H1N1 : la campagne n'a coûté « que » 600 millions, vraiment ?
L’Assemblée nationale vient de publier le rapport de la commission d’enquête sur la grippe A (H1N1) et on peut y lire que le coût final de la campagne de vaccination se situerait autour de 600 millions d’euros, soit « deux fois et demie moins » que les prévisions initiales. Une bonne nouvelle ?
Première précision : il s’agit de « données fournies par le ministère de la Santé ».
Deuxième précision : « Cette estimation reste provisoire » car l’annulation de la commande des vaccins à l’initiative du ministère de la Santé n’a pas encore débouché sur un accord avec le laboratoire Baxter. Soulignons quand même que les indemnités versées aux deux autres s’élèvent à 48 millions d’euros.
Une ardoise qui n’inclut pas tous les coûts
D’après le rapport, le coût de cette campagne de vaccination se répartit donc ainsi :
- 382 millions d’euros pour le coût final de l’acquisition des vaccins et seringues ;
- 48,85 millions d’euros pour le dispositif des bons de vaccination ;
-
23 millions d’euros pour le fonctionnement des centres de vaccination, « mais le coût de la mise à disposition de locaux par les municipalités pourrait en réalité être plus élevé », notamment si les villes comme Villeurbanne ne sont pas satisfaites des indemnisations proposées par l’Etat ;
-
103,5 millions d’euros pour l’indemnisation des professionnels de santé, dont on se souvient que certains ont mis du temps à être payés ;
-
68,3 millions d’euros pour l’indemnisation des personnels administratifs ;
-
9,44 millions de consommables (seringues et collecteurs, compresses, solutions hydroalcooliques, etc) ;
-
21 millions pour les dépenses logistiques (transport, stockage, etc) ;
-
10,13 millions pour les dépenses de communication.
La commission d’enquête arrive à un total de 668 millions d’euros, avec une possible révision à la baisse à 615 millions.
Comment sont comptés les stocks ?
Joint par Rue89, Gérard Bapt, député PS et rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, se demande pourquoi, selon les chiffres qu’il a obtenus de l’Eprus, la pharmacie de l’Etat qui gère ces stocks stratégiques, « le montant TTC du stock H1N1 est de 775 344 524 euros “ :
‘Les chiffres officiels n’intègrent pas les dépenses pour le plan grippe aviaire, engagées avant le H1N1, donc on ne peut parler de coût net.
On se garde bien de nous parler de ce qui reste stocké, et dont une partie arrivera à péremption au bout d’un an, notamment le Tamiflu à l’efficacité contestée et dont 21 millions sera périmé cette année, 91 millions l’an prochain, ni les masques (dont 40 millions d’euros seront périmés en 2010).’
Trois millions de doses perdues
On est loin de l’objectif initial de 100% de la population française vaccinée. Le ministère de la Santé a, outre l’annulation d’une partie des contrats, revendu des doses au Qatar... Au final, le nombre de doses mises en distribution sur le territoire s’établit à 13,32 millions, nous dit le rapport. Pour un nombre de personnes vaccinées qui s’établit à 5 360 968.
Le plus croustillant est d’apprendre que 2,83 millions de doses ont été ‘perdues et 0,62 million mises au rebut . Le rapport remarque que :
Le nombre de doses ainsi perdues représente plus de la moitié du nombre des personnes vaccinées : 64,5 %. Cette situation, qui met en cause les modalités retenues pour organiser la campagne de vaccination, pose indéniablement problème.
► Mis à jour le 13/07/10 à 15h30. Précisions sur la citation de Gérard Bapt.
- Sur Rue89Grippe A : comment l'OMS a dramatisé les effets de la pandémie
- Sur assemblee-nationale.frLe rapport sur le site de l'Assemblée nationale
- Sur rue89.comTous nos articles sur la grippe
- 17654 visites
- 129 réactions


























Il y a quelques semaines je pensais que madame bachelot n’avait pas le choix et qu’un gouvernement de gauche aurait fait la même chose
jusqu’au moment où j’ai écouté une émission (post frontière sur france culture) où un des intervenants indiquait qu’en Pologne, la ministre de la santé (madame Ewa Kopacz) avait refusé de sombrer dans la psychose et n’avait pas commandé de vaccins.
Alors pourquoi ? ? parce qu’elle est medecin et qu’elle avait compris qu’une centaine de morts ne constituait en rien une pandémie. Je crois que le professeur Debré (ump) avait aussi montré son désaccord.
De plus certains responsable de l’OMS se retrouve à travailler dans des labos privés, ce qui pose problème quand même. Aujourd’hui, l’OMS confie de plus en plus de taches aux labos privés et je pense que ces pseudo-pandémies vont être de plus en plus courantes (c’est la même technique que les banques, faire financer par le contribuables sa croissance ou ses boulettes)
Donc ce que je reproche maintenant à madame bachelot c’est d’être incompétente et de ne pas savoir s’entourer pour prendre les bonnes décisions. Sa boulette nous a coûté au bas mot 600 millions mais sans doute plus proche du double




Partager