A debattre 25/11/2007 à 15h22

Amazon présente son « Kindle » : vers la mort du livre-papier ?



La question n’est pas nouvelle : le livre électronique va-t-il tuer le livre papier ? Elle se pose de nouveau avec la présentation cette semaine, par Jeff Bezos du « Kindle », que le patron d’Amazon décrit, en bon marketing, comme l’équivalent de l’iPod musical pour la lecture.

Lancé à grand renfort de publicité (voir la cover de Newsweek ci-contre, ou voir la vidéo de présentation de l’engin par Amazon en cliquant ici), le Kindle permet de télécharger en wifi (contrairement au Reader de Sony qui doit être relié à un ordinateur) un livre entier à moins de dix dollars (ça se passe pour l’instant qu’aux Etats-Unis), d’en stocker jusqu’à 2000, de faire des recherches de mots ou de phrases sur tout le livre, de recevoir aussi son journal ou son blog favori, et le tout dans un confort de lecture et de navigation apparemment agréables. Francis Pisani, auteur du blog « transnet », qui l’a testé en Californie, semble ainsi séduit... D’entrée de jeu, Amazon offre un catalogue de 88000 titres, et a poussé les éditeurs américains à numériser tous leurs nouveaux livres.

S’agit-il seulement d’un beau gadget à 399 dollars opportunément lancé à la veille de Noël (Sony a déjà lancé son « Reader » à 299 dollars, moins performant semble-t-il) ? Ou bien s’agit-il réellement du début d’une révolution technologique qui, comme le mp3, va transformer tout un secteur, celui de l’édition, de la librairie, en un mot de la lecture ? Voire conduire à l’extinction de l’impression papier, comme le pronostiquent quelques gourous techno. Les avis sont partagés sur l’ampleur de cette révolution, mais personne ne prend le risque de pronostiquer l’échec de cette innovation, dont les premières tentatives, il y a une décennie, avaient pourtant échoué.

Les éditeurs français observent de loin ces évolutions. Peu d’entre eux ont encore une véritable réflexion sur le numérique, et certains ont même découvert le Kindle lorsque nous leur avons demandé leur avis. Ce n’est pas le cas de Laurent Beccaria, fondateur des éditions Les Arènes (et par ailleurs -disclaimer- actionnaire ami de Rue89), qui a depuis longtemps une réflexion sur le sujet. (Ecoutez le son.)

Pour le Pdg de Grasset, Olivier Nora, le papier restera pour de longues années encore le support privilégié de la littérature. Mais lui aussi prend acte de la technologie, même s’il reconnait que les initiatives, s’il y en a, se prendront au niveau de sa maison mère, le groupe Hachette, plutôt qu’à celui d’une PME comme Grasset. (Ecoutez le son.)

Guillaume Robert, éditeur chez Flammarion, trouve lui aussi ce projet « très intéressant » :

« il est complémentaire à l’objet livre. Autant l’E-book était un substitut, autant cette idée est un complément. D’autant qu’il exige la participation des éditeurs, apparemment. Nous n’avons encore rien décidé par rapport à cette étape, mais nous allons prendre en considération cette évolution.

Par contre, j’ai l’impression que cette idée sera un outil de travail pour les non-fiction, pas pour les romans. Ce projet touche le pratique. Un éditeur de fiction, comme moi, publiera au mieux les bonnes feuilles d’un livre, pas la totalité. La littérature pure ne me paraît pas concernée par l’idée.

Le seul danger, si on élargit le sujet et qu’on réfléchit à l’influence d’un tel projet, c’est que les écrivains en viennent à faire comme certains en musique (Radiohead par exemple) et s’auto-publient sur le Net, croyant y trouver un eldorado qui n’e serait qu’un leurre, car ça ne leur apporterait pas de visibilité. Il faudra toujours des éditeurs pour travailler un texte, le publier » .

Côté auteur, l’écrivain Ariel Kenig ( » Quitter la France » ) se montre positif et serein face à cete évolution technologique :

« La numérisation des livres est primordiale. Pour avoir téléchargé quelques classiques, j’ai été stupéfait de ce qu’elle facilitait dans une optique de recherche : détection d’occurences, relevé d’indices stylistiques, navigation accélérée à l’intérieur du texte... Et je n’ose pas imaginer, en termes d’intertextualité, ce qu’une bibliothèque numérique, intégrant au passage la production contemporaine, ouvrirait comme possibles. Pour une fois que la technologie se met au service de la littérature, je n’ai vraiment pas envie de cracher dessus.

Mais ceci pose effectivement problème, notamment dans le cas du roman. La littérature n’est ni divisible, ni “ résumable” , de la même façon que les films, la musique ou le spectacle vivant ne le sont pas. Toutefois, qui s’indigne aujourd’hui du chapitrage des films en dvd ? Qui s’offusque du découpage d’un album en singles ?

Je suis le premier à regretter cette atomisation de l’art. Dans notre société liquide, nos “ livres brisés” (pour reprendre Serge Doubrovsky) sont des grumeaux. Jusqu’alors, malgré les raccourcis, les citations et les pitchs, malgré sa propre fragmentation (qui n’est qu’un signe des temps), le roman demeurait une forme relativement résistante au zapping. Il est très probable qu’elle ne le soit plus. Mais peu importe. Ce n’est pas mon problème.

Je continuerai à défendre la littérature comme rempart nécessaire à la société de la vitesse et des flux. Dans la mesure des forces et des faiblesses de mon écriture, je m’évertuerai à garantir l’autonomie de mes romans, leur continuité, leur valeur » .

Le débat est lancé : vous êtes lecteur, libraire, auteur ou éditeur, comment accueillez vous ce saut du livre dans le numérique ? Etes vous prêt à lire Guerre et Paix sur un « Kindle » ou ses probables concurrents à venir ? Quel avenir pour le livre papier ? Donnez-nous votre avis.

Hubert Artus et Pierre Haski

  • 16823 visites
  • 199 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    « S’agit-il seulement d’un beau gadget à 399 dollars (près de 600 euros) »

    Tiens l’euro s’est écroulé et personne n’en a parlé

    • Yaumegui_from_Paris
      Yaumegui_from_Paris
      « Il ne suffit pas d'être (...)
      • Posté à 16h50 le 25/11/2007
      • Internaute 8001
        « Il ne suffit pas d'être (...)

      Allez faire de l’essence tout de suite, avec un $ aussi fort, les prix à la pompe vont exploser ! Mais que fait le gouvernement ? !

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à Yaumegui_from_Paris
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 06h26 le 26/11/2007
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Avant la revente aux pompes à essence,
        le pétrole est acheté en euros et non pas en dollars.

        De ce fait, il est plus stable. Et grâce à l’euro, l’augmentation
        que l’on connaît actuellement est fortement limitée. Merci l’euro !

        Mais quel rapport avec cet e-Book ?

    • Anonyme

      pour 600 euros, j’en aurai 3 ! !

      • marabbeh
        marabbeh
        au comptoir du café du commerce
        • Posté à 18h41 le 25/11/2007
        • Internaute 20412
          au comptoir du café du commerce

        2 pas plus... $399 donnent 266€ (avec 1€ = $1,50). Le journaliste a multiplié par 1,5 au lieu de diviser par 1,5.

         
        • Pierre Haski
          Pierre Haski répond à marabbeh
          Cofondateur Rue89
          • Posté à 20h38 le 25/11/2007
            éditeur
          • Journaliste 9
            Cofondateur

          Bon d’accord, j’ai jamais été bon en maths ! J’ai effectivement multiplié au lieu de diviser... Le lecteur aura rectifié de lui-même comme on dit !

          • Lemmy_Nothor
            Lemmy_Nothor répond à Pierre Haski
            - Gone fishing !
            • Posté à 11h25 le 26/11/2007
            • Internaute 12434
              - Gone fishing !

            Vous êtes pas si mauvais que ça en math........la preuve, vous avez du répondre a la question..........5+2...avant de poster votre reponse.

            A moins que les journaliste de Rue 89 n’ait pas à répondre a la question de math ? ?

            Je ne suis pas un automate.........

          • Nonna
            Nonna répond à Pierre Haski
            • Posté à 16h00 le 30/11/2007
            • Internaute 20628

            Mon propos n’est pas de de participer à cette version virtuelle de la guerre des anciens et des modernes, mais de parler des écrivains. Pour moi, la question du support n’est pas anodine mais elle est quand même très secondaire. Plutôt que d’échanger à l’infini sur le prix de pétrole, si nous parlions plutôt des livres ? C’est un peu triste quand les pages « littéraires » des journaux (papier ou en ligne peu importe) parlent d’autre chose ou volent au secours du succès. A ce sujet j’étais très heureuse de découvrir dans le dernier « Réforme » (en ligne) la page consacrée aux livres où le critique prenait le temps de faire partager ses impressions et, à côté d’ouvrages primés (le dernier Goncourt) et de livres d’auteurs connus, il faisait de la place à un roman qui est pourtant sans doute le plus original de la rentrée : « Portrait de soulesme » d’Olivier de Pierrebourg.

        • Anonyme répond à marabbeh

          Je possede un millier de livres qui occupent 4 grandes bibliothèques dans mon minuscule studio.
          Je rêve donc d’avoir Kindle disponible en Europe, je l’acheterai et j’acheterai tous mes prochains livres au format numérique ! Que d’espace gagné, et que de démenagements facilités !

          • Anonyme

            je ne suis pas d’accord avec vous.
            bon c’est vrai j’avoue je suis une jeune bibliothécaire, et je voue un véritable amour au livre papier.
            c’est quand même beau non une bibliothèque bien fournie ?
            alors que ces petits gadgets sont pas mal j’avoue, mais entre mon ipod, mon pcket pc et mon smartphone, je vais me perdre ! !
            vraiment, si un tel objet se démocratise, que va devenir la petite bibliothécaire que je suis ?
            je trouve que nous avons à faire à uène société de plus en plus individualiste, qui ne sort plus de chez elle, c’est bien dommage.

      • Marine 2012
        Marine 2012
        Hymen troué par neuf hymen (...)
        • Posté à 23h41 le 25/11/2007
        • Internaute 22071
          Hymen troué par neuf hymen (...)

        La mort du livre papier ? Qui s’en plaindrait ? Ce sont les arbres qui vont être contents. Et puis les lecteurs car les livres au format électronique (PDF, CHM, HTML) sont moins chers (quand ils sont payants), ils ne se dégradent pas au fil du temps, ils sont copiables (ordinateur de bureau au travail, laptop à la maison, etc...), pas besoin de les transporter sous le bras dans les transports en commun, ils tiennent sur une clé USB (50 grammes au lieu de 3 kg), et puis ils sont livrés instantanéments en téléchargement immédiat (au lieu d’attendre une à deux semaines).

        Voici un site qui propose des livres aux formats papier et électronique : Lien - Ma dernière commande au format papier remonte à 2006. Depuis je favorise le format électronique. Je commence à me monter ma petite bibliothèque électronique : -)

        Le livre au format papier est mort, vive le livre 2.0 !

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Marine 2012
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 01h59 le 26/11/2007
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Un livre sur papier n’a plus sa place depuis des années que dans un Musée du livre, avec les incunables... Il va durer comme objet d’art, mais pour transmettre un contenu... ridicule. Vous vous voyez répondre à ce commentaire par une lettre... ? : -))

          Lien

          Pierre JC Allard

          • Claude PELLETIER
            Claude PELLETIER répond à pierrejcallard
            Retraité dans son jardin
            • Posté à 13h47 le 26/11/2007
            • Internaute 10710
              Retraité dans son jardin

            Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour ces facéties honteuses et qui ne faisaient rire que moi ! Il est possible que vous n’ayez pas rencontré ma toute première réaction éméchée. Vous envisagiez que l’on réponde à votre commentaire par une letttre. J’avais réagi par un « X » à savoir la première et seule « lettre » qui me venait à l’esprit. J’ai constaté depuis que le service de nettoyage avait fait son œuvre ce dont je le remercie et ce qui me rassure. La honte !

            • Marine 2012
              Marine 2012 répond à Claude PELLETIER
              Hymen troué par neuf hymen (...)
              • Posté à 15h29 le 26/11/2007
              • Internaute 22071
                Hymen troué par neuf hymen (...)

              Transmission de pensée ? Quand le mec a dit qu’il n’imaginait pas répondre à ce message par une lettre, j’ai tout de suite pensé répondre par la lettre « Y » (Yes).

          • Anonyme répond à pierrejcallard

            Ami des ordinateurs et des nouvelles technologies sortez un peu la tête de votre écran plasma et allez faire un tour au salon du livre de Montreuil cette semaine, vous constaterez la superiorité du papier sur votre barda electronique...
            bon courage

            • Anonyme

              Bien vrai longue vie à ce salon !

          • Anonyme répond à pierrejcallard

            SANS COMMENTAIRE

          • Anonyme répond à pierrejcallard

            Un livre sur papier n’a plus sa place depuis des années que dans un Musée du livre, avec les incunables... Il va durer comme objet d’art, mais pour transmettre un contenu... ridicule. Vous vous voyez répondre à ce commentaire par une lettre... ? : -))

            Lien

            Pierre JC Allard

            reponse

            bien sur...
            tout le monde a cet argent pour lire un livre en mode multimedia. de plus lire en multimedia est une autre facon de lecture.

            enfin , pourquoi pas bruler les bibliotheques , l acces a tous a la culture

            rien de tel le contact du livre , et le prix est nettement plus raisonnable et plus ecologique

            vive le modele americain, le livre n a plus sa place dans ce mode de societe - voyant les incultes (demander a un americain ou se trouve la france...)

            mais votre produit est fait avec quelle matiere du petrole - ca brule bien, le petrole, plus que du papier. bientot au prix du petrole c est cet objet qui sera dans un musee...

        • Anonyme répond à Marine 2012

          Un livre fait de papier, c’est aussi une couverture, une odeur, une texture ... Tout un univers intime, un rapport charnel, relation sensuelle, au texte et à la pensée d’autrui, que la lecture sur écran n’offrent pas.

          Il me semble qu’on ne s’approprie pas un document word etc... comme une feuille en main.

          On objectera que l’intimité se reporte sur le support ipod ou kindle. Chacun aura son Kindle...

          Il y a néanmoins une différence : le kindle est sur-narcissisant... Moi, moi et moi avec mon cellulaire, mon ipod, mon kindle... tous ces prolongements de moi-même, après ma voiture, ma télé, ma maison, ma femme et mes enfants...

          Comment expliquer une intuition imprécise ?

          Le texte téléchargé comme le morceau musical, devient un parfait objet. Une sorte d’inversion s’opère : là où le livre est objet et son contenu de l’esprit, là où il y a l’investissement affectif se réalise de manière équilibrée entre le support et le contenu, avec kindle, l’appareil devient hyper-affectif, surinvesti, et le contenu perd de ses humeurs, froid, investissable. Morceau. Partie. Légo. Vide.. Fini les passages que je souligne entre la poire et le chocolat, la goutte de café sur la page écornée et mille fois relue. Il n’y a aucune trace sur l’écran des émotions que j’ai ressenties en lisant ce texte, pas même de dates, encore moins de dédicaces...

          La pensée d’autrui devient un pur objet. Réifiée. Et non pas une matière vivante réinséminée de mes propres fantasmes. Ce sont des phrases comme des tranches de gigot froid. Morceaux désarticulés qu’on articule soi plutôt que le monde d’autrui à prendre et à plonger. Je ne sais pas.

          Le livre lui est la proposition déclinée par autrui. Quand je lis un livre sur papier, je sors de moi-même... j’habite ailleurs.

          Difficile à expliquer.

          Conclusion : oui lire un article, voire un dossier de 6 pages sur kindle ok, mais difficilement tout un roman comme le souligne Guillaume Robert dans le papier.

          • Marine 2012
            Marine 2012
            Hymen troué par neuf hymen (...)
            • Posté à 15h32 le 26/11/2007
            • Internaute 22071
              Hymen troué par neuf hymen (...)

            Je vois que Monsieur est un intellectuel de gauche. Malheureusement je n’ai jamais eu de relation d’amour platonique avec aucun livre, je ne peux donc pas y comprendre grand chose. Je n’ai jamais renversé de café sur les pages d’un livre, je n’ai jamais non plus relu un livre.

            Pour moi un livre n’est qu’un moyen de transmission de connaissances. De même que la disquette 3¼ a été remplacée par la clé USB, j’ai remplacé le livre papier par le livre électronique, sans aucun sentiment de culpabilité.

            Chapeau, sinon, pour la qualité de votre texte. Je n’apprécie pas la prose car je n’apprécie pas l’art mais je reconnais que pour la masturbation intellectuelle vous avez un certain don.

            • Anonyme répond à Marine 2012

              Faites gaffe, Marinette, « de gauche » est inutile, ici ! Savez-vous qu’il existe des intellectuels de droite ? Et que nombre d’entre eux (sans doute fort conservateurs), renâclent à l’idée d’abandonner leurs chers volumes reliés ?

              Il y en a, il faut vraiment tout leur apprendre...

              Irène Delse
              Lien

              • Marine 2012
                Marine 2012
                Hymen troué par neuf hymen (...)
                • Posté à 18h34 le 26/11/2007
                • Internaute 22071
                  Hymen troué par neuf hymen (...)

                « Savez-vous qu’il existe des intellectuels de droite »

                Non, ça n’existe pas. D’ailleurs le terme « intellectuel de droite » est un oxymore. Demandez sur Rue 89 ou sur le forum de Libé si ça existe un « intellectuel de droite », ils vont vous dire que les gens intelligents sont tous de gauche et qu’à droite ce sont tous des abrutis et des incultes.

                • Anonyme répond à Marine 2012

                  Ben regardez l’Académie française, rigolez un bon coup et puis jugez vous-même si un intellectuel de droite ça existe ! lol

                  Hélène, je m’appelle Hélène...

                • Anonyme répond à Marine 2012

                  Ma pauvre... la parano vous a envahi...

                • A.A.A
                  A.A.A répond à Marine 2012
                  • Posté à 01h27 le 27/11/2007
                  • Internaute 23227

                  En même temps, vous ne faites rien pour prouver le contraire....

                  (traiter de salaud d’intellectuel de gauche un type qui explique aimer le papier ne me rassure pas sur les ressources intellectuelles de la droite)

            • Anonyme répond à Marine 2012

              Marine, vous me terrifiez,

              chacun de vos commentaires que ce soit sur ce sujet ou sur un autre (le banlieues) empeste le mépris et l’agressivité à plein nez...

          • Grégory
            • Posté à 11h33 le 26/11/2007
            • Internaute 12569

            Il y avait déjà des gens pour dire la même chose des lettres écrites par opposition aux emails il y a quinze ans.

            Quand j’y pense, j’en ris encore...

          • Anonyme

            Je propose qu’on revienne aux inscriptions sur pierre !
            Ca n’a rien de sur-narcissisant : « moi et mon livre, moi et ma bibliothèque, moi et ma charrette... », avec la pierre, c’est fini tout ça !
            Tout les passants pourront lire la stèle. Ca n’a rien d’une propriété privée.
            Comme la goutte de café sur la page, ce sera la goutte d’urine d’un promeneur de passage. C’est un détail qui a un certain charme, vous ne trouvez pas ? ;)
            Quand je lis un texte sur un stèle, je serais sur d’être hors de chez moi, à moins que je me suis amusé à déplacer un bloc de 2 tonnes à la maison...

            Allez ! Back to the trees ! ! !

            • Anonyme

              Stèles.
              Victor Segalen.

              Bonne lecture.

              • Anonyme

                Je suis le CA à qui vous avez répondu.
                Le texte intégral est sur le web et le graphisme du site est plutôt joli : Lien
                Merci bien pour la référence ! :)

          • tobernite
            • Posté à 14h34 le 26/11/2007
            • Internaute 13822

            Merci à vous, Courageux anonyme (qui devrait sortir de l’anonymat !) pour avoir si joliment évoqué les émotions, les pages cornées, les dédicaces, les traces de lectures ... J’ai hérité de livres que mon père avait annotés dans sa jeunesse : ils me sont mille fois plus précieux que toute la technologie à venir.

            Pour les livres réduits à l’information ou au divertissement, le support électronique sera sans doute bienvenu : qui ne serait séduit par ces outils nouveaux et puissants, qui occupent moins de place et piègent moins de poussière ? Mais pour les livres que l’on aime d’amour, le papier restera indispensable.

            Ça se passera comme pour le courrier : les services rendus par les messageries électroniques n’ont rien à voir avec ce que l’on éprouve en recevant une lettre écrite à la main (certaines ratures expriment beaucoup de choses), et expédiée dans une enveloppe décorée d’un beau timbre.

            • Marine 2012
              Marine 2012 répond à tobernite
              Hymen troué par neuf hymen (...)
              • Posté à 15h52 le 26/11/2007
              • Internaute 22071
                Hymen troué par neuf hymen (...)

              Je ne me souviens pas de ma dernière lettre manuscrite.

              • Anonyme répond à Marine 2012

                Encore eut-il fallu que tu sâchiasses écrire, douce Marinette pleine de bons sentiments pour ton prochain ! !

                • Anonyme

                  Avant de juger si ceux qui publient leurs réactions savent ou non écrire, il faudrait vérifier si ce que l’ont écrit est correct. Ainsi, au lieu de publier « Encore eu-il fallu que tu sâchiasse écrire », il eût fallu que vous écrivissiez « Encore eût-il fallu que tu susse écrire ».

            • Anonyme répond à tobernite

              VOUI VOUI VOUI une lettre d’amour ou de désamour par courriel NON ! sinon c’est du MEETIC

          • BFA
            BFA
            • Posté à 16h05 le 26/11/2007
            • Internaute 12277

            Cher Courageux anonyme,
            Il me semble que la plupart des qualités que vous décrivez s’appliquent soit aux livres indépendamment de leur contenu (« une odeur, une texture »), soit à l’écriture indépendamment de son support (type de rapport à la pensée d’autrui), soit à peu près n’importe quel objet de façon interchangeable (« Moi, moi et moi avec mon [... édition la Pléïade ? ] ») selon votre sensibilité.
            La mienne ne me porte pas à la détestation de la modernité ni à la crainte de la technologie. C’est donc sans réticence que je m’adonnerai à toutes sortes de lectures sur le support qui me paraîtra le plus adapté, convaincu que l’invention essentielle dans cette affaire, c’est celle qui permet de donner au langage une forme visuelle statique. N’est-ce pas cette qualité qui crée dans l’écrit un rapport si particulier à la pensée d’autrui ? Alors qu’importe le flacon... ?
            Non plus ! Moi qui évite autant que possible éditions poches, je ne dirais pas ça ! Mais je ne doute pas que le livre électronique puisse rapidement me séduire de ce côté-là.
            Pour ce qui est des notes de lectures, quelqu’un y a sûrement pensé. Pour les taches de café, c’est moins sûr, mais il faut le suggérer.
            Je ne suis pourtant pas tout-à-fait libre de sentimentalisme, et il me semble que je ne pourrai m’empêcher de conserver quelques volumes dans ma bibliothèque, ne serait-ce que pour voir un jour mes petits-enfants regarder avec curiosité ces objets malodorants et malcommodes.

        • Anonyme répond à Marine 2012

          Et voilà l’archétype du raisonnement faux, archifaux mais bien accepté. Je m’explique :
          Pour produire des ordinateurs, il faut un tas d’électronique. C’est un de ses aspects méconnu, mais faire des microprocesseurs, c’est très très polluant. On utilises des tas de solvants, les usines font des rejets de substances fortement toxiques et non dégradables, une horreur.
          Et aussi, pour les écrans plats modernes, on utilise des métaux dont le stock sur terre ne dépasse pas les 20 ans au rythme de la consommation actuelle.
          Et pour faire fonctionner ces ordinateurs, qu’est-ce qu’il faut ? Du courant. Bref, encore de la pollution.
          Quand à l’usabilité, j’ai certains livres qui sont centenaires, et pas un ordinateur qui a tenu plus de 4 ans (de toute manière, après moins d’un an, ils sont démondés et personne n’en veut plus, d’ou encore pollution pour les détruires)
          Un livre papier ne consomme aucun courant, il est fabriqué exclusivement avec des matières 100% renouvelables (du bois et de l’encre), et sa destruction n’est pratiquement pas polluante.
          Sans compter que derrière toute cette technologie inutile, il y a le contrôle de l’accès à l’information, car les DRM y sont déjà, dans les livres électroniques. Et oui, un bouquin ça se prête, mais un Ebook, ça ne peut pas se prêter.
          Alors la mort du livre papier, dans ce contexte, c’est pas encore demain la veille. De toute manière, on nous a fait le coup de l’Ebook depuis 10 ans au moins, et jusqu’a maintenant ça a été un échec retentissant.

          • Claude PELLETIER
            Claude PELLETIER
            Retraité dans son jardin
            • Posté à 11h22 le 26/11/2007
            • Internaute 10710
              Retraité dans son jardin

            On m’a fait le coup à moi aussi. Pour ce livre que je chéris tant.

            Je m’en souviens comme si c’était hier, et pourtant. Imaginez. Gutemberg était au crépuscule de sa vie et quelques petits malins disaient déjà qu’on allait en fabriquer des livres au format de poche ; ils affirmaient, les fous, que des particuliers ordinaires, même pas des seigneurs ou des prélats, pourraient en posséder des collections énormes. C’était l’époque où il pouvait n’y avoir qu’un seul livre dans une bibliothèque, et quel livre !

            Et tous les dix ans, j’ai entendu cette litanie. On va imprimer, fabriquer des livres au format de poche. Et puis un jour, on l’a fait. Au bout de cinq siècles quand même. On se souviendra longtemps de Patrick Dewaere présentant sa bibliothèque rangée, je crois, par ordre chronologique et affirmant pouvoir identifier un livre de poche par son … numéro !

            Voilà Patrick Dewaere est entré au Panthéon du Livre de Grande Distribution marquant le début d’une Ére de Dématérialisation (et de démocratisation) du support. Entrrre iciiii Jean Moulllin ! ……………

            Ah ! ces livres de poche ! Combien de fois ai-je oublié d’en rendre ou a-t-on oublié de me les retourner ? Pourquoi les garder, pourquoi encombrer les deux pièces de mon logement ? Il y a de l’appropriation dans l’air, de l’entassage plutôt que de l’entassement, de l’accumulation capitalistique de valeurs qui jaunissent. D’ailleurs mes livres qui vieillissent est-ce qu’ils jaunissent ? Ne sont-ils pas plutôt jaunâtres ?

            D’un autre côté, quel plaisir de retrouver ces taches chéries bien installées dans le grain délicat d’un papier riche en fibres accueillantes, quel bonheur de ranimer de bons souvenirs, oh ! la chimie des souvenirs, en retrouvant ces reliefs d’un bon casse-croûte, les traces d’un camembert et quelques fantômes trop colorés d’un bon vin rouge. Le tout entrelaçant un texte ou balisant ses marges de repères personnels, entrelardant des récits émouvants. Là le papier se gondole de tristesse et non de rire car des larmes ont coulé.

          • Marine 2012
            Marine 2012
            Hymen troué par neuf hymen (...)
            • Posté à 10h55 le 26/11/2007
            • Internaute 22071
              Hymen troué par neuf hymen (...)

            De toutes façons eBook ou pas eBook, j’aurais quand même acheté l’ordinateur donc votre argument ne tient pas la route, on n’achète pas un ordinateur pour lire un livre, on achète un eBook CAR on a déjà un ordinateur. Par conséquent, on ne consomme que le courant nécessaire à la lecture du livre, autrement dit, pas grand chose, surtout si la majorité lit dans les heures creuses, et avec un laptop qui ne consomme déjà pas beaucoup, de nos jours.

            Je ne sais pas de quel « échec retentissant » vous parlez. Cela fait des années que les maisons d’édition vendent des versions électroniques, ça se vend, et les gens se les échangent même sur Shareaza. Je n’ai jamais eu de problèmes de DRM sur les eBooks d’O’Reilly, pourtant j’ai une copie de ces eBooks sur plusieurs ordis, dont un qui fonctionne avec Linux et que je lis avec Gnochm sans aucun problème.

          • Grégory
            • Posté à 15h49 le 26/11/2007
            • Internaute 12569

            Celà dit la fabrique de papier c’est pas triste non plus. Et puis n’oubliez pas le cout de transport comparé, la gestion du pilon pour les invendus, etc... Et que les composants qu’on utilise actuellement seront surement différents dans 10 ans de toutes façons. En tous cas, ce ne sont déjà plus ceux d’il y a dix ans...

            Mais c’est bien une bonne question car vous avez raison, un ordinateur à produire c’est quand même du bien bien sale. Notament parceque je soupçonne que les industriels ne font aucun effort dessus. En tous cas ce serait bien d’avoir une étude comparative entre livre et joujou du type ci dessus...

        • Anonyme répond à Marine 2012

          Et oui, il faut vous renseigner, les arbres utilisés pour faire du papier sont élevés pour ça, ce ne sont pas des arbres abattus un peu n’importe comment comme vous le laissez entendre.
          Maintenant pour des livres de qualité, ce n’est pas le bois qui est utilisé, et je suis d’accord que pour lire des quotidiens un écran ça suffit, mais une belle bibliothéque... rien que d’y penser, je salive.
          Allons pépé arrete de baver ! ! :))

          • Anonyme

            Je suis bien d’accord ! Je ne sens jamais aussi bien que dans une belle bibliothèque. Un bon livre a besoin de se toucher afin qu’il y ait appropriation. C’est pourquoi, il m’est si dure de rendre les livres que l’on me prête si je les ai appréciés. Il est toutefois évident que le prix d’un livre reste exhorbitant et que si ce genre de technologie peut démocratiser l’accés à la littérature (la bonne, pas uniquement les bests sellers) et à la poésie, ce peut être une bonne chose.

          • Marine 2012
            Marine 2012
            Hymen troué par neuf hymen (...)
            • Posté à 13h19 le 26/11/2007
            • Internaute 22071
              Hymen troué par neuf hymen (...)

            « Et oui, il faut vous renseigner, les arbres utilisés pour faire du papier sont élevés pour ça, ce ne sont pas des arbres abattus un peu n’importe comment comme vous le laissez entendre ».

            Alors, Monsieur Je-sais-tout, quand j’ai rien à dire, je le dis ? Dîtes-nous tout, prouvez-le que tous les arbres qui servent à la pâte à papier sont issus de plantations. Demandez donc à Monsieur Bernard-Henri Lévy si les arbres que son entreprise abat en Afrique et en Amérique du Sud sont issus de plantations. Allez donc sur place, vous allez voir comment les forêts sont devenues de véritables gruillères.

            « pour des livres de qualité, ce n’est pas le bois qui est utilisé »

            C’est quoi alors ? Du pétrole ? ! Renseignez-vous !

            • Anonyme répond à Marine 2012

              Vous dégagez une certaine prétention et vos commentaires sont des plus agressifs que l’on peut voir ici.
              Vous savez, les gens ont le droit d’avoir un avis différent du votre sans que vous ne les aggresiez.. : =)

              Sortez de votre isolement psychologique et de votre peur de je ne sais quoi.

            • Anonyme répond à Marine 2012

              >>> « pour des livres de qualité, ce n’est pas le bois qui est utilisé »

              –> C’est quoi alors ? Du pétrole ? ! Renseignez-vous !

              On utilise des matières tirées de pâte de vieux tissu par exemple.

              « Gruillères » s’écrit « Gruyère ».

        • Anonyme répond à Marine 2012

          Ce n’est pas l’industrie du papier qui flingue les forets il faut quand même le savoir...

          Pratique dans les transports en commun, trés bien...mais peut être allez vous lire sur votre clé usb...réflechissez, il vous faudra bien un support de lecture...probablement plus grand et lourd qu’un simple livre de poche...

          bref, pour la modernité il faudra repasser...

        • Anonyme répond à Marine 2012

          Je tiens à revenir sur 2 arguments qui font partis des tristes méprises de l’inconscient collectif des internautes : la non-pollution et la durée de vie des informations.

          Etes vous vraiment sur que le livre numérique ne se dégrade pas ? Combien de temps dure un disque dur ? un CD ? une clef USB ? J’ai lu la pluspart des livres que mes parents avaient chatés et qui ont maintenant plus de 50 ans. Votre bibliotheque électronique sera-t-elle encore sur un disque dur à cette période ? Son format sera-t-il encore reconnu par les ordinateurs de l’époque ? ...

          Quand à l’aspect écologique, le papier est largement recyclé et produit actuellement beaucoup moins de déchets hautement toxiques que les composants informatiques et électroniques. Personnelement, je considère que ma bibliothèque est un puit de carbone...

        36 autres commentaires
    • Anonyme

      Enfin ! vive l’e-book, on pourra télécharger toute la littérature du monde gratuitement sur les p2p ! J’espère juste qu’on ne se fera pas encore emmerder par ces privilégiés d’ecrivains avec leur maisons de luxe et leur yachts, comme les musiciens nous emmerde avec leur histoire de « piratage c’est pas bien »...
      Sus aux majors du livre ! vive la gratuité de la culture et le progrès !
      Jack The Rat.

      • Anonyme

        Les écrivains comme les musiciens, je ne donne de crédit qu’à ceux qui n’ont pas de yachts ....
        Les gros riches, je les pirates eux et sans honte.

         
        • Anonyme

          oui, car un vrai artiste doit vivre pauvre, se couper l’oreille gauche, et vivre sous un pont (avec la syphillis si possible).
          Jack The Rat

        1 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4