07/04/2010 à 17h18

Tentés par les « solutions » de Coline Serreau pour la planète ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Résolument alternatif, le nouveau film de Coline Serreau est un documentaire engagé. Pas forcément le genre qu’on attend sur les écrans de cinéma. « Solutions locales pour un désordre global », qui sort ce mercredi au cinéma, aligne les interviews de philosophes, économistes, expérimentateurs d’une agriculture durable. En ne nous laissant presque jamais respirer par des reportages.

Ça nous change du grand spectacle à la Hulot ou Arthus-Bertrand. On est dans la cuisine de Pierre Rabhi, qui nous dit que « bientôt, en passant à table, plutôt que de se souhaiter bon appétit, il faudra se souhaiter bonne chance ». (Voir la vidéo)

La réalisatrice a beau répéter dans toutes les interviews qu’elle veut proposer DES solutions et ne pas revenir sur les catastrophes déjà dénoncées ailleurs, elle ne manque pas de nous désespérer sur cette Terre que l’on a définitivement abîmée et qui ne nous nourrira peut-être plus demain.

Ici et là, en Inde avec Vandana Shiva, prix Nobel alternatif, ou au Brésil avec le Mouvement des sans terre, on voit que localement, une agriculture paysanne et biologique est bien UNE des solutions.

Une production associative

Le film est né de manière « organique », raconte la cinéaste, lors de rencontres fortuites avec l’écologiste Pierre Rabhi ou l’économiste de la décroissance Serge Latouche, qu’elle a filmés seule (et ça se voit, un peu trop parfois). De cette faiblesse elle a fait une force, en faisant coproduire le film par pleins d’associations écolos.

Fait rare, il a déjà été projeté devant quelque 20 000 personnes avant sa sortie. Et pour prolonger la démarche militante, le site qui accompagne la sortie propose une « carte des solutions », guide pour une conversion écolo, et tout plein de références pour faire bouger la planète.

Les critiques sont très divisées sur le film, Le Monde estimant par exemple que :

« Ces paroles sont si univoques qu’on en vient à douter de chacune d’elle. Le spectateur se retrouve dans la peau d’un adolescent de 2010 contraint par un(e) aîné(e) de lire la collection complète de “La Gueule ouverte” sans avoir le droit de poser de questions. »

D’autres, comme LeNouvelObs, estiment au contraire que Coline Serreau nous livre :

« Une impertinente analyse des politiques agraires héritières des premières guerres mondiales, des iniques courses au profit et leurs mortifères conséquences sociales et humaines. [...] Le tout à sa manière, avec humanisme et une délicieuse pointe de malice. »

Et vous, faites-vous partie de ceux qui l’ont déjà vu ? Vous a-t-il convaincu ? Dites-le nous.

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  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 17h28 le 07/04/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Les critiques du « Monde »
    sont à la hauteur
    du fric des pubs que le journal accepte de « Chaumet » et autres joailliers

    • Ianeak
      Ianeak répond à leo s
      escapiste
      • Posté à 19h49 le 07/04/2010
      • Internaute 104544
        escapiste

      Alors que le Nouvel Obs’ est à ce niveau là d’une déonthologie sans faille !
      D’ailleurs il ne réponds jamais au convocation élyséenne, c’est dire...

  • nestor38
    nestor38
    inséré ?
    • Posté à 17h33 le 07/04/2010
    • Internaute 60788
      inséré ?

    Pas vu, mais je me souviens de « La belle verte » un film (c’est beaucoup dire) écolo qui donnait envie de ne pas l’être tant c’était sentencieux et moraliste et « La crise » qui était assez mauvais et politiquement démago, énervant, un film d’une gauche bien pensante qui voulait choquer les gens de gauches bien pensants (avec ce personnage raciste qui a des amis arabes, mais eux c’est différent, parce que quand tu es pauvre tu es raciste, mais en plus un peu con...), bref, je n’ai jamais aimé le cinéma donneur de leçon où le cinéaste se sait du bon côté (en tout cas qui se croit au-dessus du spectateur...), peut-être que dans un documentaire, elle est meilleure, j’en doute, mais bon.

    • Ianeak
      Ianeak répond à nestor38
      escapiste
      • Posté à 19h46 le 07/04/2010
      • Internaute 104544
        escapiste

      Je suis assez d’accord avec toi. Et je n’irai pas voir son film.

      Colline Serreau, Florence Aubenas ; même combat : deux bourges au service de l’édification des bourgeois.
      Prolo, fils de prolo, j’me sens pas concerné, j’ai pas besoin de leur regard « pointu » sur les failles de notre société « inique » pour voir dans quel merdier on vit.

      Aucun recul, juste la prétention « généreuse » de faire « bouger les choses » du bout de la lorgnette depuis son petit confort d’artiste post soixante-huitarde « engagée ».

      la bénécogitance qui dénonce, rien à battre. C’est sur ce genre de lisier que des Zemmours et consort finissent par usurper une posture de subversif, c’est surement ça le plus grave d’ailleurs.

      • Nepigo
        Nepigo répond à Ianeak
        robot-singe - blog.nepigo.net
        • Posté à 20h26 le 07/04/2010
        • Internaute 16957
          robot-singe - blog.nepigo.net

        Pas d’accord du tout, ni avec laneak ni avec Nestor38. Autant la critique des bourgeois se faisant leur beurre sur l’édification des bourgeois vaut pour un Hulot ou un YAB, autant elle est complètement à côté de la plaque pour Florence Aubenas et Coline Serreau qui ne prêchent la repentance mais (pour ce qui est de Coline Serreau en tout cas) l’action, sans attendre les pouvoirs publics.

        Parler de « petit confort d’artiste » en parlant de Florence Aubenas... soit vous êtes de mauvaise foi soit vous ne savez tout simplement pas de quoi vous parlez.

        Sur l’amalgame avec Zemmour, je ne vois pas ce qui vous chagrine, les subversifs d’extrême-droite ça existe aussi, la subversion n’a pas de valeur en elle-même hormis le petit frisson transgressif que le mot procure.

        Nestor, je ne vois pas ce qui vous permet de dire de Coline Serreau qu’elle se croit au-dessus de ses spectateurs, il me semblait qu’au contraire le fait de faire un film qui s’appelait à l’origine « la terre vue de la terre » consistait à cesser de culpabiliser les spectateurs avec des images catastrophique et une morale abstraite, et donner des outils pour agir directement, comme elle l’explique. C’est à peu près tout le contraire de ce que vous dites, et aussi tout le contraire d’un art qui ne se donnerait pour but que l’expérimentation formelle. Reste à voir le film, évidemment.

        Sur le commentaire du Monde : dire qu’on est entrés dans l’anthropocène et que l’homme est aujourd’hui une force géologique qui ne maîtrise pas les dégâts qu’il commet, ce n’est pas être univoque, c’est un fait...

         
        • nestor38
          nestor38 répond à Nepigo
          inséré ?
          • Posté à 20h32 le 07/04/2010
          • Internaute 60788
            inséré ?

          Je ne parlais pas de ce film là mais de « La belle verte » et « La crise » avec ce personnage de prolo crade mais qui est plein de bon sens (argh !), ces bourgeois de gauche forcément crétins, etc., un cinéma qui te dit ce qu’il faut penser, et non qui te permet de penser, c’est en cela que je parle de mépris, mépris pour ceux qu’elle filme et mépris pour le spectateur qui est là pour gober ce qu’elle dit et pense...

        • Ianeak
          Ianeak répond à Nepigo
          escapiste
          • Posté à 21h41 le 07/04/2010
          • Internaute 104544
            escapiste

          1/ Sur le petit confort d’artise je parlais de Colline Serreau, dont la filmographie atteste assez du milieux auquel elle appartient, et de sa vison pseudo angéliste dénuée de tout recul (quand elle n’est pas carrément méprisante).

          2/ Je ne l’amalgame pas avec Zemmour je regrettais justement que se soit sur les pensum et grandes leçons de cette gôche 68arde d’où s’est issu un nouveau conformisme bourgeois, que des propos réacs recuits prennent un parfum de subversion (qu’il n’ont pas vu les tribune dont il dispose).

          3/ Par ailleurs les solutions de Colline Serreau ? la belle verte est un belle exemple du monde dont elle rêve : une Auvergne planétaire où on vivrait peu nombreux, entre soit, dans de grande communauté de saltimbanques où l’on s’épanouie en écoutant le silence (la musique est proscrite)... trop comme ça fait rêver.

        • ker
          ker répond à Nepigo
          • Posté à 01h34 le 08/04/2010
          • Internaute 12793

          Encore des solutions ! Enfin a condition de raquer pour aller regarder le film.... (Pierre carles a fait la meme chose mais gratos sur le net, volem rien foutre al pais, regardez le)

          « L’action sans l’aide des pouvoirs publique »... certes mais quid de l’ oppression inflige par ces pouvoirs publiques ?

          C’est tres bien toute ces « solutions »... Je suis un fan du livre de bourguignon, mais lui n’en plus n’a aucune solution politique. Il ne fait que reprendre le discours anarcho primitiviste dans la conclusion de son bouquin tout en faisant mine de pouvoir sauver une agriculture paysanne... Bref manque un peu de logique politique....Mais comment sauver les paysans sans garder le systeme tel qu’il est ?
          Qui va payer les paysans, si on ne maintient pas une industrie puissante et envahissante, employant massivement ?
          Si l’on decide de detruire ce systeme productiviste alors il faut en tirer les conclusions jusqu’au bout : ce sera a chacun de participer a la production de sa nourriture et donc il faut redistribuer les terres, reamenager par la force le territoire pour que chacun s’approprie un jardin et n’ai pas a payer pour ses legumes (et donc travailler pour une industrie pour pouvoir acheter des legumes produit industriellement avec du petrole, transporte etc). C’etait le cas pour nos grands parents. Bref pas besoin de coline pour trouver la solution....

          Il y’a une mefiance politique legitime de ce genre de discours qui redecouvre les bonne vieille recette anarchiste (production local et cooperative) mais en escamotant l’essentiel de la condition de la realisation de ces idees, ce qui est l’essence du combat : detruire la propriete des moyens de production detenu par le capital et la repartir de facon concerté.

          Et pour cela ce genre de film ne nous donne aucune recette, mis a part une sorte d’indignatin naive qui ne peut que fatiguer ceux qui sont dans la merde et qui n’ont pas de jardin et sont oblige de bouffer de la merde. Comme si Coline avait inventer tout cela, decouvert tout cela (Rousseau, Illich, Marsh etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc)

          Produire bio, local sans petrole, cela veut dire redistribuer la terre, et par la force... le reste c’est connu, entendu

          • ker
            ker répond à ker
            • Posté à 01h44 le 08/04/2010
            • Internaute 12793

            Putain je suis mauvaise langue, le film est sponsorise par Orange...
            La marque la plus radicale de la decroissance qui soit : diminuer le nombre de conssommateur en les poussant au suicide.

            Un film pour promouvoir l’ecologie participative, visiblement Coline n’a pas bien compris ce qu’etait la partcipation.

            • pahpah
              pahpah répond à ker
              spécialisé en pas grand chose
              • Posté à 07h55 le 08/04/2010
              • Internaute 41927
                spécialisé en pas grand chose

              Ce n’est pas un argument.
              Tout le monde n’est pas Pierre Carles.
              A priori quand tu fais du cinéma grand public des sponsors il t’en faut.

              Et les intentions tu en fais quoi ? Les efforts ?
              Ça m’évoque juste les tentatives de discrédit justement sur ceux qui ont une vie un tant soit peu « écolo » par ceux qui ne le sont pas leur disant « tu es écolo mais c’est...
              du nutella que je vois dans ton placard ? (c’est pas bio)
              c’est un téléphone portable récent que tu as ?
              tu as encore des toilettes qui fonctionnent à l’eau ?
              une voiture que tu as ? mais ça pollue... »

              On ne peut pas être dans le monde et hors du monde.
              Ce qui est évaluable c’est la hauteur de l’effort et son application quant à un éventuel effet.
              On ne peut pas exiger des autres d’être exemplaires quand on ne l’est pas soi-même. Mettant à bas toute tentative d’effort.

              • youbati
                youbati répond à pahpah
                chiantifique
                • Posté à 08h34 le 08/04/2010
                • Internaute 98406
                  chiantifique

                Parfait !

              • ker
                ker répond à pahpah
                • Posté à 13h23 le 08/04/2010
                • Internaute 12793

                « Grand public »...
                Tu ne prendrais pas un peu les gens pour des cons ?

              • ker
                ker répond à pahpah
                • Posté à 13h36 le 08/04/2010
                • Internaute 12793

                « Grand public »...
                Tu ne prendrais pas un peu les gens pour des cons ?

                - Je n’ai pas de voiture, ne roule qu’en velo, prend le train pour revenir en france
                - J’achete tres peu de vetement et fait beaucoup de couture
                - J’achete 100 % de ma bouffe bi et local dans une cooperative bio suedoise
                - J’achete 100% element de base et fait toute ma cuisine moi meme (y compris le pain...)
                - Et pourtant Je bosse (irregulierment, ce qui limite aussi ma conssommation), je refuse systematiquement tout deplacement professionnel et n’est donc jamais obtenu aucune promotion (suis precaire, mais on me rappelle...)
                - Je ramasse et cultive un max de chose (fruit, myrtille, je fais 15 pots par an avec airelles, plus congelation, fait secher massivement mes champignons que je conssomme toute l’annee, vais beaucoup a la peche et conssomme mon poisson, tout cela en velo et pourtant j’habite en plein göteborg, je cultive toute mes fines herbes)

                Et on ne va quand meme pas en faire un film ....
                Parcontre j’aimerai beaucoup echanger avec ceux qui font de meme et je suis persuade, vu le nombre de curieux que donner l’exemple est mille fois plus efficace que de faire des films de propagandes, une ficelle usee et dont tout le monde se mefie : fait ce que je dis pas ce que je fais....

                Voila un exemple de ce qui se fait en suede
                Lien
                Les actions de plantation « sauvage » fonctionnent bien, et attire sans faire de film
                Lien

              • ker
                ker répond à pahpah
                • Posté à 13h36 le 08/04/2010
                • Internaute 12793

                « Grand public »...
                Tu ne prendrais pas un peu les gens pour des cons ?

                - Je n’ai pas de voiture, ne roule qu’en velo, prend le train pour revenir en france
                - J’achete tres peu de vetement et fait beaucoup de couture
                - J’achete 100 % de ma bouffe bi et local dans une cooperative bio suedoise
                - J’achete 100% element de base et fait toute ma cuisine moi meme (y compris le pain...)
                - Et pourtant Je bosse (irregulierment, ce qui limite aussi ma conssommation), je refuse systematiquement tout deplacement professionnel et n’est donc jamais obtenu aucune promotion (suis precaire, mais on me rappelle...)
                - Je ramasse et cultive un max de chose (fruit, myrtille, je fais 15 pots par an avec airelles, plus congelation, fait secher massivement mes champignons que je conssomme toute l’annee, vais beaucoup a la peche et conssomme mon poisson, tout cela en velo et pourtant j’habite en plein göteborg, je cultive toute mes fines herbes)

                Et on ne va quand meme pas en faire un film ....
                Parcontre j’aimerai beaucoup echanger avec ceux qui font de meme et je suis persuade, vu le nombre de curieux que donner l’exemple est mille fois plus efficace que de faire des films de propagandes, une ficelle usee et dont tout le monde se mefie : fait ce que je dis pas ce que je fais....

                Voila un exemple de ce qui se fait en suede
                Lien
                Les actions de plantation « sauvage » fonctionnent bien, et attire sans faire de film
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              • azerty69
                azerty69 répond à pahpah
                ExecutieveBranleur
                • Posté à 16h09 le 08/04/2010
                • Internaute 42089
                  ExecutieveBranleur

                Oui mais quand on est militant, qu’on prend la tête pendant 30 min, y’a un minimum a avoir. Reste a déterminer ce « minimum ».
                Mais bien souvent on est écolo « comme ça m’arrange ».

                Du genre je boycotte l’huile de palme, mais je bouffe une autre merde.
                Du genre les 4*4 c’est des gros cons de pollueurs, mais je vais a la boulangerie en voiture parce qu’il pleut.
                Les veilles de tv et hifi c’est une honte, mais j’ai la clim dans ma bagnole.
                Etc etc.

                Chacun fait ce qu’il veut, soi dit en passant, mais quand on fait la leçon aux autres, faut quand même assurer un minimum chez soi.

                la paille du voisin et la poutre dans son oeil, ça date pas d’hier...

          • alexein
            alexein répond à ker
            -
            • Posté à 08h46 le 08/04/2010
            • Internaute 54573
              -

            « (...) que fatiguer ceux qui sont dans la merde et qui n’ont pas de jardin et sont oblige de bouffer de la merde. »

            Venant d’une famille bien modeste, ayant cotoyé différentes franges de la population, dont ceux qui sont dans la merde, j’ai du mal à souscrire en l’état à cette partie de votre propos que je trouve un peu caricatural.

            Je sais que vous n’allez pas aimer ce que je vais dire mais dans la vie on fait des choix.

            Bouffer de la merde n’est pas une fatalité et ce n’est pas l’apanage des « pauvres ».

            Je connais bien des familles vivant confortablement et qui bouffent de la merde. J’ai aussi un Netto pas loin de chez moi et sur le parking se trouvent un nombre non négligeable de grosses berlines et de 4x4.

            Bien manger ou mal manger ce n’est pas qu’une question de revenus. C’est aussi une question d’éducation, de choix et de priorité. La part des revenus consacrée à l’alimentation ne cesse de diminuer. Beaucoup de gens préfèrent consacrer leur argent à d’autres choses. Que ça vous plaise ou non, c’est ainsi.

            La part des revenus consacrés aux technologies, aux écrans, aux télécommunications, elle, ne cesse d’augmenter. Ordinateurs, Internet, téléphone portable dernier cri, écrans plats HD, abonnements divers et variés, bouquets de chaînes TV, consoles de jeux et j’en passe.

            Les gens préfèrent bien souvent « s’amuser », se « distraire », pour ne pas dire s’abrutir, plutôt que de bien se nourrir.

            Bien nourrir son corps et son esprit me paraît d’ailleurs lié.

            Bien manger c’est aussi savoir équilibrer ses repas. Avoir plaisir à les préparer. Délaisser les plats préparés chers et avec peu de valeurs nutritives bénéfiques, délaisser les fast-foods, etc.

            Bien manger c’est aussi délaisser un peu la viande qui est assez chère.

            C’est aussi prendre le plaisir de faire ses courses dans un marché de petits producteurs.

            Il y a beaucoup de « recettes » et petits gestes qui permettent de limiter le surcoût d’une alimentation saine. Et excusez moi mais les fruits et les légumes ce n’est pas ce qu’il y a de plus cher. Et c’est bon et très sain. Quand j’en entends certains se plaindre du prix des fruits et légumes qui varient entre 2 et 7 € le kg alors qu’à côté de ça ils achètent des tas de merde préparés à 20 ou 30 € le kg ou plus, j’ai envie de bondir.

            Et puis, il faudrait aussi peut-être changer son regard sur l’alimentation, lui redonner toute l’importance qu’elle a, sur le plaisir, le bien être, la convivialité, la santé.

            Moins d’écrans et une meilleure alimentation ça fera aussi moins d’obèses, notamment chez les « pauvres » puisqu’il semble que c’est là qu’ils sont les plus nombreux.

            Désolé mais en la matière, je n’ai pas envie de faire de misérabilisme social.

            • ker
              ker répond à alexein
              • Posté à 13h53 le 08/04/2010
              • Internaute 12793

              Ce que tu dis est evident ....
              Sauf que...
              La production bio en france est ultra limite et l’importation est tres importante (ce qui en limite l’interet environnemental vu le transport)
              Pourquoi ?
              Parce que la terre est possede par ceux qui peuvent l’acheter et font parti d’un systeme de financement et de pouvoir que le simple fait d’acheter bio ne peut influencer signifiactivement.

              Meme si, moi meme, je conssomme 100 % bio, je suis certain du fait que cela a un impact tres limite dans la mesure ou cela reste difficile de s’installer et que pour etre rentable en bio il faut dans le systeme actuel marchand, une production d’echelle, tres conssommatrice en carburant (chauffage, serre, tracteurs, transport). Je constate d’ailleurs que la qualite des aliments bio, si elle est meilleur que celle des aliments de netto (de loin c’est clair) n’a souvent vraiment rien a voir avec les aliments de la ferme ou je passais mes vacances ou du jardin de mon pere, ce qui montre bien que Bio c’est bien, mais ca n’est pas suffisant...

              • Ratfucker-
                Ratfucker- répond à ker
                • Posté à 20h07 le 08/04/2010
                • Internaute 88371

                Le mythe du productivisme induit par la propriété privée de la terre a la vie dure. Dans l’hypothèse où Besancenot prendrait le pouvoir, s’il imposait une réforme agraire, celà donnerait un flop retentissant : les exploitations les plus productives et les plus mécanisées ne sont pas la propriété de exploitants, qui préfèrent à bon escient investir leur capital et leurs emprunts dans du matériel de culture, des équipements, des stocks d’engrais et de produits chimiques pour optimiser leur rendement plutôt qu’immobiliser leur actif dans du terrain qui ne rapporte rien. Acheter du terrain agricole, c’est l’un des plus mauvais placements que puisse faire un épargnant.
                Quant à revenir à l’utopie du kolkhoze, souvenir du 19° siècle, l’efficacité de cette forme d’exploitation a été un désastre, tant elle est étrangère aux comportements culturels des humains sédentaires.

                • ker
                  ker répond à Ratfucker-
                  • Posté à 00h01 le 09/04/2010
                  • Internaute 12793

                  T’es un comique : tu te contredis entre ton introduction et ta conclusion : Le kolkhoze est bien selon toi l’ennemi du productivisme.
                  Enfin quand tu liras jusqu’au bout ce que je raconte tu verras que je n’ai pas parle de propriete commune mais de propriete partagé concerté, ce qui n’implique pas la communaute mais supprime la violence de l’argent fille du profit et donc du productivisme... qui en fin de compte determine bien la propriete.
                  Ton paysan de compte de fee a plie boutique il y’a 40 ans.

            • azerty69
              azerty69 répond à alexein
              ExecutieveBranleur
              • Posté à 16h11 le 08/04/2010
              • Internaute 42089
                ExecutieveBranleur

              En total accord avec « alexein »

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à ker
            chien de talus
            • Posté à 11h03 le 08/04/2010
            • Internaute 50571
              chien de talus

            la propriété foncière est le gros tabou de notre civilisation, plutôt garder ce grand n’importe nawak sacré que de seulement érafler ce que presque 2000 ans d’histoire de l’exploitation ont bâti. Point de salut sans passer par cette case ! J’aime bien Bourguignon, la rue pourrait donner un peu d’audience à ce bonhomme qui en a pas trop...

          • Nepigo
            Nepigo répond à ker
            robot-singe - blog.nepigo.net
            • Posté à 18h14 le 09/04/2010
            • Internaute 16957
              robot-singe - blog.nepigo.net

            Bonjour,
            oui, bien sûr les solutions, l’action c’est de la politique. Mais pas seulement. Quand vous dites
            « detruire la propriete des moyens de production detenu par le capital et la repartir de facon concerté »
            j’entends quelques échos de dictature du prolétariat qui me fatiguent un peu...
            Même si je suis d’accord avec vous que l’approche simplement anarcho-primitiviste a ses limites en termes de masse critique. Et je vous rejoins sur le point essentiel : l’après-carburants fossiles, c’est avant tout le retour à la terre comme source première d’énergie et de nourriture ; donc le contrôle de la terre est l’enjeu essentiel et à terme la source du pouvoir. Comme au Moyen Âge...

            En ce moment on assiste à une ruée vers les terres arables du monde entier de la part de tous les détenteurs de capitaux qui cherchent de nouveaux placements sûrs après la raclée qu’ils viennent de se prendre avec la crise financière. Où l’on voit des Lagardère racheter des dizaines de milliers d’hectares en Ukraine, des entreprises multinationales racheter des terres en Afrique, en Amérique Latine, en Asie du Sud-Est... C’est LE problème du moment. Il n’y a pas 50 façons de lutter contre ça : solidarité concrète avec les producteurs locaux (AMAP etc.), refus d’acheter les produits issus de ces formes de production quand c’est possible, toutes les formes possibles de luttes légales et para-légales pour empêcher la concentration des terres. Au boulot, les amis... voir ce site par exemple Lien (surtout en anglais)
            et bien sûr l’initiative que vous citez, Reclaim The Fields, qui est très importante. Lien

            • ker
              ker répond à Nepigo
              • Posté à 21h55 le 09/04/2010
              • Internaute 12793

              Je partage les aspirations anacho primitiviste mais la condition de la realisation d’un retour a la liberte c’est justement de casser la propriete de la terre lié a l’argent. Et ce n’est pas forcement un mythe irrealiste, je pense que c’est est au contraire une exigence de fond qui va deferler.
              L’industrie agro alimentaire est excessivement fragile. Contrairement a l’industrie classique, sa raison d’etre n’est pas la creation de nouveaute (elle exploite mais ne cree plus rien), ou le rendement, mais la simle mecanisation pour un profit enegendre par la baisse de la masse salarial (moins de paysans pour un plus grand rendement vendu a des prix tres bas pour de grande marges industrielles). Face a des millions de sans terre (y compris en france de rmiste qui voudrais bien avoir leur jardin), elle ne peut pas grand chose, car un flic sur chaque lopin lui serait trop couteux. Un barbelet ebreche et c’est la fin d’une recolte si des betes sauvages rentrent (le gueux mal intentionné peut aussi marcher sur des semis juste sorti de terre si le sanglier est rare) etc ...
              Comment une industrie de plus en plus fragile pourra t’elle proteger la propriete d’une terre face a la masse des necessiteux alors que ces methodes la rende improductive sans recours massif a des intrants qui lui couterons bientot la peau du cul. Sans intrants la production s’effondrera a un niveau absolument ridicule compare a ce que pourra produire un chomeur sur son petit jardin avec de l’huile de coude et son compost (d’apres bourguignon, c’est deja le cas si l’on compare les rendement des agriculture traditionnelles sud americaine qui explosent les cent quintaux mais melange trois essences sur le meme terrain ce qui n’autorise absolument pas la mecanisation et oblige a bosser manuellement, or on manque de terre pas de main d’oeuvre aujourd’hui).

              Sa seul porte de sortie, c’est l’esclavage massif, mais la encore c’est un reve. Le servage ne reviendra pas car, outre qu’il est peu efficace, le rapport de force n’est plus le meme. La seule chose qui nous retient, c’est que le systeme nous approvisionne en moyenne de facon passable... Mais ca se degrade et ca ne durera pas longtemps. Il est donc tout a fait temps de commencer a potasser ses bouquins de jardinage et de faire des essais et de commencer a construire des reseau de defense et de pression. Pas besoin de perdre encore du temps et de se coltiner tous ces films sponsorise qui ont 10 trains de retard.

        • pedrolitas
          pedrolitas répond à Nepigo
          • Posté à 18h07 le 08/04/2010
          • Internaute 52254

          repentance, repentance... édifier le bourgeois, fff, c’est vous qui le dites, c’est votre interprétation, un peu outrée, à propos de Hulot... je n’ai pas vu Le syndrome du Titanic de cette façon, pas du tout. Ce film va dans le bon sens : il dresse pas mal de constats lui aussi, et en plus c’est un beau film ! quand il répète que le changement ne pourra pas se faire sur le dos de la misère, on ne peut quand même pas l’accabler...
          Mon vieux père me disait, y a pas longtemps : quand la maison brûle on ne compte pas le nombre de pompiers ! On n’a plus le temps de se perdre dans des controverses oiseuses : lui, il le dit mieux que machin, que c’est pas bien de se gaver, et pas elle, ou vice versa, etc. Vain vous dis-je ! pour le reste, ok avec vous...

          • Nepigo
            Nepigo répond à pedrolitas
            robot-singe - blog.nepigo.net
            • Posté à 17h50 le 09/04/2010
            • Internaute 16957
              robot-singe - blog.nepigo.net

            D’accord avec votre père :) Mais je répondais à Nestor38 qui mettait le film de Coline Serreau et celui de Hulot dans le même panier alors qu’ils ont des approches que je trouve plutôt antinomiques, l’un tout dans le constat à grand spectacle qui écrase, l’autre dans quelque chose de plus intime et mobilisateur. Mais je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain.

      • Dé.Dé
        Dé.Dé répond à Ianeak
        rue89iste
        • Posté à 00h17 le 08/04/2010
        • Internaute 108006
          rue89iste

        Ok super, et tu propose quoi toi ?

        Et « prolo » çà veut dire quoi ? le droit de dénigrer tout ce qui viens pas des « prolos » ? forcément...

        Essaie donc de trouver ta réponse « prolo » aux questions de la crise environnementale, çà fera avancer tout le monde. Et t’as même le droit de partager tes solutions avec les « bourgeois », les « fachos », les « bobos »... voir ce qu’ils en pensent.

        Comme çà se sera plus constructif que jeter en bloc tout ce qui peut être proposé..

      • Tokani
        Tokani répond à Ianeak
        Oldmole
        • Posté à 01h36 le 08/04/2010
        • Internaute 71184
          Oldmole

        Il est inutile de nous préciser que tu assumes un regard non « affuté » sur le sujet vu le niveau d’analyse nous avions compris....
        Quelle intériorisation d’un complexe de classe, comme si un Fils de Prolo ne pouvait accéder par nature à la raison discursive ! ! !

         
        • pahpah
          pahpah répond à Tokani
          spécialisé en pas grand chose
          • Posté à 08h34 le 08/04/2010
          • Internaute 41927
            spécialisé en pas grand chose

          Je pense que ce que veut dire Dé.Dé. c’est qu’il regrette la « ghettoïsation » de la pensée. « prolo » contre « bobo », classe simplistes d’autant que prolétaire on prend quelle définition ? Celle du XIXè siècle ? Et celle de « bobo » on reprend la définition d’usage de libé ?
          Et puis dans l’expression « prolo fils de prolo » je lis comme une fierté d’être issu d’une classe. Alors que je ne vois pas son intérêt. On en reviendrait presque « aux imbéciles heureux qui sont nés quelque part... »
          Il ne s’agit pas de réfuter la réflexion à quelqu’un qui se dit issu d’une classe, comme si la pensée dépendait de la naissance.
          Je lis juste une réflexion basée sur des clichés « prolo », « soixante-huitard » (tiens une expression qu’on pourrait lire dans des commentaires du Figaro). Mettre des gens dans des cases, c’est ne pas permettre aux gens de sortir d’une catégorie dans laquelle on veut les mettre. Et empêcher justement le dialogue entre eux.

        1 autres commentaires
      • Boutauvent
        Boutauvent répond à Ianeak
        Testeur de temps libre
        • Posté à 09h38 le 08/04/2010
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        @laneak doit faire partie de ces révoltés qui pensent que les théoriciens de la cause prolétarienne sont tous issus du monde ouvrier, que c’est au sortir de l’usine où ils seraient des boulons qu’ils trouvaient le temps d’écrire et d’organiser des réunions militantes.
        De ce fait, quand on lui propose un documentaire sur la façon dont le grand capital a ruiné le monde paysan pour favoriser le productivisme pollueur et organiser l’exode rural afin de disposer de main d’œuvre bon marché pour faire tourner ses usines, il nous dit « je n’irai pas voir le film, la madame n’est pas ma copine » ! ? !

      • vert bambou
        vert bambou répond à Ianeak
        hors-champ du monde du travail
        • Posté à 15h01 le 08/04/2010
        • Internaute 111443
          hors-champ du monde du travail

        ne jamais se faire une opinion d’après les autres .. on est toujours mieux servi par soi-même ; cela étant dit, on découvre dans ce docu des humains qui ,au lieu de faire des constats d’échec et de brocarder les 68 tards, trouvent à leur petite échelle, des solutions pratiques pour que la terre nourricière ne se déssèche pas trop (voir solution locale au maroc), il y en a qui pourraient en prendre de la graine .. ce film ne nous fournit pas des images planantes comme
        yann arthus-bertrand ou anxiogènes comme le dernier de N Hulot ;
        il débusque les belles petites initiatives locales, sur la planète , de celles que chacun peut faire dans son coin, et QUI CONTRIBUENT, je suis désolée pour les sceptiques genre Allègre, à l’effort permanent de l’humain sur cette pancha Mamma qui nous héberge et nous nourrit ; merci à Coline Serreau

  • Shevek
    Shevek
    petit jedi bondissant
    • Posté à 17h33 le 07/04/2010
    • Internaute 54224
      petit jedi bondissant

    Le fait que j’apprenne que Serreau a fait un film écolo par R89 et pas par TOUS les médias possibles et imaginables (cf home et autres Nicolas Bertrand) est déjà plutôt de bon augure...

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 17h52 le 07/04/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    j’aime bien la phrase de Pierre Rabhi à la fin de la video

    • Vincenzo_Sentenza-
      Vincenzo_Sentenza- répond à jyeden
      Fort de café
      • Posté à 00h39 le 08/04/2010
      • Internaute 104025
        Fort de café

      C’est un peu ce que disaient Axel Khan, les Verts, José Bové et même Le Pen il y a dix ans au sujet des OGM de Monsanto et Cie...
      Grosso modo : « Gare à vos futures assiettes : protégez votre patrimoine agraire et culinaire »

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 17h55 le 07/04/2010
    • Internaute 21378
      Précaire

    ben oui, la terre et ses habitants sont malades...ce n’est pas gai mais réaliste.
    une solution du film de cette grande dame est de changer l’agriculture qui lutte contre (celle qui a transformé le croissant fertile en désert)
    en agriculture avec coopération, synergie. (une terre qui s’enrichit à être travaillé)
    Le changement de paradigme du siècle naissant ?

    Merci à Coline Serreau pour sa pierre.

    • Tokani
      Tokani répond à karlM
      Oldmole
      • Posté à 01h43 le 08/04/2010
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Non la terre n’es pas malade , mais notre espèce devenue la seule super prédatrice se retourne contre elle même et son milieu dans un cannibalisme narcissique qui entraînera sa fin .
      Personne ne la pleurera et une autre niche écologique se développera !
      Et tout est bien ainsi...

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 18h00 le 07/04/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet

    La belle verte, film culte ! La crise a aussi son lot de scènes cultes aussi.

    • zaichonok
      zaichonok répond à Tassin
      bobo bio
      • Posté à 18h00 le 07/04/2010
      • Internaute 61156
        bobo bio

      ah ! merci de me remémorer ce très bon film (la belle verte).. assez culte en effet, il faut que je revoie ça : o)

    • nestor38
      nestor38 répond à Tassin
      inséré ?
      • Posté à 18h48 le 07/04/2010
      • Internaute 60788
        inséré ?

      « La belle verte “ film culte ? Ainsi que ‘La crise’ ?

      Et dire que j’ai vu sur d’autres articles de Rue 89, les commentaires crachaient sur Godard, sur Rohmer, argh !
      Par contre quand on attaque Serreau ou Verneuil (sur un autre fil) on se fait nazer ou insulter...

      Bref, en gros pour être aimer sur Rue 89, il faut faire du bon cinéma de gauche bien social démocrate, avec un soupçon d’écologie, avec du bon sentiment, mal filmé, mal joué mais peu importe, s’intéresser à la forme ça doit être bourgeois. Il n’y a pas de cinéphiles ici ?
      Un cinéma que les lecteurs de Télérama peuvent aller voir pour être sûrs qu’on ne remette pas en cause leur certitude d’être du bon côté, qui n’interroge en rien, mais ne fait que confirmer.

      Il me semble qu’un cinéma de gauche doit s’intéresser à la forme (la morale est autant dans la forme cinématographique, dans la place de l’auteur face à son sujet et au spectateur que dans le discours), un cinéma de gauche doit interroger le réel et ne pas étaler des certitudes, un cinéma de gauche doit rendre libre le spectateur et non l’enfermer, un cinéma de gauche ne doit pas puer la naphtaline mais doit donner envie de vivre, d’aimer, de bouger, un cinéma de gauche ne ressemble pas à celui de Coline Serreau...

      • zaichonok
        zaichonok répond à nestor38
        bobo bio
        • Posté à 18h58 le 07/04/2010
        • Internaute 61156
          bobo bio

        mouais,
        je trouve pas ça très malin de naser quelqu’un qui partage son goût pour un film déjà..qu’on aime le film ou pas ! les goûts et les couleurs...

        après à titre personnel je le classe aussi en « culte » tout simplement parce qu’il est détendant ce film (à mon goût..) ! J’ai passé un bon moment, j’ai trouvé ça léger, et je me suis bien marré sur plusieurs scènes.... tout simplement...

        le concept même de cinéma de gauche ou de droite m’effraie au plus haut point, je vais au ciné pour me... divertir ! et ça m’empêche pas d’être un peu cinéphile aussi et d’apprécier très différemment des films plus riches de temps en temps...

        vous vous prenez pas un peu trop la tête ? :)

      • Hibou_Myope
        Hibou_Myope répond à nestor38
        Criticologue
        • Posté à 19h08 le 07/04/2010
        • Internaute 84627
          Criticologue

        Comment peut on faire un cinéma « de gauche » et ne pas étaler de certitudes ?
        Comment vouloir un cinéma « qui interroge le réel » et en même temps vouloir qu’il soit de gauche ou de droite, pour lecteurs-de-télérama ou pour vrais-cinéphiles-vachement-intelligents-et-si-fiers-de-montrer-leurs-goûts-super-chics-qui-les-distinguent-du-populo ?

        Et surtout, surtout, comment peut on à la fois aimer le cinéma et Eric Rohmer ; -P ?

         
        • nestor38
          nestor38 répond à Hibou_Myope
          inséré ?
          • Posté à 19h25 le 07/04/2010
          • Internaute 60788
            inséré ?

          « Comment vouloir un cinéma “qui interroge le réel” et en même temps vouloir qu’il soit de gauche ou de droite, pour lecteurs-de-télérama ou pour vrais-cinéphiles-vachement-intelligents-et-si-fiers-de-montrer-leurs-goûts-super-chics-qui-les-distinguent-du-populo ? »

          Je respecte trop le populo comme tu dis (et je m’en tape de m’en distinguer) pour considérer qu’il doit voir de la merde, et je pense que le populo préférera (et encore statistiquement disons) peut-être Piege de cristal, la trilogie Jason Bourne, les spiderman, (ce sur quoi il a raison parce que ce sont de bons films) aux films de Coline Serreau dont le public cible me semble plutôt la classe moyenne intellectuelle.
          Je ne défends pas un cinéma intellectuel, il y a du bon cinéma intello et du mauvais cinéma intello, du bon cinéma d’action et du mauvais cinéma d’action, de bonnes et de mauvaises comédies, etc. et je sais que tout cela est subjectif, et ma subjectivité m’autorise à dire que certains films sont merdiques.

          Plutôt que cinéma de gauche (je sens que cela est mal compris) Je défends un cinéma honnête, juste, morale, et j’entends par là un cinéma où le cinéaste ne croit pas avoir raison contre le spectateur, un cinéma où il y a de la place pour l’imaginaire du spectateur, un cinéma qui ne manipule pas le spectateur mais entretient un dialogue avec lui, bref un cinéma d’artiste plutôt qu’un cinéma de profs (même si je n’ai rien contre les profs)

          Alors oui, Rohmer qui était de droite et faisait un cinéma moral (c’est-à-dire qui ne cherche pas à tricher quand il pose sa caméra à tel ou tel endroit) plutôt qu’une cinéaste de gauche qui te prend de haut et t’explique la vie et surtout filme avec ses pieds.

          L’art doit agrandir la vision et ne doit pas la restreindre.

          • Hibou_Myope
            Hibou_Myope répond à nestor38
            Criticologue
            • Posté à 19h37 le 07/04/2010
            • Internaute 84627
              Criticologue

            Alors, cette fois ci, nous sommes plutot d’accord.

            Plutôt, parce que je n’ai toujours pas compris comment on pouvait aimer Rohmer (même si je le trouve parfois assez drôle dans son maniérisme suranné, caricatural dans ses façons de filmer) et aussi parce que Spider Man, c’est (comme Rohmer finalement) drôle parce que ridicule à force de clichés (quoique j’ai apprécié le premier quart d’heure du premier, le moment où le héros découvre maladroitement ses pouvoirs. Ensuite, c’est un film de super héros conforme en tous points à n’importe quel autre).

            Mais, je le redis, sur l’essentiel, nous nous rejoignons.

            • nestor38
              nestor38 répond à Hibou_Myope
              inséré ?
              • Posté à 20h16 le 07/04/2010
              • Internaute 60788
                inséré ?

              Je vois bien ton ironie... Et si je reconnais que les spiderman ne sont pas parfaits (les méchants sont ratés globalement, le troisième est mal foutu et indigeste), il y a une fraicheur qu’on trouve dans peu de cinéma de super héros (à part les premiers batman, et iron man était pas mal), fraicheur qui vient des deux personnages principaux, leur amour est touchant et crédible, les acteurs sont formidables (Tobey Maguire et Kirsten Dunst en particulier), le sous-texte sexuel est intelligent, et Sam Raimi a un bon sens du rythme. Et effectivement tout cela s’applique bien à Rohmer (fraicheur, direction d’acteur, sens du rythme), sans ironie aucune.

          • A déménagé le 1-6
            • Posté à 23h04 le 07/04/2010
            • Internaute 61755

            « L’art doit agrandir la vision et ne doit pas la restreindre. »
            pas d’injonction s’il te plait !
            pour le reste...hi han...

        4 autres commentaires
      • républic1
        républic1 répond à nestor38
        Fièrement laïque
        • Posté à 20h00 le 07/04/2010
        • Internaute 100854
          Fièrement laïque

        Combien de fois me suis-je fait chier avec des films de godard ou rohmer ?
        Très souvent.Pas toujours mais presque.
        A force d’interroger la forme et le réel on fait un truc puant où tout le monde se fait chier, pue la naphtaline mais que la bonne intelligentsia de gauche applaudit.
        Cela me rappelle une pièce de théâtre sur un texte de Pasolini mis en scène par l’inénarrable Nordey. Tout le monde s’était fait chier mais tout le monde avait applaudi. j’avais interrogé le public après pour savoir ce qu’il avait compris. Les seules réponses furent des bouches ouvertes, des regards suppliants vers leur voisin pour qu’il réponde à leur place.
        Fais-tu donc partie de ceux, qui etriqués dans leurs habits de suffisance veulent bouffer de « l’art, du vrai, de l’exigeant » ! Ceux donc qui ne sont satisfaits que s’ils n’ont rien compris. Moins ils comprennent plus ils sont contents. Car moins ils comprennent, plus ils pensent faire partie de ce petit sérail, ces bienheureux artistes, intellectuels toujours si en avance sur leur temps que les gens ordinaires ne peuvent comprendre... Ceux là ces petits bourgeois gentilhommes, qu’ils en oublient même qu’ils n’ont rien compris. Quand tu veux le leur rappeler ils te regardent avec une compassion jubilatoire et se disent silencieusement les uns les autres : il n’est pas capable de comprendre... Il est vrai que Godard, Rohmer ou Nordey sont tellement en avance sur leur temps que l’humain moyen ne comprendra vraiment l’artiste que dans un siècle au moins... voir plus, l’artiste travaille pour la postérité et plus la postérité est éloigné et plus grand est le génie et plus grand est le génie et plus ces petits bourgeois gentilhommes dont tu fais peut-être partie sont admirables dans leur géniale mais néanmoins modeste tentative de les soutenir..
        Je me marre.
        Je n’ai pas vu la crise mais j’ai vu dernièrement « la belle verte » avec mes enfants. On s’est bien marrés. j’avais vu aussi de Coline Serreau Quisaitout et Grobêta il y a longtemps et j’avais trouvé que cette pièce était du théâtre populaire intelligent et naïf comme on en voit trop rarement.

         
        • nestor38
          nestor38 répond à républic1
          inséré ?
          • Posté à 20h29 le 07/04/2010
          • Internaute 60788
            inséré ?

          Personnellement, je m’en fous de faire partie de telle ou telle caste, je ne suis pas un bourgeois (en tout cas économiquement), et un film et un cinéaste m’intéresse en tant que tels. Après oui, pourquoi le cinéma ne devrait pas être parfois exigeant ? Pourquoi il ne devrait jamais demander d’effort ? Je ne méprise pas l’intelligence, et ça ne fait pas de moi un bourgeois, parce que le but est que tout le monde ait le choix quelque soit son milieu social, je suis absolument contre l’élitisme, ou alors pour un élitisme pour tous.
          Rien de pire justement que ceux qui ont un niveau scolaire élevé et qui pour faire peuple vont cracher sur le cinéma intello et les intellos. C’est là que commence le mépris de classe pour moi et pour rester au niveau théâtre je me souviens d’un entretien de Armand Gatti qui travaillait avec des personnes en difficulté et qui aurait trouvé méprisant de leur faire travailler des textes simples, au contraire il choisissait des textes difficiles parce qu’il les considérait autant capable qu’un comédien d’un milieu social plus favorisé.

          Je me suis fait chier devant certain Godard et d’autres m’ont fait avancer, je ne dis pas que je comprends tout et peu importe parce que justement c’est un cinéaste, et que certains plans qu’il filme me font vibrer, c’est un cinéaste très sensuel pour moi et son rapport à l’intelligence est sensuel.
          Mais ce n’est pas parce que Godard ou Rohmer m’intéressent que je méprise le cinéma de genre, les comédies romantiques, les comédies américaines comme Supergrave, etc. du moment que j’y trouve du cinéma, de la vie, etc.

          • républic1
            républic1 répond à nestor38
            Fièrement laïque
            • Posté à 21h26 le 07/04/2010
            • Internaute 100854
              Fièrement laïque

            Si tu savais combien de fois j’ai entendu les propos de ton deuxième paragraphe.
            je viens d’une famille populaire et pauvre. Je suis en dessous du seuil de pauvreté, je peux et tu peux dire que je fais partie du « petit peuple » ; Je dis petit car « peuple » pour moi c’est tout le monde du plus puissant au plus faible.
            je vais donc te donner un témoignage qui va t’éclairer j’espère sur la volonté compatissante des Armand Gatti (que je ne voudrai pas cependant stigmatiser).
            Je me rappelle d’un stage, il y a presque 20 ans, qui avait fait grand bruit à Rennes. Couverture médiatique à gogo. Le tnb faisait faire un stage à des jeunes en difficulté. Texte et travail exigeant. je t’avouerais que je grognais un peu, nous étions plusieurs à suer et à quémander des stages au tnb pour que nous puissions, nous jeunes qui avions fait le choix de faire ce beau métier d’artistes d’être aidés et nous n’avions eu droit qu’au mépris. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le stage fini ces jeunes qu’on avait encensés se sont montés en compagnie et ont monté un spectacle. Mais si on les avait mis sur le devant de la scène ce n’était pas pour eux c’était pour la belle image du tnb, ils se sont faits laminés. c’est avec un zeste d’amertume que cette compagnie dont je connais certains protagonistes s’est achevé. C’est là réellement que commence le mépris de classe où des artistes de milieu social plus favorisé écartent ceux qui pourraient leur faire de l’ombre et se servent de la difficulté sociale d’autres comme tremplin pour leur propre édification.
            Je ne méprise pas l’intelligence et c’est parce que je ne la méprise pas que je vomis sur ta vision de « cinéma intelligent ». Il est intéressant d’ailleurs quels sont les bons films populaires que tu as cités. » Piege de cristal, la trilogie Jason Bourne, les spiderman, »
            ce n’est pas des mauvais films mais ce n’est pas des films où tu as besoin de réfléchir, tu as juste à suivre l’action et à prendre ta dose d’adrénaline correspondante (ce que je ne renie pas d’ailleurs).
            Entre ces films là et les godard et rohmer, je revendique le droit à un cinéma (et pour le théâtre c’est encore plus vrai !) populaire, simple et intelligent loin des ratiocinations soi-disants intellectuelles de godard et rohmer et de l’addiction à l’adrénaline des films d’actions .

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