06/04/2010 à 19h02

Les Infiltrés et la pédophilie : « Une dérive du journalisme »



Capture d’écran de l’émission Les Infiltrés, novembre 2009 (DR).

Dans une tribune, une quinzaine de journalistes, écrivains, réalisateurs et producteurs -dont Denis Robert, Bernard Langlois, Pierre Péan ou Jean-Marcel Bouguereau- s’insurge contre la décision prise par l’agence Capa de dénoncer 23 pédophiles présumés, rencontrés pour le tournage de l’émission Les Infiltrés (France 2).

Une grande agence de presse française (Capa) vient de se transformer en auxiliaire de police au mépris de la règle de base du journalisme : la protection des sources.

On peut s’interroger sur une émission (Les Infiltrés) uniquement basée sur l’emploi de caméras cachées. Ce procédé est à manier avec précaution. Son emploi systématique dérange car l’instrument devient le message et transforme le téléspectateur en voyeur. Passons.

Longtemps journaliste, Hervé Chabalier est, à la tête de Capa, un producteur respectable et à succès.

La pédophilie et ses réseaux supposés sont du pain béni pour la télé poubelle. Les concepteurs de ces Infiltrés expliquent qu’en s’attaquant à ce sujet, ils savaient que la loi les obligeait à dénoncer les pédophiles. La loi les oblige à dénoncer tout crime et délit. La pédophilie, comme le trafic de drogue ou d’armes. Passons.

La prison plutôt que divulguer ses sources : le cas Myron Farber

Ce qui ne passe pas, c’est que nous -producteurs, réalisateurs, journalistes-, soyons associés à ce que nous considérons comme une dérive de ce métier.

Nous croyons en effet que le journaliste doit être un acteur social, libre et indépendant. Le journalisme doit rester une activité sans lien avec quelque pouvoir que ce soit : politique, policier, judiciaire, religieux. Au risque de disparaître.

Hervé Chabalier, David Pujadas, présentateur de son émission, et les journalistes de Capa doivent savoir que des dizaines de journalistes se sont retrouvés, se retrouvent et se retrouveront en prison pour n’avoir pas dénoncé leurs sources. Ceux que ne veulent pas dénoncer ces journalistes sont, dans la majorité des cas, de dangereux criminels ou des trafiquants en tous genres.

En 1975 , la presse s’extasiait devant le New York Times qui a préféré laisser un de ses journalistes (Myron Farber) en prison pendant 40 jours plutôt que de livrer à la justice ses notes confidentielles concernant un médecin qui assassinait ses patients. Les temps changent, les réflexes aussi.

Pourquoi dénoncer un pédophile et pas un criminel de guerre ?

Jusqu’à présent, la police réagissait après la diffusion des enquêtes journalistiques et demandait à avoir copie des rushes ou des notes. Cette fois, les journalistes vont de leur propre initiative trouver la police pour lui remettre les éléments de leur enquête. De plus, ils communiquent sur cette divulgation. C’est du Grand N’importe Quoi.

« Le secret des sources pour lequel on se bat tellement saute ici », expliquent, la bouche en cœur, Chabalier et Pujadas. Ah bon ? Qui fixe ces règles ? Pourquoi dénoncer un pédophile et pas un criminel de guerre ? Un assassin ?

Pourquoi ne pas décréter qu’en ces temps de crise un journaliste doit dénoncer à la police les criminels en col blanc à qui il aurait parlé ? Qui décide de la nature du crime à dénoncer ? Quand le secret des sources doit-il « sauter » et qui a le droit de le faire sauter ?

Des problèmes de conscience à résoudre au cas par cas

Notre conception du journalisme et du documentaire nous oppose frontalement sur ce point aux justifications de Capa et des Infiltrés.

Tout journaliste en situation d’enquête peut et doit avoir des problèmes de conscience qu’il résout au cas par cas, en franchissant parfois certaines limites. Nous ne sommes pas les défenseurs d’un dogme. Là n’est pas le débat que lance aujourd’hui cette émission et la promotion faite autour.

En se transformant en auxiliaires de police, en arguant de morale plutôt que d’information, des journalistes ouvrent une brèche qui mène à la délation.

Ceux qui seraient tentés de suivre ce dangereux précédent sonneraient le glas de ce qui reste des belles illusions de notre profession.

Par Fabrizio Calvi (journaliste, écrivain), Denis Robert (journaliste, écrivain), Jean-Pierre Moscardo (réalisateur), Pierre Péan (journaliste, écrivain), Benoît Collombat (journaliste), Bernard Langlois (journaliste, écrivain), Emmanuel Poncet (journaliste), Arnaud Sagnard (journaliste), Pascal Lorent (journaliste), Jean Marcel Bouguereau (journaliste), Patrick Fiole (journaliste), Marcel Gay (journaliste), David Dufresne (journaliste), Patrick Volson (réalisateur), Frank Eskenazi (producteur)...

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  • Hulk
    Hulk répond à Georges D.-
    Gros con de droite
    • Posté à 00h32 le 07/04/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    D’une part, ils n’ignoraient pas parler à des journalistes : « “ Sans doute soulagé que je ne sois pas policier, Julien accepte le principe d’une interview. ” »

    D’autre part, de quels crimes parlez-vous ? Sauf si j’ai loupé quelque chose, le journaliste n’a pas eu connaissance de crimes. Il a eu connaissance de l’existence d’un réseau ayant pour but de commettre des délits voire des crimes. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

    Quant au secret de la confession, il est reconnu et protégé de manière absolue par la cour de cassation. Un prêtre qui reçoit l’aveu d’un crime en confession n’est pas tenu de dénoncer ce crime.

  • Xhi_
    Xhi_
    Gre-citoyen
    • Posté à 19h33 le 06/04/2010
    • Internaute 50292
      Gre-citoyen

    « sans lien avec quelque pouvoir que ce soit : politique, policier, judiciaire, religieux. »

    Le journalisme n’est-il pas aussi un pouvoir ? Ne devrait-il pas être encadré comme tel ?

    Content d’entendre parler de Bernard Langlois depuis son départ de Politis.

  • frapadingue
    frapadingue
    assis sur ma chaise
    • Posté à 19h34 le 06/04/2010
    • Internaute 56548
      assis sur ma chaise

    qui pourrait couvrir un pedophile ? à par le pape

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 19h42 le 06/04/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Que des journalistes dénoncent des pédophiles est une chose louable, a fortiori si ces derniers s’apprêtent à violer des enfants ou faire je ne sais quoi d’autre.
    Mais à ce moment ils doivent se mettre entre parenthèse pour ce qui est de leur sujet et de leur métier.
    On ne peut pas à la fois profiter de l’effet de sensationnel en tant que journaliste et se se targuer d’être « citoyen » d’un autre côté.

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 19h46 le 06/04/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    C’est l’évidence, il fallait le dire.

    Une question aux auteurs : les gens qui ont fait cela peuvent-ils conserver leur carte de journalisme ?

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h50 le 06/04/2010
    • Internaute 111221
      fée

    Alors que ces derniers jours on a pu voit tous les journalistes s’acharner sur l’Eglise pour ne pas avoir dénoncé les pédophiles qui s’étaient introduit dans ses rangs, je trouve que cela ne manque pas d’ironie de voir aujourd’hui ces mêmes journalistes affirmer que, eux, ont le droit, voire le devoir, de ne pas dénoncer les pédophiles qu’ils croiseraient dans le cadre de leur métier.

  • a.greta
    a.greta
    commerciale
    • Posté à 19h51 le 06/04/2010
    • Internaute 111217
      commerciale

    Cette fameuse protection des sources ! Parfois bien commode pour ceux qui la défendent à tout prix, pour être de temps en temps peu regardants sur lesdites sources. Evidemment, chacun défend son bout de gras, et on vendrait sans doute moins de papier avec articles à sensation si les sources n’étaient plus protégées.
    A partir du moment où des êtres humains (des enfants dans ce cas particulier) sont en danger et qu’on peut leur éviter souffrances ou mort, la divulgation des sources ne me paraît pas relever du scandale...
    J’aimerais que les journalistes qui s’offusquent répondent à la question suivante : si vous-mêmes, au cours d’une enquête, rentrez en contact avec des réseaux pédophiles qui torturent des enfants, les laisserez-vous continuer au nom de la protection des sources ? Ce sont d’ailleurs les mêmes qui reprochent à l’église de n’avoir pas dénoncé ses prêtres (reproche légitime d’ailleurs).
    La question de fond me semble plutôt devoir se poser avant : faut-il réaliser ce type d’émission ? Celle-ci a permis le démantèlement de réseaux pédophiles et a mis au grand jour le manque de moyens de la police. Mais sur le moyen terme, elle peut sans doute compromettre d’autres enquêtes.
    Quant à traiter cela de télé « poubelle », il y a sans doute un pas à ne pas franchir. Tous les journaux qui mettent un jour ou l’autre une affaire de pédophilie en une le font autant pour informer que pour « se vendre ». Ce ne sont pas tous pour autant des « torchons ».
    Pour ou contre la divulgation des sources ? Les deux avis peuvent cacher de bonnes ou de moins bonnes intentions, le monde n’est pas parfait, même celui des journalistes qui « défendent » leurs sources.

    • Secco
      Secco répond à a.greta
      Touriste
      • Posté à 20h03 le 06/04/2010
      • Internaute 51642
        Touriste

      En même temps, c’est le principe de protection des sources qui leur permet d’avoir des informations qui sinon resteraient cachées à tous, en particulier concernant les malversations en tout genre : c’est parce qu’ils savent que leur nom ne sera pas divulgué (avec risque de vengeance de ceux qu’on a « balancé », qu’on soit des leurs ou non) que certains organisent les « fuites » des différents organismes.

      A partir du moment où cette sécurité n’est plus là, alors la loi du silence redevient la règle à 100%, et les « pourris » peuvent continuer à faire leurs saloperies sans crainte, il n’y aura plus d’enquêtes dérangeantes de journalistes (il y en a qui vont se réjouir de la disparition du Canard Enchaîné...)

    • Hibou_Myope
      Hibou_Myope répond à a.greta
      Criticologue
      • Posté à 13h04 le 07/04/2010
      • Internaute 84627
        Criticologue

      Ouh, là, comme vous y allez !
      « [Cette émission] a permis le démantèlement de réseaux pédophiles ».

      Non, non ! Le journaliste a dénoncé un pédophile canadien déjà condamné et a alerté la police sur les écrits en ligne de certaines personnes ou sur la détention de pédopornographie. J’allais oublier les aveux d’attouchement d’un père. Mais que valent des « aveux » au coin d’un jardin public ?

      On est loin de la destruction d’un réseau.
      Et n’assimilons pas l’intention présumée et l’acte. Ceux qui ont rencontrés le journaliste croyant avoir rendez vous avec une fillette ne sont pas coupables d’actes pédophiles. Ou s’ils le sont, le journaliste ne l’a pas su.

      Mais c’est vrai que c’est un autre travers de l’enquête : confondre la séduction d’une mineure fictive et l’acte pédophile.

      Cela dit, pour ce qui est de cette confusion, le journaliste n’est qu’en partie coupable. Sa mise en scène crée la confusion, mais il n’est jamais interdit au spectateur de regarder la télévision avec circonspection.

  • admirateur-
    • Posté à 19h52 le 06/04/2010
    • Internaute 32111

    je vais finir par être persuader que les propos de Mélenchon était justifié.
    Des journalistes s’insurgent contre des méthodes, o.k.
    Ils feraient bien mieux de s’insurger contre ces enquêtes sur des sujets qui ne visent qu’à essayer de faire de l’audience.
    Sur ce genre de sujets, quel intérêt d’une enquête autre que policière ?

    • Propergol
      Propergol répond à admirateur-
      Chasseur de troll
      • Posté à 23h19 le 06/04/2010
      • Internaute 24265
        Chasseur de troll

      Je sais pas, moi....comprendre ? Faire comprendre à ceux qui regardent l’émission ?

      Et il m’a fallu quoi...deux secondes pour trouver.

      Si vous pensez que parler de pédophilie, c’est essayer de faire de l’audience...c’est comme le principe du couteau...si vous voulez tuer avec un couteau, ça deviendra une arme...si vous voulez simplement couper vos oignons...ca restera un ustensile..

      Vous voulez quoi ? Des reportages sur la pluie qui tombe uniquement ?

      • admirateur-
        admirateur- répond à Propergol
        • Posté à 09h40 le 07/04/2010
        • Internaute 32111

        Pourquoi ?
        Vous avez besoin de savoir comment on met un bébé ? , Ca vous apporte quoi ?
        On vous classe dans pervers pépère voyeur ?
        Personnellement, je pense qu’on pourrait faire des reportages très fouillés sur le rôle exact de la France au Rwanda ou nous présenter quelques monographies de créateurs, peintres, musiciens, ... la télé en manque véritablement. Des émissions fouille merde pour fouilleurs de merde, il y en a assez

    • Salander
      Salander répond à admirateur-
      restons calmes
      • Posté à 17h38 le 08/04/2010
      • Internaute 111466
        restons calmes

      J’imagine que vous n’avez pas regardé l’émission (corrigez-moi si je me trompe).
      Pour ma part je suis tombée dessus par hasard, sans avoir suivi la polémique qui faisait rage avant même sa diffusion. Le journaliste a fait un réel travail pour informer les gens de sujets dont on parle peu. Je ne parle pas de la pédophilie en général mais plutôt de tout un pan de l’émission consacré à une enquête sur les « chats » pour ados.
      Peu de parents sont conscients de ce qui se passe sur ce genre de sites, des risques qu’il y a à laisser les enfants les utiliser sans vigilance, peu de gens savent comment agissent les « modérateurs » sur ces sites, s’ils sont fiables, etc.
      Il s’agit là d’informations qui ont un véritable intérêt il me semble, si elle peuvent inciter des parents à être plus vigilants par exemple...
      En tout cas, cette émission m’a appris des choses.
      Peut-être qu’elle vous en aurait appris aussi si vous l’aviez regardée ?

      • admirateur-
        admirateur- répond à Salander
        • Posté à 08h40 le 09/04/2010
        • Internaute 32111

        effectivement, je ne regarde pas la télévision, d’ailleurs, je n’en ai pas.
        cela ne m’a pas empêché de signaler les dangers du net à mes enfants... depuis belle lurette et cela n’empêchaient pas mes parents, ni mes enseignants de nous mettre en garde contre les dangers de la rue... il y a une bonne trentaine d’années
        sans doute êtes-vous l’une des journalistes, ou une des proches d’un des journalistes aussi tentez-vous de vous raccrocher à un sophisme : il y a un quelques informations donc l’émission est bonne...
        dans ici parris, voilà ou détective il y a aussi de temps en temps de l’information, cela n’empêche qu’il s’agit d’une presse de caniveau, comme ces émissions de télé sont des émissions de caniveau.
        avec un but supplémentaire : entrâiner à la délatioun, s’en prendre aux institutions en laissant croire que les policiers sont des incapables.
        Bref, il y a des gens qui aiment être formatés pour adapter l’idéologie du plus simple : 40-44...

         
        • Salander
          Salander répond à admirateur-
          restons calmes
          • Posté à 10h47 le 09/04/2010
          • Internaute 111466
            restons calmes

          Hé bien j’espère que ça vous fait beaucoup de bien d’écrire ainsi combien vous savez tout et les autres ne savent rien... Passons.

          Bien sûr il y a d’autres moyens que la télévision pour s’informer, on peut vivre sans, et pas plus mal. Mais ce n’est pas vraiment le débat ici. Dire qu’une émission relève de la télé poubelle quand on a mis sa propre télé à la poubelle ça devient un pléonasme non ? ^^
          Il se trouve qu’il y a des gens qui la regardent de temps en temps, j’en fais partie (je n’ai aucun lien avec le journalisme ou la télé, simple citoyenne « lambda » désolée).
          Peut-être qu’il peut être intéressant de les écouter pour juger si une émission ne leur apprend rien, si elle vise à les pousser à la délation, si elle présente les policiers comme des incapables, etc. comme l’affirment majoritairement des gens qui n’ont pas vu l’émission ?

        • Salander
          Salander répond à admirateur-
          restons calmes
          • Posté à 11h40 le 09/04/2010
          • Internaute 111466
            restons calmes

          Au fait, dans la charte des commentaires de rue 89 on trouve :
          « Signalez-nous les dérapages
          La modération s’effectuant a posteriori, les internautes enregistrés sur Rue89 sont invités à les signaler grâce au lien “ signaler un contenu illicite ”. »
          Ce serait pas de l’incitation à la délation ça aussi ? ^^

          • admirateur-
            admirateur- répond à Salander
            • Posté à 13h29 le 09/04/2010
            • Internaute 32111

            Restez calme : Pierre Hasky n’a encore livré aucun nom à la police.
            Ne le confondez pas avec des journalistes qui se sont vantés d’avoir fait leur devoir de citoyen.
            Comme dans l’URSS la plus stalinienne ou la France de Vichy.
            A chacun ses amours.
            Vous faites les amalgames qui vous arrange, c’est une méthode bien connue

            • Salander
              Salander répond à admirateur-
              restons calmes
              • Posté à 15h05 le 09/04/2010
              • Internaute 111466
                restons calmes

              C’est ça. Comme l’amalgame que vous faites entre la dénonciation de pédophiles actifs et le régime de Vichy.

              Remettez en cause le principe de l’enquête ok (caméra cachée, pas le rôle d’un journaliste...). Mais le fait d’alerter la police lorsqu’on dispose d’informations qui peuvent éviter des crimes n’est pas synonyme de vichysme.
              Le mot « dénonciation » a traumatisé les gens, il fait peur, on imagine tout de suite les pires dérives et c’est très bien d’être vigilant. Mais il existe des nuances. C’est ce que mon précédent post cherchait à rappeler.
              Pensez-vous réellement qu’aucune dénonciation ne puisse être légitime ?

              • admirateur-
                admirateur- répond à Salander
                • Posté à 15h40 le 09/04/2010
                • Internaute 32111

                Madame,
                J’ai dans ma carrière d’enseignant deux fois déclenché une enquête pour mauvais traitements sur enfants (marques de cigarettes, etc.).
                Ca fait en quelque sorte partie du code déontologique de l’enseignant.
                A contrario du code déontologique du journaliste.
                Si vous ne saisissez ni la nuance ni l’enjeu pour les journalistes, qui subissent des pressions plus que fortes, pour qu’ils livrent leurs sources à la police, cela vous regarde.
                Ceux-là veulent entraîner toute la profession à être des indics, je comprends que les « vrais » journalistes s’émeuvent.
                Si vous ne saisissez pas la nuance, cela vous regarde et vous serez très à l’aise dans les régimes autoritaires, qu’y puis-je ?
                Au plaisir

                • Salander
                  Salander répond à admirateur-
                  restons calmes
                  • Posté à 17h34 le 09/04/2010
                  • Internaute 111466
                    restons calmes

                  « qu’y puis-je ? »...

                  Vous auriez pu laisser de côté votre mépris, vos attaques personnelles non fondées et l’énoncé de vos faits d’armes qui n’apportent rien ni à vous, ni à moi, ni au débat.

                  Bien sûr qu’il y a une déontologie du journalisme. C’est la référence au régime de Vichy que je trouve hors de propos ici. Enfreindre le code de déontologie du journalisme c’est critiquable en soi, pas besoin de faire appel aux régimes totalitaires pour ça. Parce que justement ça donne à penser que vous considérez que « c’est mal » parce que c’est une dénonciation, et non pas que c’est mal parce que contraire aux règles de déontologie du journalisme.

                  Maintenant, si vous avez encore envie de vous défouler tant pis, j’en resterai là.

        6 autres commentaires
  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 19h53 le 06/04/2010
    • Internaute 40778
      Jardinateur

    Au 21e siècle, à l’heure d’internet, il faudrait remettre à plat ce statut bancal de « journaliste ».

    Tout citoyen doit avoir le droit de porter une information, et je ne vois pas bien au nom de quoi une corporation bénéficie de carte spéciale les plaçant au dessus des lois générales.

    Avoir des règles, ce n’est pas la fin de la liberté.
    Dénoncer pour dénoncer n’est évidement pas à encourager et il faut un cadre pour limiter ce droit (et ce devoir) à des situations particulières.

    Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que le « COLLECTIF » essayant de se faire porteur de la corporation des journalistes ne se bat pas pour le droit à défendre ses sources mais pour le devoir de défendre ses sources.

    Ainsi, un journaliste, en son âme et conscience n’aurait pas le droit de divulguer des éléments permettant d’enquêter sur un crime sous prétexte qu’un collectif (représentatif ? ? ! ! !) de sa corporation en aurait décidé autrement.

    On marche sur la tête.

    • Pchaudard
      Pchaudard répond à -Candide-
      • Posté à 20h09 le 06/04/2010
      • Internaute 72946

      « ... (le collectif) ne se bat pas pour le droit à défendre ses sources mais pour le devoir de défendre ses sources. »

      Tout à fait d’accord ! !

      Enfin, chaque citoyen fait parti de la société, on ne devrait pas limiter les rôles de chacun.
      Chacun devrait participer à informer les autres, s’il en a la possibilité et la capacité ...
      Et chacun devrait participer à rendre plus sure notre société, avec les moyens qu’il dispose. Je ne parle pas de milice privé ou de se faire justice, simplement de vivre en étant acteur et non spectateur.

      Les rôles ne sont pas attribués pour nous déresponsabiliser. Il faut lutter contre ses « castes », qui veulent défendre leurs intérêts corporatistes.

      • Poilagra
        Poilagra répond à Pchaudard
        • Posté à 11h23 le 07/04/2010
        • Internaute 103441

        « Chacun devrait participer à informer les autres, s’il en a la possibilité et la capacité ...
        Et chacun devrait participer à rendre plus sure notre société, avec les moyens qu’il dispose

        C’est ça ! chacun devrait surveiller de prés son voisin et ne pas hésiter à “moucharder” aux zautoritéscompétantes ce qu’il a vidé dans la poubelle de l’immeuble..Une belle société de cafards, voila ce que vous préconisez !

         
        • Pchaudard
          Pchaudard répond à Poilagra
          • Posté à 16h45 le 07/04/2010
          • Internaute 72946

          Tout à fait, vous m’avez compris !
          ça fait plaisir d’être lu par des gens intelligents.

          Je ne comprends pas qu’on puisse émettre des réserves sur la qualité des commentaires sur un média.

        1 autres commentaires
    • dsr_Evil
      dsr_Evil répond à -Candide-
      Jedi
      • Posté à 23h50 le 06/04/2010
      • Internaute 108731
        Jedi

      il y a une difference entre denoncer des faits trouvés (par soit meme ou par un tiers) et denoncer une source/personne interviewée...

  • ferdi la main froide
    ferdi la main froide
    intermédiaire
    • Posté à 19h55 le 06/04/2010
    • Internaute 111222
      intermédiaire

    Le journaliste n’est-il pas avant tout un citoyen doué de conscience ?

  • Chris.A
    Chris.A
    Ni pour,ni contre,bien au (...)
    • Posté à 20h03 le 06/04/2010
    • Internaute 32905
      Ni pour,ni contre,bien au (...)

    Quelque part en France, à l’aube.
    -Toc toc toc ! ! !
    Boum boum ! !
    -Qui va là ?
    -Nous sommes journalistes, ouvrez !
    -Que me voulez-vous ?
    -Ouvrez, sinon on défonce la porte.
    La porte s’ouvre. Une caméra énorme suivie d’un micro tendu par une perche font irruption dans la petite pièce. Les visages sont floutés derrière un projecteur.
    -Monsieur, nous faisons un reportage sur les indésirables. Pliez vous à nos exigences et nous tâcherons d’être cléments quand vous serez dénoncé à la police.
    -Mais je n’ai rien fait !
    La fine équipe parcourt les lieux dans une procession minutieuse. Puis celui qui semble être le chef lâche :
    -Vous avez des problèmes psychiatriques, n’est-ce pas ?
    -euh...il m’arrive de ne pas me sentir bien.
    -C’est bon , on s’en va. Quand vous serez entre quatre murs, on vous enverra l’enregistrement pour vous aider à tuer le temps. Ne nous remerciez pas.
    -Mais...
    Abasourdi, monsieur X a du mal à comprendre la scène qu’il vient de vivre.
    Au loin, des sirènes retentissent.

  • AlainCh
    AlainCh
    à l'écoute
    • Posté à 19h56 le 06/04/2010
    • Internaute 62435
      à l'écoute

    ben si les types des infiltrés c’est vos collègues,
    vous avez du boulot

  • argiope
    argiope
    chatouille ou pique, c'est selon
    • Posté à 19h56 le 06/04/2010
    • Internaute 34103
      chatouille ou pique, c'est selon

    On se croirait en plein paradoxe de Zénon : tu dénonces, tu seras honni, tu ne dénonces pas, tu seras honni.
    Ces journalistes espéraient à la fois se poser en professionnels efficaces et en citoyens modèles. Ils ont perdu sur les 2 tableaux.
    Et beaucoup de monde avec eux.
    Le résultat, c’est que la prochaine fois que des flics se feront passer pour des journalistes pour coincer ces salopards, ils ne coinceront plus personne.

    • fidal
      fidal répond à argiope
      guide de tourisme
      • Posté à 20h19 le 06/04/2010
      • Internaute 50600
        guide de tourisme

      Et que dire des « journalistes » de tf1 qui se pointeront en banlieux pour la prochaine enquéte sur la drogue,le prochain glandu de kapa qui ira au pays basque ou l’idiot d’europe 1 qui posera des ? aux militants CGT de Molex.... ?
      On leur dira qu’on cause pas aux balances.
      Et ne me sortez pas la nécécité de l’urgence humanitaire de ce genre d’actes pourris,la plus grosse condamnation a ce jour grace aux mouchardages de ces faux culs,c’est mème pas un an de prison....
      Pour moi c’est clair,kapa avait prévu,à l’avance la déllation afin de se faire un peu plus de pub gratos.
      A qui le tour ?

  • Hououji_Fuu
    Hououji_Fuu
    Racaille Syndicale (oh yeah ! )
    • Posté à 20h00 le 06/04/2010
    • Internaute 27115
      Racaille Syndicale (oh yeah ! )

    Il me semble que Laurent Fabius, invité ce soir au Grand Journal de Canal, vient de faire trois constats très pertinents sur ce sujet :

    - la protection des sources, c’est quand un journaliste se présente comme tel à sa source, et de ce fait lie une sorte de contrat moral de non divulgation avec sa source.

    - la question est de savoir si un journaliste peut ou non, selon les codes de déonthologie en vigueur (ça c’est moi que le rajoute), faire un reportage et/ou une enquête sans annoncer qu’il est journaliste.

    - et si vous appreniez que le type sur lequel vous êtes en train d’enquêter s’apprête à violer des gosses, vous resteriez zen sans rien faire et n’alerteriez personne, vous ?

    Au final, l’enquête menée par Capa était « sous couverture », pas d’annonce de l’enquêteur qu’il est journaliste, donc pas de contrat moral, donc pas de « rupture de contrat de non divulgation » avec les pédophiles, qui NE sont PAS des sources, dans le cas d’espèce.

    La seule question c’est : peut-on faire des enquêtes de journalisme sans annoncer au préalable aux objets de l’enquête qu’on est journaliste ?

    J’aurais tendance à dire oui.

    (merci de ne pas citer l’interview de Mesrine ou autre truc équivalent en pseudo-réponse, la journaliste qui l’a interviewée s’était identifiée comme journaliste, et elle était donc liée par ce contrat moral de non-divulgation)

    • Duc du Granlac
      Duc du Granlac répond à Hououji_Fuu
      Républicain
      • Posté à 20h01 le 06/04/2010
      • Internaute 86373
        Républicain

      Vous avez très bien résumé merci.

    • cyr_b
      cyr_b répond à Hououji_Fuu
      prof
      • Posté à 21h08 le 06/04/2010
      • Internaute 83900
        prof

      Bravo pour ce commentaire.

    • kkadim
      kkadim répond à Hououji_Fuu
      service public rhone alpes
      • Posté à 21h25 le 06/04/2010
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      sauf que, pour au moins une des personnes, l’enquêteur s’est présentée comme journaliste ( voir article sur le même sujet un peu plus bas ).....

    • Olivier D.
      Olivier D. répond à Hououji_Fuu
      Chef de projet Web/LAMP
      • Posté à 01h53 le 07/04/2010
      • Internaute 84933
        Chef de projet Web/LAMP

      Bonne explication du cas « sous-couverture ».

      Après, je ne comprends en quoi le fait que un journaliste déciderait de balancer sa source remettrait en cause le travail de journalisme de toute la profession...

      Sur le fond, l’essentiel n’est pas que certains journalistes soient des « balances », mais qu’il faut que le cadre légal envers les journalistes déclarés leur permet de ne pas être obligés, devant la justice, de dénoncer leur source.

    • Zombieland
      Zombieland répond à Hououji_Fuu
      C'est du zombie français, (...)
      • Posté à 08h26 le 07/04/2010
      • Internaute 110441
        C'est du zombie français, (...)

      Sauf que là, le journaliste s’est bien présenté en tant que journaliste à ses interlocuteurs.

      D’ailleurs, et c’est cité dans de nombreux articles sur le sujet, le journaliste le dit lui-même :

      - « Sans doute soulagé que je ne sois pas policier, Julien accepte le principe d’une interview. »

      On peut être pédophile et pas complétement idiot, ce n’est hélas pas incompatible : si quelqu’un vient vous voir après vous avoir piégé sur Internet et qu’il dit ne pas être policier, c’est qu’il est journaliste.

      Mais le problème, très bien soulevé par la lettre ouverte, c’est pourquoi avoir dénoncé des pédophiles (certes répugnants, immoraux, dangereux, etc.) et pas les banquiers frauduleux, les arnaqueurs de tous poils, les malfrats et autres dealers que les reportages de Capa ont montré avant ? Etsurtout, pourquoi le journaliste et son agence ont communiqué dessus comme s’il s’agissait d’un acte héroïque alors que l’on est dans la basse délation avec, en plus, un profit médiatique pour l’émission. « Avec ça, on va faire du buzz et de l’audience ! » Beurk...

      Enfin, imaginez le travail d’un journaliste d’investigation sans ses sources. Demain, après cette affaire et la suspicion sur l’émission de TF1, Haute Définition, il sera très difficile aux journalistes d’instaurer la confiance vis à vis des gens sur lesquels ils souhaitent enquêter. Plus personne ne voudra parler ou montrer. Et en définitive, nous n’aurons plus de révélations, plus de scandales, plus personne pour oser rompre la loi du silence. Je ne suis pas sûr que cela soit bénéfique à notre démocratie...

    • grimberto
      grimberto répond à Hououji_Fuu
      • Posté à 08h36 le 07/04/2010
      • Internaute 30168

      Merci j’ai eu la même réaction, sans un un fan de Fabius, j’ai trouvé sa réponse extrêmement pertinente. Comme votre post : la seule question est de savoir si on peut faire une enquête sans le dire, et avec caméra cachée.

      Parler de « contrat moral de journaliste » est aberrant, il n’y a pas de contrat là !

      Et ensuite, on juge le gars en oubliant qu’il s’agit de violeurs d’enfant ? ! ? Mais purée on fait ça au mien, je lui massacre la gueule et ne respecte plus aucune loi, désolé. Alors qu’après recherche sur le sujet, un homme décide que moralement il doit aller dénoncer ces hommes, oui, je le comprends.
      Qui parle de journaliste ici ? ! ?

      Franchement, c’est joli de faire les effarouchées, journalisteux.

    • laogong
      laogong répond à Hououji_Fuu
      • Posté à 09h10 le 07/04/2010
      • Internaute 27856

      Le problème dans ce cas c’est que les journalistes mènent finalement une enquête de police et pas une enquête journalistique. Il y a des policiers qui sont payés pour ça et il y a des raisons : présomption d’innocence, procédures à suivre pour le jugement.
      Je me demande dans quelle mesure la méthode utilisée par les journalistes ne risque pas d’être considérée comme « vice de forme » (pour autant que je sache on n’a pas le droit en France de filmer les gens sans leur autorisation) et d’aboutir à une relaxe. Dans ce cas, ils auraient pourri le travail des policiers en voulant le faire à leur place.
      S’ils avaient vraiment un code déontologique et pas de la merde dans le cerveau, ils auraient dénoncé et n’auraient pas fait d’émission. Mais bien sûr ce n’était pas l’objectif :

      -objectif 1 : racoler le téléspectateur sur le thème de la pédophilie
      -objectif 2 : racoler encore plus sur le thème du justicier à deux balles qui mène son enquête à la place de la police et vient livrer le coupable ficeler aux flics béats d’admiration (la série Z américaine)

      La prochaine étape c’est quand le journaliste tirera lui-même une balle dans la tête du présumé pédophile...

    • Hibou_Myope
      Hibou_Myope répond à Hououji_Fuu
      Criticologue
      • Posté à 13h22 le 07/04/2010
      • Internaute 84627
        Criticologue

      Donc, pour vous, il faut dire « je suis journaliste » pour que la personne en face devienne une source, qu’elle ait des informations à donner ou non ?

      En revanche, si personne ne dit « je suis journaliste », toutes les informations données par une personne sont considérées comme dépourvues de source ?

      C’est très étrange comme façon de penser. Vous avez dû trop jouer à « Jacques a dit ».

      Une source, c’est pourtant une métaphore simple. De même que l’eau claire jaillit de la source, la source métaphorique, c’est une personne ou un document qui délivre une information.
      Je n’ai pas besoin d’un sourcier pour définir une source : il suffit qu’il y ait une réserve d’eau. Autrement dit, c’est l’information qui définit la source, pas l’énonciation d’un pseudo contrat moral.

      Il y avait bien un contrat moral entre le journalistes et les personnes qu’il a interrogées. D’abord, certaines savaient qu’il était journaliste puisqu’il leur a dit. Ensuite, le journaliste a crée des relations de confiance. Ces personnes n’ont pas délivrés leur secret au premier venu, elles ont donné des infos et documents à une personne en qui elles avaient confiance. Cette confiance a été trahie.

      Que la raison de la trahison soit bonne ou mauvaise, il y a trahison.

      D’où le dilemme, car il y a dilemme : peut on piéger quelqu’un en tant que journaliste pour ensuite le dénoncer à la police ?

      • comcast
        comcast répond à Hibou_Myope
        simple citoyen
        • Posté à 14h35 le 07/04/2010
        • Internaute 51002
          simple citoyen

        Rien compris ;)

    • comcast
      comcast répond à Hououji_Fuu
      simple citoyen
      • Posté à 14h32 le 07/04/2010
      • Internaute 51002
        simple citoyen

      Pas mieux :))

    • comcast
      comcast répond à Hououji_Fuu
      simple citoyen
      • Posté à 14h33 le 07/04/2010
      • Internaute 51002
        simple citoyen

      Pas mieux :))

    • aurélien28
      aurélien28 répond à Hououji_Fuu
      animateur enfants
      • Posté à 14h51 le 07/04/2010
      • Internaute 109523
        animateur enfants

      « avec les pédophiles, qui NE sont PAS des sources, dans le cas d’espèce. »

      tout a fait d’accord avec ton commentaire,
      on veux toujours faire des lois avec des généralités mais quand on auras compris que le monde ne marche pas comme ca on auras fait un grand pas.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 20h01 le 06/04/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Quand un journaliste enquête sur des pots de vin, il sait que son enquête risque de servir à un tribunal.

    Le problème est d’abord que les enquêteurs ont choisi de cibler les pédophiles (sans jamais parler de la génèse des pédophiles), d’en inciter un bon paquet à s’exciter sur une pseudo-jeune fille, et de faire croire à 23 d’entre eux que leur témoignage ne pouvait pas leur nuire.

    Ces journalistes on fait un choix politique.

    Quand on piège des pédophiles anonymes, on a moins peur des camions qui reculent, que quand on piège des ministres ou autres mafieux...

  • londomolari
    londomolari
    DOOOOOOOOOOOOOOOMED ! ! ! !
    • Posté à 20h01 le 06/04/2010
    • Internaute 111145
      DOOOOOOOOOOOOOOOMED ! ! ! !

    Donc en gros, les journalistes doivent protéger les violeurs d’enfants ?

    • Zombieland
      Zombieland répond à londomolari
      C'est du zombie français, (...)
      • Posté à 08h39 le 07/04/2010
      • Internaute 110441
        C'est du zombie français, (...)

      Non, ce n’est pas ça le problème.

      Si l’on enquête sur un meurtre, un détournement de fonds lié à un parti politique, la mafia et que l’on ne dénonce pas ses sources, c’est protéger tout ces gens ?

      Quand le Canrad Enchainé ou un autre journal de ce type sort ses petites phrases sur les politiques ou ses documents administratifs ou autres, et qu’il ne donne pas ses sources, protége-t-il les gens qui ont collaboré avec lui ?

      Non. C’est d’abord le métier de journaliste qui est protégé. Le métier qui consiste à chercher le pourquoi et le comment et à en faire un article, un reportage, un film. Pour nous permettre de comprendre un peu mieux le monde dans lequel nous vivons.

      Alors, oui, la pédophilie, c’est dégueulasse. Mais à ce compte là, tous les crimes, qu’ils soient sanglants ou financiers, sont dégueulasses. Soit on les dénonce tous, soit on en dénonce aucun.

      Et quand, demain, les journalistes n’auront plus de sources pour nous dévoiler toutes les horreurs du monde, je suis sûr que l’on aura gagné en démocratie et liberté...

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