Tribune 03/06/2010 à 13h22

Les mots pour désigner la police sont tout sauf innocents

Bénédicte Desforges | - ex flic et auteur -

En fait, la tactique est vieille comme le monde. On raconte des histoires avec des mots bien choisis, et l’autre finit par avoir un doute ou par y croire. C’est une narration réussie. Même si rien n’est vrai. Des mots et des images. Ça commence quand on est petit, et ça ne s’arrête plus jamais. D’abord, mots et images élaborent les mécanismes de l’imagination, et plus tard ça fabrique de l’opinion.

Des mots et des images, il n’y a pas mieux pour décrire le monde et les gens. On appelle ça du récit ou de l’information. Quand les mots obéissent à une stratégie, quand ils se prêtent à un discours, on appelle ça de la communication. Et il n’y a rien de mieux pour refaire le monde. Et les gens.

Réalité et vérité ne sont pas nécessairement des préalables.

« L’agent de police » devient « le gardien de la paix »

Par exemple, les mots qui définissent le policier sont intéressants. Il y a longtemps, on parlait simplement d’« agent de police ». C’était cartésien et sans arrière-pensée, une étymologie limpide qui indique un acteur dans la ville, un rôle subordonné à une fonction, sans autre précision sémantique. Aucune prise n’est donnée à la subjectivité, au fantasme ou à l’interprétation idéologique.

Ensuite, est venu le désuet « gardien de la paix », mais l’intention était claire. Et joliment dite. Le gardien de la paix ne part pas au combat, au contraire il est là pour l’empêcher. Il connaît le sens des mots « répression » et « prévention », et les mélange avec discernement dans sa casquette pour en faire un métier polyvalent.

Il sait déjà que la paix peut se payer au prix fort de la brutalité de la société et des hommes, ou pire, et que tout le monde ne souhaite pas être paisible. La paix n’existe pas, mais elle a le mérite d’être un idéal ou, professionnellement, un objectif.

Et le métier de gardien de la paix a encore la couleur d’une vocation.

« Le gardien de la paix » est-il une « force de l’ordre » ?

Et puis peu à peu, on a changé la tenue inconfortable du gardien de la paix -depuis celle où l’arme n’était pas apparente, avec un képi d’un autre âge, et des chaussures de ville- et il est assez vite devenu des « forces de l’ordre ».

La transition est plus rude que l’époque... Deux mots coercitifs d’un coup.

Les mots antérieurs existent toujours, mais à mesure du temps et des idéologies, on a le choix et le calcul -politique et médiatique- de leur emploi.

Les gardiens de la paix sauvent un désespéré de la noyade, les forces de l’ordre interviennent lors de troubles. Ce sont pourtant les mêmes.

Un gardien de la paix est-il une force de l’ordre ? Deux gardiens de la paix ? Il n’en décide pas, il ne communique pas sur ce qu’il est. Il fait, et après on interprète qui il était pour le faire.

« Forces de l’ordre » suggère explicitement le rapport de force(s), et les mots invitent -si ce n’est à l’affrontement- à l’opposition. Par la force du vocabulaire, le policier n’est plus une présence intégrée dans la ville, mais un outil d’intervention, voire une force de frappe.

Le mot « paix » de la fonction est asphyxié, a du mal à se faire entendre, le langage lui préfère l’idée de la confrontation pour désigner le policier. Peut-être aussi parce que ceux qui décident du langage ne sont pas physiquement impliqués dans ce rapport de forces.

« Les forces de sécurité », rempart entre nous et l’autre

Maintenant, en étant attentif, on peut voir arriver, dans les médias, la propagande et les discours, les « forces de sécurité ». Un peu comme à Bagdad. Beyrouth. Gaza. La sécurité, c’est -sans surprise- le mot-clé.

Les forces de sécurité impliquent et concernent parce que c’est bien de la sécurité -ou de l’insécurité- de chacun qu’il s’agit.

L’insécurité est un concept qui fluctue entre un sentiment et une réalité. Le métier de policier ne s’exerce que dans la réalité.

La notion d’ordre ne vise personne en particulier, l’ordre est un contexte social, il s’adresse au système, l’ordre est le dosage idéal de libertés et de contraintes à atteindre en démocratie.

Le mot « sécurité » parle clairement de menace et de risque à chacun individuellement, il n’épargne personne. Contrairement à l’ordre, « sécurité » s’entend comme un message personnel, elle appelle à la vigilance, la méfiance. L’imaginaire a moins de problèmes avec la sécurité qu’avec l’abstraction de l’ordre. Parler de sécurité, c’est parler de l’autre.

« Sécurité » est synonyme de crainte, de peur. « Forces de sécurité » désigne la police comme un rempart entre soi et la menace de l’autre. Un autre indistinct...

L’impopularité de la police liée à cette dérive sémantique

La paix est loin. La paix des mots, s’entend...

Parce que le policier sait depuis toujours qu’il aura à sa charge la sécurité, la paix, l’ordre, et qu’il devra parfois utiliser la force. Sa dénomination à géométrie variable n’y change pas grand-chose. Beaucoup moins en tous cas que l’idée qu’on se fait de lui.

Parler de la police en la réduisant par son nom, à la force, à l’ordre, ou à la sécurité restreint ce métier, le défigure, dans l’imaginaire collectif, et oriente la perception que le citoyen doit en avoir.

L’impopularité et la défiance envers la police ne sont pas étrangères à cette dérive sémantique qui ne doit rien au hasard du vocabulaire.

Les noms donnés à la police parlent aussi sans équivoque de la projection idéologique du monde dans lequel elle œuvre. Ils le coupent en deux. En deux camps.

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  • Roger Velu-
    Roger Velu- répond à EulChe
    CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
    • Posté à 16h14 le 03/06/2010
    • Internaute 102062
      CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

    Joie ! Bonheur ! Félicité suprême !

    EulChe strikes back !

    Je ne fais que passer pour te braire mon amitié, et je m’en retourne chez moi illico-presto.

    Cyp

    • EulChe
      EulChe répond à Roger Velu-
      Humaniste hère
      • Posté à 00h56 le 04/06/2010
      • Internaute 26715
        Humaniste hère

      houla, mais je vois que des choses ont changé pendant mon absence, va falloir me tenir au courant M. Velu...

      Des braiments en retour ami !

  • Hulk
    Hulk répond à EulChe
    Gros con de droite
    • Posté à 16h58 le 03/06/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Si c’est pour tenir de pareils propos de gauchiste, tu peux aussi bien retourner dans ton désert...

    • EulChe
      EulChe répond à Hulk
      Humaniste hère
      • Posté à 00h58 le 04/06/2010
      • Internaute 26715
        Humaniste hère

      Tu devrais y faire un tour peut être y évoluerais-tu un peu aussi M. tout vert...

      je vois que finalement certaines choses ne changent pas vraiment... vais essayer de repasser plus souvent, ne serait ce que pour ce genre de réaction...

       
      • Hulk
        Hulk répond à EulChe
        Gros con de droite
        • Posté à 01h45 le 04/06/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

         ; -)))

      1 autres commentaires
  • A déménagé le 31-1
    • Posté à 19h26 le 03/06/2010
    • Internaute 115310

    pas sûr que seule la sémantique permette ce « rapprochement », comme vous le dites, mais elle le favorise peut-être dans l’esprit de nos responsables et d’une certaine populace avide de sang frais, ainsi aux USA ces officines font-elles un beurre pas possible comme la compagnie Blackwater. « Ses activités à Blackwater ont débuté dans la sous-traitance de l’entraînement militaire. Après la fusillade du lycée Columbine en 1999, elle obtient des contrats avec des écoles de police pour des formations à l’intervention en milieu scolaire. » (Wiki)
    Responsables que j’aime à nommer « nos responsables » ainsi que le recommande Stengers, pour ne point manquer de les renvoyer à eux-mêmes.

    • EulChe
      EulChe répond à A déménagé le 31-1
      Humaniste hère
      • Posté à 01h00 le 04/06/2010
      • Internaute 26715
        Humaniste hère

      La sémantique n’est pas seul responsable pour sur, par contre elle participe grandement à légitimer leur présence...

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 15h48 le 03/06/2010
    • Internaute 53190
      retraité

    C’est le politiquement correct a créé ces dérives sémantiques, on peut aussi voir les mêmes cas avec les même effets :

    -officier de police judiciaire pour inspecteur de police

    - policier municipal pour garde champêtre

    - directeur des ressources humaines pour directeur du personnel

    C’est une déshumanisation des fonctions. Chacun doit se sentir différent de l’autre.

    Pourtant, j’aime bien l’inspecteur Bérrurier, le garde champêtre du Rabolliot, et cet antiquité de D P qui connaissait le personnel autrement que par un c.v. ou le poulet qui faisait la sortie des écoles.
    Nostalgie quand tu nous tiens...

  • marcelamon
    • Posté à 15h53 le 03/06/2010
    • Internaute 31356

    Il y a eu il y a peu de temps une série d’émissions difusées (de nuit) sur France2 consacrées à l’histoire de la police, et qui montraient comment celle-ci s’étaient peu à peu transformée en défenseur du pouvoir au détriment de la défense des citoyens.

  • m@kandal
    • Posté à 15h57 le 03/06/2010
    • Internaute 39879

    Merci pour cette analyse pertinente. Mais que dire de l’impact de cette « dérive sémantique » sur la perception qu’a le policier lui-même sur le rôle qu’il doit jouer dans la société et sur la posture qu’il doit adopter face à ses concitoyens dans l’exercice de ses fonctions ?

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 16h34 le 03/06/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    La « dérive sémantique » est souvent à l’origine de malentendus sévères, on s’autorise souvent l’usage de mots que l’on pense synonymes, et on tombe à côté.

    Quand je dis « on » , je pense aux Journalistes, qui, dans leurs études journalistiques ont appris qu’il fallait éviter à tout prix les redites et les répétitions, qui, parait-il indisposent le lecteur ...

    C’est ainsi qu’après l’agression par les « forces » israéliennes du convoi humanitaire, on a entendu parler de « 19 Victimes » , et depuis ce matin on ne parle plus « que » de 9 morts.

    Tout simplement parce que les Journalistes qui répugnent pour ne pas choquer leur lectorat à employer le mot « mort » , utilisent le mot « victime », qui, pour les professionnels du secours à personnes désigne aussi bien les blessés que les morts .

    Le mot « victime » est utilisé de préférence à « patient » réservé au corps médical.

    Le fait d’édulcorer les mots et de détourner leur sens se remarque également dans d’autres domaines ( ex : « Parlementaire » à la place de « Député » , « Bistrot » à la place de « P’tit Restaurant » ? « Bureau » à la place de « Travail » , etc , etc ... )

  • Serge Quadruppani
    Serge Quadruppani
    Nomade italo-bellevilois
    • Posté à 16h22 le 03/06/2010
    • Internaute 40213
      Nomade italo-bellevilois

    Désolé de cette fausse note dans le grand air de la nostalgie : les gentils gardiens de la paix, les charmantes hirondelles, et autres pittoresques gendarmes à moustache ont mené la rafle du Vel d’Hiv, traqué les juifs et les résistants, tiré épisodiquement sur des grévistes tout au long du XXe siècle et massacré les manifestants algériens pacifiques en octobre 61. Depuis toujours, dans les commissariats et les gendarmeries, on cogne sur les plus faibles (ceux qui dont on suppose qu’ils n’iront pas se plaindre), on humilie, on maintient dans des conditions de détention cent fois dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme.
    Et peut-être bien que l’impopularité actuelle de la police tient moins à la sémantique qu’aux pratiques réelles (combien de morts impunies dans les banlieues ? combien de contrôles au faciès ?).
    Le jeune Makomé tué d’une balle à bout portant durant un interrogatoire dans un commissariat du XVIIIe n’est plus là pour nous donner son avis, pas davantage que les deux gosses de Villiers le Bel renversés par une bagnole de flics (pardon, je n’ai pas d’autres mots sous la main). Je signale à ce sujet que le jour où on apprenait que les jeunes de Villiers condamnés à TROIS ANS de prison pour jet de pierre durant les émeutes qui ont suivi ces morts voyaient leur peine confirmé en appel, ce jour-là précisément, on apprenait aussi que les poursuites étaient abandonnées contre les flics écraseurs. Je signale aussi que le 21 juin, d’autres jeunes seront jugés en assises (pour la première fois dans l’histoire de la Ve république sur la base de témoignages anonymes rémunérés) sous l’accusation d’avoir tiré des chevrotines qui n’ont blessé personne. voir Lien

    • Waldeck
      Waldeck répond à Serge Quadruppani
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 16h33 le 03/06/2010
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      Bénédicte Desforges ( aucun rapport avec la « Bicyclette bleue » de Régine ) n’entendait pas dans cet article aborder le fonds crapoteux de la flicaille, que chacun sur Rue89 - hélas - connait, mais justement attirer l’attention sur l’évolution des mots utilisés pour désigner la police.

      • Serge Quadruppani
        Serge Quadruppani répond à Waldeck
        Nomade italo-bellevilois
        • Posté à 17h28 le 03/06/2010
        • Internaute 40213
          Nomade italo-bellevilois

        Désolé d’insister, mais il me semble bien que cette évolution des mots étaient censée indiquer que les flics d’avant, c’était quand même mieux que maintenant. Ce dont je doute.

         
        • Waldeck
          Waldeck répond à Serge Quadruppani
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
          • Posté à 18h04 le 03/06/2010
          • Internaute 36864
            Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

          Je pense pas que les Flics d’antan étaient plus tendres, mais ce qui est sûr, c’est que ceux d’aujourd’hui sont surtout infects et abjects !

        1 autres commentaires
    • cunégonde
      • Posté à 16h51 le 03/06/2010
      • Internaute 23400

      très vrai

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h32 le 03/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 16h52 le 03/06/2010
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    Avant on les appellait de jolis noms d’oiseaux, la langue française est très riche quand il s’agit de leur trouver un petit nom.

    ...Maintenant on ne les appelle plus, les gens ont peur.

    • FredBogota-
      FredBogota- répond à steed1
      NO MA'AM
      • Posté à 16h59 le 03/06/2010
      • Internaute 93389
        NO MA'AM

      Oui les gens ont peur des représailles, pas des policiers.

  • shillom
    • Posté à 16h52 le 03/06/2010
    • Internaute 22134

    Ah, mon discours favori sur la police repris et étendu jusqu’aux « forces de sécurité » que j’ai pas venu venir :)
    Par contre je ne suis pas sur que la dénomination ne change rien pour le fonctionnaire de police. Est-ce qu’on ne lui rabâche pas à l’école de police qu’il fait partie des forces de l’ordre (ou de sécurité), ce qui influence sa vision de sa fonction ?

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 16h54 le 03/06/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Moi, j’appelle çà l’armée d’occupation. Ils ne s’en prennent qu’aux civils et aux petites gens.

    Sinon, on peut constater que lorsque quelqu’un arrête d’être policier, il recommence à réfléchir.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 16h58 le 03/06/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h12 le 03/06/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • eedee
    eedee
    photographe et vidéaste
    • Posté à 17h26 le 03/06/2010
    • Internaute 59691
      photographe et vidéaste

    Décidément deux articles excellents en deux jours sur rue89 ! Ca fait du bien !

    Le premier était du journalisme dans ce qu’il a de plus noble, celui-ci est une analyse écrite par quelqu’un qui prend ses lecteurs pour des personnes dotées d’un cerveau.

    Et en plus c’est l’été !

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 17h48 le 03/06/2010
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    C’est étrange, cet article fait comme si c’étaient les citoyens qui étaient responsable du processus de re-nomination de la police :

    « L’impopularité et la défiance envers la police ne sont pas étrangères à cette dérive sémantique qui ne doit rien au hasard du vocabulaire. »

    Cela ne doit rien au hasard certes. Mais il faudrait être naïf pour ne pas voir la volonté politique qui est derrière. La transformation des objectifs fixés au corps policier, et le nom pour le désigner est en général menée conjointement par le corps politique et médiatique (qui relaie, et permet que les mots s’impriment).

    Ensuite, le nom qui désigne la fonction a bien entendu un impact direct sur le corps lui-même. Et va de pair avec ce qu’on lui demande de faire. Les forces de l’ordre, aujourd’hui, font du chiffre, sont pressurisées par une politique du chiffre, et les policiers se comportent comme des « forces de l’ordre » - dans le conflit permanent, la défiance, le sentiment d’impunité.

    Sur ce sujet, le changement est flagrant. Il m’est de plus en plus difficile de faire confiance à un policier, de lui parler, de lui demander un renseignement.

    L’idée que le policier se fait de lui-même, en fonction de ce qu’un appareil politique attend de lui est déterminante, et c’est en général autour de ce nouage que se fait l’opinion des citoyens. Pas l’inverse !

    Je trouve un peu fort que l’article ne nomme pas une seule fois le mot « politique ». On voit tout de même très clairement aujourd’hui que le malaise général de la police, et la défiance des citoyens provient de la politique du chiffre - que ce soient les quota d’expulsion, quota d’amendes, quota de contrôles, quota de garde à vue, etc.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 18h06 le 03/06/2010
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    les policiers incitent de plus en plus à la détente, d’ailleurs ils ont le doigt dessus !

  • Aravouego
    Aravouego
    Pion en ZEP
    • Posté à 18h09 le 03/06/2010
    • Internaute 102928
      Pion en ZEP

    Tout ça c’est de la novlangue...

  • ah oui
    ah oui
    ah bon
    • Posté à 18h12 le 03/06/2010
    • Internaute 95502
      ah bon

    très intéressant mais quand est-il des flics, limiers, poulets, keufs, perdreaux, piafs, poulardins, poulmans, barbouzes, royco, hirondelles, poulailles, poulagas, flicailles, volailles, cognes, vaches, bleus, bourres, bourrins, bourriques, condés, schmidts, kissdés, et autres chtars ?

    • framboise92
      framboise92 répond à ah oui
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 18h57 le 03/06/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      aubergines, radars etc...
      J’ai la police au c.l
      22 v’là les flics
      dix mille manifestants selon la police 1 millier selon les syndicats
      syndicats.
      CRS ss
      etc....

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à framboise92
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 07h57 le 04/06/2010
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « 22 v’là les flics
        dix mille manifestants selon la police 1 millier selon les syndicats
        syndicats ».

        ¤ Lorsque les Flics comptent les manifestants !
        VOIR LA VIDEO : Tout s’explique à la 58 ième seconde.

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Yvon le Zébulon
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 08h32 le 04/06/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Bjour zébule,
          Je connaissais....
          Mais merci !
          Je file au tafffffffffffffffffffffffffffff

        1 autres commentaires
  • Wladimir
    • Posté à 18h14 le 03/06/2010
    • Internaute 23813

    Bonjour,

    Sinon une zone noire devient une zone de solidarité ! !

    et la vidéo surveillance a laissé place à la vidéo protection

    Novlangue que de subtilité dans tes évolutions ! !

  • SharkCharlie
    SharkCharlie
    Communication manager
    • Posté à 18h23 le 03/06/2010
    • Internaute 48847
      Communication manager

    Que dire de l’instituteur ( celui qui fonde) devenu en saignant le professeur (celui qui professe) ?

  • lestaq
    lestaq
    bucheron
    • Posté à 18h30 le 03/06/2010
    • Internaute 62298
      bucheron

    La sémantique me fait bien rigoler : Vous croyez vraiment
    que s’il est interdit de fumer dans les commissariats ,ça les empêche de vous passer à tabac ?

    • framboise92
      framboise92 répond à lestaq
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 18h52 le 03/06/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      très fort !
      Un déjeuner sur l’ herbe et vous finissez dans le panier à salade.
      Le verdure c’est kif kif pour les keufs

    • sevinilud
      sevinilud répond à lestaq
      GAULOIS
      • Posté à 19h07 le 03/06/2010
      • Internaute 27066
        GAULOIS

      nom d’une pipe !

  • minuipile
    minuipile
    testeur info
    • Posté à 18h52 le 03/06/2010
    • Internaute 97838
      testeur info

    La LTI fonctionne de plus belle...

    Il est difficile de ne pas atteindre le point Godwin mais il s’agit de cette époque où ce procédé a été le mieux utilisé dans la Propagande.

    Même si la cible est différente. Le procédé reste le même.

    Lien

  • ismet222
    ismet222
    democrate
    • Posté à 19h00 le 03/06/2010
    • Internaute 60772
      democrate

    Et chez moi mon grand-père les nommaient jusque sa mort, les collabo, ben vi. il avait encore la vision et le souvenir et l’image de bons citoyens Français livrés aux allemands par une partie des policiers, avec un grand sourire et beaucoup de zèle.
     : Mais bon « collabo » chez les flics c’est une autre époque sans doute.

  • A déménagé le 31-1
    • Posté à 19h36 le 03/06/2010
    • Internaute 115310

    bon article, intéressant

    « Il [le gardien de la paix] connaît le sens des mots “ répression ” et “ prévention ”, et les mélange avec discernement dans sa casquette pour en faire un métier polyvalent. »

    Ne devrait-il pas savoir les discerner, simplement, au lieu de les mélanger, et le faire dans sa tête plutôt ? à partir du moment où les choses sont mélangées, elles deviennent nébuleuses à la perception, il devient difficile de les discerner, de bien les distinguer, surtout si c’est fait dans une casquette et non avec un matériel plus adapté situé dessous... suis perspicace n’est-ce pas ?

    D’où vient le mot « poulet » ? j’ai cru comprendre que ça remontait à l’époque où il se vendait de la volaille sous les fenêtres du 36, quai des Orfèvres. Un amalgame. Un mélange donc, qui se serait opéré au fil du temps...N’était la difficulté qu’on peut rencontrer parfois à dialoguer avec un poulet, le flic, et une dinde, celle de Noël par ex, le rapport ne saute pas aux yeux...

  • Emma Indoril
    Emma Indoril
    Nérévarine
    • Posté à 20h12 le 03/06/2010
    • Internaute 29462
      Nérévarine

    Les Cognes, les Bourres, la maison Parapluie, les chaussettes à clous...

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 21h14 le 03/06/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Les mots pour désigner la police sont tout sauf innocents.

    Avec la police, rien ni personne n’est innocent !

  • Rensk
    • Posté à 21h57 le 03/06/2010
    • Internaute 65029

    Je peu ?

    - agent de police = policier (soit municipal, cantonal ou Fédéral (mais c’est plus pour les espions que les banquiers corrompus ! Jamais rencontré vu que simple ex-ouvrier en usine)
    - gardien de la paix = communal ou juge des conciliations…
    - forces de l’ordre = Etat, armée, policiers spécialisés anti-tout et dans les grèves… seulement si ils sont plus de 50…
    - forces de sécurité = Boîtes privées (comme celle qui a espionnée une ONG pour Nestlé en Suisse… sans suites bien sûr…)

    En gros, moi qui suis de « l’autre coté du miroir », ont pensent la même chose en gros…

    De l’autre coté pourtant… quand j’ai dû constater dans les années 75-85 que Tour avait construit une tour d’habitation uniquement pour des policiers… croyez moi JE NE PEU OUBLIER tellement c’étais déjà gros la séparation de l’Etat et ses représentants par rapport aux citoyens de l’Etat… Je ne parle pas du postier ou du train, je parle de ceux qui ont un pouvoir « délégué » (ne l’oubliez pas car une démocratie peu se révolter…)

    Je pense que vous avez deux problèmes… la pression du haut qui augmente la pression du bas… La démocratie « idéale » c’est fifty-fifty…

  • Batko
    Batko
    Demolisseur de Tartuffe Laicard
    • Posté à 23h03 le 03/06/2010
    • Internaute 42709
      Demolisseur de Tartuffe Laicard

    On peut aussi continuer dans le vocabulaire populaire designant la police et la encore c’est trés révélateur. Personnellement mon preféré c’est quant on parle des cognes, je trouve que ca leurs va comme un gant.

  • républic1
    républic1
    Fièrement laïque
    • Posté à 00h33 le 04/06/2010
    • Internaute 100854
      Fièrement laïque

    superbe article

  • A déménagé le 05-02-2012
    • Posté à 06h06 le 04/06/2010
    • Internaute 84960
      non connue

    L’agent de police » devient « le gardien de la paix

    C’est la guerre qu’il faut garder... pas la paix.

  • benieming
    benieming
    aspirant journaliste
    • Posté à 07h55 le 04/06/2010
    • Journaliste 84284
      aspirant journaliste

    Ce genre d’analyses est effectivement extrêmement importante : prendre gardes aux mots de la « communication » permet de ne pas se faire berner par des systèmes très élaborés qui nous amènent sans le montrer à approuver la voix du maître....

    Il y a un collectif qui s’est constitué justement dans le but de relever ce genre de fourberies : il s’agit de « les mots sont importants ».

    Je vous copie-colle ici leur préambule :

    –––––

    Les mots sont importants : vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures.

    Il n’est évidemment pas question pour nous de dicter la bonne manière de penser ou de parler, pas plus que de dresser une liste des mots interdits. Mais si nous ne prétendons pas connaître la bonne façon de parler, nous considérons qu’il y en a indéniablement de mauvaises.

    C’est l’analyse de certaines d’entre elles que nous proposons sur ce site, en soulignant l’ampleur et la gravité de leurs effets : entretien des préjugés et des politiques racistes ; légitimation de l’oppression dite « sécuritaire » ; euphémisation de nombreuses violences, notamment étatiques ; occultation des questions dites « mineures » comme le sexisme ou l’homophobie ; triomphe du mépris de classe et de la « guerre des civilisations »...

    –––

    Leur site web : Lien

  • Illuminati
    Illuminati
    insurgé
    • Posté à 09h04 le 04/06/2010
    • Internaute 63113
      insurgé

    « L’impopularité de la police liée à cette dérive sémantique »

    Arrêtez, on vas pleurez !

    Aller, pour la route :

    POLICE, NTM

    Police : vos papiers, controle d’identite
    Formule devenue classique a laquelle tu dois t’habituer.
    Seulement dans les quartiers
    Les condes de l’abus de pouvoir ont trop abuse.
    Aussi sachez que l’air est charge d’electricite,
    Alors pas de respect, pas de pitie escomptee
    Vous aurez des regrets car :
    Jamais par la repression vous n’obtiendrez la paix,
    La paix de l’ame, le respect de l’homme.
    Mais cette notion d’humanite n’existe plus quand ils passent l’uniforme,
    Preferant au fond la forme, peur du hors norme.
    Plus encore si dans leur manuel ta couleur n’est conforme,
    Veritable gang organise, hierarchise.
    Protege sous la tutelle des hautes autorites.
    Port d’arme autorise, malgre les bavures enoncees
    Comment peut on pretendre l’etat, quand on est soi meme
    En etat d’ebriete avance ? Souvent mentalement retarde
    Le portrait type, le prototype du pauvre type,
    Voila pourquoi dans l’exces de zele, ils excellent.
    Voila pourquoi les insultes fusent quand passent les hirondelles.
    Pour notre part ce ne sera pas « Fuck The Police »,
    Mais un special NICK TA MERE de la mere patrie du vice.

    REFRAIN
    Police machine matrice d’ecerveles mandates par la justice
    Sur laquelle je pisse (bis)

    Aucunement representatif de l’entiere populace,
    Que dois je attendre des lois des flics
    Qui pour moi ne sont signe que d’emmerdes ?
    Regarde je passe a cote d’eux :
    Tronche de con devient nerveux
    « Oh oh controle de police, monsieur ».
    Systematique est la facon dont l’histoire se complique
    Palpant mes poches puis me pressant les balloches
    Ne m’accordant aucun reproche a part le fait de passer proche
    Portant atteinte a leurs gueules moches.
    Traquer les keufs dans les couloirs du metro,
    tels sont les reves que fait la nuit Joey Joe.
    Donne moi des balles pour la police municipale
    Donne moi un flingue...
    Encore une affaire etouffee, un dossier classe,
    Range au fond d’un tiroir, dans un placard ils vont la ranger
    Car l’ordre vient d’en haut,
    Pourri a tous les niveaux.
    Ca la fout mal un diplomate qui business la pedo
    Alors on enterre, on oublie, faux temoignages a l’appui
    Pendant ce temps, des jeunes beton pour un bloc de teuchi
    Malheureusement j’entends dans l’assistance :
    « Ecoutez moi j’ai confiance »
    Confiance en qui ? La police, la justice.. tous des fils,
    Corrompus, dans l’abus ils puent,
    Je prefere faire confiance aux homeboys de ma rue, vu !
    Pas de temps a perdre en paroles inutiles,
    Voila le deal :
    Eduquons les forces de l’ordre pour un peu moins de desordre.

    REFRAIN

    Du haut du 93, Seine St-Denis, Chigaco bis,
    Port des recidivistes, mere patrie du vice,
    Je t’envoie la puissance, conservant mon avance.
    Tout en transcendance, un a un me jouant
    De tous les flics de France,
    Mercenaires, fonctionnaires au sein d’une milice proletaire,
    Terriblement dans le vent,
    Trop terre-a-terre pour qu’ils temperent
    Ou meme moderent
    L’exuberance hereditaire qui depuis trop
    Longtemps prolifere
    Contribuant a la montee de tous les prejuges et,
    Manoeuvrant pour renflouer l’animosites des
    Poudrieres les plus precaires
    Consideres secondaires par les dignitaires
    D’un gouvernement trop sedentaire
    Et d’une justice dont la batisse est trop factice
    Pour que s’y hissent oui sans un pli
    Nos voix approbatrices
    Mais sincerement, socialement
    Quand il etait encore temps
    Que l’on prenne les devants,
    Tout ne s’est fait qu’en
    Regressant, comment ?
    Aucun changement de comportement
    De la part des suppots des lois
    Rois du faux-pas
    Ma foi, ce qui prevoit un sale climat
    Donc pour la mere patrie du vice
    De la part de tous mes
    Complices, des alentours ou
    Des faubourgs,
    Avant qu’on ne leur ravissent le jour :
    NICK LA POLICE ! !

  • morova
    • Posté à 10h58 le 04/06/2010
    • Internaute 24254

    il y avait « les chtarps » de ch’t’arpogne et j’te lache plus

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