Les Inrocks.com 16/05/2010 à 19h32

Les « non-parents », des gens qui ne veulent pas faire d'enfants

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Camille Polloni | LesInrocks.com


Un baigneur en feu (TheGiantVermin/Flickr)

La première édition française de la fête des non-parents a réuni, samedi, une joyeuse bande de gens qui ont refusé de procréer.

« Rien n’est plus beau que le sourire d’un enfant posant ses yeux émerveillés sur le monde qui l’entoure. » Beurk, non ? Alors qu’une femme enceinte ressemble à une baleine et un nouveau-né à un Gremlin, l’ambiance générale après 30 ans est à la béatitude devant le-miracle-de-la-vie.

Pour affirmer leur liberté de ne pas se reproduire tout en pratiquant à souhait l’acte qui permet de le faire, une centaine de personnes se sont retrouvées, ce samedi, au Comptoir Général à Paris, à côté de ce vilain canal Saint-Martin si complaisant avec les poussettes.

A l’initiative de la Fête des non-parents (une première en France, après une édition belge), on retrouve Théophile de Giraud, auteur de « L’Art de guillotiner les procréateurs », Frédérique Longrée, Corinne Maier, auteur de « No Kid, 40 bonnes raisons de ne pas avoir d’enfants » et Noël Godin, le célèbre entarteur. La présence de ce vieux gros Belge à la voix de stentor, « spécialiste de l’anarchisme » (la dénomination le fait se gondoler), complètement azimuté et qui a entarté BHL à sept reprises, augurait d’une bonne soirée.

Une expo photo de bébés en plastique martyrisés

Bon, au début, c’était bizarre. Une dame brune sympa mais les yeux dans le vide, la quarantaine, m’attrape par le bras et me traîne devant le cabinet de curiosité du Comptoir Général, où elle voit des signes partout :

« Tu vois l’enfant, il est sur du noir, et l’as de pique est déchiré. Le roi regarde du côté de la reine sans tête, parce que la tête de la reine est derrière le roi. C’est comme ces mannequins de lingerie qui n’ont pas de tête, dès que les enfants lèvent les yeux de la poussette, ils voient ça, on les habitue, c’est symbolique. »

OK ouais. J’essaie de ramener la conversation vers quelque chose de sensé. « Vous par exemple, pourquoi vous n’avez pas eu d’enfants ? » « Quand j’ai arrêté la pilule, j’ai senti tous mes ancêtres qui remontaient le long de mon corps. » Ah...

Un peu plus loin, sous une expo photo très étrange de bébés en plastique martyrisés, trois personnes avec trois bières parlent de façon intelligible. Il y a Bruno, la cinquantaine, qui n’aime pas les enfants. « Ma mère est désespérée ! » Ça le fait marrer.

Avis à la maman de Bruno : votre fils n’aime vraiment pas les enfants, ça ne sert à rien de le forcer, surtout que maintenant il sort avec une dame qui en a un donc c’est presque pareil en moins chiant et moins cher.

Bruno discute avec Stéphanie, une femme très jolie à l’air sûr d’elle (je dis ça pour ceux qui pensent que y’a que les moches qui viennent à ce genre de soirée, rapport à la frustration). Stéphanie pense que plus on fait d’études, moins on a envie de se reproduire, ce qui n’est pas faux statistiquement. Elle a préféré privilégier « son confort de vie », même si à 25 ans elle se payait la honte quand sa famille la déguisait en catherinette.

A côté, Stéphane (une fille, même si elle s’appelle Stéphane) a eu un enfant, mais en est « très contente » (ouf). Elle est venue par intérêt pour le dénatalisme écologique.

Pourquoi procréer dans un monde tout niqué ?

En gros, certains écolos pensent que la Terre est un peu étriquée et que la repeupler n’est pas forcément malin, compte tenu des ressources. C’est le sujet du débat de ce soir.

On peut choisir de ne pas avoir d’enfants juste parce qu’on n’aime pas ça, mais aussi pour plein de raisons politiques, comme l’envie de lutter contre la pollution des couches et tout le CO2 produit par les marmots (qui deviendront des gens et pollueront avec leur 4X4), ou parce que c’est absurde de procréer dans un monde tout niqué.

Je croise aussi une dame venue avec dix personnes de OnVaSortir.com, des non-parents qui arborent fièrement une capote accrochée avec du ruban rouge à leur col de veste, un dessinateur de Siné Hebdo qui n’a plus de travail parce que Siné Hebdo c’est fini, qui s’en fout un peu des enfants mais qui est là pour voir Noël Godin, qui est rigolo.

Le débat commence. Théophile de Giraud boit sa bière dans un biberon, ça plaît aux photographes. Corinne Maier :

« Depuis quelques années, la France subit une offensive nauséabonde sur le thème “travail, maternité, identité nationale”. »

Elle, malgré ses deux rejetons ados présents dans la salle, veut affirmer la place des « ne-pas-istes » dans la société. « Jean-Jacques Rousseau était un grand subversif et a abandonné ses enfants à l’assistance publique », rappelle Corinne Maier, même si elle n’appelle pas l’ensemble de la population à imiter le philosophe.

Laure Noualhat, journaliste environnementaliste à Libération, prépare un documentaire sur les « no kids ». Elle cite Pauline Bonaparte : « La première moitié de notre vie est gâchée par nos parents, la seconde par nos enfants. » La clé, pour Laure Noualhat, c’est d’éviter de se reproduire sur une planète pourrie où il n’y a pas assez de place pour tout le monde.

Sur ces propos, Noël Godin déclame : « Pondre des lardons, c’est maso à crever et contre-révolutionnaire, ça gagatise », tonne l’entarteur. « La maternité, c’est la servitude volontaire par excellence. Au même titre que les curés, les flics et les patrons, les parents sont les loufiats du capital. » « Noël président ! » gueule quelqu’un à la fin de son discours. « Les présidents dans la flotte ! » répond Noël, cohérent.

« Mangeons-les ! »

Après, il y a le moment un peu gênant où Xavier Renou, le Désobéissant, accuse tout ce beau monde de malthusianisme et dit que le problème, ce n’est pas les enfants, mais le capitalisme.

Dans la salle, une fracture doublée d’une incompréhension générale apparaît. Heureusement, Laure Noualhat reprend la parole pour dire que l’infanticide est une sagesse quand on n’a ni la contraception, ni l’avortement. Tout le monde trouve ça très courageux, et Noël Godin hurle « Mangeons-les ! »

Là, un prof se lève : « Le meilleur moyen de ne pas avoir d’enfants, c’est de faire comme moi. Devenez prof. » Tout le monde rit. Puis on parle de la grève des ventres, moyen de pression politique qui, si ça se trouve, pourrait marcher. Il paraît même qu’une fois, au Danemark, une centrale nucléaire a été décommandée grâce à ça.

Alors que moi aussi, amusée, je siffle une petite bière, un vieux monsieur me demande de quel journal je viens. « Les Inrockuptibles, vous connaissez ? » « Oui, enfin... surtout mes enfants. »

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  • 573 réactions
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  • A.T.swey
    • Posté à 21h49 le 16/05/2010
    • Internaute 112034
      *

    Non mais dites donc françaises, français (blancs et normaux....) vous rendez-vous compte que nous constatons chaque jour que des barbus, des noirs, des chinois, des indiens etc, etc copulent à c...lle rabatue et qu’ils nous font des gosses en veux tu en voilà ?

    Ce qui signifie que si vous refusez de planter la « bonne graine » (blanche, normale...) demain la France de nos glorieux ancêtres sera méconnaisable et totalement convertie à une ou deux religions barbares .

    Sauvez la race non de d... !

    j’ai tout bon là ?

    • A déménagé le 17-9
      • Posté à 21h50 le 16/05/2010
      • Internaute 88579
        nc

      Vi, mon P5R !

      • A.T.swey
        • Posté à 22h45 le 16/05/2010
        • Internaute 112034
          *

        « Vi, mon P5R ! »

        J’ai pas de veine Tilou ! j’ai voulu griller le vrai p5r pour l’emm...et maintenant tout le monde me tombe dessus, comme celui qui suit.....

        C’était bien la peine que je me décarcasse, en plus j’avais pas pensé que le dimanche étant le jour du saigneur, le p5r il fréquente pas Rue89 ce jour là !

        p.s. du coup, je me pose la question de mes 4 boules rouges : est-ce qu’elles viennent de ceux qui ont compris que c’était une blague ou est-ce des sympathisants du borgne de la marine ?

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à A.T.swey
          roturière : -)
          • Posté à 22h56 le 16/05/2010
          • Internaute 24219
            roturière : -)

          Je t’en ai mis cinq par habitude ... : -)

          • A.T.swey
            A.T.swey répond à Mon-Al
            *
            • Posté à 23h29 le 16/05/2010
            • Internaute 112034
              *

            « Je t’en ai mis cinq par habitude ... : -) »

            Merci Mon-Al, ça me console un peu, je commençais à déprimer....

        2 autres commentaires
    • Srgvlt
      Srgvlt répond à A.T.swey
      Twitter @srgvlt
      • Posté à 22h34 le 16/05/2010
      • Internaute 23660
        Twitter @srgvlt

      Ah le formidable argument de la haine de soi ! Ne faites pas comme Ben, par pitié : suicidez-vous !

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 21h58 le 16/05/2010
    • Internaute 61755

    « Pour affirmer leur liberté de ne pas se reproduire tout en pratiquant à souhait l’acte qui permet de le faire » : remarque inepte, des parents peuvent le faire, l’acte j’entends, sans pour autant vouloir (re)procréer.

  • dindon
    dindon
    un passant
    • Posté à 21h59 le 16/05/2010
    • Internaute 43030
      un passant

    Curieux comme histoire : des gens qui se rassemblent pour manifester contre un certain embrigadement ( !), puis des participants qui font semblant d’etre en colere et tous les commentaires si serieux pour dire qu’on est sans opinion de peur de forcer les autres.

    On ne fonde pas une opinion sur ce non acte la. Si on pouvait choisir apres avoir fait un enfant, peut-etre l’opinion meriterait-elle d’etre ecoutee. J’en doute. Avoir un enfant et l’eduquer est un tel bouleversement que les gens qui n’en ont pas ne savent pas de quoi ils parlent, et que les gens qui en ont se souviennent difficilement de ce qu’ils etaient avant.

    Debat sterile ? : o )

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      A déménagé le 02-02-2012-2 répond à dindon
      non connue
      • Posté à 22h15 le 16/05/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      +1

    • lulu.sur.rue89
      lulu.sur.rue89 répond à dindon
      Entre deux chaises, assez (...)
      • Posté à 22h58 le 16/05/2010
      • Internaute 99634
        Entre deux chaises, assez (...)

      Je ne sais pas si j’ai vraiment compris votre message et ce que vous appelez une opinion. Selon ce que j’ai compris, il me semble que ce n’est pas un argument très fort : mieux vaut tout de même se poser la question avant et essayer de savoir ce que cela va sous-entendre, et si cela est compatible avec la personne que l’on est et que l’on aimerait devenir, que d’essayer puis finalement se rendre compte que non, ce n’est pas ce que l’on voulait - ce qui arrive hélas encore assez souvent. Car il y des gens qui font des enfants, puis le regrettent (et assez souvent s’en vont en les laissant plus ou moins tomber...). Mieux aurait valu qu’ils se soient « fait une opinion » avant.

      Et je maintiens que c’est possible : on peut se faire une idée du genre de vie que l’on a envie de vivre, que l’on devrait vivre, ou que l’on pourra vivre compte-tenu du genre de personne que l’on est, et surtout sur le genre de personne que l’on a envie de devenir. Il y a tout de même des constantes dans la vie de parent que l’on peut repérer (entre autres le fait pour un certain type de parents d’en parler un peu extatiquement et de se situer dans le registre de l’ineffable comme vous le faites) et qui vont servir de point d’appui pour se décider.

      Le genre de raisonnement que vous utilisez serait d’ailleurs valable pour beaucoup de choses : tout peut être bouleversement dans la vie. Pour avoir changé suffisamment de ville, de pays, de langue, d’emploi, d’environnement, je peux vous affirmer que beaucoup d’expériences, si elles sont prolongées, peuvent changer profondément une personne, ses habitudes, ses réactions et ses points de vue - et cependant, mieux vaut essayer de décider de tels changements plutôt que de les laisser advenir, ou de se morfondre dans une vie qu’on n’aime pas si le hasard ne fait pas bien les choses. On devrait ne pas s’en remettre uniquement au hasard, aux habitudes ou à la norme pour prendre une décision d’une certaine ampleur, quelle qu’elle soit.

      Inversement, contrairement à ce que vous pensez, tous les parents ne se sentent pas radicalement émus comme vous le décrivez : si vous le voyez ainsi, si vous l’avez vécu comme un bouleversement, c’est peut-être précisément parce que votre caractère vous portait vers ce type de vie - et en ce cas vous avez eu entièrement raison de faire des enfants et j’imagine que vous devez être un excellent parent.

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 22h11 le 16/05/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    Débile de faire groupe ceci des groupes cela...
    J’ai 3 enfants, je vais faire un groupe « ceux qui ont 3 enfants » etc et dire que ceux qui n’en ont pas sont des sales égoïstes, etc...

    Décidemment tout est fait dans notre société pour nous diviser et il y en a qui tombent dans le panneau.

    Je ne vois pas ce qui dans notre société nous pousse à faire des gosses absolument, on est plus dans une société ultra-catholique.
    Cela me dérange pas que des gens ne fassent pas d’enfants, grand bien leur fasse... Et inversement, je n’ai pas envie que des « non-parents » (trop ridicule ce « non-parent », du politiquement correct à fond !) me fasse la leçon en me traitant de reproductrice irresponsable...

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 22h17 le 16/05/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    Bah, à partir du moment où on a le choix, toutes les possibilités sont autant de positions qui seront occupées (certes plus ou moins).

  • The_Reaper
    • Posté à 22h21 le 16/05/2010
    • Internaute 33315

    Oh mon Dieu, des malthusianistes ! Ce sont les pires de tous, ceux-là ! De la même trempe que les Décroissants !

    Ceux qui pensent que, vu que la planète va mal, autant croiser les bras et attendre qu’elle explose ! Arrêtons de nous battre, de toute façon, ça ne sert à rien ! L’humanité finira bien par s’auto-détruire toute seule, laissons-la le progrès et les théories de l’évolution darwinienne.

    Je ne veux pas tomber dans le godwinisme primaire, mais finalement, n’est-ce pas exactement le même mode de pensée que certains lorsqu’ils ont vu les Nazis entrer en France en 1940 ?

    Désolé Messieurs, Dames les oiseaux de mauvais augure, mais je préfère faire des gosses et me battre pour eux , afin que cela puisse améliorer, oh, non pas le monde (on peut être optimiste sans être complètement maso), mais au moins pour leur quotidien local (rien à voir avec le Parisien ou L’Est Républicain).

    • cossery
      cossery répond à The_Reaper
      résistant
      • Posté à 01h55 le 17/05/2010
      • Internaute 85601
        résistant

      C’est votre choix, tant mieux pour vos gosses. Mais vous permettez que d’autres ne pensent pas comme vous j’espère ?

      • The_Reaper
        The_Reaper répond à cossery
        • Posté à 11h25 le 17/05/2010
        • Internaute 33315

        Oh oui certes. Après tout chacun fait comme bon lui semble. Mais je renvoie votre question à ces personnes qui organisent et participent à ce genre de manifestations : est-ce que ces personnes ont du respect pour les gens qui ont des enfants et en sont fiers ? Que diraient-ils si on organisait une manifestation de « la fierté d’être parents » ?

        Je pose ces questions avec toute la candeur qui doit les accompagner, bien entendu...

         
        • cossery
          cossery répond à The_Reaper
          résistant
          • Posté à 11h33 le 17/05/2010
          • Internaute 85601
            résistant

          Pour la manif ça se discute, je suis d’accord. Et le poupon qu’on brûle, c’est limite.

        1 autres commentaires
    • deserteur
      deserteur répond à The_Reaper
      Service Athée
      • Posté à 06h04 le 18/05/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      je serais plutot décroissant mais je comprends aussi ton point de vue qui est aussi respectable

      • The_Reaper
        The_Reaper répond à deserteur
        • Posté à 07h23 le 19/05/2010
        • Internaute 33315

        Dans le fond, j’accepte volontiers l’idée des décroissants, mais je n’aime pas trop cette sorte de résignation du genre « nous sommes dans une impasse, faisons demi-tour ». Pour moi, c’est toujours le progrès technique et scientifique qui a amélioré la civilisation, c’est à lui de faire en sorte qu’on consomme moins d’énergie, qu’on fasse plus avec moins de ressources.

        On ne peut pas comparer ce qui a été fait il y a 60 ans et aujourd’hui, pour plein de raisons, donc plutôt qu’essayer d’adapter l’Homme à un environnement passé, autant essayer d’adapter l’environnement (dans le sens « alentours », pas celui d’ « écosystème »). J’ai lu un article sur un décroissant dans Alternatives Economiques, et il ne pouvait néanmoins se passer de produits hautement polluants et énergivores que sont le téléphone mobile et l’ordinateur, ce qui prouve qu’il faut faire des compromis, et quitte à en faire, je préfère que ça soit dans l’amélioration des équipements, du choix des matériaux, etc...

        Et en ce qui concerne la réduction du nombre d’enfants, je trouve que c’est faire injure au genre humain que le brider dans une « tache naturelle ». Cela fait parti de ses prérogatives génétiques, et même s’il est vrai qu’on ne devrait pas faire des enfants si on n’est pas sûrs de pouvoir les élever, qui sommes-nous pour dire aux gens « arrêtez ! Nous sommes trop nombreux ! » ? Notamment aux Africains, souvent accusés de faire beaucoup d’enfants (à tort, certains pays d’Afrique étant à peine supérieurs en terme de natalité que les pays d’Europe de l’Ouest) ?

        En plus, le taux de natalité moyen mondial a sacrément diminué, même dans les pays pauvres, et les 9 milliards qu’on devait atteindre en 2030 sont autrement discutés aujourd’hui, et on estime déjà qu’on aura du « mal » à atteindre les 8 à cette date.

        Et d’ailleurs, le malthusianisme nataliste n’a pas forcément été un succès en Chine avec sa politique de l’enfant unique, et on voit qu’au Japon (ou en Allemagne), qui ne fait naturellement pas beaucoup d’enfants, le vieillissement est bien plus problématique que la surpopulation...

        Et oui, sous mes airs sarcastiques et légèrement provocateurs, je sais aussi discuter et être respectueux des autres et je ne cherchais bien entendu à blesser personne ;)

         
        • deserteur
          deserteur répond à The_Reaper
          Service Athée
          • Posté à 10h30 le 19/05/2010
          • Internaute 62084
            Service Athée

          je puis t assurer que tu es un décroissant qui s ignore qd tu aura pigé ttes les subtilités que cela implique malgré les contradictions obligées.
          je crois aussi au progrès sans la pollution et le gachis
          je suis aussi plein de contradictions comme tout le monde (sauf Yvon LE Zébulon qui sait tout et a toujours raison)
          j ai 5 ordi mais je n en utilise qu un à la fois
          j ai un camping car mais j ai le vélo dedans donc je fais moins de km qu avant en bagnole pour mes loisirs(j en ai fait un million et demi de km durant 40 ans)
          je mange des légumes de mon jardin pas toute l année hélas
          je mange le poison d eau douce que je pêche et ou je suis il n est pas pollué
          je composte
          je marche 1 & 3h par jour et je ramasse la merde des chasseurs et de certains promeneurs

          etc etc
          je crève de rage devant le désastre BP et malgré mes 60 ans je suis encore prêt à participer à des actions disons musclées
          j apprécie tes commentaires
          fraternel salut

        1 autres commentaires
    • deserteur
      deserteur répond à The_Reaper
      Service Athée
      • Posté à 06h04 le 18/05/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      je serais plutot décroissant mais je comprends aussi ton point de vue qui est aussi respectable

  • A déménagé le 16-01-2012 3
    • Posté à 22h23 le 16/05/2010
    • Internaute 110430
      nc

    Je n’aime pas spécialement les enfants, je m’entends pas trop mal avec, mais j’adore le mien !
    C’est bien joli de dire « je n’en veux pas » mais quand on en a jamais eu c’est difficile de savoir en même temps et d’avoir tant de certitudes sur le bon ou le mauvais côté d’être parent.
    J’en ai voulu un, tant pis si moi aussi je dois culpabiliser d’être anti-écolo et de pas penser à son avenir...
    C’est plutôt chouette, ça embelli la vie tout de même, un enfant, ces gens me semblent un peu dans leur monde d’adulte, c’est triste (remarquez que j’ai pas dit égoïste hein !)...

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h24 le 16/05/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Avant d’en faire avec celle qui pour moi rendait le projet totalement évident, j’aurais juré par tous les dieux que je n’en aurais pas.
    Et dans les deux cas, avec des arguments en béton...

    Ça se fait à deux, les enfants. La part de hasard est donc énorme, et compte au moins pour moitié.

    Le truc marrant aurait été qu’à cette manifestation, deux personnes de sexe opposé se rencontrassent, copulassent et se reproduisissent de guerre lasse...

    [oui j’avais une grosse envie d’imparfait du subjonctif]

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 22h28 le 16/05/2010
      • Internaute 61755

      parfait.

    • Napoupi
      Napoupi répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Pfiouh...
      • Posté à 00h22 le 17/05/2010
      • Internaute 75093
        Pfiouh...

      Je plussoie, ayant vécu la même expérience : j’aurais juré ne pas en vouloir, et rien ne me terrifiait plus que de devoir accoucher et « abimer » mon corps, et maintenant que me voici avec celui avec qui, comme vous le dites si bien, c’est « évident », la peur a laissé place à une grande impatience.

      Je comprends qu’on puisse ne pas ressentir de fibre parentale et j’adhère, en un certain sens, à la pensée véhiculée par ces manifestants (oké, certains m’ont l’air de sacrés hurluberlus...).

      Pour faire écho aux enjeux socio-ecolo que revendique certains de ces gens, Il me semble en effet qu’un enfant sincèrement désiré est la plus belle aventure qui soit, tandis qu’un enfant non désiré et peu ou (très très) mal accompagné constitue un grand gachis, pour lui-même et pour la société...

      • Camille Hérin
        Camille Hérin répond à Napoupi
        Dilettante
        • Posté à 01h35 le 17/05/2010
        • Internaute 54351
          Dilettante

        Idem pour moi ! Pendant 10 ans je n’en ai pas voulu, et puis je l’ai rencontré, et j’ai changé d’avis.

      • amonhumbleavis
        amonhumbleavis répond à Napoupi
        Rue89 fait monter le FN
        • Posté à 07h47 le 17/05/2010
        • Internaute 93168
          Rue89 fait monter le FN

        Juste une remarque ... le désir d’un enfant n’est pas gage d’une éducation aimante et respectueuse de l’enfant...

        D’ailleurs dans mon entourage les enfants les plus attendus sont loin d’être les plus épanouis...
        Un enfant non désiré peut également être épanoui et aimé...

        Il ne faut pas tirer des généralités comme ça... ce qui se passe avant l’arrivée de l’enfant ne compte pas.

         
        • lulu.sur.rue89
          lulu.sur.rue89 répond à amonhumbleavis
          Entre deux chaises, assez (...)
          • Posté à 09h23 le 17/05/2010
          • Internaute 99634
            Entre deux chaises, assez (...)

          Exactement : de trop attendre d’un enfant (qu’il sauve la vie de son ou ses parents, ou leur ménage, qu’il leur donne un sens, qu’il fasse mieux qu’eux et vive par procuration la vie qu’ils n’ont pu vivre, voire qu’il venge les humiliations qu’ils ont eu à subir), tout ceci peut être très étouffant pour l’enfant ; surtout si cela s’associe à une attitude surprotective. Comme vous le dites, ceci ne favorise pas l’épanouissement.

          Autre argument à l’appui de votre remarque : toutes ces ados qui se retrouvent enceintes très jeunes et gardent leur enfant le veulent passionnément. Leur motif : « je veux enfin avoir quelque chose à moi » - et si leur désir d’enfant est bien réel, et certainement aussi l’amour pour leur nourrisson, du moins au début, ce n’est comme vous le dites en aucun cas le gage qu’elles l’élèveront de manière respectueuse et aimante.

          C’est comme pour tout : point trop n’en faut.

        1 autres commentaires
    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 09h47 le 17/05/2010
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Ce qui est gênant avec votre témoignage c’est que ça conforte la réponse faite en général à ceux qui disent ne pas vouloir d’enfants « c’est que tu n’as pas rencontré la bonne (le bon) » ...

      Hors je considère qu’on peut avoir rencontré le bon ou la bonne sans pour autant vouloir d’enfants...

      Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il ne faut jamais dire jamais...

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 10h21 le 17/05/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Tout à fait d’accord, c’est pour ça que c’est le couple et sa manière de fonctionner qui décide, en fait. D’où la part de hasard.
        Il y a tellement de situations différentes...

        Autre chose : la plupart des amis que nous voyons avec plaisir sont célibataires, ou en couple (volontairement) sans enfants. C’est finalement plus difficile de supporter d’autres familles lorsque les vues sur l’éducation sont radicalement différentes. Et de notre côté, on ne fait pas chier tout le monde en ramenant toujours les enfants comme centre d’intérêt.
        Comme quoi cet espèce de communautarisme des « sans enfants » est vraiment ridicule.

         
        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à A déménagé le 02-02-2012-2
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 10h58 le 17/05/2010
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          Oui il est très difficile de supporter un autre mode d’éducation ... surtout de la part d’amis ! ! !

          « Et de notre côté, on ne fait pas chier tout le monde en ramenant toujours les enfants comme centre d’intérêt. »
          Vos amis ont de la chance.

          Moi-même maman d’une grande fille, je ne supporte plus mes amies qui ne vivent que par leurs enfants, qui font des concours d’enfants le plus malade, qui nécessite le plus d’attention, qui est le plus doué, qui les empêche de dormir ... bref ce qui fait que je comprends que les sans-enfants soient encore plus réfractaires à ces gens... j’ai la trentaine et je vous assure franchement que je ne compte pas les copines qui tiennent des blogs sur leurs enfants, qui ont arrêté le travail pour eux, qui ne parlent que d’eux, qui viennent à chaque soirée avec eux... et il suffit qu’il y en est deux ou trois qui aient des enfants du même âge pour qu’elles soient foutues pour le groupe ...

          Bref tout ça pour dire que je comprends un peu que les sans-enfants se retrouvent naturellement entre eux, même si je ne comprends pas la revendication...

        • lulu.sur.rue89
          lulu.sur.rue89 répond à A déménagé le 02-02-2012-2
          Entre deux chaises, assez (...)
          • Posté à 10h58 le 17/05/2010
          • Internaute 99634
            Entre deux chaises, assez (...)

          Pas forcément : vous faites partie peut-être des exceptions (si comme vous le dites vous fréquentez plus de « sans » que d’« avec » enfants, c’est peut-être parce que justement vous vous démarquez un peu de la plupart des couples).

          Cela n’amuse personne de passer ses soirées avec une majorité de gens qui vous reprochent, implicitement et plus souvent très explicitement, car ils ont l’assurance de la norme, vos choix de vie, et de devoir vous justifier pour la cent-millième fois, en attendant aussi pour la cent-millième fois la même réponse de vos vis-à-vis. Imaginez-vous en train de ressasser une fois de plus, face à des gens qui vous regardent de haut, pourquoi vous avez fait des enfants, tout en sachant parfaitement ce qu’eux vont vous répondre une fois de plus...

          Je ne vois ce type de personne que lors des obligations professionnelles - malheureusement elles sont majoritaires chez les couples. Ce qui est loin de vouloir dire que tous les couples sont ainsi : c’est pourquoi je pense aussi que le choix des gens que l’on fréquente est fondé sur tout autre chose que le critère avec ou sans enfants mais plutôt, entre autres, soit sur la tolérance et la capacité à s’imaginer que d’autres personnes peuvent s’épanouir dans un autre type de vie - soit au contraire sur une étroitesse d’esprit partagée, d’un côté comme de l’autre.

          C’est pourquoi aussi je ne pense pas que les réunions de ce type soient motivées principalement par le communitarisme : plus surement par une réaction à une société où la famille est le plus souvent vue (de nouveau, comme il y a 50 ou 60 ans) comme le refuge et la seule rédemption possible. Ce retour en arrière s’explique d’ailleurs : difficultés croissantes dans la vie professionnelle et sociale, diminution de la vie associative, retour au foyer pour les femmes pour cause de pénurie d’emploi, incitations à faire des enfants pour lutter contre la dénatalité, etc.

          Le fait que certains choix de vie ne soient plus relayés nulle part et soient souvent critiqués dans l’espace public fait que, de temps à autre, en réaction, les gens ont besoin de les exprimer - et ils le font alors de manière parfois un peu extrême.

          • A déménagé le 02-02-2012-2
            • Posté à 11h51 le 17/05/2010
            • Internaute 82025
              non connue

            Je plussoie largement.
            Ça va même jusqu’à la caricature, lorsque des cadres japonais célibataires louent une famille (femme + 2 enfants) pour participer à une sauterie avec leur patron, et passer pour « ordinaire » et socialement épanoui...
            En fait, j’ai vu beaucoup de couples se planter, et les enfants en faire les frais.
            Parallèlement, je connais des célibataires depuis longtemps, et peux donc comprendre intégralement leur histoire. Tellement peu de choses nous séparent que j’appelle ça le facteur chance.

            Mais le problème central que vous soulevez, c’est que lorsque quelqu’un suit une autre route, même dangereuse, il faut savoir « faire avec », et pas forcément chercher à intervenir autrement qu’en étant là.

            Les braves gens n’aiment pas que
            L’on suive une autre route qu’eux...

        3 autres commentaires
    • deserteur
      deserteur répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Service Athée
      • Posté à 10h51 le 19/05/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      vive le merveilleux imparfait du subjonctif
      merci à François Cavanna d en avoir redonné le goût à beaucoup
      le passé simple est aussi un peu négligé

      Vous m’épatâtes (correct ?) il y a qques instants avec rencontrassent, copulassent et se reproduisissent

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 22h31 le 16/05/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    Les enfants c’est comme la voiture : les équipements adéquats et tous les frais annexes, c’est l’horreur, y a de quoi pourrir une vie, mais sinon c’est mignon.

    Bon, je me suis engueulé avec ma copine sur la voiture, son principal argument étant qu’il fallait bien ramener les courses du supermarché... Ce qui m’a plus énervé que déprimé.

    Les enfants, on se dit qu’on en fera quand on sera posé, dans une vie quotidienne a peu près stable et sans exploser le plancher du compte en banque chaque mois. Bien sûr ça n’arrive plus vraiment ce genre de situations, donc les enfants non plus. Le vrai critère ça devient le nombre d’IVG supportable, autant physiquement que moralement.

    Il y a encore 26 ans, pour parler de ce que je connais le mieux, les gens avaient des enfants parce que ça arrivait, voilà tout. On dit que les gens ont des enfants pour leur satisfaction personnelle, et que ce n’est pas bien du tout. Mais c’est déjà un progrès ! Surtout si cet égoïsme est une grandeur.

    Et puis les arguments des non-parents sont tous très mauvais. En fait, ils prennent au pied de la lettre les critiques qu’ils font aux parents, et c’est pathétique. Elever un être humain est une idée qui ne semble même pas leur traverser l’esprit. Elever quoi que ce soit, d’ailleurs...

    • Dranth
      Dranth répond à Srgvlt
      lassé
      • Posté à 22h57 le 16/05/2010
      • Internaute 114923
        lassé

      Elever un être humain c’est bien beau, encore faut il que cet être humain apprécie cette vie que vous lui avez donné.
      C’est étrange de ne jamais voir le point de vue de l’enfant pointer son nez dans les arguments des pro enfants.

      • Srgvlt
        Srgvlt répond à Dranth
        Twitter @srgvlt
        • Posté à 23h08 le 16/05/2010
        • Internaute 23660
          Twitter @srgvlt

        Le point de vue de l’enfant qui n’existe pas n’existe pas. Donc, outre que cela rejoint les débats sur l’avortement (est-ce un être humain, ou pas), c’est une projection. Mais faire apprécier la vie, c’est le défi (l’un des défis, certes) de l’éducation, non ?

        Personnellement, que ceux qui n’apprécient pas leur vie s’abstiennent de tout rapport sexuel pour éviter tout accident, n’est pas pour me déranger.

         
        • Dranth
          Dranth répond à Srgvlt
          lassé
          • Posté à 23h21 le 16/05/2010
          • Internaute 114923
            lassé

          Et si on rate cette éducation, juste tant pis pour le gamin ?

          • Srgvlt
            Srgvlt répond à Dranth
            Twitter @srgvlt
            • Posté à 23h46 le 16/05/2010
            • Internaute 23660
              Twitter @srgvlt

            J’espère au moins qu’il le fera payer à ses parents. Mais ça peut aussi être un gros con content de lui, c’est monstrueux.

            Ceci dit, le principe du défi n’admet pas ces situations où l’on fait à la fois les questions et les réponses. D’autant que si l’on réfléchit jusqu’au bout : toute vie humaine étant appelée à mourir, est-ce que ça vaut le coup de donner naissance à un mort, franchement ; et pire que cela : à quelqu’un qui va devoir mourir. Ce qui n’est pas plus bête que ceux qui sont persuadés de donner naissance à un joli poupon qui fait gazou gazou.

            « Amor fati », disait l’autre.

            Je trouve aussi dommage que dangereux de déserter la vie, avant même de parler de la Terre. ça vaut le coup de l’habiter. ceux qui pensent le contraire meurent un jour ou l’autre, et puis voilà tout pour ce qui les concerne, fin de l’histoire (cette vieille notion en crise...).

            • Dranth
              Dranth répond à Srgvlt
              lassé
              • Posté à 00h14 le 17/05/2010
              • Internaute 114923
                lassé

              « J’espère au moins qu’il le fera payer à ses parents », c’est juste horrible. On peut aimer ses parents même si on aurait préférait qu’ils utilisent la pilule.

              Et oui tout le monde meurt, donc à quoi bon prêter une vie qui de toute façon sera reprise.

              • Srgvlt
                Srgvlt répond à Dranth
                Twitter @srgvlt
                • Posté à 01h01 le 17/05/2010
                • Internaute 23660
                  Twitter @srgvlt

                Vous vous empêtrez dans la morale chrétienne. Je croyais naïvement que les chrétiens faisaient des enfants sans trop chercher plus loin.

                Et non ce n’est pas horrible. Cruel, peut-être, mais ce n’est pas l’enfant qui a commencé... Faire des enfants c’est cruel, manger de la viande c’est cruel, marcher sur des pelouses pleines de fourmis qu’on écrase c’est cruel, et ainsi de suite. Mais la faiblesse qui ne permet pas de faire face à la cruauté est quant à elle effrayante ; elle amène ainsi à aimer, comme vous dites, ceux qu’en même temps on haïe, situation intenable, mortifère ; et tout finit par être tellement cruel qu’on s’éloigne des choses, comme toutes blessent, et on disparaît (ah heureusement qu’il y a le paradis, c’est pratique). Enfin, on disparaît... concrètement c’est rester là à se prendre la tête.

                Il n’y a que ça, la vie. Depuis quelques dizaines d’années surtout, on n’y entre plus par hasard : ça, c’est cruel ! Sans remettre en cause ces avancées (dieu merci...), elles créent techniquement (et non plus moralement) des arrières-mondes, qui sont toujours aussi factices mais avec lesquels pourtant il faut négocier (par exemple en faisant entrer symboliquement dans la vie un avorton dézingué : je ne comprends pas encore comment on peut avorter, soi ou sa copine/femme, et faire ensuite comme s’il ne s’était rien passé).

                Il n’est question dans tous ces commentaires que de cette négociation. (Ce que les non-parents ne voient pas, en la prenant par-dessus la jambe.) Et c’est aussi pour ça que cela concerne moins le fait, désir ou volonté de ne pas avoir d’enfant (un accident est si vite arrivé...), que de faire le CHOIX de ne pas en avoir, comme de faire le CHOIX d’avorter (ou inversement le choix d’avoir un enfant/de le garder). C’est quelque chose de très concret, ça ne tient pas dans la seule discussion comme dans la seule morale.

                Vous disiez ne pas aimer la vie, mais dans une situation concrète comme celle-là, cela revient à aimer la mort. L’alternative étant celle de lanf : « ne (pas) se sent(ir) capable d’en élever “correctement” un ».

                Ne n’est ni moral ni culpabilisant de poser la question de l’accueil dans la vie d’un être non-né (sur les plans affectif, symbolique, imaginaire... : qu’est-ce qu’on fait avec ça ? ?). Ni de poser la question de l’accueil volontaire d’une vie. Faire un choix, l’assumer : c’est cruel en soi. On peut, d’accord, ne pas en vouloir à ses parents quand ils ne l’ont pas choisi, mais dans le cas contraire, si on n’est pas content de leur choix...

        4 autres commentaires
    • lanf
      lanf répond à Srgvlt
      geek
      • Posté à 22h59 le 16/05/2010
      • Internaute 114926
        geek

      Je suis surpris que personne ne dise ne pas vouloir d’enfant car : il ne se sent pas capable d’en élever « correctement » un.
      Je suis donc le seul dans ce cas ?

      • Srgvlt
        Srgvlt répond à lanf
        Twitter @srgvlt
        • Posté à 23h04 le 16/05/2010
        • Internaute 23660
          Twitter @srgvlt

        J’en ai bien peur. Mais voilà la grandeur que je cherchais dans un commentaire laissé quelque part, et qui faisait cruellement défaut à cette réunion de non-parents. Trop aveugle, bien sûr, je ne l’ai pas vue...

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 23h07 le 16/05/2010
    • Internaute 61755

    mon mioche et moi on s’entend bien, si jamais il nous arrivait de croiser une manif de non parents, on s’en taperait cinq.
    [et puis après on leur jetterait des pavés sur la tronche à ces burnes qui revendiquent un non droit]

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 23h08 le 16/05/2010
    • Expert 51226
      professeur

    Phénomène sociétal qui se développe chez les adultes très diplômés et occupant des jobs intéressants, stimulants qui ne leur donnent ni le temps ni le désir de se reproduire.
    Ca va avec l’accès à une éducation scolaire étendue et à un niveau de vie matériel et d’intérêt nettement supérieurs à ce qui avait été conquis auparavant. Cela concerne encore une minorité de gens mais qui grandira car l’emprise religieuse qui conditionnait encore il y a 30 ans les couples à procréer, devient minoritaire.

    Et sachant qu’après la naissance d’ un premier enfant, une femme voit son activité et son revenu pro diminuer et encore plus sa retraite (ce qui la rend dépendante soit d’une aide sociale soit de son conjoint), dès lors qu’ayant du plaisir à travailler dans un secteur d’activité, avec un bon salaire et attachées à leur autonomie financière (autonomie financière qui était refusée à leurs grands-mères voire à leurs mères), beaucoup renoncent et renonceront à la parentalité et s’arrangeront pour fonder un couple qui n’ira pas d’emblée vers la parentalité.

    Mais ce phénomène sociétal grandissant de non-parentalité regroupe surtout (personnes non présentes à la manif) de nombreux adultes précaires dans l’emploi et avec des revenus modestes et irréguliers, et qui n’ont pas les moyens financiers et suffisamment de stabilité pro de pouvoir assumer matériellement un enfant.

    La précarisation des emplois, des conditions de travail dégradées entraînent une non-parentalité massive puisque le revenu du travail est moins élevé, la pénibilité plus grande et l’avenir toujours incertain.

    La proportion des non parents par choix continuera de s’élever (les populations mondiales seront de plus en plus éduquées et auront accès à mesure à des jobs plus intéressants et stimulants) mais moins vite que celle des non parents parce que leur contexte économique ne le leur permet pas ou plus.

    Plus on précarise une société éduquée, moins celle-ci se reproduit.
    Quand on a déjà du mal à assurer le minimum vital pour soi et qu’on a un tant soit peu d’éducation, on sait que programmer une naissance ou plusieurs, c’est aggraver sa propre pauvreté et la pérenniser sur plusieurs générations.

    Et personne n’a envie de condamner ses enfants à la pauvreté.

    • lulu.sur.rue89
      lulu.sur.rue89 répond à lally
      Entre deux chaises, assez (...)
      • Posté à 23h20 le 16/05/2010
      • Internaute 99634
        Entre deux chaises, assez (...)

      Merci : excellente contribution qui replace la discussion sur le terrain le plus intéressant (la société).

    • framboise92
      framboise92 répond à lally
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 06h54 le 17/05/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Bonjour,
      Voilà pourquoi notre profession fait que nous sommes concernés et que beaucoup d’entre nous s’impliquent et s’insurgent, combattent au quotidien et déambulent quand il le faut.
      Ce service minimum que la majorité des français réclamait est le reflet de leur pensée étroite (sauf exceptions). Cela m’a navrée !

      « Et personne n’a envie de condamner ses enfants à la pauvreté. » mais beaucoup nous condamnent de combattre, d’essayer pour l’éviter.

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