Retraites : les alarmants calculs de 1995 se vérifient en 2010
Comme le dernier rapport sur les retraites, celui de 1995 était critiqué. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il était dans le vrai.

Pendant une manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 24 février 2010 (Gonzalo Fuentes/Reuters)
Aussitôt remis, aussitôt démoli. Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui prévoit jusqu’à 115 milliards d’euros de déficit par an pour financer les pensions d’ici 2050, a été l’objet de nombreuses charges mercredi à gauche et parmi les syndicats. Principal reproche : un ton sciemment alarmiste, dans l’optique de faire passer la future réforme des retraites.
Un reproche qui existait déjà en 1995, au moment de l’annonce du Plan Juppé, qui se basait lui sur le rapport « Perspectives à long terme des retraites », dirigé par Raoul Briet, alors commissaire-adjoint au Plan.
Alarmiste, le qualificatif revenait à l’époque avec autant de force. D’autant que ledit rapport était beaucoup plus pessimiste que le Livre blanc sur les retraites de 1991, préfacé par le Premier ministre socialiste Michel Rocard. Le Sénat notait d’ailleurs :
« Selon le rapport “Perspectives à long terme des retraites” de 1995, dans le plus favorable des scénarios, le taux de dépendance serait proche de celui présenté comme étant le plus défavorable dans le Livre blanc sur les retraites.
Le taux de dépendance augmenterait entre 2000 et 2040 de 0,3 point, passant ainsi de 0,48 à 0,77. Pour le scénario le plus sombre, le taux de dépendance atteindrait même 0,9 point en 2040. A cette date, il ne resterait alors plus que 1,1 cotisant par retraité contre 2 en l’an 2000 et 3 en 1990. »
« C’est Nostradamus, ce n’est plus de l’économie »
Alors, volontairement alarmistes les projections sur les retraites ? Leurs rédacteurs s’en défendent et sont confirmés dans leur position par les chiffres. La comparaison de la situation actuelle avec les projections établies en 1995 pour le régime général en 2010 l’atteste notamment :
- Le rapport prévoyait, dans son scénario moyen, 16, 854 millions de cotisants et 11,87 millions de retraités, soit un rapport de 1,42, pour un déficit de 55,5 milliards de francs (équivalents à 10,7 milliards d’euros 2010).
- Au 1er juillet 2009, selon le dernier rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, il y a 17,5 millions de cotisants et 12,2 millions de retraités, soit un rapport de 1,43, pour un déficit en 2010 qui avoisinera 10,7 milliards d’euros.
« Ne pas confondre des projections et des prévisions »
Des chiffres qui n’empêchent pas les leaders syndicaux et de gauche de s’en prendre vertement au rapport du Conseil d’orientation des retraites qui vient de paraître :
- Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, « personne ne peut faire de prévisions sérieuses en 2050, c’est Nostradamus, ce n’est plus de l’économie ».
- Quant à Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, il estime qu’il s’agit d’une « grotesque campagne d’affolement » et que « dire que l’on calcule pour 2050, c’est comme si on affirmait qu’en 1970 on aurait pu prévoir l’état de la société en 2010 ».
Aujourd’hui président du conseil de surveillance du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) et membre du COR, le même Raoul Briet, interrogé par Rue89, n’accepte donc pas ces critiques et explique pourquoi elles sont erronées :
« Il ne faut pas confondre des projections et des prévisions. On ne dit pas ce qu’il va se passer en 2050, on dit ce qui mécaniquement se passerait si rien ne change. Il est clair que 2050 est un un horizon extrêmement éloigné, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut piloter avec le nez collé sur l’année d’après.
Il faut savoir que quand vous vous projetez à quarante ans, ce n’est jamais que la durée de cotisation d’une génération. Et les retraités sont désormais en retraite plus de vingt ans, donc on connaît dès aujourd’hui hyper précisément les droits à pension au moins jusqu’à 2030. »
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Promeneur
Promeneur
Il y a t-il en France une seule personne qui soit contre « la réforme » ?
Personne assurément.
Seulement il faut savoir de quelle réforme on parle ?
Celle qui allongerait les annuités, qui ferait passer l’âge légal à 65 voire 70 ans ? (ce qui reviendrait à faire travailler gratos les gens pendant 5 ans voire plus)
Qui par habituelle manipulation digne d’un prestidigitateur diminuerait le montant des prestations des retraités qui ne sont déjà pas un luxe pour la plupart ?
Ou on parlerait d’une réforme qui refonderait totalement l’assiette des cotisations, qui obligerait tous les revenus financiers, les dividendes versés aux actionnaires, les revenus spéculatifs à cracher au bassinet. Une réforme qui irait taper dans les niches fiscales odieusement indécentes, qui supprimerait les parachutes dorés encore plus indécents, qui intègrerait les bonus des traders et autres parasites qui se sucrent sur le malheur des gens, sur la misère qui oblige des ménages à emprunter à des taux exorbitants.
La réforme oui, mais une réforme juste, mais là on touche à l’utopie... dame, si on demandait aux riches de participer ils risqueraient de quitter notre pays et nous abandonneraient à notre triste sort...
Mais qu’ils dégagent ces parasites !
Une entreprise sans ouvriers, sans employés, sans travailleurs, sans cadres, sans directeurs ça ne marche pas.
Une entreprise sans actionnaires, sans vampires qui se sucrent sur le travail des autres ça marche et de plus c’est compétitif puisque la part du suceur disparaît.
Oui à la réforme, juste ! On est malheureusement mal barré, le gouvernement a déjà reçu les ordres de Clapotis 1er qu’on ne doit toucher en aucun cas le club du Fouquet’s et consorts.
Les arguments de Mélanchon sont de première qualité, sérieux, étayés... j’espère que les « socialistes » dans leur diversité vont être un peu plus sur cette longueur d’onde que sur celle de monsieur Minc, le gourou qui s’est trompé toute sa vie et dont l’avis sert toujours de référence... Aïe... misère, misère... chantait Coluche.
Une dernière chose, on dit souvent, ah... le langage formaté... qu’on ne va pas faire payer aux générations futures nos retraites.
On ne dit pas qui a payé aux générations futures leur niveau de connaissances, leur profs, leur éducation, leur santé, les infrastructures du pays, la PAIX dont ils bénéficient aujourd’hui.
Réforme doit aussi rimer avec solidarité.
Je le redis, vu comme c’est parti avec la complicité des journalistes qui nous refont le coup du traité sur la constitution européenne ( à savoir que sorti de ce postulat de l’augmentation de l’âge légal il n’y a pas à discuter), on est mal barré !




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