Ces Libanais qui veulent pouvoir se marier à la mairie

Deux manifestants en faveur de l’instauration du mariage civil au Liban s’embrassent, à Beyrouth (Mohamed Azakir/Reuters)
(De Beyrouth) Des jeunes filles habillées de robes de mariées ou de tailleurs blancs, accompagnées de jeunes hommes en costume, ont investi la place de l’Etoile à Beyrouth jeudi pour une manifestation festive appelant à l’autorisation du mariage civil. Au Liban, seuls les mariages religieux sont permis.
A l’appel de l’association Chaml (Jeunes citoyens libanais non sectaires et non violents), des couples de « mariés » ont manifesté en chantant et en dansant pour l’adoption d’une loi autorisant le mariage civil au Liban. Ces couples ont échangé symboliquement leurs vœux au centre-ville, place de l’Etoile, devant le député Ghassan Moukheiber. (Voir la vidéo)
Les manifestants ont également transmis au secrétariat du Parlement un document dans lequel ils demandent :
« La loi sur le code de statut personnel civil doit sortir enfin des tiroirs et qu’elle soit débattue en vue de son adoption. »
La société civile libanaise organise régulièrement des manifestations et événements pour réclamer une loi autorisant le mariage civil dans le pays.
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Il y a douze ans déjà, le 21 avril 1998, Libération traitait de la question du mariage civil au Liban et expliquait l’opposition du côté chiite comme chez les Sunnites et chez les Maronites :
« Du côté des opposants, la mobilisation a été massive et spectaculaire. A commencer par les responsables religieux, qui ont fait preuve d’une rare unanimité, en invoquant chacun le respect de l’autre : du maronite Nasrallah Sfeir au chiite Mohamed Chamseddine. »
« C’est du côté sunnite que la réaction a été la plus violente, le mufti de la République, Mohamed Qabbani, appelant au djihad (guerre sainte) contre la loi. Dans un entretien avec Libération, il réitère ses objections : “Ce projet est en contradiction avec la Constitution et les enseignements de l’islam. Il vise à éloigner les gens de la religion et à détruire les fondements des sociétés arabes, en commençant par le Liban. Imposer la laïcité par décret va nous conduire tout droit au même sort que la Bosnie.” Spectre de la sédition confessionnelle. S’adossant à une opinion publique sunnite très hostile, Dar al-Fatwa, le siège du mufti, a organisé un impressionnant rassemblement de 30 000 personnes. »




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