Faut-il aimer ou ne pas aimer le bouton « J'aime » de Facebook ?
On était prêt à l’installer. Et puis on a eu des doutes. Faut-il vraiment vous proposer le bouton « J’aime » fourni par Facebook au pied de chacun des articles de Rue89 ? Cette petite ligne supplémentaire est un des outils proposés par le réseau social pour faciliter les échanges avec les sites Internet qui le souhaitent.
Son installation est très simple, son fonctionnement encore plus : si je suis connecté à Facebook, un simple clic sur le bouton « J’aime » et un lien vers l’article s’affiche sur mon profil. Une façon simple et efficace de signaler un article à mon réseau personnel.
Avec au moins 10 millions d’utilisateurs de Facebook rien qu’en France, la tentation est grande d’attirer du trafic en misant sur le travail de recommandation (massif et gratuit) de ces derniers. Le bouton « J’aime » s’est donc rapidement répandu sur le Web. Et Rue89 s’apprêtait donc à l’installer aussi.
Le site Ecrans retire le bouton « J’aime » de ses pages
Plusieurs éléments nous font hésiter :
- Les récents changements dans les conditions d’utilisation de Facebook ont relancé la polémique, récurrente, sur le sort des données personnelles collectées par le site au fil de la navigation.
- Le bouton « J’aime » permet à Facebook de connaître les pages qu’un internaute visite... même s’il ne clique pas dessus. Plus généralement, il lui permet de rassembler un maximum de données sur notre façon de naviguer sur le Web.
- Facebook est un peu... envahissant. La stratégie de la firme est clairement de s’insinuer partout où c’est possible.
Ainsi on peut se connecter à un site grâce à Facebook (comme sur Le Post, ce qui évite de devoir se créer un compte), commenter des vidéos en direct (ce que propose Dailymotion pour la téléréalité Dilemme), voire afficher sur son profil tous les articles qu’on a lus (par exemple sur le site américain Huffington Post)...
Nos confrères d’Ecrans, un des sites de Libération qui l’a expérimenté pendant un mois, viennent de décider de le retirer de leurs pages. Erwan Cario, son rédacteur en chef, s’en explique en ces termes :
« Nous ne sommes pas des anti-Facebook hargneux, mais entre la page dédiée à Ecrans.fr, la possibilité de partager les articles sur le réseau social et ce “J’aime” omniprésent, on frisait l’overdose. Et puis, finalement, il y avait cette sale impression de devenir une sorte de “succursale” de Facebook. »
Même volte-face pour le blogueur Korben, qui livre au passage ses conseils aux internautes qui souhaitent se débarrasser de l’impétrant :
« On n’a pas vraiment la possibilité de choisir si on veut voir apparaître ce bouton “J’aime” sur son site préféré ou pas. Je trouve d’ailleurs cela abusé de la part de Facebook de ne pas laisser le choix à ses utilisateurs via les paramétrages de confidentialité de nos comptes. »
Ne pas intégrer ce bouton, c’est se priver de visibilité
Evidemment, on peut être tenté d’envoyer balader Facebook et ses boutons envahissants. Sauf que pour un site comme Rue89, ne pas intégrer le « J’aime », c’est se priver d’une possibilité de diffusion de notre travail dont l’efficacité n’est pas négligeable.
Etre actifs sur Facebook nous permet de faire connaître Rue89 à un public nouveau, de proposer régulièrement une sélection de ce que nous publions, et parfois de faire remonter des informations.
Erwan Cario note d’ailleurs dans son billet que sur Ecrans, le bouton « J’aime » était enfoncé souvent plus de 400 fois par article. On peut trouver surprenant, voire moralisateur, de priver les utilisateurs d’une fonctionnalité qu’ils plébiscitent...
Si Facebook, c’est le diable, il faut bien reconnaître que nous dînons déjà avec lui, avec une cuillère de moins en moins longue. La page de Rue89 compte plus de 15 000 abonnés, Pierre Haski pourrait organiser un apéro géant rien qu’avec ses amis, et il y a déjà un lien de partage sur Facebook en tête et au pied de chaque contenu que nous publions...
Et puis chaque internaute peut décider, en conscience, de boycotter Facebook ou de s’y inscrire, de l’abandonner, d’y rester ou non connecté pendant sa navigation.
Voilà où en est notre réflexion. On compte sur vous pour l’alimenter, si possible sans verser dans l’« antifacebookisme » primaire...
- Sur Rue89Apéro géant : la raison que j'attendais pour quitter Facebook
- Sur Rue892005-2010 : comment Facebook a bradé notre vie privée
- Sur ecrans.frPourquoi nous n’aimons pas les « J’aime »
- Sur korben.infoDésactiver le bouton « J’aime » de Facebook
- Sur rue89.comTous nos articles sur Facebook
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Etudiant
Etudiant
Lorsque je lis un article sur rue89, si je le trouve sympa, je crée un lien sur mon compte facebook pour le faire partager. Pas besoin d’un bouton automatique que l’on pourrait appuyer par réflexe.
Si quelqu’un aime un écrit, il se chargera de lui même de le diffuser.
Vous existiez sans cela, vous avez été reconnu comme une référence en matière de journalisme sans ce bouton. Les guignols de l’info vous ont cité sans que ce maudit bouton n’apparaisse jamais. Vous n’avez donc pas besoin de ce genre de publicité qui pourrait bien amener plus de problèmes que d’avantages.




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