Vie de bureau 30/03/2010 à 19h41

Coups de fil, dossiers : le piège du travail à la maison

Nacim Chikh | Rue89


Un homme travaille sur son canapé (Plutor/Flickr)

Consulter ses e-mails après dîner, répondre aux appels pro le week-end ou préparer la réunion du lendemain... A quel moment finit la journée de travail ?

Scott Schieman (sociologue à l’université de Toronto), Melissa Milkie, (université du Maryland) et Paul Glavin (université de Toronto) ont conduit une étude pour essayer de mesurer les intrusions de la vie professionnelle dans la sphère privée, demandant aux personnes interrogées à quelle fréquence ressentent-elles que leur travail interfère avec leur vie familiale ou avec leurs loisirs. Près de la moitié des salariés nord-américains interrogés ramènent du travail à la maison « de temps en temps » ou « fréquemment ».

Une discrimination « à l’envers »

A la différence de la plupart des inégalités professionnelles, le travail à domicile touche plutôt les « biens lotis ». Plus le niveau d’études est élevé ou le rôle dans l’entreprise important, plus les intrusions du travail à la maison sont fréquentes. Les professions libérales emportent aussi plus souvent du travail à domicile que dans d’autres secteurs.

On pourrait penser que ceux qui ont plus de contrôle sur leur temps de travail parviennent plus facilement à ne pas se laisser envahir chez eux. Au contraire, ceux qui maîtrisent leurs horaires de travail sont aussi plus susceptibles d’emmener du boulot chez eux.

Les travailleurs étrangers ou les jeunes semblent en revanche moins touchés par le phénomène.

Frontières poreuses

En France, aucune étude chiffrée n’existe sur le sujet. Pourtant, les exemples ne manquent pas.

Myriam travaille dans la finance. Pour elle, travailler de chez elle fait partie du quotidien :

« Je n’ai qu’une seule boîte e-mail pour le boulot et le reste. Donc quand je suis sur mon ordinateur chez moi et que je vois un mail du bureau, je réponds souvent tout de suite. Et puis comme je suis célibataire, j’ai rarement des activités que je ne peux pas mettre en attente quelques minutes. »

Grégory lui, travaille dans la publicité. Il vit moins bien de devoir prolonger sa journée chez lui :

« Je prends souvent des RTT le mercredi après-midi pour rester avec mes enfants. Mais quand un client m’appelle (j’ai un portable pro payé par ma boîte), je ne peux pas ne pas décrocher ou je vais m’arracher les cheveux à l’idée de rater un contrat. C’est un peu le piège. Je ne paie plus des fortunes en téléphone mais au final, je passe une bonne partie de mes RTT à travailler ».

L’époque du dossier de 3 kilos est finie

Ces interférences entre sphère professionnelle et sphère privée ont été facilitées par l’arrivée de nouvelles technologies, nous explique Didier Demazière, sociologue au Centre de sociologie du travail :

« L’époque où celui qui voulait travailler à la maison rapportait un dossier de 3 kilos est finie. Maintenant, on rentre chez soi et on allume son ordinateur. La multiplication des moyens de communication a créé une disponibilité latente et permanente et a rendu poreuse la ligne entre vie professionnelle et personnelle. »

Pour lui, plus qu’une politique managériale initiée par les entreprises, les salariés sont poussés à travailler aussi de chez eux de manière plus implicite :

« Aujourd’hui, où que vous soyez, vous êtes toujours joignable. On observe un phénomène d’auto-mobilisation basé sur la culpabilité : “Tout le monde sait que je peux vérifier mes mails professionnels depuis chez moi, donc je les regarde”. Le mélange des genres est en train de devenir la règle. »

Et vous ? Emportez-vous du travail chez vous ? Comment réglez-vous la question de la séparation de votre vie professionnelle et de votre vie personnelle ?



Dessin de Chimulus

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  • 108 réactions
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  • framboise92
    framboise92 répond à Allegro3
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 18h11 le 01/04/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Bonsoir,
    Je suis en maternelle et mon père était PEGC . Il corrigeait du jour u lendemain. Il était ainsi plus libre.
    Moi, j’ai chaque soir la tête prise.
    @ plus car je vais manger et me coucher !
    Cordialement !

  • heho
    heho
    weird gone pro
    • Posté à 21h25 le 30/03/2010
    • Internaute 56350
      weird gone pro

    avec les mobiles, on a déjà pris le pli de se rendre disponibles pour tout le monde, tout le temps... une fois le pli pris, essayez de ne pas décrocher, juste parce que vous êtes occupés, ou même pas, juste pas envie de discuter... panique au bout du fil, on s’inquiète, on vous reproche de faire la gueule etc...
    pour moi bosser à la maison via mobile ou e-mail relève de la même démarche... un besoin compulsif de prouver, et surtout SE prouver, qu’on est là et qu’on existe parce que quelqu’un cherche à communiquer avec nous...
    c’est juste triste.

    • Beretman
      Beretman répond à heho
      ou la joie de vivre
      • Posté à 00h47 le 31/03/2010
      • Internaute 48979
        ou la joie de vivre

      C’est déjà beau d’en être conscient et de le reconnaître !
      Prochaine étape : apprends à nager à ton (insup)portable.
      J’en ai eu un pendant 6 mois, il y a 11 ans.
      Jamais plus depuis, conscient qu’il s’agit d’une laisse électronique que tient Madame, ou le boss ou que tiennent les enfants.
      C’est surtout quand on se pose OBJECTIVEMENT la question de l’utilité de cet appareil et que l’on fait le rapport avantages / inconvénients.
      Personne ne m’a jamais convaincu et pourtant nombreux sont ceux qui ont essayé et ne comprennent toujours pas mon refus

      • heho
        heho répond à Beretman
        weird gone pro
        • Posté à 19h42 le 01/04/2010
        • Internaute 56350
          weird gone pro

        bon, j’avais pas de portable, les gens n’arrivaient pas à me joindre soi-disant (pourtant, je consulte mes mails une à deux fois par jour, et j’ai un répondeur sur mon fixe...), donc, devine : on m’en a acheté un ! mais, sauf cas exceptionnels, il est tout le temps chez moi, et j’oublie de le recharger... et voilà ! tranquille !
        (& ça me coûte 5 euros tous les 6 mois, juste pour garder le numéro, au cas où)
        chapeau en tout cas aux opérateurs-voleurs, qui ont réussi en 10-12 ans à convaincre 60 millions de français de s’enchaîner un peu plus.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 22h04 le 30/03/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    Chez les fonctionnaires elle ne commence pas, elle ne peut donc finir.

    • Ethelbert
      Ethelbert répond à obey-
      (né trop tard dans un monde (...)
      • Posté à 10h09 le 31/03/2010
      • Internaute 65688
        (né trop tard dans un monde (...)

      Poujadiste.

      Je suis fonctionnaire, et je bosse plus que certaines personnes que je connais, et qui travaillent dans le privé. Quand on ne connaît pas la réalité d’un travail, on se tait. Merci.

  • Jovan
    Jovan
    Nouille Orquee
    • Posté à 22h43 le 30/03/2010
    • Internaute 8380
      Nouille Orquee

    1 - Préambule
    Je travaille pour un editeur de logiciel francais.
    Je suis un consultant, et j’ai eu l’occasion de voyager enormement pour mon entreprise. Je vis actuellement a New York.
    Je ne tiens absolument pas a critiquer mon entreprise, mais a temoigner de mon expérience sur les conditions de travail dans differents pays afin d’apporter un eclairage international et culturel. Je ne parle qu’en mon nom.

    2 - Paris, France
    Je viens de l’industrie. Un bureau. Les open space, j’ai deja pris l’habitude. Mes premiers jours sont etranges, j’arrive dans un open space a l’ambiance feutrée. Je m’assoie a un bureau libre, duquel on me degage gentiment... puis un deuxieme.... J’ai l’impression d’etre au milieu d’une meute de loups dominant qui se battent pour leur territoire. Cette situation est acceptable, je suis consultant, je ne passerai pas mon temps dans ce bureau. Je changerai tout le temps en fonction des clients chez qui j’interviendrais. Je suis paye pour ca, je l’accepte. Je trouve un coin.
    Au bout de quelques semaines, je suis assigne a un bureau chez un client. 3 personnes, un bureau ferme. Le pied. J’oublie ces premiers jours rapidement et me concentre sur mon travail. Je changerai de bureau 3 fois en deux ans a chaque fois suite a de nouvelles affectations. Rien d’anormal, a chaque fois des bureaux fermes. De temps en temps je repasse sur le lieu de l’entreprise, je trouve un bureau libre. Il y a un téléphone, je n’ai besoin de rien d’autre pour travailler. Mes papier sont a mon bureau, je ne m’inquiete pas. A mon dernier bureau j’avais vu sur la Seine.
    Je perdais 3h de ma vie dans les transports parisiens.
    Cette expérience m’a appris a être mobile, a m’organiser pour pouvoir travailler de n’importe ou. Mais le télétravail est relativement mal vu dans ma société. Ils ne peuvent contrôler qui travaille réellement. Pourtant j’en ai vu glander des gens sur site...

    3 - Montreal, Canada
    Lors d’un entretien annuel d’evaluation de performance, je négocie mon avenir dans la société. Et mon avenir a moi n’est pas en France. Je veux partir voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Ca sera Montreal, je suis donc mute.

    Montreal en hiver c’est terne. Peu de lumiere.

    Premier jour. Le batiment est en longueur. Quelques bureaux sont sur le cote. Au mileiu d’une grande salle, un open space. Et ca grouille. En amerique du nord, j’etais prevenu, on travaille dans des « cubicle » qui permettent d’etre en open space mais d’avoir une certaine « privacy ». La rien de tout ca. Des bureaux en L de 1m par 1m (pardons 3 pieds carres) separes par des panneaux fins et bas. Des papiers partout de la personne qui a occupe le bureau precedement. un telephone, une chaise. Un bruit incessant des gens au telephone qui crient, parlent fort. Il n’y a pas de lumiere naturelle. En France c’est interdit par les coventions collectives. Sans cesse plonges dans une luminosite agressive, entoures de bruit... Est-ce que j’ai fais le bon choix ?
    Lorsque beaucoup de consultants reviennent de chez le client, il n’y a pas assez de place. Il faut donc se lever tôt. La solution la plus efficace est de mettre tellement le Bronx sur sa table que personne ne veuilles s’y assoir. C’est pour dire.
    15 d’heure de transport soit a pied, sois en métro (pour l’hiver c’est mieux). Je commence a en avoir ma claque du bureau. Je ne prends absolument aucun plaisir et je n’ai pas l’impression d’être productif. Il y a de bons cotes, en particulier un esprit d’entraide, une émulation certaine, mais le bruit empeche de se concentrer. Ca commence doucement mais au final on ne finit par ne pense qu’a ca. Le silence.

    3 - New York, USA
    Voulant reprendre la main sur mon avenir, je m’ouvre a certaines personnes dans l’entreprise et fini par changer de poste. Et je choisi de demenager a New York pour travailler de chez moi. Travailler de chez soi n’est pas facile, mais c’est la règle aux US (pour notre entreprise en tous cas). Moins de couts fixes. En tant que consultants, nous sommes obliger de voyager souvent, donc un bureau vide ca coute de l’argent. Chez nous un bureau ne coute rien a l’entreprise. C’est meme tout benef, vu qu’on a des reductions d’impôts.
    Ma vie professionnelle est contenue dans deux ordinateur portable et deux disque dur externe. Avec ma clé 3G je peux travailler au milieu de Central Park. Ma copine bosse dans le New Jersey (2h de transport aller...), je m’occupe des courses, d’une partie des taches ménagère,... mais voila. Je me réveille a 6.40, je suis au boulot a 7h et je ne m’arrête plus. Mon ordinateur portable est devenu peu a peu un boulet que je me traine suivi par cette saloperie d’iPhone que j’ai reçu a mon corps défendant et qui me lie un peu plus a mon travail. La ligne entre le personnel et le professionnel s’estompe... et malgré des promesses devant toute une sorte de divinité on fini par les lire ses emails sur son téléphone. Pas parce qu’on est masochiste, mais par curiosité puis par conscience professionnelle. Les outils de communication d’aujourd’hui sont des outil de culpabilisation. Un collègue dans la merde jusqu’au cou ? Je ne peux pas m’empêcher de lui tendre ma main... ben quoi ? lui l’a bien fait quand j’en avais besoin. Plus l’excuse du « je ne pouvais pas savoir »...
    Et puis il y a les voyages qui m’occupe une bonne partie de mes mois. Voyages et travail a domicile sont les frères destructeurs de vie sociale. Et soudain la vie de bureau me manque. Plus de « lunch » entre collègue, quitte a être tout seul a manger autant manger devant son ordinateur a travailler. Pourtant j’aime bien juste être chez moi... La solution, trouver des routines qui vont jalonner la journée pour empêcher qu’elle déborde. Commencer systématiquement par un footing ou un peu de sport. Ça réveille les neurones. A midi ma pause fait 42 minutes, le temps d’un épisode de série pendant lequel je suis moins tente de regarder a cote. Le soir, aller chercher ma copine a la gare. Ce n’est pas grand chose mais ça me donne un objectif. En plus elle aime bien ça :)

    4 - Seoul, Coree du Sud
    Petit flash back. Envoye a Seoul pour un projet j’ai eu l’occasion de voir un peu les differences... la bas, encore moins de place que moi a Montreal. Les gens s’entassent dans des salles de reunions, quand ils ne sont pas dans des lignes. Les lignes c’est des bureaux ou tout le monde travaille les uns a cote des autres sans auncun espace prive. Mais on a une place assigne. Au bout de la ligne il y a un Line manager qui surveille tous les faits et gestes des employés. Combien de temps ils s’absentent etc. Peut-être etait-ce particulier de l’endroit ou j’étais, mais ce fut une experience assez bizarre (ca et les toilette qui te projettent de l’eau :)). Non le télétravail ce n’est pas si mal finalement...

  • Seb_kiwi
    Seb_kiwi
    pffffff
    • Posté à 22h46 le 30/03/2010
    • Internaute 73154
      pffffff

    mouai, je reste sceptique sur cet article.... je suis plutôt favorable au travail a domicile. L’argument du « il peut être fait à 4000km par un autre » ne tient pas trop la route de part la nécessite physique de participer à des réunions ou atelier de réflexion (la visio-conférence est un bel outil ponctuel mais qui ne remplace pas un travail collaboratif« physique »).

    Ensuite comme beaucoup l’ont fait remarque au fil des commentaires, cela demande une certaine rigueur que nous n’avons pas tous. Cela requiert aussi des outils, à domicile, un bureau dédié au travail et pas un portable dans le salon en regardant la tv, une ligne téléphone (ou mobile) dédiée au travail pour ne pas tout mélanger. Et à partir du moment ou les règles sont claires pour tout le monde (employeurs, employé, collègues, clients), il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas.

    Je crois que le piège vient du fait de considérer le travail à domicile au même titre que le travail dans les locaux de l’entreprise. Bien que le fond du travail ne change pas, la forme nécessite quelques aménagements. Il ne faut pas croire que c’est comme au boulot mais depuis le lit.

    Cela dit, arrêtez moi si je me met le doigt dans l’œil, il me semble que cette notion de travail a domicile (efficace) commence juste à apparaitre comme une solution productive dans l’esprit des dirigeants (pas juste pour des raisons économiques ou d’espace). Est ce en train de rentrer dans les us et coutumes, ou bien cela reste t il une niche pour une poignée de personnes ?

  • mezneth
    mezneth
    Onomatopée antropomorphe
    • Posté à 22h51 le 30/03/2010
    • Internaute 70709
      Onomatopée antropomorphe

    « Je prends souvent des RTT le mercredi après-midi pour rester avec mes enfants. Mais quand un client m’appelle (j’ai un portable pro payé par ma boîte), je ne peux pas ne pas décrocher ou je vais m’arracher les cheveux à l’idée de rater un contrat. C’est un peu le piège. Je ne paie plus des fortunes en téléphone mais au final, je passe une bonne partie de mes RTT à travailler ».

    Quand c’est fait dans l’urgence en dehors des heures de travail, il faut aussi savoir demander plus cher ou faire attendre le client jusqu’à ce qu’on soit de nouveau au travail...

    Sinon on s’en sort plus ^^

    « Ah mais on va perdre le contrat »
    -> Si tout le monde faisait comme çà, il n’y aurait pas de problème.

    C’est bien parcequ’on accepte de plus en plus l’esclavage moderne que par définition, ca devient la norme...

  • nonova
    nonova
    observateur participant
    • Posté à 23h06 le 30/03/2010
    • Internaute 106356
      observateur participant

    En même temps, on apprend à faire cela dés le plus jeune âge en ramenant des devoirs à faire à la maison.. Rien de nouveau sous le soleil donc.

    Très bonne discussion au passage.

  • wissen
    wissen
    étudiant
    • Posté à 23h28 le 30/03/2010
    • Internaute 102820
      étudiant

    Je suis etudiant, assistant de francais a l’etranger et je ramene toujours du travail chez moi. Evidemment il y a les cours que je dois bosser, les livres a lire, etc. le bachotage classique on va dire. Mais ici en plus, on peut rendre les devoirs en ligne jusqu’a six heure du mat’. Bien entendu ca incite a passer des nuits blanches. Cote assistanat, je recois souvent des courriels d’etudiants le soir ou pendant la nuit. C’est la disponibilite 24h sur 24. Il m’arrive parfois que des etudiants m’appellent sur mon portable pour que je les aide (meme si ca reste exceptionnel), ou qu’il me demande de les voir meme le dimanche pour bosser. Comme je ne suis pas prof, ca ne me surcharge pas trop, en plus je passe deja pas mal de temps a lire Rue 89 dans mon bureau. Mais j’imagine que les profs titulaires ici ne doivent vraiment plus en voir le bout.

  • Beretman
    Beretman
    ou la joie de vivre
    • Posté à 00h38 le 31/03/2010
    • Internaute 48979
      ou la joie de vivre

    Bien qu’occupant des postes à responsabilités depuis 15 ans au sein d’un même grand groupe international, on m’a appelé une seule fois à la maison. J’ai refusé de répondre à la question qui m’était posée et demandé d’être joint à mon bureau pendant mes heures de travail.
    La menace de sanction ne m’a pas intimidé, et je n’ai pas été sanctionné pour ce refus (aucune chance de tenir une telle sanction aux prud’hommes).

    Il m’a toujours paru essentiel de séparer travail et vrai vie.
    Comme je le dis souvent à mes patrons, « bien que j’adore mon boulot, ma vraie vie commence quand je pars du bureau. Ici, je joue le rôle que l’on attend de moi, dans le cadre de mon contrat de travail ».

    Pour ces mêmes raisons, travaillant en sédentaire, j’ai toujours refusé le téléphone portable malgré l’insistance de ma hiérarchie.
    (Je n’ai d’ailleurs pas de téléphone (insup)portable personnel)

    Pour ces mêmes raisons, j’ai refusé 3 fois des promotions vers un statut cadre. Agent de maîtrise, je suis payé pour 07h30 de travail par jour et mon patron ne voulant pas d’heure supp (maîtrise budgétaire), je n’en fais pas.
    Mon patron se dit chaque année satisfait à très satisfait de mon travail. Il faut dire que je me « déchire » quotidiennement dans ce métier que j’adore.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 00h49 le 31/03/2010
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse

    le travail à la maison ça donne ça :

  • JEAP
    • Posté à 00h55 le 31/03/2010
    • Internaute 36652

    Myriam travaille dans la finance :

    « Je n’ai qu’une seule boîte e-mail pour le boulot et le reste...

    Myriam est bien imprudente, Une boite couriel supplémentaire la protégerait de bien des indiscrétions de la part de son employeur.
    Comme c’est là ; elle tend le bâton pour se faire battre.

  • medicago
    medicago
    Plante cultivée
    • Posté à 06h00 le 31/03/2010
    • Internaute 58931
      Plante cultivée

    C’est pas un PC ou un téléphone portable ou un quelconque autre outil que l’on travaille mais avec son corps et le plus souvent avec sa tête. laissez sa tête au boulot, ce n’est pas forcément facile...
    Ceci dit essayez donc de vous concentrer quand vous êtes dans un open space avec des collègues qui parlent ou téléphonent à proximité...ou que vous êtes interrompus par des coups de téléphone« urgent » de ceux qui ont réussi à franchir les protections que vous vous êtes fabriqués. Dans ces cas, je préfère plier mes gaules et emmener ma clé USB pour travailler tranquillement et faire en 2h ce que je n’arrive pas à faire en 40 heures au bureau. Mon employeur est certainement gagnant mais terminer une tâche est également un moyen de se libérer l’esprit quand il est prisonnier de tâches multiples qui n’avancent pas. De la à dire que l’open space est conçu pour inciter à aller travailler chez eux...Il est d’abord « conçu » au nom de l’efficacité de m2 de bureau qui représentent une charge compressible pour les gestionnaires à la vue courte qui ne comprennent pas que l’efficacité passe par de bonnes conditions de travail.
    L’avis de sociologue du travail sur ces questions serait évidement intéressant comme celui des syndicalistes qui se sont battus pour les 35 heures.

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 06h44 le 31/03/2010
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    moi depuis que je suis au chomage, je ne travaille qu’à la maison, je considère mon allocation ASS de 450€ par mois comme mon salaire.

    mon « travail » consiste simplement à râler contre le gouvernement, contre le système, à tenter de rétablir des vérités quand des propagandes içi ou là, et à proposer des pistes pour + de justice sociale.
    mon « travail » consiste aussi à conseiller des personnes dans la galère, ou encore modestement à leur remonter le moral, à leur éviter de se foutre en l’air, quand elles vont vraiment mal.

    c’est vrai que je fais + que 35h semaine ... mais c’est un « travail » qui me plait assez bien.

    certains trouveront à redire, mais je me trouve bien + utile, qu’une personne qui travaillerait dans la finance, ou dans la publicité, 2 univers qui me donnent plutot envie de vomir, et qui pour moi participent grandement à le décadence de la civilisation ...

    et je suis bien + heureux, que quand j’allais trimer pour engraisser des cons de gros patrons, de petits patrons, ou d’actionnaires, dans des boulots de merde, pour être aussi pauvre financièrement parlant, et + souvant malade à cause du boulot, aussi bien physiquement que psychiquement, nerveusement...

  • hormheb
    hormheb
    neant
    • Posté à 07h13 le 31/03/2010
    • Internaute 43631
      neant

    Cela fait 4 ans que je travaille de la maison.
    J’aurais bien du mal a revenir dans un systeme ou il faut venir au boulot tous les jours ! Je suis mala al’aise quand je vais en mission en france.
    Notre compagnie a garde des open spaces et des salles de reunion dans des villes critiques des USA ou nous pouvons rencontrer des clients.
    Une fois par an on fait un grand meeting ou tout le personel de la ville est invite. Eh bien ca se passe dans un hotel !
    Il y a 5 ans la societe depensait en moyenne 1million USD/an par etage. Aujourd’hui elle sous-loue les locaux et a garde qques etages comme dit plus haut. Et au total la societe gagne de l’argent la ou l’immobilier etait un centre de cout pour elle quelques annees plus tot. 95% du personel travaille de la maison.
    Toutes les etudes montrent que les employes sont plus performants. je ne travaille jamais le week-end et apres 18h je ne recois plus de coup de fils sauf cas exceptionnel. C’est d’ailleurs la regle avec mes collaborateurs. La famille est sacree aux USA et tout le monde comprend aisement. Et ca montre aussi qu’on est organise. Pas de email apres 18h et le week-end idem. Exception le dimanche soir lorsque j’ai un bizness avec l’Asie. Il faut que je me connecte pour savoir ou ils en sont car chez eux c’est deja le lundi. ca ne prend pas 1h.

    Travailler de chez soi demande : organisation et espace (c’est vrai que on est sense remplir ces 2 conditions quand on est haut dans la hierarchie - d’ou la popularite du teletravail parmi les cadres superieurs et executifs)
    Dc je vois mal comment on peut le faire a Paris ou la banlieue proche ou les employes vivent en appartement. Les compagnies francaises gagneraient beaucoup a faire du teletravail et cela fait aussi moins de bouchon sur les routes et dans le metro. C’est green ! Mais c’est aussi question de culture.

    Derniere chose : l’arrivee en masse de la video haute definition (pas le webcam) dans les foyers via les ecrans LCD ou plasma ou L : ED des TV classiques d’ici 2 a 3 ans maximum. Et dans les mobiles dans 3 a 4 ans maxi, on aura ca aussi a partir de iphone ou produit similaire. En fait de chez vous, vous aurez la possibilite d’appeler une ou plusieurs personnes et vous mettre en conference video via votre ecrans TV ou apparaitrons tous vos interlocueturs et le tout en Haute definition ! . Ca sera aussi simple que le telephone. Samsung TV a deja des produits en partenariat avec Skype qui seront commercialises cette annee 2010. Cisco sortira les siens d’ici 2011. Ca va bouleverser les modes de communications et surtout renforcer le teletravail. Meme la France ne pourra pas y echapper. Et la l’employeur aura tous les moyens visuels de tracer vos activites durant les heures de bureau.

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 09h48 le 31/03/2010
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    message pour ceux qui témoignent

    ça serait sympatique de dire quel est votre métier.

    une brève description ..

    -en quoi consiste précisemment votre emploi
    -qu’est ce qu’il apporte de mieux dans la vie des êtres humains que nous sommes, en quoi participe il a l’avancé de l’humanité ?
    -concerne t il le + grand nombre des citoyens, ou s’adresse t il, a des castes de privilégiés, de personnes nombrilistes formatées comme des cartes de crédits, superficielles etc ?

    car perso j’ai un peu de mal, à comprendre les tenants et les aboutissants ...

    décrire le cadre de travail, c’est interressant, mais un peu juste..

  • pekinoscope
    • Posté à 08h42 le 31/03/2010
    • Internaute 8886

    « En France, aucune étude n’existe sur le sujet ». C’est parfaitement faux. Il suffit d’éplucher des revues comme Sociologie du travail ou Réseaux. La preuve : vous avez trouvé un spécialiste du sujet à interroger.

    • Nacim Chikh
      Nacim Chikh répond à pekinoscope
      Auteur(e) de l'article Rue89
      • Posté à 11h02 le 31/03/2010
      • Internaute 107118
        Rue89

      Ce même sociologue n’avait à sa connaissance vu aucune étude à ce sujet !

      Si certains sociologues ou revues commentent le phénomène, il n’y a pas de véritable étude chiffrée sur le travail en France. La culture d’entreprise et de contestation française a amené les chercheurs à beaucoup réfléchir à la condition du salarié au travail, beaucoup moins à celle du salarié quand il sort de l’entreprise.

  • Chabouline
    Chabouline
    En fusion
    • Posté à 08h54 le 31/03/2010
    • Internaute 41624
      En fusion

    A la différence de la plupart des inégalités professionnelles, le travail à domicile touche plutôt les « biens lotis »

    C’est sûr qu’un maçon ne ramène pas du boulot à la maison !

    • patdu49
      patdu49 répond à Chabouline
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 09h47 le 31/03/2010
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire

      le patron si un petit peu, si il a pas de secretaire, ou de compagne qui fait office de ..

      taper ses devis, ses factures sur son ordi
      tenir son cahier de comptes pour le comptable etc ..
      rêgler ses fournisseurs ..

      si tu parles de l’ouvrier, là oui evidemment, ... à part peut être prendre RV chez le toubib, car il aura le dos baisé à 40 piges et devra porter une ceinture dorsale ...

      • Chabouline
        Chabouline répond à patdu49
        En fusion
        • Posté à 11h53 le 31/03/2010
        • Internaute 41624
          En fusion

        Je parlais effectivement de l’ouvrier !

  • Mr-Monsieur
    Mr-Monsieur
    je me ressemble .
    • Posté à 09h21 le 31/03/2010
    • Internaute 65878
      je me ressemble .

    Y en a déjà qui aimeraient bien travailler. Memes chez eux.

    Mais ils n’ ont pas de chez eux ...

  • wally69
    wally69
    Web adict
    • Posté à 10h49 le 31/03/2010
    • Internaute 110431
      Web adict

    A la question « Comment réglez-vous la question de la séparation de votre vie professionnelle et de votre vie personnelle ? » :

    en me disciplinant et en m’organisant. Notamment, le téléphone portable de la boite est éteint à la maison. Je ne consulte pas la boite mail du boulot à la maison... et bien sûr j’ai une boite email perso !

    J’avais un collègue qui laissait son téléphone portable allumé, et répondait le soir, le week-end... De son propre aveu, il n’était pas sûr que le résultat global soit positif (travail fait, satisfaction client).

    Maintenant, à la question « Emportez-vous du travail chez vous ? », je dois répondre oui. Mais j’en ai conscience, et le traite comme une exception. Comme je peux exceptionnellement avoir des coups de fils perso à passer durant les heures de travail.

    Wally.

  • khom
    khom
    Etudiant
    • Posté à 10h50 le 31/03/2010
    • Internaute 77027
      Etudiant

    En théorie, le temps de travail est définit comme étant le temps durant lequel le salarié est à disposition de l’employeur et ne peut pas vaquer librement à ses occupations personnelles.

    Répondre à des mail ou des coups de fil n’est pas considéré comme du temps de travail et n’est donc pas rémunéré, ce qui semble normal. On peut en effet toujours ne pas répondre, sauf clause contraire dans le contrat de travail.

    Mais en pratique, surtout dans des métiers ultra compétitifs tels que la finance, le temps consacré au travail est quasi permanent.
    On peut toujours ne pas répondre et si on le fait on ne sera pas payé pour. On ne pourra pas être licencier pour ne pas avoir répondu.
    En revanche celui qui voudra une prime, une promotion, qui voudra faire une belle carrière, a largement intérêt à rester en permanence à la disposition de l’employeur. La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle est alors extrêmement poreuse, voire inexistante.

  • Martin4545
    Martin4545
    chercheur chez Pôle Emploi
    • Posté à 10h54 le 31/03/2010
    • Expert 110269
      chercheur chez Pôle Emploi

    Alors que certains travaillent à la maison, d’autres se détendent au travail.

    Un cadre dirigeant aurait été surpris s’exhibant sur Chatroulette.

    Lien

  • Torquemadam
    Torquemadam
    Stateux
    • Posté à 11h06 le 31/03/2010
    • Internaute 63510
      Stateux

    J’ai connu les deux situations.

    Le travail à domicile ou en vacances dépend aussi de la fonction du poste. Quand tu es le seul à pouvoir répondre à certaines questions, Ça donne un certain devoir moral.
    Il est vrai que la multiplication des moyens de communication et la pression sociale jouent dans ce sens. Quand tu sais que tu peux consulter tes mails pro de chez toi, tu as tendance à jeter un œil et à répondre aux questions urgentes. Cela permet aussi un écrémage et une reprise plus facile après quand tu reviens de vacances, il est possible de se remettre dans le bain doucement.

  • Désinscrit le 19 avril
    • Posté à 11h14 le 31/03/2010
    • Internaute 39070

    C’est vraiment compliqué, parole de dessinateur Lien

  • niconico
    • Posté à 11h45 le 31/03/2010
    • Internaute 35810

    Pour moi, le télétravail est un élément indispensable de l’équilibre vie familiale - travail. Ma femme et moi sommes tous deux cadres avec une forte autonomie, et deux enfants en bas age.

    J’utilise le télétravail pour optimiser mon temps de travail et de présence auprès de ma famille :
    - je travaille souvent (environ les 2/3 du temps, quand je peux m’asseoir) dans les transports en commun.
    - je travaille pendant les temps « perdus » de mes déplacements pro.
    - sans télétravail, il nous serait impossible de gérer les « urgences enfants » (maladies, grèves,...).
    - j’essaie de rentrer tôt (avant 19h30), quitte à retravailler le soir ou un peu le week-end pendant les siestes.

    Idem pour ma femme sur les deux derniers items.

    Cela étant dit, jusqu’à présent, j’ai eu la chance de tomber sur des patrons qui n’ont pas abusé de ces fils à la patte technologiques, tout en étant rassurés sur le fait que, en cas d’urgence, j’ai toujours moyen de traiter à distance.

  • enseignant chercheur
    enseignant chercheur
    Maître de conférences en (...)
    • Posté à 11h57 le 31/03/2010
    • Internaute 110438
      Maître de conférences en (...)

    Dire qu’il n’existe pas d’étude sur le sujet en France est une grossière erreur. La recherche française est déjà suffisamment sousestimée par notre gouvernement pour ne pas en rajouter une couche.

    Cf. entre autres les articles suivants qui traitent à la fois du prolongement du travail à domicile et de l’importation de la « vie privée » au travail :

    - Le Douarin L., « C’est personnel ! Usages des TIC par les cadres dans l’articulation des temps sociaux : vers une évolution de la rationalisation au travail ? », L’homme et la Société, n° 163-164, 2008, p. 75-94.

    - Le Douarin L., « L’usage des TIC dans l’articulation vie privée et vie professionnelle », in François Aballéa et Michel Lallement (coord.), Relations au travail, relations de travail, Toulouse, Octares, 2007.

    - Le Douarin L., « Les chemins de l’articulation entre vie privée et vie professionnelle. Les usages personnels des technologies de l’information et de la communication au bureau. »
    Réseaux, n° « Privé/professionnel. Convergences et divergences », vol. 24/140, 2006, p.101-132.

    Voire également, parmi une pléthore de travaux, plus spécifiquement sur le télétravail :

    - Metzger J.-L., Cleach O., Le télétravail des cadres entre suractivité et apprentissage des nouvelles temporalités, Sociologie du travail, vol. 46, n° 3, 2004, p. 433-450.

  • savane
    savane
    Anti-sarko (fachisme (...)
    • Posté à 13h45 le 31/03/2010
    • Internaute 3321
      Anti-sarko (fachisme (...)

    J’ai que ça à foutre à me polluer la vie à la maison avec du boulot emporté du travail.
    Ils n’ont qu’à embaucher, ainsi y aura au moins un chômeur de moins.

    Et puis quoi encore ?

    Il faut travailler POUR VIVRE (du fruit de son travail), et non vivre POUR LE travail. Sinon, on devient esclave du travail, du système qui broie et rend malade l’individu.

  • Wallabys
    • Posté à 15h10 le 31/03/2010
    • Internaute 32035
      V

    Merci pour ce sujet qui est rarement traité. Il n’aborde que le travail à la maison des salariés. Travaillant à domicile depuis plus de dix ans je peux témoigner du problème de la répartition entre le temps de travail et le temps « privé ».
    Il faut à la fois de la discipline et de l’organisation, je pense que c’est possible pour les salariés. Aujourd’hui l’extension du travail sur la sphère privé se doit d’être organisé par la personne qui le subit. Le refuser n’est, hélas, pas possible, donc il faut l’encadrer. Par exemple y consacrer une heure par jour en rentrant ou avant d’aller bosser. Ne pas hésiter à faire savoir qu’après 20h l’ordi est clôt et que pour raison familiales (ou autre) le téléphone débranché… Ne pas hésiter à mentir.
    Le danger d’être corvéable à merci est la fatigue et l’absence de coupure pour reposer les méninges et donc à terme une perte d’efficacité pour le travail lui-même, ce qui serait anti-productif pour la boite elle-même. De plus ce piège est à même de déstabiliser la vie personnelle et donc à moyen terme la vie professionnelle.
    L’idéal étant de travailler au travail et de faire ce que l’on veut le reste du temps…

  • Pierre Michel
    Pierre Michel
    Ingenieur
    • Posté à 15h16 le 31/03/2010
    • Internaute 110457
      Ingenieur

    Personnellement, cela fait 3 ans que je fais du Télétravail, et globalement j’en suis content, c’est un confort, de pouvoir travailler de chez soit sans avoir a subir les embouteillages, ou d’aller chercher les gamins le soir, sans stresser.
    Il faut savoir se deconnecter.
    Ensuite, en tant que manager, je n’ai pas imposer de regle que celle du contrat : 2 Jours max de télétravail.
    Le télétravail à éduit l’absentéisme dans mon équipe : Fini les absences les jours de greves de transport ou de greves dans l’enseignement.
    Malheureusement, il y a encore beaucoup d’apprehension, beacoup pense que l’on travaille moins bien a la maison, et que l’on en profite pour ne rien faire si on est pas surveillé. Et puis c’est vai qu’il n’y a pas de CyberInspecteur du travail.....

  • Stef _B
    Stef _B
    geek ?
    • Posté à 16h20 le 31/03/2010
    • Internaute 83223
      geek ?

    je travaille pour une grosse SSII, en clientèle, avec un PC portable et un GMS pro.

    J’ai de la chance, le GSM ne sonne jamais le week end ou si je suis en congé.

    Si ça arrive et que je décroche, je suis payé 50€ (ça fait des années que c’est pas arrivé).

    Sinon, il existe les astreintes.

    Je le lis jamais mes mails pro à la maison.

    ma phrase favorite :
    « Les cimetières sont remplis de gens indispensables »

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h38 le 31/03/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Et puis comme je suis célibataire, j’ai rarement des activités que je ne peux pas mettre en attente quelques minutes.
    Heu... on a vraiment pas la même définition du célibat.
    M’appeler durant un jour de congé c’est prendre un gros risque : à 10h je dors et j’entends rien, à 14h je suis défoncé, à 18h je suis bourré.

    Enfin je fais pas ma mauvaise tête, si on m’appelle c’est qu’il y a vraiment un grave problème, ou qu’un collègue est dans la merde et cherche désespérément le fichier caché dans un coin, et vaut mieux que je passe une minute à lui dire où le trouver plutôt qu’il s’énerve des heures durant.

    Quant aux mails, déjà que je regarde pas mes mails perso à la maison... en fait c’est plutôt les mails personnels qui envahissent ma boite professionnelle : D

    Ca m’arrive de bosser chez moi, mais c’est très rare, en général c’est seulement pour de la recherche quand j’ai un moment à tuer chez moi, ou alors pour de la traduction quand je requiers les services de ma gonzesse.

    Par contre le soir en rentrant chez moi y’a un truc qui me colle et dont je n’arrive jamais à me débarrasser, c’est ce que j’ai dans la tête. Bien des fois, sans même y penser vraiment, je trouve la solution à un problème qui m’a hanté toute la journée. Le problème c’est que je pense pas toujours à noter la solution, et si je suis à mon 5ème joint la mémoire est nettement moins efficace : D
    Mais le matin ça marche bien, dans le métro avant d’aller au boulot pendant que je termine ma nuit, j’en profite aussi pour organiser le bordel à venir et réfléchir à ce que je vais faire de ma journée.

  • smurf
    smurf
    Toulousain
    • Posté à 21h45 le 31/03/2010
    • Internaute 51105
      Toulousain

    Pour moi, séparation stricte.
    Passée la porte de sortie de l’entreprise, je ne travaille plus du tout. Et, dans l’idéal, j’oublie même le travail (mais ça, ce n’est pas toujours facile).
    C’est une règle que je m’impose. Mais, quand je dis « m’impose », ce n’est pas vraiment exact vu que ce n’est pas du tout une contrainte. Mais c’est naturel pour moi.
    Même pendant les périodes où mon travail me passionne, il n’empêche que j’ai d’autres passions dans la vie et puis aussi les contraintes de la vie quotidienne.

    Je vois malheureusement de plus en plus de gens qui emmènent du travail chez eux. Pour moi, on peut toujours dire non, ne pas donner son téléphone et email personnel (et ne pas consulter les professionnels bien sur).
    Alors, peut-être que pour certains, cela signifiera une moins grosse augmentation, une promotion que l’on n’aura pas. C’est juste une question de choix de priorité de vie. Je ne sacrifierai pas ma vie personnelle à ma carrière professionnelle.
    Si certains font le choix inverse, c’est leur choix mais qu’ils ne l’impose pas aux autres et n’essaie pas d’en faire une norme (notamment pour les cadres).

  • kabritbwa
    kabritbwa
    professeur
    • Posté à 05h16 le 01/04/2010
    • Expert 110554
      professeur

    Il y a 30 ans, on nous annonçait l’arrivée du loisir sur la presque totalité de notre temps. Les socialistes ont surfé sur cette idée en défendant leurs 35 heures....
    C’était oublier le désir têtu du libéralisme désirant mettre l’individu au travail et transformer chacun de nous en nain de Blanche Neige...pour un salaire de misère. Le moyen idéal : la technologie ! Alors que celle-ci devait être un élément de confort pour l’homme, elle se transforme en cauchemar puisqu’il s’agit d’écraser l’individu, de lui mettre une pression telle qu’il finisse par décrocher tout seul et, soit se suicider, soit démissionner. Tant mieux si certains arrivent à maintenir l’équilibre et à utiliser leur temps de travail pour réaliser leurs affaires personnelles, car c’est en réalité une forme de lutte, de résistance à l’anti-humain.

  • Mac Intosh
    Mac Intosh
    Salariés CDI
    • Posté à 12h50 le 01/04/2010
    • Internaute 107227
      Salariés CDI

    J’ai la chance de pouvoir travailler 2 jours/semaine à domicile et le reste du temps au bureau en open space feutré certes mais qui reste bruyant quand on a besoin de ce concentrer ce qui est souvent le cas dans mon cas. De cette façon je ne perds pas le contact avec mes collègues et je ne m’isole pas

    Je suis équipée d’un GSM , d’un PC portable avec clé 3G, accès haut débit, le tout fournit et payé par la société. Je suis donc joignable quasiment H24.

    J’ai fait le choix de filtrer les appels sur mon GSM : je ne réponds pas forcement mais j’écoute systématiquement le message et rappelle uniquement pour les urgences. Pour le reste j’envoie un mail ou un texto pour informer que je traiterai à mon retour au bureau. ça se passe plutôt bien. C’était plus compliqué quand j’avais des clients (Grand compte) face à moi : dure de les zapper, mais un client ça s’éduque, un manager aussi :)

    Lors de mes entretiens avec mon manager je lui démontre que je reste efficace sans être à la botte du client en permanence ... je vous l’accorde c’est loin d’être évident. Toutefois quand je travaille sur mon temps personnel, je fais en sorte de rattraper, en bonne entente avec mon boss, en m’accordant par exemple des après midi ou simplement en partant + tôt de temps en temps

    Avec les techno d’aujourd’hui on peut vite se faire bouffer, car tout est fait pour nous culpabiliser en permanence. Le juste équilibre reste difficile à trouver

  • nako
    nako
    cadre
    • Posté à 20h51 le 01/04/2010
    • Internaute 110495
      cadre

    Moi travailler à la maison .... j’adore !
    J’ai une vie sociale beaucoup plus riche et interessante.
    Je n’ai vraiment pas l’impression de « perdre mon temps » comme quand je travaillais en « open space » du N°1 de la grande distribution européenne.
    je bosse beaucoup, mais à mon rythme physilogique et social et tant pis pour les blagues vaseuses de mes collègues convertis tous les matins en « monsieur météo ».
    Habitant à Paris, j’ai le privilège de me faire des promenades à pied et de me faire des expos, de m’occuper de mes enfants et de les amener partout.
    Avec ma clef 3G et mon PC portable, je peux travailler de partout et n’importe où ! c’est une vraie liberté les nouvelles technologies.
    Il est vrai qu’au niveau salaire j’ai beaucoup perdu (plus de 1/3 en moins) mais d’aller travailler au bureau me fait perdre 1/3 de ce salaire (nourice, essence, repas, impôt...). donc je m’y retrouve.
    Quant au téléphone portable donné par ma boîte : je l’allume à 9h et l’éteind à 19h.

  • Matthieu Robert
    • Posté à 18h05 le 02/04/2010
    • Internaute 103218

    L’intrusion des nouvelles technologies de la communication a entrainé l’intrusion du monde du travail dans la sphère privée.
    Avant (aux temps où toutes ces technologies n’existaient pas), vous quittiez votre lieu de travail jusqu’au lendemain et le travail s’arrêtait pendant cette période. Aujourd’hui, vous pouvez être contacté potentiellement partout. La technologie n’a pas amélioré notre quotidien sur ce point.

    Mais a technologie n’est pas la seule à être en cause dans ce constat. En effet, si autrefois il était impossible d’emporter du travail chez soi, c’est surtout car les gens travaillaient dans le secteur secondaire : impossible donc d’emporter à son domicile le travail de l’usine.
    Maintenant, la tertiairisation étant passé, le travail à distance (car c’est de cela qu’il s’agit) est rendu plus facile, par les dossiers de 3 kilos d’abord, par le travail sur informatique ensuite.

  • agenda88
    • Posté à 14h03 le 04/04/2010
    • Internaute 22392

    Cet article est affligeant. 50 lignes max. dont 3 interviews.
    C’est pas du journalisme. C’est une discussion de comptoir, agrémenté d’un insert d’un sociologue pour donner un gage de sérieux.

    Je comprends pas le travail bâclé du journaliste, ni du comité de rédac qui laisse passer un article aussi faible.
    La meilleure preuve qu’en cherchant un peu on pouvait trouver des tonnes de point de vue stimulants/enrichissants, réside dans la qualité des internautes qui ont réagi.

    A ce stade, je considère que c du remplissage. Ce serait bien que Rue89/Eco89 conserve le niveau d’antan.

    Still, bon courage

  • beaulande
    beaulande
    Des nuées de sens
    • Posté à 17h48 le 06/06/2010
    • Internaute 115981
      Des nuées de sens

    Mon grand-père chef de gare disait : si tu ramènes du travail à la maison c’est que tu n’as pas fais tes heures....
    Et pourtant... Il y a des métiers pour lesquels ne pas travailler à la maison est un suicide : (
    Hé oui ! que dites vous du métier de vigneron ? En fait ce sont 4 ou 5 métiers différents à connaitre et en particulier celui de commercial-commerçant...
    Imaginez vous au mois de juillet ou aout, au choix. Vous êtes en vacances, et, en tant que vacancier vous avez tous les droits, en particulier celui de ne pas avoir attendre pour quoi que ce soit.
    Vous arrivez, souriants, détendus, chez moi. Il est disons 12h30, dimanche, ah ben oui vous avez passé la matinée à visiter St Emilion !
    Que dois je faire ? Vous mettre à la porte au bout d’un fusil déchargé ou vous accueillir ? (avec le sourire).
    Là, je sais que mon grand père a tord, depuis lundi j’ai travaillé 70 heures (sisi, je vous assure !) et je doit quand même me fendre de 2 heures de visites sous peines de perdre ma réputation de la propriété la plus accueillante de tous le vignoble Bordelais (une perle je vous dis !)
    Et c’est comme cela tous les jours, si ce ne sont pas des visiteurs assoiffés, ce sont des fournisseurs, des commerciaux prenant un rendez-vous, des huissiers parfois (là je lâche les chiens) sans parler de mes portables (téléphone et ordinateur) auxquels je dois consacrer un temps incalculable... (non pas que je ne sache pas m’en servir)
    Donc, l’intrusion du professionnel dans le privé et parfois inéluctable et ce n’est pas la culpabilité qui motive mais bien la nécessité...
    Mais promis, ma réputation et ma richesse faite je m’accorde une semaine de portes fermées ! ^^

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