polémique 19/07/2010 à 01h52

Peut-on danser à Auschwitz ? Une vidéo fait polémique

Pascal Riché | Redchef Rue89

L’artiste australienne Jane Korman a visité les camps de la mort en compagnie de son père de 89 ans, Adolek Kohn, survivant d’Auschwitz. Elle a réalisé sur place une vidéo joyeuse, « Dancing in Auschwitz », où l’on voit le vieil homme danser sur la musique de « I will survive » de Gloria Gaynor, en compagnie de ses petits-enfants portant l’étoile jaune ou des T-shirts « Survivor ». La famille se déhanche devant diverses installations du camp d’extermination, ainsi qu’à Dachau et dans le ghetto de Lodz. (Voir la vidéo)

Mise en ligne en janvier, la vidéo a récemment soulevé une vaste polémique, une partie de la communauté juive jugeant l’initiative de très mauvais goût, certains considérant que seul le silence pouvait s’accorder avec la commémoration de la Shoah.

L’artiste, pour sa part, ne regrette rien. « Je devais le faire », a expliqué à la BBC Jane Korman, qui évoque la difficulté qu’elle a eu à tourner ces danses devant ces bâtiments de la mort :

« C’était très bizarre et inconfortable, [...] je devais me calmer et dire aux autres : “Allez, il faut danser” ! »

Selon elle, les autres visiteurs étaient émus par ce spectacle et certains, à sa surprise, applaudissaient.

Son père, Adolek Kohn, dans cette même interview, se dit heureux d’avoir dansé à Auschwitz, où il a été enfermé pendant la guerre :

« Cela ne m’a pas posé de problème de danser, parce que je suis arrivé avec ma fille et mes cinq petits-enfants. Si quelqu’un m’avait dit, à l’époque, que je reviendrais soixante-deux ans plus tard avec mes petits-enfants, je l’aurais envoyé chez les fous. [...] Danser est important, parce que nous sommes vivants. »

Dérision et Shoah : des précédents

Traiter la Shoah et le nazisme par la dérision est un exercice glissant mais pas nouveau. Le cinéaste Mel Brooks s’y était déjà risqué, notamment dans son film « Les Producteurs » (1968), avec son célèbre ballet « Springtime for Hitler ». (Voir la vidéo)

Autre exemple, cet épisode de la série « Seinfeld » dans laquelle Jerry Seinfeld embrasse sa petite amie à pleine bouche pendant toute la durée du film « La Liste de Schindler ». (Voir la vidéo)

Enfin, particulièrement dérangeant et hilarant, cet épisode de « Curb your enthusiasm » (« Larry et son nombril », en VF) dans lequel un survivant de l’holocauste, lors d’un dîner, se lance dans un absurde concours de souffrances avec un participant d’une émission de téléréalité baptisée « Survivor ». (Voir la vidéo)

En Israël, rapporte l’agence AP, la vidéo de Jane Korman n’a soulevé aucun émoi, tant les Israéliens ont l’habitude de mêler humour et Shoah...

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  • Irfan
    • Posté à 02h37 le 19/07/2010
    • Internaute 30779

    « Danser est important, parce que nous sommes vivants » : je ne vois pas trop en quoi certains veulent, 62 ans plus tard, discuter cette victoire à ce monsieur qui a assez souffert... On ne connaît que trop le silence, l’aphasie face aux génocides et notamment au génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et aux camps en général (Primo Levi, Semprun l’ont écrit très bien ; beaucoup de familles connaissent le problème individuellement). Si un pied de nez aux anciens bourreaux permet de s’exprimer, alors oui !

    Sinon, toutes les commémorations finissent dans la crainte et la douleur des petits-enfants ou arrière-petits-enfants des victimes. Et les bourreaux terrorisent toujours.

    Plusieurs documentaires montrent bien comment cela fonctionne en Israël, avec des voyages scolaires organisés en Pologne, plus ou moins obligatoires, pendant lesquels les élèves voyagent avec un militaire israélien « pour leur protection », on leur conseille de ne pas sortir après 22h, de parler le moins possible aux Polonais « qui ne les aiment pas », etc. Les adolescents qui ne pleurent pas dans les camps, qui ne se sentent pas dévastés (ce qui peut se comprendre : finalement seuls des bâtiments restent), se posent des questions sur leur propre humanité... Bel acte de terrorisme intellectuel.

    • Lauvergnate
      Lauvergnate répond à Irfan
      Gardienne du bon goût
      • Posté à 09h31 le 19/07/2010
      • Internaute 99381
        Gardienne du bon goût

      La vidéo dont vous parlez ci-dessous pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu :
      Lienenvoyé par Lien. - Lien
      –––––––

      • arctus
        arctus répond à Lauvergnate
        Toujours vivant - pas pour (...)
        • Posté à 22h18 le 19/07/2010
        • Internaute 89769
          Toujours vivant - pas pour (...)

        Bien et mal - Oscurité et lumière - Maitre et esclave.
        L’éternelle opposition des « extrèmes » ?
        Le dualisme manichéen du symbolisme a lentement fait place à la nuance du postmodernisme (rapports plus subtils entre les « extrêmes »), sans pourtant poser la question des extrémismes aux « extrêmes ».

        Ce que dit la petite grand mère au début du film est significatif.
        Elle a été la victime d’une lutte entre les deux extrêmes d’un même « extrême » pour, semble t-il, les mêmes intérêts : Domination et cupidité. Ce combat n’était pas entre le bien et le mal ; mais entre les extrêmes du mal. Les 6 millions de juifs de la Shoa et les 50 millions de morts de la guerre de 40 ont-ils été les dommages collatéraux de ce conflit ?

        En 1918, Le despotisme du Kaiser a été mis à bas, mais on a laissé en place le corps des officiers prussiens, l’aristocracie militaire et terrienne des junkers, la bureaucracie gouvernementale (administrateurs de la police et de la justice) et les grands industriels ; ainsi que la finance internationale.
        Rebelote en 1945 !
        On a mis alors à bas le militarisme allemand et on a réformé sa bureaucracie.

        Qu’avons nous, cette fois, laissé filer entre nos mains et s’internationaliser ?
        Que sont les nouveaux extrêmes en présence ? Leur animosité ?
        Les plus paranos ne manqueront pas de faire remarquer que ces extrêmes ne font qu’un !

        Dansons pour oublier, dansons pour nous souvenir, dansons pour exorciser, mais « dansons responsable ! » (en évitant à tout prix la carmagnole :)

  • Godzilla
    Godzilla
    Lézard géant
    • Posté à 03h46 le 19/07/2010
    • Internaute 73784
      Lézard géant

    Peut-on rire de la Shoah ? Réponse : OUI

    La seule vraie question à se poser quand une personne veut faire de l’humour (et cela sur n’importe quel sujet) c’est : est-ce drôle ?
    Si oui, tant mieux. Si non, tant pis.
    Mais dans ce cas l’ignorance et/ou le mépris suffisent. Pas besoin de faire des polémiques, cela n’a aucun sens, surtout concernant les faits du passé. Ces australiens n’ont que ça à faire de leur triste vie d’aller danser à Auschwitch, quelle incroyable perte de temps et d’argent pour quelque chose d’aussi vain et ridicule. Ils ne sont pas drôle, ils sont pathétique, peut importe le lieu. Allez hop, on zappe !

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à Godzilla
      • Posté à 14h59 le 19/07/2010
      • Internaute 12674

      Je suis 100% pour cette vidéo. Silence et devoir de mémoire ne sont pas compatibles.
      Paul Laurendeau

      • Godzilla
        Godzilla répond à ysengrimus
        Lézard géant
        • Posté à 16h10 le 19/07/2010
        • Internaute 73784
          Lézard géant

        Premièrement il n’y a pas de silence autour de la Shoah. Le devoir de mémoire autour de la Seconde Guerre mondiale est très bien exécuté depuis des années par un nombre incalculable d’ouvrages universitaires, de livres, de romans, de documentaires, de films et de téléfilms. La plupart de toutes ces productions sont exactes et de qualité. Je ne vais pas faire une liste.
        Le devoir de mémoire est fait, tout le monde sait ce qu’il s’est passé dans les camps. Ceux qui le refusent sont des négationnistes, leur parole publique est puni par la loi.

        Quel est donc l’intérêt de faire une vidéo d’australiens qui dansent à Auschwitch, autour d’un vieux juif grabataire et rescapé, filmé avec le cul pour un soi-disant projet artistique ? ? ?
        La réponse : AUCUN INTÉRÊT.
        Les réalisateurs de cette daube de mauvais goût le savent. Ils savent qu’ils ont fait de la merde, mais comme il sont un peu fier de leur étron ils le balancent sur le net avec l’étiquette « humour ». Sauf que même après tout ça il ne sont pas drôle et toujours aussi triste à voir.

        Bien à vous, Godzilla

         
        • ysengrimus
          ysengrimus répond à Godzilla
          • Posté à 16h33 le 19/07/2010
          • Internaute 12674

          Aucun de vos universitaires n’a dansé devant un camp de la mort pour faire un pied de nez aux pulsions génocidaires de l’histoire. Ces gens l’ont fait, et pourquoi pas ? Si cela vous ennuie tant, bien faites nous un bout filmé sur Youtube et expliquez-nous vos vues sur la chose...

          On verra alors le nombre de clics...
          P.L.

        1 autres commentaires
  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 03h58 le 19/07/2010
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    Si on en rit pas, on en pleur ?
    Et si on en pleur... On en meurt...

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à SuperAlAmAs-
      enfin!! ça marche !
      • Posté à 05h22 le 19/07/2010
      • Internaute 24637
        enfin!! ça marche !

      quoique, mort de rire c’est possible aussi, il parait.

      ceci dit, je trouve que ce monsieur a eu raison de faire ce petit clip. un contre pied à « nuit et brouillard »

  • Radiolo
    Radiolo
    célibataire
    • Posté à 06h41 le 19/07/2010
    • Internaute 11099
      célibataire

    C’est une initiative de très mauvais goût, déplacée, la qualité du tournage est déplorable (pseudo « chorégraphie », images dignes d’un amateur que je ne peux attribuer à un artiste) Bref, je pense à une insulte à la mémoire des déportés.

    • Erminethrude
      Erminethrude répond à Radiolo
      Psychohistorien
      • Posté à 08h36 le 19/07/2010
      • Internaute 76284
        Psychohistorien

      Je pense que les déportés rescapés s’en foutent royalement de cette vidéo, d’autant plus que c’est un rescapé qui danse avec sa fille et ses petits-enfants. Ce mec a le courage de revenir là-bas. Combien de rescapés ont eu ce courage de revenir ? Moi je dit respect.

    • geff
      geff répond à Radiolo
      www.ecapote.com
      • Posté à 09h11 le 19/07/2010
      • Internaute 17855
        www.ecapote.com

      désolé de te prendre à partie, mais es tu rescapé ou proche d’un rescapé ?
      Si l’un d’eux me dit que cette vidéo le dérange, le blesse, je le comprendrai tout à fait, c’est son expérience, son histoire.
      maintenant il est de bon ton d’être encore plus empathique que les victimes, ca n’a pas de sens.
      Le but de travail est de reprendre le dessus, ca n’efface en rien la mémoire, mais comme le dit le père, qui était à Auschwitz, de sourire à la vie. Comment critiquer cela ?

      Tous les lieues sur terre on été à un moment ou à un autre le théâtre de morts, d’atrocités, etc, heureusement qu’au final la vie reprend le dessus, et que nous ne faisons pas de notre planète un mémorial géant.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 06h52 le 19/07/2010
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Ouais, on sent qu’il est tard, ou qu’il est tôt, ou que c’est les vacances.
    Non pas à cause de l’article, qui lui interpelle sur le fait d’être joyeux de survivre, mais sur les commentaires... : (

    Pour en revenir au sujet de l’article, je trouve au contraire que c’est très sain. Oui, ce sont des endroits terrifiants. J’ai aussi visité, et j’ai eu du mal à dire quoi que ce soit après.

    Mais la danse, la fête, c’est la célébration de la vie. Et d’ailleurs, ce monsieur a connu l’enfer ; et il sait lui, alors que la plupart de ceux qui s’offusquent ne peuvent qu’imaginer.

    La réaction de l’être humain est justement de célébrer la vie après de grandes catastrophes. Combien de bébés sont nés neuf mois après des tremblements de terre, des inondations, des moments sanglants ?

    Danser, faire l’amour, exorcise le mal. Et c’est probablement ce qu’à voulu démontrer cette joyeuse famille. (le choix de cette chanson est d’ailleurs très explicite non ? Et elle est émouvante cette vidéo. Craquant le papé)

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 08h41 le 19/07/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Il faut bien constater qu’avec le temps, une « sacralisation » de cette période s’est installée...

    ... et a compensé une banalisation de l’horreur.

    Se jouer de cette période est petit à petit devenu un sacrilège en même temps que son souvenir s’éloigne. C’est comme si les faits qui se sont déroulés étaient devenus à la fois supportables et incompréhensibles.

    ... et ils ont admis que de telles rencontres avaient pour origine la colère de Dieu excitée par les offenses des hommes envers lui ou par les pêchés commis en son culte...

    Spinoza - Éthique

    • clozedor
      clozedor répond à Anastaze
      • Posté à 09h25 le 19/07/2010
      • Internaute 112179

      De toute façon ce qui s’est passé durant cette période releve de l’irrationnel.
      Un peu comme les Twin Towers.
      Déconcertant pour un humain à peu près civilisé.
      Donc inutile de chercher une logique dans le post nazisme.
      Quoi faire : l’ignorer, le supporter comme une rédemption perpétuelle, en rire ?
      Personne ne peut vraiment répondre.
      Mais difficile également de « légitimer » tel ou tel interlocuteur.
      Même les survivants.
      Victimes certes. Mais pas forcément garants d’un futur plus stable et plus moral.

      • Anastaze
        Anastaze répond à clozedor
        inconsolable
        • Posté à 10h17 le 19/07/2010
        • Internaute 53186
          inconsolable

        C’est devenu irrationnel à causes des préjugés. Les préjugées évitent d’avoir à juger, ne pas juger c’est faire la part de l’irrationnel (d’où Spinoza).

        Pourtant en 1940 c’était parfaitement rationnel, écoutez comment un « barbier juif », c’est à dire quiconque d’entre nous, part d’une critique de la modernité, passe d’une critique de la modernité mais admet une modernité positive au service de la démocratie, de la critique de la démagogie à la démagogie, à un appel à l’insurrection au nom de la démocratie et termine dans la peau d’un Hynkel ovationné par une foule fanatisée.

        Aujourd’hui, nous ne sommes plus en mesure d’analyser ce discours parce que nous bottons en « irrationalité ».

         
        • clozedor
          clozedor répond à Anastaze
          • Posté à 11h11 le 19/07/2010
          • Internaute 112179

          Pour « préjuger » il faut être en capacité de « juger ».
          Une arrogance virtuelle de plus.
          L’irrationnel est quand même plus fascinant.
          Quant à la modernité, elle n’est que l’avancée inévitable de penseurs incompris.
          « Etre moderne, c’est être en colère » disait l’autre.
          Voilà qui nous éloigne de ce « happening », au fond très bête...

          • Anastaze
            Anastaze répond à clozedor
            inconsolable
            • Posté à 11h41 le 19/07/2010
            • Internaute 53186
              inconsolable

            Le préjugé c’est comme le préemballé.

            Le préemballé dispense d’emballer, et le préjugé de juger.

            La critique de la modernité est la critique du nazisme, car le IIIe Reich se voulait à la pointe de la modernité et fascinait tous les défenseurs de la modernité (comme Ford). Les techniques les plus pointues de la modernité ont été utilisée par les nazis, la propagande, la taylorisation de la destruction humaine, la production industrielle, l’armement, les relations publiques dans une société qui était le sommet de la culture mondiale. Chaplin était capable de comprendre ça en 1940 et ses spectateurs de l’entendre.

            Le fait d’être capable de juger de ce film nous préserve de la facilité de l’aimer ou le condamner au nom de préjugés qui ne nous appartiennent pas, c’est le centre de la problématique.

            L’irrationnel permet de reproduire l’aventure à l’infini, c’est un choix, « c’est la faute à pas d’chance ».

        2 autres commentaires
  • oyibo
    oyibo
    libre-penseur
    • Posté à 07h21 le 19/07/2010
    • Internaute 97344
      libre-penseur

    ce n’est qu’un coup de pub merdique, tous les « artistes » reve du gros buzz pour faire connaitre leurs conneries.
    c’est juste pathetique...

  • XavierB
    • Posté à 07h26 le 19/07/2010
    • Internaute 27788

    Pour moi, c’est réussi, il y a de l’émotion qui se dégage, même si on en sort un peu triste.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 07h31 le 19/07/2010
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    sir quelqu’un peut se permettre de l’humour en la matiere, c’est bien un survivant.

    mais si c’etait JMLP dansant Thriller, je dirais au trou direct.

    • Erminethrude
      Erminethrude répond à Stephane MOT
      Psychohistorien
      • Posté à 10h08 le 19/07/2010
      • Internaute 76284
        Psychohistorien

      Pourquoi un rescapé aurait-il plus de légitimité à faire de l’humour sur ce sujet là ?

      • Royka
        Royka répond à Erminethrude
        Dissident
        • Posté à 11h51 le 19/07/2010
        • Internaute 13753
          Dissident

        Parce que justement il s’en est sorti et que danser est un pied de nez, un beau bras d’honneur à ses bourreaux. Mais je ne pense pas que ce soit « de l’humour », mais une célébration joyeuse de la vie et de la survie.
        Alors que JMLP danserait là-bas parce qu’il n’accorde aucune importance aux millions de morts, c’est pour lui un « point de détail » de la 2ème guerre mondiale. L’intention et donc l’interprétation serait radicalement différente.

         
        • y-Bot
          y-Bot répond à Royka
          • Posté à 18h44 le 20/07/2010
          • Internaute 38620

          Mais on est tous des survivants de cette époque non ? au moins symboliquement et idéologiquement (malgré le nihilisme tout ça)
          Du moins ceux qui la condamnent.

          La seule raison pour laquelle quelqu’un qui n’est pas passé par un camp peut pas faire la meme chose, c’est le soupçon d’ironie qu’on lui collera sur le dos. (déjà que d’après certain com on soupçonne ce gars de se foutre de la gueule des victimes...). C’est d’ailleurs une victoire du nazisme (mais pas que lui) sur nos esprit : comme le pire a déjà eu lieu, que des types ont réussi a tromper des millions de gens, la sincérité et l’honneteté au 1er degré ne peuvent plus exister. Tout est suspect.

          Donc le pen c’est un cas à part, lui manifestement ne condamne pas cette époque. Le foutage de gueule serait flagrand. Mais moi si j’ai envie d’aller danser la-bas, pour rendre hommage à tout ceux qui se sont battu et sacrifié, ou ont été victime, pour ma liberté d’aujourd’hui ? On m’accusera d’être malhonnête ou impoli (comme si être heureux et libre était une offense faite à tout ceux qui sont morts pour que d’autres puissent l’être (ou ici, assassiné par des ennemis de la liberté...).

          Notre vision est traumatisé par l’histoire. Chacun doit se préserver d’être bêterment sincère, il pourrait être pris pour un néonazi ou un connard irrespecteux... Pour avoir l’air sincère, il faudrait tout bien calculer (et donc risquer de paraitre encore plus faux). Sinon, ne rien faire. C’est sans issue.

        1 autres commentaires
  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 07h49 le 19/07/2010
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Je me demande de quel droit on juge cet homme. Lui, il a subi Auschwitz. Il appartient à Auschwitz, et Auschwitz lui appartient. Cela fait partie intégrante de son âme, et il a le droit d’exorciser ses démons à sa manière.

    Et nous, qui sommes nés après la guerre, quel est notre rapport à Auschwitz ? Quelle est notre légitimité dans ce débat ? Je trouve très fort que des gens qui ne connaissent rien de toute cette tragédie se permettent de faire la leçon à quelqu’un qui l’a vécue dans sa chair et dans son être.

    Le conformisme devient complètement fou.

    Imaginez seulement l’image que ses petits-enfants garderont de lui. Un grand-pére qui a visité l’enfer, qui y revient et qui dit à sa descendance : « voyez, ils ont essayé de me détruire, je suis toujours là, et je leur fais la nique. Je vis, je respire, je ris, et eux sont toujours prisonniers de leurs démons. »

    Les enfants des Trente Glorieuses, du rock, du twist, de la fureur de vivre, qui sont nés avec le cul dans le beurre, refusent à la génération précédente le droit de faire son deuil à sa manière.

    Ca valait bien la peine...

    Au fait, si danser à Auschwitz est une offense à ceux qui y sont morts, que faut-il penser des foules qui, à la Libération, ont dansé, hurlé de joie, fait l’amour avec frénésie ? Ont-elles fait insulte aux dizaines de millions de soldats morts pour que ce jour advienne, pour que revienne la joie de vivre ?

    • Yaumegui_from_Paris
      Yaumegui_from_Paris répond à Majesté
      « Il ne suffit pas d'être (...)
      • Posté à 18h33 le 19/07/2010
      • Internaute 8001
        « Il ne suffit pas d'être (...)

      Je m’incline devant sa majesté, je n’aurais pas su exprimer mes sentiments mieux qu’elle.

    • Marteau Rouge
      Marteau Rouge répond à Majesté
      Abrutis bobo gaucho écolo anti (...)
      • Posté à 08h39 le 20/07/2010
      • Internaute 105712
        Abrutis bobo gaucho écolo anti (...)

      +1 camarade !

  • Renard15
    Renard15
    Militaire
    • Posté à 07h52 le 19/07/2010
    • Internaute 71790
      Militaire

    Au même moment une Française se fait virer d’Australie pour un streap-tease devant une montagne sacrée...

    Française ou pas, c’est pas le problème, mais dans le principe c’est un peu disproportionné.

    A mon avis, il ne faut pas danser à Auschwitz.

  • Mordious47
    Mordious47
    Veilleur
    • Posté à 08h07 le 19/07/2010
    • Internaute 49583
      Veilleur

    Devrons nous régler nos vies en fonction de la Shoah ? ... Tout cela devient grotesque et surtout contre productif...

    • Borderie
      Borderie répond à Mordious47
      • Posté à 08h26 le 19/07/2010
      • Internaute 14126

      Vous avez tout à fait raison ! ! !

      Rappelons quand même les propos tenus à l’hebdomadaire Der Spiegel il y a quelques années par une survivante d’Auschwitz, la violoncelliste d’origine allemande Anita Lasker-Wallfisch :

      « De plus en plus souvent, l’enseignement de l’histoire de cette période fait l’objet d’interrogations. Les éducateurs ne peuvent que constater la lassitude des élèves. Je déplore l’effet pervers du “gavage” historique auquel est soumise la jeunesse allemande. »

      Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Paul Spiegel, avait exprimé jadis un sentiment de gêne analogue en soulignant, dans un entretien au quotidien Neue Presse, que l’enseignement de la Shoah ne devait pas « accuser » mais enseigner « le sens des responsabilités aux générations d’aujourd’hui et de demain.

  • Emilande
    Emilande
    précaire
    • Posté à 10h55 le 19/07/2010
    • Internaute 63709
      précaire

    Voir un monsieur de cet âge s’essayer à la danse avec ses petits enfants est déjà émouvant, mais quand on sait que c’est sur le lieu même où il a vécu des horreurs, n’est-ce pas une victoire ?

  • Otsu
    Otsu
    Orang-outang à la recherche de (...)
    • Posté à 08h15 le 19/07/2010
    • Internaute 89908
      Orang-outang à la recherche de (...)

    Je ne pense pas que le fait de danser dans un camp de la mort veuille dire qu’ils se sont moqués de la shoah et de ses millions de morts...

    Au contraire, il s’agit d’un vieil homme qui a survécu ! ! ! qui a continué à vivre surtout ! et qui danse au milieu de ses petits-enfants...

    quel beau pied de nez au nazisme et à son idéologie de mort et de racisme...

    • Central Scrutennizer
      Central Scrutennizer répond à Otsu
      Scrutennizant
      • Posté à 08h54 le 19/07/2010
      • Internaute 77982
        Scrutennizant

      Exactement !

      Bien que je trouve son spectacle « bancal », j’en trouve l’initiative intéressante.

      Victoire d’une mémoire de vie sur une mémoire de mort sacralisée.
      Victoire de ceux qui ont survécu contre la volonté de les détruire de leurs bourreaux.

      Beau pied de nez au théoriciens de la « solution finale ».

      J’aime bien ce « nous irons danser sur vos tombes ». Il est tout, sauf irrévérencieux.

      Nous, occidentaux traînons depuis le 15ème siècle cette sacralisation d’une déploration triste et solennelle de la mort.
      Plus je m’approche de ce dernier moment et plus je prends goût à ce que face à la mort, on célèbre les forces de la vie.

      Vive, riez, chantez, que nous ne soyons pas morts en vain !

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h27 le 19/07/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    L’artiste australienne Jane Korman

    enlève artiste, met l’écœurante australienne

    et encore il n’existe pas de qualificatif assez fort pour te nommer

  • Tom_Robin
    Tom_Robin
    Monteur graphiste
    • Posté à 08h46 le 19/07/2010
    • Internaute 91788
      Monteur graphiste

    Qui connait « la listede Pierrafeu » ?
    Quand Spielberg unit le devoir de mémoire au film familial

    Lien

    Même si la video est pas très marrante, mieux vaut un vieux qui danse à Auschwitz que [placez ici le scandale Made in Israel de votre choix]

  • zé ninguem
    zé ninguem
    lecteur
    • Posté à 08h53 le 19/07/2010
    • Internaute 103600
      lecteur

    Bien sur qu’on peut danser à Auschwitz ! On peut tout faire à
    Auschwitz ! L’important c’est qu’on parle de la Shoah. Le film
    de Benini « La vie est belle“sur la persécution des Juifs avait
    bien reçu un grand prix. J’avais même vu un jeu Lego avec
    lequel on montait le camp d’ Auschwitz. Mais que la mémoire
    de la Shoah n’excuse pas les comportements
    de l’état d’Israël d’aujourd’hui. Parce que quoi qu’on en dise le
    présent est aussi important que le passé, on peut y agir.
    D’ailleurs le passé ne sert-il pas de leçon pour le présent ?
    Alors nous savons ce que nous avons à faire.

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 08h53 le 19/07/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    L’hymne à la VIE.. !
    Il a su surmonter ce traumatisme.. !
    Beaucoup de « BONNE » philosophie de sa part.. !
    Une saine réaction, face à l’absurde.. !
    La « DANSE »...de sa VIE.. !
    BRAVO à lui.. !

  • Emma Indoril
    Emma Indoril
    Nérévarine
    • Posté à 09h00 le 19/07/2010
    • Internaute 29462
      Nérévarine

    Peut on danser à Auschwitz ?
    Ça me rappelle une autre question : Peut on rire de tout ?
    Desproge y a répondu :

    « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout.
    De la guerre, de la misère et de la mort.
    Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup, ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé et, le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, nous sommes fauchés, un jour, par le croche-pied de la mort imbécile et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. Alors, qu’elle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide ? Poil aux rides ? »

    Parole de sage, s’il en est...

  • Chevre Sauvage
    Chevre Sauvage
    en liberté
    • Posté à 09h15 le 19/07/2010
    • Internaute 109241
      en liberté

    Merci, à vous Pascal Riché, pour humour de cette terrible page d’histoire, mise en ligne ...
    Et bien d’accord avec vous IRFAN ... ’’Dansez est important parce que nous sommes vivants’’ dit ce grand-père, qui a connu lui même cet enferment à Auschwitz ! ...
    Quoi que fassent les pires Tyrans de l’Humanité, ils ne peuvent jamais, jamais Tuer LA VIE !

  • Artemisia.G
    Artemisia.G
    Lulucarabine
    • Posté à 09h22 le 19/07/2010
    • Internaute 39119
      Lulucarabine

    J’ai du mal à comprendre pourquoi on ne pourrait pas danser à Auschwitz, surtout si cela a du sens. Après tout, si ces lieux furent les témoins d’une horrible histoire, la vie a repris ses droits et tant mieux.

  • jnk1961
    • Posté à 09h32 le 19/07/2010
    • Internaute 119895

    « » » En Israël, rapporte l’agence AP, la vidéo de Jane Korman n’a soulevé aucun émoi, tant les Israéliens ont l’habitude de mêler humour et Shoah… » » »
    Il ne manquerait plus que cela ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Qui est-ce qui a construit le plus grand mur de barbelés du monde pour ’concentrer » les Palestiniens ? !

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 09h36 le 19/07/2010
    • Expert 51226
      professeur

    Germaine Tillion durant sa déportation avait écrit une opérette : le Verfügbar aux Enfers qui a été joué récemment à Ravensbrück. Du chant et de la danse.
    Une façon de survivre dans un univers concentrationnaire.
    D’autres déportés ont dessiné, écrit. Tout était bon pour échapper au moins mentalement au désespoir.

    Alors pourquoi condamner un ancien déporté qui éprouve maintenant l’envie de montrer que malgré l’horreur qu’il a vécue, il est vivant ?

  • Lauvergnate
    Lauvergnate
    Gardienne du bon goût
    • Posté à 09h37 le 19/07/2010
    • Internaute 99381
      Gardienne du bon goût

    Si même un survivant ne peut pas s’emparer de son histoire sans l’autorisation des milieux qui sont autorisés à penser, et, cerise sur la gâteau, qui n’ont pas vécu l’enfer d’Auschwitz... ! ! On atteint les sommets du ridicule.
    Je suis quand même contente de savoir qu’en Israël cette vidéo n’a suscité aucun émoi particulier.
    C’est le principal.

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 09h45 le 19/07/2010
    • Internaute 97427
      Douteur plus que douteux

    Merci à cette artiste pour avoir, à son modeste niveau, pris (un tout petit peu) le contrepied de cette dangereuse dérive sectaire consistant à sacraliser la Shoa et à la rende intouchable, au point d’avoir généré une loi non seulement contre-productive (il n’y a jamais eu autant d’intolérance envers l« autre » que de nos jours) mais ayant aussi bel et bien institué le délit d’opinion, porte ouverte à tous les abus et au totalitarisme (ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’équipe vichyste actuellement aux commandes de la France se permet de telles coupes dans nos droits les plus fondamentaux).

    Et on le voit bien ici : la liberté d’expression est une fleur bien fragile et sans cesse piétinée au nom du politiquement correct, de la morale... ou, comme dans ce cas-ci, de la sacralisation désormais consacrée d’un événement érigé, pour l’éternité, en icône expiatoire.

  • Roquesteron
    • Posté à 09h50 le 19/07/2010
    • Internaute 49578
      AA

    Je suggère à Rue89 d’exploiter le filon (avec l’accord bien évidemment de MM. Prasquier et Klarsfeld, autorités en la matière), et de nous proposer successivement un : « Peut-on éternuer à Auschwitz si l’on est atteint d’un rhume des foins ? » « Peut-on pisser à Auschwitz durant la visite du camp ou faut-il attendre d’en être sorti ? » « Peut-on se gratter à Auschwitz si l’on est soudain pris de démangeaison ? » « Peut-on se racler la gorge à Auschwitz ? » « Peut-on se moucher à Auschwitz si l’on a le nez qui coule ? » Etc... Etc... Etc...

  • lidiot du village-
    lidiot du village-
    imbécile heureux
    • Posté à 10h07 le 19/07/2010
    • Internaute 106647
      imbécile heureux

    Cette danse est un hommage à la vie, à la dérision poussée à l’extrême et un bon coup de pied au cul des « commémorationnistes » forcenés.

    Ca fait du bien.

    Une chose m’interpelle pourtant.

    Il me semble évident que tout le monde ne pourrait pas réaliser une telle vidéo, et les autres exemples choisis pour illustrer cet article le montrent bien. Le fait d’être juif, comme Mel Brooks ou Jerry Seinfeld (je mets à part le cas de ce vieil homme qui a, lui, vécu la Shoah), donne une sorte de caution, de légitimité à créer ce genre d’oeuvre, et je ne vois pas trop pourquoi.

    Est-ce à dire qu’un « goye » ne peut pas (moralement, s’entend) se permettre de tourner des films de la sorte ? Se sent-il inapte à traiter ce sujet par l’humour ? S’autocensure-t-il ?

    Connaissez-vous beaucoup d’oeuvres traitant la Shoah avec dérision et faites par des non-juifs ?

    J’avoue ne pas y connaître grand-chose en cinéma, sorti de « La vie est belle » de Begnini...

    Si un(e) riverain(e) érudit(e) pouvait m’éclairer...

  • Don_Lorenjy
    Don_Lorenjy
    Ecriveur à Annecy
    • Posté à 10h10 le 19/07/2010
    • Internaute 20427
      Ecriveur à Annecy

    Si on ne peux pas être heureux d’avoir survécu, alors à quoi bon ?
    Si on ne peux pas danser, ou chanter, ou rire entre vivants, alors autant rejoindre les morts et laisser la bêtise féconder le ventre de la bête immonde.

    Ma seule tristesse ? Que ce vieil homme ait attendu 62 ans !

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 10h18 le 19/07/2010
    • Internaute 64790
      dilettante

    J’ai eu l’occasion de rencontrer des survivants d’Auschwitz à l’occasion de la sortie de mon bouquin « Cuisine entre 4 murs ».
    C’étaient trois vieillards, et ils m’ont dit : « Votre livre nous a rappelé les bons moments passés à l’époque ».
    Parce que, dans toute histoire où des hommes sont enfermés, ensemble, il y a des bons moments. Et ce sont ceux dont on se souvient le plus volontiers. Pourquoi en serait-il autrement à propos des camps de concentration ? N’ont-ils pas été aussi le théâtre de vraies amitiés, de solidarité, de complicité, de rires, de chaleur humaine ?
    Il faudrait cesser de représenter cette tragédie par l’horreur : ça ne fait que conforter l’inhumanité. Qu’on puisse danser à Aushwitz, c’est rassurant : ça prouve, bien plus que les commémorations habituelles, que le nazisme n’a pas gagné !

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