28/06/2010 à 10h25

Stanley McChrystal ou le mythe de l'homme sans opinion

Jeff Jarvis | http://www.buzzmachine.com/


Jeff Jarvis (Robert Scoble/Wikimedia Commons).

Le problème avec les évictions du général Stanley McChrystal et du reporter du Washington Post Dave Weigel [contraint de démissionner après la publication d’échanges sur Internet où il critiquait des personnalités républicaines, ndt] n’est pas qu’ils aient des opinions. Bien sûr qu’ils en ont, et nous devons absolument le souhaiter. S’ils acceptaient tout ce qu’on leur dit sans émettre le moindre doute ou la moindre contestation, on peut imaginer qu’ils seraient tous les deux très mauvais dans leur travail.

Le problème n’est pas non plus que leurs opinions aient été rapportées. Le fait qu’elles soient publiques, la transparence, l’ouverture, l’authenticité, l’honnêteté, sont des bonnes choses. Cela devrait conduire vers plus de confiance. Mais ça n’a pas fonctionné. Cela a conduit à leur disgrâce. Pourquoi ?

Le problème est notre mythe de l’homme sans opinion.

Vous n’avez pas besoin de tempêter contre l’utilisation du mot « homme ». Je l’utilise sans avoir à m’excuser, sauf dans cette note. Je l’utilise parce qu’il n’y a rien de mauvais dans ce mot « homme » mais surtout parce que si vous remplacez chaque occurrence dans cet article par « hommes et femmes », « personnes » ou « humains », vous vous retrouveriez avec une langue étrange et vous abandonneriez les références culturelles. Qui plus est, dans ce cas, nous parlons de deux hommes. Et j’en suis un également. Ce dont je n’ai pas à m’excuser.

Un mythe institutionnel

Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un mythe de la société. Nous ne pensons pas que l’homme n’a pas de croyances parce que nous sommes tous des hommes avec nos propres croyances.

Non, l’homme sans opinion est un mythe institutionnel, une fiction maintenue par les médias, les organisations politiques, les gouvernements, les entreprises, les églises et les armées. L’homme sans opinion est un récipient vide inséré dans ces hiérarchies. Les opinions, lorsqu’elles sont publiques, renversent les hiérarchies. Ou, pour traduire cela en langage moderne via « Le Manifestes des évidences », les liens renversent les hiérarchies. Nous sommes dans l’âge des liens.

Alors, hiérarchies, prenez garde ! Lorsqu’une opinion fuite, elle est partagée, liée, et se répand instantanément. Les institutions sont sous le choc devant de telles révélations et crient au scandale, y voyant une menace, et elles éjectent les hommes qui ont des avis. C’est ce qui est arrivé avec McChrystal et Weigel.

Dans ma réflexion pour mon livre sur la sphère publique, j’essaie d’analyser ces craintes et ces offenses et je me demande ce qu’elles signifient non pas pour celui qui est scandaleux mais pour celui qui est scandalisé, pour nous, pour nos mythes et nos réalités.


David Weigel (Emily Thorson/Wikimedia Commons).

L’ancien rédacteur en chef du Washington Post Len Donwnie se voulait l’archétype de l’homme sans opinion. Il était connu pour refuser de voter, pensant que cela l’immunisait contre les opinions et la manière dont elles corrompaient son journalisme. Cet héritage est ce qui a conduit à l’éviction de Weigel du Washington Post.

Mais comme le dit Liz Mair (via @jayrosen_nyu), il est ridicule de penser que Weigel devrait être d’accord avec tout le monde et accepter tout ce que sa couverture des conservateurs lui fait découvrir. Il se devait d’être sceptique. N’est-ce pas le rôle des journalistes ? Et quelle peut être la source de ce scepticisme sinon les opinions ? Nous aimerions le savoir.

Une danse de séduction et de trahison

Mayhill Fowler a écrit un superbe article dans le Huffington Post, inspiré par McChrystal et sa propre expérience pendant la campagne d’Obama, sur le journalisme comme une danse de séduction et de trahison.


Stanley McChrystal (Scott Davis/Wikimedia Commons).

La tentation de la corruption n’est ni celle du sexe, de la beauté, de la richesse ou de la gloire, mais de l’accès. Son point de vue a d’autant plus de valeur qu’elle est arrivée au journalisme et à la politique de l’extérieur et qu’elle l’a maintenu.

Michael Walsh, cependant, défend les institutions en soufflant dans sa vuvuzela jusqu’à ce que sa figure soit rouge pour avertir des dangers d’une telle ouverture :

« La chose la plus importante qui émerge de ce désordre est la notion de vie privée : il y a une différence entre “on” et “off the record” et cette différence doit être observée, sans quoi la liberté de parole, et de pensée, est irrévocablement en danger.

Pendant des décennies, les reporters ont observé la distinction entre ce qui est exprimé pour la consommation du public et ce qui est exprimé derrière des portes fermées. Ce principe n’est pas seulement consacré dans le journalisme mais dans le gouvernement : ce “privilège de cadre”, même s’il est parfois enfreint, est vital au processus de décision et à la conversation à bâtons rompus.

Les jugements font partie de ce processus. Si nous arrivions à un point où nous aurions littéralement à peser chaque mot prononcé, nous ne serions pas dans un état meilleur que la Corée du Nord ou l’ancienne Allemagne de l’Est. Quelque part, le général McChrystal doit sourire.

Les jours où “les gentlemen ne lisaient pas le courrier des autres gentlemen” sont révolus. Et sur Internet, chaque énoncé, quel que soit son degré de confidentialité, est maintenant potentiellement public et peut mettre fin à une carrière. Telle est la véritable leçon de ce qui est arrivé à Weigel : dans la guerre des idées sur Internet, la vérité n’est plus la première victime, c’est la confiance qui l’est. »

Whoa ! Je pense exactement le contraire : que la confidentialité pour le gouvernement et ceux qui en assurent la couverture journalistique est exactement ce dont nous n’avons pas besoin, ce que nous devons éliminer avec l’ouverture au public.

La transparence tue les tyrans

Les journalistes auraient dû être les premiers à ouvrir les rideaux sur ces pièces sombres mais ils ne l’ont pas fait parce qu’ils étaient séduits par les invitations à y rentrer. Des outsiders les bousculent. Hourra. La confidentialité est ce qui protège les tyrans de Corée du Nord ou d’Allemagne de l’Est. La transparence est ce qui les tue.

Si nous voulons plus de transparence, et je pense que nous, le peuple, le voulons même si eux, nos institutions, souvent ne le veulent pas, alors nous devons en finir avec le mythe de l’homme sans opinion et le scandale de l’homme qui donne son avis.

Nous devrions célébrer l’ouverture et l’honnêteté dès qu’elles arrivent à émerger. Nous devrions reconnaître que la transparence conduit à la confiance. Nous devrions rappeler à nos institutions -gouvernement et journalistes qui sont supposés les couvrir- que nous attendons des jugements de leur part et que nous respecterons davantage leurs actions si nous comprenons leurs jugements.

Le mythe institutionnel de l’homme sans opinion découle de leur dédain pour Internet et ses habitants, pour nous. N’entendez-vous pas tout le temps qu’Internet n’est fait que d’opinions, comme si les opinions -nos opinions- ne valaient rien ? Mais les opinions et les arguments qui les appuient -et, oui, les faits nécessaires pour construire ces arguments- sont les bases du processus de décision de toutes les organisations et de la société elle-même.

Les opinions sont le sol de la démocratie. L’ouverture au public est le soleil qui lui permet de grandir.

De nouvelles normes culturelles d’ouverture

Ce à quoi nous assistons avec ces cas est plus que deux jours de chahut. C’est une preuve qu’un mouvement culturel est en marche, du secret et du contrôle qui entoure et protège nos institutions dans une société centralisée vers de nouvelles normes culturelles d’ouverture.

Cette ouverture nous donne plus d’indépendance vis-à-vis des puissants. Elle retire du contrôle de leurs mains. C’est pourquoi nous nous intéressons autant à ces questions de secret et d’ouverture (ce que j’essaie de faire dans mon prochain livre).

Le livre influent d’Alan Westin, Privacy and Freedom, en 1967, décrit l’ancien monde :

« La plus grande menace pour la vie sociale civilisée est une situation dans laquelle chaque individu serait complètement candide dans ses communications avec les autres, disant exactement ce qu’il sait ou ce qu’il ressent à chaque instant. »

N’a-t-il pas simplement décrit Internet ? Nous voyons émerger une norme sociale d’ouverture. Nous voyons une guerre entre le privé et le public. Cela va bien plus loin que les photos Facebook.

Jürgen Habermas a idéalisé l’émergence d’une sphère publique (bourgeoise) dans le discours rationnel au XVIIIe siècle comme un contrepoint à l’autorité du gouvernement et il s’est lamenté de la manière dont elle a été corrompue par les médias et le commerce.

Je défendrai le point de vue, dans mon livre, que peut-être maintenant, dans notre âge postinstitutionnel, nous voyons cette sphère publique enfin émerger.

Ça ne ressemblera pas à quelque chose d’idéalisé parce que c’est construit sur du discours -sur les opinions du Net- et pour ceux habitués à la netteté du contrôle par les gouvernements et les médias, ça fait désordre. Mais si nous avons confiance en nous, nous pouvons au moins espérer que de la rationalité émerge de ce discours.

Dans un tel discours, l’homme sans opinion est silencieux. Je préférerais l’entendre.

► Publié initialement en anglais sous le titre « The Myth of the Opinionless Man » sur le blog Buzzmachine de Jeff Jarvis, traduit par Laurent Mauriac

Photos : Jeff Jarvis (Robert Scoble/Wikimedia Commons) ; David Weigel (Emily Thorson/Wikimedia Commons) ; Stanley McChrystal (Scott Davis/Wikimedia Commons).

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  • 48 réactions
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  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 10h45 le 28/06/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Deux mondes se côtoient...Le réel, celui de tous les jours, pour tout un chacun...et l’autre ! ..celui d’une minorité, qui gouverne le monde ?
    Le VRAI....et le FAUX.. ! la vérité, et le mensonge.. ! ...la rue (miséreuse)...et la puissance des politiques ! ..le décalage, est flagrant...sauf pour les puissants, poursuivant leur route, dans leur monde, qui n’est pas le notre !
    Le « CLASH »...est inévitable ! ...la rue, ayant toujours triompher !

    • Heyoan
      Heyoan répond à 14240
      • Posté à 12h11 le 28/06/2010
      • Internaute 23071

      Hello,

      selon moi les deux mondes dont vous parlez sont tous les deux bien réels et je ne pense pas que le décalage (effectivement flagrant) soit lié à une notion de mensonge ou à une question d’exprimer ses opinions...

      Les pauvres aussi peuvent mentir et manipuler. Simplement ils n’agissent pas dans les mêmes sphères et cela n’a pas le même impact.

    • arctus
      arctus répond à 14240
      Toujours vivant - pas pour (...)
      • Posté à 12h44 le 28/06/2010
      • Internaute 89769
        Toujours vivant - pas pour (...)

      La rue ayant toujours triomphé ! ? ! ?

      Erreur, cher 14240 !
      Prenez la révolution de 89 :
      Un bouc emmissaire (le roi) et quelques nobles de cloche décapités.
      Puis vient l’empire (le gang des ploucs enrichis par le pillage) et sa nouvelle « noblesse » de titres et enfin la révolution industrielle et son lot de servage « moderne ».

      Triomphe ?
      Plutôt une fois de plus dans le baba !
      D’ailleurs, ils n’attendent que cela, que la rue « triomphe ». Ils sont même impatients.

      • 14240
        14240 répond à arctus
        retraité
        • Posté à 12h50 le 28/06/2010
        • Internaute 95774
          retraité

        Sur le long terme...oui.. ! ..les dictatures ont toujours perdu..heu, c’est l’histoire qui le dit !

         
        • arctus
          arctus répond à 14240
          Toujours vivant - pas pour (...)
          • Posté à 12h59 le 28/06/2010
          • Internaute 89769
            Toujours vivant - pas pour (...)

          Vous trouvez que la république d’aujourd’hui n’est pas une dictature ?

          • 14240
            14240 répond à arctus
            retraité
            • Posté à 13h08 le 28/06/2010
            • Internaute 95774
              retraité

            Si...justement...elle disparaitra en 2012...jusqu’à la prochaine !

            • arctus
              arctus répond à 14240
              Toujours vivant - pas pour (...)
              • Posté à 13h15 le 28/06/2010
              • Internaute 89769
                Toujours vivant - pas pour (...)

              Je vois - vous êtes de ces illuminés du 2012 ! ;)

              A moins que vous ne soyez de ceux qui pensent que les dictatures se suivent et se ressemblent étrangement . C’est juste l’emballage qui change !

              • 14240
                14240 répond à arctus
                retraité
                • Posté à 13h21 le 28/06/2010
                • Internaute 95774
                  retraité

                Merci...pour votre stupide réponse ! ...du grand arctus ? ...un génie...qui s’ignore ! ...heureusement qu’il y en a des comme vous, pour égayer ma journée...encore merci.. !

                • arctus
                  arctus répond à 14240
                  Toujours vivant - pas pour (...)
                  • Posté à 13h29 le 28/06/2010
                  • Internaute 89769
                    Toujours vivant - pas pour (...)

                  N’allez surtout pas croire que je m’ignore !

                  • 14240
                    14240 répond à arctus
                    retraité
                    • Posté à 13h42 le 28/06/2010
                    • Internaute 95774
                      retraité

                    Bravo pour votre réponse...de l’humour ! ....+

        6 autres commentaires
  • Dload82
    Dload82
    Etudiant
    • Posté à 10h46 le 28/06/2010
    • Internaute 118266
      Etudiant

    Dire ce que l’on pense certes, mais d’une certaine façon !

    La où le général Stanley McChrystal dérange réellement, c’est sur le ton moqueur et provocateur de ses déclarations...

  • Chevre Sauvage
    Chevre Sauvage
    en liberté
    • Posté à 10h53 le 28/06/2010
    • Internaute 109241
      en liberté

    ’’ La transparence tue les tyrans’’

    ’’ les opinions sont le socle de la Démocratie’’

    voilà ce que je retiens de cet exposé

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 11h24 le 28/06/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Le mythe de la liberté d’opinion quand il s’agit de mettre à l’écart, un des lobbyistes les plus actifs du complexe militaro-industriel américain.☮

    Mc Chrystal menait sa propre guerre, ses intérêts et ceux de l’administration américaine divergeaient, il dégage, parce qu’il émarge auprès du contribuable US.

    Ce n’est pas la peine de nous parler de la mythologie là où il n’y a que conflit d’intérêts.

    Rien ne l’empêche de se faire embaucher par Xe™ (ex Blackwater) ou d’aller pantoufler chez Lockheed Martin.

  • Herby
    Herby
    encore là
    • Posté à 11h15 le 28/06/2010
    • Internaute 116252
      encore là

    Un militaire (comme tout ce qu’on appelle « force de l’ordre ») est formé pour ne pas penser, pour abandonner tout esprit critique, tout intérêt personnel et ne plus penser qu’à l’intérêt du groupe auquel il appartient. L’obéissance absolue et sans limite est considérée comme une marque de fidélité au groupe, tout autre comportement est une trahison.
    Cet esprit de fratrie est le ressort l’organe militaire.

    Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui peut se passer sous le casque d’un CRS prêt à charger un groupe de manifestants ? A fortiori, tout sauf un questionnement quant à la légitimité de la manifestation.

    • poutre
      poutre répond à Herby
      –-
      • Posté à 16h54 le 28/06/2010
      • Internaute 86833
        –-

      « Un militaire est formé pour ne pas penser. »
      Au contraire, les officiers sont formés pour penser. Plus exactement, ils sont formés pour proposer des solutions aux problèmes qui leurs sont confiés par les gouvernements. C’est ce que faisait le Général McChrystal.

      L’obéissance (ou discipline, ou professionalisme) n’est pas incompatible avec l’esprit critique, et c’est tout le point de l’article.

      Salutations.

      PS : les CRS ne sont pas militaires (même si certains d’entre eux jalousent la rigueur des gendarmes mobiles (troll inside) ).
      PPS : Merci M. Mauriac pour cette traduction.

      • Herby
        Herby répond à poutre
        encore là
        • Posté à 17h31 le 28/06/2010
        • Internaute 116252
          encore là

        Réponse très juste qui me démontre que j’aurais dû développer un peu plus mon commentaire.
        Ce que j’entends par « ne pas penser », c’est le processus par lequel, pour un militaire, l’esprit de corps, le sentiment d’appartenir à un tout prend le pas sur toute initiative (ou réflexion) personnelle. Ce processus qui conduit à accepter d’aller jusqu’à perdre la vie pour une cause sans même questionner cette dernière. C’est ce processus que décrit Kubrick dans « Full Metal Jacket ».
        Effectivement un militaire réfléchit à la meilleure solution pour atteindre le but qui lui est fixé (conquérir une ville par exemple), mais jamais il ne remettra en cause le bien fondé des ordres sans devenir un traitre auprès de ses frères (d’armes). Il s’agit là d’une des règles de base de l’armée : ne jamais discuter les ordres.
        Quant à ma référence aux CRS, je pense que ce processus est également valable pour eux. Ils se doivent au même titre qu’un militaire d’obéir aux ordres sans les remettre en question ni les critiquer.

    • orange 06
      orange 06 répond à Herby
      retraite
      • Posté à 13h44 le 29/06/2010
      • Internaute 116735
        retraite

      selon vous, un militaire ou membre des forces de l´ordre est « formé pour ne pas penser » ? vous semblez oublier qu´un chef d´équipe est lui aussi formé pour ne pas penser de manière différente de ce que veut son chef, qui lui-même....
      ce « formatage » relève du fantasme, en effet il faut rappeler une phrase célèbre qui affirmait qu´« un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». passons sur le terme « ça » qui est franchement dégradant mais qui n´a choqué personne, surtout pas les personnes désignées, peut-être pour n´avoir pas à démissionner.
      en outre, il faut rappeler que le militaire est subordonné au politique, et que, en France, le Président de la République est le chef des armées...ainsi, et pour en revenir à l´article, le reproche qui est fait à Mc Chrystal ne porte pas sur la manière dont il a mené les actions sur le terrain, mais sur ce qu´il a dit en faisant mine de ne pas connaître le vice-président de son pays ou en faisant savoir à quel point il n´était pas passionné à l´idée de dîner avec un ministre français.
      enfin, précisons que « l´obéissance entière et la soumission de tous les instants », à laquelle se réfèrent aujourd´hui encore certains pseudo- spécialistes de la chose militaire, n´est plus dans le règlement militaire depuis...1959.

      • Herby
        Herby répond à orange 06
        encore là
        • Posté à 15h14 le 29/06/2010
        • Internaute 116252
          encore là

        « l´obéissance entière et la soumission de tous les instants (...) n´est plus dans le règlement militaire depuis...1959. »
        N’étant pas « pseudo-spécialistes de la chose militaire », je ne demande qu’à vous croire mais auriez-vous une référence ?

        Certes, un chef d’équipe ou un ministre peut démissionner en cas de désaccord. Il ne me semble pas qu’un militaire ait le droit de démissionner ou alors cela s’appelle une désertion.
        Par ailleurs je ne connais pas d’autre « métier » où l’on doit accepter d’être envoyé n’importe où sous les ordres de n’importe qui (j’entends par là n’importe quel président/chef des armés) pour soutenir n’importe quelle cause au risque de sa propre vie.

         
        • orange 06
          orange 06 répond à Herby
          retraite
          • Posté à 16h47 le 29/06/2010
          • Internaute 116735
            retraite

          référence : le règlement de discipline générale de 1959 (si je ne m´abuse).
          d´autre part, démissionner ne veut pas dire refuser d´obéir et déserter signifie « quitter son poste sans autorisation ».
          ainsi en 2008, et cela à quelques jours d´intervalle (ah, les hasards du calendrier), le chef d´état-major de l´armée de terre a présenté sa démission au chef de l´Etat parce qu´un sergent avait fait une monstrueuse connerie (au cours de portes ouvertes régimentaires dans une ville du sud-ouest) et Raymond Domenech avait doctement (benoîtement ?) expliqué qu´il n´avait pas à démissionné suite à la pitoyable prestation de l´équipe de France de football car il n´y était pour rien...ainsi l´un démissionne (officiellement) à cause d´un mec dont il ne connaît absolument rien et l´autre ne part pas car les 23 qu´il a personnellement sélectionnés ont certes été lamentables, mais ceux ont eux les seuls responsables. celui-là n´a pas été déclaré déserteur (en temps de guerre il eût été fusillé) et celui-ci a eu l´occasion de nous prouver à quel point son irresponsabilité était totale.
          et pour répondre au dernier point, s´agissant d´être envoyé n´importe où, par n´ importe qui, n´oublions les missionnaires du temps jadis, ou certains membres d´ONG, voire de journalistes...

        • orange 06
          orange 06 répond à Herby
          retraite
          • Posté à 16h47 le 29/06/2010
          • Internaute 116735
            retraite

          référence : le règlement de discipline générale de 1959 (si je ne m´abuse).
          d´autre part, démissionner ne veut pas dire refuser d´obéir et déserter signifie « quitter son poste sans autorisation ».
          ainsi en 2008, et cela à quelques jours d´intervalle (ah, les hasards du calendrier), le chef d´état-major de l´armée de terre a présenté sa démission au chef de l´Etat parce qu´un sergent avait fait une monstrueuse connerie (au cours de portes ouvertes régimentaires dans une ville du sud-ouest) et Raymond Domenech avait doctement (benoîtement ?) expliqué qu´il n´avait pas à démissionné suite à la pitoyable prestation de l´équipe de France de football car il n´y était pour rien...ainsi l´un démissionne (officiellement) à cause d´un mec dont il ne connaît absolument rien et l´autre ne part pas car les 23 qu´il a personnellement sélectionnés ont certes été lamentables, mais ceux ont eux les seuls responsables. celui-là n´a pas été déclaré déserteur (en temps de guerre il eût été fusillé) et celui-ci a eu l´occasion de nous prouver à quel point son irresponsabilité était totale.
          et pour répondre au dernier point, s´agissant d´être envoyé n´importe où, par n´ importe qui, n´oublions les missionnaires du temps jadis, ou certains membres d´ONG, voire de journalistes...

        2 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h37 le 28/06/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ce qui est amusant , c’est que les opinions sur internet , « ils » ne peuvent pas faire semblant de les ignorer , vu qu’ils les surveillent , qu’ils les classent, qu’ils en font des rapports etc etc
    Donc ils savent très bien ce que nous pensons globalement, bien plus que du temps ou les RG faisaient les espions dans les bistrots, mais ils se cachent derrière les sondages officiels à questions fermées et continuent à faire le contraire de ce qu’on attend d’eux ..

    Ca en devient agaçant et lassant . Et c’est un euphémisme....

    • A déménage le 14-03-2012
      • Posté à 14h47 le 28/06/2010
      • Internaute 98050

      Bonjour Numerosix,

      Questions :
      Pensez vous que ceux qui donnent leur opinion sur Internet sont représentatifs de l’opinion générale ?

      Sommes nous d’accord sur le fait que tout le monde sur le net, ce n’est pas tout le monde dans le réel ?

      A votre avis, quelle est la proportion de la population (restreignons à la France) qui s’exprime sur les forums ?

      Par ailleurs, pensez vous que les opinions que vous lisez ici sont globalement les mêmes que celles que vous pouvez lire sur le site du Figaro, ou sur les sites d’opinions extrêmes etc. ?

      Je garde en mémoire les lendemains d’élections, où une partie de l’opinion qui s’exprime sur le net s’encense de ne pas être allée voter mais continue d’exprimer son mécontentement anonymement derrière son écran.

      Et franchement, « ils » ne peuvent pas faire semblant de les ignorer , vu qu’ils les surveillent , qu’ils les classent, qu’ils en font des rapports etc etc ...
      C’est sûr, à force de lire 30% critiques sur le physique, 30% de jugements du style « il/elle est con », ou, en plus approfondi « il est con parce qu’il est con, je l’ai dit depuis le départ “, 20% de ‘c’est la faute à Toto, l’immigration, à la religion’, 10% d’opinions hors sujet, ‘ils’ doivent bien se marrer. Parce qu’en plus, nous ne sommes même pas bourrés derrière notre écran pour la plupart, contrairement au café du commerce.

      On manque d’éducation dans le réél, mais on manque d’éducation également sur le net.

      Je ris jaune. Et c’est un euphémisme...

      Cordialement.

      • Numerosix
        Numerosix répond à A déménage le 14-03-2012
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 15h13 le 28/06/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Oui, bonnes questions et bonnes remarques dont auquels je n’ai pas le loisir de répondre vu que je suis sensé bosser depuis mon bureau . Mais bonnes questions qui n’infirment pas vraiment mon commentaire initial, a mon avis .
        Que ceux qui veulent en débattre en débattent ..

        Cordialement aussi ..

      • boboétie
        • Posté à 17h21 le 28/06/2010
        • Internaute 2816

        Pertinentes remarques qui ne peuvent qu’encourager les auteurs de commentaires au prosélytisme.

        « “La finalité impressive du texte argumentatif impose le recours fréquent à divers procédés destinés à influencer l’argumenté. Ces procédés peuvent être symboliques comme en Grèce antique, où ceux qui avaient droit à la parole tenaient en main le Skeptron, ancêtre du sceptre royal et équivalent du Samp africain, Bourdieu relevant une survivance de cette fonction symbolique dans l’utilisation actuelle du micro. Ils peuvent également être situationnels, l’argumentateur faisant appel à l’émotion de l’auditoire (en cherchant à susciter la peur, la colère, l’indignation, le mépris, l’admiration, l’amitié, la bonne conscience) ou mettant l’accent sur son implication personnelle dans le débat mené ( en signalant ses travaux, sa spécialisation, ses titres, son rôle de témoin, en montrant sa sincérité ou sa ressemblance avec l’auditoire). Ils peuvent enfin être discursifs, l’émetteur faisant alors sentir sa présence en donnant son avis, en présentant les faits de la façon la plus favorable, en montrant que son raisonnement est le bon, en faisant appel au bon sens et à la logique du récepteur. ” “” ( Lien )
        Même si la plupart de ces commentaires - écrits dans la fièvre ou l’ivresse de pouvoir se faire entendre aussi souvent que possible et pas une fois tous les 5 ans - ne sont que des colombins d’internautes-pigeons qui naviguent à vue (je parle pour ma pomme d’abord), gageons que ce mouvement de citoyenneté spontanée - même si on y lit des gros mots comme enc., fils de p, casse-toi pauv. c. - n’en est qu’au tout début.
        Après tout, un colombin sur un pare-brise peut faire beaucoup de dégâts.
        Une question, à mon tour...
        Combien d’internautes/commentateurs n’ont-ils pas vu leur rapport aux autres, au monde, se transformer, depuis qu’ils l’ouvrent, enfin, et tant pis/mieux si ça gueule !

         
        • A déménage le 14-03-2012
          • Posté à 09h06 le 29/06/2010
          • Internaute 98050

          Bonjour boboétie,

          Je ne connais pas cet auteur qui pratique la danse sportive en compétition. Vous avez piqué au vif ma curiosité.

          Combien d’internautes/commentateurs n’ont-ils pas vu leur rapport aux autres, au monde, se transformer, depuis qu’ils l’ouvrent, enfin, et tant pis/mieux si ça gueule !
          A vue de nez, envrion 95 256 358,32 internautes. J’ai des sources mais je ne peux pas les divulguer.

          En toute transparence !

          nilslof.

        • A déménage le 14-03-2012
          • Posté à 09h53 le 29/06/2010
          • Internaute 98050

          Plus sérieusement,

          Internet est à mon avis plus un exutoire qu’autre chose.

          Merci pour cette question à laquelle j’aurais bien du mal à répondre autrement qu’en parlant de mon cas personnel (ça risque d’être brabant, vous pouvez passer votre chemin si le coeur vous en dit). M. Jarvis veut mon opinion, je la donne...

          Depuis que je commente sur un internet (environ deux ans tout de même), je ne dirais pas que mon rapport aux autres, au monde a fondamentalement changé. Si ce n’est que j’arrive à communiquer avec des gens de divers horizons qui me sont inconnus, ce que je suis incapable de faire dans ma vie de tous les jours.

          Par contre, ma conscience des fossés qui existent entre les individus s’est renforcée. Et ce que nous faisons de ce moyen de communication énorme me dépite. On reproduit nos erreurs du réel dans le virtuel en grossissant la caricature.

          Je conçois qu’on puisse prendre internet comme un exutoire où l’on jette à chaud son opinion sur tout et n’importe quoi. Qu’on gueule quand on en a envie, qu’on se pourrisse par claviers interposés.

          Mais je le regrette aussi.
          Car, si s’exprimer est essentiel, penser l’est d’autant plus.
          La culture de l’internet, faisceau parfois limité et orienté d’information, prémâché et agrémenté à la sauce polémique, ce n’est pas de la transparence pour moi. Sur internet, on a plus une vision à court terme, on est dans l’instantané qu’on ne prend pas le temps de faire murir. Mais je reconnais qu’on trouve parfois des bijoux de réflexion, d’humour, de sagesse, d’ouverture d’esprit qui permettent d’affiner, de faire évoluer nos propres opinions, c’est pour cela que je continue de hanter certains sites.

          Vous avez raison, nous n’en sommes qu’au tout début. Nous manquons à mon avis d’éducation virtuelle. Mon souhait est que la proportion de commentaires exutoires se réduise en faveur de commentaires plus construits et que les commentateurs acquièrent des reflexes qui feront que leur parole, leur opinion, aura vraiment du poids.

          Désolé pour le côté fourre-tout de ce commentaire, j’en suis moi même aux balbutiements.

          Cordialement.

          • orange 06
            • Posté à 17h00 le 29/06/2010
            • Internaute 116735
              retraite

            on ne peut que souscrire à la pertinence de vos précisions. toutefois, je serais moins sévère quant à l´utilisation qui peut être faite de l´internet. on peut y trouver l´information que l´on veut (peu ou prou), l´analyser si on le souhaite, mais pour en discuter, ce genre de forum vaut plus que le cercle des amis habituels. en effet il permet de s´affranchir des contraintes de temps (inutile d´attendre la prochaine visite chez les uns ou les autres), d´obtenir des avis de gens que l´on ne connaît pas (exercice parfois périlleux, car il faut apprendre à lire et à trier), ou de recevoir des réactions (parfois ridicules dans la violence ou remarquablement pertinentes) et tenter de garder son objectivité tout en prenant en compte les idées intéressantes, et il y en a.

        3 autres commentaires
      • Numerosix
        Numerosix répond à A déménage le 14-03-2012
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 09h06 le 29/06/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Pour répondre un peu plus à vos remarques, qui sont justes , j’imagine ( je n’en ai pas une connaissance spéciale ) que les agences de tendanceurs d’opinion professionnelles pour les politiques, la police , les entreprises etc etc savent faire le tri entre les messages parasites que vous dites ( les dingues , les paranoïaques , les mégalomanes, les fachos classiques, les militants en mission de bombing , les petits plaisantins, les anarcho-situationnistes etc etc ) et les autres ..

        Je ne prendrais qu’un exemple très visible , : au moment ou Sarkozy à voulu mettre son fils à l’ EPAD, la réaction des internautes de droite classique « morale » a été immédiate et énorme sur le site du Figaro ..

        Et en plus pour ceux qui en ont les moyens , rien n’empêche de faire valider par des rapprochement avec des enquêtes plus classiques les intuitions générées par des commentaires sur internet..

        Voila quelles sont les réflexions d’un petit plaisantin anarcho situationniste paranoïaque mégalomane un peu dingue tel que moi .

        je me couvre : -)

         
        • A déménage le 14-03-2012
          • Posté à 11h01 le 29/06/2010
          • Internaute 98050

          Bonjour Numerosix,

          Merci pour ce sourire matinal, que je vous renvoie bien volontiers : -)

          J’imagine également que ce tri existe.

          Votre exemple à propos de la candidature du fils à l’EPAD est trés pertinent. Pour essayer d’être plus clair, je ne dis pas que la parole sur Internet n’a pas de poids, et surtout, je crois qu’elle pourrait avoir un rôle essentiel.

          Néanmoins, j’ai la conviction que nous l’utilisons mal et que nous pourrions en faire un réel outil de pression en étant réellement percutants. Nous sommes encore trés maladroits et certainement inconscients des enjeux et du pouvoir que nous pourrions avoir en mesurant mieux notre parole.
          Nous sommes pour la plupart des enfants sur Internet, nous voulons tout savoir sur tout, rapidement et nous exprimer coûte que coûte. Nous perdons à mon avis en lisibilité et en transparence. La sagesse reste à acquérir...

          Comme j’ai essayé de l’expliquer à boboétie plus haut, pour rebondir sur les propos de l’auteur de l’article, je pense qu’il ne faut pas oeuvrer pour plus de parole, mais pour une parole plus juste et structurée. J’ai des convictions, mais surtout des doutes, des difficultés à appréhender certaines informations qui sont complexes. Je dispose de peu de savoir en matière économique, politique et autres, parce que je ne fais pas l’effort de m’y interesser et parce que parfois, j’ai l’impression que les médias ne me servent pas la soupe adéquate. Alors, je cherche les arguments, les visions des autres pour m’en nourrir et essayer d’en sortir quelque chose. La déception est souvent grande lorsque je me tape la lecture plus ou moins éclairée des commentateurs qui viennent parler pour parler, juger, courtiser ou se chicaner. Et la tentation est grande de me laisser également aller à la diversion et la distraction. Alors je m’y prête parfois allégrement. Mais bon, in fine, je crois que c’est un sacré gâchis.

          Je prends certainement tout cela trop à coeur.

          Voilà quelles sont les réflexions d’un petit névrosé timide frustré rêveur décalé patenté : -)

          Au plaisir de vous lire ailleurs.

          Bien cordialement.

        1 autres commentaires
  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 11h53 le 28/06/2010
    • Internaute 37758
      Consultant IT

    De ce que j’en ai lu (j’avoue ne pas avoir eu le temps de lire l’article original in extenso) il me parait que McChrystal, plus que des opinions exprimait une certain suffisance, un certain mépris, une certaine morgue.

    Il n’en reste pas moins qu’il a effectivement le droit d’avoir une opinion.
    De la même manière, Obama et son administration ont le droit d’avoir une opinion sur les opinions de McChrystal et, notamment, d’estimer qu’il n’a plus sa place en tant que commandant de l’expédition afghane.

    In fine - ça fait partie du peu dont je pense me souvenir de mes cours de philo - une opinion n’a fondamentalement aucune valeur. Elle n’a pas vraiment le droit de cité parce qu’elle n’est par définition pas soutenue par une argumentation basée sur des faits et une analyse des faits.
    Tout le monde a donc le droit d’avoir une opinion... et le devoir de ne pas bassiner ses contemporains avec ses opinions (sauf au café du commerce) à moins de pouvoir démontrer logiquement leur justesse ; mais alors il ne s’agit plus d’opinions.

  • Heyoan
    • Posté à 11h56 le 28/06/2010
    • Internaute 23071

    Difficile de ne pas souscrire au principe que tout citoyen devrait pouvoir exprimer son opinion sans pour autant risquer l’éviction. De même que remplacer la langue de bois officielle par la véritable opinion de celui qui l’utilise ferait du bien à la démocratie. Cependant on peut s’interroger sur la notion d’ « opinion » : je ne suis pas dans les bottes (certainement bien cirées) du général Stanley McChrystal mais je suppose que ses moqueries envers le gouvernement Obama ne découlent pas toutes de faits bien argumentés mais également (majoritairement ?) d’émotions et de jugements très personnels liés à son histoire. Ce qui est d’ailleurs OK selon moi mais il semble que votre article n’aborde pas cet aspect et se cantonne aux opinions purement intellectuelles (comme si une telle chose existait). Ce sont pourtant certainement ces émotions et ces jugements personnels qui ont déterminé la forme employée et on peut se demander s’il se serait fait congédié en exprimant la même chose de manière plus « formelle ».

    Par ailleurs certaines fonctions (militaires, politiques, diplomates, …) sous-entendent une forme de « sans-opinion » et d’accord avec la hiérarchie… Ce qui est peut-être à revoir.

    Petite note au passage : je me trompe ou vous avez un livre à promouvoir ; -)

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 12h26 le 28/06/2010
    • Internaute 55044
      trouveur

    « Les opinions forment le socle de la Démocratie. »

    Bien entendu. Cependant, rien n’est simple, noir ou blanc. L’opinion est complexe, plus ou moins grise selon les éléments observés par un individu.

    Or, les organisateurs de l’opinion caricaturent, simplifient, classent, étiquettent. Vous êtes de gauche ou de droite, pacifiste ou guerrier, social ou libéral, réformiste ou conservateur, pour ou contre...

    La démocratie n’est pas un simple système d’addition des opinions individuelles.
    C’est un système matriciel complexe qui place des poids différents pour chaque élément à l’intérieur d’une opinion individuelle. Et ensuite, seulement, on peut en tirer une conclusion statistique de l’opinion générale.
    Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’opinion majoritaire aille dans le sens de l’intérêt général. Il faut être pragmatique. Essayer, modifier, adapter, contrôler.
    L’opinion varie...et heureusement.

  • Tan Phi
    • Posté à 12h52 le 28/06/2010
    • Internaute 40610

    Très bien tout ça, j’ai bien du mal à ne pas approuver l’argumentation de l’auteur. Mais je me pose une question : que faire de la laïcité là-dedans ? Sauf si je n’ai encore une fois rien compris, le principe de la laïcité n’est-il pas de cantonner ses opinions - au moins les religieuses - à la sphère privée ? Ça ne va pas dans le sens de l’auteur, et pourtant j’ai du mal à ne pas adhérer à cette notion-là aussi. Quelqu’un pour m’aider à résoudre ce conflit ?

    • Heyoan
      Heyoan répond à Tan Phi
      • Posté à 13h19 le 28/06/2010
      • Internaute 23071

      Hello,

      de mon humble point de vue le principe de la laïcité concerne plutôt le droit de chacun d’avoir foi en ce qu’il souhaite (Jésus, Mahomet, la Nature, les Fourmis Vertes, ...) et de pouvoir l’exprimer librement (au mieux sans prosélytisme mais bon...). L’essentiel étant de dissocier cette foi de la gouvernance d’une société.

      Du coup pas de conflit avec l’article.

  • test123
    test123
    aaa
    • Posté à 12h58 le 28/06/2010
    • Internaute 118607
      aaa

    bonjour, très bon article

    cependant il y a une petite erreur de traduction : il s’agit de la Corée du Nord et non du Sud dans l’article original...

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à test123
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 19h41 le 28/06/2010
        éditeur
      • Journaliste 8
        Cofondateur

      Erreur extrêmement regrettable et corrigée derechef. Merci !

  • arctus
    arctus
    Toujours vivant - pas pour (...)
    • Posté à 13h18 le 28/06/2010
    • Internaute 89769
      Toujours vivant - pas pour (...)

    Cette réflexion philosophique est bien jolie, et c’est du beau « travail ».
    Mais cela ne nous renseigne guère sur le :
    Obama out, Petraeus in.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h16 le 28/06/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    Le cas de Mc Chrystal doit être mis à part, je pense.

    Militaire, il doit obéissance au pouvoir politique, démocratique qui plus est dans le cas des USA.

    Quand il ne le fait pas, lorsqu’il ne respecte pas cette règle de fer, l’histoire nous montre que le militaire a tendance à prendre ses aises, en même temps que le pouvoir pour finir.

    D’autant que là, il ne s’agit pas d’une querelle sur telle ou telle stratégie à mettre en oeuvre, mais bien d’attaques nominales concernant le vice-président entre autre.

    Une fois sorti de l’active, il retrouve sa liberté de parole, mais dedans, il se tait.

    • François Narolles
      François Narolles répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      Avenue, a vu, a vaincu
      • Posté à 11h05 le 29/06/2010
      • Internaute 71466
        Avenue, a vu, a vaincu

      +1
      Personne ne reproche à Mc Chrystal d’avoir ses opinions : on lui reproche juste d’avoir dit une chose qu’il n’avait pas à dire : des insultes contre le vice président et le président des USA, ainsi que « un ministre » français.

      Si je suis dans une entreprise, j’ai le droit de penser ce que je veux et même de le dire, mais mon patron a le droit de me virer pour faute si je dis à la presse qu’il est con (même si cela semble vrai à certains).

      C’est d’ailleurs ce qui vient d’arriver à S. Guillon : il n’a pas été viré parce qu’il est un contestataire de Sarkozy (il ne resterait pas grand monde en poste), mais parce qu’il passait son temps à insulter (et non pas caricaturer) son patron à l’antenne.

  • Bourboulle Ahmed
    • Posté à 13h32 le 28/06/2010
    • Internaute 22598

    Je recommande à l’auteur de ce texte la lecture de deux grands classiques :
    - Was ist Aufklärung ? (Qu’est-ce que les Lumières ?) d’Emmanuel Kant ;
    - Le système totalitaire d’Hannah Arendt.

    C’est tout.

  • A déménage le 14-03-2012
    • Posté à 13h58 le 28/06/2010
    • Internaute 98050

    Bonjour,

    Il semblerait qu’on veuille nous faire croire que donner son opinion et même son jugement, sur tout et n’importe quoi, surtout si on n’en maîtrise pas les tenants et aboutissants, c’est se targuer d’oeuvrer pour la transparence et la lutte contre les tyrannies, alors, allons-y.

    Je ne suis pas un homme sans opinion, je suis un homme qui a conscience que son opinion n’est pas forcément « pertinente » pour tout un chacun. Un homme qui ne souhaite par conséquent pas en faire étalage dans un contexte précis mais plutôt dans un contexte particulier et quand il a envie de la donner.

    Il y a bien des hommes politiques, des joueurs de foot, etc. que je n’apprécie pas. Mais quand, par soucis de transparence, on me livre des propos, des actes, qui étaient censés être « off », car dits, faits dans un contexte précis et devant un auditoire précis, j’ai plutôt tendance à m’insurger en premier lieu contre celui qui a brandi le drapeau de la transparence en nous les rapportant, que contre celui qui a formulé son opinion de manière « privée » (quand bien même celle-ci serait contraire à la mienne ou à mes valeurs).

    Car pour moi, cette mode qui consiste à livrer des bribes d’évènements, des propos partiels décontextualisés ou même parfois des informations biaisées au nom de l’information, puis d’inciter tout un chacun à commenter ce « fait » au nom de la liberté d’expression, c’est une sacrée dérive, justement, pour cette liberté d’expression. Nous l’avons voulu… Nous croyons qu’internet nous informe, j’en viens à me dire qu’il nous désinforme. On se détache du fond pour graviter autour de ce qui nous divertit. On nous fait miroiter une liberté d’expression qui n’est que fumée. Et on nous fait aussi oublier que nous avons la liberté de penser…

    Voilà, on jette facilement notre opinion sur le net, on se laisse même aller à un jugement, souvent sans autre argument « tangible » que le fait qu’on croit dur comme fer ce qu’on écrit, sans la moindre prise de recul. On veut tout savoir sur tout, et surtout sur les travers des personnes publiques. Par contre, il ne faudrait surtout pas que ceux qui nous lisent sachent qui nous sommes, aussi, nous nous cachons derrière l’anonymat. Nous qui cherchons la transparence !

    « Dans un tel discours, l’homme sans opinion est silencieux. Je préférerais l’entendre. »

    « Whoa ! »
    Parfois, « La parole est d’argent, mais le silence est d’or »

    • boboétie
      • Posté à 17h41 le 28/06/2010
      • Internaute 2816

      On dit souvent que les hommes politiques agissent - ils s’en flattent, d’ailleurs - sans état d’âme. En ont-ils une, au fait ? Ne l’auraient-ils pas vendue à qui vous savez ?
      Le militaire ne peut avoir d’opinion ? Une vraie machine ? Soit.
      Et si l’on remplaçait l’homme politique par une machine, comme Colossus ? « Freedom is an illusion. All you lose is the emotion of pride. To be dominated by me is not as bad for humankind as to be dominated by others of your species. Your choice is simple. » (voir Colossus sur imdb.com)
      Les commentaires seraient-ils les derniers témoins de l’opinion et de son émotion toute humaine ?
      Pour sauver l’humanité, vous devez sacrifier le tiers, la moitié, les trois quarts de celle-ci... Comment décidez-vous, sans état d’âme, vos opinions mises de côté ?

      « Je ne suis pas un homme sans opinion, je suis un homme qui a conscience que son opinion n’est pas forcément “pertinente” pour tout un chacun. Un homme qui ne souhaite par conséquent pas en faire étalage dans un contexte précis mais plutôt dans un contexte particulier et quand il a envie de la donner. “ Comment ne pas être d’accord, ici ?

      En attendant, grâce à cet article et à ses commentaires, un mythe en moins, des bribes d’idées en plus ! En reste-t-il tant que cela, des mythes ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 14h20 le 28/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    ¤ 19350

    « Bien sûr qu’ils en ont, { des opinions } et nous devons absolument le souhaiter. S’ils acceptaient tout ce qu’on leur dit sans émettre le moindre doute ou la moindre contestation, on peut imaginer qu’ils seraient tous les deux très mauvais dans leur travail. »

    Sauf que leurs opinions sont d’abord celles des va-t-en-guerre !

    Acceptable peut-être, de la part de gens qui auraient quelques intérêts dans le commerce des armements, mais inacceptables de la part de officier de haug rang, qui se range ostensiblement dans le camp opposé au Président élu, parce celui ci n’est pas du KKK, ni Bushiste, ni amateur de trous dans la peau, comme la Palin !

    Là je sors du sujet purement guerrier, mais qu’en serait-il du comportement de ces salauds, si c’était sous le « règne » de Bush (attaché à l’industrie pétrolière - et pour cause) qu’était survenue la marée noire de Louisianne.
    (non encore résolue, et assurément plutôt loin de l’être).

    - Aujourd’hui, tous mettent le bonnet d’âne sur le crâne à Obama !
    (comme s’il avait quelque chose à voir avec la cupidité de BP)

  • arctus
    arctus
    Toujours vivant - pas pour (...)
    • Posté à 16h04 le 28/06/2010
    • Internaute 89769
      Toujours vivant - pas pour (...)

    L’évagation est à la philosophie ce que l’opium est à la religion (d’état).

  • Scipion2009-
    Scipion2009-
    Phobe en tous genres
    • Posté à 18h08 le 28/06/2010
    • Internaute 75015
      Phobe en tous genres

    « que la confidentialité pour le gouvernement et ceux qui en assurent la couverture journalistique est exactement ce dont nous n’avons pas besoin, ce que nous devons éliminer avec l’ouverture au public. »

    C’est complètement grotesque parce que c’est carrément la fin de la gouvernance et l’instauration de la tyrannie du « Café du Commerce ».

  • tigre du nord-
    tigre du nord-
    pompé par carla
    • Posté à 19h02 le 28/06/2010
    • Internaute 59644
      pompé par carla

    bonjour
    le problème est aussi que,par exemple,dans les écoles de journalisme,on leur apprends qu’avoir une opinion est anti professionnel.du coup beaucoup de journalistes on peur d’essayer de comprendre.surtout que cela risquerais de les exclure du cercle de privilégiés,que justement on leur fait croire qu’ils en font partie.
    voila une profession réduite a dire ce quelle pense,et a penser ce quelle dits ; a savoir, rien.
    tres bon article

  • Nepigo
    Nepigo
    robot-singe - blog.nepigo.net
    • Posté à 00h01 le 29/06/2010
    • Internaute 16957
      robot-singe - blog.nepigo.net

    Ce débat est essentiel. Avec le développement des TIC on change complètement de paradigme, avec une série de paradoxes et contradictions :

    - internet est censé permettre une information plus complète, ce qui se passe en réalité est plutôt une diminution permanente du nombre de médias grand public avec de plus en plus de gens lisant des médias de moins en moins nombreux (perte de diversité) ; le journalisme, dont le modèle économique ne fonctionne plus à l’ère de la quasi-gratuité de l’accès aux faits (je dis bien les faits et pas l’information), est contraint de plus en plus de trouver d’autres formes de revenus ; on assiste maintenant à une fusion inquiétante entre le journalisme et la communication, ou des médias se mettent à vendre des services de communication, d’événementiel... qui vont bien plus loin que les pages de pub ou les publireportages. Ou alors ils se spécialisent et deviennent par exemple des « lettres d’informations » payantes pour public le plus souvent professionnel. De journaliste, on passe à une sorte d’hybride entre agent de renseignements, lobbyiste et publicitaire...

    - L’article de Rolling Stone qui a précipité le renvoi de McChystal
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    est un énorme travail d’enquête (le journaliste a eu la chance d’être à Paris en même temps que McChrystal et son équipe pendant qu’ils y étaient coincés par le volcan, et a donc pu vivre avec eux bien plus longtemps que la moyenne) et un portrait très fouillé - et complexe - de l’homme... Mais qui pose la question de la confiance, citée au-dessus. Il me paraît impossible que le journaliste n’ait pas trahi la confiance de ses interlocuteurs compte tenu du ton de l’article (plutôt à charge à mon goût, le type de gauche et cultivé qui insiste bien sur l’humour viril-gras de ses interlocuteurs) et des citations (jamais un militaire ne dirait des choses pareilles en conférence de presse, surtout quelqu’un qui a dirigé la branche opérationnelle des services secrets juste avant !). Comme journaliste on peut se permettre deux ou trois incartades de ce type mais après plus personne ne veux vous parler : Fin de la carrière de journaliste... En tout cas en France. J’aime par ailleurs assez bien la description de l’exercice journalistique comme une « séduction-trahison », c’est vraiment bien vu. Pour nuancer le jugement, le jeu fonctionne dans les deux sens au sens où l’interviewé cherche aussi à séduire le journaliste pour obtenir le meilleur compte rendu possible de l’entretien : l’interviewé attend donc du journaliste qu’il trahisse également, mais dans l’autre sens.

    - La transparence est essentiellement un fantasme, à mon avis, et un fantasme dangereux en ce qu’elle rêve de « déplier » le réel (je pense bien que la première occurrence du mot dans les politiques publiques a eu lieu dans le champ des banques centrales). Mais les TIC « déplient » ce réel qu’on le veuille ou non.
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    Du coup tout l’enjeu est que cette transparence soit dirigée dans la bonne (démocratique) direction : du côté de ceux exercent le pouvoir plutôt que vers ceux qui le subissent. En ce sens, la « trahison » de Hastings (le journaliste qui a écrit le reportage) se justifie... Même si j’ai toujours du mal à voir un type devoir démissionner sur pression de l’opinion publique parce qu’un de ses subordonnés a fait des remarques désobligeantes devant un journaliste, ou qu’il se permet des jugements personnels sur son supérieur hiérarchique. Je trouve la réaction excessive (même si Obama ne pouvait pas faire autrement dans la mesure où il est question du général qui mène la guerre la plus longue et probablement la plus coûteuse de l’histoire des USA), et cela mène au risque que la politique devienne un monde où être un bon acteur totalement paranoïaque devient bien plus important qu’être compétent sur le fond. Quoi, c’est déjà le cas ? ...

    Pour finir, je trouve que la conclusion de cet article (transparence libératrice grâce à Internet, nécessité d’en finir avec l’homme-rouage au service d’institutions sans tenir compte des avertissements d’un livre de 1967 sur les dangers de la candeur systématique au motif que celui-ci proviendrait de « l’ancien monde ») est vraiment à courte vue. Si la « norme sociale d’ouverture » se traduit par un exhibitionnisme généralisé, que celui-ci devient même une condition pour exister socialement (on parle bien d’une norme...), je ne suis pas certain que l’on y gagne beaucoup. Il y a aussi de belles choses dans le secret, l’incertitude et la fragilité, des choses vitales même. Mais ça c’est peut-être inaudible aujourd’hui... Une dernière chose : certes l’opinion et le commentaire règnent en maître aujourd’hui, mais les canaux par lesquels ces derniers passent sont tout sauf neutres et innocents. Et il n’y a pas beaucoup de sens à traiter les uns sans les autres, je pense, ce que n’aborde pas Jeff Jarvis, l’auteur de ce commentaire (qui travaille donc pour un truc nommé buzzmachine, y aurait-il un lien : -) ) ?

  • ShaKhal
    ShaKhal
    Citoyen
    • Posté à 11h20 le 29/06/2010
    • Internaute 111000
      Citoyen

    L’objectivité est un leurre, car il faut être sujet pour percevoir.

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