TRIBUNE 12/04/2010 à 12h50

En France, le microcrédit, c'est prêter cher aux pauvres ?

Benoît Granger | Chercheur en microfinance

A la demande de Christine Lagarde, vendredi matin avait lieu une réunion pour aboutir à une définition juridique du microcrédit. Mais qui le réduirait à des prêts « à titre onéreux », avec un intérêt. Les prêts d’honneur (gratuits et sans caution) en seraient exclus ? De curieuses conséquences en perspective !

Aboutir à une définition juridique du microcrédit professionnel, c’était l’une des demandes de Christine Lagarde en mars, quand elle a présenté son projet de réforme qui portait aussi sur le crédit à la consommation.

Mais le débat sur la définition prend un tour homérique. Les deux principaux réseaux qui financent des créateurs d’entreprise sont l’Adie et le réseau France Initiative.

Leurs chiffres sont proches : l’un comme l’autre financent chacun quelque 15 000 créations par an ; avec des résultats proches en terme de remboursements et de pérennité des entreprises créées. Mais avec une grosse différence dans les publics visés : il s’agit de micro-projets pour l’Adie (qui fait des prêts de 2 800 euros en moyenne) et de projets plus importants pour France initiative (7 800 euros en moyenne).

Exiger des intérêts aux bénéficiaires des microcrédits ?

Le débat se noue sur une différence de fond entre les deux réseaux, qui est philosophique. Pour l’Adie, il faut facturer des intérêts car c’est « le marché » qui l’exige. De plus, l’Adie ambitionne d’équilibrer ses comptes : percevoir les intérêts lui permettrait à terme d’assurer son indépendance, puisqu’ils couvriraient ses coûts.

Pour France Initiative, la question n’est pas là. Les plate-formes locales reçoivent des subventions qu’elles transforment en prêts aux créateurs : c’est de l’argent public, pour l’essentiel celui des conseils généraux. Et les plate-formes (banquiers locaux, chefs d’entreprises, chambres de commerce...) font appel « à l’honneur » des emprunteurs. Meilleur moyen, disent-elles, des les inclure dans ce développement local auquel ils contribuent.

L’hiver dernier, l’inspection générale des finances est chargée de faire des propositions pour pousser les banques à s’engager et, au passage, proposer une définition juridique et statistique du microcrédit. Le rapport, très influencé par les conceptions de l’Adie, restreint le microcrédit aux « prêts à titre onéreux ».

Réaction immédiate de France Initiative et de quelques autres : et nous ? On fait quoi ? Pas du crédit ? Même la Commission européenne, dans sa définition de 2007, ne parle pas d’intérêts !

Derrière le microcrédit, il y a l’entrepreneur

Mais la querelle entre les deux modèles renvoie à des conceptions différentes de l’entrepreneur. D’un côté, c’est un héros solitaire ; il doit se battre avec les forces du marché : autant commencer le plus vite possible, et le moteur du profit (celui du prêteur comme le sien) est l’essentiel.

De l’autre, l’entrepreneur est celui qui crée des richesses collectives ; donc il est logique d’allier à son service des « biens publics » comme les subventions et des savoir-faire privés.

En outre, les prêts d’honneur ont montré leur efficacité ; plusieurs études montrent qu’ils sont un puissant levier sur les banques, qui n’acceptent de s’impliquer dans des projets fragiles qu’à la condition qu’il y ait des prêts d’honneur.

La partie, semble-t-il, n’était pas jouée ce matin. Mais si une définition très restrictive du microcrédit était retenue, seule (ou presque) l’Adie répondrait aux critères, pour une règle nouvelle taillée sur mesure. Ce serait amplifier le paradoxe d’aujourd’hui : l’Adie prête plutôt cher à des personnes en difficulté, alors que France Initiative prête gratuitement à des personnes qui n’ont pas de grave problèmes -juste des projets.

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  • mr_megot
    • Posté à 15h33 le 12/04/2010
    • Internaute 53015
      .

    Le taux de l’ADIE est élevé, entre 12 et 15% je crois, mais c’est à confirmer.
    Pour des prets de 2 à 3.000 euros en moyenne, uniquement ou quasi uniquement à des personnes qui n’ont pas acces au systeme bancaire traditionnel. Aspect qui n’est pas évoqué dans l’article, d’ailleurs, est ce que le micro crédit ca n’est pas précisemment toucher des populations qui ne pourrait pas obtenir de pret dans une banque classique ? D’après ce que je lis ici france initiative ne cible pas du tout la même clientele, il s’agit simplement d’inciter des entrepreneurs (qui pourraient obtenir des prets à des taux normaux) à entreprendre (en leur proposant des prets à taux zéro ou faibles, je n’ai pas bien compris).

    Pour l’ADIE Le pari est de se dire que les montants de prets sont faibles (je ne me souviens plus du max, mais ca doit etre inférieur à 10.000 euros), donc au final les intérêts sont faibles aussi, moins de 500 euros. On est loin de projets pharaonique, une bonne partie des prêts concernent des personnes seules qui font les marchés, qui ont besoin de fonds pour acheter des trucs en semi gros (fringues, ustensiles, principalement des merdes chinoises) pour les revendre au détail sur les marchés avec une marge très faibles. A coté de ca il y a bien sur plein de projets très divers, mais forcément limités.

    • smn
      smn répond à mr_megot
      RIEN
      • Posté à 15h40 le 12/04/2010
      • Internaute 108942
        RIEN

      mais ce n’est pas en France ! ?

      merci pour votre réponse, vraiment.

       
      • mr_megot
        mr_megot répond à smn
        .
        • Posté à 16h04 le 12/04/2010
        • Internaute 53015
          .

        Si, si, à ma connaissance l’ADIE fonctionne exclusivement en France (métropolitaine et de plus en plus dans les Dom-Com, d’ailleurs).

        Mais des gens qui sont dans la merde et pour qui 2000 euros permet d’essayer de s’en sortir, il y en a plein en France !

        • smn
          smn répond à mr_megot
          RIEN
          • Posté à 16h15 le 12/04/2010
          • Internaute 108942
            RIEN

          certes ! mais ces gens ne sont pas entrepreneurs !

          • Sid_Mo
            Sid_Mo répond à smn
            Cadre dirigeant de PME
            • Posté à 00h45 le 16/04/2010
            • Internaute 59795
              Cadre dirigeant de PME

            Et selon vous, ils sont quoi ?

            Ces sont des entrepreneurs, des vrais chefs d’entreprise. Et, eux, ils risquent GROS dans l’acte de création. Juste leur vie économique...

            Vous n’avez pas l’air d’avoir lu l’article et visiblement vous croyez qu’entreprendre c’est uniquement fait pour les riches oisifs dont l’héritage leur laisse le temps d’imaginer quelques chimères.

      3 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à mr_megot
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 15h43 le 12/04/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ben évidement que c’est des merdes chinoises ( à part la bouffe qui vient plutôt de Roumanie ) . Ils ne vont pas vendre sur les marchés des coupés Mercedes ou des grosses machines outils allemandes hyper sophistiquées ..

       
      • mr_megot
        mr_megot répond à Numerosix
        .
        • Posté à 16h07 le 12/04/2010
        • Internaute 53015
          .

        Remarque très juducieuse, mon cher. Je me contente de décrire la situation en détail et avec l’objectivité qui me caractérise, sans porter de jugement, voila tout.

        L’inverse de toi, finalement, hihi !

        • Numerosix
          Numerosix répond à mr_megot
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 16h12 le 12/04/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Moi , ce que j’aime c’est rigoler , tu sais bien..

          • mr_megot
            mr_megot répond à Numerosix
            .
            • Posté à 16h34 le 12/04/2010
            • Internaute 53015
              .

            Dommage que tu sois un des derniers...

            Allez, fai roulé ti barth, je rentr la caz.

      3 autres commentaires
    • Pchaudard
      Pchaudard répond à mr_megot
      • Posté à 16h22 le 12/04/2010
      • Internaute 72946

      Les taux d’intérêts de l’ADIE sont comparables à ceux des banques, donc du taux de base bancaire en cours. On est donc loin des 12 à 15% aujourd’hui.

      Sinon, je souhaiterais préciser que dans le cadre d’un prêt d’honneur, ce dernier doit être forcément accompagné d’un prêt bancaire classique d’un montant au moins équivalent (et don avec des intérêts).
      Je précise cela pour relativiser l’opposition entre les 2 systèmes (où il est indiqué que celui en vers les plus pauvres serait plus coûteux) ... ils n’ont simplement pas le même objectif.

       
      • mr_megot
        mr_megot répond à Pchaudard
        .
        • Posté à 16h32 le 12/04/2010
        • Internaute 53015
          .

        Taux d’intérêt à 9.71% (taux fixe). Contribution de Solidarité : 5% du montant du microcrédit.

        Pour les micro crédits en antenne les TEG vont de 14% à 16%, ce qui est supérieur au taux bancaire (même si ca n’a rien à voir, puisqu’il s’agit de personne à qui les banques refuseraient de prêter).
        Lien

        Pour le reste je suis d’accord avec vous, l’objectif de l’un est de favoriser le micro entreprenariat, l’objectif de l’autre est (aussi) d’aider des gens qui sont dans la merde à s’en sortir.

        • Pchaudard
          Pchaudard répond à mr_megot
          • Posté à 17h15 le 12/04/2010
          • Internaute 72946

          Effectivement, et je tombe de haut.
          Je n’avais regardé que de loin les dispositifs de l’ADIE, n’étant pas concerné et travaillant sur des projets ciblés sur d’autres types de financement, mais je suis assez surpris du coût de l’emprunt, même si les montants empruntés sont très faibles.

          • XavXav
            XavXav répond à Pchaudard
            • Posté à 02h10 le 13/04/2010
            • Internaute 28444

            Bof, ça fait 7 points en dessous des crédits que ce type de population peut obtenir toute seule (à savoir les crédits révolving...)

            Comme toujours, le micro crédit n’est pas une solution bon marché, mais c’est une solution à grand public potentiel, donc (relativement) chère.

            POur avoir un prêt à taux faible, il faut typiquement être l’état et emprunter par paquets de 10 milliards...

          • Madiran
            Madiran répond à Pchaudard
            (Business Analyst)
            • Posté à 08h01 le 13/04/2010
            • Internaute 16911
              (Business Analyst)

            Ils jouent en effet sur le montants qui sont faibles.... !

            Mais les taux supérieurs à 10 % dont vous parlez sont tout simplement énormes ! !

            • Sid_Mo
              Sid_Mo répond à Madiran
              Cadre dirigeant de PME
              • Posté à 00h49 le 16/04/2010
              • Internaute 59795
                Cadre dirigeant de PME

              Je viens de regarder les positions de l’ADIE et je suis un poil surpris par la méthode, la démarche et l’idée même. On est face à une banque des pauvres. Pas plus, pas moins. Elle vise une clientèle bloquée vers elle par le refus des interlocuteurs classiques et qui ne peut plus ou ne peut pas prendre le risque du crédit révolving.

              A l« origine, je me méfie fermement de tous ses systèmes aidés ou étatiques car ils sont souvent des pièges terribles pour l’entrepreneur. Si le projet ne sait pas décoller, on reste en rade avec les dettes de l’état et des préteurs étatiques. Mais étant parti sans fonds propres la dernière fois, je peux dire que même 3000 €, ça peut être le déclencheur décisif. Mais à 15%... Les mots me manquent pour qualifier la proposition !

              J’apprécie BEAUCOUP plus FRANCE INITIATIVE qui a des positions nettement plus proches des miennes. Et ils sont plus souples sur les sommes (7800 € en moyenne est suffisant dans un métier comme le mien).

      5 autres commentaires
  • caoua
    caoua
    sur la lune
    • Posté à 15h25 le 12/04/2010
    • Internaute 95100
      sur la lune

    Je pense que les grosses fortunes et autres banques mondiale pourraient permettre (aux vues de leur pouvoir immense) à tout le monde d’avoir à manger à sa faim ainsi qu’un toit descend pour dormir dans le but que petit à petit tout le monde mettent « la main à la pâte » pour développer une vie plus naturelle qu’elle ne l’est en ces temps. User de moins en moins des choses superficielles et arriver a vivre tous relativement heureux sur cette planète.
    En créant du micro-crédit, cela doit peser sur les emprunteurs a faire du chiffre pour rembourser le prêt et si il y a lieu les intérêts (ce qui conduit à tout faire et souvent n’importe quoi pour ce but de remboursement) qui vont avec plutôt qu’il puissent avoir l’esprit libre de développer le plus justement son activité pour qu’elle aille dans le sens naturel de la vie et non dans le sens de mécanisation, robotisation, enfermement dans un système cloisonné afin qu’inconsciemment nous nous emprisonnons dans nos pauvres petit nombrils névrosés.
    A mon sens, peut être devrions nous changer de sens dans nos développements et revenir vers une acceptation de notre mère nature plutôt que de s’en échapper, l’exclure, et nous la mettre à dos.
    Allons vers un sens plus juste de la vie, un retour à nos sens humains, une acceptation de nos natures, une communication véritable et non une vie pré-conçu et emprisonnante ou l’on se fait la guerre comme tous les exemples du passé nous l’on montré.

  • smn
    smn
    RIEN
    • Posté à 15h37 le 12/04/2010
    • Internaute 108942
      RIEN

    il faut lire l’encyclique sociale de benoit 16. (2009).

    l’église est pour le micro crédit et SURTOUT pour le partage. ce qui signifie prêt sans intérêts.

    si l’église en arrive à de telles extrémités c’est que les prêts « d’usure » ... ne seront plus remboursés, dans un futur proche.

    donc avec l’intelligence politique qu’on lui connait de longue date, l’église partage plutôt que de se laisser voler ses biens par les hordes d’affamés ! pragmatique, tac, toc.

    nécessité fait loi !

    je crois qu’il serait judicieux de méditer sur ce tournant idéologique et non sans fondement.

    • Ishtar
      Ishtar répond à smn
       ? ?
      • Posté à 17h39 le 12/04/2010
      • Internaute 26226
         ? ?

      « l’église est pour le micro crédit »

      « l’église partage plutôt que de se laisser voler ses biens par les hordes d’affamés... »

      L’église indique qu’elle est pour le micro crédit mais croyez vous que les biens de l’église soient gérés par elle-même ? Ce sont les banques qui gèrent et l’affirmation qu’elle a faite n’engage pas son propre argent placé même à la banque du Vatican.Enfin avez vous des infos là dessus ?

      • smn
        smn répond à Ishtar
        RIEN
        • Posté à 17h57 le 12/04/2010
        • Internaute 108942
          RIEN

        des infos ? pas facile, sauf à lire la fameuse encyclique qui est très absconse. forcément.

        ceci étant, là l’église et plus particulièrement le pape prennent part au débat qui nous agite concernant « la crise » et, alarmistes, demandent clairement aux fidèles ET aux laïcs de partager leurs biens avec les plus pauvres de la planète et « d’inventer » une nouvelle forme d’économie solidaire.

        de plus l’église déclare clairement que « les pays riches et leurs chanceux habitants doivent accueillir les immigrants » des pays pauvres.

        bref, n’est plus révolutionnaire qui veut !

         
        • Ishtar
          Ishtar répond à smn
           ? ?
          • Posté à 21h29 le 12/04/2010
          • Internaute 26226
             ? ?

          ce sont bien des voeux pieux en l’occurrence.Inimitable ce Benoit XVI qui distille ces bons conseils tout en demandant à chacun de ses voyages à l’étranger aux communes qu’il honore de sa visite une participation des catholiques aux frais de représentation.Bien sûr les chasubles des grandes occasions identiques à celles des papes du passé qu’il a voulu remettre au goût du jour coûtent extrêmement cher.

          Ainsi les fidèles doivent en premier lieu lui permettre de satisfaire son goût de l’ostentatoire et quand il leur reste quelques écus faire aumône aux pauvres.Rien n’a changé depuis des siècles finalement.
          Autrefois les grands seigneurs entretenaient le pape via les indulgences et accessoirement écoutaient ses appels à faire la charité.

        1 autres commentaires
  • kawouede
    • Posté à 16h06 le 12/04/2010
    • Internaute 27995

    Comment placer les cigales dans votre tableau ? Sont-elles trop anecdotiques ?
    Lien

    Et Garrigue ? Lien

    • Pchaudard
      Pchaudard répond à kawouede
      • Posté à 16h14 le 12/04/2010
      • Internaute 72946

      Les Cigales ne sont pas des organismes de prêts, il s’agit d’investisseurs privés qui rentrent au capital (et par les CCA) des petites sociétés.
      A l’instar des business angels et des VC.

      • smn
        smn répond à Pchaudard
        RIEN
        • Posté à 16h38 le 12/04/2010
        • Internaute 108942
          RIEN

        je viens de regarder (rapidement) les demandes « investisseur » d’un réseau business angels : 1650 euros au plus bas, sinon de 50000 euros à + de 80000 euros en moyenne.

        les banques ou autre organisme français prêtent de l’argent pour investir dans des affaires nationales (ou internationales) plus ou moins farfelues ?

         
        • Pchaudard
          Pchaudard répond à smn
          • Posté à 17h00 le 12/04/2010
          • Internaute 72946

          En général les montants d’intervention de business angels, c’est à partir de 50K€ jusqu’à 500K€ (voir 1M€). Ensuite, c’est aux VC (capital risque) d’intervenir.

          Les business angels demandent des rendements élevés, car les risques sont importants. Sur 10 projets financés :
          - 5 vont se planter.
          - 4 vont être à l’équilibre.
          - 1 va réussir et doit permettre de rémunérer les investisseurs et combler les autres pertes.

          Les banques participent aussi à ces financements.

          • smn
            smn répond à Pchaudard
            RIEN
            • Posté à 17h18 le 12/04/2010
            • Internaute 108942
              RIEN

            j’ai bien compris, vous me rassurez.

            nous sommes loin du micro crédit dont parle cet article.

            quid des entrepreneurs qui demandent de si petites sommes ?

            je comprends que beaucoup soient « justes » pour se lancer mais de là à penser entreprendre avec les sommes présentées ci-haut c’est un pur délire.

            et dans micro crédit il y a micro : il y a 20 ans c’était une poule, une vache, crédit pris par les femmes en majeure partie, etc.

            le montant d’un micro crédit alloué à fin d’investissement en france en 2010 je le verrais au bas mot vers 20.000 euros...et on ne va pas loin !

            • Sid_Mo
              Sid_Mo répond à smn
              Cadre dirigeant de PME
              • Posté à 00h52 le 16/04/2010
              • Internaute 59795
                Cadre dirigeant de PME

              Je suis pas sûr que vous ayez déjà entrepris.

              En tout cas, dans le service.

              Au départ, dans du service, vous possédez quasiment la totalité des éléments pour travailler. Ce qui manque, c’est le fond de roulement pour que dès l’affaire démarre vous ne soyez pas bloqué par l’absence de banque (on vous laissera ouvrir un compte professionnel et encore pas toujours) et les délais de paiement.

              Maintenant, dans de l’industrie, votre raisonnement est même en dessous de la réalité. Mais on travaille à une autre échelle.

        3 autres commentaires
  • tvargentine-
    • Posté à 19h01 le 12/04/2010
    • Internaute 17486

    Le micro crédit en France est géré comme un bon pére de famille,c’est à dire dans sa majorité,par la Caisse des Dépôts

    Cela devrait plutôt être du rôle de jouer le jeu du crédit ,plutot que des subventions d’Etat,via la CDC et des associations qui débloquent des petites sommes

    Encore une fois,c’est de l’argent public,mal utilisé car rien ne jutifie de développer des services de pauvres si ce n’est de vivre dans une société de pauvres

    Il serait plutot utile de mettre le paquet sur des projets de développement industriel à forte valeur ajoutée ,plutot que de les voir se délocaliser à l’étranger

    Lien

    • letournant
      letournant répond à tvargentine-
      auto entrepreneur
      • Posté à 21h00 le 14/04/2010
      • Internaute 103552
        auto entrepreneur

      tout cela c’est du vent j’ai voulu emprunter par l’intermédiaire de l’a d i e . Plus d’un mois pour constituer un dossier quasiment sans aide de leur part. j’ai du fournir prés d’un an de relevé de banque ce qui est trés personnel quand on est dans la merde.Pour obtenir ce soit disant prét il fallait que ma soeur se porte caution en cas de defféction de ma part. Conclusion taux cher sans aucun risque et cela reste un institution qui vit de subvention paye par tous.NB Pour recuperer les differentes pieces necessaires a la contitution du dit dossier il a fallut que j’insiste tres lourdemement aupres des responsables.

  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
    • Posté à 20h22 le 12/04/2010
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Sans répondre à l’ensemble des commentaires, je voudrais juste préciser que mon objectif dans cet article était de rendre compte de l’actualité, cad des négociations en cours pour donner une définition juridique du microcrédit.

    Je constate un paradoxe qui n’est pas nouveau. Mais je tente de ne pas prendre position, car les qualités des deux réseaux sont remarquables –même si leurs conceptions sont différentes.

    Sur l’activité des deux réseaux, les sites donnent toutes les informations nécessaires.

  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
    • Posté à 20h22 le 12/04/2010
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Sans répondre à l’ensemble des commentaires, je voudrais juste préciser que mon objectif dans cet article était de rendre compte de l’actualité, cad des négociations en cours pour donner une définition juridique du microcrédit.

    Je constate un paradoxe qui n’est pas nouveau. Mais je tente de ne pas prendre position, car les qualités des deux réseaux sont remarquables –même si leurs conceptions sont différentes.

    Sur l’activité des deux réseaux, les sites donnent toutes les informations nécessaires.

  • Airinys
    • Posté à 20h48 le 12/04/2010
    • Internaute 52467

    Lorsqu’on ne prête qu’au riche, c’est le scandale.
    Lorsqu’on prête aux pauvres, c’est le scandale.
    Lorsqu’on prête aux pauvres avec précautions, c’est le scandale.

    Moralité, un banquier a toujours tort tant qu’il prête.

    • caoua
      caoua répond à Airinys
      sur la lune
      • Posté à 13h39 le 14/04/2010
      • Internaute 95100
        sur la lune

      pourtant, ne dit on pas que l’être humain est un éternel insatisfait ?

  • Archange
    Archange
    Perso
    • Posté à 23h56 le 12/04/2010
    • Internaute 44640
      Perso

    « En France, le microcrédit, c’est prêter cher aux pauvres ? “

    Désolé mais je ne suis pas Maitre Capello mais j’ai pu observer à plusieurs reprises des fautes de Français que ne ferait pas un élève de primaire (quoi que...)

    Donc, dès notre plus jeune âge on nous apprend la différence entre une affirmation et une question.

    ‘En France, le microcrédit, c’est prêter cher aux pauvres’
    est une affirmation ! Absolument pas une question (même en mettant un ? à la fin de la phrase)

  • Humain
    • Posté à 07h40 le 13/04/2010
    • Internaute 21387

    Preter cher aux pauvres ? Bien sur ! !

    Mais ce type de micro-crédit ! Il n’existe pas qu’en France ! !

    Dans le monde entier ce que l’on nomme le micro-crédit est une façon de preter aux pauvres au taux le plus élevé possible ! !

    (On prête même plus souvent de préférence aux femmes, elles remboursent mieux !)

    Croire le contraire c’est croire que le Père-Noel existe ! ! Et que les Banquiers, y compris les spécialistes de micro crédit sont des gentils ! !

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 07h56 le 13/04/2010
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    En les faits ils sont entrain d’ouvir de nouveaux organismes financiers (comme La Poste et d’autres) pour lancer de nouveaux crédits qui rapportent beaucoup plus que les moyens ou gros crédit traditionnels ! !

    Le reste n’est que de la fumée !

    (N’importe quelle banque aurait le droit de prêter à un taux faible à un micro entrepreneur, mais elle ne le fait pas ! ! Pourquoi ? Parce que les assurances ne les suivent pas !)

    Les micros crédits sont les mines d’or de demain, comme Yunus l’a démontré... Les spécialistes du micro crédit pour les pauvres sont quasi milliadaires ! ! (Enfin, pas uniquement Yunus, mais ...la Grameen Banque et... les siens...Mais pourquoi pas ? !)

    Les affaires sont les affaires...

  • caoua
    caoua
    sur la lune
    • Posté à 10h26 le 13/04/2010
    • Internaute 95100
      sur la lune

    Ouais,
    mon micro crédit à taux 0 à été accepté,
    j’achète donc la rue de la Paix,
    j’ouvre une maison close,
    et l’amour va pouvoir s’adonner à la joie,
    ainsi, la rue de la Paix portera bien son nom ;)
    donner et recevez toute la tendresse dont mes filles de joie seront capable d’échanger, ainsi le partage régnera en toute liberté.
    Ainsi, je pourrai rembourser rapidement ma dette et pouvoir continuer à constituer un empire d’amour et de tendresse en ce bas monde : D
    Amicalement
    caoua

  • sniper666
    sniper666
    roadrunneuse
    • Posté à 11h06 le 13/04/2010
    • Internaute 110274
      roadrunneuse

    On peut donc constater qu’il y a encore incompréhension avec le grand capital et les aides.. qui sont là pour aider, donner un coup de pouce et in fine créer de la richesse collective.

    Ah, l’argent n’a pas fini d’empêcher notre société de se transformer en quelque chose de différent pour les futures générations.

  • sniper666
    sniper666
    roadrunneuse
    • Posté à 11h06 le 13/04/2010
    • Internaute 110274
      roadrunneuse

    On peut donc constater qu’il y a encore incompréhension avec le grand capital et les aides.. qui sont là pour aider, donner un coup de pouce et in fine créer de la richesse collective.

    Ah, l’argent n’a pas fini d’empêcher notre société de se transformer en quelque chose de différent pour les futures générations.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h16 le 13/04/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Micro-crédit : prêter un peu d’argent à fort taux.
    Ha d’accord, c’est le mot moderne pour désigner le crédit à la consommation : D

  • Rue89
    • Posté à 17h45 le 16/04/2010
    • Internaute 42

    Nous avons reçu la réponse suivante de l’Adie :

    Mercredi 14 avril 2010

    En tant que premier opérateur de microcrédit en France, l’Adie souhaite répondre à l’article de Benoît Granger publié le 12 avril dans Eco 89.
    Thierry Racaud, Directeur des Etudes et Plaidoyer de l’Adie.

    1.Le microcrédit, tel qu’il fonctionne dans le monde entier est un crédit avec taux d’intérêt. Comment pourrait-on, autrement « Bâtir un secteur financier ouvert à tous » suivant le slogan de l’année internationale du microcrédit ? Cette définition a été validée par le G8 réuni à Sea Island (Etats-Unis) en 2004, elle figure dans tous les documents du CGAP (Consultative Group to Assist the Poor) et elle est appliquée par toutes les IMFs du monde (Institutions de Microfinance). Elle correspond aussi à la définition adoptée par la Commission européenne qui, ayant prévu un plafond de prêt très haut - 25 000 euros - divise la clientèle du microcrédit en deux segments : l’un bancable (ayant accès au crédit bancaire), l’autre pas. Il est donc normal que l’IGF ait adopté cette définition, par référence non pas à l’Adie, mais à la norme européenne et internationale.

    2.Le groupe présidé par Pierre Valentin Directeur Général Délégué du Crédit Coopératif avait été constitué par le Conseil National de l’Information Statistique et la Banque de France, depuis plusieurs mois. Il avait pour but de faire entrer la microfinance bancaire et non bancaire dans la statistique publique afin de pouvoir suivre l’évolution du secteur, ce qui supposait dans un premier temps de clarifier les définitions

    3.S’il a paru préférable de limiter le microcrédit aux prêts comportant un intérêt, c’est pour ne pas mélanger des services financiers différents et compter deux fois les mêmes projets. En effet, le prêt d’honneur, reconnu par les banques comme faisant partie des fonds propres, permet de lever un microcrédit bancaire.

    4.Le fait d’appeler le prêt d’honneur « microfonds propres » et de le faire entrer sous ce nom dans les statistiques n’enlève rien à la valeur du produit. L’Adie en fait aussi, en complément de ses microcrédits.
    5.Au-delà du problème de définition statistique du microcrédit, on peut bien sûr, avoir des conceptions différentes d’aide à la création d’entreprise. L’Adie se préoccupe non seulement de la pérennité de son action, mais aussi de son impact social et de la protection de ses clients. Les taux sont fixés en consultation avec les emprunteurs et l’octroi des prêts tient compte à la fois de la rentabilité du projet financé et de l’endettement du client. S’agissant des petits prêts, de courte durée, ce qui compte pour les emprunteurs c’est le montant de l’échéance, qui ne dépasse pas, en moyenne, 150 euros. A côté du microcrédit, le client de l’Adie peut bénéficier de microfonds propres sous forme de prime régionale ou de prêt d’honneur ainsi que des services d’accompagnement (formation, conseil, coaching), qui sont gratuits. Il peut aussi contracter une micro-assurance à un tarif très avantageux. Le coût total de cet ensemble de services est très faible.

    Au total, l’Adie est au service des créateurs d’entreprise qui ne sont pas pris en compte par les autres réseaux et qui n’ont pas accès direct au microcrédit bancaire. Un chômeur cadre avec 50 000 euros d’indemnité de départ, n’est pas dans la même situation qu’un chômeur peu qualifié, sans ressources propres. La réussite de ses clients prouve que l’Adie leur apporte les services dont ils ont besoin à un coût compatible avec leur situation. Il est normal qu’elle cherche à pérenniser et étendre son action en couvrant progressivement les coûts du crédit, ceux liés à l’accompagnement restant forcément subventionnés.