Entretien 25/03/2010 à 13h38

« Les femmes accouchent à 30 ans, comme au XVIIIe siècle »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Les femmes qui ont accouché en 2009 avaient 30 ans en moyenne. L’âge à la maternité continue de reculer en France... Entretien avec Gilles Pison, auteur de l’étude publiée par Populations et Sociétés, la revue de l’Ined (Institut national d’études démographiques) .



L’évolution de l’âge moyen à la maternité en France (Ined)

Pour la première fois depuis un siècle, les femmes qui ont accouché en 2009 avaient 30 ans en moyenne. Est-ce une surprise et un symbole ?

Un symbole sûrement car c’est un âge rond, mais ce recul se produit depuis plusieurs décennies, c’est un mouvement continu et très important. Les femmes qui ont accouché en 2009 avaient un âge moyen de trois ans supérieur à leurs mères.

Chez celles qui ont eu leur premier enfant, l’écart est encore plus important : elles ont 28 ans en moyenne, contre 24 dans les années 70.

Vous faites remarquer qu’il n’y a qu’en 1914-18 que la moyenne d’âge de la maternité était à ce niveau. Elle dépasse même 30 ans entre 1916 et 1919...

Je n’ai observé ces données que sur un siècle. Mais au milieu du XVIIIe siècle, les femmes se mariaient à 26 ans en moyenne et avaient cinq enfants chacune, l’âge moyen était supérieur à 30 ans.

Pour la Première Guerre mondiale, cela s’explique par le fait que l’envoi des hommes au front a empêché des mariages de se faire et retardé les premières naissances qui auraient dû suivre ces mariages. Les enfants qui sont nés pendant cette guerre sont surtout nés de femmes qui avaient déjà des enfants, il y a eu peu de premières naissances.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’âge des mères s’est élevé temporairement, mais moins.

Pourquoi parle-t-on toujours de l’âge de la maternité et pas de celui de la paternité ? Comment l’un influe sur l’autre ?

Les deux évoluent de concert : la décision de faire un enfant est dans l’immense majorité des cas prise par un couple, en commun. L’âge moyen des pères suit historiquement celui des mères mais plus haut et s’établit désormais à 33 ans, en moyenne.


L’âge moyen de maternité en Europe (Ined)

Dans l’un des graphiques de l’étude, on peut comparer les âges moyens de maternité dans l’Europe des 27. Qu’est-ce qui influe le plus sur l’âge de la maternité ?

Ce n’est pas la religion, puisque par exemple les Italiennes et les Espagnoles sont bien plus âgées que les Polonaises. Ce n’est pas non plus le niveau de développement qui joue, les Britanniques sont bien plus jeunes à leur maternité que les Suédoises.

On observe un contraste entre les pays du centre-est et ceux de l’ouest de l’Europe. En Roumanie et en Bulgarie, les femmes accouchent particulièrement jeunes, c’est en partie une survivance de l’époque communiste où les femmes avaient leurs enfants très tôt, l’Etat subvenant à tout à l’époque, et aussi une caractéristique très ancienne dans ces pays. Mais là comme ailleurs, cet âge recule.

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  • bibimbap
    bibimbap répond à Tropicaleyes
    en travaux
    • Posté à 16h56 le 25/03/2010
    • Internaute 86441
      en travaux

    C’est plutôt la nana en question qui ne voudra pas du mec à qui ça pose problème.

    • Tropicaleyes
      Tropicaleyes répond à bibimbap
      Jean-Christophe, En Slim, (...)
      • Posté à 17h11 le 25/03/2010
      • Internaute 95001
        Jean-Christophe, En Slim, (...)

      Et bien elle restera célibataire jusqu’à 50 ans..... ou bien tombera sur le mec qui n’as pas confiance en lui. Allez ls mannequins j’ai du boulot à terminer

  • anini
    anini répond à Tropicaleyes
    terrienne de souche !
    • Posté à 23h20 le 25/03/2010
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    Vous vivez dans quel siècle ?
    Les jeunes filles de votre entourage sortent du couvent des oiseaux ?

    • Anonyme répond à anini

      Oulala, ma bonne dame, si vous saviez ce qu’il s’y passe au couvent des oiseaux...

      Les jeunes filles de bonne famille, ce n’est plus ce que c’était. Eh oui, eh oui...

    • Tropicaleyes
      Tropicaleyes répond à anini
      Jean-Christophe, En Slim, (...)
      • Posté à 09h25 le 26/03/2010
      • Internaute 95001
        Jean-Christophe, En Slim, (...)

      Bah écoute je vis à un époque ou je choisi mes partenaires, mais c’est sur que si elle est passé sur cinquante mec diffèrent, elle sera pas la femme de ma vie, je la laisse aux autres.....

       
      • anini
        anini répond à Tropicaleyes
        terrienne de souche !
        • Posté à 12h21 le 26/03/2010
        • Internaute 51759
          terrienne de souche !

        Mais toi aussi ,tu es « usagé » !

      1 autres commentaires
  • valentin59
    valentin59
    étudiant
    • Posté à 14h16 le 25/03/2010
    • Internaute 44730
      étudiant

    Cette moyenne n’est pas très compliquée à comprendre...

    Quand je discute avec mes ami(e)s de l’idée d’avoir un enfant dans un avenir plus ou moins proche, la réponse est toujours la même et peu importe leur appartenance politique, religieuse ou communautaire. Nous préférons attendre d’avoir atteint une certaine sécurité dans notre emploi, un salaire décent... bref un cadre de vie optimal pour élever un enfant.

    Le chomage des jeunes est impressionnant, les premiers emplois se caractèrisent par leur forme précaire (CDD, Intérim’ voire stage) et qui plus est le désengagement de l’Etat ne favorise pas le sentiment de sécurité économique et sociale.

    Ce recul de l’âge des mères, mis en parallèle avec l’année 1916 où l’Etat était concentré sur l’effort de guerre, montre bien l’état moral de la France : inquiétude et questionnement sur l’avenir.

  • alexandre libr
    alexandre libr
    'pataphysicien
    • Posté à 14h22 le 25/03/2010
    • Internaute 106514
      'pataphysicien

    vu les situations économiques individuelles, vu les politiques de réductions du chômage par les études longues, vu l’isolement des jeunes parents (mais ou sont les grands parents ? on vous emmer...), et vu la fatigue incroyable que cela engendre, ... oui prenez le temps d’en faire ou pourquoi pas n’en faites pas, pourquoi en faire finalement ?

    pour les refiler à la grande destructrice qu’est l’éducation nationale ?

    votre enfant veut il réellement naitre ?

    Et si vous un flemmard intellectuel, par pitié n’en faites pas...

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à alexandre libr
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 20h35 le 25/03/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Une chose est certaine, c’est qu’envisager de faire un enfant aujourd’hui nécessite de prevoir d’avoir également les moyens de lui offrir
      son abonnement scolaire à l’école privée...

      ....vu que Sarko est en train de foutre en l’air celle de la République,
      - obligatoire et gratuite.

      * Donc, si vous envisagez d’avoir trois ou quatre momes...
      ► A vos calculettes !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 14h31 le 25/03/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    La reproduction, chez les Shadoks, a toujours été un grand problème. Les Shadoks pondent des œufs, dès qu’ils savent compter jusqu’à 4 Au début, ils pondaient des œufs ordinaires, mais ceux-ci se cassaient à chaque fois en raison des grandes pattes des Shadoks. Alors, ils ont commencé à pondre des œufs en fer. Mais il y avait encore un inconvénient, car comme le bébé Shadok à l’intérieur de l’œuf ne pouvait pas sortir, il fallait attendre que l’œuf rouille. Le « bébé » Shadok était alors déjà très vieux quand il en sortait...

    Lien

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 14h37 le 25/03/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    Oui c’est article est interessant mais on a envie d’en savoir plus : moins de moyen, avenir incertain, meilleure information et maitrise de sa fécondité, entrée tardive des femmes dans un emploi non précaire, vie monoparentale (les divorces, légitimes, ont démultiplié les besoins en habitats et réduise la mutualisation du loyer qu’il faut assumer et qui prend 1/3 du salaire).
    L’article ne dit pas que ce recul dans la maternité est lié surtout à un avenir incertain et ça l’histoire nous le montre systématiquement. Le pb c’est que les mairies font ensuite n’importe quoi pour attirer le chaland et « faire des enfants » pour sauver son bled. C’est une ingérence politique dans la vie privée des familles. J’ai vécu toute ma vie dans le sud de la France et les magnifiques villages médiévaux du sud sont à 90% habitées par des familles très nombreuses qui sont malheureusement sans emploi et qui tue net les villages, consomme du lidl et ne participent jamais à la vie collective.

    • Le Provençal
      • Posté à 15h30 le 25/03/2010
      • Internaute 61202
        Cadre

      Tu as des raccourcis sur les pauvres et Lidl qui sont dignes de ceux de notre défunt ami Zemmour !

      Ceci dit, il est exact que les coeurs de village se paupérisent car les habitations sont mal adaptées à notre vie d’aujourd’hui et donc les loyers sont faibles..........cqfd !

      • femmedesbois
        femmedesbois répond à Le Provençal
        dans sa forêt
        • Posté à 16h52 le 25/03/2010
        • Internaute 93115
          dans sa forêt

        et oui il y en a qui font des racourcis assez saisissants...

        sinon quand vous dites que les habitations sont mal adaptées à notre vie d’aujourd’hui, c’est que tout bêtement les proprios ne font pas leur boulot, prennent le loyer et c’est tout...

        Pour ma part, je paye un petit loyer dans un hameau de haute provence mais je n’ai vraiment pas à me plaindre du logement que j’ai (double vitrages, peintures refaites à neuf, pas d’humidité, etc..)

         
        • Le Provençal
          Le Provençal répond à femmedesbois
          Cadre
          • Posté à 17h27 le 25/03/2010
          • Internaute 61202
            Cadre

          Je parlais de rues étroites, d’habitations mal éclairées et à plusieurs niveaux uniquement.
          Je parlais aussi de Maire qui ne font rien pour améliorer cette urbanisation qui nécessiterait des expropriation d’immeubles insalubres pour ’’éclairer’’ des rues et leur redonner vie.

          Concernant les propriétaires, ce sont généralement des fils ou petit-fils des anciennes générations qui ont fait le village et n’ont pas forcément l’argent pour faire de la rénovation haut de gamme.

        1 autres commentaires
    • femmedesbois
      femmedesbois répond à numeroSeptduvillage
      dans sa forêt
      • Posté à 16h47 le 25/03/2010
      • Internaute 93115
        dans sa forêt

      « les magnifiques villages médiévaux du sud sont à 90% habités par des familles très nombreuses... »
      Vous avez vu ça ou ? dans quel « sud » vous habitez ?
      (cette manie qu’on les français maintenant de ne plus préciser la région ou le département ou ils vivent je ne sais pas pourquoi)

      Moi j’habite en Provence et je puis vous assurer que les villages magnifiques comme vous dites sont plutôt « peuplés » de résidences secondaires... Il y a des villages ou il y a des familles oui, généralement ce ne sont pas les plus chouettes j’en ai habité un mais la moyenne se situait entre 1 et 3 enfants, moyenne française quoi...

      Et les familles très nombreuses qui tuent net les villages alors là, j’hallucine... Ne serait-ce pas plutôt ces friqués qui viennent que 15 jours / 1 mois par an qui les tuent ces villages en faisant flamber les prix, de l’immobilier mais aussi des prix au détail dans les magasins et sur les marchés, qui font des pétitions pour ne plus entendre la cloche de l’église et le chant du coq.

      Moi, j’habite dans un hameau, et en effet, c’est un logement que la mairie a bien voulu me louer car j’ai 3 enfants et ils sont ravis d’avoir une famille pour remplir un peu l’école plusieurs fois menacées de fermeture et c’est bien moins con que de favoriser le tourisme à tout prix.

  • emericn6k
    • Posté à 14h51 le 25/03/2010
    • Internaute 96740

    Cet article tord magnifiquement le cou à l’idée reçue qui dirait que c’est une tendance récente, due éventuellement à la meilleure connaissance de la contraception, à l’amélioration de l’égalité entre les sexes etc.

    Je suis particulièrement surpris de voir que cette situation n’est, finalement, pas nouvelle..

    Merci pour cet éclairage.

  • lifka
    • Posté à 15h15 le 25/03/2010
    • Internaute 37623

    Dans l’un des graphiques de l’étude, on peut comparer les âges moyens de maternité dans l’Europe des 27. Qu’est-ce qui influe le plus sur l’âge de la maternité ?

    Ce n’est pas la religion, puisque par exemple les Italiennes et les Espagnoles sont bien plus âgées que les Polonaises. Ce n’est pas non plus le niveau de développement qui joue, les Britanniques sont bien plus jeunes à leur maternité que les Suédoises.

    Nous n’aurons pas de réponse. Pourtant, Elisabeth Badinter dont le livre a été parfois caricaturé - on ne s’est intéressé qu’à son débat avec les écologistes - donne une hypothèse qui devrait être prise en considération. Elle s’est en effet intéressée à un fait que ne semble pas prendre en compte cette étude (je dis « semble » parce que je n’ai pas vu l’étude originale), c’est l’augmentation du nombre des femmes qui n’ont aucun enfant.

    Pour elle, dans un monde où en même temps la maternité triomphante est glorifiée de toute part (conservateurs et féministes écolo réunis) et l’épanouissement des femmes par leurs activités personnelles (travail etc) est rendu désirable et possible, les femmes doivent de plus en plus choisir entre être une « bonne mère » (c’est à dire allaitante et présente) ou s’épanouir dans des activités extérieures. Et puisqu’il n’y a pas « d’instinct » maternel, de plus en plus de femmes choisissent de ne pas avoir d’enfant ou du moins de reculer l’âge de la procréation au point que celle-ci devienne impossible.

    Et elle note que dans les pays où une représentation forte de la « bonne mère » s’accompagne de mesures importante pour favoriser la natalité sans prévoir celles qui permettraient aux femmes d’assumer en même temps leurs activités extérieures, la natalité a le plus baissé : de moins en moins de femmes seraient prêtes à assumer ce rôle trop contraignant dévolu aux mères. A l’inverse, dans les pays qui ont complété leurs armes natalistes par des solutions larges de garde d’enfants ou permettant au père de relayer la mère, la natalité a moins baissé, et s’est même maintenue comme en France.

    Ce serait l’image trop contraignante et à la mode de la « bonne mère » qui dissuaderait les femmes de faire des enfants. Peut-être à méditer ?

    • LG240
      LG240 répond à lifka
      • Posté à 22h29 le 25/03/2010
      • Internaute 23978

      Moi, je trouve ça très bien de vivre dans une société où les femmes qui n’ont pas envie d’avoir des enfants ne sont pas obligées d’en faire...

      • lifka
        lifka répond à LG240
        • Posté à 23h07 le 25/03/2010
        • Internaute 37623

        Qui dit le contraire ? Certainement pas moi ni Elisabeth Badinter. La question est d’avoir le choix.

  • Ryuu
    Ryuu
    Informaticien parisien
    • Posté à 15h15 le 25/03/2010
    • Internaute 28569
      Informaticien parisien

    J’ajouterai un détail à l’analyse : on constate fort bien sur la courbe que l’age moyen des naissances se rapproche continuellement de l’age moyen des premiers naissances.
    Faut-il y voir un effet logique de la baisse du nombre d’enfants par femme ? Ayant quelques connaissances qui nous font un petit dernier sur le tard (pour sceller un remariage, par exemple), je n’imaginais pas que l’écart se réduisait à ce point.

  • pachin
    pachin
    Etudiant
    • Posté à 15h24 le 25/03/2010
    • Internaute 90632
      Etudiant

    Ca serait pas mal de faire le rapport [durée de vie moyenne] / [age moyen du premier enfant] sur les 70 dernières années. Voir si il y a quelque chose à en tirer. Et de même sur les 2000 dernières années avec des pincettes.

    • lifka
      lifka répond à pachin
      • Posté à 18h24 le 25/03/2010
      • Internaute 37623

      Je ne suis pas sure que ça change grand chose, du moins pour les femmes : n’oubliez pas que l’horloge biologique des femmes tourne plus vite que celle des hommes (même si elles vivent plus longtemps) et que leur temps possible de procréation est limité. La procréation assistée pour les femmes ménopausées est marginale et interdite en France.

      « Et de même sur les 2000 dernières années avec des pincettes. »

      Vous avez des infos sur l’âge à la procréation à l’époque du Christ ? Je sais bien que la Bible parle de certaines matriarches qui auraient procréé à 100 ans ou plus, mais bon....

      En fait impossible de remonter en France au delà de l’édit de Villers-Coteret en 1539 concernant la tenue de registres d’état civil. Et je crois qu’il y a peu d’études au delà du 17e ou 18e siècle, et sous forme surtout de monographies villageoises.

  • Le Provençal
    • Posté à 15h25 le 25/03/2010
    • Internaute 61202
      Cadre

    C’est édifiant le premier tableau.
    C’est stricto sensus une courbe économique.
    J’y vois aussi une relation de cause à effet, dans les années 60-70, tout va bien et on fait des enfants tôt. A partir de 80, changement de société et la courbe monte en flèche.

    Il manque une question pour l’auteur de l’étude : où s’arrêtera-t’on ?

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à Le Provençal
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h52 le 25/03/2010
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      « C’est une courbe économique » : pas vraiment car on ne voit pas l’effet des crises, d’ailleurs pas la dernière non plus.
      Où s’arrêtera-t-on ? « Pas exclu qu’on arrive à 31 ans », mais « peu probable que l’on recule jusqu’à 35-40 ans », notamment pour des raisons biologiques.

      • pachin
        pachin répond à Sophie Verney-Caillat
        Etudiant
        • Posté à 16h20 le 25/03/2010
        • Internaute 90632
          Etudiant

        La biologie évolue, sur le long terme et si la durée de vie de l’être humain continue de croitre, c’est possible. (hypothèse)

      • lally
        lally répond à Sophie Verney-Caillat
        professeur
        • Posté à 09h36 le 26/03/2010
        • Expert 51226
          professeur

        Pourtant, de plus en plus de femmes ont leur premier enfant entre 35 et 40, y compris en France. Les raisons biologiques semblent bien faibles du moment qu’enfin les conditions éco et affectives sont réunies pour accueillir l’enfant.
        Ensuite l’effet des crises éco se traduit par un recul justement de l’âge de la première parentalité.
        Au 18ème siècle, peu avant la révolution, la situation économique était désastreuse. Rappelez-vous les femmes qui sont montées à Versailles pour se plaindre de la faim...Personnellement je vois un lien de cause à effet entre cette situation éco plus que difficile et le recul de l’âge d’une première parentalité. Les femmes du moins en France ont toujours privilégié leur survie par rapport à un projet parental.
        Et avec depuis 1880, l’accès des filles à l’école et peu à peu à des études supérieures puis au travail salarié sans autorisation ni contrôle du pater familias ou du mari, la notion de survie économique chez les femmes s’est maintenue et développée. D’autant plus avec les divorces et les familles recomposées. La crise n’a rien arrangé et a contribué fortement à ce recul d’âge des maternités.
        A partir des années 80, l’âge de la première parentalité recule fortement et c’est logique : moins de travail, plus de difficulté d’insertion sociale, professionnelle, démarrage des contrats précaires qui concernent très vite une majorité de femmes (TUC qui deviendront par la suite CES, CAE) et montée du chômage. Jusqu’à encore très récemment, le chômage des femmes était plus haut que celui des hommes. Cela a tendance à s’équilibrer mais il n’y a toujours pas de travail pour tous et toutes. Le tarif horaire net du SMIC horaire de 6,84 euros ne permet pas à bien des couples de pouvoir se nourrir et se loger avec un salaire plein au SMIC. Temps plein qui devient de plus en plus rare à trouver et souvent avec dégradations des conditions de travail.

        Tout cela ne sécurise pas les couples et ne les invite pas à procréer, même si par ailleurs, il y a heureusement en France une politique sociale de prise en charge du petit enfant et de la maternité qui a justement empêché que le niveau de natalité baisse autant que chez les allemands ou les italiens.
        Mais comme la situation économique ne s’arrange pas, l’exception française de stabilité de naissances risque de se retrouver d’ici peu très entamée.
        Quand la survie personnelle éco d’une femme n’est plus assurée, elle n’a plus envie de faire des enfants. C’est logique. Et elle repoussera cette maternité tant qu’elle ne se sentira pas sécure économiquement.

    • lifka
      lifka répond à Le Provençal
      • Posté à 18h33 le 25/03/2010
      • Internaute 37623

      Vous oubliez les lois sur la contraception et l’avortement :

      Loi Neuwirth : 1967
      Loi Veil : 1975

      L’allongement des études pour les filles, etc.

  • labelle92
    labelle92
    Fonction publique
    • Posté à 15h34 le 25/03/2010
    • Internaute 99201
      Fonction publique

    Faut déjà trouver la bonne personne avec qui faire un enfant, avoir tous les deux une situation financière stable, un bébé ne vit pas de l’air et du beau temps ! Je trouve qu’au jour d’aujourd’hui, c’est difficle de se mettre en couple, beaucoup de jeune ne pense qu’à « s’éclater »... et fonder une famille, c’est pas la priorité pour certains et certaines... Il y a aussi que les femmes sont pas aidées dans le monde professionnelle surtout si un enfant peut-être un frein à leur carrière... ceci dit, je trouve qu’effectivement, 30 ans c’est un bon âge pour acquérir une certaine maturité.

  • Georges D.-
    • Posté à 15h38 le 25/03/2010
    • Internaute 104005
      ok

    C’est surtout la scolarisation massive des filles qui retarde l’âge du premier enfant, ainsi que l’élévation du niveau de vie : ça se vérifie dans tous les pays. Avec bien sûr la révolution qu’a constitué l’arrivée pour la première fois dans l’histoire de moyens contraceptifs fiables.

    Très très rares sont les femmes qui font un enfant par an par choix ! Dès qu’elles le peuvent, elles échappent à ce qui est une véritable malédiction, et elles ont désormais la possibilité de le faire.

  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 15h45 le 25/03/2010
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    « Ce n’est pas non plus le niveau de développement qui joue, les Britanniques sont bien plus jeunes à leur maternité que les Suédoises. »

    Quand on voit qui sont ceux qui tirent les stats vers le bas au Royaume Uni, on aurait justement tendance a penser qu’il s’agit bien d’une question de niveau de developpement.

    Le Royaume Uni reste bien evidement dans la groupe des « Pays developpes », mais franchement, en comparaison avec la Suede, ca ne joue quand meme pas dans la meme categorie !

  • Allegro3
    Allegro3
    (peu importe)
    • Posté à 16h00 le 25/03/2010
    • Internaute 97966
      (peu importe)

    Autour de moi, les jeunes trentenaires (hommes et femmes) sans enfants sont souvent des .. célibataires. On lit de temps en temps des articles sur l’augmentation du célibat notamment dans les grandes villes. Je conclue de cet article que cela ne joue pas sur la natalité ?

    L’âge médian serait peut-être un indicateur utile pour compléter. Car le document original (très lisible et assez bref) note aussi la croissance du nombre de première grossesse entre 35 et 40 ans (voire plus), ce qui correspond au comportement des couples (et surtout des femmes) très diplômées.

  • zouz
    zouz
    etre humain
    • Posté à 16h28 le 25/03/2010
    • Internaute 46888
      etre humain

    pierre pourrait peut etre tenter d’émiger à sigapour.c’est un pays sympathique ou les allocations familiales ne sont versées qu’aux familles disposant d’un certain revenu.quand aux pauvres il faut savoir que si vous voulez beneficier de subventions,vous avez droit à la stérilisation.........sympa.

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 17h01 le 25/03/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    Bien sûr, l’âge ou l’on devient mère pour la première fois recule à cause de la durée des études, l’obtention d’un premier emploi stable et tout simplement l’envie de profiter un peu de sa jeunesse.

    Il y a peut-être un autre facteur auquel on a pas pensé, c’est... L’âge ou l’on rencontre celui avec lequel on a envie de faire des enfants. Ce qui n’est pas forcement évident pour tout le monde et c’est peut-être agravé par la situation instable et incertaine que vivent les jeunes.

    En ce qui me concerne, j’ai rencontré le père de mes enfants à 32 ans seulement (et il y en a pour qui c’est plus tard), résultat : 1er enfant à presque 35 ans seulement... Je ne pense pas être un cas isolé.

    • Allegro3
      Allegro3 répond à femmedesbois
      (peu importe)
      • Posté à 10h23 le 26/03/2010
      • Internaute 97966
        (peu importe)

      Oui, c’est ce que je décrivias dans un post un peu plus haut. Mais il n’y a pas de statistiques là dessus (sauf pour dire que c’est plus courant dans les populations féminines les plus diplômées et les populations masculines les moins diplômées).

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 17h13 le 25/03/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Dans le graphique proposé par Rue 89, je ne vois pas ma tranche d’âge.

    Mon épouse a eu notre enfant à 24 ans...
    Mais c’était une autre époque :

    - Une époque où nous avions chacun un bon travail
    - Une époque où nous avions déjà un logement décent (plus chez maman)
    - Une époque où l’avenir ne nous inquiétait pas (sauf imprévu santé)

    Bref, une époque où le loyer et les charges incompressibles ne nous piquait pas 20 % / 30 % de nos ressources globales, et où la vie était agréable à vivre.
    (C’est vrai aussi que nous n’avons pas été étudiant pendant 15 ans).
    En fait, le but d’une vie :
    Avoir des enfants et créer sa famille, était accessible sans arrière-pensée
    .

    Aujourd’hui, les jeunes sont dans l’attente d’une sécurité d’emploi qui disparaît de plus en plus - font des études longues dont certaines ne les amène nulle part - et
    font confiance en la science pour pallier d’éventuelle défaillance sur le plan de la procréation....car attendre 35 ans pour procréer...hum !

    PS : On constate dans le graphique que moins il y a de télés, plus il y a de pannes d’électricité, plus il fait froid (chez ceux trop pauvres pour se chauffer normalement)
    - plus les gens sont « ruraux »,... plus les mômes arrivent vite !

    Que voulez vous,...quand on n’a que la couette pour se distraire !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h48 le 25/03/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Peut être ai-je tout faux, mais je vois nettement la différence entre la moyenne et le premier gosse.

    Évidement au 18è siècle les femmes pondaient sur une période moyenne égal à maintenant, puisqu’à chaque coup de bite elles se retrouvaient enceinte, du coup elles étaient enceinte de 20 à 40 ans.
    Maintenant elles peuvent heureusement s’envoyer en l’air sans devoir se retrouver en cloque à chaque fois, ce qui fait qu’elles en profitent à donf dans leur prime jeunesse et un beau matin décide de devenir des vieilles et de faire un ou deux gosses, pour ensuite continuer à faire du dedans-dehors des familles quand les mioches sont couchés sans leur ramener un petit frère.

    Après, je ne sais pas trop pourquoi on pondait plus jeune dans les 70s, mais peut être était-ce à une situation économique plus favorable chez les jeunes, qui n’attendaient pas d’avoir 30 ans pour avoir un boulot stable et des revenus suffisant pour se reproduire. Ou alors le côté hippie qui aime les mioches et autres notions culturelles qui mettaient cela à la mode.

    En tout cas, si le pic de paternité est à 33 ans, vivement que je fête mes 34 ans, je serais délivré de deux fléaux : la crucifixion et la reproduction : D

  • brothe
    brothe
    chercheur Postdoc
    • Posté à 19h45 le 25/03/2010
    • Expert 53510
      chercheur Postdoc

    Je dirais que pour les pays comme l’irlande, l’espagne et l’italie, c’est la proportion de jeune qui restent chez les parents qui joue le plus. A 30 ans, la moities des italiens sont toujours chez leur parents.

    Au royaume uni, la consommation d’alcool aide aussi a la fecondite.

    Apres, je dirais que les conditions sociaux economiques locales (travail des jeunes, aide d’etat, poursuite de carriere avec un enfant ...) joue plus que la religion.

  • olivier_lefébure
    • Posté à 01h00 le 26/03/2010
    • Expert 50266
      avocat

    Sophie Vernet-Caillat peut-elle m’expliquer ce qu’elle entend par la différence de niveau de développement entre les britanniques et les suédois ?

  • chambord-
    • Posté à 21h46 le 26/03/2010
    • Internaute 25908

    Les femmes accouchent à 30 ans comme nos jeunes vivent à 25 ans chez leurs parents !

    Donnez du boulot au gens, les statistiques seront autres.

  • M_amie
    • Posté à 22h36 le 26/03/2010
    • Internaute 57153

    Une simple petite réflexion mathématique : nous vivons aujourd’hui un peu plus longtemps, un peu plus de quatre-vingt ans.
    N’est-il pas un peu logique d’allonger la durée d’une « génération » de 25 à 30 ans en moyenne afin de continuer à avoir les mêmes rapport avec ses descendants, plutôt que devenir arrière-arrière-grand’mère ?
    Bien sûr, ce n’est pas un choix conscient, mais peut-être une tendance à prolonger un peu chacune des différentes étapes de la vie (et pas seulement la vieillesse).

  • Sophie Verney-Caillat
    Sophie Verney-Caillat
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 11h53 le 29/03/2010
      rédacteur
    • Journaliste 50753
      Journaliste

    Précision de Gilles Pison au sujet du 18è siècle :

    Au milieu du XVIII siècle, en France, les femmes se mariaient assez tard, à 26 ans en moyenne, et avaient 5 à 6 enfants en moyenne chacune, la grande majorité une fois mariées - les naissances avant le mariage étaient peu fréquentes à l’époque. La durée de vie moyenne était faible, moins de 30 ans, en raison de la très forte mortalité chez les enfants. Mais une fois passé le cap de la petite enfance, un individu vivait en moyenne assez longtemps .

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