Hausse d'effectifs : enseignants, quels effets sur vos élèves ?

La recette du ministère de l’Education nationale pour réduire le nombre de postes d’enseignants pour les rentrées prochaines a filtré sur Internet : augmenter la taille des classes dans le premier degré.

Téléchargez le document publié sur CaféPédagogique.net
Cette proposition, issue d’un document du 4 mai remis par le ministère aux inspecteurs d’académie, a été publiée sur le site CaféPédagogique.net (voir document ci-contre) le 31 mai dernier, suscitant de vives réactions.
Plusieurs études ont tenté de mesurer l’impact de la taille des classes sur la réussite des élèves. Et notamment celle de l’économiste Thomas Piketty, publiée en 2006 par les services du ministère : elle montrait qu’en primaire, on apprend mieux à lire et à calculer quand on est 20 au lieu de 25. Un constat qui se vérifie d’autant plus pour les enfants de milieux défavorisés.
Pourtant, dans sa note aux inspecteurs d’académie, le ministère ignore les résultats de cette étude et avance au contraire que :
« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes. »
Enseignants, sur un mode prospectif, racontez-nous les effets que pourraient avoir une augmentation des effectifs sur l’atmosphère de travail en classe. Quel impact sur les progrès de vos élèves ? N’hésitez pas à être concret et précis dans vos commentaires.
► Nous publierons une synthèse de vos contributions.
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professeur
professeur
Plus l’enseignant peut être disponible pour aider chaque élève, plus la réussite générale de la classe est importante.
La pédagogie ne se fait pas uniquement de façon générale.
Beaucoup d’enfants ont besoin qu’on leur explique individuellement les choses, quitte à les rappeler plusieurs fois dans un même cours.
L’apprentissage en primaire des bases que ce soit de lecture, de maths, d’histoire, de géographie, de sciences, de langues, passe par une pédagogie individualisée. Et plus les enfants viennent d’un milieu familial en difficultés, plus cette notion de pédagogie individualisée est importante. Par ce que le niveau de concentration de l’enfant et sa disponibilité à étudier sont réduites. Donc il faut passer son temps à stimuler ces élèves, à les accompagner mais aussi à imposer une autorité suffisante pour qu’il y ait une mobilisation constante des élèves.
Et il va sans dire qu’on y arrive mieux lorsque les enfants sont moins nombreux que nombreux. La qualité d’enseignement n’est pas la même suivant que l’on est 15, 20, 25 ou 30.
J’ai des classes de 15 à 30 élèves. Ce n’est pas du tout la même approche pédagogique que je peux me permettre avec 30 élèves qu’en classe de 15.
J’apprécie beaucoup plus les petits groupes. Ca me permet de pouvoir être plus disponible pour les aider, mieux leur apprendre ce que je leur enseigne et proposer un cours plus riche, mais aussi de pouvoir plus faire intervenir les enfants, les ados que j’ai. A 30, dès que l’on tente un débat, un cours un peu interactif, c’est rapidement la foire parce qu’il y en aura toujours une poignée qui en profitera pour mettre le bazar ou à peine suivre. Faudrait faire le garde chiourme perpétuellement. Par contre à 15, c’est plus facile. On construit, on étoffe chaque cours, ça participe et ça suit mieux.
Et je fais ce constat autant avec les enfants que les ados ou les adultes. Même si les adultes sont plus autonomes, plus calmes, le fait d’évoluer dans une classe où il y a trop de monde est plus démotivant pour eux, moins attractif. Et il s’en suit souvent l’impression d’être perdu, surtout si le cours est très technique.
Donc la volonté du ministre d’augmenter la taille des classes ne fera que décourager à la fois les enfants et les profs.
Et cela amènera plus d’échec scolaire.
En primaire, c’est tellement important de démarrer sa scolarité dans de bonnes conditions avec un instit qui est présent, qui est toujours le même, qui sait prendre du temps pour expliquer à chacun, rassurer, motiver...
Comment donner confiance en eux aux enfants si d’emblée on les met dans des classes surchargées ? C’est un non-sens...




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