Grandes porcheries : éleveurs et écolos se bouffent le groin
« Une déclaration de guerre contre l’environnement », selon Eaux et rivières de Bretagne, un « nouveau viol du Grenelle “ pour le député Verts Yves Cochet. Les écolos n’ont pas de mots assez durs contre ‘l’amendement scélérat’ qui va permettre de construire des porcheries industrielles bien plus grandes qu’avant... sans passer par la case administrative.
Proposé par par le député UMP des Côtes-d’Armor Marc Le Fur, qui se fait appeler ‘député du cochon’, le texte a été soutenu par une cinquantaine de députés UMP et adopté le 16 juin dans le cadre du projet de loi sur la modernisation de l’agriculture.
Son but ? ‘Corriger les distorsions de concurrence criantes’ avec les autres éleveurs européens qui peuvent construire sans autorisation de bien plus grandes porcheries. L’amendement remarque qu’en France, les seuils à partir desquels il faut une autorisation pour bâtir des élevages sont cinq fois plus petits. Il propose donc d’‘harmoniser’ ces seuils en relevant de 450 à 2 000 truies et de 30 000 à 40 000 poulets la taille des élevages qui peuvent ne pas rentrer dans la catégorie IPCE, ‘installations classées pour la protection de l’environnement’.
‘On devient laxistes’
A l’heure actuelle, les agriculteurs construisent plutôt des porcheries de 440 porcs, car arrivés à 450, ils doivent monter un dossier en préfecture, présenter des garanties sanitaires et environnementales, il y a une enquête publique, parfois le préfet demande des aménagements...
Bref, ‘ça prend du temps et c’est coûteux pour nos chers agriculteurs qui préfèrent faire des économies d’échelle’, ironise Yves Cochet, qui voit dans cet amendement une ‘incitation à l’élevage concentrationnaire’.
Le député s’explique :
‘Le signal envoyé aux protecteurs de l’environnement, c’est qu’on devient laxistes. Le problème de ces porcs, ou poulets, c’est que ça chie (excusez-moi), et les éleveurs manquent déjà de surface pour leur lisier, donc inévitablement, il va déborder dans les rivières et on va encore se retrouver avec une eau du robinet pas potable.’
Le retour des marées vertes ?
En Bretagne -première concernée par cette mesure-, l’association Eaux et rivières, qui combat l’agriculture intensive responsable de la mauvaise qualité des eaux, considère que cet amendement est ‘une déclaration de guerre’. L’association rappelle :
‘L’Etat vient d’engager un plan de lutte contre les marées vertes en Bretagne qui va mobiliser 120 millions d’euros ; il est toujours sous la menace d’importantes sanctions financières dans le cadre du contentieux européen sur les nitrates.
Le vote de cet amendement aberrant rendra encore plus difficile la lutte contre les pollutions par les nitrates et ces marées vertes. Il va aggraver un peu plus le fossé entre la société et le monde agricole.’
Algues vertes et nitrates
Eaux et rivières de Bretagne annonce qu’elle suspend d’ores-et-déjà sa participation à toutes les instances de concertation et s’en retirera totalement si les députés ne remettent pas en cause cet amendement le 30 juin, lors du vote sur le projet de loi de modernisation de l’agriculture.
Le délégué général de l’association, Gilles Huet, rappelle que sur 6% du territoire national, la Bretagne produit 60% des porcs et 45% volailles. Et de préciser :
‘L’épandage des lisiers de ces animaux se fait en quantités bien trop importantes. Ces excédents sont lessivés par la pluie en hiver et finissent dans les rivières et la mer, ce qui a pour conséquence les marées vertes et le dépassement des teneurs en nitrate.’
Les algues vertes que François Fillon s’était engagé à combattre fermement, lors d’un déplacement à Saint-Michel-en-Grève (Côtes d’Armor) où un cavalier était décédé à cause d’un gaz toxique dégagé par ces algues.
- Sur Rue89Algues vertes : Fillon préfère nettoyer que fâcher les paysans
- Sur Rue89Pour Sarkozy, l'environnement, « ça commence à bien faire »
- Sur asso.frLe communiqué d'Eaux et rivières de Bretagne
- Sur letelegramme.comUn article du Télégramme de Brest
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non connue
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La production et l’épandage de lisier, avec leur quantité astronomique de nitrates, est un vrai problème d’environnement, et ce d’autant plus que l’on concentre les élevages dans la même région. De ce point de vue, l’Ouest est la première zone à morfler.
Toutefois, avant qu’arrive la horde d’écolos qui voient un porc tous les deux ans, je voudrais apporter 3 arguments pour défendre les éleveurs :
D’abord, le problème de l’eau, c’est le problème de tous. Et la qualité de nos nappes phréatiques souffrent bien plus du bétonnage tous azimuts, à titre privé ou collectif.
Ensuite, un élevage de porc ressemble aujourd’hui de plus en plus à une clinique, notamment pour les mères et leurs petits. Il y a une raison à ça : tout élevage concentrationnaire est un vrai bombe bactériologique, car la moindre bête contaminée contamine à son tour les autres. Il y a deux parades :
- Les gaver d’antibiotiques, avec des conséquences environnementales catastrophiques, sans compter l’aspect santé publique.
- Travailler dans des espaces très contrôlés, très propres, ce qui permet de baisser la quantité d’antibiotiques utilisés. Il va de soi que cette solution est la seule qui permette de fabriquer de la viande pas cher sans qu’elle soit une éponge à produit pharmaceutique.
Seulement ça, ça a un coût pour les installations, et il faut rentabiliser en augmentant la taille de l’exploitation.
Autrement dit, ce ne sont pas les plus gros élevages qui sont forcément les pires pour l’environnement.
Enfin, le porc est un animal monogastrique, et donc émet environ 10 fois moins de méthane, à poids équivalent, qu’une vache qui elle est polygastrique.
Une seule vache de 600kg émet autant de méthane que 118 porcs de 80kg.
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