Attention, empêcher de chasser est puni d'une amende de 1 500 €
Les chasseurs ont obtenu la création d’une infraction par un décret du ministère de l’Ecologie : « l’obstruction à un acte de chasse ».
C’est un décret daté du 4 juin, qui vise les saboteurs de chasse à courre. Une vieille tradition française, exportée en Grande-Bretagne au XVIIe siècle, qui revendique 10 000 pratiquants et 150 à 200 000 « suiveurs ».
Quelque 420 équipages partent chaque hiver à l’assaut des animaux sauvages, deux fois plus qu’en 1914 et plus que n’importe où dans le monde.
Depuis quelques années, l’opposition à cette pratique a pris un tour nouveau : des défenseurs des animaux ont tenté de s’opposer physiquement aux chasses, armés simplement de chevaux et de chiens. On appelle cela le « hunt sabotage ».
« Ils s’interposent grâce à des aérosols au poivre »
A la Fédération nationale des chasseurs, Pierre de Boisguilbert, également secrétaire général de la société de vénerie, raconte :
« Ils arrivent à vingt, trente ou quarante, vêtus de noir, cagoulés, et s’interposent physiquement grâce à des bombes aérosol au poivre, par exemple.
Nous avons toujours demandé aux chasseurs de garder leur calme, de ne pas répondre aux provocations et ça n’a pas dérapé.
Le problème est que chaque fois que les chasseurs ont porté plainte, les procureurs ont toujours classé sans suite.
Heureusement que ça n’arrivait presque jamais lors des chasses à tir, car on aurait risqué l’incident. »
« Le décret a été arraché par les chasseurs »
Désormais, les gendarmes pourront immédiatement verbaliser, et au tarif fort (1 500 euros) d’amende. Jean-Louis Borloo, ministre de la Chasse en même temps que de l’Environnement, a donné raison aux chasseurs plutôt qu’aux défenseurs des animaux.
« Le décret a été arraché par les chasseurs », s’insurge David Chauvet, de l’association Droits des animaux, qui juge la « méthode scandaleuse » :
« Alors que 73% des Français sont opposés à la chasse à courre, selon un sondage Sofres de 2005, alors que l’Assemblée nationale a rejeté la création de cette infraction, le ministre publie un décret de complaisance.
Il ferait mieux de s’interroger sur l’abolition de la chasse à courre plutôt que de punir ceux qui s’y opposent. »
Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi. Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite.
► Mis à jour le 8 juin à 15h13. Diaporama retiré, à la demande du photographe.
- Sur Rue89Les chasses présidentielles « ne coûtent rien », selon Charon
- Sur google.comUn reportage de M6 sur le "hunt sabotage"
- Sur #httpLe site du collectif pour l'abolition de la chasse à courre
- Sur venerie.orgLe site des associations de vènerie
- Sur droitsdesanimaux.netLes tactiques de l'association "Droits des animaux"
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quadra
quadra
les commentaires publiés sur cet article refletent bien la sacro sainte pensée ambiante des urbains bobos contre le monde de la chasse en général.
Les étérnels clichés : chasseurs : viandards, avinés ; cetrains ayatollas seront toujours prets à sortir leur banderole.
Il faudrait faire oeuvre civique en emmenant de temps en temps ces gens dans les campagnes et leur montrer la contribution des chasseurs dans le monde rural : préservation des zones humides, réintroduction d’espèces et de plantations ; en outre, les chasseurs font vivre des milliers de gens.
Enfin, concernant la chasse à courre, il suffit de se déplacer pour voir le nombre de passionnés, suiveurs, vttisites qui accompagnent les équipages.
Arreter la chasse comme certains en rêvent, c’est mettre à mal l’économie des campagnes et cela n’a aucun sens au niveau gestion des espèces.
Les Hollandais ont arrété la chasse à l’oie pour répondre à la demande écolo et devant leur prolifération et les protestations des agriculteurs, en ont gazé des milliers fin 2009...
Il se tuait 60 000 sangliers en France dans les années 70, les tableaux atteignent plus de 350 000 pièces dans les années 2 000. Il suit que les plans de chasse sont suivis de près par l’administration qui n’hésitent pas à appliquer des amendes quand ils ne sont pas réalisés, et que dire des millions d’euros versés par les Fédés de chasse aux agriculteurs pour les dégats occasionnés aux cultures par le gibier, est ce que vos lecteurs sont prêts à régler la facture qui serait extrêmement douloureuse en cas d’interdiction ?
Pour finir, je trouve assez épatant que certains annonceurs chasse (par mots clefs) de Rue 89 se retrouvent dans cette rubrique, résolument tribune anti-chasse !




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