A débattre 01/06/2010 à 17h44

Vous aimez la crise ? Vous adorerez les « dark pools »

David Servenay | Ex-Rue89


Ecran de la bourse de Londres, derrière les ballons de la sculpture « La Source » (Luke MacGregor / Reuters)

Ils sont arrivés en catimini, juste au moment où Nicolas Sarkozy entrait à l’Elysée en 2007. Les « dark pools » sont en passe de devenir les trous noirs de la finance mondiale. La ministre des Finances et l’Autorité des marchés financiers (Amf) s’en inquiètent depuis un an, mais rien ne bouge.

En pleine campagne présidentielle, une réforme de fond

11 avril 2007 : dix jours avant l’élection présidentielle, le Conseil des ministres valide le projet de transposition en droit français de la directive MIF (marché d’intermédiaires financiers), un texte européen de 2004. Objectif : libéraliser le marché des actions, jusque-là réservé aux bourses.

En résumé, Bruxelles autorise désormais les grands acteurs de la finance à créer leur propre bourse : les systèmes multilatéraux de négociations (SMN) ou, en anglais, multilateral trading facility (MTF). Le principe est de multiplier les lieux où les gros investisseurs peuvent échanger des liquidités. La fluidité de circulation des capitaux, estiment les économistes, a toujours été un avantage concurrentiel.

1er novembre 2007 : la loi française entre en vigueur. Toujours dans la plus grande discrétion... l’information ne sort pas des milieux spécialisés. Pour comprendre le fonctionnement de ces marchés alternatifs, il faut savoir qu’ils reposent sur deux principes simples :

  • Ils ne sont ouverts qu’aux zinzins (les investisseurs institutionnels). Comprenez que l’investisseur particulier n’y a pas accès, notamment parce que le montant des paquets d’actions négociés se chiffre en millions, voire en milliards d’euros.
  • Les ordres de vente et d’achat se font « à l’aveugle », c’est-à-dire que nul ne connaît leur prix avant la réalisation de l’opération.

D’où l’appelation de « dark pools ». Traduisez : bassin de liquidités opaque et non piscine noire. Ou encore « bourse noire », comme l’expliquait notre blogueur Jean de Maillard il y a quelques mois dans son dernier livre. (Voir la vidéo)

Londres rachète le premier dark pool européen

Septembre 2008 : neuf grandes banques (BNP Paribas, Citygroup, Morgan Stanley...) lancent Turquoise, le premier dark pool européen, au moment où la crise financière s’ouvre sous leurs pieds. Les banques et sociétés de gestion européennes mettent les bouchées double parce que les Américains ont quelques longueurs d’avance. Visiblement, il y a urgence, car une part croissante des échanges d’actions ont désormais lieu sur ces places alternatives.

A tel point que le London Stock Exchange (LSE) se fait tailler des croupières sur l’année 2009. Tout comme le Nasdaq et le Nyse Euronext. En volume, la baisse atteint parfois 20 à 30% des échanges sur un semestre. Pire : en valeur, certaines places reculent de 50 à 60%...

En décembre 2009, le LSE, la bourse de Londres, a d’ailleurs racheté 60% de Turquoise pour avoir son propre dark pool. Avant d’en revendre 9% à trois nouveaux entrants pour une valorisation globale de 36,6 millions d’euros.

Dernière innovation : le crossing network. Cette fois-ci, il s’agit d’une sorte de mini-dark pool, à l’échelle d’une banque ou d’un courtier, qui négocie les ordres de ses clients, avec pour contre-partie les clients d’un autre partenaire. Et ce, sans aucune publicité, ni aucun contrôle.

Soupçons de délit d’initiés

Reprenons. La justification de l’existence des dark pools est de pouvoir s’échanger de gros paquets d’actions en toute tranquillité, sans influer sur les cours de bourse. Sauf que cet argument va à l’encontre des règles d’efficience des marchés :

  • disponibilité de l’information
  • transparence
  • pas d’assymétrie de l’information

En réalité, certains observateurs soupçonnent ce nouveau dispositif d’abriter :

  • des délits d’initiés
  • des manipulations de cours

Or, les autorités de régulation n’ont pas vraiment les moyens de savoir ce qui se trame dans ces « bourses noires ». C’est exactement ce que souligne l’AMF dans un avis public rendu en octobre 2009, par le biais de deux questions pertinentes :

« - La fragmentation de la liquidité et la baisse du montant moyen des transactions sur le marché réglementé n’altèrent-elles pas la qualité du processus de formation du prix ?

- N’y a t-il pas une distorsion de concurrence induite par les régimes juridique différents qui s’appliquent aux SMN et marchés réglementés d’une part, et aux crossing networks, d’autre part ? »

Comme souvent, ces questions contiennent aussi leur réponse. Malgré les préventions exprimées à plusieurs reprises par Jean-Pierre Jouyet, patron de l’AMF, le gouvernement n’a pas l’air pressé de s’attaquer au problème.

Christine Lagarde en aura pourtant l’occasion jeudi et vendredi en Corée du sud, où la ministre des Finances retrouvera ses homologues du G20. Comme le souligne l’invitation faite aux journalistes pour une conférence de presse avec la ministre ce mercredi à Bercy, l’enjeu de ce sommet est le suivant :

« L’action du G20 et la mise en œuvre de ses décisions sont un enjeu essentiel pour tirer les leçons de la crise financière et refonder la finance sur des bases saines au service du financement de l’économie. »

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  • TSA7516
    TSA7516
    artisan
    • Posté à 18h05 le 01/06/2010
    • Internaute 51360
      artisan

    Pour info à tous, l’émission Lien de cette semaine évoque les dark-pools au milieu d’un débat passionnant sur la place des croyances, des concepts philosophiques, des mathématiques et enfin des programmes informatiques dans le fabuleux monde de la finance internationale ! A voir, vraiment !

    • TSA7516
      TSA7516 répond à TSA7516
      artisan
      • Posté à 05h37 le 02/06/2010
      • Internaute 51360
        artisan

      Après lecture de quelques commentaires, j’avoue que je ne comprends pas comment on peut reprocher aujourd’hui à ceux qui ne travaillent pas dans la finance de fantasmer sur cet univers, mais alors vraiment pas.
      A l’échelle individuelle, familiale, professionnelle... nationale, européenne et même mondiale, nous sommes tous, sinon impactés, au moins sensibles à cette crise financière surgie il a près de deux ans sans crier gare. Que l’on soit boulanger, prof ou rmiste, il est normal qu’on essaie d’ y comprendre quelque chose, ne serait-ce que pour mieux se préparer aux avenirs possibles. Mais peu de professionnels nous aident à combler ce besoin.
      Que s’est-il passé depuis 2 ans ?
      Ceux dont la politique est le métier, ne semblant pas très calés sur le sujet, une attente de réponses légitime et naturelle a grandi et grandi. Nous nous sommes très vite tournés vers les médias mais il y a eu un nouveau dysfonctionnement dans le système entre nous, le média et la finance... puisque la finance est restée muette... Quel dirigeant de banque s’est exprimé et nous a expliqué et ré expliquer honnêtement ce qui s’était passé, ce qui se passe et surtout ce qui a été fait pour que ça ne se reproduise plus ? Franchement.
      Puisque journalistes, économistes, experts ont brodé à coups de métaphores une mythologie, qu’on ne se moque pas de nous si nos idées sont obscures. La finance n’avait qu’a répondre présent, jouer son rôle, assumer ses responsabilités et faire de la pédagogie. Pas de la com, de la pédagogie.
      Comment peut-on oser aujourd’hui reprocher aux gens de fantasmer sur cet univers, de faire des raccourcis sur le sujet, de manifester sa colère ou d’essayer d’imaginer (ou juste sentir) quels enjeux se trament derrière tout ce silence ?

      Les dark pools, si j’ai bien compris, serviraient à échanger plus vite et en plus grande quantité des actions sans que le fait de se positionner en achat ou en vente sur un titre et dans des volumes d’une telle ampleur n’influe sur la valeur du titre en question. Bref, si le but ce nouvel outil de banquier est encore de ne pas se faire larguer dans la course à qui-va-gagner-le-plus-d’argent, simplement en jouant sur des variations des cours encore plus infimes et encore plus rapprochées dans le temps mais grâce à des volumes importants, ben franchement c’est débile. Et même si c’est pas ça, même si c’est beaucoup plus compliqué que ça, les dark-pools, ça ne changera rien au fait qu’un simple un élève de 6ème peut comprendre le caractère profondément débile et absurde de la guerre que se mènent les banques multinationales et la gravité des conséquences de cette guerre pour les trésoreries des ménages, des entreprises-de-la-vraie-vie et des pays.

      Je suis un jeune gérant d’une toute petite entreprise et j’avoue : c’est très dur. Je reconnais : j’enrage. Je confesse : je me radicalise... parfois je souhaite que tout s’écroule demain pour qu’enfin on arrête de reboucher les fissures et s’attaque aux fondations.

      Quand j’ai créé ma boite dans il y a deux, les entreprises-de-la-vraie-vie ne vivaient pas au jour le jour, elles définissaient des orientations à un peu plus long terme. Aujourd’hui, toute entreprise de-la-vraie-vie doit prendre en considération le risque de l’éclatement de la bulle financière et le situer entre « dans une heure » et « dans 20 ans » et ça change tout.
      Aujourd’hui, les entreprises-de-la-vraie-vie doivent développer de nouveaux produits, investir, créer de nouveaux marchés, éventuellement embaucher, ou plus sobrement essayer de ne pas couler, tout en sachant que c’est peut-être demain qu’arrivera la nouvelle origine incongrue, irrationnelle, lointaine et inanticipable qui causera un nouvel arrêt de l’économie pendant un an et un nouveau ralentissement pendant 2 ans.
      Cette même entreprise-de-la-vraie-vie devra alors accepter que ceux ont surexploité et surdéveloppé un système bancale, ceux qui ont surpompé les bénéfices d’autres entreprises-de-la-vraie-vie depuis 30 ans, ceux qui ont perdu les pédales, n’aideront pas sa trésorerie à encaisser le choc, c’est à dire ne feront pas leur métier.
      Mais alors ce ne sera plus les banquiers les responsables, mais nos dirigeants politiques. Les responsables seront ceux qui n’auront pas eu le courage de prendre les décisions à la mesure de la gravité de la situation.

      Sérieusement. Qui ? qui va siffler la fin de la récré ? Ils sont fous, irresponsables, perdus dans leur abstraction... Il serait peut-être temps de leur confisquer leurs joujous et de les ramener sur Terre, non ? J’ai bien l’impression que leurs névroses sont puissantes et très contagieuses et je redoute que si personne ne calme tout ça on se retrouve tous, sur cette planète aussi fous, irresponsables et paumés qu’eux.
      Cette menace devenu constante d’effondrement de l’économie génère chez moi un profond sentiment d’insécurité. On connait pourtant la méthode à appliquer : LE-GI-FE-RER !

       
      • Nostram
        Nostram répond à TSA7516
        Déconstructeur écolo
        • Posté à 12h59 le 02/06/2010
        • Internaute 68624
          Déconstructeur écolo

        Je suis entièrement d’accord avec vous.
        Mais hélas personne ne sera en mesure de siffler la fin de la récré car le système à été verrouillé par la finance depuis des lustres sous couvert de mondialisation.

        Les hommes politiques ne sont pas des visionnaires mais de vulgaires gestionnaires prisonniers de leur dogme capitaliste-libéral et qui font qu’appliquer ce dont pourquoi ils ont été en mesure d’être « élus ».

        J’ai pas le temps de développer mais la fin de la récré signifierait la fin de la création monétaire sortie du chapeau des banques privés.

        Lien

        C’est mal barré !

      • Titonèpalà
        Titonèpalà répond à TSA7516
        Titolélàba
        • Posté à 14h54 le 02/06/2010
        • Internaute 96315
          Titolélàba

        « Sérieusement. Qui ? qui va siffler la fin de la récré ? »

        Ni gauche ni droite.

        Nos politiciens sont à la solde de ce système auquel ils ne comprennent rien et de surcroit, du haut de leurs origines ou état social, dont-ils ne ressentent pas l’impact personnellement ou au travers de leur cercle de connaissance.
        Contrairement à la majorité des français grâce à cette crise.

        La preuve en est qu’ils disposent de l’arsenal nécessaire pour empêcher ces déboires mais qu’ils ne l’utilisent pas.
        Autre preuve : il est des coupables évidents quant à l’origine de la crise or aucun n’est condamné ! ! !

        Le petit ne nous parlait-il pas à grands coups de gueule et de moulinets de moraliser le marché ?
        Tellement moralisés les marchés qu’à peine renfloués par nos soins qu’ils spéculent maintenant sur les états qui les ont sauvés !

        Et les politiques... encore donnent de l’argent pour rassurer ce chien fou qui nous mordra dès la moindre occasion ! ! !

        La solution appremment ne peut venir que par un changement de république car celle-ci est celle du traité de lisbonne qui OBLIGE les états à contracter ses dettes auprès de ce marché fou ! ! !
        Cest un cercle vicieux qui mènera d’autant plus à l’injustice et donc
        qui finira par le sang.

        Seul point positif : à force de déboires du marché débile et à force d’incompétence notoire de la part de nos élus à défendre les intérêts d’un pays et non pas d’une classe richissime maintenant ouvriers, petits-moyens patrons, avocats, policiers, étudiants fonctionnaires même ennemi commun : ultralibéralisme débridé au profit de 10% de la population.

        10% dont font partie 90% de « nos » élus.

        L’erreur est simple à trouver... et à résoudre ?

      2 autres commentaires
  • jivé13
    jivé13
    salarié comme plus de 90%des (...)
    • Posté à 17h54 le 01/06/2010
    • Internaute 52558
      salarié comme plus de 90%des (...)

    Comme c’est un lieu commun de dire que la Bourse est devenu un casino, il semble bien que ces « dark pools » soient en quelque sorte des cercles de jeu privés.... avec tout le folklore qui va avec.

    • Troll-en-folie
      Troll-en-folie répond à jivé13
      Parano chronique
      • Posté à 18h17 le 01/06/2010
      • Internaute 87214
        Parano chronique

      Si vous pouviez jouer votre salaire, voir beaucoup plus au casino, en ayant la certitude qu’en cas de problème, l’État, donc les contribuables mettraient la main à la poche pour combler vos pertes....

  • Beretman
    Beretman
    ou la joie de vivre
    • Posté à 18h06 le 01/06/2010
    • Internaute 48979
      ou la joie de vivre

    En langage propre on dit « délit d’initié » et « manipulation des cours ».
    Moi je dis escrocs, malfaisants !

    La finance est le parasite de l’économie.

    • Bebert Cassandre
      • Posté à 22h27 le 01/06/2010
      • Internaute 11910

      Ah ! Cher Monsieur ! Que de vilains mots ! Et pourquoi pas : Bandit, voyou, voleur, chenapan ! pendant que vous y êtes ! Ces gens là s’amusent tout simplement et ne pensent pas à mal ! Ils s’amusent, ils jouent, ils gagnent, ils perdent, ça n’a que peu d’importance. Bon, je vous l’accorde, peut-être qu’en s’amusant ils vous feront perdre votre boulot, celui de votre compagne, de vos amis ou celui de vos enfants, si vous en avez. Mais ce n’est là qu’un détail. Vous apprendrez à (sur) vivre sans boulot, ainsi que vos enfants, ainsi que votre compagne, ainsi que vos amis . Pendant ce temps ces gens continueront à s’amuser... N’est ce pas là le plus important ? N’est ce pas là le désir inavoué de chacun ? Prendre le maximum de plaisir ? Quel qu’en soit le prix ?

  • pipolino
    • Posté à 18h13 le 01/06/2010
    • Internaute 89242
      .

    « En résumé, Bruxelles autorise désormais les grands acteurs de la finance à créer leur propre bourse “

    Et revoilà Bruxelles
    C’est un ramassis de mafieux à Bruxelles ou quoi ?

  • Robinson.
    Robinson.
    étudiant
    • Posté à 18h23 le 01/06/2010
    • Internaute 81901
      étudiant

    J’ai deux questions, au cas ou un as de l’économie passerait dans la rue :

    - La fait que les « ordres de vente et d’achat se font “ à l’aveugle ” » ne serait pas bénéfique pour l’évaluation plus fondamentaliste des actions ?

    - Les actions des « dark pools » et des bourses conventionnelles sont-elles les mêmes ?
    Si oui, comment le système ne s’effondre-il pas en voyant des paquets d’actions disparaitre des écrans ?
    Si non, les « darks pools » influeraient peu sur les cours des bourses conventionnelles.

    Merci si vous trouvez la réponse !

    • Autodéfense_Intellectuelle
      Autodéfense_Intellectuelle répond à Robinson.
      ingénieur
      • Posté à 21h43 le 01/06/2010
      • Internaute 87535
        ingénieur

      je suis très loin d’être un as de l’économie, mais il me semble que les actions n’ont aucune raison de « disparaître des écrans ». Ce qui varie en bourse, c’est la valeur des actions, pas leur nombre (sauf opérations particulières de dilution...) Sur les écrans, ne sont visibles que les transactions, c’est à dire les volumes de vente et d’achat avec leurs prix respectifs. Les actions peuvent donc tranquillement être échangées sous le manteau, à la valeur souhaitée par les deux protagonistes. L’intérêt est justement de ne pas perturber le cours de bourse ; en effet, si pour un petit actionnaire les transactions peuvent être très fluides, un gros actionnaire s’il décide de vendre toutes ses actions d’un coup, va faire chuter le prix avant d’avoir pu les vendre (mouvement de panique de tous les actionnaires), c’est donc généralement impensable. (C’est pour ça par exemple que Total est toujours propriétaire d’un nombre important d’actions sanofi, dont il aimerait pourtant bien se débarrasser). D’où l’intérêt de ces dark pools.

      Quant à l’aspect plus « fondamentaliste », oui, si on veut ; étant donné qu’il s’agit de montants très importants et d’un marché de gré à gré, j’imagine qu’on ne s’amuse pas à faire du day trading, mais que cela s’inscrit plus dans une stratégie long terme. Mais enfin, penser que cela se joue uniquement sur l’analyse des bilans comptable et les perspectives de croissance des entreprises me semble très naïf. Je pense qu’il s’agit souvent de fomenter des alliances entre grands groupes pour créer des oligopoles, et entre grands patrons, de se refiler des bons plans (délits d’initiés) pour se faire un max de bénéf sur le dos des entreprises et in fine des travailleurs.

      Bref, derrière l’excuse de fluidité des transactions apportée aux grand groupes, ce marché opaque est à la fois anti-libéral et anti-social ; c’est le point d’orgue de la mainmise d’une oligarchie sur le marché (c’est à dire l’économie tout entière puisqu’on vit dans une économie de marché !).

    • David Servenay
      David Servenay répond à Robinson.
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 21h48 le 01/06/2010
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Sans être un « as de l’économie », voici ce que j’ai compris du sujet :

      1/ La qualité et l’efficience d’un marché se construit sur une base égalitaire : que tous les acteurs aient la même information, au même moment, afin que le mécanisme de l’offre et de la demande donne une valeur à une action.
      Donc, le principe des dark pools constitue une rupture d’égalité en quelque sorte.

      2/ Les actions des dark pools et des bourses sont les mêmes.

      3/ Il n’y a pas de raison que le « système s’effondre » parce que les lieux de transaction changent. C’est comme si vous disiez qu’un excès de transactions à Tokyo puissent assécher celles de Paris. Le cours d’une action évoluent en fonction de l’ensemble des transactions passées, quel que soit le lieu de cotation.

      J’espère que c’est plus clair, mais si des « as de l’économie » passent par ici, qu’ils n’hésitent pas à nous bluffer...

      • Pi.K
        Pi.K répond à David Servenay
        Vilain Parisien
        • Posté à 00h09 le 02/06/2010
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        Sans être moi-même un as de l’économie (mais promis, j’y travaille), je peux compléter un tout petit peu les explications macroéconomiques.

        Au sein des marchés boursiers secondaires — les marchés où s’échangent des actions créées sur les marchés primaires, des marchés d’occasion en quelque sorte —, la valeur d’une action fluctue en fonction d’une série de paramètres tels que les résultats de l’entreprise (une entreprise qui génère d’importants bénéfices voit le cours de son action grimper, ce qui rémunère les actionnaires qui ont investi dans l’entreprise), l’équilibre entre l’offre et la demande — une demande supérieure à l’offre entraîne une hausse des prix, c’est-à-dire du cours de l’action, au bénéfice des détenteurs de ces actions (qui voient leur patrimoine augmenter virtuellement : ils ne toucheront leur rémunération qu’en revendant leurs actions, je reviendrai sur les effets secondaires de ce mécanisme), etc.

        Le problème, du point de vue des actionnaires, c’est que, lorsqu’une action grimpe, la revendre risque de générer une surabondance d’offre, et de faire baisser par là même le cours de l’action — ce qui signifie, pour l’actionnaire, un revenu moindre à la vente. L’actionnaire se trouve alors forcé de... conserver ses actions, et ne peut donc percevoir l’intégralité de ses bénéfices — si j’achète un portefeuille d’actions 1000€ et que son cours grimpe à 1100€ (10%, bon résultat), le remettre sur le marché risque de faire baisser son cours, et, au lieu de faire un bénéfice net de 100€ à la revente, je risque de toucher 80€, moins les frais de transaction. Première possibilité : je revends par tranche pour limiter l’offre et conserver un cours élevé, mais j’y perds en frais de transaction à répétition.

        Deuxième possibilité : au lieu de négocier ma vente en public, je la négocie en privé. Je peux alors remettre sur le marché mon portefeuille d’actions... sans augmenter l’offre. Et donc sans pertes pour moi.

        Les dark pools répondent, en somme, à une préoccupation centrale des actionnaires : comment générer un profit maximum alors que le fonctionnement du marché pousse vers un prix d’équilibre fondé sur le rapport entre offre et demande ? Vendre ses actions pour encaisser leur valeur, c’est créer de l’offre, cela fait baisser leur prix de vente. Mais, puisqu’en finance l’imagination est au pouvoir, imaginons donc un marché où la vente d’actions ne génère pas d’offre — « on » a bien imaginé les CDO adossés à des prêts hypothécaires, les CDS sur titre de dette cessibles séparément, ou encore le buy-back (voir infra), autant continuer sur sa lancée.

        J’annonçais plus haut un retour sur les effets secondaires des mécanismes mal huilés de la Bourse. Ce sera sur le buy-back, curieux biais de pression des actionnaires sur les entreprises. Lorsqu’un titre boursier grimpe, le revendre est censément profitable, mais à un niveau moindre que le cours précédent (toujours cette satanée augmentation de l’offre). Ce qui signifie, pour l’entreprise, une capitalisation boursière moindre, et donc une capacité d’investissement moindre (c’est con). Pour s’en prémunir, les entreprises sont forcées de... racheter leurs propres actions, bien sûr au cours le plus élevé (quitte à s’endetter sur le marché obligataire pour financer le rachat). À l’entier bénéfice des actionnaires, dont je n’aurai de cesse de vanter le génie destructeur. Oui, destructeur : l’argent dépensé par l’entreprise pour racheter ses propres actions est tout simplement détruit (mais pas pour tout le monde, bien sûr). Au lieu de financer des investissements réels, il engraisse les actionnaires, et est perdu pour l’entreprise (qui, si elle revend à son tour ses actions pour se financer, va faire baisser leur cours, donc invariablement y perdre des plumes).

        Là est encore l’intérêt des dark pools. Le buy-back, on le devine, est limité dans l’espace public : conflits d’intérêts et délit d’initiés sont mal perçus, et leur faire trop de publicité est nuisible à tout le monde. Effectuer la même opération en cachette, en revanche...

      • Jean222
        Jean222 répond à David Servenay
        trader
        • Posté à 02h14 le 03/06/2010
        • Internaute 53494
          trader

        Pour y travailler, je connais un minimum ce monde qui parait si obscur à tant de gens. Les dark pools ont été créés pour une raison fort simple. Les fonds de pensions, assurance gère pour le compte de millions de particuliers des actifs. Tout le monde le sait.
        A partir de ce moment là, il leur est très difficile de ne pas se faire arbitrer lorsqu’ils veulent vendre des actif.
        Je m’explique. Si je sais que Axa gère 20 milliard d’euros d’actif et que Axa vend des actions renault, je me doute qu’elle va les vendre dans une grande quantité. Tout le marché comprend cela. Par conséquent le marché utilise cette information pour faire baisser les prix. En effet il est beaucoup plus facile de faire baisser les prix lorsque l’on sait qu’un acteur majeur souhaite se débarasser d’un titre. Cette situation rend les marchés inefficients car la théorie économique voudrait que la taile d’un seul ordre puisse influencer le cours d’une action.
        C’est pour résoudre que les dark pools ont été créés. Ils ont été créés pour que les gros acteurs puissent opérés sans divulguer leur opération avant que celle ci ne soit finie (ils renddent donc l’information de vente d’un titre publique une heure plus tard). Cela leur permet de ne pas se faire arbitrer le marché. Il est clair que divulguer des informations est une entorse à l’efficience des marchés qui a été faite pour en empêcher une autre.
        Selon moi, cette situation est qd même meilleure car les dark pools protègent les investisseur instit qui représente le monsieur tout le monde en empêchant de voir leur capital fondre par un arbitrage du marché.

  • Mme Berthe
    Mme Berthe
    grmbl
    • Posté à 18h32 le 01/06/2010
    • Internaute 113627
      grmbl

    Je ne sais pas si ça me rassure ou si ça m’horrifie, mais j’ai l’impression que nos (très chers) gouvernants n’y pipent que dalle, eux non plus, à la finance internationale...

  • Commandante
    • Posté à 18h57 le 01/06/2010
    • Internaute 109933

    Heu dark c’est sombre et pas noir

    La traduction serait plutôt « zone opaque » ou « réservoir opaque »

  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 18h55 le 01/06/2010
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Un truc en marge de tout action/régulation étatique ? pourquoi pas.

    Solution simple contre les darkpool

    * On les interdit
    * La DGSE créée un fonds « DGSE invest »
    * Elle réalise une vente massive sur ces marché, encaisse le cash (mettons 20 milliards) et ne fournit rien en échange
    * Le marché étant illégal, les banques ne peuvent pas porter plainte
    * La dette française s’allège de 20 milliards

    Après tout, en cas d’arnaque sur une barrette de **** , personne ne va au commissariat porter plainte. Pourquoi ca serait différent pour des crédits toxiques ?

  • grosnours
    grosnours
    ecoretraite
    • Posté à 18h55 le 01/06/2010
    • Internaute 94647
      ecoretraite

    je n ai pas compris grand chose a toutes ces magouilles pseudo financieres ou les requins se complaisent .... moraliser le capitalisme qu y disait , l autre .... !
    une chose est sure et certaine : ca va encore exploser !
    quels que soient les arguments avances , tout ceci ne sont que basses combines pour se faire un maximum de fric VIRTUEL dans un minimum de temps et ceci au depens de l economie reelle qui souffre de la lachete et de la complaisance de nos enarques gouvernants sarko en tete ...
    qu attend t on pour virer tous ces parasites merdeux et cupides qui nous pourrissent la vie ?

    • Pi.K
      Pi.K répond à grosnours
      Vilain Parisien
      • Posté à 14h18 le 02/06/2010
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Imaginons un seul instant que le capitalisme soit « moralisable » (je ris déjà, jaune évidemment). Une telle option est complètement fantasque — je n’aurai de cesse de répéter qu’un modèle économique amoral, fondé sur la captation et la concentration individuelle et oligarchique des richesses produites collectivement (encore qu’avec la Bourse, on peut s’amuser sans se soucier un seul instant de l’économie de production), qui ne supporte que des inflexions endogènes ne saurait accepter le moindre apport exogène, et encore moins y survivre ; en somme, « moraliser le capitalisme », c’est le tuer, et il faudra bien que cela arrive un jour —, mais faisons comme si.

      Moraliser le capitalisme, c’est imposer à ses acteurs une transparence totale. C’est-à-dire leur imposer de diffuser en continu une information fiable — ce qui impliquerait de faire noter la fiabilité des informations, plutôt que la fiabilité des produits, par les agences de notation : à ce jeu-là, les CDO adossés à des crédits hypothécaires pourris n’auraient pas eu droit à leur AAA (les produits en eux-mêmes étaient parfaitement sains, mais reposaient sur une information distordue). Et il faudrait aussi fournir une notation éthique : à ce jeu-là, les CDO auraient mérité la poubelle dès la première minute de l’examen — un produit qui repose sur la possible (et même probable) éviction de leur logement de centaines de milliers de gens ne mérite pas même d’être examiné plus avant.

      Dans le fond, cela implique de réformer en profondeur la pensée économique. Les modèles mathématiques sont parfaitement fonctionnels pour mesurer le risque, radicalement inopérants dès lors que le risque s’est réalisé en accident. En gros, « on » sait calculer la probabilité que la crise arrive, mais « on » ne sait pas du tout comment ça se passera si la crise arrive. D’où, comme de bien entendu, des reculades globalement irrationnelles, les banques réclamant le secours des États (après avoir pendant des décennies plaidé pour du moins d’État, cherchez l’erreur), les investisseurs redoutant d’investir (avec un risque élevé de perte nette), les spéculateurs profitant de la situation pour spéculer (notamment sur les dettes souveraines... comme celle de la Grèce, on voit le résultat), avec une rentabilité potentielle très élevée (plus le risque est élevé, plus la prise de risque est récompensée, ça reste assez logique), des États qui ne savent plus que dire ni que faire (la Grèce rationne, l’Allemagne joue les modèles de vertu en se tirant dans le pied, les banques centrales rachètent des actifs toxiques pour « rassurer les marchés » victimes de leur propre irrationalité, etc.), et, en bout de chaîne, des gens qui n’y comprennent plus rien, si ce n’est qu’ils paient les pots cassés.

      Finalement, non, on ne moralisera pas le capitalisme. Il faudra bien le détruire un jour, et redonner au libéralisme ses lettres de noblesse — c’est-à-dire remettre la loi au cœur de la pensée libérale. Hayek et Friedman, du fond de leurs tombes, risquent de ne pas apprécier... mais rendons-leur justice : ils n’imaginaient pas que la « liberté » qui leur était si chère pourrait être détournée aussi massivement au bénéfice exclusif d’une minuscule oligarchie quasi-mafieuse.

      • grosnours
        grosnours répond à Pi.K
        ecoretraite
        • Posté à 07h32 le 03/06/2010
        • Internaute 94647
          ecoretraite

        en gros c est la boite de Pandore reliee en prise directe au tonneau des Danaides ?
        quand un systeme est detourne de sa reelle destination ,ce qui est le cas du systeme boursier , tous les debordements , tous les exces sont possibles et deviennent la regle ....
        n etant pas aussi ignare que je m en donne l apparence , j avais deja assimile ce que tu expliques fort bien , mais ce que je ne sais pas , c est comment mettre fin a cette merde . ce qui est dramatique , c est que nos soi-disants experts si affutes n ont rien vu venir alors qu un pere de famille responsable lambda pouvait prevoir la gamelle ... c est assez facile de comprendre qu en jouant avec des valeurs pourries ca finirait par exploser a un moment ou un autre ! je ne joue pas avec des allumettes a cote d un bidon d essence ...
        les voyous costarises ont encore de beaux jours devant eux , en attendant le simple fait d aller chercher un chequier a ma banque suffit a me donner la gerbe en voyant la suffisance et la connerie affichee dans ces etablissements
        gag : trouves tu normal par exemple , pour en revenir au bouclier fiscal , que des gens soumis a l ISF arrivent a ne pas payer d impot sur le revenu....et il ne s agit pas de petits proprietaires fonciers de l ile de re dont la valeur des terrains a ete surelevee .... ! ceci grace aux moins values des revenus boursiers .

    • Titonèpalà
      Titonèpalà répond à grosnours
      Titolélàba
      • Posté à 15h59 le 02/06/2010
      • Internaute 96315
        Titolélàba

      une baisse de valeur boursière des balles indexée au prix de la kalash dont l’offre est sans commune mesure

      Très bonne arme, un peu lourde certes mais précise, résistante et surtout très puissante et de rapport qualité/prix bien meilleure que le M16 ou le famas et en plus accessible très facilement pour tous dans tous les points de ventes disposant de caves...

      Vous pourrez même y trouver des stingers, grenades, gilet pare balle... tout pour faire le bonheur de gens spoliés qui réclament justice mais qui constatent que ceux au pouvoir sont à la solde du marché débridé, que justice en France s’apparente de plus en plus à justice pour les copains et que les nouveaux braqueurs sont équipés de costards et de cigares attablés derrière un bureau au lieu d’être en prison.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 18h56 le 01/06/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Quand on comprendra que laisser le monde entre les mains des financiers nous mène droit à notre propre auto-destruction alors on aura fait un grand pas en avant.

    Nous sommes soumis à cet ordre mondial libéral patiemment mis en place par les libéraux avec la complicité de la social-démocratie :
    Lien

  • Disciple ressucité
    • Posté à 19h42 le 01/06/2010
    • Internaute 71674

    Eh, c’est quoi c’t’histoire ? Ben voilà ce que j’ai compris…
    Onc’ Picsou veut vendre un gros, un très gros, un très très gros paquet d’actions. Mais c’est un malin, et il a bien compris que vendre tout d’un coup fera baisser le cours et vendre par petits paquets augmentera les frais, pareil s’il voulait acheter. Alors l’onc se réunit avec les autres onc’s et ils se disent : « on va organiser ça entre-nous et les transactions se feront au cours officiel de la vraie bourse ». Sitôt dit, sitôt fait, ils mettent tous un masque et va-s-y que j’t’embrouille
    Le problème c’est que les cours de la vraie bourse ne sont plus représentatifs de l’offre et de la demande, que les délits d’initiés ne sont plus détectables et que le blanchiment devient très facile.
    Allez, on dit tous : « Merci les onc’s ! ».

    • trotter
      • Posté à 19h52 le 01/06/2010
      • Internaute 10738

      Merci pour l’explication.

      • -Candide-
        -Candide- répond à trotter
        Jardinateur
        • Posté à 11h35 le 02/06/2010
        • Internaute 40778
          Jardinateur

        C’est quand même simpliste votre explication :

        parce que l’oncle picsou acheteur, tout gripsou qu’il est, n’a aucun intéret à acheter au prix de la dark pool, si sur le marché il pourrait acheter moins cher.

        Quels que soit l’honorabilité des « picsous » de votre exemple, ce qu’ils cherchent juste c’est d’effectuer une transaction entre eux, sans que les « rappetout » en profitent par des moyens purement spéculatifs.
        –-
        le secret qu’introduit la darkpool, c’est le secret sur les identités (et les quantité individuelles d’intention) des transactions.
        Une fois la transaction faite, toutes les traces comptables sont présentes pour analyser qui a acheté/vendu quoi, à quel prix.
        Ce qui limite tout autant les délits d’initiés.

        Le secret d’intention, ne s’oppose pas à l’égalité devant l’information.
        C’est même un grand principe de tous les appels d’offres en France !
        Les propositions financières ne sont jamais publiées, pour éviter à des opportunistes de manipuler l’objectivité de la proposition.

        Mais alors me direz vous, pourquoi les investisseurs institutionnels utilisent des dark pools ?
        Pour éviter des gains opportunistes par des gens qui ne prennent aucun risque et profitent des volumes pour grappiller du fric sur la fluctuation des cours.

        Un exemple simple pour mieux comprendre :
        - Il existe des fonds d’indice qui reposent sur le cac40, le sbf120, etc, permettant à des modestes investisseurs (comme nous) d’investir sans trop de risque par rapport aux fluctuations du marché.
        - de temps en temps, la composition de ces indices doit changer car une entreprise A est devenu trop petite. Elle est prévue par exemple de quitter l’indice à telle date, et d’être remplacé par une autre entreprise B.
        - Les rappetouts du day-trading, savent pertinemment que que les fonds d’indices vont devoir à cette date, vendre du A et acheter du B.
        Juste avant, ils achète du B, et vendent du A, comme cela, le jour J, ils n’ont plus qu’a échanger au meilleur prix avec les fonds d’indice qui sont techniquement obligé de le faire.

        Je ne dénigre pas que l’existence des dark-pools peuvent introduire d’autres problèmes secondaires.
        Mais enfin, accuser sans comprendre les dark pools de tous les maux, sous prétexte que ça se nomme « dark », et donc nécessairement institué par le coté obscure des forces maléfiques de la finance, ça me parait complètement à coté de la plaque.

        A la base, il s’agit quand même d’une mesure qui permet, autant que faire se peut, de réguler un tout petit peu la spéculation sauvage.

    • David Servenay
      David Servenay répond à Disciple ressucité
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 21h27 le 01/06/2010
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      J’applaudis des deux mains : un vrai talent de pédagogue, cher Disciple.

      • yami
        yami répond à David Servenay
        En partance pour Melmac
        • Posté à 10h16 le 02/06/2010
        • Internaute 84429
          En partance pour Melmac

        Et moi je n’applaudis pas votre article, bourré d’approximations, de fantasmes et demi-vérités...bravo, vous avez le niveau pour écrire sur le forum boursorama...

        Allez donc vous renseigner sur l’opacité des MTF
        Oh tiens, c’est marrant, mais en allant là : Lien
        On peut voir le carnet d’ordres des grands méchants sur Turquoise pour la valeur Essilor...
        Allez donc rencontrer des personnes compétentes qui vont expliquerons à quoi ça sert, et comment ca marche...et ensuite revenez donc faire un article...

        Dernier point, juste pour mettre en évidence votre mauvaise foi : « 1er novembre 2007 : la loi française entre en vigueur. Toujours dans la plus grande discrétion… “
        Effectivement, tout a été caché : les décisions de la commission Européenne, le projet de loi du gouvernement, le vote à l’assemblée, le vote au Sénat, et même la publication au journal officiel (connaissant la méchanceté de ce gouvernement, ils ont du utilisé une police de caractère de taille 2 pour que les bons journalistes qui veillent sur nous ne puissent pas voir l’énormité de la chose...)

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à yami
          Jardinateur
          • Posté à 11h45 le 02/06/2010
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          Je pense que vous vous méprenez sur l’objet du business model de rue89.
          Le but n’est pas nécessairement d’apporter une information exacte mais de forger la conviction du plus grand nombre, même s’il faut passer pour cela par le sensationnalisme.
          Du reste, l’auteur se couvre bien en précisant qu’il n’est pas « un as de la finance », ce qui a contrario ne peut faire de vous qu’un suspect idéal ; -)

        • isidor
          isidor répond à yami
          pas intéressant
          • Posté à 12h13 le 02/06/2010
          • Internaute 49134
            pas intéressant

          Yami, ton commentaire est trop en « coup de sang », il faut déjà être de ton avis où déjà connaître le fonctionnement des darks pools pour comprendre qq chose.

          C’est dommage car tu as sans doute raison.

          méfie toi de l’ironie dans un texte écrit, c’est difficile à lire, on a du mal à comprendre là où il y en a, là où y en a pas, car il nous manque l’intonation à nous les lecteurs.

          Change de de pseudo...

          (c’est ça que tu appelles « êter naze », private joke)

        • David Servenay
          David Servenay répond à yami
          Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
          • Posté à 13h28 le 02/06/2010
          • Internaute 8946
            Ex-Rue89

          Votre mauvaise foi, Yami, c’est de voir des intentions là où il n’y en a pas. Il se trouve que l’AMF et Christine Lagarde se sont inquiétés, depuis un an, des conséquences fâcheuses de ce nouveau système financier.

          Et depuis... il ne se passe pas grand chose, alors même que des professionnels et observateurs du milieu avertis tirent la sonnette d’alarme.

          Si vous avez des « approximations, fantasmes et demi-vérités » à relever, faites-le (comme d’autres riverains l’ont très bien fait dans ce fil de discussion).

          S’il y a des erreurs, nous avons l’habitude de les corriger dans nos articles. C’est tout l’intérêt d’internet en général et de Rue89 en particulier.

          Le problème du maniement de l’ironie (vous avez dû le noter) c’est qu’elle peut aussi avoir un effet boomerang.

        3 autres commentaires
    • Haer
      Haer répond à Disciple ressucité
      Confortable
      • Posté à 19h37 le 02/06/2010
      • Internaute 85591
        Confortable

      Et soudain, tout devint clair :))

      C’est vrai que les explications plus haut étaient également assez « dark »...

  • jefaiscequejeveux
    • Posté à 20h28 le 01/06/2010
    • Internaute 115291
      plouf

    article intéressant et incitant à davantages de documentations sur ces produits financiers.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 20h39 le 01/06/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable
  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 21h17 le 01/06/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet
  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 21h19 le 01/06/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Sinon au passage, voici le site d’un dark pool créé par BNP Paribas, HSBC, NYSE Euronext et JPMorgan :

    Lien

  • Airinys
    • Posté à 21h56 le 01/06/2010
    • Internaute 52467

    Ce que j’ai du mal à comprendre c’est qu’on a passé des siècles à interdire, réglementer principalement dans l’intérêt général, et que c’était la marque d’un progrès.

    Aujourd’hui on libéralise dans l’intérêt particulier, et c’est également un progrès.

    J’y comprends plus rien au final.

  • breuil
    breuil
    informaticien
    • Posté à 22h48 le 01/06/2010
    • Internaute 116062
      informaticien

    beaucoup de fantasmes dans tous ces posts ... il aurait juste fallu controler la véracité de ce qu’écrit David Servenay.

    Une recherche basique sur le net met d’ailleurs en évidence que la MIF établit justement des procédures de transparence pré- et post-trading afin de garantir la meilleure exécution (ex tiré du site cfo news) :
    - des obligations de transparence pré-négociation : les internalisateurs, notamment, doivent afficher les prix auxquels ils sont prêts à acheter ou vendre à leurs clients ;
    - des obligations de transparence post-négociation : celles-ci permettent de vérifier la bonne exécution des ordres aux conditions les plus favorables pour le client.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 23h38 le 01/06/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    Vous savez, la féodalité semble immuable, au présent.

    Mais il ne faut pas plus d’une dizaine d’heures pour qu’elle agonise dans le ruisseau.

  • Aetius75
    Aetius75
    Etudiant
    • Posté à 23h43 le 01/06/2010
    • Internaute 116067
      Etudiant

    Que de raccourcis intellectuels et d’imprécisions dans cet article. La preuve en est de l’affirmation selon laquelle l’entrée en vigueur de l’ordonnance de transposition de la directive européenne s’est faite en catimini (« 1er novembre 2007 : la loi française entre en vigueur. Toujours dans la plus grande discrétion… l’information ne sort pas des milieux spécialisés »)… je me souviens très bien des doubles pages consacrées au sujet dans certains journaux grand public … bref pas très sérieux comme le démontrent également les nombreuses erreurs relevées dans l’article.
    Bon, sans rentrer dans le débat manichéen de la méchante finance contre le gentil … je ne sais pas quoi … voici quelques éléments de contexte et d’explication sur le fonctionnement de ces « dark pool » mouahahahahaha ! (oui ca fait peur).

    En France, préalablement à la transposition de la directive marchés d’instruments financiers (et non « marché d’intermédiaires financiers » … sic …) dite MIF, tous les ordres de bourses portant sur les actions d’une société cotée devaient être placés en bourse en vertu d’une obligation de centralisation des ordres de bourse. Nous avions ce qu’on appelle un marché gouverné par les ordres. La confrontation de tous les ordres d’achats et de tous les ordres de vente permettaient de réaliser un cours unique qui constituait en quelque sorte le « juste prix » de la valeur négociée. Seuls quelques ordres spécifiques, par ex. des blocs de cession de contrôle, pouvaient être négociés hors-bourse (donc ce n’est pas une nouveauté). La raison avancée est que la cession du contrôle porte tant sur la valeur des actions que sur la prime de contrôle et donc que le prix retenu est supérieur au cours de bourse.

    L’union européenne n’a pas suivi la tradition française et a préféré le modèle anglo-saxon de marché gouverné par les prix. Elle a permis la création à coté des marchés réglementés de systèmes multilatéraux de négociation (SMN) qui ne sont absolument pas opaques comme l’avance l’auteur de l’article. Les raisons avancées sont nombreuses mais on peut retenir l’idée que la concurrence des marchés permet leur développement et également la réduction des coûts de transaction. Il y a également une volonté européenne de concurrencer les grands marchés américains ou japonais et de réaliser à terme un grand marché européen. Et dernière précision … ces marchés ne sont pas nécessairement réservés aux gros investisseurs comme l’auteur de l’article l’affirme …

    Les darks pools sont une catégorie de SMN. Une confusion est faite par l’auteur entre les SMN pris généralement – marchés financiers qui peuvent être aussi ouverts et transparents que le marché réglementé, la preuve en est avec Alternext, le marché des « petites actions » - et les dark pools proprement dits qui n’ont rien d’illégal. Pour expliquer leur légalité, il faut rappeler le principe de transparence avant et après négociation.

    En gros, comme pour chaque action il peut y avoir plusieurs places de négociation et donc plusieurs prix différent, il est important que l’investisseur s’y retrouve. Chaque marché doit ainsi diffuser les ordres d’achats et de vente avant la négociation (globalement : pour l’action X, nous avons 100.000 ordres d’achat au prix Y et 50.000 au prix Z). Le marché doit également publier toutes les transactions effectuées. Avec toute cette information à disposition, l’investisseur sait ou placer son ordre de bourse en fonction de ses objectifs : meilleur prix, exécution la plus rapide, etc. L’union européenne a toutefois permis une dérogation à la transparence avant négociation sous certaines conditions. C’est le cas si l’ordre de bourse est d’une importance telle qu’il peut perturber sensiblement le cours du titre. Les actions ne disparaissent toutefois pas comme un commentateur le croit : c’est simplement qu’une partie des ordres de bourse ne sont plus visibles. Les transactions, une fois effectuées, le redeviennent.

    Là où l’UE n’a pas vu le coup venir, c’est que des marchés se sont constitués pour permettre exclusivement la négociation de ces ordres de bourse opaques : elles font de l’exception leur principe … et détournent clairement l’esprit de la directive.

    Pour information, il n’y a pas que l’AMF qui s’inquiète de l’apparition de ces dark pools. De nombreux spécialistes mettent en doute la capacité de la directive MIF a réaliser les objectifs affichés. Certains auteurs ont même demandé le retour à l’obligation de concentration et donc l’abrogation de la directive MIF. Est-ce une solution pertinente ? L’avenir le dira mais il est évident que la crise économique a relevé ces pratiques qui causent une élévation sensible du risque systémique.

    • Barbeuz
      Barbeuz répond à Aetius75
      jeune diplômé
      • Posté à 13h16 le 02/06/2010
      • Internaute 52779
        jeune diplômé

      Décidément, la force de Rue89, c’est plus les commentaires que les articles... Merci pour ces précisions ! Si vous avez des références sur les modèles de prix/d’ordre, ça m’intéresse !

      • Aetius75
        Aetius75 répond à Barbeuz
        Etudiant
        • Posté à 08h57 le 05/06/2010
        • Internaute 116067
          Etudiant

        Un exemple de marché gouverné par les ordres est celui de feu l’ancien modèle de marché français et son premier marché à Paris : tous les ordres de bourses en France devant transiter par ce marché, c’est leur confrontation globale qui permet la détermination du prix (avec deux avantages : transparence totale et profondeur du marché ; un inconvenient principal : pas de concurrence donc peu d’innovation par la compétition). Les Etats-Unis ou les Royaumes-Unis ont des marchés gouvernés par les prix : ici chaque marché dispose d’un prix d’équilibre différent si bien que l’investisseur doit choisir de passer l’ordre dans telle ou telle bourse selon des critères qui lui sont propres (prix choisi, rapidité d’exécution, capacité du marché à absorber l’ordre, etc.). C’est pourquoi aux Etats-unis les deux principaux marchés, le Nyse et le Nasdaq sont en conccurrence.

        Pour l’UE ma réponse est que : oui l’UE aurait du s’en rendre compte mais il n’est pas évident qu’elle se soit doutée de l’émergence des darkpools en nombre si important : elle était focalisé sur les avantages d’un modèle de marché concurrentiel et, il faut le reconnaitre, il s’agit d’un domaine très techniques dans lequel on ne mesure pas toujours les conséquences des règles qu’on impose. Il faut maintenant voir comment elle va réagir alors qu’elle doit apporter des améliorations à la directive MIF.

    • heho
      heho répond à Aetius75
      weird gone pro
      • Posté à 22h04 le 02/06/2010
      • Internaute 56350
        weird gone pro

      commentaire intéressant, mais...
      « Là où l’UE n’a pas vu le coup venir, c’est que des marchés se sont constitués pour permettre exclusivement la négociation de ces ordres de bourse opaques »
      euh... non ? ils n’auraient pas pu s’en douter ? un tout petit peu ?

  • ydcl
    • Posté à 00h21 le 02/06/2010
    • Internaute 17421

    Conseil d’un « as de l’économie » : Vive l’argent sous le matelas !

  • Oodini
    • Posté à 03h37 le 02/06/2010
    • Internaute 30418

    Cette opacité ne permettrait-elle pas que les acheteurs achètent des actions en fonction de ce qu’ils estiment de la valeur réelle de l’entreprise, et non pas en fonction de ce que pensent les autres de la valeur de l’entreprise ?

    Bref, les acheteurs seraient obligés de s’intéresser réellement à l’activité de l’entreprise, plutôt que de spéculer sur des courbes abstraites.

    Le fait que les achats/ventes n’aient pas d’influence sur la valeur d’une action me convient assez bien, finalement. Rien de tel pour lutter contre la spéculation volatile.

  • NGNG
    • Posté à 08h14 le 02/06/2010
    • Internaute 104811

    Ce qui est génial dans tout ça c’est qu’en pleine periode de crise économique on laisse ceux qui en ont été la cause pervertir encore un peu plus un système qui marche à l’envers.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 09h46 le 02/06/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Est-ce que les « dark pools » ont un impact sur l’économie réelle ?
    En fait, dans la gestion courante, ils concernent essentiellement les « boursicoteurs » lambda qui ne peuvent plus très bien savoir qui détient le capital de quoi et ne peuvent donc pas en anticiper les mouvements...
    L’économie réelle, celle des états en particulier, ne serait sans doute impliquée (sans le savoir) que le jour où on s’apercevrait que tel ou tel grand groupe économique et/ou financier réorienterait sa politique d’investissement vers un autre secteur géographique et aurait tout pouvoir pour dépouiller le patrimoine de ce qu’elle a acquis discrètement pour le re-localiser ailleurs.
    J’ai l’impression que la tendance est actuellement à « ne plus mettre tous les œufs dans le même panier » en créant de trop grosses concentrations industrielles et financières, et je ne pense donc pas qu’on assiste à ces mouvements de délocalisations massives...
    En revanche, d’un point de vue « psychologique », il n’est pas très agréable de ne pas savoir qui détient réellement le capital de tel ou tel grand acteur économique ; mais il y a longtemps qu’on sait que le capitalisme est « apatride » et qu’il mélange allégrement les capitaux d’origine douteuse avec ceux produits plus honnêtement.

    • A déménagé le 05-01-2012
      A déménagé le 05-01-2012 répond à Boutauvent
      non connue
      • Posté à 10h04 le 02/06/2010
      • Internaute 53129
        non connue

      Je ne suis pas ingénieur en économie, mais, en regardant évoluer le CAC, j’ai bien compris une chose : Le boursicoteur lambda n’a aucune chance de gagner (beaucoup) d ’argent sur le long terme.

      Ceux qui gagnent sont ceux qui h24 jouent sur les crêtes et les fluctuations à l’heure près , à la minute près ... les autres ceux qui achètent et attendent que ça monte pendant six mois sont les dindons.

      • Boutauvent
        Boutauvent répond à A déménagé le 05-01-2012
        Testeur de temps libre
        • Posté à 14h23 le 02/06/2010
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        Je crois que pour « boursicoter », il n’est même pas nécessaire d’avoir des notions d’économie : il suffit de comprendre les règles des marchés et de qui va acheter quoi et pourquoi.
        Il ne faut pas confondre le turfiste avec l’éleveur/entraineur de chevaux : l’un va pronostiquer le tiercé tandis que l’autre va créer (à long terme) les conditions pour que son cheval le gagne !
        Il est vrai que, normalement, sont avantagés ceux qui ont fait des écoles de commerce et en sont ressortis avec des diplômes, puisqu’ils connaissent tous les chevaux et les intentions des entraineurs, en plus des paramètres de la piste et de la concurrence...
        Un « économiste », à mes yeux, n’a rien à voir avec ces « recettes spéculatives » (même si ça lui permet d’anticiper presque aussi bien les fluctuations des marchés), c’est quelqu’un qui analyse des données beaucoup plus complexes liées à l’histoire et au futur afin de proposer des orientations politiques à moyen et long terme.
        Si je devais schématiser, je pourrais affirmer qu’un excellent « trader » ou un boursicoteur lambada peut gagner (ou perdre) beaucoup d’argent sans même savoir qui est Marx, alors que je vois mal un économiste réfléchir au futur de l’humanité sans avoir étudié les postulats de celui-ci.

  • A déménagé le 05-01-2012
    • Posté à 09h48 le 02/06/2010
    • Internaute 53129
      non connue

    Rassurez moi, il y a 30 ou 40 ans, la finance était elle aussi immorale ?

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