producteurs. Ce n’est plus le cas.

              • bloozmarch
                bloozmarch répond à Oodini
                indocile heureux
                • Posté à 13h13 le 23/07/2010
                • Internaute 15731
                  indocile heureux

                Ce qui est illogique, comme vous dîtes, mais surtout scandaleux, c’ est la répartition, les actionnaires veulent un rendement optimal hors tout contexte dont ils se foutent totalement, supérieur souvent à la rentabilité des entreprises, et en cas de baisse de l’ activité, ne touchent qu’ aux salaires et pas à leurs sacro-sants dividendes !

                • Oodini
                  Oodini répond à bloozmarch
                  • Posté à 14h27 le 23/07/2010
                  • Internaute 30418

                  Tout à fait d’accord.

                  Je n’ai pas voté Sarkozy, mais quand il a été élu, je me suis dit : « À tout malheur est bon. Au moins, il fera la réforme des retraites, ce que la gauche n’a jamais eu les couilles de faire, et avec un peu de chance, il respectera sa promesse sur la répartition des bénéfices : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l’investissement, et un tiers pour les salariés. ».

                  Malheureusement, sur ce dernier point, j’attends toujours...

                  • bloozmarch
                    bloozmarch répond à Oodini
                    indocile heureux
                    • Posté à 15h23 le 23/07/2010
                    • Internaute 15731
                      indocile heureux

                    J’ ai peur que sur ce point précis vous n’ ayez pas fini d’ attendre, comme sur tout ce qui relève de l’ équité sociale et républicaine.
                    Je n’ ai pas voté Sarkozy non plus, mais je me suis dit, là on va en prendre plein la gueule, et pour pas un rond en plus, excusez la formule, mais elle dit bien ce qu’ elle veut dire !

      • pablico
        pablico répond à Balladeuse-
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 14h02 le 22/07/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        il est déjà conciliant par obligation avec son handicap.. alors pourquoi pas avec tout le monde... eh oui, c’est cela l’humanité sociale, la compassion.

        (ironie)

    • alberich
      alberich répond à Oodini
      fumiste
      • Posté à 13h59 le 22/07/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      Il n’y a pas d’aides autres que ponctuelles pour l’emploi des travailleurs handicapés (des primes versées une fois). Rien qui puisse diminuer le coût de fonctionnement d’un poste aménagé.

      Il est vrai que la dame semble peu conciliante, mais d’un autre coté ce que vous évoquez n’est pas son problème.

      • Oodini
        Oodini répond à alberich
        • Posté à 14h01 le 22/07/2010
        • Internaute 30418

        Ça l’est devenu, apparemment, puisque cela a entraîné son licenciement.

    • a déménagé le 18 octobre 2010
      • Posté à 15h06 le 22/07/2010
      • Internaute 114231
        heum

      Du coup, le directeur nommé pour cet hôpital a réussi à faire l’économie d’un poste de secrétaire à mi-temps, l’économie d’un poste de psychanalyste puisqu’il n’a toujours pas remplacer le docteur Pezé et en plus il fait l’économie d’une employée handicapée qui pose beaucoup trop de problèmes à un an et demi de sa retraite. Un handicapé c’est trop compliqué à gérer au travail alors, on le pousse dehors sur son fauteuil roulant pour des raisons économiques.
      C’est sur que d’un point de vu économique, ce directeur d’hôpital est parfait, il fait d’une pierre 3 coups, sans se fatiguer, sans trop réfléchir non plus, il n’est pas payer pour ça. Si on ne regarde que l’aspect économique d’un hôpital, on va pouvoir en faire des économies, par exemple, ne plus recevoir les personnes en état de précarité parce que ça coûte trop cher, ne pas aménager les hôpitaux pour les handicapés parce que ça coûte trop cher et que ça rapporte rien, plus d’IVG car pas assez rentable, ne pas informer le patient sur ses possibilités de remboursement, bref, faire d’un hôpital une parfaite entreprise à engranger du Cash.
      Alors bien entendu, les handicapés, la précarité, les problèmes psychologiques, l’urgence médicale ne doivent plus être pris en considération, on est pas dans un lieu de souffrance non plus... si ? Il n’y a pas de déficit à soigner une population malade, il n’y a que des avantages. D’un côté on perd de l’argent en soignant l’urgence médicale, mais de l’autre on ne retrouve pas cette détresse dans la population ce qui améliore sensiblement les rapports sociaux. La solution ce n’est pas d’augmenter le budget de ministère de l’intérieur pour diminuer le budget de la santé, la solution c’est de soigner l’urgence médicale pour ne pas avoir besoin d’augmenter le budget du ministère de l’intérieur. Bizarrement, on entend jamais parler de restriction budgétaire pour le ministère de l’intérieur dans notre pays, au contraire, ce budget augmente chaque année, vous pouvez vérifier sur le site du ministère de l’intérieur.

      • Oodini
        • Posté à 15h28 le 22/07/2010
        • Internaute 30418

        Si le directeur de l’hôpital n’a pas le budget nécessaire pour engager quelqu’un, que voulez qu’il fasse ? Les poches des malades arrivés aux urgences ?

        Ma femme travaille comme orthophoniste à l’hôpital. Elle est moins payée à l’heure que leurs femme de ménage. Tout est délabré dans leur hôpital. L’hôpital manque cruellement de moyens.

        Et comme dit dans un autre post, je trouve curieux qu’une handicapée cumule 4 emplois. J’aimerais savoir si c’est voulu ou non.

         
        • HandsomeBob
          HandsomeBob répond à Oodini
          Pas là, non, un peu plus par là (...)
          • Posté à 19h10 le 22/07/2010
          • Internaute 40160
            Pas là, non, un peu plus par là (...)

          Et pourquoi trouvez-vous curieux qu’une personne handicapée cumule plusieurs jobs ? C’est réservé au non-handicapés ?

          • Oodini
            Oodini répond à HandsomeBob
            • Posté à 19h36 le 22/07/2010
            • Internaute 30418

            Quand la médecine du travail déclare qu’elle doit limiter ses déplacements, je trouve cela en effet curieux.

            • bricole
              bricole répond à Oodini
              les doigts dans la prise
              • Posté à 22h35 le 22/07/2010
              • Internaute 108490
                les doigts dans la prise

              Bienvenue dans la vraie vie ...

        • emiboot
          emiboot répond à Oodini
          No Homs land
          • Posté à 21h16 le 22/07/2010
          • Internaute 81944
            No Homs land

          « Si le directeur de l’hôpital n’a pas le budget nécessaire pour engager quelqu’un, que voulez qu’il fasse ? »
          Rien à dire, sauf qu’il fallait alors clairement engager un dialogue pour sortir de l’impasse, pas faire la sourde oreille en espérant que ça se tsse ou ça casse.

          « je trouve curieux qu’une handicapée cumule 4 emplois. J’aimerais savoir si c’est voulu ou non. »
          Votre femme est soignante, même si elle n’est pas médecin, et cette femme là l’est aussi. Donc elles constatent, toutes deux, l’immense gâchis actuel dans le service publique de santé et le social.
          Ne croye- vous pas que ce n’est pas tant une question de choix que de besoins à combler qui font qu’on reste en poste, et ça témoigne aussi de sa compétence d’avoir su assumer tout cela si LONGTEMPS ?
          A un an et demi de la retraite, c’est assez pitoyable, mais vous avez raison : je n’ai pas toutes les infos non plus.

          • Tokani
            Tokani répond à emiboot
            Oldmole
            • Posté à 21h57 le 22/07/2010
            • Internaute 71184
              Oldmole

            Mme Pezé n’est pas « Soignante » elle est psychanalyste ...
            Comme le Chamanisme et autres Charlataneries la psychanalyse est une fable ou une croyance n’ayant jamais guéri un seul malade Ce Directeur est plutôt un bon gestionnaire !
            Cela permettra peut être comme le dit Oodini de sauvegarder le boulot utile d’une Infirmière d’un aide soignant ou d’une orthophoniste ...

            • A déménagé le 13-10-11
              A déménagé le 13-10-11 répond à Tokani
              non connu
              • Posté à 22h27 le 22/07/2010
              • Internaute 29372
                non connu

              Vous avez raison : pendons aussi tous les rebouteux qui, en l’absence de médecins de campagne, apportent néanmoins du réconfort, si factice et qui ne repose sur aucune affirmation scientifique.

              Profitez-en aussi pour interdire tout placebo, car cela est si proche : croire en sa guérison quand on est malade, pour peu que l’on se sente soutenu.

              Vous êtes un imbécile que j’espère ne jamais rencontrer.

              • Tokani
                Tokani répond à A déménagé le 13-10-11
                Oldmole
                • Posté à 00h20 le 23/07/2010
                • Internaute 71184
                  Oldmole

                Il n’y a aucune raison de pendre les « rebouteux » qui ne coûtent rien à l’Etat et en plus ont souvent des résultats contrairement aux psychanalystes ! ! !

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