Benbassa : « C'est la faute des élites si la France se rabougrit »

Le dictionnaire des racismes
L’historienne Esther Benbassa parle avec un léger accent, comme pour rappeler qu’elle est une Française comme beaucoup d’autres : riche de ses racines familiales tortueuses.
Née à Istanbul, juive, elle est arrivée en France à l’âge de 22 ans. Depuis des années, avec son compagnon -dans la vie et dans le travail- Jean-Christophe Attias, elle se consacre au rapprochement entre juifs et arabo-musulmans.
Blogueuse sur Rue89, elle intervient souvent dans le débat public -c’est une des tâches de l’intellectuel, dit-elle- sans mâcher ses mots.
Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias viennent de diriger un « Dictionnaire des racismes, de l’exclusion et des discriminations », pour, disent-ils, « combattre l’ignorance » et rappeler « au delà de la victimisation », que des gens se sont battus pour leurs droits et pour « reprendre leur destin en main ».
Les élites responsables du repli sur soi des communautés
Pour l’historienne, la France se replie actuellement sur elle-même, comme elle l’a montré par les récents « débats stériles » (voile, burqa, identité nationale). Mais le problème ne vient pas tant de la société que de ses élites, dit-elle. Et particulièrement de ses élites politiques. (Voir la vidéo)
A l’heure de la globalisation et d’Internet, la France ne s’ouvre pas au monde, mais se replie sur elle-même. La montée du « communautarisme », qu’attise le racisme, est en partie fantasmée par une France qui « se rabougrit », selon Esther Benbassa. (Voir la vidéo)
Le rejet des arabo-musulmans, rappelle à l’historienne, n’est pas sans rappeler la façon dont étaient traités les juifs à la fin du XIXe siècle. (Voir la vidéo)
Comment sortir la France de ce repli ? En faisant en sorte, dit l’historienne, que les élites ressemblent davantage au reste de la société, et s’ouvrent donc aux français issus de l’immigration.
Pourquoi ne pas, par exemple, prévoir une période de quelques années des mécanisme d’ « action positive » -traduction littérale de « affirmative action », expression que Benbassa préfère à « discrimination positive » ? (Voir la vidéo)
Esther Benbassa se sent visiblement plus à l’aise avec la tolérance des pays anglo-saxons. « A l’aéroport de Londres, vous pouvez être accueilli par une douanière en foulard, sans que personne ne s’offusque », dit-elle.
Le vieux modèle d’intégration à la française, qui fonctionnait il y a quelques décennies doit être repensé, selon elle. Etrangement, le mot « république » ne figure pas dans son dictionnaire.
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délinquante avérée
délinquante avérée
D’abord, bravo à Esther Benbassa d’être restée aussi concentrée sur son sujet, malgré tout ce qui se passait autour d’elle : toux, sonneries diverses, va et vient etc etc etc
Ensuite, eh bien, je ne suis pas d’accord sur plusieurs points et notamment sur les « élites ». « Une élite » ou « des élites »
À l’origine, le statut d’élite n’est pas accordé par la détention du pouvoir, mais par l’autorité morale, c’est d’ailleurs pourquoi le terme est employé au singulier. Aujourd’hui il est plus courant d’évoquer les élites. Le pluriel donne une connotation négative : ce n’est plus la qualité de l’être qui est concernée, mais la domination d’une catégorie sociale sur les autres. - wikipedia
Il n’y a plus d’autorité morale, mais bien une domination sociale. Est-ce que les français « issus de l’immigration » doivent participer à la domination sociale ou ne pourraient-ils pas participer au changement urgent du mode de gouvernance ?
Les Français peuvent ne pas être racistes à preuve l’élection de Ali Soumaré dans le Val d’Oise, pour peu que les politiques leur proposent un programme cohérent.
La France doit retrouver sa spécificité de patrie des droits de l’Homme, ouverte, laïque et tolérante, l’intégration se fera toute seule. D’accord, c’est un peu utopiste, mais ... il faut rêver et agir.




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