26/04/2010 à 16h30

La Villette : Duane Hanson et son Grévin des « gens de peu »

Hugues Serraf | Chroniqueur

Mis à jour le vendredi 24 février 2012 à 10h18
Les photos d’œuvres de Duane Hanson sont retirées.

Tout le monde (ou presque) connaît Duane Hanson (1925-1996), un sculpteur hyperréaliste américain fasciné par ses frères humains. Car tout le monde (ou presque) est, au moins par hasard, tombé sur la photo de cette grosse dame à bigoudis poussant un chariot débordant de boites de cornflakes et de pizzas surgelées… Grosse dame d’ailleurs parfois recyclée en illustration des affiches de la pièce de Dario Fo sur l’auto-réduction, « Faut pas payer ! ».

Tout le monde (ou presque) devrait donc apprécier l’exposition que consacre le pavillon Paul Delouvrier du Parc de la Villette à cet artiste exceptionnel, même si la fameuse grosse dame a préféré se faire porter pâle pour l’occasion (à moins qu’elle n’ait été retenue chez Wal-Mart par une promotion proprement hallucinante sur les meubles de jardin en PVC).

Mais qu’importe : les pièces présentées, du gang d’ouvriers du bâtiment en pause-déjeuner à Queenie la femme de ménage, sont largement aussi emblématiques du travail de Hanson que notre amie « shopaholic ».

Il l’exprime lui-même dans le petit documentaire projeté à l’intention des visiteurs (à ne pas manquer), Duane Hanson s’intéresse avant tout aux gens ordinaires et à leurs existences tout aussi ordinaires. Ses sculptures de fibre de verre et de vinyle, parfois de bronze peint, ne sont d’ailleurs qu’une succession d’hommages aux « gens de peu », figés dans un quotidien aussi a-spectaculaire que possible et transformant la collection rassemblée à la Villette en un véritable musée Grévin des anonymes.

Du Martin Parr en trois dimensions

Cette focalisation sur Monsieur et Madame Nimportequi ne coulait pas de source : Hanson a d’abord commencé, dans les années 1960, à mettre son talent descriptif au service d’œuvres plus clairement « engagées » en multipliant les scènes de violence urbaine ou raciste, voire d’accidents de la circulation.

Mais, abandonnant progressivement cette espèce de « journalisme plasticien », il s’est mis à privilégier les vieilles dames assises sur une chaise ou les couples de touristes floridiens à chemise bariolée sur les flics sudistes à la méchanceté caricaturale (de son propre aveu). Non qu’il ait cessé d’être révolté par l’injustice et les défauts du « système », mais plutôt qu’il ait eu envie de se consacrer à ce qu’il y a de meilleur en l’homme ― laissant à d’autres le soin d’en explorer la part d’ombre.

La dimension politique de son travail n’en reste pas moins évidente, mais passe au second plan derrière la puissance poétique de personnages grandeur nature que l’on ne peut s’empêcher de croire, oh, un tout petit peu, comme ça, fugacement, prêts à s’animer et à vous faire la conversation...

Du Martin Parr en 3D, quoi, mais sans la condescendance faussement bienveillante du spécialiste de l’observation de la classe ouvrière anglaise. De fait, on serait plutôt, toutes choses égales par ailleurs, chez Robert Doisneau ou Willy Ronis s’il fallait vraiment chercher une analogie entre sculpture et photographie.

Ah, et si la grosse dame en bigoudis poussant son chariot de supermarché vous manque, faites un tour chez Auchan porte de Bagnolet en sortant de l’expo : sa cousine gauloise y est régulièrement aperçue…

Exposition Duane Hanson, pavillon Paul Delouvrier, parc de la Villette, Paris XIXe - jusqu’au 15 août - du lun. au dim. 14h-19h - le sam. 14h-21h - entrée libre.

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  • flackyonbox
    flackyonbox
    Humain francais
    • Posté à 16h55 le 26/04/2010
    • Internaute 109612
      Humain francais

    Tu aurais du accompagné ton article de photos car je ne connais rien de ce dont tu parle et que je suis curieux. Si c’est pour des raisons de copyright ton artiste du bourge je n’y tiens pas tant que çà...
    Sérieusement il s’agit d’art visuel et il n’y a rien à voir c’est une page de publinfo ou u truc comme çà ?

    • Emmanuelle Bonneau
      Emmanuelle Bonneau répond à flackyonbox
      Editrice Rue89
      • Posté à 17h15 le 26/04/2010
        éditeur
      • Journaliste 103629
        Editrice

      L’article est depuis illustré et il comporte plusieurs liens vers les œuvres de Duane Hanson.

      • leo s
        leo s répond à Emmanuelle Bonneau
        (...)
        • Posté à 09h56 le 27/04/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        La première illustration renverra sans aucun doute, ceux qui l’ont lue au contenu du livre d’ Aubenas.

        C’est à dire question regard, l’exact oposé de cette serrafarinade.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à flackyonbox
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 17h18 le 26/04/2010
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      C’est fait. Vous pouvez également vous rendre sur le site de l’expo, sur celui des collections Saatchi et, enfin, sur la page spéciale Hanson de la galerie Perrotin :

      Lien

      Lien

      Lien

      Mais l’idéal est d’aller voir l’expo si vous êtes à Paris ou si vous avez la possibilité d’y passer avant le 15 août prochain.

      Autrement, il ne faut pas être aussi suspicieux : une « publi-info » pour une expo dont l’entrée est gratuite, ça ne doit pas rapporter beaucoup. Faites comme Duane Hanson, concentrez-vous plutôt sur ce qui est bon dans l’homme...

      • Waldeck
        Waldeck répond à Hugues Serraf
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 19h33 le 26/04/2010
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        - » ...concentrez-vous plutôt sur ce qui est bon dans l’homme... »

        Bien envoyé !

        Hug !

      • flackyonbox
        flackyonbox répond à Hugues Serraf
        Humain francais
        • Posté à 09h03 le 27/04/2010
        • Internaute 109612
          Humain francais

        J’ai fait un tour sur les liens c’est super. Malheureusement je suis a onze mille kilomètre de Paris et je ne pourrai pas me rendre à l’exposition.

  • Lauvergnate
    Lauvergnate
    Gardienne du bon goût
    • Posté à 20h13 le 26/04/2010
    • Internaute 99381
      Gardienne du bon goût

    C’est la même expo que l’année dernière ?

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 22h42 le 26/04/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    C’est beau le réel figé, ça rassure et puis ça gueule pas.

    Lien

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 22h43 le 26/04/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    un chauve ou rasé poussant son charriot de supermarché vous manque, faite un tour chez Auchan porte de Bagnolet en sortant de l’expo ...

    je est un autre

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 07h27 le 27/04/2010
    • Internaute 61755

    j’imagine pas le plouc qui ne connaît pas duane hanson....

  • Anonyme

    Bonjour Hugues,

    D’abord, hein, n’y voyez pas malice, mais quand vous dites : (...) « personnages grandeur nature que l’on ne peut s’empêcher de croire, oh, un tout petit peu, comme ça, fugacement, prêts à s’animer et à vous faire la conversation » je vous trouve trop mimi en moineau des raisins de Zeuxis : -)...

    Sinon, j’ai plutôt bien aimé votre article, même s’il y a il y a un truc qui me gêne dans le titre. Car si « Duane Hanson et son Grévin des “gens de peu” “ est un beau titre, il laisse cependant à penser qu’une sculpture hyperréaliste et une effigie du musée Grévin, c’est exactement la même chose.
    Or, non.

    Dans le cas du musée Grévin, la procédure, on la connait :

    ‘Les sculpteurs travaillent avec de la terre glaise et débutent leur œuvre en s’appuyant sur des photographies et des vidéos de la célébrité choisie. Une fois le premier modelage effectué, on essaie en général de faire venir la personne à Paris afin qu’elle pose en direct’ pour le sculpteur. On prend des mesures très précises afin que la statue possède exactement les mêmes mesures que son double de chair. Une fois le travail de sculpture effectué, on enveloppe la glaise de plâtre et d’élastomère puis on laisse sécher. On verse ensuite la cire dans le moule obtenu.”

    Dans le cas de Duane Hanson, comme chez ses contemporains Georges Segal, John de Andrea ou bien encore l’anglais John Davies, c’est la méthode de moulage du corps humain qui est préférée.

    Ça n’a l’air de rien, mais modelage et moulage sont deux modes
    d’ “appréhension” du réel extrêmement différents, même si, à l’arrivée, le résultat peut sembler proche aux yeux de beaucoup.
    Loin de moi l’idée de glorifier la méthode Grévin dont on sait les limites, mais enfin, il y a là, dans l’approche sensible du modèle, une forme de “naïveté” due à la prise de distance d’avec le modèle que l’on serait bien peine de trouver chez Hanson.

    Le problème du moulage, bien plus que le modelage, c’est qu’il fige toute expression de vie.
    Il flatte les yeux, mais ne suggère rien à l’esprit.

    De ce point de vue, il me semble que le travail de Hanson se rattache davantage à cette coutume, vieille de six ou sept siècles, qu’avaient les familles de la bourgeoisie florentine de donner en offrande, à l’église de la Santissima Annunziata, des figures de cire, obtenues elles-aussi par moulage, pour remercier la Providence d’une faveur ou d’une protection.
    Au début du quattrocento, Cennini a décrit cette technique du moulage du visage ou du corps entier avec beaucoup de précisions.

    Et puis il y a également ce texte de Vasari qui décrit sa fascination pour ces galeries d’ancêtres constitué de moulages de masques mortuaires dont le vérisme lui semblait la qualité première : “On voit dans toutes les maisons de Florence, sur les cheminées, les portes, les fenêtres et les corniches, une infinité de tels portraits, si naturels et bien faits qu’ils semblent vivants.”

    Mais si on évoque Vasari et sa fascination avouée, on ne peut passer sous silence la célébrité évanouie du jadis tant loué Antoine Benoist. Qui sait encore qui fut ce monsieur ? Personne.
    Il vivait au siècle du Bernin, lui, on s’en souvient, voir Lacan.
    Antoine Benoist, artiste réputé jadis pour ses “beaux et surprenants portraits en cire” à qui “il donnait l’air de la vie par une gaieté souriante”, encore un qui négligeait la part d’ombre ; -) était le protégé de Louis XIV. Sa mission, montrer dans un “cercle”, (présentation groupée) les principaux personnages de la Cour figurés en cire colorée, au naturel.

    Les puissants ont toujours aimé faire la promotion d’un art qui leur ressemble au pore près.

    Rappelons à toutes fins utiles, que l’hyperréalisme américain, dont celui de Hanson, est né aux Etats-Unis dans les années nixonniennes, époque politiquement engourdie, sous le joug, comme jamais, de la si merveilleuse apparence des choses.

    Ni Mme de Sévigné, ni La Bruyère, ni bien sûr Bernin, ni Félibien, ni Boileau, enfin, ne furent dupes des figures vides et passives comme des marionnettes de Benoist où l’être intérieur ne pouvait affleurer.
    Mais la Cour et le Roi étaient fascinés.
    Un portrait de cire de Louis XIV, existe encore, figuré une dizaine d’années avant sa mort, il est conservé, avec vrais cheveux et habits, à Versailles, au musée national du château.

    Il me semble, en fait, que la technique du moulage, quelqu’en soit l’époque (et on est passé, on l’a vu, en l’espace de quelques siècles du rituel de funérailles royales aux joies du divertissement culturo-mondain) a plus à voir avec la mort qu’autre chose.

    Autre chose qui serait l’art, par exemple.

    Car l’art et la mort ont partie liée, certes, mais l’art, c’est pas la mort, ça se saurait.

    Et donc beaucoup de questions se posent devant un travail comme celui de Hanson :

    - Un art qui cède le pas à ce point à une technique est-il encore un art ?

    - La fidélité vériste au réel relève-t-elle de l’art ?

    - Qu’est-ce que cette “mort” des “gens de peu” que l’on nous présente comme un hommage et qui n’est pourtant pas exempt de cruauté ?

    Et tandis que je vous écris tout ça, Hugues, me revient en mémoire le merveilleux travail de Raymond Mason, ce natif de Birmingham si proches des humbles, lui, pour le coup...

    Mais bon, même une fois tout cela dit, je pense que l’expo de Hanson vaut le détour et je vous remercie de nous y avoir conviés.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 10h18 le 28/04/2010
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      Comme il est assez rare que l’on me trouve « mimi », je vais faire comme s’il s’agissait d’un compliment !

      Mais pour le reste, je ne compare pas Hanson à Grévin pour la manière de faire : le documentaire montré à l’expo permet d’ailleurs de voir comment il travaillait et ça n’a rien effectivement à voir avec ce que font les sculpteurs des musées de cire et que vous expliquez d’ailleurs en détail.

      J’essaie juste d’établir un parallèle entre ce qui passe à tort pour une représentation du « réel » (le portrait en 3D et grandeur nature de l’image publique et artificielle de gens connus à Grévin ou Tussaud) et ce qui en est une représentation bien plus fascinante et universelle (Hanson), précisément parce que les modèles ne sont pas des gens connus.

      Je ne suis pas un spécialiste de Hanson ou de la sculpture en général, mais je crois que l’émotion immédiate que procure son travail justifie peut-être l’approche basiquement « mimi » que je fais de cette expo.

      • Anonyme répond à Hugues Serraf

        « Comme il est assez rare que l’on me trouve “mimi”, je vais faire comme s’il s’agissait d’un compliment ! »

        C’était une image, Hugues, juste une image : -). J’aurais pu vous comparer à Sor Juana Inès de la Cruz aussi, vu comme vous revenez d’un monastère, lorsqu’elle dit ceci, s’adressant à un portrait tellement « ressemblant » :

        « Je te touche pour voir
        Si la vie cachée en toi se montre ;
        Comment ce qui ravit mes sens
        pourrait-il manquer de vie ?
        Est-il possible que tu ne sentes pas
        Cette main qui te touche
        Et qui t’implore
        De t’intéresser à mes humbles dépouilles ?
        Est-il possible qu’il n’y ait pas de lumière en tes yeux ?
        Et pas de voix dans ta bouche ? »

        Nous sommes tous à la merci d’être un jour où l’autre des moineaux des raisins de Zeuxis, on l’a tous été, au moins une fois, c’est la moindre des choses, Zeuxis lui-même n’a-t-il pas été lui-même le « moineau » de Parrhasios pour une simple histoire de rideau ?

        « J’essaie juste d’établir un parallèle entre ce qui passe à tort pour une représentation du “réel” (le portrait en 3D et grandeur nature de l’image publique et artificielle de gens connus à Grévin ou Tussaud) et ce qui en est une représentation bien plus fascinante et universelle (Hanson), précisément parce que les modèles ne sont pas des gens connus.“dites-vous.

        Une sorte de subversion momentanée de la hiérarchie sociale, le temps d’une expo ? C’est ça ou je suis encore à côté ?

        Je vous dis ‘froideur clinique’, vous me répondez ‘émotion immédiate’.
        On s’est parlé, mais je sais pas si on s’est compris.
        Je ne dis d’ailleurs pas que c’est de votre faute.
        Je vais tâcher de faire simple.

        Quand j’étais aux Beaux-arts, on avait dans notre classe une nana avec un bien joli cul. Notre ambition avouée, aux uns et aux autres , étant de garder trace, pour les générations futures, de ce magnifique objet - de tant de convoitises -. Avec son autorisation, il va de soi, nous la désappâmes, enduisîmes son séant d’un agent graisseux que nous appellerons ‘vaseline’, la badigeonnâmes d’une bonne couche de résine élastomère, et une fois le moule solidifié, nous le remplîmes de plâtre liquide.
        Celui-ci se solidifia à son tour et nous nous retrouvâmes avec deux paires de fesses. La première, d’origine, la vraie, en chair quoi, et la nouvelle, parfaitement identique mais en plâtre, cette fois.
        Et bien, la morale de l’histoire, vous n’allez pas me croire, Hugues, c’est que les fausses fesses, bien que demeurant là, accrochées au mur de l’atelier, chaque jour aux yeux de tous, n’ ‘existèrent’ jamais. Tandis que le vrai popotin de la demoiselle continua longtemps de hanter nos imaginations.

        En bref, le moulage, c’est con. Tout au plus un icône de transition, d’ailleurs Rodin en possédait des centaines, des moulages d’articulations, de coudes, de genoux, etc..., mais à des fins d’études, jamais davantage. Pour ensuite traduire, à sa manière, à même le marbre par exemple, et à coup de burin fort ajustés, qui un coude, qui un genou, voire une belle femme nue toute entière.
        Et c’est toute l’énigme du style.

        Que serait l’art sans le style ?

        Or, qu’est-ce qui différencie Hanson des autres sculpteurs hyperréalistes de sa génération dont je parle dans mon premier post ? Pas le style, toujours, car les quatre utilisent la même technique de moulage du corps humain.

        Et s’ils n’utilisaient pas les uns et les autres quelques subterfuges suplémentaires de présentation, on les confondrait tous.

        Du coup, on reconnaît un Georges Segal SEULEMENT au fait qu’il conserve à ses personnages la couleur du plâtre et qu’il les place dans un environnement urbain, on reconnaît un John Davies SEULEMENT au fait qu’il empèse les vêtements des siens pour leur donner une rigidité plus sculpturale et grisaille le tout. On reconnaît un John de Andrea, SEULEMENT au fait que ses personnages sont nus.
        Enfin Ron Mueck, plus récemment, on reconnaît les siens SEULEMENT au fait qu’il les surdimensionne.

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        Georges Segal.

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        John Davies.

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        John de Andrea.

        Lien
        Ron Mueck

        La force émotive de l’art ne passera jamais par le moulage.
        C’est tout à fait impossible. Et je me demande si ceux qui s’extasient devant des oeuvres telles que celles de Hanson, ne sont pas en réalité des handicapés de l’émotion succombant d’autant plus facilement à la magie d’un illusionnisme de foire.

        Comme on entre dans une baraque pour voir la femme sans tête.
        Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier, PAR AILLEURS, les attractions foraines.

        Mais dans le cas précis de Hanson, il me semble qu’on est typiquement là devant l’exploitation d’une technique plutôt qu’un art tel que le pratiquèrent en leur temps des gens aussi différents que Bourdelle ou Rodin.
        Impossible de les confondre, ces deux-là.
        Là encore, par la grâce et l’énigme du style.

        Tandis que Hanson, c’est quoi, sinon un empailleur, sauf que l’enveloppe de ses créatures est de fibre de verre et de vinyle et non plus de vraie peau.

        Ce que j’essaie de vous dire, et peu importe que les gens choisis par l’artiste soient ‘de peu’ ou ‘de beaucoup’,( on passe si facilement de l’un à l’autre, vous savez...), mais c’est que la représentation la plus exacte (au sens hyperréaliste et vériste du terme) ne devrait pas être ce qui plaît le plus dans les arts d’imitation.

        Souvenez-vous de Hegel, au début de son Esthétique, lorsqu’il dit : ‘Il existe des portraits dont on dit spirituellement qu’ils sont ressemblants jusqu’à la nausée...’

        Alors que quand un artiste donne à ressentir la finesse d’un grain de peau ou la souplesse d’un dos par un matériau à priori aussi inadéquate que le marbre ou le bois, il arrive que, pour le coup, on soit RELLEMENT touché.

        Une main est une main, et pourtant...

        Une main par Bourdelle...

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        n’est pas une main par Rodin...

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        Qui n’est pas une main par Raymond Mason :

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        • A.V.
          • Posté à 11h44 le 29/04/2010
          • Internaute 24685

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          Sur cette image, on comprend que Mueck, comme Hanson,sont des conceptualistes. La sculpture hyperréaliste (et surdimensionnée) n’a de sens que lorsque, placée à côté des visiteurs, elle brouille la perception familière du corps. Plutôt simpliste - comme tous les concepts - mais ça offre l’avantage d’être lisible sans trop se fouler.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    A titre de comparaison...

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    Un moulage de Duane Hanson.

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    Deux automobilistes assis côte à côte (1966), par Raymond Mason.

    Alors je sais ce que vous allez me dire, pas de volant, pas de klaxon, même pas de GPS, il s’est pas fait chier, le Raymond...

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    Couples étrusques (sarcophages).

    Il me semble qu’il y a une vie souterraine et joyeuse qui s’accommode mal du superflu de la surface des choses.

    Enfin, c’est comme ça que je les vois, les choses...