28/03/2010 à 19h50

Le problème des commentaires ne vient pas des commentaires

Jeff Jarvis | http://www.buzzmachine.com/


Le mur John Lennon à Prague, devant l’ambassade de France (Eisenheim/Flickr)

J’en viens à penser que le problème avec la qualité des commentaires en ligne est une question de timing.

Quand, dans les médias, nous avons fini notre travail, nous autorisons le public à commenter. Nous envoyons notre produit de l’autre côté du mur et laissons les gens réagir tandis que nous nous retirons dans notre château pour ne pas les entendre. Ils savent alors qu’ils ne parlent qu’aux briques et, du coup, ils crient et les couvrent de graffitis. Nous avons simplement le pouvoir de nettoyer ce désordre mais nous avons déserté la scène et les murs du château se retrouvent rapidement couverts de graffitis.

Ce timing, insultant pour le public, vient de la manière dont les vieux médias voient Internet. Nous pensons qu’Internet est un média et que nous mettons en ligne des produits que les gens consomment.

Ouvrir la conversation plus tôt dans le processus

Lorsque, à la place, nous ouvrons la conversation plus tôt dans notre processus, alors là elle peut devenir plus collaborative et plus productive : nous demandons aux gens de nous éclairer avec ce qu’ils savent, ce qui représente une marque de respect et de valeur. Nous écoutons leurs conseils et leurs demandes. Nous en finissons avec la séparation du public, nous opérons la jonction. Attendre que nous ayons fini pour écouter, c’est trop tard.

Nous devons arrêter de regarder Internet comme un média. J’ai passé un long moment ce week-end à en parler avec une journaliste qui écrit un article sur les commentaires insultants et j’ai essayé de la convaincre que la vue issue du fonctionnement des médias que nous, les médias, tentons d’imposer sur Internet est la plus grande partie du problème.

Lorsque nous traitons Internet comme un média, nous voulons qu’il soit bien rangé et propre, contrôlé comme les journaux ou les magazines. Lorsque quelqu’un lâche une grossièreté ou un commentaire désobligeant, nous pensons qu’il ruine tout l’édifice, comme si un mauvais éditeur avait laissé passer le mot « merde » dans une lettre publiée par le New York Times.

Internet est un lieu, pas un média

Mais comme Doc Searls (blogueur, journaliste spécialiste des logiciels libres, ndt) me l’a enseigné, Internet n’est pas un média. Le prendre comme tel amène à toutes sortes d’a priori dangereux sur le contrôle, la propriété et la réglementation. Non, dit Doc, Internet est un lieu. C’est un parc ou un coin de rue où les gens passent et se rencontrent, se parlent et se disputent, où ils ont raison ou tort, où ils se connectent entre eux, ainsi qu’à des informations, et où ils agissent. C’est un endroit public.

Maintenant prenez les choses autrement : si vous croisez quelqu’un lâchant un juron dans les rues de New York, est-ce que vous vous promettez de ne plus y remettre les pieds ? Pas moi (d’autant que je suis peut-être celui que vous avez croisé).

Tout cela ne signifie pas que j’accepte, ou que nous devrions accepter, le niveau du discours sur Internet tel qu’il est. Non, j’en suis venu à penser que les commentaires sont une forme inférieure de conversation pour les raisons que je viens de souligner. A contrario, nous voyons se développer des formes supérieures, comme Twitter.

Twitter, comme Facebook, est construit essentiellement sur des identités réelles et sur le contrôle des relations. Je décide qui je suis et vous décidez si vous me suivez. C’est une méritocratie individuelle dans laquelle chacun de nous définit le mérite.

La question de l’anonymat n’est pas le problème principal

Auparavant -et toujours aujourd’hui- on entend que l’anonymat est un problème et que l’identité le résoudra. Ça n’a jamais été le cas. L’identité seule n’est pas suffisante. Je peux connaître l’identité de celui qui lâche des jurons dans les rues de New York et ça ne m’empêche pas de les entendre.

Des contrôles sociaux sont nécessaires pour que je puisse l’éviter. C’est ce que Twitter et Facebook nous offrent. Le résultat est une meilleure discussion. Je ne retrouve pas Twitter et Facebook remplis de détritus et, quand je tombe dessus, j’arrête de suivre ; quand quelqu’un me crache dessus, je le bloque (si seulement je pouvais à la place lui donner des médicaments) [...].

Les commentaires, comme forme de conversation, doivent-ils être éliminés ? Non, bien sûr que non. L’outil n’est pas le problème (pas plus que les outils de blogs ou les imprimeries). Si vous éliminez les commentaires, c’est encore plus insultant que de ne pas les écouter.

Vous risquez d’abandonner la valeur incroyable que le public peut apporter s’il y est encouragé (une valeur que j’ai clairement vue sous mes posts ici ou ici). La question n’est pas les commentaires ou l’identité ou l’enregistrement ou les outils. La question est comment vous vous comportez en tant qu’hôte.

► Publié initialement en anglais sous le titre « The problem with comments isn’t them » sur le blog Buzzmachine de Jeff Jarvis, traduit par Laurent Mauriac

Photo : le mur John Lennon à Prague, devant l’ambassade de France (Eisenheim/Flickr)

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  • dmz
    dmz répond à Laurent Mauriac
    expat
    • Posté à 13h13 le 29/03/2010
    • Internaute 59103
      expat

    En ce qui concerne la moderation des commentaires, il existe des systemes ou celle-la est effectuee par les internautes. Je pense notamment au systeme de l’aggregateur de nouvelles slashdot.org. Pour le resumer brievement, les commentaires de slashdot sont moderes de 1 a 5 en fonction de la qualite et de la nature de la contribution, selon ce qu’elle est « interesting », « informative », « insightful », « funny » ou « troll ». Les commentateurs apportant regulierement des contributions evaluees positivement sont eligibles pour devenir moderateur. Le choix des moderateurs se fait aleatoirement, chaque moderateur choisi disposant d’un certain nombre de points de moderation a utiliser dans une periode de temps limitee (ceux qui ne sont pas utilises sont perdus). Lorsqu’un moderateur choisit de moderer les commentaires d’un article, la participation a la discussion lui est interdite.
    Le lecteur de l’article quant a lui peut choisir la qualite des commentaires qu’il souhaite voir afficher (en choisissant 5, on n’a que les meilleurs commentaires, a 1 on a tout et n’importe quoi...)

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 20h58 le 28/03/2010
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Comme d’hab , le problème c’est toujours... l’hôte !
    L’altruisme se perd.

  • Rectificateur-
    • Posté à 20h57 le 28/03/2010
    • Internaute 61581
      pouet

    Super…

    Lien

  • plataneforever
    • Posté à 20h58 le 28/03/2010
    • Internaute 67389

    intéressant cet article ...
    un peu gentil par contre.

    Par contre, par rapport à mon utilisation personnelle, je relève une grosse erreur (ou imprécision) :

    Quand je vois des commentaires affligeants, A AUCUN MOMENT je ne décrédibilise le média commenté, ou les commentaires en général !
    Le problème des commentaires nuls n’est pas le fait qu’il décrédibilise quoique ce soit mais plutôt le fait qu’il noie les informations ...

    Si je dois passer 12 commentaires pour en trouver un en rapport direct avec le sujet par exemple, le problème est que l’information perd en lisibilité et fini par disparaitre.

    Ne pas considérer internet comme un média mais plutôt comme un lieu, pourquoi pas, mais alors il faut mieux flécher le lieu !

    Il faut assumer un tri nécessaire des commentaires !

    L’anarchie ça marche quand les gens s’auto-organise et ont donc l’éducation et l’expérience pour, les commentaires sur le net c’est juste le bordel car il n’y a que très peu de tri et parce que beaucoup de gens abuse de la liberté de parole qui nous ai généreusement donnée.

    (Un exemple concret, cet article nous vaut une fois de plus un commentaire débile d’Ysengrismus qui ne fait à chaque fois que la promotion de son blog.)

    • Cactus_0
      Cactus_0 répond à plataneforever
      Etudiant
      • Posté à 21h14 le 28/03/2010
      • Internaute 106932
        Etudiant

      Le systeme de « votes » tente de repondre a ce probleme.

      • LienRag
        LienRag répond à Cactus_0
        • Posté à 21h48 le 28/03/2010
        • Internaute 34767

        Oui mais ça ne marche quasiment plus (et en plus à chaque fois que je lis les commentaires sur un autre site je cherche les 5 boules par réflexe...) !

      • screugneugneux
        screugneugneux répond à Cactus_0
        râleur-NRV
        • Posté à 21h55 le 28/03/2010
        • Internaute 43534
          râleur-NRV

        oui, en effet, mais il serai peut etre plus pertinent que les votes apparaissent sous forme de courbe plutot que de moyenne car du coup c’est pas tres lisible.
        ( 1 naze+1top=2utils / 1 util+ 1 util = 2 util ).....

         
        • MagnusMaximus
          MagnusMaximus répond à screugneugneux
          Doctorant
          • Posté à 22h28 le 28/03/2010
          • Internaute 94610
            Doctorant

          Par ailleurs, je ne sais pas si je suis le seul à faire cela, mais il ne me prend l’envie de voter que si je suis en total accord, auquel cas je tope, ou si je suis en total désaccord, auquel cas je naze. Très rarement je vais noter un commentaire comme « utile ». Et pire encore, je saute les commentaires inutiles, sans jamais le signaler à ceux qui pourraient me suivre dans cette lecture.

        • LienRag
          LienRag répond à screugneugneux
          • Posté à 02h06 le 29/03/2010
          • Internaute 34767

          Surtout, comme indiqué sur un autre sujet, utile/inutile et top/naze n’appartiennent pas au même registre. Et rien ne dit comment traiter les (très nombreux) commentaires hors-sujets. Cela dit le succès du système tenait aussi à sa simplicité et son évidence graphique, donc je n’ai pas vraiment de solution.
          Reste qu’il faut reconnaître à la fois que depuis qu’ils ne replient plus les commentaires sans intérêt (grosse erreur amha, il aurait mieux valu gérer directement les sérials nazeurs) les votes ne servent pratiquement plus qu’à flatter l’ego des commentateurs comme des noteurs - et que ce rôle égotique joue un rôle probablement non négligeable dans la construction d’une « communauté » riveraine...

          • tous_les_plaisirs
            tous_les_plaisirs répond à LienRag
            et pas que du chocolat
            • Posté à 02h41 le 29/03/2010
            • Internaute 73078
              et pas que du chocolat

            Si la rue pouvait interdire « l’auto plus ». Moi ça me navre quelqu’un qui poste à 11h10 et qui a déjà un TOP à 11h11 avec un commentaire nul.
            Ego+ ou gamineries ?

        3 autres commentaires
      • plataneforever
        • Posté à 09h18 le 29/03/2010
        • Internaute 67389

        oui mais force est de constater que ça ne marche pas : les commentaires sélectionnés sont parfois très mal notés ... ce qui prouve que les auteurs des articles eux mêmes ont bien compris que les notes ne représentait pas toujours le coté « instructif » ou non des commentaires mais plutôt le fait que les gens soient d’accord ou non ! !

        Pour moi c’est naturel de noter en fonction du fait que je sois d’accord ou non ... parfois j’arrive à sortir de cela pour mettre une bonne note à un commentaire super construit mais avec lequel je ne suis pa sd’accord mais c’est tout ...

        Pour moi, il faut deux notes pour chaque commentaires :
        - une note « instructif ou non »
        - une note « d’accord ou non »

        Et effectivement comme le propose quelqu’un dans les com, afficher les notes comme des courbes plutôt que comme des moyennes ! ! Très bonne idée ! (cf le com en question).

        sinon comme je l’explique dans un autre commentaire, je serais pour que les commentaires modérés (censurés) soit accessibles quelque part avec une mini justification genre « hors-sujet » « redondant » « insultant » etc
        Ça serait plus pédagogique à mon gout.

    • michel 13
      • Posté à 21h25 le 28/03/2010
      • Internaute 49378

      Assez d’accord avec votre perception notamment sur les commentaires nuls (et ça ne manque pas) qui nuisent totalement à la lecture des commentaires intéressants (c’est les plus nombreux). Je pense (contrairement à l’auteur de ce papier) que les pseudo sont la porte ouverte à toutes sortes de dérapages. Le fait d’indiquer sa véritable identité inciterait le riverain à une plus grande rigueur dans ses propos.
      Effectivement, nombreux sont ceux qui utilisent les forums pour faire de la pub pour leur blog (ou leur site), donc je zappe leurs commentaires.

    • nemo3637
      nemo3637 répond à plataneforever
      Déchoukeur
      • Posté à 22h21 le 28/03/2010
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      +1
      « (Un exemple concret, cet article nous vaut une fois de plus un commentaire débile d’Ysengrismus qui ne fait à chaque fois que la promotion de son blog.) »

      Alors là c’est vrai. Et il n’est pas toujours très fûté en plus...
      L’idée développé dans l’article est bonne. Un texte de synthèse doit-il suivre ? Bonjour le boulot... Mais c’est possible. Reste l’idéologie de la « pensée unique » qui anime nos médias. Il faudra bien asprtiser tout ça à un moment donné. Imaginez que j’appelle à l’insurrection générale, à déchouquer l’un ou l’autre...et qu’une immense majorité des internautes manifeste son accord avec moi.
      Que croyez-vous qu’il arrive au niveau de la publication ?
      Cela dit je trouve les commentaires et leurs échanges plus riches en France qu’aux Etats-Unis. Mais je suis plutôt francophone et je ne vais pas partout...

      • thierry reboud
        • Posté à 22h42 le 28/03/2010
        • Internaute 20923

        Imaginez que j’appelle à l’insurrection générale, à déchouquer l’un ou l’autre...et qu’une immense majorité des internautes manifeste son accord avec moi.
        Que croyez-vous qu’il arrive au niveau de la publication ?

        C’est-à-dire que ça serait tellement con que je ne vois vraiment pas pourquoi on ne publierait pas une tarterie pareille. Avez-vous seulement essayé de faire publier un texte pareil ? Ben non, évidemment : la censure, c’est plus facile de la voir quand on ne fait rien pour (ne pas) la susciter, pas vrai ?

        Bon, si jamais vous vous décidez à dépasser la velléité, il ne faudra pas que vous veniez chialer après, à prétendre que quand vous disiez« déchouquer » , ça n’était pas vraiment un appel au meurtre (parce que ça serait quand même particulièrement faux-cul après votre appel au barbecue), mais juste pour rire, et parce que vous étiez très fâché après les infâmes capitalisses.

        Sans jamais rien faire, comme d’habitude, mais très très fâché. Sacré Nemo, toujours le mot pour rire.

         
        • LienRag
          LienRag répond à thierry reboud
          • Posté à 23h19 le 28/03/2010
          • Internaute 34767

          Pensez-vous vraiment que l’insurrection générale soit une hypothèse entièrement absurde dans la situation actuelle, qui voit se télescoper la crise, l’autisme présidentiel, l’exemple guadeloupéen, et l’éventualité (si j’ai bien compris, j’avoue que n’ai pas forcément le niveau pour avoir une opinion personnelle affirmée et informée sur ce sujet) d’une attaque de la France par la finance, vue la nullité de la réponse européenne à la crise grecque ?

          • thierry reboud
            thierry reboud répond à LienRag
            • Posté à 23h26 le 28/03/2010
            • Internaute 20923

            Disons que l’hypothèse absurde de départ, ce serait plutôt de se figurer qu’un appel à l’insurrection tel qu’il pourrait être rédigé par 3615Nemo recueille l’assentiment de la majorité des internautes. Le problème, c’est que 3615Nemo ne parvient que très difficilement à se figurer que les gens ne pensent pas nécessairement comme lui.

            Si on doit envisager l’hypothèse d’une insurrection (à laquelle,en tout état de cause, je ne crois pas, mais ce n’est qu’une opinion qui ne vaut ni plus ni moins que celle de 3615Nemo), j’imaginerais plutôt une insurrection venant de la droite. La gauche révolutionnaire est dans un état pitoyable en France (qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, c’est un autre débat), voire au-delà de la France.

            • LienRag
              LienRag répond à thierry reboud
              • Posté à 00h18 le 29/03/2010
              • Internaute 34767

              Plutôt que droite ou gauche, une analyse de la victoire sarkozyste de 2007 l’analysait en termes de classe : ce sont des discours adressés aux ouvriers qui ont remporté l’élection, de façon écrasante.
              L’histoire a depuis montré que ce n’était pas si faux, même si évidemment la politique est l’art de faire croire, et qu’il n’y a de nos jours que peu de dirigeants qui ne cherchent à faire croire que ce qu’ils considèrent sincèrement vrai...
              Ce que je veux dire, c’est qu’au-delà des clivages partisans un certain nombre de points d’accord percolent dans les masses populaires, aussi inorganisées soient-elles, et que finalement une majorité partage fondamentalement les mêmes références, ce qui peut donc réserver quelques surprises.
              Maintenant qu’une insurrection ne se décrète pas, c’est évident.
              Mais j’ai un peu plus de mal à comprendre que vous vous acharniez sur nemo, qui n’est pas le pire des riverains ?

              • thierry reboud
                thierry reboud répond à LienRag
                • Posté à 00h31 le 29/03/2010
                • Internaute 20923

                D’une certaine manière, c’est un peu ce que je voulais dire : quand vous reprenez le vote ouvrier pour Sarkozy en 2007, ou quand vous pensez que le parti qui recueille le vote ouvrier le plus important est le FN, on peut se demander de quel côté pencherait une révolte ou une insurrection venue de la classe ouvrière. Et là, je crois bien que les notions de droite et de gauche ont une importance.

                Encore faudrait-il savoir si le monde ouvrier existe encore en tant que classe à proprement parler, ce que mon expérience (restreinte, certes) de délégué syndical m’amène à relativiser. C’est d’ailleurs aussi l’un des signes de la faiblesse de la gauche (révolutionnaire ou pas, pour le coup).

                (Quant à 3615, je ne m’acharne pas particulièrement sur lui, croyez-moi : si je devais relever tout ce qu’il écrit et que je tiens pour des conneries, je n’en finirais pas. Mais les anarchistes de pacotille qui veulent tellement changer le monde qu’ils le laissent en l’état, tout ça parce que un peu n’est pas assez, ça me gonfle assez souvent.

                Qu’il ne soit pas le pire, je n’en sais rien : ce que je sais, c’est qu’il s’efforce de me les briser assez joyeusement. Alors de temps en temps, je m’amuse un peu aussi. Pas de raison qu’il soit tout seul, hein...)

                • LienRag
                  LienRag répond à thierry reboud
                  • Posté à 01h47 le 29/03/2010
                  • Internaute 34767

                  Certes, mais vous commettez l’erreur de croire que l’origine d’une insurrection déterminera son point d’arrivée.
                  Alors que si l’histoire enseigne quelque chose à ce propos, c’est bien qu’une insurrection est un phénomène social et politique majeur, qui certes ne fait pas du passé table rase, mais remet tout de même nombre de compteurs à zéro.
                  Qu’une éventuelle insurrection en ces temps de crise laisse difficilement prédire aujourd’hui quelle orientation elle prendrait me paraît évident, mais cela doit-il amener à la condamner d’avance, ou à chercher à l’éviter comme le font Thibaut et Chérèque ? Au minimum, cela mérite discussion...

                  Quand au fait (qui était le sujet de départ) que les médias ne sont pas un terrain neutre en soi mais l’objet d’enjeux de pouvoir et donc n’ont pas pour fonction sociale de fournir un moyen d’éducation politique aux masses (sauf quand l’existence de ces médias est arrachée aux pouvoirs dominants), il me semble qu’il est indéniable et que nemo n’a pas tort de le rappeler même si son exemple est mal choisi.

                  Et les forces de gauche sont suffisamment en mauvais état comme vous le disiez plus haut pour ne pas avoir les moyens de se payer de petites vendettas personnelles...

                  • thierry reboud
                    thierry reboud répond à LienRag
                    • Posté à 02h05 le 29/03/2010
                    • Internaute 20923

                    Si je juge qu’une insurrection doit aboutir à une défaite de mes positions plus importante encore qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors oui, je préfère l’éviter. Je ne crois pas, aujourd’hui, à une insurrection. Et je crois encore moins que, si elle survenait, les forces de gauche soient capables de l’amener à un point que je juge souhaitable. Mais c’est bien entendu une affaire de jugement, et je conçois tout à fait qu’on puisse en juger différemment.

                    Sur le fait que les médias ne sont pas un terrain neutre, mais c’est précisément parce que son exemple est mal choisi qu’il n’aboutit qu’à une tartarinade de plus ! Il suffit de voir comment ces types d’écrits ne subissent aucune espèce de censure pour comprendre qu’ils ne représentent en rien une menace pour l’ordre établi. Si je prends ne serait-ce que l’exemple de L’Insurrection qui vient, pourtant autrement charpenté intellectuellement que du 3615, il n’a jamais été question de le censurer.

                    D’autre part, 3615 ne prétendait pas à éduquer les masses, son exemple était celui d’une propagande (je ne mets pas de nuance péjorative dans ce terme). Et pour ma part, à la lecture de l’ordinaire de ses commentaires, je le tiens plus pour un poujado-stalinien qui joue à l’anarchiste que pour un homme de gauche. (Pas sûr d’ailleurs que lui-même se juge de gauche...)

        6 autres commentaires
  • Melinster
    Melinster
    Pédant galvanisé
    • Posté à 21h09 le 28/03/2010
    • Internaute 61559
      Pédant galvanisé

    J’aime bien cet article qui sort de ’ordinaire et avec lequel je suis entièrement d accord. Ça sert a rien, mais c’est pas souvent donc je le dit. Laissons l’internaute s’exprimer, si la masse peut tomber bien bas, elle peut aussi s’élever très haut ...

  • Pierre Serisier
    Pierre Serisier
    Journaliste
    • Posté à 21h19 le 28/03/2010
    • Journaliste 19811
      Journaliste

    Pour une fois, je vais être désaccord complet avec l’article.

    La question de l’anonymat est à mon avis LE problème principal. La distance entre le commentateur et le rédacteur permet au commentateur de ne pas s’imposer les mêmes règles de bienséance que lors d’une conversation ordinaire. Jamais, au grand jamais, certains commentaires ne seraient proférés tels quels s’il s’agissait d’une discussion face-à-face. C’est bien l’anonymat, et le sentiment d’être protégé qui permet de se laisser aller à une forme d’agressivité dans les commentaires.

    Internet est bien un media. Autrement dit, un moyen (un outil sophistiqué) par lequel des idées et des propos sont échangés. C’est d’ailleurs ce qui rend si crucial le débat sur sa neutralité. Non seulement, les internautes ne passent pas et ne circulent, mais en plus, ils sont relativement statiques. Le taux de retour sur les mêmes sites que l’on a choisis et mis en favoris est très fort. Compte tenu du nombre de sites existants qui devrait en principe nous rendre nomade à perpétuité.
    On se sert d’internet pour parler, mais aussi pour échanger, images, vidéo, liens, des rendez-vous, des conseils. Sans cet outil, tout cela ne serait pas possible. Et ces échanges seraient moins nombreux, mais également moins variés et de moins bonnes qualités.

    Concernant la conversation en amont avec le public, cela signifie que nous recueillons l’avis et les connaissances des lecteurs et qu’ensuite nous rédigeons notre article ? Mais n’est-ce pas déjà ce que nous faisons (ou ce que nous serions censés faire) quand on est en reportage, qu’on fait une interview ? Je pense notamment en ce domaine au magazine XXI qui est devenu l’un des meilleurs objet d’information.

    Cela étant dit, cela n’empêche pas ensuite d’instaurer un dialogue. Mais si celui-ci manque de richesse, c’est uniquement en raison de commentaires désobligeants ou agressifs. Ceux qui laissent ce genre de commentaires pensent qu’ils vont provoquer des réactions et un débat. En fait, c’est exactement l’inverse qu’il se produit. Les agresseurs interrompent le dialogue, non seulement le leur, mais également celui que les autres auraient pu être tentés d’avoir. Plus vous êtes désobligeants et plus vous imposez le silence.
    On peut développer des arguments extrêmement complexes et riches, mais il convient de le faire de manière civile. Exactement comme, il convient d’être civil dans la vie ordinaire. C’est juste un principe de vivre ensemble. Cela n’a rien à voir avec un quelconque contrôle ou contingentement de l’internet.

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à Pierre Serisier
      diptère
      • Posté à 21h20 le 28/03/2010
      • Internaute 45466
        diptère

      z
      z
      Without anonymity - there is no freedom of speech.
      z
      z

    • jck
      jck répond à Pierre Serisier
      • Posté à 21h34 le 28/03/2010
      • Internaute 27688

      Il y’a de bonnes et de mauvaises raisons d’être anonyme. Si vous êtes chômeur, allez vous soutenir une grève sur un forum sous votre vrai nom ? Evidemment vous allez vous griller pour votre recherche d’emplois... Comme tout en société, c’est une question de rapport de force. Les puissant ne publient pas sous leur vrai nom par « courage » mais parce qu’ils sont du bon coté du rapport de force.

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à Pierre Serisier
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 21h54 le 28/03/2010
        éditeur
      • Journaliste 8
        Cofondateur

      Pierre,

      Je te rejoins en grande partie. Mais avec quelques réserves.

      - L’anonymat peut se révéler nécessaire lorsqu’on exprime des convictions ou des témoignages qui pourraient poser problème, par exemple dans le cadre de sa vie professionnelle. Tu me diras, ça ne concerne qu’une minorité des commentateurs usant de pseudonymes, je te l’accorde, mais c’est aussi le moyen d’une expression plus libre. Et nous découvrons de cette manière, dans les commentaires, des témoignages ou des prises de position qui n’auraient pas été possibles à découvert.

      - Le niveau de la discussion est très variable d’un sujet à l’autre. Certains sombrent dans les invectives mais beaucoup, souvent sur des sujets un peu pointus (je me souviens notamment du sujet de David Servenay sur les capsules Nespresso il y a quelques semaines), donnent lieu à des échanges utiles, intéressants, pertinents.

      - Enfin, disons OK pour les principes, mais concrètement, comment fait-on ? C’est bien la principale question. Comme le dit Jeff Jarvis, se reposer sur la technique, sur des algorithmes, n’est pas non plus une solution. Ca reste un travail de sensibilité et d’intelligence : édicter une charte, l’actualiser dans l’intérêt de tous, l’apprécier et l’appliquer.

      Lien intéressant (donné par Jarvis) sur ce débat anonymat-identité où l’on trouvera un résumé des arguments d’un côté comme de l’autre (en anglais) :
      Lien

      • Pierre Serisier
        Pierre Serisier répond à Laurent Mauriac
        Journaliste
        • Posté à 22h21 le 28/03/2010
        • Journaliste 19811
          Journaliste

        Salut Laurent,
        Merci pour ta réponse. Comme le débat est passionnant, je le prolonge un instant.

        Ce qui m’ennuie avec l’anonymat, c’est qu’il fonctionne comme un miroir aux alouettes et, loin de libérer la parole, il en réduit la portée. Je m’explique.

        Si vous apportez un commentaire, aussi pertinent, argumenté et précis que possible, mais que vous restez anonyme, la portée de votre argument sera toujours « affaiblie » et limitée par cette absence d’identité.
        Il est indispensable que les lecteurs ou auditeurs sachent qui parle pour prendre la mesure du propos. En fait, ils en ont besoin pour comprendre. L’identité aide à la compréhension. La connaissance de votre identité permet d’établir un lien entre votre propos et vos éventuelles compétences et connaissances du sujet sur lequel vous intervenez.
        En cas d’anonymat, il faudra que vote argumentaire soit vraiment solide pour franchir et effacer la barrière spontanément créée par l’absence d’identité.

        Je crois que si l’on veut être entendu, on a toujours intérêt à apparaître en pleine lumière. Et je crois qu’en ce domaine l’argument de la liberté est illusoire.
        La liberté est de dire des choses, de s’exprimer et d’assumer ce qui a été dit. C’est endosser une responsabilité et faire face aux conséquences de ses paroles. L’anonymat exonère de cette responsabilité, au moins en partie. Et donc, on devient prisonnier de cette anonymat, on ne s’exprime plus que derrière lui. En fait, en revendiquant de pouvoir dire ce que l’on veut, on se fait asservir par autre chose.

        Mieux, je suis convaincu que l’on vit plus quand on dit qui on est. Je m’explique encore. Si votre identité est connue, quand vous allez vous exprimer, vous allez apporter un soin particulier à vos propos, vous allez les peser, vous n’allez pas vous censurer (attention), vous allez devoir réfléchir précisément à ce que vous allez dire. Vous allez vous demander si vous avez correctement exprimé votre pensée. Et vous n’allez plus réagir de manière épidermique.
        Conséquence, vous allez libérer la parole, vous allez élever le niveau de la discussion. Je crois que l’anonymat en exonérant de cette exigence de réflexion préalable, en favorisant les réactions spontanées et irréfléchies appauvrit le débat. Elle le rend moins intéressant et moins pertinent.

        Je crois enfin qu’il n’est pas bon que nous vivions tous dans la crainte de voir notre identité révélée. Cela constitue un repli sur soi qui est dommageable à la démocratie. On se cache comme si nous étions en résistance. Comme si nous étions en lutte contre un pouvoir.
        Personnellement, je dis ce que je pense (je ne prétends pas que cela est intelligent et pertinent), mais je revendique mes propos. Ils sont le reflet (pas forcément flatteur, je veux bien l’admettre) de qui je suis. Et sincèrement, je me sens plus libre comme ça.

         
        • caro
          caro répond à Pierre Serisier
          délinquante avérée
          • Posté à 23h09 le 28/03/2010
          • Internaute 6484
            délinquante avérée

          Permettez-moi de dire que je ne suis pas bien d’accord avec vous : -)
          La question de l’anonymat se pose sur tous les sites où l’on peut commenter, c’est une discussion que j’ai eue maintes fois, mais chacun est resté sur ses positions.
          « Caro » est un pseudo que j’utilise par déontologie familiale, c’est à dire que je ne veux pas gêner des membres de ma famille en utilisant mon vrai nom, même si les RG savent très bien qui je suis : -)) Oh, j’ai déjà été traitée de lâche ! ça me laisse complètement indifférente.
          Chacune et chacun a certainement de bonnes raisons pour ne pas publier sous son nom, je crois qu’il faut respecter leurs motivations.

          Ici, sur la Rue, puisqu’il faut être logué pour participer, on retrouve les mêmes pseudos, ils deviennent familiers, on sait très bien de quel côté vont pencher les commentaires, on a envie d’engager une discussion ou pas, ce n’est plus de l’anonymat véritable. Personnellement, ça ne me gêne pas, même si certains profitant d’un pseudo peuvent faire étalage de leur haine et d’un racisme qu’ils n’exprimeraient sans doute pas sous leur vrai nom. Mais ce genre de commentaire ne fait pas long feu. Je suis beaucoup plus gênée par les sites qui acceptent les anonymes, les sans nom. A force, on reconnait les styles, mais c’est aussi une protection sur des sites surveillés qui ne gardent pas les IP.

          Vous, vous êtes plus libre sous votre nom, ce n’est pas le cas de tout le monde...

          • LienRag
            LienRag répond à caro
            • Posté à 23h22 le 28/03/2010
            • Internaute 34767

            Exact, ce n’est pas de l’anonymat, mais du pseudonymat.
            Et il est bien connu que Voltaire ou Proust écrivaient sous leur vrai nom...

        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Pierre Serisier
          diptère
          • Posté à 23h31 le 28/03/2010
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          « En cas d’anonymat, il faudra que vote argumentaire soit vraiment solide pour franchir et effacer la barrière spontanément créée par l’absence d’identité. »

          C’est exactement cela. Avec l’anonymat, je suis obligé de faire un commentaire vraiment constructif et intéressant si je souhaite être lu. Je ne peux pas me retrancher derrière mon nom ou l’organisation que je représente (rassurez-vous avec moi, il n’y en a aucune). L’anonymat est un ART, le plus élevé, le plus difficile. Peu s’y astreigne.
          z
          z

        • nono le simplet
          nono le simplet répond à Pierre Serisier
          nihil scio nisi scio quod nihil (...)
          • Posté à 06h06 le 29/03/2010
          • Internaute 9767
            nihil scio nisi scio quod nihil (...)

          Je crois enfin qu’il n’est pas bon que nous vivions tous dans la crainte de voir notre identité révélée
          à titre personnel, bien-sûr, révéler mon identité ne me pose aucun problème et certains riverains la connaissent puisqu’en échangeant des mails ils ont accès à mon adresse principale qui est aussi mon nom et mon prénom .
          je n’ai pas d’adresse mail « nono le simplet » ...
          par contre je comprends que de nombreux internautes ( surtout les internautes féminines ) veuillent garder l’anonymat pour des raisons évidentes .
          Pour moi la dérive réside surtout dans les multi-comptes . Je crois avoir compris, d’ailleurs que la Rue faisait un peu de ménage dans ce sens .
          Mon pseudo Nono le simplet est un vieux pseudo que j’utilise à titre unique ( enfin presque j’ai aussi utilisé « nono el cono “ à quelques reprises ) depuis 2004 . Il fait partie de mon identité sur le net au même titre que mon nom et mon prénom . Mes belles-filles, mon gendre et mes beau-frères et belle-soeurs m’appellent ‘nono’.
          L’anonymat, pour de multiples raisons, permet à de nombreuses personnes de s’exprimer , et je crois que cela reste l’essentiel .
          Et ce ne sont pas les quelques malades mentaux ou dragueurs (dragueuses) qui doivent gâcher tout ...

          • Numerosix
            Numerosix répond à nono le simplet
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 10h41 le 29/03/2010
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Oui . Il s’agit la plupart du temps d’un anonymat relatif qui ne résisterait pas à une enquête de police informatisée . C’est plus pour le jeu dans la discussion , une possibilité de pouvoir s’exprimer différemment et l’anonymat par rapport à certains ( employeurs, Pole emploi , parents, grand mère, profs..) vis a vis desquels ont préfère éviter l’ exhibitionnisme...
            Certains utilisent bien un nom de scène ..

        • plataneforever
          • Posté à 09h43 le 29/03/2010
          • Internaute 67389

          Totalement d’accord !

          dans les réponses à ton commentaire, les gens jouent sur les mots : c’ets quoi l’anonymat ?
          avoir un pseudo et avoir accès à son adresse mail ?
          être impossible à repérer par les RG ?
          etc
          moi je m’en fout de cela ! il ne faut pas vivre dans la peur du big brother, cela construit big brother ! !

          Et surtout le problème de l’anonymat n’est pas là, il est sur la fonction de la personne, sur sa légitimité ... l’auteur est légitime car il a été choisi, pas le commentateur ...

          Bref ... DEUX EXEMPLES DE PROBLÈME D’ANONYMAT :

          Pour moi l’anonymat est un vrai problème dans ce genre de situation :
          Il y a quelque mois j’ai participer avec entrain à tout un débat sur le réchauffement climatique, ici même.
          A un moment je lis un commentaire débile, de quelqu’un qui , une fois de plus, utilise un argument scientifique n’importe comment pour dire n’importe quoi (c’était une histoire de thermodynamique : l’auteur du com disait, la terre ne peut se réchauffer car en thermo il faut toujours une source froide et une source chaude et la terre est un système fermé etc ... des mots scientifique pour une phrase débile).
          Etant moi même prof de physique, je lui réponds en expliquant point par point son erreur et avec un peu de rancœur j’avoue ...
          Et bien je me suis fait boulé comme un gros naze ... avec des coms du genre « pas du tout t’as rien compris arrête de croire ce que l’on te raconte le réchauffement c’est faux »
          hum.

          Alors faux-problème (je n’avais qu’à être meilleur) ou vrai problème d’anonymat (égalité artificielle) ? ?

          De la même manière quand j’ai dit dans un sujet sur le nucléaire, que j’étais contre (avec des arguments complexes) et que j’étais pourtant prof de physique ... paf je me suis vu que « non c’était pas possible je ne pouvais être “prof de physique et contre le nucléaire” ...
          merde ... je perds ma légitimité en disant quelque chose à contre-courant ... Gros problème ! ! !

          Mais je n’ai pas vraiment de solution non plus là dessus ... à part assumer pleinement le fait que l’auteur et les commentateurs ne soit pas sur un pied d’égalité ! ! Il faut donc a moins complexifier le système de notation et de modération.

        • Le Yéti
          Le Yéti répond à Pierre Serisier
          yetiblog.org
          • Posté à 13h58 le 29/03/2010
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          Tout à fait d’accord avec Laurent Mauriac sur le sujet de l’anonymat.

          J’utilise personnellement le pseudo du Yéti pour des raisons professionnelles.

          Mais :

          1/ j’utilise toujours le même pseudo (ce qui fait qu’il est désormais plus connu - et parlant - que mon véritable patronyme)
          2/ je fournis sur Rue89 - et c’est essentiel - une adresse e-mail VALIDE ;
          3/ je signe toujours mes réponses mail perso par mon véritable patronyme (qui me cherche, me trouve sans problème [rires] !).

          En conclusion, la validation de l’e-mail des commentateurs me paraît plus importante que cette histoire de pseudonyme.

          Suggestions (un peu tardives !) à l’équipe de Rue89 :

          - faire valider chaque nouvelle inscription par un renvoi de mail (comme pour les pétitions en ligne) ;
          - désinscrire toutes les anciennes inscriptions sans mail valide (ça éliminerait une bonne partie des trolls multi-comptes obsédés de ronds-rouges assassins, hé hé !)

        • nicolas.boulay
          nicolas.boulay répond à Pierre Serisier
          ingé
          • Posté à 16h21 le 29/03/2010
          • Internaute 94389
            ingé

          Je pense que si vous voulez avoir de bon commentaire en retour d’un article, il faut prendre l’habitude de faire un « retour d’article ». En gros, faire un article sur les commentaires.

          Cela permet de mettre en avant tous les commentaire intéressants et les sortir du « bruit ». Le but est bien de faire ressortir les informations et non l’opinion de personne précise comme peuvent le faire la mise en avant de certain commentaire. Les informations devront être vérifié, bien sur.

          Un « retour d’article » pourrait être ajouté à un article comme une mise à jour, la longueur étant uniquement dépendant de la qualité du retour.

        8 autres commentaires
      • LeTicien
        LeTicien répond à Laurent Mauriac
        Informaticien
        • Posté à 21h55 le 29/03/2010
        • Internaute 91779
          Informaticien

        Tres juste il est tres difficile d’effacer ses traces sur Internet, une prise de position personnelle d’il y a 5 ans peut vous griller pour un poste dans une boite car la 1ere chose que font les RHs c’est de googlesiser votre nom et meme sans cela via les caches on peut vous retrouver quand meme. Donc moi qui suis informaticien il est hors de question de m’exprimer sur quelque sujet que ce soit hors informatique avec ma vraie identite.

        Et puis pour dire mort on cons c’est plus pratique.

         
        • LeTicien
          LeTicien répond à LeTicien
          Informaticien
          • Posté à 21h57 le 29/03/2010
          • Internaute 91779
            Informaticien

          Et puis pour dire mort AUX cons c’est plus pratique.

        1 autres commentaires
    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Pierre Serisier
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 22h19 le 28/03/2010
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Je m’étais déjà posé cette question sur l’agressivité, mais à mon humble avis, vous vous trompez.

      Il y a sans doute, évidemment le phénomène des voix extrémistes, étant bien connu des sociologues que le frontiste assume généralement très mal de s’admettre comme tel (la petite lueure d’humanité qui reste en lui, peut-être...) mais ça reste marginal à mon avis.

      Dans sa généralité, la différence avec le face-à-face ce n’est pas tant l’anonymat, la différence c’est que vous êtes deux.

      L’agressivité en question vous ne la retrouverez pas entre deux « pseudonymes » qui dialoguent par mail, et personnellement je ne l’ai jamais vu, et j’ai même souvent été surpris de voir que des gens passablement agressifs sur certains forums sont plus posés en message privé.
      Par ailleurs cette violence verbale, vous la retrouvez tout autant dans les « débats » publics, ces grands shows télévisuels où l’on se dit « débattre », sans aucun anonymat. C’est tout aussi, violent, péremptoire, plein d’affirmations sans nuances pour montrer qu’on sait, et jamais pour échanger.

      C’est que dans ceux là, comme sur les « forums » ou les « commentaires », souvent certains ne parlent plus seulement à celui d’en face, mais on parle à d’autres (le public) qui liront les échanges. C’est à dire qu’on est sorti de l’échange pour passer dans la rhétorique pure. Ici il n’y a plus de débat véritable, qui supposerait l’existence d’un dialogue entre deux personnes.

      En bref, d’une part l’environnement des média de masse donne très majoritairement l’exemple d’une utilisation massive de la rhétorique, d’autre part dans sa forme même, l’outil ne se prête pas nécessairement au dialogue. C’est déjà tout ce qu’il y a autour qu’il faudrait changer, ne serait-ce que pour donner l’exemple.

    • LeTicien
      LeTicien répond à Pierre Serisier
      Informaticien
      • Posté à 22h47 le 28/03/2010
      • Internaute 91779
        Informaticien

      En gros l’anonymat permet de dire merde a celui qui le lira.

    • Camille
      Camille répond à Pierre Serisier
      Mauvais genre
      • Posté à 23h11 le 28/03/2010
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Bonjour Pierre,

      Etant complètement anonyme sous mon pseudonyme, je pense que vous vous trompez complètement.

      Je vous mets au défi de trouver un seul commentaire dans lequel je fais preuve d’agressivité. En revanche, j’ai censuré plusieurs commentaires de personnes identifiées qui donnent leur nom sans problème et qui ont été très agressives.

      Etant donné que je trouve quotidiennement un nombre important de contre-exemples (des personnes anonymes qui sont bienveillantes et, au contraire, des personnes « nommées » qui sont agressives), il me semble que dire que l’anonymat est la source de l’agressivité est une erreur.

      • Pierre Serisier
        Pierre Serisier répond à Camille
        Journaliste
        • Posté à 23h55 le 28/03/2010
        • Journaliste 19811
          Journaliste

        Bonjour Camille,

        En pinaillant un tout petit peu, je dirais que l’on trouve aussi quotidiennement des personnes anonymes qui se montrent très agressives et des personnes intervenant sous leur identité qui sont parfaitement civiles.
        Mon idée n’est pas d’établir une règle générale dépourvue d’exceptions, mais de dire :

        1) que l’anonymat offre la possibilité d’être agressif en entretenant la perspective que l’on ne sera pas sanctionné.
        2) que l’anonymat exonère en partie la responsabilité des propos que l’on tient. Je m’explique encore : vous voulez dire quelque chose. Cela a des conséquences (bonnes ou mauvaises d’ailleurs). Je pense qu’il est normal de ne pas offrir la possibilité d’échapper à ces conséquences. On est comptable des propos qu’on tient.

        Concernant votre exemple personnel. Vous êtes anonyme pour les lecteurs de Rue89 mais pas pour les journalistes qui font ce site. Donc, votre position n’est pas celle du commentateur lambda. En fait, vous êtes connue.

        Pour résumer, chacun peut faire ce que sa conscience et sa situation lui dicte. Il n’existe pas de réglementation qui interdit l’anonymat. Personnellement, je pense qu’il y a plus d’avantage à se présenter à visage découvert. Mais, bon, ce débat touche à une corde sensible et en partie irrationnelle et aucun camp ne réussira à convaincre l’autre.
        Pierre

         
        • Camille
          Camille répond à Pierre Serisier
          Mauvais genre
          • Posté à 00h08 le 29/03/2010
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Je suis plus ou moins anonyme y compris vis à vis des journalistes qui font ce site si... Pas de tous effectivement.

        • Anonyme répond à Pierre Serisier

          Vous rappelez-vous l’histoire de cette jeune femme qui a été licenciée parce qu’elle avait posté un message sur facebook alors qu’elle était en arrêt de travail au motif de « grande fatigue empêchant l’usage d’un écran ».

          Même si c’est un cas extrême à la limite du comportement délictueux, ça illustre bien le problème du non-anonymat. Tout ce que vous postez sur un forum est accessible par n’importe qui et n’importe quand, et pour n’importe quel usage, y compris malveillant.

          C’est pourquoi lorsqu’on blogue à titre privé, le faire de manière identifiable me paraît au contraire tout à fait déraisonnable.
          De plus, cela conduit nécessairement à une certaine forme d’autocensure : quand vous discutez à titre privé dans un lieu public de la vraie vie, si on vous disait que vos propos passeront le soir à la télévision, il est probable que vous ne diriez pas la même chose, voire que vous vous tairiez...

          Votre position me semble être celle du professionnel. Vous êtes journaliste, le commentaire d’actualité fait partie de votre métier. Cela étant, imaginons que vous soyez employé par Libé au service sports, et que vos opinions politiques soient frontistes. Eh bien je serais très surpris de vous voir exposer vos idées frontistes sous votre vraie identité sur les forums...

          Je crois que l’anonymat est justement un bienfait sur internet en cela qu’il permet d’atténuer la dimension d’ubiquité des forums, en permettant à bien des gens de participer aux discussions.

          Et je pense que les gens qui militent pour la carte d’identité virtuelle et la disparition de l’anonymat sont des gens qui veulent en réalité policer le web, le mettre sous contrôle, et l’empêcher de devenir un vrai espace de liberté d’expression et de pluralisme authentique.

          • Pierre Serisier
            Pierre Serisier
            Journaliste
            • Posté à 02h10 le 29/03/2010
            • Journaliste 19811
              Journaliste

            Je sens que je fais me faire agonir, mais bon.

            Concernant l’exemple de la jeune femme que vous citez. Elle est en arrêt maladie pour « grande fatigue empêchant l’usage d’un écran ». Elle sait donc qu’intervenir sur Facebook qui est un lieu public revient à prendre un risque. Je ne connais pas les circonstances, et sans doute son employeur aurait dû faire preuve d’un peu de souplesse, je suis d’accord. Mais, il aurait été judicieux qu’elle prenne la mesure du risque et ça, personne ne peut le faire à sa place.

            Concernant mon éventuel affiliation au Front national. Cela n’est pas le cas, donc je n’ai pas à me cacher. En revanche, si j’intéprête correctement votre argument, cela revient à dire que l’anonymat favorise l’expression d’idées extrémistes et peu recommandables. Donc, que l’anonymat est une arme dont peuvent se servir certains afin de diffuser ce type d’idées. N’est-ce pas là un argument contre l’anonymat ?

            Regardez ce qu’il s’est passé lors du débat sur l’identité nationale sur le web. D’accord, il n’aurait pas fallu organiser ce débat. Mais, il a quand même eu lieu. C’est grâce à l’anonymat qu’on a vu déferler des propos inacceptables. Si les internautes avaient été contraints de s’identifier clairement, ils n’auraient jamais osé proférer des propos qui étaient tout bonnement inadmissibles et qui d’ailleurs n’ont pas été modérés correctement sur le site du ministère.

            Concernant le contrôle et la censure du web. Je crois que cela est exactement l’inverse. C’est parce que certains excès sont commis sous le couvert de l’anonymat que nos gouvernants sont tentés d’y mettre le nez et de vouloir imposer une censure. Regardez ce qu’il s’est passé avec Nadine Morano qui avait menacé de saisir la justice et voulait que soient révélées les IP de commentateurs anonymes qui la critiquaient.
            En fait l’anonymat « déresponsabilise » (pas tous, bien sûr), mais certains. Et ce sont les excès entretenus par cette « déresponsabilisation » qui sert d’argument et de justification à ceux qui veulent censurer le web.
            Pierre

            • Anonyme répond à Pierre Serisier

              Je trouve un peu décevant que vous preniez les deux exemples que j’ai donnés pour illustrer au pied de la lettre. Ce ne sont pas de ces cas-là dont il est question. J’aurais pu parler du Figaro et d’un communiste, ou d’un journal écolo et d’un possesseur de 4x4, ou de quelqu’un qui a pris une semaine de vacance en se déclarant injoignable pour avoir la paix, et qu’on retrouve postant sur facebook, etc...

              Je relève dans votre réponse des termes qui me semblent inappropriés au débat : vous employez « peu recommandable », « inacceptable », « inadmissible ». Ce sont des jugements de valeur, là où le seul qualificatif approprié serait de savoir si ces messages violent la loi, ou pas.
              Mais vous ne vous placez pas sur ce plan-là ; vous vous placez sur le plan moral, et qui plus est de votre morale à vous. En réalité, en exigeant que les gens qui tiennent ce genre de propos soient identifiés, l’objectif que vous poursuivez, c’est de les faire taire en les intimidant.
              En cela, vous semblez bien faire partie des gens dont je parle à la fin de mon message précédent ; ceux qui veulent contrôler le net et s’assurer qu’il est bien propre.

              Revenons un instant sur ceci : « Si les internautes avaient été contraints de s’identifier clairement, ils n’auraient jamais osé proférer des propos qui étaient tout bonnement inadmissibles “
              Ce que vous nous dites là, c’est que vous admettez qu’il y a des gens dont les idées vous semblent répugnantes. Mais vous voulez interdire à ces gens de les exprimer. Si on vous suit, il va se passer deux choses :
              1) ceux parmi ces gens qui trouvent vos idées à vous répugnantes vont avoir le sentiment d’une grave injustice, vu que vous pourrez continuer à exprimer les vôtres,
              2) ceux qui ont une maîtrise suffisante de la langue et des codes culturels n’auront aucun problème pour formuler leurs propos en respectant les règles et chartes diverses, alors que les autres seront censurés. Vous excluez donc du débat une partie des gens peu éduqués.

              Votre propos sur la responsabilisation est du même ordre. Et ce n’est pas parce que des excès seraient commis que les gouvernants veulent contrôler le net : ce n’est qu’un prétexte, comme d’habitude quand il s’agit de restreindre les libertés ; on nous a déjà fait le coup avec le terrorisme qui impose de nous dépouiller de certaines libertés.
              La réalité, c’est qu’il est très difficile à un gouvernement d’être réellement libéral, surtout en France de tradition jacobine. Et par conséquent, tout gouvernement tend à empiéter sur les libertés individuelles jusqu’au point où des contre-pouvoirs suffisamment puissants les empêchent d’aller plus loin.

              Le système actuel dans lequel les forums ont un statut d’éditeur, et sont par conséquent responsables des commentaires des internautes, ce qui les oblige à assurer une modération suffisamment vigilante, est un système largement suffisant, et il n’y a aucune raison autre que policière de vouloir aller plus loin.

              Et puis aussi, voyez-vous, on a le droit de ne pas être ‘responsable’ tout le temps. Votre notion de la responsabilité, c’est la mort, le troupeau réglé. On a le droit de déconner, de se lâcher, de temps en temps. Si demain je déconne au troquet après le bureau, il se peut que je choque quelques habitués du troquet, qui oublieront vite. Je ne vois pas pourquoi si je devais déconner demain sur l’internet, cela devrait pouvoir être vu et su potentiellement de tous les gens qui me connaissent et rester à charge contre moi pour le restant de ma vie.

              En fait, ce que vous proposez, c’est une société policée, lisse, sans aspérité, où tout le monde pense raisonnablement (donc tout le monde est plus ou moins centriste), où la concorde règne, où il n’y a pas de conflit et où les adultes se comportent à tout moment et en toute circonstance comme des grandes personnes responsables, sérieuses, mesurées, pondérées, etc...

              Cette société-là existe : ça s’appelle le cimetière, très peu pour moi.

              • tOrDrE L¤RdRe
                tOrDrE L¤RdRe
                chien de talus
                • Posté à 08h19 le 29/03/2010
                • Internaute 50571
                  chien de talus

                c’est juste, de plus dans le cadre de la rue ( je dis pas pour un site pro ou scientifique [ voir com egide >>] ) le débat portant sur des faits liés à l’actualité les dérapages sont plutôt constructifs et quand ils ne le sont pas ça fini en eau de vaisselle, un commentaire ou deux plus loin un autre échange démarre....y a t’il un problème de modération dans la forme des échanges ? à mon avis non.

                Il reste le statut des propos rapport au juridique et donc in fine aux gros sous...trouvez-vous donc un bon avocat digne du canard capable de défendre mordicus le droit à la discussion tout azimut autour de l’actualité et rétablissez le repliement des coms qui marque le positionnement « désaprobatoire » de l’auteur ou de la rédac comme l’encadré peut l’être dans l’autre sens, libre à l’internaute de soulever la feuille morte pour vérifier si il y a bien de la merde en dessous.

              • plataneforever
                • Posté à 10h54 le 29/03/2010
                • Internaute 67389

                je ne crois pas que l’on puisse ou qu’il faille s’affranchir de valeurs morales.

                oui Pierre Serisier fait référence à des commentaires « intéressants ou non », parle de responsabilisation mais je crois vraiment que l’expérience lui donne raison.

                permettre à tous de dire tout, ça n’avance à rien.

                je ne crois pas qu’il faille faire croire à tout le monde que nos commentaires se valent ! !
                quand je suis con, j’aime qu’on me le dise ! !

                • Anonyme répond à plataneforever

                  Ah ? Mais alors, de quelles valeurs morales s’agit-il ? Qui les fixe ?

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