a debattre 02/04/2010 à 06h44

« Des négos ou boum » : les menaces de salariés paient

Soline Ledésert | Journaliste


Un salarié de Continental lors d’une manifestation devant la Bourse, à Paris (Charles Platiau/Reuters)

Quelques dizaines de salariés de l’équipementier automobile Sodimatex sont retranchés depuis jeudi dans l’usine de Crépy-en-Valois, dans l’Oise. Ils menacent de faire sauter une citerne de gaz située à l’intérieur de l’usine, que le propriétaire entend fermer. Des négociations sont prévues aujourd’hui avec le préfet. Un début de négociation s’est engagé dans la soirée de jeudi.

En juillet 2009, la menace d’action violente, lancée par les salariés de JLG à Tonneins (Lot-et-Garonne), avait permis à ces derniers d’obtenir « gain de cause ». Les salariés de Nortel venaient de déposer les bonbonnes et ceux de New Fabris ont mis bas les bouteilles de gaz. Nous avions alors publié cet article revenant sur ces méthodes d’actions radicales.

(De nos archives) Cette série de chantages bouscule la manière traditionnelle de négocier. Est-il aujourd’hui nécessaire de convier les médias à un feu d’artifice annoncé pour initier un dialogue avec ses patrons ? La menace de passer à des actions chocs a-t-elle remplacé le coup de fil à l’administration ou la lettre aux élus locaux ?

Retour sur les menaces, les passages à l’acte et les suites de quelques coups d’éclat des dernières années.

1

Cellatex. De l’acide dans la Meuse et 12 000 euros d’indemnités

Eté 2000. Les 160 salariés de l’usine Cellatex, société de filature de viscose à Givet (Ardennes), apprennent que leur entreprise est en liquidation judiciaire. Leur dernier patron en poste était autrichien et avait disparu de la scène un an auparavant.

  • Menace. L’utilisation du stock de 46 tonnes de sulfure de carbone, 56 000 litres d’acide sulfurique et 90 tonnes de soude forte qui sont entreposés dans l’usine, accompagnée du slogan « Jusqu’au boum boum boum ».
  • Passage à l’acte. 5 000 litres d’acide déversés dans la Meuse.
  • Les suites. Un protocole de sortie de conflit et des indemnités de licenciement de près de 12 000 euros par salarié, à l’été 2000.
2

Moulinex. « Du fric ou boum »

Novembre 2001. L’usine de Moulinex de Cormelles Le Royal (Basse-Normandie) ferme, les salariés contestent le plan de licenciement massif.

  • Menace. L’explosion de tonneaux remplis de substances inflammables déposés autour de l’usine, accompagnée du slogan « Du fric ou boum ».
  • Passage à l’acte. Un bâtiment incendié et la séquestration de Michel Bove, le délégué interministériel chargé de Moulinex.
  • Les suites. Une augmentation des indemnités de licenciement et des primes additionnelles pour certaines salariés.
3

Metaleurop Nord. Un plan social et des documentaires

Janvier 2003. Les 830 employés de l’usine Metaleurop Nord de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) apprennent au journal télévisé qu’ils sont licenciés sans préavis, suite au redressement judiciaire de la fonderie de plomb et de zinc dans laquelle ils travaillent.

  • Menace. L’utilisation du chlore, du nitrate et d’autres acides stockés dans la fonderie.
  • Passage à l’acte. Des pains de sodium sont déversés dans le canal de la Deûle.
  • Les suites.. Un plan social financé par les pouvoirs publics, des indemnités de licenciem

    ent, le reclassement des salariés et un florilège de films et documentaires.

4

Lenoir et Mernier. Les prud’hommes interviennent

Mars 2008 : les 132 salariés du fabricant de boulons Lenoir et Mernier, à Bogny-sur-Meuse (Ardennes), sont licenciés suite à la fermeture du sidérurgiste, qui fut vendu puis racheté, pour finir par faire faillite.

  • Menace. Le déversement du stock de centaines de litres d’acide chlorhydrique dans la Meuse et une petite cuve symbolique posée au-dessus d’une bouche d’égoût.
  • Passage à l’acte. Incendie de la maison-mère et d’un quart d’une des usines.
  • Les suites. La requalification par le conseil des prud’hommes de Charleville-Mézières, en mai 2009, des licenciements économiques en « licenciements sans cause réelle et sérieuse », et un droit à des indemnités entre 1 500 et 43 000 euros pour les anciens salariés.
5

Continental. 50 000 euros au lieu de 20 000 euros

Avril 2009 : après le rejet par la justice de leur demande de suspension de la procédure de fermeture du site de Continental à Clairoix (Oise), les salariés du fabricant de pneus expriment leur colère.

  • Menace. « Déjà, dès le premier jour, ils voulaient tout exploser et (mettre) le feu à l’usine », avait annoncé Xavier Mathieu, délégué CGT, en parlant des salariés.
  • Passage à l’acte. Le ravage de la sous-prefecture de Compiègne par des salariés de Continental, le 21 avril.
  • Les suites. Indemnités de départ de 50 000 euros pour chacun des 1 120 salariés licenciés, au lieu des 20 000 euros initialement prévus.

Article initialement publié le 16 juillet 2009.

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  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 10h28 le 02/04/2010
    • Internaute 25391
      Flat4


    Evidemment c’est un bluff. Même pas un bluff, un pseudo scoop pour faire la nouvelle. Mais ça annonce la couleur. Si on n’annonce pas AVANT LA RENTRÉE au moins l’ébauche d’un nouveau projet de société

    Il se passe quoi de si spécial dans la nuit du 31 août au 1er septembre ?


    on aura la violence en octobre.

    Et pourquoi pas le 12 septembre à 11h28 ?

    • Piedo
      Piedo répond à I.P
      Assis
      • Posté à 10h57 le 02/04/2010
      • Internaute 43246
        Assis

      Parce que le 12, ça m’arrange pas, j’ai piscine.

       
      • lestaq
        lestaq répond à Piedo
        bucheron
        • Posté à 14h40 le 02/04/2010
        • Internaute 62298
          bucheron

        Moi je profite de la nuit du 4 aout pour piquer une tête dans celle des voisins !

      1 autres commentaires
  • Anonyme

    Je vois pas en quoi c’est pire que le chantage à la délocalisation ou à la fermeture pratiquée par tant de boites.

    • Jonas2
      Jonas2
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 17h35 le 16/07/2009
      • Internaute 19359
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Tout à fait.
      Je serais même tenté de dire que les salariés se mettent à jouer la même partition que les patrons voyous car c’est apparemment la seule musique qui les fait danser.
      Qui a réussi à complètement dévoyer les voies traditionnelles de la négociation sinon ces patrons qui humilient les salariés de toute leur morgue depuis trop longtemps ?

      • la champenoise
        la champenoise répond à Jonas2
        • Posté à 07h37 le 02/04/2010
        • Internaute 27942

        Il faut aussi savoir qu’après avoir touché 55 millions du gouvernement l’an dernier, dans le cadre du soutien à l’industrie automobile, le groupe TREVES, à qui appartient Sodimatex, a décidé de fermer également une autre usine : PTPM à Aÿ-en-Champagne, pour délocaliser la fabrication en Tunisie. Là aussi, les salariés (130 si je me souviens bien) ne se laissent pas faire, mais leur combat est sur le plan juridique pour le moment.
        Encore un groupe voyou à qui le gouvernement fait des cadeaux sans contrepartie ...

         
        • jkgsc
          jkgsc répond à la champenoise
          Talibanlieusard
          • Posté à 10h00 le 02/04/2010
          • Internaute 84410
            Talibanlieusard

          quand on appliquera se principe au manifestation dans les rue
          on aura fait un grand pas en avant ! ! !

          • ysengrimus
            ysengrimus répond à jkgsc
            • Posté à 12h21 le 02/04/2010
            • Internaute 12674

            Ceux qui se demandent tant c’est quoi la lutte des classes... Ben, cest ça...

            Paul Laurendeau
            Lien

        2 autres commentaires
      • Désinscrit le 19 avril
        • Posté à 10h00 le 02/04/2010
        • Internaute 39070

        A l’abordage ! Lien

    • pablico
      pablico
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h22 le 16/07/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      exact, c’est le fruit d’une certaine escalade.
      on ne s’est pas gêné de faire de la délocalisation.
      on a fait monter les enchères pour baisser les salaires et les lois sociales..
      donc une escalade dans un conflit se fait avec les deux protagonistes... il ne faut pas se plaindre après.

      si ils en arrivent là, c’est que leur syndicat est impuissant sans pouvoir, que leur parole n’est pas écoutée. Ils sont tout nus… d’un côté il y a la rigueur des chiffes, des stratégies, et de l’autre il y a du matériel humain… ce n’est jamais bien compatible surtout en période de crise…
      derrière chaque personne, il y a une petite « entreprise » : la famille..et on l’aime sa famille, on en est responsable.

      c’est notre vue latine de la chose..qui n’a rien d’anglo-saxons.

    • Iv
      Iv
      Roboticien utopiste
      • Posté à 09h00 le 17/07/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Devoir en arriver là c’est honteux.
      Mais je suis moins choqué par le chantage à l’explosion ou l’incendie que par le chantage à la pollution. Verser de l’acide dans un fleuve, c’est vraiment irresponsable, ça montre un mépris pour la communauté qui n’encourage pas prendre leur parti. Ca, ils doivent cesser. A soit seul les rejets dangereux d’une usine sont un motif suffisant pour la fermer, alors de grâce arrêtez ces gestes contre-productifs !

      • Serviant
        Serviant répond à Iv
        lost in Saigon
        • Posté à 09h46 le 17/07/2009
        • Internaute 84172
          lost in Saigon

        Je partageais votre opinion jusqu’a que j’aprenne qu’en meme temps que de l’acide, ces salaries ont verse une quantitee de soude suffisante pour le neutraliser. Ca reste limite, mais ca merite d’etre signale.

      • Pitirex
        Pitirex répond à Iv
        perd sa vie à la gagner
        • Posté à 14h07 le 02/04/2010
        • Internaute 102041
          perd sa vie à la gagner

        Moi, ce qui me choque, c’est le chantage à la délocalisation, après avoir pris l’argent de l’état. On l’oublie un peu trop, mais l’argent de l’état c’est le notre.

    • PsyKoPatocH
      PsyKoPatocH
      alcoolique pratiquant
      • Posté à 07h51 le 02/04/2010
      • Internaute 51567
        alcoolique pratiquant

      je suis d’accord pour que les salariées maltraités par leur patron mettent la pression sur celui-ci, mais il me semble que déverser volontairement des produits polluant dans les rivières, s’apparente a du terrorisme écologique , et que cela devrait être sévèrement puni par une loi

      un geste tres symboliques, serait que tous les ouvriers des usines concernées ailles directement se servir chez les patrons, et reprennent ce que les patrons leur ont volées : contenu de la maison , voiture, actions etc

      • Tom-
        Tom- répond à PsyKoPatocH
        • Posté à 13h02 le 02/04/2010
        • Internaute 9410

        Vous êtes marrant, vous. Dans le cas de Cellatex, il n’y avait plus de patron depuis dix mois. Il avait foutu le camp.

    • jami9276
      jami9276
      travailleur
      • Posté à 15h02 le 02/04/2010
      • Internaute 95810
        travailleur

      Tout simplement une riposte de voyous à des patrons voyous...

  • jub
    jub
    chef de moi-même
    • Posté à 17h36 le 16/07/2009
    • Internaute 77600
      chef de moi-même

    « Les salariés de Nortel viennent de déposer les bonbonnes et ceux de New Fabris ont mis bas les bouteilles de gaz. “

    Et ça fait mal ?
    C’est combien le temps de gestation pour une bouteille de gaz ? ;)

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h39 le 16/07/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est bien connu, on écoute celui qui pointe un flingue sur la tempe : D

    Par contre, autant faire sauter une usine c’est réglo comme moyen de pression, mais balancer de l’acide dans une rivière, ça met en danger la vie de gens qui n’ont rien à voir avec leurs histoire.
    Franchement, un mec qui s’amuse à ça il a intérêt à suivre son patron dans sa nouvelle usine au Tadjikistan, parce que ça devient parfaitement légitime que de l’expédier au fond de la rivière pour filer à bouffer aux poissons histoire de compenser ceux qu’il a crevés.

    C’est comme cramer des pneus place de la Bourse, c’est parfaitement dégueulasse. Moi j’y suis pour rien dans son problème, j’ai jamais acheté un seul pneu et je bosse pas pour lui, par contre je zone dans le coin et j’aime vraiment pas fumer du pneu.
    Belle mentalité que la punition collective qui frappe aveuglément les innocents comme les coupables. Du coup si mon patron m’emmerde, je vais aller dans son bled et je vais faire un grand bucher de matériel informatique dans son jardin.
    Surtout que tant qu’à faire chier son patron et à s’allier le public, il serait nettement moins stupide d’offrir les pneus aux passants au lieu de les bruler.

    Et bizarrement, je suis prêt à parier que tout ceux qui défendent ces pauvres manifestants qui ont recours à ces méthodes sont les mêmes à huer les méchants Américains qui foutent sur la gueule à tout le monde à cause d’une bande de barbus... alors que c’est exactement la même chose !

    Enfin bon, réfléchir, c’est pas vraiment le fort de l’homo sapiens...

    • Tom-
      Tom- répond à Keldan
      • Posté à 18h49 le 16/07/2009
      • Internaute 9410

      Je connais bien Cellatex et vous savez quoi ? Ben on ne pouvait pas suivre le patron jusqu’au Tadjikistan parce que personne ne savait où était le patron depuis presque un an. Avant de se décider à menacer de mettre de l’acide et de la soude dans la Meuse, il a fallut attendre pendant un an avant d’avoir un interlocuteur. Tout le monde en avait rien à foutre.

      Un an à demander quelqu’un à qui parler. Vous pouvez imaginer ça ?

      J’en profite pour mettre aussi quelques pendules à l’heure à propos des syndicats. C’est pas la faiblesse des syndicats qui a poussé à menacer de déverser de l’acide et de la soude dans la rivière. Les syndicats, ils étaient là.

      C’est le j’menfoutisme de la filière chimie du patronnat Ardennais, et celui des services de l’Etat qui ont laissé les ouvriers mariner pendant des mois.

      Il a fallut déverser de l’acide pour qu’enfin, le Ministère des affaires sociales daigne donner des instructions précises en préfecture. C’est finalement Maurad Rahbi (qui est à la CGT) qui a co-inventé en préfecture, avec Martine Aubry, en directe et les élus locaux un truc qui s’appelle le CTP. Le Contrat de Transition Professionnel. C’est comme ça qu’on est sorti de cette crise.

      Ca commence à me gonfler ces histoires de faiblesse des syndicats. C’est du baratin parce que même quand les syndicats sont là, il arrive qu’il faille en venir à des moyens extrêmes.

      Pourquoi c’est jamais la faute des patrons ?

      • Iv
        Iv répond à Tom-
        Roboticien utopiste
        • Posté à 09h03 le 17/07/2009
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        On ne détruit pas un écosystème inutilement. Point.

         
        • Tom-
          Tom- répond à Iv
          • Posté à 16h47 le 18/07/2009
          • Internaute 9410

          « Inutilement », vous avez dit ?

          80 000 francs d’indemnités supra-légales, un an de de maintient du salaire avant de pointer aux ASSEDIC, un conseiller emploi pour 20 ouvriers contre un pour 200 sur le bassin d’emploi et la priorité pour les dispositifs de requalification.

          Vous pouvez trouver ça inutile. On parle de la survie de centaines de familles.
          Vous trouvez ça négligeable. C’est noté. Y a encore plein de cuves d’acide dans les Ardennes.

          • la panthère verte
            • Posté à 09h55 le 02/04/2010
            • Internaute 32620

            Le capitalisme fait assez de dégâts, inutile d’ajouter la destruction des superbes Ardennes, comme le ferait un vulgaire patron sans scrupules.

          • sevinilud
            sevinilud répond à Tom-
            GAULOIS
            • Posté à 10h34 le 02/04/2010
            • Internaute 27066
              GAULOIS

            Mais qu’est- ce qu’ils en ont à battre des familles qui souffrent ces amoureux de la nature. ils ne manquent certainement pas de l’essentiel pour survivre. c’est vrai que moi aussi j’aime voir un écureuil grimper aux arbres, mais si j’ai faim je le tire et je le bouffe.

            • lestaq
              lestaq répond à sevinilud
              bucheron
              • Posté à 14h56 le 02/04/2010
              • Internaute 62298
                bucheron

              Très joli sevenilud !
              Pour ma part je préfère les rouge-gorges (rigäu en provencal)
              Comptez une douzaine par convive.
              Mitterrand , le landais , avait un faible pour les ortolans.

        4 autres commentaires
      • Keldan
        Keldan répond à Tom-
        Now future & karpe diem
        • Posté à 10h21 le 17/07/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Il y a une très grande différence entre menacer de le faire et le faire réellement. Dans le premier cas, cela attire les journalistes, dans le deuxième cela rend l’eau impropre à la consommation et aliène l’opinion publique.

        Je ne vois pas pourquoi on accuserait les patrons de saloper les rivières à ce moment, ce n’est pas eux qui menace de le faire.
        Par contre les accuser de polluer quand l’usine tourne, ça oui...

         
        • Tom-
          Tom- répond à Keldan
          • Posté à 17h36 le 18/07/2009
          • Internaute 9410

          Vous dites qu’il y a une différence entre le faire et menacer.

          A un jet de pierre de Givet/Cellatex, vous avez Bourg-Fidèle/Metal Blanc. Ca vous dit quelque chose, Metal Blanc ?

          C’est une usine de retraitement de batteries au plomb. Dès 1985, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie alerte les autorités de l’Etat sur le nombre trop élevé de cas de saturnisme dans les familles ouvrières. Tout le monde s’en fout.

          En 1997, quelques années avant Celatex, donc, les premières mesures de plombémie sont faites dans rivière. En 2005, le patron de l’usine est condamné à 500 000 euros de dommages et intérêts répartis entre les 30 parties civiles : des clopinettes. La mise en danger de la vie d’autrui n’a pas été reconnue.

          Jugement en appel le 15 septembre prochain. 25 ans plus tard. Les principales victimes sont presque toutes mortes ou définitivement handicapées. Le meilleur moyen de gagner ce genre de procès, c’est de laisser crever les plaignants. C’est quelque chose qui est bien compris, maintenant. A nous de rendre la pareil.
          Il y a deux mois, le stock de 200 tonnes de batteries ont pris feu. Metal Blanc n’assure toujours pas la sécurité de ses locaux, et ne parlons même pas de dépollution.

          « Il y a une différence entre menacer de faire et faire réellement ». Quand les patrons font réellement, c’est la mort qui attend les ouvriers dans l’indifférence générale.
          Quand c’est les ouvriers, vous faites haro sur ceux qui luttent. La médiatisation, ça marche uniquement quand il y a moyen de nuire aux travailleurs. Il y a six mois, chez la SOPAL, toujours à Givet, c’était pas de l’acide qui devait couler. C’était des encres pour papier. Encore une fois, indifférence générale. Personne n’en avait rien à foutre. Il a fallut qu’un Député Belge inquiet de ce qui risquait d’arriver en aval de la rivière, chez lui, se déplace et obtienne pour les camarades que le Préfet accepte de les reçevoir. Ils ne demandaient rien d’autre.

          Vous me mettez hors de moi. L’opinion publique, vous ou LV, vous vous en foutez de nous. D’accord. Vous vous préoccupez de « l’écosystème » mais uniquement si ça risque de vous retomber sur la figure. Très bien. Message reçu.

          Vous inquiétez pas. On a tellement servi de dépotoir afin d’assurer votre petit confort qu’on a largement encore de quoi faire.
          Allez, une dernière.
          Après plus de six moi de conflit (dans l’indiférence générale des pouvoirs publics), le matin de l’ouverture des négociations en préfecture, qui vient rendre visite aux ouvriers qui occupent ATG ?

          Lienenvoyé par Lien. - Lien

          • Keldan
            Keldan répond à Tom-
            Now future & karpe diem
            • Posté à 17h05 le 20/07/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Non ça me dit rien Métal Blanc... Je connais un paquet de coins perdus de ce pays, mais bon, je suis loin de tous les avoir fait : D

            Mais les patrons qui salopent les rivières, ce n’est pas le sujet.
            En plus, ça ne serait pas drôle, tout le monde serait d’accord pour les insulter sévère, y’aurait pas de clivage sur le fait que c’est bien ou mal, nécessaire ou abusé, et qu’il faudrait arrêter de les menacer pour vraiment les pendre haut et court.

            Mais bon, tu as bien raison, je m’en fous des autres, j’aime pas les gens, et ils me le rendent bien.

            • Tom-
              Tom- répond à Keldan
              • Posté à 17h49 le 20/07/2009
              • Internaute 9410

              Le sujet, c’est les ouvriers qui polluent les rivières et sur lesquels on tape de façon systématique en oubliant opportunément tout le reste.

              Il y a deux morts par jours au travail. Le jour ou les uns et les autres, presse en tête, vous commencerez à vous en plaindre, vos récriminations sur Celatex ressembleront vraiment à une préoccupation écologique et pas juste à un bourinage anti-ouvriers.

          • sevinilud
            sevinilud répond à Tom-
            GAULOIS
            • Posté à 11h55 le 02/04/2010
            • Internaute 27066
              GAULOIS

            ++ bien envoyé !

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 17h34 le 16/07/2009
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à Chimulus
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 20h11 le 16/07/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Vous avez réellement un humour ...détonnant . J’en ris encore !

  • gabriel12
    gabriel12
    Etudiant
    • Posté à 17h45 le 16/07/2009
    • Internaute 42226
      Etudiant

    Quel article, belle incitation à recommencer ce genre de choses :

    Passage à l’acte : « 5 000 litres d’acide déversés dans la Meuse », « bâtiment incendié et [..] séquestration », « pains de sodium sont déversés dans le canal de la Deûle », « incendies », « ravages »

    –> Les suites : Ils ont obtenu plus ! ! !

    C’est fou de plublier ce genre de trucs, pendant qu’on y est Rue89 devrait tenir un journal quotidien des actions scandaleuses pour obtenir des indemnités (et au passage saboter son outil de travail, mais ça on s’en fout, il appartient aux méchants actionnaires) avec possibilité de rajouter des idées encore plus connes.

    Je propose : prise en otage de familles d’actionnaires, découpage d’un doigt de patron toutes les cinq minutes en cas de non soumission aux revendications, agression d’inconnus dans la rue (pourquoi se limiter aux rivières... ?), water boarding, écartellement etc etc.

    • Numerosix
      Numerosix répond à gabriel12
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 18h46 le 16/07/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Donner des baffes aux étudiants en finance ?

      • teych
        teych répond à Numerosix
        insoluble dans le libéralisme
        • Posté à 19h40 le 16/07/2009
        • Internaute 36309
          insoluble dans le libéralisme

        Ou leur couper les bourses,

        enfin, je voulais dire supprimer les bourses d’étude.

      • gabriel12
        gabriel12 répond à Numerosix
        Etudiant
        • Posté à 21h38 le 16/07/2009
        • Internaute 42226
          Etudiant

        Pas assez efficace à mon vis, mais si ça t’amuse !

         
        • kk
          kk répond à gabriel12
          au vert
          • Posté à 23h28 le 16/07/2009
          • Internaute 13480
            au vert

          Mon vit ?

          • Samanide
            Samanide répond à kk
            • Posté à 11h47 le 02/04/2010
            • Internaute 17610

            La sécurité existe.

            Les responsables de la CGT comme les journalistes devraient faire un petit stage aux pompiers ou avec des démineurs.
            La citerne chauffée avec les 3 palettes ou 20 qu’il y a autour et quand bien même elle arriverait à une température dépassant les 1000 degrés environ, n’exploserait pas. Comme c’est prévu, elle se déformerait pour laisser sortit le gaz sous pression énorme. Mais elle ne pourrait toujours pas exploser à cause de cette pression de sortie. Le gaz brûlerait comme un chalumeau et psitt.

            Cela a été bien pensé justement pour éviter les explosions en cas d’incendie, et cela quelque soit la taille de la citerne ou bouteille.

            Il faudrait un B52 pour exploser cette usine, mais bon, est ce bien raisonnable...

        2 autres commentaires
    • jub
      jub répond à gabriel12
      chef de moi-même
      • Posté à 18h14 le 16/07/2009
      • Internaute 77600
        chef de moi-même

      « Je propose : prise en otage de familles d’actionnaires, découpage d’un doigt de patron toutes les cinq minutes en cas de non soumission aux revendications »

      C’est pas con, je n’y avais pas pensé.Le problème c’est qu’après dix minutes les patron ne peut plus signer d’accord...Faudrait revoir les délais.

      • kk
        kk répond à jub
        au vert
        • Posté à 18h29 le 16/07/2009
        • Internaute 13480
          au vert

        Je cherchais comment le dire ...

         
        • jub
          jub répond à kk
          chef de moi-même
          • Posté à 20h00 le 16/07/2009
          • Internaute 77600
            chef de moi-même

          Ça donnerait presque envie d’étudier la finance. :)

          • kk
            kk répond à jub
            au vert
            • Posté à 21h08 le 16/07/2009
            • Internaute 13480
              au vert

            presque seulement ; o)

          • gabriel12
            gabriel12 répond à jub
            Etudiant
            • Posté à 22h51 le 16/07/2009
            • Internaute 42226
              Etudiant

            Je comprends, c’est intéressant comme sujet.

        3 autres commentaires
      • Di
        Di répond à jub
        • Posté à 12h23 le 18/07/2009
        • Internaute 8231

        Suffit de couper des doigts de pieds - ça gênerait pas pour signer l’accord et les délais seraient respectés. En plus, ça réduirait la mobilité de celui qui veut faire « voyager » la boîte... : -)

    • kk
      kk répond à gabriel12
      au vert
      • Posté à 21h09 le 16/07/2009
      • Internaute 13480
        au vert

      « possibilité de rajouter des idées encore plus connes. “

      Faut pas nous tenter comme ça !

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à gabriel12
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 21h48 le 16/07/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      L’action syndicale efficace tend de plus en plus à se confondre avec le banditisme et l’utilisation de moyens qui n’ont pas leur place dans un État de droit.

      On peut blâmer l’action directe syndicale - qui d’ailleurs en arrive vite à ne plus être syndicale que de nom et devient pure extorsion - mais, si on remonte dans la chaîne causale, on voit que le système capitaliste que nous avons n’offre aux travailleurs AUCUN recours digne d’un État de droit.

      Nous sommes dans une situation où il est prévu que le plus fort gagne. Comment reprocher aux travailleurs de prendre les moyens d’être les plus forts ?

      Lien

      Lien

      Pierre JC Allard

      • spleenlancien
        spleenlancien répond à pierrejcallard
        Manant, de passage sous le (...)
        • Posté à 21h57 le 16/07/2009
        • Internaute 78672
          Manant, de passage sous le (...)

        On ne saurait mieux dire !

      • kdb
        kdb répond à pierrejcallard
        • Posté à 22h24 le 16/07/2009
        • Internaute 29729

        « l’utilisation de moyens qui n’ont pas leur place dans un État de droit. “
        comme tu dit...
        mais ont est encore dans un état de droit ? franchement j’en doute

         
        • Anonyme répond à kdb

          non bien sur on n’est plus dans un état de droit. Après le vote non à l’europe il ne se passe rien.

          Après le rejet d’adopi, ils revotent !

          Les reporters photos sont tabassés

          le budget de l’elysée, c’est à hurler quand des gens dorment dans la rue.

          Le cachet du copain chanteur sur le champs de mars le 14 juillet.
          Ce pognon ils pouvaient le donner aux restaux du coeur et les Parisiens ne se seraient pas plus mal portés de se coucher plus tôt.

          En pleine crise ils continuent comme au temps des 30 glorieuses.

          le président veut un nouvel airbus, ils l’achètent et le transforment car il ne peut se contenter du tout venant

          ils vivent comme des nababs pendant que des travailleurs perdent tout.

          face à des patrons voyous on doit se conduitre en voyou.

          si tu fermes ton usine comme un salaud,on te la réduit en cendre c’est plus facile à déménager.

          Ils nous prennent pour des ( facteurs d’ajustement) même plus des prolos.
          Ils pêtent dans la soie et les privilèges, les prolos dans les bombes et les démolitions d’usine.

          proute pas chère, nous n’anons pas les memes valeurs

          • Eleonore10
            • Posté à 10h51 le 17/07/2009
            • Internaute 23439

            Je crois même avoir lu que Carla aurait répondu (le 14 juillet) à un journaliste qui lui demandait :
            - Savez-vous, Madame qu’il y a beaucoup de chômeurs en France ?
            - Ils n’ont quà travailler le dimamche ....

        2 autres commentaires
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