Vie de bureau 11/06/2010 à 16h46

Mon entreprise licencie à tour de bras, mais moi je suis encore là

Catherine de Coppet | Journaliste


un ouvrier dans un atelier de maintenance de Choisy, près de Paris (Pascal Aimar/Tendance floue).

Vous les connaissez, Eco89 en avait même fait une carte au fil de la crise. Qu’ils soient liés à la conjoncture ou à des mutations structurelles, les plans sociaux mettent traditionnellement un coup de projecteur sur les salariés qui perdent leur emploi. Quid de ceux qui restent, et qui voient leurs conditions de travail se dégrader ? Témoignages.

« Quand on voit partir les salariés, on se demande sur qui va retomber la charge de travail. »

Une fausse interrogation que beaucoup pourraient reprendre à leur compte... Philippe Pétri travaille depuis sept ans sur le site de Metz de PSA, comme conducteur d’installations, un poste qui consiste à surveiller une ligne de machines.

Il a vu passer les différents PREC, les fameux « plans de redéploiement des emplois et des compétences » lancés par le constructeur automobile, synonymes de milliers de suppressions d’emplois.

Si ces départs n’ont pas directement affecté son équipe, il constate aujourd’hui de nombreux changements qui pèsent quotidiennement sur son travail.

« Comme les effectifs de maintenance ont été réduits, nous sommes obligés de prendre en charge certaines opérations, comme le changement hebdomadaire des filtres des machines. Etant donné qu’il y en a une cinquantaine, cela prend du temps !

Autre conséquence de cette réduction d’effectifs : une panne qui nécessite d’ordinaire deux minutes de réparation met quatre heures à être réglée, le temps que la maintenance arrive. Entre-temps on ne peut pas travailler. »

Sans parler des déplacements que Philippe effectue dans l’usine pour joindre les techniciens, alors qu’auparavant un intermédiaire prenait les demandes par téléphone.

« Notre job est vidé de sa substance »

Pour d’autres, les réductions d’effectifs peuvent au contraire avoir comme effet une diminution de la masse de travail, en raison de la baisse d’activité consécutive.

Michel [le prénom a été modifié, ndlr], 43 ans, est ingénieur en gestion de projets chez Alcatel-Lucent à Lannion. Ce centre, qui comptait il y a quelques années près de 2 500 personnes, n’aura plus que 900 salariés sur site d’ici la fin de l’année.

« L’un de mes collègues était responsable d’un programme à l’étranger, il s’est fait débarquer récemment de sa mission pour être remplacé par un salarié local, sans qu’on lui propose autre chose à la place. Il n’a plus rien à faire au quotidien.

Notre job est vidé de sa substance. Avec ces méthodes, on pousse les gens au départ ! »

Même constat à Montpellier chez Sanofi-Aventis. Suite à l’abandon de projets de développement au nom de la réduction des coûts, de nombreux postes ont été supprimés dans les services R&D. Un représentant syndical du site ironise :

« Les seuls qui ont du boulot, se sont les RH [ressources humaines, ndlr], le CHSCT [Comité hygiène sécurité et conditions de travail], les infirmières, le médecin du travail... »

Une façon de pointer l’impact psychologique délétère des restructurations. En particulier quand celles-ci s’enchaînent.

« Ils sont tombés dans la paranoïa »

A Montpellier, 250 personnes ont quitté l’entreprise pharmaceutique cette année dans le cadre d’un plan de départs volontaires, 42 autres personnes doivent suivre le même chemin en 2011. Le syndicaliste avertit :

« Vous ne trouverez pas un seul salarié prêt à témoigner, ils sont tombés dans la paranoïa, ils ont des enfants, des familles et craignent pour leur poste.

J’ai déjà du mal à les convaincre d’aller parler au psychologue ! »

Danièle Linhart, sociologue au CNRS au laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM), a observé le sentiment particulier des salariés « épargnés » par les suppressions de poste :

« Les gens intériorisent la culpabilité d’être restés, ils tombent dans la dévalorisation d’eux-mêmes.

Ils ont tendance aussi à se dire qu’il faut absolument qu’ils travaillent plus, pour maintenir les emplois.

Au final, ceux qui restent vont mal mais n’ont aux yeux des autres pas le droit de se plaindre. La non-reconnaissance du traumatisme est un problème majeur pour eux. »

L’avertissement a priori des syndicats

L’importance du facteur psychologique est tel que certains syndicats n’hésitent plus à le mettre en avant vis-à-vis des directions lors des négociations qui accompagnent les restructurations.

Ainsi, au centre R&D de Faurecia à Brières-les-Scellés, dans l’Essonne, une expertise a été lancée par les organisations syndicales pour évaluer les conséquences que pourrait avoir le nouveau plan social, actuellement en discussion, sur le mental des salariés. Et ce, à peine un an après une première restructuration qui a touché 320 personnes chez l’équipementier automobile.

Quand ce n’est pas la déprime qui guette, la démotivation est de toutes façons au rendez-vous, explique Michel d’Alcatel-Lucent :

« Le site compte beaucoup de salariés proches de la retraite, qui ont une vie bien occupée à l’extérieur, les PSE [plans de sauvegarde de l’emploi, des plans sociaux, ndlr] ont encouragé les personnes à se désengager, à souhaiter partir le plus tôt possible.

Les départs s’accompagnent de restrictions, notamment au niveau des gratifications comme les primes, les bonus, l’intéressement. C’est un peu lourd à force pour ceux qui restent. »

A Lannion, l’ambiance de travail s’est aussi nettement détériorée avec le départs de certains éléments-clés du management.

La plupart des personnes qui avaient des contacts au siège à Paris, et qui pouvaient peser sur les décisions concernant le site, sont partis avec le dernier plan de départs. Un vrai cercle vicieux.

Aller plus loin
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  • gillou69
    gillou69
    Technicien
    • Posté à 10h43 le 12/06/2010
    • Internaute 90570
      Technicien

    J’ai été licencié depuis 2008, 2 ans de galère.
    Il est facile d’écrire n’importe quoi.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à gillou69
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 17h40 le 13/06/2010
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Si vous le dîtes...

      EN plan social votre licenciement ? Avec près de 4 ans de salaire ? Avec une formation offerte ? Avec un prêt à 0% pour le capital d’une société ? ?

      Non mais d^^ites moi avec les éléments que vous donnez on a de quoi débattre hein ? ? ?

       
      • gillou69
        gillou69 répond à amonhumbleavis
        Technicien
        • Posté à 22h20 le 13/06/2010
        • Internaute 90570
          Technicien

        4 ans de salaire ! ...
        Vous continuez d’écrire n’importe quoi.

        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à gillou69
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 23h08 le 13/06/2010
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          Bah renseignez vous mon pauvre ...

          Apparemment vous ne savez pas ce que sont les plans sociaux dans les grands groupes...

      2 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h39 le 11/06/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Mais non, c’est de la contre information cet article ! ; -)

    On n’arrête pas de nous dire que tout va bien, que la retraite doit-etre repoussée, que le travail des plus de 5O ans doit être pérenne, que le chômage recule, que la reprise ce n’est pas vouée qu’aux vieilles chaussettes

    il faut être un peu sérieux..et écouter ce qu’on nous dit, et s’arranger pour que le vécu colle avec ce qu’on nous dit .

    (ironie).

    L’emploi salarié dans les secteurs marchands en France a progressé de 0,2% au premier trimestre 2010 par rapport au quatrième trimestre...

    la preuve na !

  • joeljoeljoel
    joeljoeljoel
    celib
    • Posté à 17h13 le 11/06/2010
    • Internaute 111648
      celib

    « Quand le travail devient dur à trouver, c’est les durs qui restent. “

    • gillou69
      gillou69 répond à joeljoeljoel
      Technicien
      • Posté à 11h15 le 12/06/2010
      • Internaute 90570
        Technicien

      Surtout les « manges merdes »

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h25 le 11/06/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    on dirait qu’ils veulent vous poussez a prendre la porte

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 17h35 le 11/06/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Aujourd’hui, il y pire que pointer au chômage, c’est avoir un emploi ! (2°)

  • l'ancien
    l'ancien
    homme
    • Posté à 17h46 le 11/06/2010
    • Internaute 46811
      homme

    une seule solution, votez Sarkozy en 2012 !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h54 le 11/06/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    J’ai connu ça, j’ai attendu pendant deux ans de voir mon nom apparaitre sur la liste des licenciés. A chaque rumeur de vague de licenciement, je croisais les doigts, et par six fois j’ai été déçu.

    Je me rappelle encore la tête intriguée d’une vieille qui me croise en sortant de la Poste où j’ai récupéré mon recommandé m’annonçant mon licenciement. Exprimant ma joie de façon apparemment visible, elle me dit avec un grand sourire « une bonne nouvelle on dirait ? ». Et là je lui réponds « oh oui, je viens d’être licencié ».

    Évidemment, sans le contexte, difficile de voir ce qu’il y a de bien à se faire virer. Mais cela peut se résumer à un nombre : 15 000€, montant des mois de préavis, des jours de congés, des indemnités et d’un bonus sorti de je ne sais où.

    Mais pour cela j’ai du patienter, j’ai vu la boite sombrer jour après jour, passer de 150 à 15 salariés, tous mes collègues partir, ce qui fait qu’à la fin je me sentais bien seul.
    C’était tellement n’importe quoi que je bossais de 12h à 18h, et j’étais totalement défoncé. Je crois qu’ils me gardaient parce qu’étant un petit jeune à l’époque je coutais pas cher mais que j’étais capable de garder plus ou moins en état de marche nos systèmes et que je connaissais bien les clients (qui eux aussi se barraient l’un après l’autre).
    Combien de fois j’ai demandé à mon boss de me virer, combien de fois m’a-t-il dit de « prendre mes responsabilité », autrement dit de démissionner.

    Je me rappelle de ces grands couloirs qui étaient grouillant de monde et puis tout vide, de ces bureaux sans plus personne, vu qu’après chaque vague de licenciement ils nous déplaçaient pour nous regrouper. Et tout ce matos qui s’entassait et qui en grande partie à fini à la casse, bien qu’on ne s’est pas gêner pour se servir.
    Je me souviens aussi du premier plan social, où l’un après l’autre on était convoqué auprès des patrons, on voyait les types sortir soulagés ou peinés. Moi je suis sorti avec un grand sourire, mais j’aurais du me douter d’un truc quand ils m’ont annoncé à ce moment que j’étais bien augmenté et que je passais cadre. J’aurais du piger qu’ils allaient me coller sur le dos le boulot d’une quinzaine de collègue (pas vraiment leur boulot, mais les parties nécessaires pour continuer à finir sa vie tranquillement).

    Enfin je leur jette pas la pierre, les investisseurs américains étaient confiant au début, mais avec 127 millions de dollar investis, cinq ans de retard dans le développement et surtout un chiffre d’affaires nul, ça ne pouvait pas durer bien longtemps la vie de château. Il est vrai qu’on est passé des slogans style « l’année prochaine, on est tous millionnaires » (c’était la grande époque de la net economy et des stocks options) à « l’année prochaine on est tous au chômage » : D

    Le plus ironique, c’est que je n’ai pas fait mon brave mec sérieux, je n’ai pas cherché du boulot dès mon licenciement et profité de mes indemnités. J’ai glandé un an et demi au chômage, sauf que les six premiers mois étaient sans indemnités et du coup mes quinze mille balle ne m’ont que permis de vivre durant ce temps vu que ça correspondait à mon salaire mensuel : D

    Enfin je crois que le pire dans une situation de ce genre, c’est la démotivation totale. On ne pense plus à l’avenir, on ne s’investit plus, on ne cherche plus d’idées géniales, on ne bosse plus que dans l’instant sans penser à faire des choses pour pas se galérer plus tard.
    Bien sur, une certaine partie du personnel ne voulait pas être viré, et du coup la peur avant de savoir ou le dégout lorsqu’ils apprenaient la mauvaise nouvelle flinguait totalement leur boulot et l’ambiance.

    • boboétie
      boboétie répond à Keldan
      • Posté à 18h27 le 11/06/2010
      • Internaute 2816

      Joli texte ! du vécu !
      Que n’avons-nous jeté nos sabots dans leurs fichues machines ! ((Mais qui se passerait de son tamagosheeeee gsm, aujourd’hui ?
      Ben, moi... Qui a dit « décroissant » ?))

      « je crois que le pire dans une situation de ce genre, c’est la démotivation totale »... rassurons-nous : un milliard d’Indiens-Chinois-... sont, eux, - mais pour combien de temps, à la vitesse où va le temps, ma pov’ dame - hypermotivés.

      À lire ton commentaire et d’autres un peu partout, l’on peut penser que, maintenant, pas mal de travailleurs se sont rendu compte que le sabotage organisé était(est) en fait bien préparé par ceux des hautes sphèèères...

  • fredericdubois
    fredericdubois
    Coordonnateur Web
    • Posté à 17h59 le 11/06/2010
    • Internaute 116976
      Coordonnateur Web

    Je n’ai pas de témoignage personnel mais je travaille sur un projet de documentaire Web dans lequel nous en avons plusieurs. Mais on passe ici de la France au Canada.

    Voici un témoignage d’un ex-travailleur forestier, de Dolbeau, au Québec : Lien

    Une histoire en plusieurs épisodes, sur un travailleur de l,automobile d’Oshawa, en Ontario : Lien

    Bon visionnement !

    Frédéric

    Frédéric Dubois
    Coordonnateur Web, Projet PIB
    Office national du film du Canada (ONF)
    Lien

  • Pas lolo
    Pas lolo
    fasciné
    • Posté à 18h44 le 11/06/2010
    • Internaute 29635
      fasciné

    Perso j’ai assisté à ce que je qualifierais du top en la matière.
    Les mecs avaient réservé une salle dans un espace extérieur à leurs bureaux pour une réunion de motivation des troupes.

    En gros, les actionnaires avaient décidé de liquider l’entreprise mais ils avaient deux projets d’infrastructures assez lourdes à livrer à leurs clients (publics). Genre de trucs à 200 millions de francs, à l’époque.

    La réunion avait pour but de bien faire prendre conscience des enjeux de délai du projet.
    Je me vois encore en train de mater le powerpoint du roi du manajemant qui expliquait que réceptionner l’installation le plus tôt possible était vital.
    Ca limitait nos risques en terme de pénalités et... de frais de personnel.
    En gros, bossez bien, on pourra vous virer plus tôt.

    Moi, perso, j’étais d’une boîte de loc. Censé démarrer leur machin, genre coordinateur essais.
    Et là, j’ai pensé « I’m fucked ». La suite m’a donné raison.

    Difficile de motiver des gens à bosser quand mieux ils bossent, plus ils se rapprochent de la porte.

    PS : Bien entendu aucune sorte de prime de résultat pour le personnel.

  • Herby
    Herby
    encore là
    • Posté à 19h03 le 11/06/2010
    • Internaute 116252
      encore là

    Et ceux qui travaillent au siège à Paris et qui ont été miraculeusement épargnés, comment le vivent-ils d’un point de vue psychologique ?

  • MamaPacha
    • Posté à 19h08 le 11/06/2010
    • Internaute 109998

    Pas con l’idée de monter les salariés « restants » contre les « salopards qui ont de la chance d’etre virés » .....

    c’est dans la suite logique du profiteur rmiste à 400 euros et des brouettes qui a bien de la chance ... par rapport à celui qui bosse pour 800 , un taf de chien ...

    ça evite des débordements avec les directions, les syndicats, etc ...

    ceux qui se barrent avec des « sommes-qu’ils-ne-gagneraient-pas-au-loto » contre les pauvres cons qui bossent 18 h sur 24 sans etre vu ....

    CEUX QUI RESTENT ET CEUX QUI PARTENT SONT TOUTES DEUX DES VICTIMES DU TRAVAIL ACTUEL ! ! !

    Il va falloir lever la tête et regarder en haut ...

    mon Dieu ...

  • expat
    • Posté à 19h50 le 11/06/2010
    • Internaute 25627

    Une etude americaine publie dans un des hebdomadaires montraient que les boites qui font des grosses charrettes sont en general condamnees a terme parce que ceux qui reste n’ont plus confiance ni motivation.

  • lkji
    lkji
    bof
    • Posté à 20h45 le 11/06/2010
    • Internaute 115630
      bof

    ces entreprises sont gerer par des cadres qui ont les mêmes methodes de travail, et qui passent d’une entreprise à une autre pour mettre en place la même politique.
    l’ancien directeur de l’usine de boite de vitesse peugeot de Metz est devenu directeur de l’usine de retraitement de dechet nucleaire areva de la hague (ex-cogema).

  • PatG
    PatG
    (.)
    • Posté à 21h11 le 11/06/2010
    • Internaute 62759
      (.)

    J’ai vécu ce genre de situation récemment.
    Une petite multi-nationale qui rachète un concurrent qui finit par nous bouffer...

    Peu à peu nous avons perdu notre travail (R&D informatique) au profit des sites aux USA et surtout en Chine.
    Le management local, totalement incompétent, a malheureusement contribué à démotiver les troupes encore un peu plus et à planter les rares projets qu’on avait encore...

    Un beau jour nous avons appris que la moitié de l’effectif était licenciée. Je faisais partie des « survivants ».
    J’ai moi aussi tenté d’être ajouté au plan social, en vain...

    Bien sûr, les projets n’étant pas encore terminés, après le licenciement de personnes-clés, la situation n’a fait que se déteriorer.
    J’ai vite envié les bien-heureux partis avec plusieurs dizaines de milliers d’euros d’indemnités. (ils ont quasiment tous retrouvé du travail).

    J’ai fini par trouver un nouvel emploi et démissionner, la situation étant non seulement intenable mais en plus sans espoir d’amélioration.

    Je suis heureux dans mon nouvel emploi, et j’ai même réussi à être un peu augmenté au passage, chose exceptionnelle en ces temps difficiles.

    Pourvu que ça dure...

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 21h37 le 11/06/2010
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Je me souviens il y a presque 10 ans, la crise « internet ».

    Il y avait ceux qu’on virait... Avec 1 ou 2 ans de salaire en prime de départ (ni vu ni connu aux yeux du fisc, la prime bien sur). Avec le chômage, ça leur faisait 4 ans à la maison, sans perte de salaire... Et puis finalement, ils retrouvaient 6 mois, 1 an après. Avec une baisse de salaire certes, mais l’opération avait été largement fructueuse.

    Il y avait ceux qui restaient... Plus de prime, plus de frais, plus de faux frais, plus d’augmentation pendant des années, plus de « cadeaux »... Et aussi + de travail, + de déplacement, + de pression...

    Il y a aussi ceux qui ont tout fait pour se faire virer. Partir avec le pactole pour changer de vie, de métier, de région, s’occuper de ces gosses, retaper une baraque, monter son magasin, sa boite...

    Certains ont aussi compris qu’on gagnait plus d’argent a se faire licencier régulièrement, qu’a attendre une promotion...

    On nous surine sur les malheureux licenciés, les malheureux chômeurs, les malheureux intérimaire... Chaque catégorie doit avoir ses bienheureux et ses malheureux.

    • Spool
      Spool répond à azerty69
      ici
      • Posté à 16h28 le 12/06/2010
      • Internaute 52054
        ici

      Chaque catégorie doit avoir ses bienheureux et ses malheureux.

      et pourtant toutes les catégories ne sont pas égales

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 22h19 le 11/06/2010
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Sans compter les smicards qui feraient mieux d’être virés que de bosser, vu qu’avec toutes les réductions qui s’y greffent, le rmiste reçoit environ 1200€/mois.

    • kikekoi
      kikekoi répond à Atlantis
      toujours de bonne foi
      • Posté à 00h54 le 12/06/2010
      • Internaute 29279
        toujours de bonne foi

      t’es con ou quoi ?

  • cunégonde
    • Posté à 22h40 le 11/06/2010
    • Internaute 23400

    Je n’ai même pas encore lu l’article, mais je peux déjà vous dire : la photo m’a littéralement aimantée... ça faisait longtemps.
    j’ai cliqué presque sans m’en aperçevoir

    Photo de Pascal Aimar, en noir et blanc, puissante, brute, pudique et sensible à la fois, avec un angle parfait, on ne voit pas les yeux de l’employé que l’on imagine pleins de doute... Art de la photo par excellence, exprimer ce que les mots peinent à dire.

    Les mots justement : je vais de ce pas le lire, l’article.

    Mais il fallait que je vous en fasse part, à Rue89 :
    Elles me manquaient les photos de Tendance Floue.
    J’en veux plus.

  • jpn
    jpn
    conseiller à l'emploi
    • Posté à 00h10 le 12/06/2010
    • Internaute 116393
      conseiller à l'emploi

    Bonsoir à tous,

    Les différentes perceptions des charrettes par les intervenants montrent toutefois une certaine vision commune : Qu’est-ce qui serait meilleur pour moi ?

    Etre dans la charrettes des licenciés économiques ou rester dans la boite ?

    Prendre le pognon ou travailler sans but et sans espoir d’une vie professionnelle meilleure ?

    Pendant de nombreuses années je me suis posé cette question lors des restructurations, des rachats partiels ou complets d’entreprises, des délocalisations de sites industriels, mais aussi de fermetures définitives d’établissements stratégiques pour la France : Quel montant doit-on négocier pour obtenir le quitus des salariés ?

    Ma première intervention remonte à 1969 lors de la liquidation de l’entreprise Ducellier dans le secteur de la pièces automobiles par les actionnaires américains de Bendix, d’Air equipement et de Lookeed.

    Le maître d’ouvrage de la mission était un ingénieur de production spécialiste de la méthode « PERT » et du « chemin critique ». Expert des goulots d’étranglement, il avait été responsable de la production allemande de matériel de guerre sur le nord de la France et la Belgique.

    Malgré les bombardements alliés sur sa zone de responsabilité, il a pu maintenir l’outil de production en état et avoir permis aux nazis de reculer l’échéance finale de leur régime de plus de six mois et malheureusement faire des centaines de milliers de victimes supplémentaires.

    A la fin de la guerre, en 1945 les dirigeants des entreprises américaines participantes au plan Marshall l’ont mis à l’abri en plus confiant des missions de reconstructions industrielles.

    Sa dernière mission en 1969 était donc pour moi ma première mission. Ayant compris rapidement que je travaillais avec le « docteur folamour », j’ai retransmis des informations stratégiques aux responsables syndicaux de l’entreprise Ducellier.

    La Direction de l’entreprise Ducellier avait informé le personnel que les usines de la Région Parisienne seront regroupées dans un site unique moderne à Clermont Ferrand.

    La réalité était tout autre, les actionnaires américains et anglais avaient décidé de se retirer de cette activité en France pour se concentrer sur leurs métiers de base dans le secteur aéronautique et transférer à terme les machines et les savoir-faire dans d’autres pays à coût de main d’oeuvre plus faible que la France de 1969.

    Pour bien comprendre, il faut se rappeler les grosses augmentations des salaires conventionnels et du SMIG après les grandes grèves de 1968 dont la manifestation du 13 mai 1968 qui avait mis dans les rues de France 13 millions de manifestants constitués par des travailleurs et leurs familles.

    Malgré la qualité indiscutable des informations provenant de notre cabinet d’audit seule la CGT compris la stratégie des actionnaires et refusa de signer le protocole d’accord du groupe américain. Ce syndicat informa correctement le personnel. Les autres syndicats ouvriers jugèrent improbable la liquidation de cette ancienne et grosse entreprise métallurgique française.

    Le personnel à 50 % préféra prendre l’indemnité de départ et réchercher du travail dans leur domaine dans la région parisienne. Les autres vendirent leur biens immobliers pour le réinvestir en Auvergne afin d’être proche de la nouvelle usine flambant neuve. Un an plus tard, celle-ci ferma effectivement laissant incrédule ceux qui avaient cru aux promesses.

    Après avoir eu de nombreuses missions de ce type dans ma vie professionnelle, je n’ai plus jamais informé les syndicats des stratégies industrielles ou financières des entreprises multinationales. Mais aujourd’hui, je travaille comme un obscure conseiller à l’emploi à pôle-emploi et mes collègues ne crurent pas un mot à la disparition de l’ANPE en 2006 puis bientôt de celle de Pôle-Emploi.

    Bonne chance à tous,

    JPN

  • kikekoi
    kikekoi
    toujours de bonne foi
    • Posté à 00h43 le 12/06/2010
    • Internaute 29279
      toujours de bonne foi

    les derniers à rester sont les rh
    enfin une fonction productive dans nos entreprises

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 04h21 le 12/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    @ Augustin

    Bonjour à Augustin Scalbert, et bonjour à La RUE 89

    J’espère que cette journée commencera pour vous dans le soulagement d’une totale mise hors de cause, pour vous-même, pour la Rue dans laquelle vous traînez vos baskets, et pour tous ceux qui auraient été injustement soupconnés, de vol, de recel ou de que sais-je encore.

    J’espère qu’après cette audience d’hier, le droit à l’Information en aura repris quelque vigueur, retrouvé ses couleurs de sincérité...
    ....et qu’aucune demande de mise en examen n’aura été formulée contre vous.

    Yvon le Zébulon

  • dzan
    • Posté à 08h53 le 12/06/2010
    • Internaute 26357

    J’ai vécu celà.
    Après plusieurs plans de suppressions de postes- c’est la façon patronnale de signifier des licenciements- nous en étions réduits à parier, qui serait le prochain de notre service.

    Mais, comme dans un jeu ( malheureux) de hazard, ce ne fut pas ceux qui s’y attendaient qui furent les « gagnants ».
    Je me rappelle, il n’y avait pas les portables à cette époque, la queue devant la cabine téléphonique de l’usine, pour téléphoner à l’épouse, pour savoir si cette fichue lettre recommandée, était arrivée.
    J’ai vu des cinquantenaires, pleurer, comme des enfants.

    Et beaucoup, comme moi, passés à travers, ne plus oser regarder les potes licenciés.

    J’avais l’impression d’ètre coupable, de ne pas faire partie du lot.

  • pier31
    pier31
    reprendre la main
    • Posté à 11h42 le 12/06/2010
    • Internaute 64394
      reprendre la main

    Une bonne solution a tous ces problèmes :

    LA FIN DU TRAVAIL ET LE REVENU UNIVERSEL

    Lien

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  • observeur
    observeur
    Libre penseur chez les ch'tis
    • Posté à 13h00 le 12/06/2010
    • Internaute 37812
      Libre penseur chez les ch'tis

    Parmi ceux qui sont restés, il n’ y a pas que des chanceux, il y a aussi des lèches cul de patrons, toujours à raconter sur les collègues, à courir derrière les chefs, en espérant être dans la confidence et donc dans les petits papiers !

    • dzan
      dzan répond à observeur
      • Posté à 21h02 le 13/06/2010
      • Internaute 26357

      Pas forcément.

      Je me rappelle ( en 1992) parmi les licenciés, il y en avait un qui nous a sorti.
      « Eh bè, c’était bien la peine, d’être venu, charger les camions la nuit pendant la grève de ..198.... Y m’en sont même pas reconnaissants »
      Ce qui n’empeche pas ce que vous écrivez.

  • rahaan
    rahaan
    situation
    • Posté à 15h02 le 12/06/2010
    • Internaute 79188
      situation

    à la vue du titre de l’article, je pensais qu’il serait orienté sur l’aspect « solidarité » avec ceux qui perdent leur emploi...

    en fait, non, je croyais que vous étiez de gauche ?

    • Spool
      Spool répond à rahaan
      ici
      • Posté à 16h07 le 12/06/2010
      • Internaute 52054
        ici

      lisez bien l’ensemble des réactions à l’article, elles montrent il me semble à quel point être en poste ou licencié n’est plus à lui seul le bon indicateur de la souffrance
      du coup le care à la Aubry, une société organisée pour les plus fragiles (pas les en poste ou les au chômage, non, les plus fragiles) jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus me paraît finalement d’une modernité éclatante en détournant le regard des questionnements rigides et mal formulés parceque d’une autre époque (êtes vous au chomage) et en ramenant le regard sur la variable qui compte : avez vous un capital (de toutes natures) suffisant mener une vie autonome et heureuse, au travail ou pas ;
      bon j’interprète peut être à l’excès, mais ce care me paraît de plus en plus intéressant, et « de gauche » façon poing volontaire levé
      c’est pas le moindre intérêt de l’article que d’aborder ce genre de questions en creux ( bon j’interprète peut être à l’excès : -)

      • rahaan
        rahaan répond à Spool
        situation
        • Posté à 16h50 le 12/06/2010
        • Internaute 79188
          situation

        En tous cas, merci pour votre réponse, car je vous avoue que je n’ai pour ma part, pas une sensibilité forcément « à gauche »

        Mais vôtre point de vue m’a apporteé un angle pour voir les choses que je n’avais pas forcément envisagé

  • Arthur-J
    Arthur-J
    Déserteur
    • Posté à 15h35 le 12/06/2010
    • Internaute 116150
      Déserteur
  • jpn
    jpn
    conseiller à l'emploi
    • Posté à 19h45 le 12/06/2010
    • Internaute 116393
      conseiller à l'emploi

    Bonsoir à tous,

    J’interviens à nouveau sur le sujet des restructurations d’entreprises car je n’ai pas evoqué l’évolution de l’attitude des salariés licenciés et des salariés restants au cours de ces trentes années passées à « trancher dans le vif » puis dix ans à conseiller les demandeurs d’emploi.

    La perte progressive de solidarité dans le monde ouvrier est une évidence difficile à constater. La disparition du fait syndical éclaire le comportement individualiste des français dans leur vie professionnelle. Si à la fin des années 1960 le taux de syndicalisation dépassait 40 % en moyenne, aujourd’hui celui dépasse à peine 5 %.

    L’absence de structure syndicale explique la facilité des liquidateurs et autres restructurateurs pour opérer « à vif » dans les effectifs sans craindre une réaction solidaire des salariés de l’entreprise concernée ou des salariés des entreprises avoisinantes.

    Les licenciements collectifs sont perçus comme une maladie transmissible comme la peste. Et les gens se sauvent, se protègent en disant pas moi.

    Les plans sociaux ne sont plus comme à la grande époque assortis de mesures de reclassement, de versement d’indemnités conséquentes de un an, voir de deux ans de salaires, de paiement de formations et pour les anciens de pré-retraites à partir de 50 ans.

    J’ai pu verifier en travaillant à l’ANPE puis à Pole-Emploi que les règles du jeu deviennent l’absence de règle du jeu. L’Inspection du Travail n’intervient plus comme en 1970 et 1980. Les négociations avec les représentants du personnel ont disparu aujourd’hui. Les licenciements sont la plupart du temps individualisés pour ne pas respecter les règles des conventions collectives.

    D’ailleurs j’ai pu vérifié auprès de plusieurs milliers demandeurs d’emploi depuis 2000 que ceux-ci ignoraient les droits sociaux des salariés, méconnaissaient le fonctionnement des institutions comme le Conseil des Prud’hommes, les ASSEDIC (qu’ils associent à l’Etat), les maisons des handicapes, les Syndicats Ouvriers, etc.... Ils attendent « tout » des politiques pour résoudre leurs problèmes économiques et sociaux.

    Attention au réveil,

    JPN

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 04h30 le 13/06/2010
    • Internaute 81504
      sociopathe

    « L’un de mes collègues était responsable d’un programme à l’étranger, il s’est fait débarquer récemment de sa mission pour être remplacé par un salarié local, sans qu’on lui propose autre chose à la place. Il n’a plus rien à faire au quotidien. Notre job est vidé de sa substance. Avec ces méthodes, on pousse les gens au départ ! »

    L’angoisse du cadre a cravate rose pour qui la creation de presentations PowerPoint a destination d’un auditoire encore plus cretin que lui constitue un « travail ». Mettez-le face a l’evidence de son inutilite et le voila confronte a une crise existentielle majeure.

    Quiconque a deja travaille pour de vrai accepterait volontiers d’occuper un poste sans responsabilites et sans objectifs. Au pire ca laisse le temps de refaire son CV et de chercher un nouveau boulot, le tout aux frais de votre employeur actuel.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 23h41 le 13/06/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    « Mon entreprise licencie à tour de bras, mais moi je suis encore là “
    Qu’est-ce que tu veux qu’on te dise ?
    Ou tu as le c..bordé de nouilles, ou tu es le roi des fayots.