Témoignage 13/06/2010 à 12h01

Jana, kidnappée en Europe pour esclavage sexuel, témoigne

Tribune des droits humains"
Carole Vann | Infosud/Tribune des droits humains


Jana Kohut (Infosud).

(De Genève) Etudiante en Slovénie, Jana Kohut a été enlevée par un réseau de trafic humain. Six ans plus tard, elle témoigne devant les diplomates onusiens du Conseil des droits de l’homme.

« Je m’appelle Jana Kohut, je suis née en Bosnie, j’ai 30 ans. En septembre 2004, j’ai emménagé à Ljubljana, en Slovénie, pour mes études universitaires. Une de mes nouvelles connaissances, Romana, m’a proposé de partager son appartement. Rapidement, Romana, par sa gentillesse, est devenue mon amie, ma confidente.

Comme je cherchais du travail à côté de mes études, un jour, Romana m’a annoncé qu’elle avait arrangé un entretien d’embauche avec une société de comptabilité. Une femme m’attendait.

Au bout de dix minutes d’entretien, deux hommes ont surgi, m’ont entraînée dans une voiture. Je me débattais, je hurlais. Ils m’ont bandé les yeux. Arrivés à destination, ils m’ont violée et frappée ; puis ils m’ont injecté de l’héroïne et forcé à porter des accessoires pornographiques... Je n’ai plus jamais revu Romana. »

Quatre mois d’enfer

Ce jour d’octobre 2004, Jana comprit immédiatement qu’elle était tombée dans les filets d’un réseau de trafic humain. Quatre mois durant, la jeune femme n’a été plus qu’un corps enfourché jour et nuit par des hommes « de tout âge, de toute catégorie sociale : des intellectuels, des travailleurs, des chômeurs, des policiers -en uniforme, des criminels ».

« Mes geôliers m’affamaient et me droguaient pour me rendre plus docile. Si je résistais, ils me violaient et me battaient. Ils menaçaient de s’en prendre à ma petite sœur de 10 ans. Ils me forçaient à appeler ma mère pour la rassurer. Ils me faisaient sans cesse changer de lieu. Ils m’enveloppaient nue dans un drap, me bandaient les yeux et me jetaient dans la voiture. »

Un jour, on lui glisse son passeport sous la porte. Jana réussit à s’échapper.

Six ans plus tard, le 2 juin 2010, Jana est invitée à Genève pour raconter son histoire devant les délégations du Conseil des droits de l’homme, qui tient sa 14e session. Une initiative inédite du UN Global Initiative to Fight Human Trafficking qui permettait d’appuyer la présentation du rapporteur spécial sur le trafic des personnes, Joy Ngozi Ezeilo, par des témoignages directs.

Comme celui de Jana ou de Charlotte Awino, kidnappée à 14 ? ans dans son pensionnat en Ouganda par l’Armée de résistance du seigneur et réduite à l’état d’esclave sexuelle durant huit ans. Ou encore de la Vénézuélienne Kikka Cerpa, aussi réduite à l’esclavage sexuel, et du Népalais Kumar Ramjali, leurré par de fausses promesses et embrigadé de force dans une base militaire en Irak.

Ces témoignages sobres et terribles ont secoué les diplomates onusiens plutôt habitués aux bras de fer politiques.

Selon des estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT), 2,4 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont chaque année victimes de la traite dans le monde. Des chiffres sous-estimés, d’après les organisations de défense des libertés.

Rien que pour l’Europe, Amnesty International estime à 500 ? 000 le nombre annuel de victimes, la majorité étant des femmes et des jeunes filles forcées à se prostituer. Et le phénomène ne fait que s’amplifier.

« Former et sensibiliser »

Pourtant, c’est bien le témoignage de Jana qui a créé le plus de perplexité. Une étudiante de 25 ? ans en pleine Europe, qui plus est militante dans une ONG de défense de droits de l’homme.

« Je savais que ces trafics existaient, mais je ne me sentais pas du tout concernée, explique-t-elle. C’est difficile de ne pas tomber dans le piège. Il suffit d’un moment de faiblesse. Ces rabatteurs, comme Romana, prennent le temps qu’il faut pour gagner votre confiance. »

Aujourd’hui, Jana vit à Berlin où elle se consacre à l’art mais aussi à la lutte contre ce fléau :

« Pour cela, il faut investir chaque pore de la société, ne pas laisser d’espace vide. Il faut former et sensibiliser les juristes, les magistrats, les médecins, créer des réseaux.

A Berlin, quand un chien est kidnappé, tout le monde se mobilise pour le retrouver. Les gens se connectent sur Internet, il y a des brigades de quartiers qui font des recherches. Chacun se sent concerné. Il faudrait la même solidarité pour les enlèvements de personnes. »

A ce jour, Jana n’a toujours pas porté plainte.

« Je n’arrive pas à aller à la police, c’étaient mes violeurs. Pourtant je sais qu’il faudra que je fasse le pas un jour. »

En partenariat avec la Tribune des droits humains

Publié initialement sur
Tribune des droits humains
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  • Oignon
    Oignon
    Etudiant
    • Posté à 12h42 le 13/06/2010
    • Internaute 95253
      Etudiant

    Je pense que l’uniforme y est pour beaucoup...

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h57 le 13/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Les diplomates n’en étaient pas ? »

    Les « Diplomates » sont également des cigares de type ’barreaux de chaise’.

    ( ? ?)

  • orangevox-
    orangevox-
    Licencieuse
    • Posté à 21h20 le 13/06/2010
    • Internaute 114473
      Licencieuse

    ... La lecture de cet article donne la nausée. Mais il ne faut pas se tromper sur l’expression du malaise exposé. Le regard de cette rescapée montre une douleur viscérale de l’esprit et du corps violés. Je félicite humblement son courage et sa volonté de vous dépasser et ainsi de témoigner sur la seule véritable honte et les violences de ces contemporaines traites des blanches horrifiantes organisées par la lie de l’humanité.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à orangevox-
      In enculo cum vibro
      • Posté à 00h07 le 14/06/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      « Je félicite humblement son courage et sa volonté de vous dépasser et ainsi de témoigner »

      Je n’avais pas remarqué sa volonté de me dépasser...

      De plus, je n’ai pas compris auquel de mes propos vous réagissiez...

      Vous sous-entendez que je me trompe sur je-sais-pas-quoi, alors que j’ai posé une question !

    • alangaja
      alangaja répond à orangevox-
      "Bank brother is watching you"
      • Posté à 00h32 le 14/06/2010
      • Internaute 93690
        "Bank brother is watching you"

      « ces contemporaines traites des blanches horrifiantes organisées par la lie de l’humanité »
      il n’est pas question de traite des blanches mais de d’enlèvement de femmes en général.

       
      • geantdefer
        geantdefer répond à alangaja
        L'horreur est humaine (coluche)
        • Posté à 07h00 le 14/06/2010
        • Internaute 31641
          L'horreur est humaine (coluche)

        La lie de l’humanité ?

        « par des hommes “ de tout âge, de toute catégorie sociale : des intellectuels, des travailleurs, des chômeurs, des policiers -en uniforme, des criminels ”.

        qui se souvient du reportage france 3 d’elise lucet sur les reseaux pedophiles ? Lien

        • bleuet1
          bleuet1 répond à geantdefer
          espère malgré tout
          • Posté à 10h22 le 14/06/2010
          • Internaute 65892
            espère malgré tout

          La « lie de l’humanité » ne renvoie pas à leur catégorie sociale, mais au caractère de gros porcs et de salopards de la pire espèce de ces hommes.

          J’ai été sensibilisée au phénomène de la prostitution par l’association du Nid, alors je me sens très concernée.

          On ne peut pas ne pas voir quand une femme est autant battue (surtout quand on la met à poil) et surtout droguée, alors ces hommes ne pouvaient pas ne pas savoir qu’ils faisaient quelque chose de mal sur une femme qui n’était pas réellement consentante.

          La prostitution est un fléau quelles que soient les conditions dans lesquelles elle est pratiquée, par les prostituées comme par les « clients ».

        • Di
          Di répond à geantdefer
          • Posté à 10h27 le 14/06/2010
          • Internaute 8231

          Je n’ai pas trop compris votre poste - on peut être de n’importe quel âge ou catégorie sociale et QUAND MÊME faire partie de la « lie de l’humanité », non ?

      3 autres commentaires
  • Hemenate
    • Posté à 12h21 le 13/06/2010
    • Internaute 856

    « Former et sensibiliser »

    L’absolutisation du dogme de la prévention est tout de même incroyable...
    Ayant été proprement kidnappée, puis forcée de téléphoner à sa mère pour lui dire que tout allait bien, on se demande bien ce que la « formation » et la « sensibilisation » dont parle cet article aurait bien pû empêcher ?

    • Irfan
      Irfan répond à Hemenate
      • Posté à 14h09 le 13/06/2010
      • Internaute 30779

      Je ne sais pas si vous avez bien lu ce passage. « Il faut former et sensibiliser les juristes, les magistrats, les médecins, créer des réseaux. »
      Ce n’est pas « former et sensibiliser » les jeunes pour éviter qu’ils soient enlevés et prostitués, bien évidemment ! Les sensibilisations dont l’article parle peuvent, elles, empêcher ou limiter ces situations :
      - sensibiliser les juristes et magistrats => alourdir les peines, ou mieux démanteler les réseaux de prostitution, ou mieux garantir les poursuites d’un État à l’autre, etc.
      - sensibiliser les médecins => peut-être que cette femme a été soignée sans que le médecin qui l’a soignée ne signale son cas aux autorités, si elle ne parle ni français ni anglais ? Je suppose qu’elle parle en connaissance de cause, et les médecins peuvent se rendre compte relativement facilement quand quelque chose va très mal dans la vie de quelqu’un. Après la question que je me pose est : ces femmes voient-elles des médecins ?

      D’autres « sensibilisations » sembleraient bien utiles à la lecture de l’article :
      - sensibiliser les « clients », même s’ils ont l’air de s’en foutre dans leur majorité, pour qu’ils ne croient pas que c’est un choix, voire une obligation par la pauvreté, mais bien de l’esclavage.
      - sensibiliser les policiers, même si je crois que tous connaissent déjà le problème, et que d’après cet article certains s’en foutent ou en profitent
      - sensibiliser les pouvoirs publics => pour discuter de la meilleure façon de gérer la prostitution, et de la façon de lutter contre le crime organisée (par exemple : en ne dinant pas avec ses patrons, en ne montant pas sur leurs yachts, en n’acceptant pas d’argent de leur part pour certains services / certains votes...).

      Oui, je crois qu’il y a de la place et une réelle utilité pour la « formation » et la « sensibilisation » ! Ce n’est pas un « dogme de la prévention » ici, mais je pense que vous n’avez pas bien lu le contexte et juste voulu réagir contre la supposée bien-pensance.

      • lilialbazar
        lilialbazar répond à Irfan
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 15h14 le 13/06/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        effectivement il s’agit de sensibiliser les clients potentiels, afin de ne plus entendre que la prostitution est un mal inévitable, que ça existe depuis toujours, qu’elles aiment ça, etc.
        la prostitution ce sont des milliards qui rapportent non pas aux prostitué-ées mais aux mafieux. et les mafieux se trouvent dans tous les corps de métiers et dans beaucoup d’orgas internationales.

         
        • Samuel_A
          Samuel_A répond à lilialbazar
          Expat'
          • Posté à 15h26 le 13/06/2010
          • Internaute 112135
            Expat'

          La prostitution c’est surtout très vague, de Zahia à Jana, en passant par l’étudiante qui tente d’arrondir ses fins de mois, il y a un univers et une infinité de nuances.

          • lilialbazar
            lilialbazar répond à Samuel_A
            travailleure sociale à Toulouse
            • Posté à 16h14 le 13/06/2010
            • Internaute 36758
              travailleure sociale à Toulouse

            c’est à dire ?
            pour moi ce sont toujours des personnes dont le seul fait d’être rémunérée autorise le client à les posséder .

            • nitroglycerin
              nitroglycerin répond à lilialbazar
              nécromancien
              • Posté à 16h50 le 13/06/2010
              • Internaute 38267
                nécromancien

              Oui, mais il y a toutes sortes de prostitutions. Certaines prostituées sont indépendantes (donc pas sous la coupe d’un proxénète) se satisfont de leur situation et réclament les droits des autres travailleurs (cf le Syndicat des travailleurs du sexe). A l’autre extrême, on trouve de la prostitution forcée encadrée par des réseaux internationaux, dans des conditions atroces. Et entre ces deux là, il y a de la prostitution occasionnelle (notamment étudiante), de la prostitution masculine (1/3 des « travailleurs du sexe » français)... Etc.

              Le proxénétisme est un fléau à éradiquer, mais certaines prostituées expliquent qu’elle préfèrent ce métier à un boulot à l’usine et qu’elles souhaitent qu’on les reconnaissent comme des travailleurs. Par ailleurs la reconnaissance des prostituées comme des travailleurs ouvrirait à l’application du droit du travail, améliorant grandement leurs conditions de travail et leur sécurité. Bien sûr cela devrait se doubler d’un accompagnement pour celles qui souhaitent en sortir (formation, etc...).

              La stratégie suédoise de pénalisation du client seul semble avoir une certaine efficacité, mais il me semble qu’elle met les travailleuses du sexe dans une situation financière encore plus précaire.

              • brazz
                brazz répond à nitroglycerin
                • Posté à 20h49 le 13/06/2010
                • Internaute 40271

                Ouh là ! Il ne faut jeter la pierre à personne, mais remarquer que dans le même temps la prostitution sur les ferry de la Baltique, les salons de massages ou même les appartements, ont augmenté en conséquence.
                Tout comme un certain ministre de l’intérieur qui voulait réprimer le racolage passif (...), on a pu constater dans les mois qui ont suivi, à une multiplication entre cinq et dix suivant les endroits, du nombre d’annonces de salons divers, privés, donc sur lesquels la police n’a pas de regard et ne peut plus intervenir que dans le cas d’une enquète, laquelle ne peut être lancée que si on a des faits... Et voilà comment le grand Yakafokon a résolu le problème : comme dirait ma soeur anglaise, il a caché la poussière sous le tapis !

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à nitroglycerin
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 22h45 le 13/06/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                c’est donc la précarité qu’il faut combattre.......... métier ou pas métier, toutes/tous parlent d’en sortir et e faire autre chose.........

            • Samuel_A
              Samuel_A répond à lilialbazar
              Expat'
              • Posté à 17h22 le 13/06/2010
              • Internaute 112135
                Expat'

              Oui c’est le principe d’un travail. Sauf qu’en temps normal ce n’est pas le client qui vous possède mais le patron.

              Croyez-vous que celui qui visse des boulons à la chaîne du matin au soir avec un contremaître qui lui pourrit la vie et un patron qui lui fais sentir qu’au moindre pet de travers et à la moindre protestation, il sera viré et ne pourra donc plus nourrir sa famille, soit plus libre et moins « possédé » que Zahia ?

              Et celui qui vends à son patron son esprit et son temps pour servir de défouloir aux clients en travaillant au « service clientèle » dans un call center, et qui se prends des volées de bois vert et des insultes à longueur de journée pour des choses pour lequel il ne peut rien, est-il moins « possédé » ?

              Sauf que Zahia se fait dans la nuit ce que le visseur de boulon et le hotliner se font dans le mois.

              Le monde est fait (essentiellement) de gens qui vendent leur corps et leur esprit à des gens qui s’en servent (on les appelle, selon qu’on soit salarié ou en libéral, respectivement « patrons » ou « clients »)
              La différence se fait, à mes yeux, essentiellement entre ceux qui y consentent librement contre rémunération, et ceux qui y sont forcés. Plutôt qu’entre ceux qui vendent l’utilisation de leurs bras ou leurs oreilles, et ceux qui vendent l’utilisation d’autres parties plus cachées de leur corps.

              • lulu.sur.rue89
                lulu.sur.rue89 répond à Samuel_A
                Entre deux chaises, assez (...)
                • Posté à 19h42 le 13/06/2010
                • Internaute 99634
                  Entre deux chaises, assez (...)

                C’est tout de même plus facile d’expliquer à ses enfants, ses voisins, ses parents, ses amis, enfin à tout le monde, qu’on travaille au service clientèle plutôt que comme prostitué(e). Il y a peut-être une raison à cela - si la sexualité est un domaine en principe de la vie la plus privée, ce n’est peut-être pas une bonne idée de vouloir le libéraliser à tout prix...

                Et puis on attrape tout de même moins de maladie hautement désagréables au téléphone...

                Moins de coups aussi, quoique vous en disiez.

                Et puis aux gens comme vous qui ont ce genre d’arguments à la bouche, on a toujours un peu envie de répliquer : imaginez ceci : marchez dans une rue animée, et imaginez que les vingt premiers garçons que vous rencontriez, vous deviez coucher avec eux (je sais que vous êtes un homme, mais les prostituées ne choisissent pas - alors imaginez-vous ne pas non plus avoir le choix) - et continuez à vous imaginez ceci : c’est eux, vos clients, pas vous, qui choisiront ce que vous ferez au lit ; parfois ils vous frapperont (souvent même), essaieront de vous rouler ; souvent ils seront sales, moches, vieux, ou les trois à la fois. Et vous n’aurez pas le droit de dire non, pas celui de montrer votre dégoût, simplement le droit de sourire, celui de dire ah t’es fort mon chéri ; et bien sûr aussi celui d’annoncer le tarif avant que tout commence.

                Faites l’essai (imaginairement bien sûr). Il y a tout de même une assez grosse différence entre la prostitution et le call-center...

                Parce qu’une minorité (une infime minorité...) de prostituées revendiquent ce métier, faire croire qu’il est enviable, c’est un peu comme de réclamer le rétablissement de l’esclavage pour 30% de la population parce que Trymalchion en a de bons souvenirs et que cela lui a rapporté gros.

                Ceci mis à part, il faut lutter contre les call-center et la prostitution (sans toutefois les mettre tout à fait au même niveau - voir plus haut) : je ne vois pas bien en quoi le fait que certains souffrent justifient de vouloir en faire souffrir d’autres encore plus. Cela me semble être une logique assez corrompue, du genre mon chef n’est pas sympa avec moi donc j’ai le droit de taper ma femme. Personnellement, je plaiderais plutôt pour l’amélioration des conditions de travail dans les call-center plutôt que de m’en servir pour justifier tout et n’importe quoi...

                • Samuel_A
                  Samuel_A répond à lulu.sur.rue89
                  Expat'
                  • Posté à 23h24 le 13/06/2010
                  • Internaute 112135
                    Expat'

                  L’essai que vous me proposez me pose un problème : il dépeint un type de prostitution en particulier, le plus négatif possible, alors que le sens de mon propos est exactement de dire « le plus négatif existe, et il faut lutter contre sans relâche, mais il n’existe pas que cela ».
                  Envisager la prostitution comme une horreur à faire disparaître au plus tôt à partir de la pire des situations de prostitution, c’est comme envisager le travail comme une horreur à faire disparaître au plus tôt à partir de la pire des situations de travail.
                  Ce n’est pas parce que les call center existent qu’il faut interdire le travail. Mais il faut interdire les conditions actuelles de boulot dans les call center, ça c’est clair.
                  De la même façon, ce n’est pas parce que les abus, les traites d’êtres humains existent, qu’il faut interdire la prostitution. Mais il faut lutter contre les réseaux qui abusent des pauvres filles, ça c’est clair.

                  Cherchez un peu sur internet, vous trouverez foultitudes d’étudiantes qui vendent leurs services d’escort-girl pour la soirée. Un syndicat étudiant citait le chiffre de 40000 étudiant(e)s concerné(e)s. Ce n’est pas quantité négligeable.

                  Si vous voulez lutter contre leur situation, il va falloir une augmentation massive des impôts pour dépenser massivement dans les systèmes de bourses et d’allocations pour étudiants, et voter massivement à gauche de la gauche en 2012. Moi perso je n’ai rien contre (au contraire) mais y êtes vous prêt et le pays est-il d’accord ? J’ai comme un doute...
                  Du coup, si la situation alternative que vous proposez est de « sauver » ces filles de leur boulot d’escort girl pour les envoyer bosser à macdo ou au SAV d’Orange, il se pourrait qu’un certain nombre d’entres elles (ou eux, ça existe aussi) ne soient pas tout à fait d’accord avec l’idée.

                  En tout état de cause ça n’empêche pas qu’il faut lutter sans relâche, ni fausse pudeur, ni magnanimité contre les réseaux de traite d’êtres humains, leurs clients, et plus généralement les clients qui ne respectent pas les femmes. Mais ça, nous sommes déjà tous d’accord là-dessus.

                  • lulu.sur.rue89
                    lulu.sur.rue89 répond à Samuel_A
                    Entre deux chaises, assez (...)
                    • Posté à 06h48 le 14/06/2010
                    • Internaute 99634
                      Entre deux chaises, assez (...)

                    Avez-vous fait l’essai imaginaire que je vous proposais ? Arrivez-vous à vous représenter ce que cela implique, de coucher et d’être livré à quelqu’un dont vous n’avez aucune envie et qui a tout pouvoir sur vous ? Même dans les quelques cas où une prostituée a affaire à quelques personnes bien propres et correctes - ce qui, contrairement à ce que vous sous-entendez, est le lot d’une minorité ?

                    Ne faites pas comme si je parlais de la prostitution « la plus négative possible » - je parlais de la prostitution tout simplement. Et puisque vous ne comprenez pas, j’insiste : si ce n’est qu’un travail un peu désagréable, et bien, comme cette journaliste qui a passé six mois underground en travailleuse précaire, faites l’essai - ou envoyez votre copine, votre femme, votre maman ou votre fille faire l’essai si vous êtes persuadé que c’est réservé aux femmes (ce qu’on peut soupçonner être l’arrière-pensée les gens qui comme vous veulent ramener la prostitution à un travail plus ou moins banal - on a toujours tendance à minimiser la souffrance de l’autre, n’est-ce pas...). Cela leur rapportera probablement plus que leur job actuel, n’est-ce pas ?

                    Faire le parallèle entre prostitution et travail, croire que le côté insupportable ne se trouve que dans les cas extrêmes, c’est tout simplement ignorer ce que la prostitution a de ravalant, et finalement la justifier. Tout votre message ne dit que cela : elles préfèrent se prostituer plutôt que bosser, « le pays n’est pas prêt » à les sauver (outre le fait que cela n’a rien d’un argument, c’est une belle excuse de plus pour ne pas assumer la responsabilité de vos propos...), alors laissons-les se prostituer. Wow.... Allez, je persiste : faites l’expérience imaginaire la prochaine fois que vous marcherez dans une rue animée - ou carrément, allez-y, si ce n’est qu’un boulot bien payé.

                    Il ne faut pas lutter contre les clients qui ne respectent pas les femmes, mais contre ceux qui pensent que le corps humain (et dans 95% cas en fait le corps des femmes) est à vendre. Et j’ai comme l’impression que si vous en faites partie, c’est parce que vous êtes du côté des acheteurs, sinon dans les faits au moins dans la pensée.

                    • Samuel_A
                      Samuel_A répond à lulu.sur.rue89
                      Expat'
                      • Posté à 17h27 le 14/06/2010
                      • Internaute 112135
                        Expat'

                      Je me fiche de votre essai. Et puisque vous me chauffez, allez, je vous le dis : je suis étudiant, je suis bisexuel et, à quelques occasions, j’ai eu l’occasion de me faire payer quelques billets pour quelques menus services (je vous fait un dessin ?) à un homme rencontré sur internet, homme nettement plus âgé que moi soit dit en passant. Ca, c’est un essai un peu plus convaincant que « d’imaginer » ce qui nous arrange.
                      Ce que j’ai gagné en 20 minutes à chaque fois, il m’aurait fallu passer une journée entière à bosser à macdo pour le toucher. Ce n’est pas le travail le plus agréable qu’il m’ait été donné de faire - pas le pire non-plus soit dit en passant - mais je n’ai aucun regret.

                      Précisément, pour répondre à votre dernière phrase : vous êtes dans la pensée (et l’imagination), je suis dans les faits, et je sais de quoi je parle.

                      Oui la prostitution c’est parfois ou souvent des réseaux malsains. Oui la prostitution c’est AUSSI parfois ou souvent des cas comme le miens.

                      Imaginez bien ce que vous voulez. Moi j’ai le vécu avec moi.

                      • lulu.sur.rue89
                        lulu.sur.rue89 répond à Samuel_A
                        Entre deux chaises, assez (...)
                        • Posté à 21h59 le 14/06/2010
                        • Internaute 99634
                          Entre deux chaises, assez (...)

                        Ouaouh : une passe, cela fait peu comme vécu... et je ne crois pas que cela vous donne le droit pour autant de déconsidérer ce que vivent les prostituées qui subissent cela un peu plus souvent que vous... de la même manière que la petite dizaine de prostituées qui aiment leur métier et que l’on traine partout dans les commentaires et sur Internet pour justifier la prostitution ne légitiment rien du tout. Et oui, l’existence de Trimalchion ne justifie en rien l’esclavage...

                        On en revient au même : l’essai, faites-le : avec dix à quinze personnes par jour, que vous ne choisissez pas, que vous rencontrez dans la rue, qui seront probablement plus ou moins violentes, et pas un truc que vous faites rapidement une ou deux fois pour vous payer un extra - c’est cela le vécu de la prostituée moyenne...

                        • Samuel_A
                          Samuel_A répond à lulu.sur.rue89
                          Expat'
                          • Posté à 17h44 le 15/06/2010
                          • Internaute 112135
                            Expat'

                          Je ne déconsidère rien. Vous voulez à tout prix faire des généralités, je dis seulement que c’est un tort, et je me base sur l’expérience pour le dire. Que voulez-vous de plus ?

                          Vous parlez de prostitué moyenne, mon premier poste, celui auquel vous avez répondu initialement, disait quoi ? Il disait que la prostitution, ça va de l’esclave à Zahia. La « moyenne » c’est bien beau, mais par définition, ça ne dit rien des cas individuels.

                          Quand vous voyez une moyenne de classe à 10, vous considérez qu’il n’y a aucun élève doué et aucun élève en difficulté scolaire ? Et à ceux qui sortent du lot vous leur proposez quoi ? De rentrer de force dans le moule parce qu’ils désservent votre idéologie ?

                          Que vous le vouliez ou non, la vie est faite de cas individuels dont un nombre non-quantifié ne rentrent pas dans votre petit schéma de pensée. J’ai l’heur d’en faire partie, aussi vous ne m’empêcherez pas de rappeler que ces cas existent, que toutes les situations ne se valent pas, qu’il y en a un tas à combattre (les violences, le travail dans des conditions indignes, la misère) mais qu’il y a aussi des gens qui demandent seulement à ce que vous cessiez de vouloir en faire des victimes malgré eux ou malgré elles.

                          Je ne nie aucune situation négative, moi. Et je ne nie pas qu’il faille les combattre férocement. C’est vous qui souhaitez à tout prix nier les situations positives, ou les faire passer inutilement par pertes et profits.

                  • bleuet1
                    bleuet1 répond à Samuel_A
                    espère malgré tout
                    • Posté à 10h30 le 14/06/2010
                    • Internaute 65892
                      espère malgré tout

                    Je vous renvoie au site du mouvement du Nid, eux sauront vous enlever vos illusions : Lien

                    • Samuel_A
                      Samuel_A répond à bleuet1
                      Expat'
                      • Posté à 17h39 le 14/06/2010
                      • Internaute 112135
                        Expat'

                      Le mouvement du Nid dit bien ce qu’il veut. Moi je ne me fais aucune illusion, simplement parce que je ne me base pas sur un fantasme pour parler mais sur mon vécu.

                      Et après tout qu’on interdise la prostitution, je m’en fous. Je suis pas client et, si à l’occasion je peux être au contraire commerçant, je suis déjà dans l’illégalité puisque je fais ça au black.

                      Qu’on me foute la paix sur ce que je fais chez moi, qu’on cesse de prétendre me sauver contre mon gré, et de larmoyer à tort et à travers.

                      Mon corps m’appartient. Y compris dans le droit de faire payer quelques dizaines d’euros pour une fellation.

                      Enfin bon, je suis rassuré, le mouvement du nid dit que « La prostitution est une violence faite aux femmes, quel que soit l’endroit où elle a lieu ! »

                      Moi je suis pas concerné.

                  • bibimbap
                    bibimbap répond à Samuel_A
                    en travaux
                    • Posté à 12h47 le 14/06/2010
                    • Internaute 86441
                      en travaux

                    La réalité concrète de la prostitution, c’est quand même plus celle de la malienne sans papiers défoncée à l’héro qui tapine dans le froid, sous la pluie, à la merci de n’importe quel détraqué que celle de l’escort girl qui accompagne des hommes d’affaires à des dîners pour les finir gentiment après.
                    Je pense que vous donner une importance exagérée à la proportion des prostituées qui exercent dans des conditions « correctes ».
                    Certes, on entend des femmes qui réclament le droit d’être considérées comme des travailleuses du sexe, et elles soulèvent des questions qui existent réellement. Mais toutes celles qui n’ont pas la parole, que diraient-elles ?

              • brazz
                brazz répond à Samuel_A
                • Posté à 21h06 le 13/06/2010
                • Internaute 40271

                Je ne veux pas monopoliser le fil, mais je réagis sur ce genre d’affirmation qu’on entend effectivement souvent dans la bouche d’intellectuels, philosophes, etc...

                Il y a une grosse différence.

                Le travailleur négocie (trés mal car il n’en a pas vraiment le pouvoir) sa force de travail contre un salaire, souvent insuffisant, en contrpartie d’un travail souvent abrutissant ou décervelant...OK

                La personne victime de traite (l’esclavage est une des varités), n’a rien à consentir car tout lui est imposé, il est considéré comme une chose exacxtement. Une chose d’ailleurs qui est vendue et revendue à d’autres en faisant un profit. Une chose qui doit supporter les coups, les mauvais traitements et les aggressions psychologiques constantes.
                En effet, s’il peut y avoir de « bons “ patrons, il ne peut pas y avoir de ‘bons’ esclavagistes sous peine de voir fuir son capital. Il doit donc le terroriser au possible afin d’éviter cela, qui serait sa ruine et un danger. Ainsi, des tas d’histoires fantaisistes sur l’accueil réservé par la police sont répétées sans arrêt, cela revient toujours dans les témoignages et récits de vie.
                Enfin, si le travailleur peut rompre son contat suivant un processus précis, l’esclave ne le peut pas, il n’a aucune idée de la fin de son calvaire, ni même si cela va se terminer.
                Un exemple : dans un certain cas, une personne qui avait fui ses proxénètes a fait confiance -à tort- à des compatriotes, qui sous couvert d’herbergement l’ont réduite en esclavage domestique, et à la fin, comme il commençait y avoir des soupçons donc des risques, les exploiteurs ont vendu la fille pour mariage à quelqu’un qui avait 50 ans de plus qu’elle ! Je ne parle pas des maltraitances par ailleurs, elles étaient quotidiennes.
                On est loin des conventions collectives...

                • Samuel_A
                  Samuel_A répond à brazz
                  Expat'
                  • Posté à 23h11 le 13/06/2010
                  • Internaute 112135
                    Expat'

                  Vous me parlez de traite, et d’abus. Or ce que je dis, justement, c’est que la prostitution ce n’est pas QUE cela. C’est AUSSI cela, et il faut lutter contre, sans relâche et sans angélisme. Quand une prostituée ne parle manifestement pas le français, ou mal, la première réaction à avoir est de prévenir la gendarmerie.

                  Ce n’est pas incompatible avec l’idée que je puisse concevoir qu’une étudiante préfère, pour se payer ses études, faire trois passes dans le mois, que de s’abrutir 20 heures par semaine toutes les semaines à servir des frites au macdonald.

                  L’idéal serait qu’elle n’ait besoin ni de l’un, ni de l’autre, avec un système de bourses convenable, suffisant et distribué en assez grand nombre, mais ce n’est pas vraiment au programme de notre gouvernement, et croyez bien que je le déplore (je suis étudiant). Mais en attendant, quitte à devoir travailler, c’est un choix que je ne trouve pas spécialement plus terrible, ni plus honteux, que certains autres.

                  Maintenant, il est clair que Macdonalds ne force personne, tandis qu’il existe des réseaux de prostitution qui malheureusement réduisent des filles purement et simplement en esclavage.
                  Que voulez-vous que je vous dise ? C’est mal et il faut lutter contre. Et je suis prêt à donner de ma poche pour qu’on lutte contre. Si ça veut dire payer un peu plus d’impôts je ne suis pas contre. C’est aussi ça, le sens d’un engagement à gauche : accepter de payer un peu plus pour que ça puisse servir à aider ceux qui en ont le plus besoin.
                  Et les prostituées victimes de traite d’êtres humains ont le plus grand besoin d’être aidées (c’est à dire sorties de là).

                  Mais ça, je ne trouve pas très utile d’en discuter parce que nous sommes déjà, ici, à peu près tous d’accord là-dessus.

                  Ce qui m’intéresse c’est ce qui fait débat et dans ce cadre, j’avais envie de dire que la prostitution, bien qu’il ne s’agisse que rarement d’un métier agréable, n’est pas forcément une réduction en esclavage et n’est même pas la pire activité rémunérée que puisse envisager une femme... ou un homme. Car des hommes prostitués il y en a également, pour la petite histoire (les clients étant essentiellement d’autres hommes). Il y en a même parmi les étudiants. Disons que ça s’est déjà vu.

                  • bibimbap
                    bibimbap répond à Samuel_A
                    en travaux
                    • Posté à 12h55 le 14/06/2010
                    • Internaute 86441
                      en travaux

                    Vous dites « ce n’est pas que ça ». C’est dans une majorité écrasante ça, que vous le vouliez ou non. Les exemples que vous citez sont surexposés médiatiquement, tout simplement parce que les femmes concernées ont les moyens sociaux et intellectuels de se faire entendre. Du coup on peut avoir le sentiment que leur situation représente une part importante des cas de prostitution. Ce n’est absolument pas le cas.
                    J’ajoute que je serais curieuse de lire une étude un peu sérieuse sur les escorts et autres prostituées de luxe. Je serais prête à parier qu’elles ont été, comme la plupart de leur consoeurs, victimes d’abus sexuels à un moment ou à un autre. Ce n’est pas anodin de considérer son propre sexe comme une chose qu’on loue pour de l’argent. Ca suppose une véritable capacité de se dissocier de son propre corps, qu’on acquiert en général pour pouvoir sauver sa peau et sa santé mentale en situation d’abus sexuels.

                    • Samuel_A
                      Samuel_A répond à bibimbap
                      Expat'
                      • Posté à 17h32 le 14/06/2010
                      • Internaute 112135
                        Expat'

                      Il ne me paraît pas très compliqué de lutter sans pitié contre les réseaux de proxénétisme tout en foutant la paix à celles et ceux qui agissent par choix. Il n’est tout de même pas compliqué de différencier la malienne qui tapine sous la pluie de l’étudiante ou de l’étudiant qui propose ses services sur un chat sur internet. Qu’on ne vienne pas me dire que les seconds et secondes empêchent la lutte contre la situation des premières, lutte qu’il faut mener, c’est clair, mais je n’ai jamais dit le contraire.

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à Samuel_A
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 22h50 le 13/06/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                prolétaires du monde entier unissez-vous ! contre le patronat, les actionnaires du cac 40 etc.........

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h29 le 13/06/2010
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Les chiffres mondiaux et européens de ces esclaves du XXIe sont absolument effarants !
    J’espère que l’ONU ne fera pas qu’entendre les victimes, mais que peut-elle faire tant que les gouvernements n’agiront pas eux-mêmes ?
    Je me souviens des grandes envolées lyriques d’un de nos ministres sur les passeurs qui amènent des étrangers. Avez-vous entendu parler d’arrestations ? d’arrestations dans la maffia des réseaux de prostitution ?
    Des Jana, il doit y en avoir des centaines en France. Des esclaves domestiques il doit y en avoir aussi pas mal.
    Mais en France, on préfère expulser
    Lien

    Bon courage à Jana et tous ses semblables devant l’inertie de nos sociétés.

    • Virgule de Guillemet
      Virgule de Guillemet répond à caro
      avec un s !
      • Posté à 13h00 le 13/06/2010
      • Internaute 83260
        avec un s !

      « Avez-vous entendu parler d’arrestations ? d’arrestations dans la maffia des réseaux de prostitution ? »

      Les policiers, en bons commerciaux, pensent d’abord à remplir leurs quotas : démanteler un réseau de proxénètes aboutit à (relativement) peu d’arrestations, pour une grande mobilisation de temps et d’effectifs.

      Par contre, arrêter pour séjour irrégulier 2-3 prostituées par jour se traduit par une prime à la fin du mois, et de toute façon les proxénètes renouvellent immédiatement leur cheptel.

      Lamentable.

      • brazz
        • Posté à 22h16 le 13/06/2010
        • Internaute 40271

        Ce n’est pas tout à fait exact quand même. Il est vrai qu’au premier niveau on rencontre souvent ce genre de réaction, d’autant qu’ils ont une énorme pression de leur ministre. De plus, même si les jeunes policiers sont un peu plus formés en théorie, les anciens sont parfois...imlperméables.
        L’idéal serait de pouvoir faire des interventions de formation par les associations spécialisées, mais celles qui ont la compétence juridique en particulier pour ce faire, sont extrèmement peu nombreuses, pour être gentil, sur toute la France on les compte sur les doigts d’une main ! Et il y a beaucoup trop d’écoles de police, les associations devraient embaucher pour ça alors qu’elles nont déja pas les moyens. Deplus, pour parler de ces problèmes, il faiut en avoir une vraie expérience, ce qui limite les intervenants.
        Mais tout ceci dit, il est tout aussi vrai que, dans les enquêtes sur ce type de dossier, dans l’immense majorité des cas, les policiers ont toujours été diligeants et motivés. Il faut « juste » parfois donc passer le premier barrage...
        Il faut bien comprendre que ce genre d’enquête n’a rien à voir avec les autres. Déja, le nombre de personnes concernées est souvent considérable, les ramifications beaucoup plus complexes et avec pratiquement toujours des connexions à l’étranger, voire plusieurs pays.
        Les effectifs de l’Office de répression de la Traite est proprement ridicule et même scandaleux, je n’ose même pas le mentionner tant c’est à ce point ! Les enquètes de terrains sont effectuées par les policiers habituels (BRP en général, parfois les mineurs s’il y a lieu), en sus de leurs activités habituelles. Pour autant, la coopération avec les associations se passe bien, et souvent même très bien. Elles ont de plus les techniques et les pratiques pour passer plus inaperçues que les policiers et se fondre dans le paysage, en outre elles ne sont pas contraintes, pour joindre leurs collègues de l’étranger, à rédiger des rapports par la vie hierarchique, il arrive même qu’elles puissent servir à l’établissement de relations informelles directes entre policiers étrangers, du fait de leur souplesse de fonctionnement.
        Personnellement, en plus de dix ans, je n’ai jamais vu un policier négatif sur ce genre d’affaire, tout au contraire.

      • geantdefer
        geantdefer répond à Virgule de Guillemet
        L'horreur est humaine (coluche)
        • Posté à 07h06 le 14/06/2010
        • Internaute 31641
          L'horreur est humaine (coluche)

        la police viole d’abord et encore....
        les violences envers les prostitués sont dabord et hélas le fait de la police.... voir les statistiques rendues depuis des années sur le sujet...

      • oser
        oser répond à Virgule de Guillemet
        plasticienne
        • Posté à 11h30 le 14/06/2010
        • Internaute 104931
          plasticienne

        Il ne faut pas oublier que les proxénètes et mafieux aiment l’argent et le dépensent =
        font marcher le commerce ; l’immobilier, voyages, taxis, fringues, sorties etc....
        A une époque ma banque bnp (où je ne suis plus !) était dans le quartier de Pigalle (elle a déménagé) . Un jour j’y ai vu un quinca genre vulgaire ouvrir un sac de voyage dans lequel il n’y avait aucun vêtement....
        Derrière des discours trompeurs sur l’égalité, les lois etc....les proxos sont tranquilles car ils savent bien que ce qui est réellement protégé et respecté c’est le pouvoir de l’argent et peu importe d’où il vient. Et puis ils arrivent toujours à s’arranger entre hommes ...

  • sarahappy
    • Posté à 12h30 le 13/06/2010
    • Internaute 9117

    que c’est archaique dire qu’une femme témoigne de ses abus sexuels... devant les droits de l’homme. personne ne voit l’anachronisme, l’abus sexuel dans la phrase ? quand le monde entier parle des droits humains, citoyens, la langue françase resiste déshonorablement à ce rappel de subordination des non-bités-majeurs (pas de droits d’enfant, pas de droit de transexuels – exclusivement droits de l’homme). rue89, ayez l’audace : vous n’utilisez pas les mot wolof bognol pour désigner le sens originel du term (noir) et vous n’tilisez pas non plus son sens purjoratif tel glissé dans la langue française pour désigner nord africain... bien que le term est bel et bien utilisé par certains politiciens, certains forces de l’ordre, certains citoyens... mais rue89 vous avez choisit de ne pas employer ce term qui fait mal. très honorable de votre part. mais pourquoi alors continuer d’etre retrograde et employer un term qui date de plusieurs siècles, du temps que l’esclavage, la traite d’etres humains, le droit de vote nié aux femmes et non-propriétaires de terres ? pourquoi ne pas etre avant garde et refuser ce term dépassé par les réalités contemporaines ?

    • marousan
      marousan répond à sarahappy
      ingénieur
      • Posté à 12h59 le 13/06/2010
      • Internaute 95246
        ingénieur

      Mais on s’en moque, apprenez le français, on parle de droit de l’Homme et non de droit de l’homme il y a une nuance.
      Dans la langue française Homme avec un grand « H » est définit pour l’humanité et non pour le mâle. C’est un faux problème.
      Vous n’avez qu’à écrire à l’académie nationale.

      Vous polluez le forum alors que l’on parle d’un problème grave d’esclavage humain... .

      Vos petits atermoiement sur le combat féministe on s’en moque ! ! ! Là on parle de sécurité et de barbarie humaine et vous nous rabâchez les oreilles avec des problèmes d’égalité ? Vous êtes sur que vous allez bien ?

      On vous parle de réseaux mafieux qui mettent en esclavage les femmes de chez nous pour de l’argent. Qui s’en servent comme d’un objet ... C’est de la folie pure. Des gens à abattre sans sommation afin de les faire disparaitre de cette terre, d’effacer leur trace et même le souvenir de leur existence tellement leurs actes sont abjects et démoniaques.

      Et vous vous venez nous parler d’équité homme/femmes/transexuel etc ... .

      Arrêtez d’être naïve, cela n’existera jamais. Vous voulez l’égalité ? Alors portez le pantalon, faites des études et faites des arts martiaux et surtout pas de congés maternité. Et surtout habituez vous aux blagues machistes et salaces.
      Le seul moyen d’avoir l’égalité parfaite c’est de nier sa propre féminité c’est triste mais c’est un constat qui a été fait depuis 20 ans. Cela changera mais il faudra des dizaines d’années à cause du machisme ambiant bien ancré en Europe.

      • sarahappy
        sarahappy répond à marousan
        • Posté à 13h16 le 13/06/2010
        • Internaute 9117

        galoppez et ne vous retournez pas... n’apprenez pas et persistez dans la tete ensablée... vous etes certain d’évoluez comme ont fait les dinosaures... ne manquez pas les matches de foot mon pot’ pour bien communiez avec vos semblales...

         
        • marousan
          marousan répond à sarahappy
          ingénieur
          • Posté à 13h31 le 13/06/2010
          • Internaute 95246
            ingénieur

          Je ne suis pas votre « pot », j’exècre le foot et je n’apprécie pas votre manière de me tourner en dérision parceque je vous énonce une réalité bête et méchante. De plus je vous rassure je ne fais jamais de blagues machistes ou salace. Mais j’ai l’impression que vous avez du mal avec la langue de Molière.

          Je vous annonce que :

          - Votre réponse est hors sujet et qu’il est plus important de se concentrer sur le sujet de l’article.

          - Avant de parler d’égalité i faut déja changer l’image de la femme au sein de notre société et arrêter l’esclavage féminin et la première priorité pour moi.

          - Vous évoluez dans une société machiste et méditerranéenne ou la majorité des femmes sont payés moins à diplôme égal, ou les hommes adorent les blagues machistes et sexiste au travail et ou l’image de la femme est réduite à un objet sexuel il suffit de regarder les publicités à la TV pour s’en rendre compte.

          Je suis parfaitement féministe et contre l’inégalité homme/femme mais c’est pourtant une réalité aujourd’hui, les seules femme qui réussissent nient leur féminité avant d’avoir réussit à atteindre leurs objectifs.

          Nous avons donc les mêmes opinion mais il ne faut pas mélanger le débat de l’égalité et le sujet de cet article c’est un mélange des genre douteux et fâcheux si l’on souhaite sensibiliser la population sur l’esclavage humain.

          • lilialbazar
            lilialbazar répond à marousan
            travailleure sociale à Toulouse
            • Posté à 15h23 le 13/06/2010
            • Internaute 36758
              travailleure sociale à Toulouse

            l’esclavage humain et surtout féminin ! les femmes et le enfants d’abord comme d’habitude.

            • marousan
              marousan répond à lilialbazar
              ingénieur
              • Posté à 15h24 le 13/06/2010
              • Internaute 95246
                ingénieur

              C’est en tout cas le plus répandu d’après le peu d’information que j’ai sur le sujet.

        • Mehrine
          Mehrine répond à sarahappy
          Tourneur de pouces
          • Posté à 13h52 le 13/06/2010
          • Internaute 73840
            Tourneur de pouces

          Si vous accordez autant d’importance à la langue française que vous le prétendez, peut-être devriez-vous commencer par vous relire et corriger vos fautes avant de poster.

          Et juste en passant, les dinosaures ont évolué et on retrouve même des représentants de leur descendance bien vivants aujourd’hui autour de nous. Un indice : ils font cui-cui.
          On en apprend tous les jours, hein ?

          • Désinscrit le 15-6
            • Posté à 15h50 le 13/06/2010
            • Internaute 83404
              nc

            Il est inutile de faire remarquer aux riverains leurs déficiences dans la langue française.
            Je me suis moi même moquée d’un riverain dont l’écriture était quasiment illisible, il s’est avéré être finlandais je crois.
            Je me suis d’ailleurs excusée de ma bêtise.

            En toute amitié.

            • Mehrine
              Mehrine répond à Désinscrit le 15-6
              Tourneur de pouces
              • Posté à 16h54 le 13/06/2010
              • Internaute 73840
                Tourneur de pouces

              Mais le post de votre Finlandais n’avait justement pas pour objet de défendre la langue française, si ?

              Car c’est là que se trouve l’ironie de la chose.
              Quand on vilipende un article (ou plus précisément un détail de cet article) sous prétexte de défendre la langue française et qu’on est même pas foutu de commencer une seule de ses phrases par une majuscule...
              C’est la paille dans l’oeil du voisin, en somme. Et c’est vrai qu’en la matière, il y a de quoi refaire la charpente de quelques riverains. Fussent-ils Finlandais.

        6 autres commentaires
      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à marousan
        In enculo cum vibro
        • Posté à 14h19 le 13/06/2010
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Je vous ai topé, mais cherchez atermoiement dans le dictionnaire, pour la prochaine fois.

        Je rajouterais que l’opposition capital/travail est bien plus pertinente que l’opposition homme/femme.

        J’ai plus à voir avec une femme de ménage qu’avec Ernest -Antoine Seillière, et Sarahappy a certainement plus à voir avec moi qu’avec Laurence Parisot.

         
        • marousan
          marousan répond à Autist Reading -
          ingénieur
          • Posté à 15h33 le 13/06/2010
          • Internaute 95246
            ingénieur

          J’avoue que j’ai utilisé atermoiement à tort et à travers.

          L4opposition capital/travail existe mais au sein de cette opposition il existe des différences entre les hommes et les femmes qui sont criantes à compétences et expériences égales.

          C’est inique et dépourvu de sens sachant que les femmes sont en général pour un même travail aussi rigoureuse que les homme lorsque ce n’est pas plus rigoureuses.

        3 autres commentaires
      • lilialbazar
        lilialbazar répond à marousan
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 15h20 le 13/06/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        pour avoir les mêmes droits que les hommes et ben les femmes n’ont qu’à se déguiser en homme. ? ? ?
        génial, vous auriez dû le dire plus tôt. et comme ça on va y arriver à l’égalité ?
        vous êtes certain que si on découvre la supercherie, elles ne vont pas être brûlées vives ces femmes ?

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