Témoignage 10/07/2010 à 10h36

Des saisonniers marocains se dressent contre un patron violent

vdolot | en sursis au pied des usines


Des abricots (Kristen Taylor/Flickr)

Dans les Bouches-du-Rhône, dix-huit travailleurs saisonniers marocains se sont révoltés contre les méthodes abusives de leur patron. Quand celui-ci en est venu aux mains, ils ont décidé de cesser le travail... et obtenu gain de cause. Un cas d’école.

Militante syndicale, j’ai eu à gérer ces dix derniers jours l’intendance pour ces dix-huit hommes soudain sans domicile. Je livre ici leur histoire, tout ce que j’écris ici est recoupé et peut être prouvé.

Chaque année, des milliers d’ouvriers saisonniers venus du Maghreb ou d’Europe de l’Est viennent en France ramasser des fruits. Bien que leur venue soit organisée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration, certains de ces travailleurs sont victimes d’une forme d’esclavage légalisé.

Le Mas de la Melonnière, à Entressen, produit des fruits (pêches, cerises, nectarines, abricots...). Depuis cinq ans, une quarantaine d’ouvriers saisonniers y travaillent du mois d’avril au mois d’août. Ils sont en grande majorité marocains, tous des hommes. Certains font ce voyage tous les ans. Leur objectif : gagner de quoi faire vivre dignement leur famille pendant le reste de l’année et surtout financer les études de leurs enfants.

Gifles, étranglement, jets de vaisselle

Le jeudi 24 juin en fin de journée, dix-huit ouvriers marocains de l’exploitation viennent de terminer leur travail. Deux d’entre eux sont partis chez un médecin. A leur retour, leur employeur explose. Après les avoir une fois de plus insultés, il s’attaque plus particulièrement à l’un d’entre eux : gifles, étranglement, jets de vaisselle au visage... Sa colère semble sans limite.

Mais ce jour-là, les salariés décident collectivement de dire stop. Dès le lendemain matin, ils se rendent à l’hôpital pour faire constater les blessures, à la police pour porter plainte et se mettent en contact avec un syndicat. Dans l’après-midi, les représentants syndicaux et les salariés se rendent sur l’exploitation pour dialoguer avec l’exploitant... Face à eux, une quinzaine d’hommes (tous exploitants agricoles des environs), armés de masses et de bâtons.

Après quelques insultes, les hommes les chargent, blessant deux ouvriers à la tête avec de grosses pierres, ainsi que le représentant régional de la CGT agricole. La police est prévenue. Les blessés gisent à terre, pourtant la force publique ne se presse pas. « Il n’y a pas mort d’homme », déclareront-ils aux personnes présentes. Mis en sécurité et exerçant leur droit de retrait, les dix-huit saisonniers commencent à parler...

Punis quinze jours, leur salaire est déduit

« Dans ta chambre », c’est par cette expression laconique que pendant des années, l’exploitant va punir à tour de rôle ceux qu’il nomme son « troupeau ». Toutes les excuses sont bonnes, y compris les plus saugrenues :

  • « Celui qui ne me préviendra pas la veille qu’il sera malade le lendemain sera puni, quinze jours dans sa chambre. »
  • « Tu fumes une cigarette ? Tu as trop d’argent, dans ta chambre ! »
  • « Tu me regardes dans les yeux ? Dans ta chambre ! »

Cette « punition » est loin d’être anodine. En effet, chaque jour passé en punition est déduit du salaire mensuel.
Les ouvriers ont six mois pour gagner de quoi faire vivre leur famille tout le restant de l’année et travaillent s’arrache-pied.

Pour près de 300 heures effectuées dans les champs, seules 110 à 130 sont comptabilisées et payées. Les heures supplémentaires n’existent bien entendu quasiment pas. Et chaque journée de punition dument notée par l’exploitant est déduite du montant final du salaire mensuel....

La menace de non renouvellement du contrat


Les saisonniers marocains au camping (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

Impossible pour les salariés de se défendre car le patron a entre les mains une arme absolue : le contrat de l’année suivante. La loi française permet en effet aux exploitants agricoles des Bouches-du-Rhône de recruter nominativement ces employés. Les salariés doivent rentrer au Maroc avec leur contrat pour l’année suivante sans quoi ils ne peuvent revenir.

C’est un accord bilatéral qui permet aux exploitants français d’avoir recours à cette main d’œuvre efficace, sous payée, disponible car logée sur place et recrutée en fonction de sa résistance physique. Ils disposent d’un titre de séjour, mais ce document n’est valable qu’avec leur contrat de travail.

Pendant près de dix jours, dix-huit salariés ont patienté, logés et nourris grâce à la solidarité, et ont peu à peu retrouvé assez de confiance en eux pour ne plus avoir peur.

Lundi 5 juillet, ils ont passé plus de douze heures en « conciliation » à la direction du travail d’Aix-en-Provence. Ils ont été reconnus dans leur droit et l’ensemble de ce qui leur est dû va être réglé par l’employeur (heures supplémentaires, congés payés...). Les atteintes à la législation ont été pointées par la direction départementale du travail et devront être corrigées. C’est une première petite victoire.

Les ouvriers ont repris le ramassage des fruits, et le patron ne cesse de leur dire « s’il-te-plaît ». Une grande victoire.

Reste aujourd’hui à savoir si l’OMI leur renouvellera leur contrat pour l’an prochain...

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  • Philou_18
    Philou_18
    ancien typographe
    • Posté à 14h27 le 10/07/2010
    • Internaute 98359
      ancien typographe

    les « auvergnats » travaillant au lieu-dit : Le Mas de la Melonnière, à Entressen, sont traités commes des chiens ? ? ? ah, bon ? dites-voir les copains, qui sait comment aller à cet endroit ? c’est dans les 13 ? il se dit que c’est chez M. REBOUD J. (société JMB Fruits au Mas de la Melonnière dans la Crau...)..on se tient au courant... ? OK....

    • Anonyme répond à Philou_18

      Entressen c’est entre Saint Martin de crau et Miramas.

      Saint Martin de crau c’est à 15 km d’Arles RN 113

  • Philou_18
    Philou_18
    ancien typographe
    • Posté à 14h31 le 10/07/2010
    • Internaute 98359
      ancien typographe

    quand même, il y a de quoi hurler de rage quand on voit que les syndicats locaux repus et grassouillettement endormis, sachant ce qu’ils se passent, ne bougent que quand la presse parle....et encore....

    • vdolot
      vdolot répond à Philou_18
      Auteur(e) de l'article en sursis au pied des usines
      • Posté à 16h31 le 10/07/2010
      • Internaute 29592
        en sursis au pied des usines

      Je me permets de vous contredire : c’est bien un syndicat local (La CGT d’Istres ! !) qui les a sorti de ce bourbier... sans eux, ils y seraient encore ! ! Pour le coup ils ont été efficaces et rapides ! ! ! comme quoi... Mais les syndicats ne peuvent pas entrer dans les exploitations agricoles.. ; C’est à l’inspection du travail de le faire, mais avec seulement 2 inspecteurs pour tout une zone difficile de faire des visites surprises. Il faut donc absolument que les ouvriers parlent...

      • Philou_18
        Philou_18 répond à vdolot
        ancien typographe
        • Posté à 10h36 le 11/07/2010
        • Internaute 98359
          ancien typographe

        vous êtes bien gentil tout plein, mais il se trouve que j’ai 71 ans, et une vie de travailleur d’une autre époque derrière... avant, les interdits de ceci ou de cela, on s’asseyait dessus dans certains cas.....

         
        • vdolot
          vdolot répond à Philou_18
          Auteur(e) de l'article en sursis au pied des usines
          • Posté à 00h01 le 12/07/2010
          • Internaute 29592
            en sursis au pied des usines

          Oui certainement avant... Sauf que là, si les délégués syndicaux entrent dans une exploitation sans autorisation, ben la procédure sera annulée et on ne pourra rien faire contre le patron... Donc il faut plus d’inspecteurs du travail ou plus d’ouvriers qui parlent....

        1 autres commentaires
      • Philou_18
        Philou_18 répond à vdolot
        ancien typographe
        • Posté à 10h37 le 11/07/2010
        • Internaute 98359
          ancien typographe

        vous êtes bien gentil tout plein, mais il se trouve que j’ai 71 ans, et une vie de travailleur d’une autre époque derrière... avant, les interdits de ceci ou de cela, on s’asseyait dessus dans certains cas.....

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 14h35 le 10/07/2010
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    Les patrons n’en reviennent pas ! Les esclaves sont ENCORE revenus travailler !

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 14h37 le 10/07/2010
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    Français, Immigrés, même patron, même combat !

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 14h55 le 10/07/2010
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    décidemment , en ce moment y a des problèmes avec les maroquins, Joyandet et Blanc ont perdu le leur et Woerth se bat pour garder le sien et tout ça à cause d’un patron violent !
    bon, ok, je sors !

    • viva zebda
      viva zebda répond à nono le simplet
      Ni maître, ni croquettes
      • Posté à 15h38 le 10/07/2010
      • Internaute 25029
        Ni maître, ni croquettes

      par contre Bruno Le Maire garde » les siens ».... !

  • marousan
    marousan
    ingénieur
    • Posté à 14h58 le 10/07/2010
    • Internaute 95246
      ingénieur

    Je pense que ce genre de situation peut-être résolu de manière très simple par la loi, des contrôles réguliers et la possibilité aux travailleurs saisonniers d’être informés de leur droits dés leur arrivée sur le territoire.

    De plus il faudrait que les capacités d’accueil soient totalement distinctes du lieu de travail et que la législation du temps de travail soit appliquée de manière stricte avec badgeage informatique et contrôle des salaires versés par l’inspection du travail avant la sortie du territoire.

    Cela coute un peu plus cher certes mais ce serait bien plus digne, plus réglo et surtout cela éviterait les dérives ... .

    Ils viennent en France pour travailler certes mais cela ne veux pas dire mettre entre parenthèse 6 mois de leur vie. En dehors des 8h de travail quotidien ils sont le droit de vivre comme bon leur semble ce sont des êtres humains libres et en situation régulière même si elle n’est que temporaire. C’est un emploi pas une prison ... .

    Je suis pour la plus grande fermeté à l’égard de ces patrons qui se devraient d’être astreint à des amendes exemplaires et voir de la prison en cas de mauvais traitements ou de sévices.

    De plus je suis contre ce type d’agriculture qui cherche à avoir les prix les plus bas en ne respectant pas le salaire minimal français en important de la main-d’œuvre non-européenne.

    L’agriculture subventionnée et sous perfusion je suis contre ! ! ! L’exploitation n’est pas rentable autrement ? Et bien fermez l’exploitation ou vendez à quelqu’un qui saura gérer correctement ... . Stop à la PAC inique et aux dérives agricoles ouest européennes qui tuent l’agriculture de l’Europe de l’Est et de l’Afrique ... . Et qui en plus nous emmène son lot de barbarie avec la culture des tomates en Italie, les serres en Andalousie et maintenant les cultures maraichères en France ! ! ! !

    Et si vous trouvez que mon discours est déplaisant tant pis pour vous ! ! ! Nous en sommes là à cause de la politique misérable de la grande distribution et de la PAC. Il serait temps de mettre en place un contrôle strict des prix et que les agriculteurs puissent avoir une marge nette d’au moins 15%-20% sur leur production et que la grande distribution cesse de faire des marge de 80% dessus. Redistribution ! ! ! ! ! Voila la clé ! ! !

  • Georges P.-
    • Posté à 15h00 le 10/07/2010
    • Internaute 113089
      OK

    « Face à eux, une quinzaine d’hommes (tous exploitants agricoles des environs), armés de masses et de bâtons.

    Scoop ! L’anonymat est levé : on sait que Hulk est exploitant agricole dans les Bouches-du-Rhône ! Voilà donc à quoi il utile la “grosse masse cloutée” dont il nous menace régulièrement ici...

    A part ça, mon grand-père disait : “Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie”. L’esclavagiste n’est jamais loin, suffit de gratter un tout petit peu. Bravo à tous ceux qui ont aidé ces hommes à faire valoir leurs droits - car contrairement à ce que croient les négriers, ils en ont - c’est l’honneur de la République.

  • mc H
    mc H
    prof
    • Posté à 15h02 le 10/07/2010
    • Internaute 119719
      prof

    Tout est bien qui finit bien donc
    le maître dit maintenant stp à l’esclave
    Un nouveau pas a été fait vers la libération totale
    qui ne manquera pas d’intervenir très bientôt
    grâce au travail de tous ceux qui s’attachent à faire vivre la république de la fraternité, de la justice et de l’égalité.
    Juste une question : que serait-il arrivé si un saisonnier marocain avait traité son patron de la sorte ?
    On en serait sans doute resté là après que l’ouvrier eût promis de dire « stp » la prochaine fois qu’il lui prendra l’envie d’étrangler son cher patron ...

  • Fondriest
    Fondriest
    http://spermufle.wifeo.com/
    • Posté à 15h02 le 10/07/2010
    • Internaute 49865
      http://spermufle.wifeo.com/

    Conclusion : une limitation des flux migratoires obligerait les exploitants à embaucher des salariés français, dûment payés et décemment traités. Mais leurs fruits seraient vendus plus chers en compensation... Superbe illustration de la nécessité migratoire pour pérenniser le système contre lequel tous ici pestent. Laule.

    • ChtiMarseillais
      • Posté à 16h45 le 10/07/2010
      • Internaute 30860

      Nécessité migratoire ? Seulement pour maintenir les prix de vente et donc la consommation.

      Mais ne serait-il pas plus logique, au moins humainement et écologiquement parlant, voire économiquement parlant (à moyen et long terme), d’embaucher localement, donc rémunérer et vendre plus cher, quitte à réduire les ventes et la consommation (et réduire par la même occasion l’endettement des consommateurs et celui des États qui subventionnent ces formes de productivisme) ?

      D’ailleurs, Borloo lui-même se réjouit d’une certaine forme de décroissance : Lien !

      • lambertine
        lambertine répond à ChtiMarseillais
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 09h53 le 11/07/2010
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Pourquoi « augmenter les prix » à la consommation ?

        Pourquoi ne pas réglementer - juste un peu - le commerce et les bénéfices des intermédiaires et grandes surfaces diverses ?

      • lambertine
        lambertine répond à ChtiMarseillais
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 09h53 le 11/07/2010
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Pourquoi « augmenter les prix » à la consommation ?

        Pourquoi ne pas réglementer - juste un peu - le commerce et les bénéfices des intermédiaires et grandes surfaces diverses ?

      • lambertine
        lambertine répond à ChtiMarseillais
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 12h18 le 11/07/2010
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        .

  • karlitophone
    karlitophone
    plus en France et bien content
    • Posté à 16h04 le 10/07/2010
    • Internaute 36224
      plus en France et bien content

    Bon article poignant, mais qui se base sur un exemple. Ce qui me chagrine, c’est qu’il en faut peu aux lecteurs de rue89 pour critiquer le patronnat. J’entends déjà ces lecteurs crier à tue-tête lors de leur prochaine discussion politique :
    « j’ai lu un article qui raconte les conditions horribles de saisonniers dans les maraichers. Ils sont exploités.... »
    Mais encore une fois, il semble que l’article ne soit qu’un exemple parmis des milliers de travailleurs.

    On critique le manque de sens critique et d’objectivité de certaines presse de droite, il ne faudrait pas tomber dans une presse subjective de gauche.

    PS : pour éviter toute insulte (quoique), je suis ni patron, ni maraicher, ni de droite.

    • Milla974
      Milla974 répond à karlitophone
      Etudiante
      • Posté à 17h11 le 10/07/2010
      • Internaute 116810
        Etudiante

      Comment faudrait-il rapporter de genre d’example alors d’apres toi ? ne pas en parler ? Malheuresement ce n’est pas un example isolé, mais peut etre pas une majorité heuresement (j’espere en tout cas que tout les travailleurs etrangers sont mieux traités que cela).
      Ce genre d’article est bon selon mon avis, car il aident les gens à progresser, à ne pas commettre les même betises, ou à ouvrir les yeux sur leur comportement.

      • karlitophone
        karlitophone répond à Milla974
        plus en France et bien content
        • Posté à 18h09 le 10/07/2010
        • Internaute 36224
          plus en France et bien content

        si, il faut en parler, mais rajouter une phrase ou deux dans l’article pour montrer dire que ce n’est pas la majorité des cas.

         
        • Emilande
          Emilande répond à karlitophone
          précaire
          • Posté à 08h44 le 11/07/2010
          • Internaute 63709
            précaire

          Je crains hélas que ce ne soit un exemple pris parmi la majorité des cas, le seul fait exeptionnel est que ces ouvriers ont été soutenus. En général, les types qui réagissent sont renvoyés chez eux. Mais il est très rare qu’ils réagissent, ils ont trop peur après de ne pas retrouver de boulot. Pour avoir travaillé dans un grand groupe, je sais, par exemple, que quand ce groupe demande des salades à des producteurs, ces salades sont ramassées en un temps record, quelque soit la météo (pluie, canicule....) et les circonstances. Et s’il y a des ouvriers qui ne sont pas contents, ils vont voir ailleurs. Ca explique tout cela que vos salades dans les super marché aient mauvaise allure. Le mieux est d’acheter chez le petit agriculteur du coin.

        • vdolot
          vdolot répond à karlitophone
          Auteur(e) de l'article en sursis au pied des usines
          • Posté à 11h29 le 12/07/2010
          • Internaute 29592
            en sursis au pied des usines

          Je suis désolée de vous décevoir, mais depuis près de 5 ans, il y a des soucis dans de très nombreuses exploitations. Ces pratiques semblent bien être majoritaires chez les agriculteurs ayant un agréement OMI... Hier encore, deux nouveaux saisonniers d’une autre exploitation sont venus poser des questions et le peu de choses qu’ils nous ont décrites nous ont conforté dans notre conviction. Il ne s’agit pas de cracher pour le simple plaisir de le faire sur les patrons. En l’occurrence, j’ai expliqué plus haut que le patron incriminé faisait depuis énormément d’efforts... Contraint et forcé certes, mais des efforts quand même... Ne pas se voiler la face c’est aussi admettre que ces pratiques semblent naturelles... Je vous invite à visiter le site du Codetras. Une association qui a fait énormément de travail.
          J’ai raconté dans ce texte ce que j’ai vu... Et tous les observateurs y compris la halde (qu’on ne peut taxer de gauchisme aigü...) sont unanimes sur les conditions de traitement et travail des saisonniers immigrés. J’espère de tout coeur que certains échappent à cela, mais je n’en ai pas encore trouvé...

        2 autres commentaires
    • marousan
      marousan répond à karlitophone
      ingénieur
      • Posté à 21h45 le 10/07/2010
      • Internaute 95246
        ingénieur

      Un exemple de trop parmi d’innombrables affaires toutes aussi sordides les unes que les autres.

      Et puis même cette histoire était unique elle n’a pas lieu d’exister ! ! !

      Sans être utopiste, cela ne devrait tout bonnement PAS exister ! ! ! !

      Les pays du nord y arrivent pourquoi pas nous ? On est plus bête qu’eux ? Moins humains ? Je commence à le croire ! ! !

      Ce que je constate c’est que :

      - Nous ne somme plus une terre d’accueil
      - La paupérisation de la société provoque une relent latent xénophobe chez bon nombre de compatriotes.
      - L’amalgame entre les arabes des pays du Maghreb (qui sont en général des gens très bien, corrects, et bien éduqués) avec les jeunes issus de l’immigartion de 3ème ou 4ème génération, est de plus en plus fréquent.
      - Le racisme ordinaire se généralise
      - En réponse au racisme ordinaire les minorités deviennent violentes et barbares car elles n’ont finalement rien à perdre. Entre la prison de la cité et la prison de la santé c’est du pareil au même ... .

      On ne s’en sortira pas si on ne prends pas le problème avec intelligence. Et j’ai l’impression que c’est la chose que la plupart des gens ont en défaut ces derniers temps. Le syndrome TF1 sans doute ... .

      Peut-être faudrait-il redonner de l’espoir à tous par une politique volontariste, intelligente et ouverte mais aussi avoir une vraie tolérance zéro face à la barbarie et à la sauvagerie qui s’installe un peu partout dans les villes comme dans les campagnes.

    • sevinilud
      sevinilud répond à karlitophone
      GAULOIS
      • Posté à 09h30 le 11/07/2010
      • Internaute 27066
        GAULOIS

      mais bouché, oui !

  • nilocas Zarkosy
    nilocas Zarkosy
    Âne à la retraite
    • Posté à 16h27 le 10/07/2010
    • Internaute 13422
      Âne à la retraite

    En lieu et place de la photo du panier d’abricots , il aurait été plus judicieux de mettre la photo de ce si sympathique exploiteur

  • ChtiMarseillais
    • Posté à 16h34 le 10/07/2010
    • Internaute 30860

    Pour mettre un bémol au ton enjoué de l’article, il est malheureux de constater qu’il faut en arriver à des agressions physiques pour que ces travailleurs étrangers déclarés puissent revendiquer un minimum de respect, et encore avec le risque de ne plus avoir de travail l’an prochain. Leurs patrons, qui ont perdu tout sens du respect de la dignité humaine, mériteraient bien plus quelques mois de prison ferme que la plupart de ceux qui s’en prennent simplement pour ne pas avoir respecté la propriété privée des autres.

  • Milla974
    Milla974
    Etudiante
    • Posté à 17h08 le 10/07/2010
    • Internaute 116810
      Etudiante

    Il était quand même temps d’arreter cette forme d’esclavage legal que l’on a inventé en Europe... Tout ça car il y a personne pour punir.
    Je suis contente que ces ouvriers ai eu le courage de defendre leur dignité et leurs droits d’etre humains, mais à quel prix ? Et combien d’autres souffrent encore en silence, tout ça avec la benediction de l’Etat et des autoritées ? ?

  • lancetre
    • Posté à 17h16 le 10/07/2010
    • Internaute 18658

    Toujours visible sur youtube :

    Les patrons, par les sales majestés.

  • Elias
    • Posté à 17h49 le 10/07/2010
    • Internaute 9028

    Les Patrons agricoles des B des R semblent souvent les pires salauds !

    Cette « racaille » bien franchouillarde, toute bourrée qu’elle est au pastis et au saucisson, fait dégueuler, devant ses pratiques d’ultraviolence, ses jouissances sadiques et son avidité insatiable pour l’argent. Un patron de ce type traite les hommes qui viennent de travailler pour lui en sous merdes. Il avoue par là qu’il est, lui, une sous merde et mérite plus que le feu, la plume et le goudron.

    SALAUDS ! Ils font suer le burnous et pour mieux y parvenir, terroriser leur main d’oeuvre, ILS VOTENT FRONT NATIONAL !

    Et les flics , bien sûr, ne font « pas grand chose » ( Le Préfet laisse faire : les esclaves, C’est bon pour la compétivité) pour rester courtois avec cette confrérie.

    Il parait que cette région est belle.

    Socialement, dans les campagnes, c’est une pourriture.

    La calabre, en moins dur.

    Ajoutons pour aller jusqu’au bout dans la vérité :

    Il y a de beaux salauds aussi chez les « artisans » marocains du coin. Qu’est-ce qu’un « artisan », dans la langue des travailleus immigrés ? Un type qui a payé 6000 euros environ pour s’établir comme intermédiaire entre les patrons des boites agricoles et la main d’oeuvre qu’il leur faut mais qu’ils ne veulent pas recruter. Un « artisan » d’interim.. Ils recrutent leurs « Frères » avec force sourires chaleureux et fraternels, les dents bien blanches, ceux qui arrivent sans rien, ils les envoient bosser à tel ou tel endroit ; le patron paye l’« artisan ».

    Le patron fait semblant de croire que les faux papiers qu’on lui présente sont vrais ou qu’ils ne sont pas prêtés ( celui qui prête est censé alors bosser officiellement et donc le boulot de son « “frère” lui allonge son temps d’indemnités au chômage) ; en cas rare de contrôle, il dira qu’il vient d’avoir les paps, pas eu le temps de transmettre. Excuses. Les flics sont bien au courant.

    Revenons à “ l’artisan” fraternel. Le patron lui verse 15 ou 16 euros de l’heure par exemple. Le “ frère” marocain en donne 8 ou 9 maxi au travailleur et se met le reste dans le portefeuille. Et Attention ! Il les donne au bout de 3 semaines, 1 mois et pendant ce temps le travailleur emprunte partout pour survivre, se payer ses cigarettes. Il faut SUPPLIER “ l’artisan” 3 ou 4 fois avant qu’il verse enfin le salaire reçu par lui de suite des mains du patron. .

    Voilà. Mais c’est pas fini. “ L’artisan” peut se fuiter quand il veut avec le fric déjà versé par le patron. Il laisse les hommes qu’il a recrutés dans la merde et il fout le camp au Maroc avec le pognon. C’est ce qui est arrivé à 3 travailleurs que j’ai connus l’an dernier. Ils sont repartis fourbus et accablés en Espagne...expulsés, eux, pour travail illégal.

    C’est beau et merveilleux la fraternité “ marocaine” des “ artisans” et ça complète très bien le tableau du patron salaud et sadique.

  • Nathalie-Cécile
    Nathalie-Cécile
    Contractuelle éducation (...)
    • Posté à 18h15 le 10/07/2010
    • Internaute 119726
      Contractuelle éducation (...)

    L’abolition de l’esclavage date du 27 avril 1848, pourtant certains semblent l’avoir oublier. Cela se passe près de chez vous, et vous n’en saviez rien ou plutot vous n’avez pas envie de savoir, vous achetez au marché des fruits de Pays pour vous donnez bonne conscience écologique. Malheureusement vous neconnaissez pas les conditions de vie et dee travaail des ouvriers agricoles qui les ramassent. J’avais visité une ferme qui était à vendre à Entressen justement, les baraquemment des ouvriers agricoles m’avait fait pensé aux images de camps de concentration. bon courage aux ouvriers marocains.

  • groscontre64
    • Posté à 18h53 le 10/07/2010
    • Internaute 35536

    Cà se passe en France çà ? ? ? ? ? ? ? ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    (envie de vomir)

  • layote
    • Posté à 19h03 le 10/07/2010
    • Internaute 17790

    c’est qui l’enfoiré en question ? ? ? ? Moi j’aimerais savoir où il crèche histoire de lui faire un bonne pub....
    Au fait cela se passe bien en France pays dit des droits de l’homme ? ? ?

  • alabastille
    alabastille
    infirmière
    • Posté à 20h16 le 10/07/2010
    • Internaute 92264
      infirmière

    J’aimerais bien savoir pourquoi ce n’est pas au Maroc que ces « héros » se révoltent ?

    • sevinilud
      sevinilud répond à alabastille
      GAULOIS
      • Posté à 09h25 le 11/07/2010
      • Internaute 27066
        GAULOIS

      t’es vraiment lourd. eux ne sont pas des profiteurs du système mais des êtres humains qui veulent travailler dignement. s’ils viennent « légalement » dans notre pays pour une durée bien encadrée c’est parce que le patron les y incite. peu payés et déracinés ils sont autrement plus malléables que leurs frères de race de nationalité française. alors accepte ceci et tu seras bientôt celui qui baissera les yeux devant son employeur de peur de perdre le peu qu’il aura daigné te donner.

    • tonimarus45
      • Posté à 11h37 le 11/07/2010
      • Internaute 22823

      que quelques mots –ignoble commentaire–alabastille oui dommage qu’elle n’existe plus

    • Anonyme répond à alabastille

      « J’aimerais bien savoir pourquoi »,

      Personne ne vous empêche de vous renseigner.

      Vous connaissez le Maroc en dehors des circuits touristiques ?

    • vdolot
      vdolot répond à alabastille
      Auteur(e) de l'article en sursis au pied des usines
      • Posté à 11h32 le 12/07/2010
      • Internaute 29592
        en sursis au pied des usines

      Pour cela je vous invite à contacter l’OMI, service de l’Etat FRANCAIS ! ! ! c’est ce service qui organise ces arrivées...

  • kaliane57
    kaliane57
    commerçant
    • Posté à 02h46 le 11/07/2010
    • Internaute 26514
      commerçant

    Scandaleux dans un pays démocratique et libérale et bien entendu avec ses droits ! ! ! ! mais là je ne vois aucun droit ! ! ! donc d’après ce que je viens de comprendre que cet individu de patron exploite des être-humains comme des animaux ! ! ! ! et que personne ne bouge mais c’est incroyable je rêve ou quoi ! ! ! ! c’est comme a Dubaï c’est la même chose les pauvres hindous se font retirer leurs passeports et 20 personne dans un gourbi de valeur et le boulot j’en passe avec ces dictateurs qui veulent que le pognon travaillé et sué par le pauvre mais ils ont en rien a foutre du reste ! donc là ça suffit il faudra faire faire quelque chose pour tous ces patrons exploiteurs de l’être-humain , c’est honteux et vraiment grave et surtout en France ! ! ! ! ! ! ! oui bien entendu on doit pas parler de Marseille ! ! ! ! c’est sacré comme ville ! ! ! ! ! !

  • sevinilud
    sevinilud
    GAULOIS
    • Posté à 09h19 le 11/07/2010
    • Internaute 27066
      GAULOIS

    c’est tout simplement ce qui risque d’arriver aux travailleurs français dans leur ensemble s’ils continuent à accepter le grignotage de tous leurs avantages sociaux. il ne faut pas se leurrer, bien qu’étant au 21ème siècle les esclavagistes existent toujours et l’exemple venant d’en haut, ça craint vraiment !

    • tonimarus45
      tonimarus45 répond à sevinilud
      • Posté à 11h50 le 11/07/2010
      • Internaute 22823

      bonjour pour les heures suplementaires,non payees, c’est deja arrive ; regardez dans la grande distribution et meme ailleurs.monfils demandant des explications sur sa note au merite on lui a reproche verbalement bien sur(ils sont pas fous de l’ecrire)de partir a l’heure, d’autres parait il restant apres l’heure sans etre payes bien sur.alors a part d’etre coupe de toute realite ou etre un bisounours,on peut voir que c’est deja ,bien que moins violent , la.autre exemple aussi dans la grande distribution le volontariat pour le travail le dimanche,vous pouvez refuser d’etre volontaire,mais aussi sec c’est la porte.c’est le volontariat obligatoire, oui c’est nouveau.merci parisot, merci sarko

  • Otsu
    Otsu
    Orang-outang à la recherche de (...)
    • Posté à 09h31 le 11/07/2010
    • Internaute 89908
      Orang-outang à la recherche de (...)

    pas de contrat pour l’année prochaine, pourquoi s’embêterait il ...

    il recrutera d’autres esclaves.... plus accommodant pendant quelques années et cette fois-ci il ne se fera plus avoir, il ne renouvellera plus les contrats où seulement de ceux qui accepteront le mieux les maltraitances...

    c’est vrai quoi, pourquoi employer des êtres humains quand on a des esclaves qui ne connaissent pas leurs droits de l’autre coté de la méditerranée.

    C’est une attitude dégoûtante.... mais l’inspection du travail doit manquer de personnel pour ne pas vérifier que ces saisonniers sont traités humainement....
    C’est vrai ça, le minimum qu’on se doit de respecter, c’est d’être humain non ?

  • LIBERTAIRE 64
    LIBERTAIRE 64
    Citoyenne
    • Posté à 10h40 le 11/07/2010
    • Internaute 70973
      Citoyenne

    Et on s’étonnera de constater le racisme anti-blanc ou anti-français ?
    De même, pour avoir été en Amérique latine, j’ai pu constater le racisme anti-blanc de la part des indiens... j’étais très mal à l’aise car je ne suis absolument pas raciste. Mais comment ne pas comprendre la réaction des Indiens face à ceux qui les ont exterminés dans les pires horreurs ? Qui avait le droit de leur demander de renoncer à leurs coutumes ? Ils ne demandaient rien à personne, ils voulaient vivre, c’es tout
    Qui a le droit de décider qui est civilisé ou pas ?
    Les colonialistes et ceux qui se commportent comme tels, ceux sont eux les sauvages.

  • Scipion2009-
    Scipion2009-
    Phobe en tous genres
    • Posté à 11h37 le 11/07/2010
    • Internaute 75015
      Phobe en tous genres

    Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son, je ne vais donc pas me prononcer sur des faits dont je ne sais que ce qu’on veut bien m’en dire. Avec, ou sans, arrière-pensées plus ou moins honnêtes...

    Cela dit, je viens de parcourir - très rapidement, parce que rien n’est plus chiant que les états d’âme d’hurluberlus qui, par ailleurs, gueulent parce que même à l’hypermarché, les fruits et les légumes sont toujours trop chers - l’ensemble des réactions et il me semble que personne n’a eu la curiosité - élémentairissime - de demander à combien se monte le salaire horaire, hebdomadaire ou mensuel des ouvriers en question, qu’on imagine, de surcroît, nourris-logés. Il serait également utile de savoir si l’employeur prend, ou non, le coût du voyage à sa charge...

    • tonimarus45
      • Posté à 11h58 le 11/07/2010
      • Internaute 22823

      oui et alors ,quel que soit le salaire, cela donne t’il le droit de les traiter de cette façon et de les frapper.l’entreprise a ete citee on attend la plainte du patron et ses explications.commentaire ignoble

      • Scipion2009-
        Scipion2009- répond à tonimarus45
        Phobe en tous genres
        • Posté à 12h18 le 11/07/2010
        • Internaute 75015
          Phobe en tous genres

        « oui et alors ,quel que soit le salaire, cela donne t’il le droit de les traiter de cette façon et de les frapper... »

        La question n’est pas là. Il y a beaucoup trop de lacunes dans l’information qui nous est fournie par une personne qui, en avouant qu’elle est militante syndicale, donne à penser qu’elle ne voit pas la situation d’un oeil impartial.

        Que vous preniez tout ce qu’elle dit pour bon argent parce que ça va dans le sens de vos préjugés, est humain, mais il est regrettable que cela vous prive de tout esprit critique. Au point de vous empêcher de voir que ce que nous savons de cette affaire est beaucoup trop fragmentaire pour être accueilli sans réserves.

         
        • tonimarus45
          • Posté à 13h13 le 11/07/2010
          • Internaute 22823

          bonjour-l’auteur indique le nom de l’entreprise et met en cause gravement son patron alors que celui ci ait le courage de s’exprimer. ! .j’habite dans le midi et ayant ete dans mon enfance saisonnier je sais de quoi je parle.alors pour repondre a vos questions, le salaires c’est 100€ de l’heure ,les repas gratuits viennent de chez bocuse,pour l’hebergement, gratuit aussi ,c’est un 4 etoile ,et le voyage en jet prive est aussi gratuit ,bien entendu et cela va de soi cela donne le droit au patron de les punirs comme des mioches,de les insulter,et aussi et c’est tout a fait normal de les frapper(mais sans cravache ,quoi que ?). d’ailleurs certain patron,il ya quelques annees ,employant(quel hasard) cette main d’oeuvre, etait tellement humaniste qu’il invitait, les inspecteur du travail a la chasse, resultat deux inspecteurs morts,tires comme des lapins.c’est article apparement ne vous interraissait pas, pourquoi alors etes vous venu deposer votre « bouse“–je vais etre franc avec vous ; vous parraissait etre un ignoble personnage et si vous avez des doutes sur l’article moi je suis sur de ce que je viens de vous dire

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