Les industriels ne croient plus au marché français de l'éolien
Contraint et instable, le marché de l’éolien en France n’est pas assez porteur pour le secteur, qui se tourne vers l’étranger.

Des membres de la Fédération française de l’éolienne, à Paris le 4 mai 2010 (Jacky Naegelen/Reuters).
La filière éolienne a eu beau se payer une pleine page de publicité dans les quotidiens et faire descendre ses salariés dans la rue, ça n’a pas suffi pour renverser la vapeur.
Les dispositions votées par les députés jeudi soir, dans le cadre de la loi Grenelle II, lui sont -très légèrement- moins défavorable que ne le laissait présager le rapport du président de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier. L’UMP a notamment renoncé à imposer un seuil minimum de 15 MégaWatts (MW) pour les nouvelles implantations de fermes.
Mais en l’état, il n’y a aucune chance que la France tienne l’engagement pris, au moment du Grenelle de l’environnement, de couvrir, en 2020, 23% de sa consommation électrique avec des énergies renouvelables.
La France est le quatrième producteur européen d’énergie éolienne, mais bien loin derrière l’Espagne (quatre fois plus de Mégawatts), et que l’Allemagne (six fois plus). Tandis que, par sa topographie, le pays serait le « deuxième gisement européen derrière l’Angleterre », estime un spécialiste.
Un seul fabricant d’éoliennes en France
Le désamour de la France pour cette énergie « propre » ne date pas d’hier. Dans les années 1990, les Danois se ruent sur cette technologie, qui aujourd’hui leur permet d’assurer 20% de leur consommation électrique, et les Allemands, de leur côté, inaugurent des centrales éoliennes. La France, elle, attend 2000 pour légiférer, et prévoir le rachat par EDF de l’électricité produite, à un tarif subventionné.
Dix ans plus tard, l’Hexagone ne compte toujours qu’un seul fabricant, qui s’est spécialisé dans les éoliennes à pales rabattables, destinées aux zones tropicales, soit un tout petit marché. Les Espagnols, eux, bradent le prix des machines, empêchant l’arrivée potentielle de nouveaux acteurs.
Le secteur de l’éolien n’emploie aujourd’hui que 10 000 personnes en France et ne peut décoller. Ailleurs, les contraintes administratives sont bien moindres. Pologne, Roumanie, Etats-Unis... « Là-bas, la réglementation est très favorable, les projets se montent très vite et donc pour nous, c’est très rentable », explique un industriel. Avec le nouveau classement « ICPE » des éoliennes, introduit dans la loi Grenelle II, le secteur craint la disparition d’emplois.
Chargé de développer des projets éoliens chez Eolfi, filiale de Veolia Environnement, Maël Sonrier explique pourquoi, en France, tant de temps s’écoule entre le projet et la réalisation d’un parc éolien :
« Avec la loi de 2005, applicable depuis 2007, le territoire est organisé en “zones de développement éolien”. Aux communes, ou communautés de communes, de payer les frais d’études pour développer ces zones, 30 000 à 40 000 euros.
Ensuite, nous, industriels devons repayer des études quasiment similaires pour déposer des demandes de permis de construire. Cette phase de préparation a rallongé de deux ans les délais de préparation des dossiers. L’instruction du permis de construire prend deux ans en moyenne, et encore, quand il n’est pas attaqué. »
Un retour sur investissement dans les huit ans
Valorem, entreprise de 120 salariés qui se décrit comme « pionnière de l’éolien en France », a fait le choix de maîtriser toute la filière, depuis la recherche du site jusqu’à l’exploitation.
Ses parcs comportent 8 à 18 unités et sont rapidement rentabilisés, à condition d’être situés dans des zones bien ventées. Jean-Yves Grandidier, son président, commente son business modèle :
« Une éolienne de 2 MW (entre 80 à 90 m de haut) coûte environ 3 millions d’euros, toute installée. Selon les sites, on dégage 300 000 à 400 000 euros annuels de chiffre d’affaires. Le temps de retour sur investissement est d’environ 7 à 8 ans, et les contrats de rachat d’électricité par EDF, de 15 ans. »
Cet industriel militant remarque ainsi qu’en Roumanie, un projet se développe en deux ans et que tout va ensuite très vite, d’autant qu’il n’y a jamais de recours des riverains.
Ce chef d’entreprise souhaite se développer à l’étranger, car en France « le marché n’est pas suffisamment porteur » et manque de « stabilité réglementaire ». La clause de revoyure proposée par le gouvernement ne va pas aider.
- 26668 visites
- 198 réactions














22








...
...
La France est le second producteur d’énergie renouvelable d’Europe en 2007. Par énergie renouvelable j’entends TOUTES les énergies (de hydraulique aux biocarburants en passant par la bio masse). La production primaire de l’ensemble des énergies renouvelables (électriques et thermiques) s’éleve à 19 Mtep, soit 13,9 % de la production nationale énergétique. L’hydraulique en représente 29 %, le bois-énergie 46 %, les agrocarburants 11 %, les déchets urbains renouvelables 6 %. Les autres filières totalisent les 8 % restant. Elle progresse de 2 Mtep en 2008, grâce surtout aux agrocarburants (+ 0,9 Mtep), à l’hydraulique (+ 0,5) et au bois (+0,4).
La part de l’électricité d’origine renouvelable, s’élève à 14,1 % en 2008 en France métropolitaine (hors DOM). Si pour l’hydraulique on substitue la notion de productible (moyenne des productions potentielles du parc des centrales hydrauliques) aux données réelles, cette part s’établit alors à 14,2 %.
Vous comparez sans arrêt la France à l’Espagne ou à l’Allemagne et toujours en défaveur de la France c’est paradoxale puisque c’est deux pays sont de loin plus « mauvais élève » que la France dans le domaine des GES. L’ Espagne +53% d’émission de GES depuis 1990 par exemple quand à l’Allemagne c’est - 20% mais grâce à la chute du mur et non aux éoliennes.
Nous remarquerons aussi que les pays cités en exemple sont tous de gros consommateur de charbon ou de gaz...En tant que journaliste il y a des chiffres que vous devriez donner. Par exemple quel est la consommation de gaz de l’Espagne ou de lignite pour l’Allemagne.
Je reconnais que le secteur de l’éolien peut créer des emploies cependant si on veut vraiment avoir une politique énergétique écologique c’est n’est pas ce qu’il faut promouvoir ; cela ne m’émeut absolument pas que la France ne respecte pas ses 23% de d’énergie renouvelable grâce à l’éolien ou plutôt son manque d’éolien .Toutefois par simple esprit de contradiction j’aimerais stipuler qu’il est parfaitement possible de respecter les fameux 23% sans rajouter un seul Kwh d’éolien ni même de quoi que se soit d’autre, il suffit de baisser la consommation des autres sources d’énergie en commençant pas les quelques % de charbon et de gaz.
Pour cela je vais encore une fois radoter il n’y a qu’un seul moyen crédible : il faut augmenter le prix réel de l’énergie en la taxant.




Partager