06/04/2010 à 00h40

Polémique sur Les Infiltrés, devenus auxiliaires de police

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Une enquête sur la pédophilie passe ce lundi soir sur France 2. Le journaliste a dénoncé 23 personnes qui ont été arrêtées.

La « charte des devoirs professionnels des journalistes français » stipule qu’un journaliste « ne confond pas son rôle avec celui du policier ». Après avoir enquêté sur des pédophiles, le journaliste de l’émission controversée Les Infiltrés, diffusée ce soir sur France 2, devait-il les dénoncer à la police ?

Cité par Télé 2 Semaines, Laurent Richard, rédacteur en chef de l’émission et auteur du reportage « Pédophilie : les prédateurs », estime avoir « fait ce que tout citoyen doit faire » :

« Quand on est destinataire d’informations qui peuvent empêcher des tentatives de corruption sur des mineurs ou des viols d’enfants, c’est normal qu’on signale les cas à la police. [...]

On n’est pas dans une fiction, j’ai vu les images, j’ai vu ce qu’ils faisaient. [...]

J’aurais été plus mal à l’aise de ne rien faire. Ce sont des faits d’une gravité absolue, il n’y a pas à tergiverser. »

Joint par téléphone, Laurent Richard a refusé de s’exprimer avant que j’aie vu son reportage. Même réponse de la chargée de communication de Capa Presse, l’une des principales agences de presse télé en France, qui produit Les Infiltrés pour France 2 :

« Ça change tout de voir le document. »

« Soulagé que je ne sois pas policier, Julien accepte l’interview »

J’ai vu le document. Il est extrêmement choquant, comme tous les reportages sur la pédophilie. Derrière son ordinateur, Laurent Richard se fait passer pour Jessica, 12 ans, et donne rendez-vous à des adultes qui traquent leurs proies sur des forums pour adolescents.

Une fois au rendez-vous, le journaliste repère des hommes seuls et va parler avec eux, en les filmant en caméra cachée. « Vous avez rendez-vous avec Jessica ? », leur demande-t-il.

A propos de l’un d’eux, un homme de 35 ans, père de deux enfants, Laurent Richard a ce commentaire surprenant quand on voit les suites qu’il a choisi de donner à son reportage :

« Sans doute soulagé que je ne sois pas policier, Julien accepte le principe d’une interview. »

L’homme lui avoue ensuite avoir effectué des attouchements sur sa propre fille en lui donnant le bain.

Le reportage des Infiltrés nous emmène aussi au Québec ou dans des lieux de France non identifiés. Avec, à chaque fois, la même impression : que ces hommes agissent avec un sentiment d’impunité ou une profonde culpabilité, rien ne semble pouvoir les arrêter.

L’équivalent de la violation du secret professionnel ?

Pour Me William Bourdon, avocat de l’agence Capa Presse, le code pénal fait « obligation stricte d’informer les autorités administratives de l’imminence d’une agression contre un mineur », qu’il s’agisse « d’un crime ou d’un délit ». Il ajoute que c’est l’une des trois seules obligations présentes dans ce code, avec celles de témoigner et de dénoncer un crime :

« La charte des journalistes de 1918 ne dit pas qu’un journaliste doit violer la loi. »

Hervé Chabalier, patron de l’agence Capa, est allé plus loin, vendredi sur France Info :

« [La pédophilie] est le seul cas où la protection des sources [des journalistes] ne fonctionne pas. »

La décision de Capa suscite un tollé. Avocat d’autres agences de presse, Me Richard Malka conteste l’interprétation que « les infiltrés » font de la loi :

« Je comprends qu’ils soient mal à l’aise, mais cette obligation n’existe pas. »

Quand Capa invoque les articles 434-1 et 434-3 du code pénal, qui obligent quiconque à dénoncer des mauvais traitements sur mineurs et à empêcher un crime à venir, Me Malka rétorque que ces articles citent l’article 226-13 du même code, qui punit la violation du secret professionnel par une personne qui en est dépositaire :

« Les journalistes sont couverts par le secret des sources, qui est une disposition équivalente au secret professionnel.

L’article 4 de la nouvelle loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes rappelle “la faculté, pour tout journaliste entendu comme témoin sur des informations recueillies dans l’exercice de son activité, de ne pas en révéler l’origine”.

Les textes que cite Capa n’ont jamais été appliqués, ils suffit de voir la jurisprudence de la Cour de cassation. »

Journaliste ou policier, il faut choisir

Au-delà de cette querelle juridique, le précédent des Infiltrés suscite beaucoup d’inquiétudes dans la profession. La secrétaire générale du SNJ, premier syndicat de journalistes en France, Dominique Pradalié, est aussi journaliste à France 2 :

« Il est très grave qu’un journaliste fasse ça dans l’exercice de sa profession. Journaliste ou policier, les deux professions sont respectables, mais il faut choisir. A cause de cela, les journalistes vont tout le temps être suspectés. »

Avocat d’une autre grande agence de presse, Tony Comiti Productions, Me Malka raconte qu’après la diffusion d’un reportage sur la prostitution infantile il y a quelques semaines dans Envoyé Spécial, la police a voulu saisir les rushes :

« Comiti a refusé, en invoquant le secret des sources. Maintenant les policiers vont nous dire “mais chez Capa, ils les donnent !” »

Et si Capa n’avait pas signalé les pédophiles ?

Patrons de Ligne de Mire Productions, une agence plus petite, Nicolas Jaillard et Valérie Montmartin se posent la question dans un communiqué transmis à la profession :

« En quoi des pédophiles seraient plus “dénonçables” qu’un braqueur violent, sinon au nom d’une morale déplacée ou de circonstance, et justifieraient que des journalistes rompent le contrat de confiance qui les relie à la société ? »

Me William Bourdon, lui, reste persuadé d’une chose :

« Si Capa n’avait pas agi comme ça, et si la preuve avait été apportée que des personnes figurant dans ce reportage avaient commis des agressions contre des mineurs, je pense que Capa aurait été clouée au pilori. »

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  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 01h35 le 06/04/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    « Les journalistes policiers marchands de calomnies
    Ont vomi sur notre charnier leur flot d’ignominies
    Les Maxime Du Camp, les Dumas ont vomi leur opprobre... »
    Vieille chanson de la Commune.
    Ben oui je ne suis pas pédophile - enfin j’aime bien les enfants et ça m’arrive de leur tapoter la joue. C’est louche, non ? - mais je me méfie des journalistes prêts à tout pour « le bon scoop qui va plaire aux lecteurs » et qui rendra service, mine de rien, aux forces de l’ordre...
    Si un pédophile s’en était pris à mes enfants, pas de problème : je lui arrache les c... et les yeux. Et je ne l’achève même pas. Tranquille. Pour le journaliste, je lui laisse le choix d’un des deux arrachages. It’s fair isn’t ?

    • thierry reboud
      • Posté à 08h39 le 06/04/2010
      • Internaute 20923

      Pardonnez-moi, mais je trouve votre commentaire problématique.

      Passe encore que vous vous livriez à une sorte de défense de la justice expéditive, c’est une position cohérente avec l’anarcho-poujadisme dont vous êtes le chantre.

      Si je vous suis bien, en arrachant les couilles et les yeux d’un pédophile, vous admettrez que vous vous seriez affranchi des règles de la vie en société. Dans le cadre de l’hypothèse que vous évoquez et dans le feu de cette hypothétique action, vous auriez eu des raisons qu’on aurait pu comprendre. Mais tout de même, vous vous seriez affranchi des règles sociales.

      Ce que je ne comprends pas, c’est ça : pourquoi ne pouvez-vous pas comprendre que le journaliste ait estimé devoir s’affranchir des règles de sa profession ?

      C’est ou l’un et l’autre, ou ni l’un ni l’autre.

      • Enki
        Enki répond à thierry reboud
        alchimiste
        • Posté à 09h25 le 06/04/2010
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Quand on prône le « deux poids, deux mesures », on oublie souvent qu’on ne choisit pas longtemps son plateau dans la balance...

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Enki
          • Posté à 12h26 le 06/04/2010
          • Internaute 20923

          Oui : c’est très exactement ce que je trouve problématique dans le commentaire de Nemo.

          • Enki
            Enki répond à thierry reboud
            alchimiste
            • Posté à 13h47 le 06/04/2010
            • Internaute 9562
              alchimiste

            Tout à fait Thierry... D’après les votes, ce fondement de l’état de droit est encore utile, mais sa pertinence n’est pas évidente... ouille !

        2 autres commentaires
  • copenhague
    • Posté à 01h36 le 06/04/2010
    • Internaute 9086

    Le sujet est très (trop) délicat ; quoi qu’ils fassent, les journalistes étaient « piégés » : dénoncer, voilà le tollé ; ne pas dénoncer, un tollé plus grand encore peut-être.
    Au final, ce documentaire a le mérite d’exister, on ne peut pas trancher si oui ou non il fallait dénoncer. Il est difficile face à un sujet aussi grave de n’être QUE journaliste. Les journalistes qui ont dénoncé ces pédophiles ont aussi agi en êtres humains.
    Qui peut vraiment le leur reprocher ?

    • Enki
      Enki répond à copenhague
      alchimiste
      • Posté à 03h12 le 06/04/2010
      • Internaute 9562
        alchimiste

      Non, les journalistes n’étaient pas « piégés », ils se sont mis eux même, et sciemment, en position d’être « piégés ». Ils n’avaient pas à aller là où ils savaient qu’ils se mettaient dans l’impossibilité de respecter les règles de leur métier. Si un journaliste se retrouve par hasard en situation de devoir choisir entre la protection des sources d’un reportage, et le devoir de dénonciation d’un crime, la solution est évidente : Il doit renoncer à son reportage.

      Et ne nous laissons pas piéger. Traiter de la pédocriminalité nous prend aux tripes et nous empèche de réfléchir, alors que le sujet est beaucoup plus simple qu’il en a l’air.

      Prochain sujet pour les infiltrés : Infiltrer un groupe de combattants en Afghanistan et se retrouver en situation soit de devoir tirer sur un soldat français, soit de se faire descendre par lui ou le mec derrière.

      C’est peut-être plus simple, alors, de penser que ce documentaire aurait plus de mérite à ne pas exister.

      • ysengrimus
        ysengrimus répond à Enki
        • Posté à 03h47 le 06/04/2010
        • Internaute 12674

        Ces histoires d’agressions sexuelles d’enfants, qu’est-ce que ça me fatique. Mais ces questions de sévices sexuels, il faut en parler, les combattre ouvertement. J’ai exprimé ma colère et ma douleur ainsi

        Lien

        Je suis absolument incapable autrement.
        Paul Laurendeau

         
        • Enki
          Enki répond à ysengrimus
          alchimiste
          • Posté à 12h37 le 06/04/2010
          • Internaute 9562
            alchimiste

          Sur ce coup là, je trouve le nazage de votre commentaire assez injuste.

          Peut-être auriez vous du expliquer que vous aviez écrit un roman sur le sujet « adultophobie », ce que je ne crois pas forcément moins utile qu’un reportage malhonnête. Vendre une création est plus honnête que de vendre des informations qui appartiennent à la justice.

          J’ai servi comme objecteur de conscience dans un foyer d’accueil d’urgence de la DDASS, en une soirée, suite aux révélation d’une gamine mise en confiance, j’ai recueilli moitié autant de noms de pédocriminels que le documentaire en question.

          Ce fût un moment difficile pour moi, j’ai du assumer deux devoirs : Déculpabiliser, rassurer et donner des repères à l’enfant, et dénoncer cette douzaine de personnes à la justice.

          La différence avec les « infiltrés », est que je n’ai pas gagné d’argent en vendant des informations qui n’appartiennent qu’à l’institution judiciaire, laquelle a autorité sur leur publication, dans l’intéret de la justice et des victimes. Pour les enfants de ces pédocriminels aussi, il est différent d’être accompagnés pour voir leurs parents trainés en justice ou qu’on les voie à la télé.

          Un documentaire sur France2 serait plus utile contre la pédocriminalité en allant interviewer des éducateurs spécialisés et les services de la protection de l’enfance, pour s’enquérir des moyens qu’on leur donne de moins en moins pour travailler.

          • ysengrimus
            ysengrimus répond à Enki
            • Posté à 15h21 le 06/04/2010
            • Internaute 12674

            Ouf, touchant témoignage.
            P.L.

            • Enki
              Enki répond à ysengrimus
              alchimiste
              • Posté à 15h51 le 06/04/2010
              • Internaute 9562
                alchimiste

              Je ne dirai rien de plus sur l’histoire de cette (chouette) gamine, mais ça s’est passé alors que j’avais organisé une semaine en camping pour les enfants/ados du foyer, nous étions quatre adultes, j’étais le moins formé.
              Feu de camp, pas de TV, ciel clair, je faisais une petite initiation à l’astronomie avec une torche pointeuse (sans jeu de mot), le temps d’échelonner le coucher tranquillement.
              On était remonté jusqu’au Big bang et elle était restée la dernière. Sont venues des questions sur le sens de l’univers, dieu, et le pourquoi des choses, c’est parti comme ça :
              « Je me demande pourquoi il m’est arrivé toutes ces choses à moi »
              ... J’ai fait mon job pour qu’on puisse le reprendre avec la psy, tout ça, plus tard.
              Quand je l’ai faite aller se coucher, j’ai fondu en larmes, j’avais 22-23 ans, les collègues m’ont aidé à tout noter tout de suite, sous la tente, et on a sorti la bouteille de vodka de notre trousse à pharmacie.

              Les éducateurs spécialisés gèrent ce genre de trucs tous les jours, sans vodka. Moins sexy pour France 2 que de jouer les espions.

              Les éducs sont dans la rue, qu’on leur demande pourquoi.

          • romi45
            romi45 répond à Enki
            découvre l'information
            • Posté à 16h24 le 06/04/2010
            • Internaute 20205
              découvre l'information

            la deuxieme difference c’est que vous n’etiez (etes) pas journaliste, et donc , si j’ai bien compris votre role a l’epoque, deviez donner les noms a la justice. de plus vous n’avez pas « piegé » des pedophiles pour leurs faire avouer des crimes.

            Cdlt

          • Monsieur patate
            Monsieur patate répond à Enki
            Juriste en formation
            • Posté à 18h45 le 06/04/2010
            • Expert 63389
              Juriste en formation

            Votre histoire au camping était très intéressante, c’est vrai que ca doit être très dur d’entendre ce genre de choses.

            Néanmoins pour votre idée « les journalistes se sont piégés en faisant ce sujet et il faudrait faire un documentaire à la place », je suis pas forcément d’accord.
            Trop de parents (laxistes) laissent leurs enfants totalement libres sur le net et je pense pas qu’on aurait pu les sensibiliser avec un documentaire, qui éthymologiquement équivaut à barbant pour certaines personnes.
            Peut être qu’un buzz bien gras, bien cliché, qui réveille les instincts primaires de vengence aura plus d’effet. Il n’y a qu’à voir les articles et le débat passionné autour de cette question qui touche à la corde sensible.

            • Enki
              Enki répond à Monsieur patate
              alchimiste
              • Posté à 19h26 le 06/04/2010
              • Internaute 9562
                alchimiste

              Merci, oui ce fut dur, c’est pour cela que c’est un métier. Les éducateurs spécialisés sont très bien formés en France, et font un boulot formidable. Cela vaut le coup d’être signalé parce que ce n’est pas équivalent dans tous les pays, que c’est une chance que le notre s’est donné, et que le secteur éducatif, comme celui de la culture ou de la santé n’est pas soutenu par l’actuelle gouvernance.

              Laquelle semble compter plus sur le pouvoir du buzz que sur la longue et laborieuse structuration de la société. Hélas, je n’y crois pas trop.

              L’époque dont je parle suit de près l’affaire Dutroux. France 2 fera difficilement un buzz plus énorme que celui là. Quels furent les effets de cette affaire à l’époque ? Ce fut une multiplication des parents en cours de divorce s’accusant mutuellement de pédophilie, j’ai même vu un prof enlever de son propre chef une gamine « mythomane » à ses parents, rien qui soit au bénéfice de la justice. La conséquence la plus concète de l’affaire Dutroux en France, ce fut celle d’Outreau ! Et quel buzz aussi que celle là ! La commission d’enquête parlementaire fit un remarquable travail, et fut très suivie par la population. Quelles conséquences sur la réforme de la justice ? Nada.

              Des buzz bien gras qui éveillent les instinct primaires, il y en a un énorme en cours de coction et réeditera la recette de 2005, et de Lien, vous pourrez juger des bénéfices pour notre société.

              Je ne crois pas que l’on éduque la population avec des buzz, c’est la même chose que de vouloir éduquer les enfants avec des claques.

              • Monsieur patate
                Monsieur patate répond à Enki
                Juriste en formation
                • Posté à 15h09 le 07/04/2010
                • Expert 63389
                  Juriste en formation

                Je suis d’accord avec votre analyse, c’est vrai que lors des divorces qui se passent mal, les mères comme coup bas balancent parfois des accusations d’attouchement pour discréditer le père. Ca mange pas, c’est impossible à prouver et même si ca ne peut pas être pris en compte officiellement (pas de preuves), s’il y a dans le dossier quelques autres éléments à la décharge du père, ca peut aider le juge à se faire une conviction.

                Après sensibiliser les gens de manière loyale et objective est quelque chose de très délicat (sécurité routière, sida, tabac, informations avant de souscrire un contrat...).

                N’empêche que sur le fond je ne peux pas critiquer le fait d’avoir balancé les personnes suspectées de pédophilie, les crimes corporels sont trop graves pour se plier devant la protection des sources.

                Le véritable problème est le sujet.
                Dire qu’il ne faut pas en traiter je suis pas d’accord. Mais le traiter de cette manière, et par cette émission, avec une telle publicité autour, la la question se pose.

          • dsr_Evil
            dsr_Evil répond à Enki
            Jedi
            • Posté à 19h58 le 06/04/2010
            • Internaute 108731
              Jedi

            bien que comprenant, concernant la pedophilie, le fait de denoncer ses sources de la part d’un journaliste apres avoir fait son article, je ne peux l’admettre. dans le sens ou bientot, de part cette derive, ils faudra denoncer aussi les autres instigateur de revelation faites de maniere illegales, comme par exemple la diffusion d’un document interne a la sphere policiere montrant que effectivement, il y a des quotas quand aux arrestations/PV.

            ou alors il faudra finir par denoncer aussi ceux qui sortent des terriers les documents secret defense...

            au final, si ce n’est deja le cas tout au moins en partie, la presse n’aura plus que les informations officielles... adieu sa liberté, bonjour la propagande !

        8 autres commentaires
      • Tokani
        Tokani répond à Enki
        Oldmole
        • Posté à 05h20 le 06/04/2010
        • Internaute 71184
          Oldmole

        Imaginons un Prêtre Catholique recevant la confession d’un pédophile ( lui même clerc ou père de famille marié comme la majorité )
        Où serait son devoir sacerdotal ,moral ,social et professionnel ? ? ?
        La pédophilie revendiquée ou défendu par l’Idéologie soixant-huitarde est devenue le crime absolue quel changement de paradigme (Et c’est bien)...
        Si les journalistes évitent les sujets « piégeux » il ne va guère le rester de marge ...Ne pas faire le reportage est plus simple à penser comme tu le dis certes mais relève d’une auto censure impensable non ?

         
        • Enki
          Enki répond à Tokani
          alchimiste
          • Posté à 12h07 le 06/04/2010
          • Internaute 9562
            alchimiste

          Je vais me permettre plusieurs précisions sous ton commentaire, pas forcément toutes liées à celui-ci, si tu permets, Tokani :

          1- La dénonciation d’un crime et la délation d’un délit ne sont pas la même chose. C’est différent de balancer un fumeur de joints ou un sans papier qui renseigne un sujet, ou dénoncer quelqu’un qui attente à la vie humaine.

          2- Ces deux choses deviennent immoralement identiques lorsqu’elles sont source de profit. Les infiltrés donnent à la justice et vendent à l’audience, il faut choisir. Leurs informations sont volées : les donner à la justice, ok, les vendre en plus à l’audience, c’est vendre quelque chose de volé et qui appartient à la justice.

          3- Le secret de la confession (invoqué plusieurs fois dans le fil), n’est pas le secret professionnel, c’est un secret contractuel qui ne concerne que ceux qui appartiennent à l’Eglise. Gare à l’enfumage clérical !
          Le secret professionnel est légiféré pour les professions publiques : Médecins, avocats, journalistes.
          - Pour donner une existence légale au secret de la confession, l’Eglise s’appuie sur un arrêt de la cour de cassation de 1891, antérieur à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
          - Depuis 1992, le code pénal prévoit que le secret professionnel ne couvre pas les sévices sur mineurs de moins de 15 ans.
          - Depuis 1998, le code pénal réprime la non assistance en danger y compris des personnes liées au secret professionnel.
          - « Secret professionnel » est un raccourci : on parle des personnes tenues au secret de par leur appartenance institutionnelle. L’Eglise est une association cultuelle, pas une institution.

          • Tokani
            Tokani répond à Enki
            Oldmole
            • Posté à 20h54 le 06/04/2010
            • Internaute 71184
              Oldmole

            Maururu = merci pour tes précisions juridiques Enki mais qu’en est il de ma question symbolique au plan moral ,social et professionnel ? ? ? Doit on féliciter le Cureton ou le Journaleux délateur ou bien les pendre avec leurs tripes ? ? ?
            Nana=Salut

          • jivé13
            jivé13 répond à Enki
            salarié comme plus de 90%des (...)
            • Posté à 16h23 le 07/04/2010
            • Internaute 52558
              salarié comme plus de 90%des (...)

            Merci Enki pour votre contribution et pour l’échange qui s’en est suivi. Du grand Rue 89.

        • Batman Gilou
          Batman Gilou répond à Tokani
          haut fonctionnaire, retraité, (...)
          • Posté à 00h31 le 07/04/2010
          • Internaute 72545
            haut fonctionnaire, retraité, (...)

          Son devoir est très simple, et pour une fois le code pénal et le droit canonique coïncident : 1. Il est tenu au secret (canonique) et il est exonéré de l’obligation de dénoncer inscrite à l’art. 344 du code pénal parce que sa profession est fondée sur le secret ; il ne peut être poursuivi pour non-dénonciation de crime. 2. Le droit canonique permet que le confesseur refuse l’absolution si le coupable risque de récidiver, n’a pas un remord sincère, ne répare pas les torts qu’il a commis, ne se dénonce pas lui-même à la justice, il reste donc en état de péché mortel et dans l’incapacité de recevoir tout sacrement.
          Ceci étant, la vérité oblige à dire que les déclarations des prélats dans les scandales qui sortent montrent que les confesseurs n’ont que très exceptionnellement exigé cette auto-dénonciation. Ce n’est devenu une règle systématique (enfin, on l’espère) de l’église catholique en France qu’il y a dix ans, lorsque le code pénal a été durci.

    • pablico
      pablico répond à copenhague
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h14 le 06/04/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      les meilleurs moyens de lutter, n’ont jamais été le choc frontal, mais l’infiltration. C’est le meilleur moyen de nettoyer, de connaitre toutes les arcanes, coins et recoins, couper les multiples têtes de l’hydre..

      ici se sont des journalistes, ce n’est pas dans leur déontologie. Mais on devrait honorer, payer, donner la légions d’honneur aux
      infiltrants ’amateurs’. pas à la délation gratuite, mais aux infiltrants.

  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 01h42 le 06/04/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Ce que cette affaire révèle, c’est le traitement réservé aux affaires de pédophilie : une chasse aux sorcières !

    En France, nous en sommes encore au Moyen-Âge. Les pédophiles sont avant-tout des malades et devraient être traités comme tels.

    En tant que personne, je dénonce immédiatement ces hommes à la police. En tant que journaliste, je fais mon travail de journaliste. Point barre.

    Comment voulez-vous réaliser des enquêtes si les journalistes deviennent des auxiliaires de police ?

    Il faut raison garder.

    • ElTitouBolivar
      ElTitouBolivar répond à Nils Wilcke
      InsomniaK
      • Posté à 09h15 le 06/04/2010
      • Internaute 53845
        InsomniaK

      Un journaliste décide de se pencher sur le problème, mène sa « petite » enquête, et hop, 23 pédophiles derrière les barreaux ! .. Mais que fait la police ? Trop occupée à enquêter sur les méchants colporteurs de rumeur sur le Couple bling-bling ? ..

      • lancetre
        • Posté à 13h32 le 06/04/2010
        • Internaute 18658

        C’est effectivement LE problème !

        Et je m’étonne que personne ne semble poser cette question.

        Comment se fait-il que les services de police semblent aujourd’hui incapables de mener à bien une enquête que des journalistes réussissent en quelques semaines ?

        Quelles que puissent être les explications, il serait bougrement intéressant de les connaitre...

        Je propose un élément : dans le cadre de la « politique du chiffre », mobiliser de nombreux enquêteurs pendant plusieurs semaines pour arrêter deux douzaines de pédophiles n’est pas du tout intéressant.

        Mieux vaut dresser, dans le même temps et avec les mêmes effectifs, cent PV pour excès de vitesse sur une 4 voies limitée à 70 km/h, ou arrêter une cinquantaine de sans-papiers.

        Lire à ce sujet le chapitre « Chiffre » de l’excellent témoignage de Bénédicte Desforges, « Flic » (éditions Michalon, 2007).Lire aussi le chapitre dans lequel elle raconte comment la hiérarchie mobilise tous les effectifs du commissariat de Barbés pour interpeller les Africaines sans-papiers, vendeuses de maïs grillé, qui opèrent à Chateau-Rouge.Ladite hiérarchie, insatisfaite du nombre d’interpellations, propose ensuite, tout-à-fait sérieusement, de rédiger des PV d’interpellation...pour chaque bébé arrêté en même temps que sa mère !

        Et c’était avant Sarkozy...

         
        • ElTitouBolivar
          ElTitouBolivar répond à lancetre
          InsomniaK
          • Posté à 13h46 le 06/04/2010
          • Internaute 53845
            InsomniaK

          Lancetre, tu lis dans mes pensées ! Et au-delà de la politique de rentabilité (les pv), il y a aussi ce dont se vante Sarko à qui veut l’entendre (il en reste...) : le taux d’élucidation des « affaires »... Traquer des pédophiles sur internet, avec une malheureuse équipe de 5 personnes (pleines de bonne volonté, de courage, et d’abnégation) et un ordinateur de 20 ans, est aussi beaucoup moins « rentable » que les sans-papiers ou le petit dealer du coin de la rue : contrôlé, arrêté, expulsé ou emprisonné... Affaire classée ! ..

          • dsr_Evil
            dsr_Evil répond à ElTitouBolivar
            Jedi
            • Posté à 20h04 le 06/04/2010
            • Internaute 108731
              Jedi

            et une barette de chit a fumer, c’esdt quand meme plus agreable qu’une photo de petit nenfant a regarder !

        2 autres commentaires
    • francoisBR
      francoisBR répond à Nils Wilcke
      étudiant-salarié
      • Posté à 09h17 le 06/04/2010
      • Internaute 77907
        étudiant-salarié

      Est-ce tu penses que le canard enchainé, toute les semaines, fait du mauvais travail de journalisme en dénoncant des personnes coupables ?

      Ou est-ce que ça vous gènes parcequ’on est en présence d’un sujet racoleur à la TF1 ?

      A moins que ce qui choque ce ne soit pas ni la dénonciation, ni le sujet mais la méthode ?

      Les journalistes d’investigation ont tj eu pour rôle de dénoncer nommément des coupables qui échappaient à la justice. Le but étant souvent de montrer les limites des policiers/juges/politiques, les failles de la loi.....

      Mettez vous à leur place, vous dites que vous feriez juste votre travail de journaliste, en etes vous sur ? Vu le sujet je vous trouve présomptueux^^

      Ces journalistes font leur travail en dénonçant ces criminels. Pour une fois que des journalistes montrent un peu de courage ces dernières années^^
      Je crois juste que nous avions perdu de vu quel est leur vrai travail, on s’était tous habitués à leurs sujets peoples/inutiles......

      Ne les jugez pas, mettez vous à leur place.

      • Peureux anonyme
        • Posté à 09h54 le 06/04/2010
        • Internaute 24415

        Le Canard Enchainé ne fonctionne pas en caméra cachée. Ses enquêtes reposent sur des documents et des témoignages vérifiables et vérifiés.

        Ce n’est pas du tout le cas des émissions du type des » infiltrés ». On a affaire à une mise en scène, dont il n’est même pas certain que les soit disantes victimes ne soient des compères rémunérés.

        A supposer que ce ne soit pas le cas, que se passera t il si les personnes mises en cause nient les faits, dénoncent une mise en scène, portent plainte pour diffamation et demandent à France2 de substantiels dommages et intérêts ?

        La valeur d’une séquence en caméra « cachée » niée par la personne filmée est quasi nulle. Il lui suffit de dire que les propos qu’elle a tenu l’ont été par complaisance ou contre rémunération.

         
        • Monsieur patate
          Monsieur patate répond à Peureux anonyme
          Juriste en formation
          • Posté à 18h53 le 06/04/2010
          • Expert 63389
            Juriste en formation

          Merci M6 et ses reportages bidons qui maintenant font qu’on doute de tout !

        1 autres commentaires
      • Nils Wilcke
        Nils Wilcke répond à francoisBR
        Etudiant
        • Posté à 12h16 le 06/04/2010
        • Internaute 49020
          Etudiant

        Le fait est que Peureux anonyme a parfaitement répondu à ma place.

        De surcroit, suite au reportage, les policiers avaient toute latitude pour faire leur boulot en s’intéressant au trafic de mineurs autour de la gare.

        C’est aux pouvoir publics de reprendre l’initiative.

        Je trouve cette émission franchement racoleuse. La méthode ET la dénonciation me choquent.

        Vous me trouvez présomptueux, c’est un jugement de valeur, je préfère ne pas répondre à ce type de commentaire…

        Je n’ai pas à me mettre à leur place, j’y suis déjà…

      • spiritstm
        spiritstm répond à francoisBR
        webmaster
        • Posté à 17h22 le 06/04/2010
        • Internaute 61625
          webmaster

        « Ou est-ce que ça vous gènes parcequ’on est en présence d’un sujet racoleur à la TF1 ? »

        C’est juste un sujet qui fait dans l’émotionnel sans pousser à la réflexion ... donc une merde effectivement.

        « A moins que ce qui choque ce ne soit pas ni la dénonciation, ni le sujet mais la méthode ? »

        En infiltration tout est bon ?

        « Les journalistes d’investigation ont tj eu pour rôle de dénoncer nommément des coupables qui échappaient à la justice. Le but étant souvent de montrer les limites des policiers/juges/politiques, les failles de la loi..... »

        Euh non pas tout à fait ... Les journalistes d’investigation enquête sur des faits, des sociétés, etc ... non pour dénoncer (il n’ont pas de rôle militant ... ou ce ne sont plus des journalistes ) mais pour montrer les dérives ou les perversités d’un système ou d’une personne.

        Là en l’occurrence ce qui est montré du doigt en même temps c’est que ces gens ont été rencontré sur le net ... sans dire si c’était facile ou non de le faire, etc ... avec le message en gros ... « le net c’est le mal » et en encore plus gros « le filtrage par le gouvernement c’est bien » ... c’est sympa niveau éthique.

        « Mettez vous à leur place, vous dites que vous feriez juste votre travail de journaliste, en êtes vous sur ? Vu le sujet je vous trouve présomptueux »

        Quand on a 1 once d’intelligence on essai d’anticiper ses comportements face à une situation donné ... Les concernants ce qui serait interessant ça serait de savoir si c’était une volonté de départ ou si ça s’est imposé au fur et à mesure ... dans le premier cas ce sont donc des petits délateurs, dans le second ils n’ont pas gardé le recul nécessaire ... dans les 2 cas ils devraient se poser des questions sur leur capacité déontologique.

        « Ces journalistes font leur travail en dénonçant ces criminels. Pour une fois que des journalistes montrent un peu de courage ces dernières années^^
        Je crois juste que nous avions perdu de vu quel est leur vrai travail, on s’était tous habitués à leurs sujets peoples/inutiles...... »

        Le vrai courage ne consiste pas à trouver une vingtaine de pecno qui font touche pipi avec des enfants par écran interposé ... là vous me faites rigoler.

        Le vrai courage par contre consisterai à dénoncer les flux financier issue des sites pédophiles blanchi dans des pays qui vous ferai bondir parce que vous les imaginiez insoupçonnable et qui sont réinjecté dans le circuit financier en toute tranquillité dans le plus grand silence et la plus grande complicité de nos chères banques ... vous avez vu denis robert ... lui il a eu plus de couilles que les crétins de Capa ... il l’a payé cher.

        Ils ont fait une boulette, et avec ça ils ont ouvert une boite de pandore. Maintenant un journaliste pourra dénoncer ses sources à cause de n’importe problème moral ou il sera poussé à le faire ... De l’autre côté de la barrière le message a été clairement reçu et ils adapteront leur façon de faire. Non seulement de plus en plus de journalistes auront du mal à réaliser une infiltration ... mais en prime, si ça concerne une société ... vous ne verrez jamais le reportage parce qu’elle sortira aussitôt l’artillerie lourde ... par précaution judiciaire on va dire.

         
        • Monsieur patate
          Monsieur patate répond à spiritstm
          Juriste en formation
          • Posté à 18h59 le 06/04/2010
          • Expert 63389
            Juriste en formation

          Je suis d’accord avec vous sur la méthode qui est pour faire de l’audience. Mais malheureusement, votre référence à l’effet papillon, qui connaît ou parle de cette émission et de son ancien présentateur ? Très peu de gens, il faut faire du spectacle...

          Par contre vous êtes trop réducteurs, l’enquête des infiltrés ne concerne pas uniquement des « touche pipis par écrans interposés », d’après les « journalistes » ce sont des hommes qui ont abordés par chat des jeunes filles mineures et leur ont proposés des rdv bien réels auxquels ils se sont présentés. Et d’après eux toujours, cela a été facile de les rencontrer (peut être pas de les faire parler) et les propositions ont été nombreuses.

          • spiritstm
            spiritstm répond à Monsieur patate
            webmaster
            • Posté à 19h58 le 06/04/2010
            • Internaute 61625
              webmaster

            Comparé à une enquête sur les flux d’argent généré par les sites pédo-pornographiques et les circuits de blanchiment qui vont avec, les mafias qui sont derrière et pour lequel on ne fait rien ... ou si peu, aller « enquêter » pour démontrer que nos enfants sont en danger parce qu’ils fréquentent des tchattes ou on trouve des pédophiles tapie dans l’ombre ... si je pense que c’est minable.

            N’importe quel journaleux de bas étage peux faire cette enquête. Le tout c’est d’avoir de la patience. Il leur a fallu un peu plus d’un an pour en trouver 24 ... 2 par mois en moyenne par rapport au trafic d’un tchatte c’est petit.

            La question que je me pose aussi ... et depuis longtemps c’est ... mais que foutent les parents ... laisser une mineur aller rencontrer une personne vu sur un écran sans l’accompagner relève de la pur inconscience. Ah mais oui ... internet prend le relais de la TV et sers de nounous maintenant.

            Le problème de l’éthique est par contre beaucoup plus réel et l’intrusion d’une forme de morale l’es tout autant ... si je suis le raisonnement de ces 2 journalistes ... on doit dénoncer un pédophile mais laisser en liberté un dealer de drogue ... pourtant l’un et l’autre sont dangereux et font du dégâts mais pour le second on parlera de protection des sources et pas pour le premier ... on peut en dire autant sur les mac, ou les patrons d’ateliers clandestins, et ainsi de suite. Pourquoi l’exploitation des êtres humains ( en position de vulnérabilité je le rappel ) en france bénéficierait de la protection des sources et pas les pédophiles ? L’humain serait-il inférieur à l’enfant dans le domaine de l’éthique et de la moral ?

            Voila la question que ça me pose.

            • Monsieur patate
              Monsieur patate répond à spiritstm
              Juriste en formation
              • Posté à 15h21 le 07/04/2010
              • Expert 63389
                Juriste en formation

              C’est vrai que la profondeur de l’enquête n’est pas énorme. Fallait-il que ce sujet soit traité de cette manière ? Après une fois que c’est fait, je comprends néanmoins que les journalistes aient balancé les noms qu’ils ont eu lors de leur enquête.
              Aucun droit, y compris celui de protection des sources n’est absolu.

              Après c’est vrai que cette histoire laissera un précédent. Est ce que si l’une des personnes mises en cause par les journalistes les attaque pour la violation de son secret professionnel son argument sera retenu ?
              J’en doute mais au niveau de la déontologie du métier, cela fera beaucoup de mal.

              Après pour la différence entre les infractions, d’un point de vue général un crime contre les personnes et de surcroît contre les mineurs a toujours été conçu plus grave qu’une atteinte contre les biens, ou les trafics divers (sauf les trafics d’êtres humains bien sur). Néanmoins, devant les conséquences très graves, et l’échelle à laquelle elles ont un impact fait en sorte qu’on a tendance à durcir les peines pour les trafics et blanchiments.
              Même si un approche schyzophrène est faite en punissant très lourdement les criminels hors système (trafiquants de drogue,fluc financiers qui en résultent) et en laissant relativement tranquille les dirigeants d’entreprise en dépénalisant le droit des affaires (il ne faudrait pas faire des lois contre les gens qui financent les politiques en place).

        3 autres commentaires
    • Monsieur patate
      Monsieur patate répond à Nils Wilcke
      Juriste en formation
      • Posté à 18h51 le 06/04/2010
      • Expert 63389
        Juriste en formation

      Et comment l’homme que vous êtes regarde le journaliste qu’il est également devant le miroir ?
      Vous pensez pouvoir trouver sereinement le sommeil alors que votre attitude professionnelle va à l’encontre de vos principes ?

      • dsr_Evil
        dsr_Evil répond à Monsieur patate
        Jedi
        • Posté à 20h16 le 06/04/2010
        • Internaute 108731
          Jedi

        et coment avez vous pu voter contre lepen, alors que l’alternative allait contre votre principe ? (pour peu que vous soyez de gauche bien sur...)
        des deux maux, il a fallu choisir le moindre ?
        aujourd’hui un journaliste doit denoncer un pedophile suite a une enquete, demain il devra denoncer le policier qui a sorti de son commisariat le papier arguant les quotas ?

        d’ailleurs, ce meme journaliste, si ne pas denoncer ses sources lui aurait rendu la vie impossible, pourquoi alors a-t-il fait ce reportage ? il pouvait tres bien refusé non, par principe justement !

         
        • Monsieur patate
          Monsieur patate répond à dsr_Evil
          Juriste en formation
          • Posté à 15h40 le 07/04/2010
          • Expert 63389
            Juriste en formation

          Déjà il faudrait que je sois de gauche, et que j’aie pu voter à cette élection (en 2002 j’étais encore trop jeune). Mais imaginons que la situation se présente, le vote aurait été fait sans problème de conscience (même si ca aurait fait mal de voter pour un parti qui n’est pas le mien à supposer que je sois de gauche) parce que devant les 3 solutions que me sont proposées (voter droite, voter extreme droite et pas voter du tout), j’opte pour la solution la moins éloignée de mes principes, la « moins pire », et que je n’ai de meilleure alternative. Des deux maux on choisit le moindre, comme souvent dans la vie. Donc l’exemple ne marche pas ici, car les journalistes avaient la possibilité de dénoncer leurs sources.

          Après vous ne pouvez pas nier que les crimes contre les enfants font partie des crimes les plus odieux dans notre conception mentale. Il parait d’après certains commentaires que l’enquête a duré un an, psychologiquement ca doit être éprouvant. Pour se racheter une conscience et réussir à dormir la nuit je ne vois pas d’autre solution que de livrer les sources.

          Sur la question de savoir pourquoi ce sujet a été traité de cette manière et par cette émission je me pose la question en effet.

          Il faudra néanmoins se demander si cette question et cette polémique aurait eu lieu dans un pays plus libre au niveau du journalisme comme les Etats Unis.
          La bas, les journalistes (pas ceux de la Fox ou Cnn) font souvent de gros travaux d’investigation et régulièrement des scandales sortent (watergate, connivences de Clinton et Bush avec certains industriels, mensonges de Bush sur la guerre en Irak, scandale des photos à Guantanamo ou récemment le meurtre de civils par un apache...).
          En France le journalisme d’investigation semble être mort, n’en déplaise à Canal + et ses émissions bien faites comme l’effet papillon ou autres. La plupart des reportages chocs que l’on voit dans cette émission ou sur celle de M6 (enquête exclusive) sont des reportages achetés auprès de journalistes étrangers.
          après pour les 66 minutes, envoyé spécial et autres il y a des enquêtes parfois intéressantes, mais jamais fracassante.
          On a plus de véritables scandales depuis les années 90 (sang contaminé, Elf, frégates...).
          Peut être qu’avec un journalisme qui serait moins mort, la question ne se poserait pas autant et ferait moins débat.

          Il faudrait quand même souligner la remarquable dépêche de hier avec Copé qui félicite les journalistes de ne pas avoir parlé des « rumeurs » sur le couple présidentiel (même si ca doit être plus que ca vu la réaction épidermique de l’Elysée). Mais bon, montrer que l’on arrive pas à gérer son couple ca fait un peu tâche quand le métier est celui de gérer la France.

          • dsr_Evil
            dsr_Evil répond à Monsieur patate
            Jedi
            • Posté à 16h47 le 07/04/2010
            • Internaute 108731
              Jedi

            je vous rejoins entierement sur le journalisme francais d’aujourd’hui... meme si, ne connaissant pas reellement le journalisme americain, j’ai du mal a vous rejoindre concernant un meilleur travail de sa part...

            il va d’ailleurs falloir que je me renseigne sur ces « rumeurs » du couple presidentiel... meme si cela ne m’interesse pas vraiment, ce n’est pas ca qui va faire evoluer le monde, ou a echelle etatique, simplement la france... quoi que, un pett coup de colere de nicolas n’est pas a exclure... peut-etre simplement faire disparaitre le statut d’intermitants du spectacle pour se venger ?

            concernant la politique il y a ennormements de choses a dire je pense, ennormement de debats a avoir, mais la n’est pas le sujet.

            c’etait juste un exemple.

            meme si je comprends la reaction de ces journalistes de part leur denonciation, cette derniere, bonant malant, n’est-elle pas le debut du comencement d’une derive de denonciation journalistique ? personnellement, avant, repondre a un journaliste en toute franchise, sans retenue, ne m’aurait pas derangé ; maintenant la donne a changé. d’ailleurs d’ici quelques années, j’imagine bien un site comme rue89 (c’est juste a titre d’exemple) communiquer les adresses mails de personnes qui, comme moi, oppose des doutes sur telle ou telle information...

            je sais mon raisonnement est un raisonnement pessimiste et peut-etre meme extremiste et reducteur ; mais il y a tellement de sujets extremement importants ou la presse, de maniere generale, relate des faits sans aucune recherche...

            • Monsieur patate
              Monsieur patate répond à dsr_Evil
              Juriste en formation
              • Posté à 21h49 le 07/04/2010
              • Expert 63389
                Juriste en formation

              Pour le journalisme étatsunien, je dis pas qu’il est mieux, mais il semblerait qu’il y ait plus de véritables investigations là-bas. Je ne le connais pas très bien non plus.

              Pour le reste, vous soulevez justement le problème, cette dénonciation qui peut sembler justifiée n’ouvre-t-elle pas une brêche ? Comme pour internet ou on nous surveille au motif de la fameuse lutte contre les pédophiles.

              Déjà que de forts soupçons étaient lancés contre les journalistes de TF1 suite au reportage sur le trafic des cités...
              Perso ca ne me dérange pas que les journalistes aient balancé dans ce cas précis, mais il faut veiller à limiter cette exception pour qu’elle ne devienne pas la règle. Une réflexion sur le métier de journaliste aujourd’hui devrait être faite pour clarifier les règles et obligations qui semblent assez vieilles. Il faut prendre en compte également les blogueurs et notamment la question de leur responsabilité en cas de fausses informations (les journalistes français craignent notamment des actions en justice et des pressions diverses pour l’affaire du couple présidentiel).

              Mais sinon, globalement, avec la multiplication des vidéosurveillances, le développement d’internet, des téléphones portables, des cartes de crédit....
              ...on commence à être surveillé un peu partout. Je pense pas que les journalistes soient la plus grande menace.

              • dsr_Evil
                dsr_Evil répond à Monsieur patate
                Jedi
                • Posté à 00h14 le 08/04/2010
                • Internaute 108731
                  Jedi

                la multiplication des videos surveillance, Hadopi, ni meme ma carte de credit ne sont journaliste a ce que je sache... enfin si, mais seulement pour les institutions de surveillance et ce, en gardant (il parait en tout cas) les données recoltés confidantielles...

                on parle bien de surveillance (je suis tres loin d’etre partisant de cette surveillance accrue, car meme si elle fait bonne figure de par le principe... ), pas d’information. les journaliste vont malheureusement etre considéré comme des surveillants/denonciateurs (indics quoi...), quid de l’info ?

                la plus grande menace serait de ne plus etre informé sur ce qui se passe autour de nous justement ! comment denoncer des faits « troublants » a des indics ?

                enfin meme quand on est au courant (un gros tas de textes de « lois »), que grace a un vote on fait part de notre mecontentement (a 54% , suite a un referudum), on fait voter la ratification d’un TCE quand meme par les institutions...

        4 autres commentaires
  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 01h46 le 06/04/2010
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    heu... la conscience on en fait quoi ?

    quand je lis des trucs comme : « En quoi des pédophiles seraient plus “dénonçables” qu’un braqueur violent, sinon au nom d’une morale déplacée ou de circonstance, et justifieraient que des journalistes rompent le contrat de confiance qui les relie à la société ? »

    je me pose de très graves questions sur la nature humaine. L’analogie est proprement scandaleuse.

    • oomu
      oomu répond à flixp
      • Posté à 01h50 le 06/04/2010
      • Internaute 24928

      les braqueurs violents tuent des gens aussi, ils ne sont pas fréquentables, ils ne sont pas sympathiques et on a pas envie non plus de les défendre.

      j’ai aucune envie d’être face à un braqueur violent qui me tuerait pour fuir avec ma voiture et qu’on le défende.

      • flixp
        flixp répond à oomu
        Aboyeur
        • Posté à 01h53 le 06/04/2010
        • Internaute 34063
          Aboyeur

        A une seule différence, lorsque vous laissez un pédophile dans la nature vous savez qu’il continuera. Cela est difficilement supportable.

         
        • Hulk
          Hulk répond à flixp
          Gros con de droite
          • Posté à 02h01 le 06/04/2010
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Idem pour un braqueur violent. Idem pour un terroriste avec des bombes. Idem pour un néonazi casseur de pédés. Idem pour un cambrioleur. Idem pour un conducteur bourré. Idem pour un batteur de sa femme. Idem pour un traverseur en dehors des clous.

          Ce n’est pas au journaliste de décider selon sa dérisoire petite morale personnelle quand il applique la charte et quand il ne l’applique pas.

          Ce gars n’est pas (n’est plus) un journaliste. Il ne mérite que mépris.

          • lancetre
            lancetre répond à Hulk
            • Posté à 13h36 le 06/04/2010
            • Internaute 18658

            Et en matière de Charte, Hulk sait de quoi il parle !

             : -))))

            Tout à fait d’accord avec ce que vous écrivez ici.

            Si ces guignols ne se voient pas rapidement retirer leur carte de journaliste, les « envoyés spéciaux » ne devront pas se plaindre d’être considérés comme des flics la prochaine fois qu’ils tenteront d’aller faire un reportage en banlieue.

        • oomu
          oomu répond à flixp
          • Posté à 02h43 le 06/04/2010
          • Internaute 24928

          mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ? !
          Et depuis quand on les laisse « dans la nature » ?

          ce n’est pas « difficilement » supportable comme vous dites, c’est _insupportable_. Y a pas à tergiverser.

          -
          vous croyez qu’un braqueur violent tue sa mémé du jour et le flic qui le poursuivait et se dit « orf, boh j’arrête, je retourne à mon taf demain ».

          et le chauffard alcoolique ? il arrête demain ? celui qui a écrasé un écolier et pris la fuite mais n’arrête pas de boire.

          Quand est ce qu’on commence, où on s’arrête ?

          Qui êtes vous donc pour décréter que ces tueurs là devraient pas être dénoncés et stoppés ?

          Comment faites vous la différence entre le Monstre, le malade, le repenti et l’innocent ?

          Comment pouvez vous avoir une totale confiance en votre morale, celle du journaliste ou la mienne ?

          Je comprends donc l’argument sous-entendu dans l’article.

          Sous prétexte qu’on a trouvé le Monstre Absolu, « celui que rien n’excuse de ne pas dénonce », on excuse les autres. on excuse tout le reste :

          « oui c’est un chauffard, mais bon y nous font chier les flics avec leurs radars, rooh et un ptit verre c’est rien »

          « roh, ok, il y a un peu tiré des balles, mais c’est un bandit d’honneur hé ! » ouais.. et le gamin qui s’est pris une balle ? on lui dit quoi ?

          -
          Le journalisme s’est trop réfugié derrière la morale à géométrie variable.

          Faisons des reportages « infiltrés » parmi des talibans égorgeurs.. « ha mais je donne pas mes sources, c’est QUE des égorgeurs, monsieur le juge » que dira le journaliste ? et les braves gens d’applaudir ?

          Le journaliste a fait une enquête de police. J’aurais eu froid dans le dos pour lui car il aurait pu tomber sur des fous furieux et se faire démasquer.

          Mais la télé fait du voyeurisme. Elle ne veut pas m’informer, elle veut me prendre en otage avec mes sentiments et me mettre en situation malsaine.

          Je ne sais pas si le journaliste a pris la bonne décision, franchement. Il a fait ce qu’il avait à faire.

          Mais le principe même de ses émissions « infiltrées », « vrai de vrai » est choquant. On est censé avoir quelle réaction devant ? « oh j’ai été bien informé, je dormirai bien ce soir » ? !

          -
          C’est la police qui doit faire ce travail d’infiltration, des gens formés, aidés, assistés. La police que je paye par mes impôts et que j’applaudis autant que se peut et qu’ensuite la Justice distingue le vrai du faux, du mieux qu’il soit humainement possible de faire.

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    • Hulk
      Hulk répond à flixp
      Gros con de droite
      • Posté à 01h51 le 06/04/2010
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      Pourquoi ?

      Pour vous, braqueur violent c’est pire que pédophile ?

      • flixp
        flixp répond à Hulk
        Aboyeur
        • Posté à 01h54 le 06/04/2010
        • Internaute 34063
          Aboyeur

        de droite seulement. Braqueur de droite cela doit bien exister ?

         
        • lancetre
          lancetre répond à flixp
          • Posté à 13h38 le 06/04/2010
          • Internaute 18658

          La droite n’a pas besoin de braquer les banques.

          Elle les possède !

           : -))))

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