Entretien 12/11/2007 à 14h41

Célestin Monga : l'Afrique, la France et le regard d'un « bantou »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89



Célestin Monga à Paris, en novembre 2007 (Pierre Haski/Rue89)

On avait laissé Célestin Monga intellectuel dissident à Douala. On le retrouve quinze ans plus tard « lead economist » auprès du Vice-Président de la Banque Mondiale à Washington... Et auteur d’un essai passionnant, bilan personnel d’un itinéraire conduisant des geôles camerounaise et de l’idéalisme des années 80 en Afrique au réalisme froid d’aujourd’hui.

Si les apparences et le statut sont ceux de la réussite, le parcours de Célestin Monga aussi l’histoire d’un échec : celui de la deuxième génération post-indépendance qui a cru qu’elle pourrait démocratiser et transformer les Etats néo-coloniaux d’Afrique francophone, et qui s’est, pour beaucoup, fracassée sur le mur de la répression, de la récupération, de la réalité. C’est le cas du Cameroun, le pays natal de Célestin Monga, où Paul Biya va sur ses 25 ans de pouvoir ininterrompu en ayant surmonté toutes les crises. Dont celle, rappelée dans ce livre, « un bantou à Washington », qu’avait déclenchée Célestin Monga en publiant une lettre ouverte à un chef de l’Etat jugé incompétent et médiocre, qui conduisit son auteur en prison...

Retour un peu amer sur une période où, écrit-il, « pris individuellement, chacun de mes compatriotes me semblait capable de créativité, de stoïcisme et de génie. Mais ensemble, nous étions trop souvent piégés par une dose de paranoïa qui stimulait notre besoin d’autodestruction ». Avec le recul que lui offre son exil doré à Washington, Célestin Monga médite, en s’aidant de Cioran et de Schopenhauer, sur ce qu’il qualifie « la splendeur de notre défaite ».

Pour Rue89, Célestin Monga revient, à l’occasion d’un passage à Paris, sur ces années turbulentes. Pour écouter, cliquez ci-dessous :

Qu’a-t-il manqué, à ces idéalistes des années 80 pour réussir à insuffler démocratisation et dynamisme dans des sociétés infantilisées par les pouvoirs mis en place lors des indépendances ou issus de coups d’Etat à répétition ?

Formé en France, Célestin Monga n’a aucune illusion vis-à-vis de la « patrie des droits de l’homme ». Elle l’a trop déçue, et lorsqu’il lui a fallu choisir une terre d’exil, les Etats-Unis lui sont apparus plus accueillants. Aujourd’hui, il s’amuse d’entendre Rama Yade, la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, dire que « l’Afrique de papa c’est fini », ou d’entendre les polémiques autour du discours de Dakar de Nicolas Sarkozy...

Malgré les difficultés, Célestin Monga ne perd pas confiance en l’Afrique. Et pas seulement en raison des taux de croissance qui augmentent... De Washington, il appuie un projet d’université privée au Cameroun (l’université des montagnes), et voit dans l’acharnement des Africains à s’en sortir un motif d’espoir.

Reste une question inévitable, sans doute, vu de Paris : passer de la lutte contre un régime corrompu à un poste de conseiller à la Banque Mondiale, n’est-ce pas, là aussi, une « trahison » ?

Dans cet ouvrage, les réflexions de Célestin Monga sont suivies de la réimpression d’un texte antérieur, « un bantou à Djibouti », publié il y a vingt ans, et qui avait fait pas mal de bruit. On lira avec plaisir -ou déplaisir si on est Djiboutien et amoureux de ce que Monga appelle « le vide »...- ces pérégrinatons d’un « bantou » qui, des rives de la mer rouge aux berges du Potomac, porte un regard sans complaisance sur le monde. Et sur lui-même.

► « Célestin Monga, Un bantou à Washington », éditions Puf, 2007, 204 pages, 14 euros.

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  • Anonyme

    Comme il dit vrai le bantou, seulement si beaucoup pouvait entendre ce genre de paroles au delà de la propagande ambiante.

  • Anonyme

    Ce discours est de plus en plus entendu en europe, et en tous les cas ENORMEMENT répendu en afrique, et il ne faut donc plus parlé d’espoir, mais de temps, le temps du changement qui a débuté. L’imcomprehension totale du gouvernement français n’est évidement pas innoncente. M. sarkozy plus proche d’un Bongo ou d’un Kadafi que d’un Mbeki ou d’une Sirleaf, le choix est fait et il est clair.

    Pour ceux qui sont en région Bordelaise : Mardi 23 Novembre, librairie Georges à Talence, Rencontre Boubacar Boris Diop : L’Afrique au-delà du miroir.
    Lien

    bonne journée

  • bekinadan
    • Posté à 16h39 le 12/11/2007
    • Internaute 21875

    Les choses évolueront dans le bon sens lorsque les français de France cesseront de considérer avec condescendance les africains et les « dom-tomiens » dont je fais partie. Cette condescendance n’existe pas chez les américains, ce qui explique peut-être cela...

    • Anonyme répond à bekinadan

      Merci Celestin de veiller à ce que la flamme de la liberté et de l’espoir allumée en 89 en Afrique ne s’éteigne pas.
      Nous n’avons pas besoin de la considération des Français par delà des Européens, nous avons à nous imposer en modifiant les rapports de force.
      L’Afrique detient les 3/4 des matières premières nécessaires à l’économie capitaliste, il va falloir aux Africains s’unir avec les peuples opprimés du Monde. Il n’y a qu’une seule véroté qu’il faut marteler et faire comprendre à toute la planète que nous sommes dans le même bateau.

      Mouélé Kibaya Lien

    • Anonyme répond à bekinadan

      Francafrique, ou ajourd’hui Chinafrique, USAfrique et Europafrique, c’est kif-kif.

      Il s’agit de controle des ressources naturelles.

      Le reste c’est du bla-bla.

      Personne n’en a rien à foutre des Africains.

      • Anonyme

        C’est vrai ce que vous dites mais dans l’histoire c’est nous les africains qui sommes d’« éternels imbéciles » qui se prêtent à toutes les formes d’exploitation. On va jusqu’à dire idirectement attention si vous ne nous écoutez pas on se fera exploiter par les chinois qui sont les pires de ce l’on a déjà vu, car se moquant eux même de leur propre peuple.

        Avant d’en arriver aux chinois il y a eu aussi les libanais !

         
        • Un compte supprime
          • Posté à 02h05 le 13/11/2007
          • Internaute 21837
            nc

          Au moins les chinois ne chercherons pas a evangeliser, civiliser, coloniser, diviser... Peut etre que c’est ce qui peut arriver de mieux en matiere de cooperation economique avec l’Afrique. Les Chinois ne se sentent pas par exemple obliges de degoiser des discours a Dakar pour faire les malins... Racistes, acharnes, sans scrupules, oui sans doute, mais pas plus que nos grandes firmes globales, et Confucius, a defaut de Mao, c’est pas pire que le Christ ou Mahomed...

          • Anonyme répond à Un compte supprime

            Oui, enfin, ce sera aussi la consommation de masse de produits dangereux, l’installation de centrales au charbon qui vont noyer l’Afrique dans le carbone et la colonisation militaire insidieuse par l’Armée Rouge et surtout le cynisme du commerçant chinois efficace qui va mettre à bas tous les commerces locaux pour faire prospérer le sien.

            Donc vous avez raison, la coopération avec la Chine ce n’est pas pire, c’est aussi sordide.

            VICKING

        2 autres commentaires
    • Anonyme répond à bekinadan

      juste pour une fois : si vous pouviez dire par exemple « une majorité de français de France » ou « certains français de France » etc, mais arrêtez de toujours nous mettre tous dans le même panier, c’est ne jamais vouloir qu’on change et qu’on évolue, nous, les français de métropole, que vous supposez tous racistes et méprisants…
      Fran

  • Anonyme

    Celestin Monga est avec Mongo Beti, Achille Mbembe, Axelle Kabou ou encore un Chinua Achebe un de ceux qui m’ouvrirent à la lutte pour une Afrique meilleure.

    J’avais 17 ans. Je vivais au Cameroun et j’etais plein de rêves.

    Depuis, j’ai compris la mécanique de la Françafrique, le maintien des peuples dans l’ignorance, le traitement de l’information, le jeu des politiques en France et au Cameroun...

    15 ans plus tard, le combat est plus que jamais d’actualité.

    Je vis en France. J’aime la France. Je suis français. Mais comme lui je pense qu’aucun Africain ne doit RIEN attendre de la France.

    L’Afrique, celle qui souffre à besoin d’une VRAIE rupture.

    Pas de slogans populo-crades...

    • destribat
      destribat
      anti-corruption
      • Posté à 10h30 le 13/11/2007
      • Internaute 18954
        anti-corruption

      Tout combat est perdu d’avance. Si les opinions en occident ne se rendent pas que leur multinationales comme Total ne sont pas que des entreprises pétrolières.
      Au lendemain des indépendances, un système très ingénieux a été mis en place pour que l’indépendance ne soit que de façade.

      Le franc CFA est un exemple parmi tant d’autres. Ecoute Eva Joly, si tu veux des mouchoirs, je peux t’en fournir : -) Lien

      Après Eva Joly, tu pourras lire John Perkins, là tu seras au bord du suicide, j’espère que tu es assez courageux, sinon ne vas pas sur le site de Perkins : Lien

      L’affaire des l’arche de zoé me permet de réaffirmer ce que j’ai toujours dit : je suis contre les ONG. Elles permettent à l’occident de se donner bonne conscience, aux opinions d’être détournées du vrai problème. Elles ne font que réparer la merde engendrée par les grands groupes occidentaux. On arme les rébellions, on active les guerres, et après on finance les ONG pour soigner les orphelins, quelle belle astuce.

      • Anonyme répond à destribat

        J’entends et partage une bonne partie de ton propos..

        Pendant qu’on parle d’ONG d’un côté et d’expulsion, de répentance et autres bruits et odeurs de l’autre, on ne pose pas les vraies questions.

        Combien de milliards vont de L’Afrique vers L’Occident ?

        Pierre Haski parlait recemment de plus de 250 milliards en achat d’armes et en dépenses de guerre.

        C’est proprement scandaleux ! ! !

    • Anonyme

      oui, la question - universelle - serait plutôt « doit t-on attendre quelque chose ? » ou autrement dit « doit on compter sur quelqu’un d’autre que sur nous même ? »

      Je ne suis pas croyant, mais un proverbe dit « Dieu n’a pas d’autres mains que les notres »

      ...et avec son corolaire : « pour qui agit-on en fuyant ? »

      je ne sais pas. qu’en pensez vous ?

      • Anonyme

        Assez d’accord.

        Si les Africains ne peuvent compter :

        Ni sur les occidentaux, trop occupés à maintenir en place à coup de corruption les pouvoirs locaux qui les autorisent à piller les richesses de leur pays,

        Ni sur les ONG composées de boy-scouts affairés à s’agiter sans résultats de masse à dépenser les sous donnés par les petits-bourgeois occidentaux qui préfèrent verser 100 euros à Noël que de loger un sans-papier paumé à Paris,

        Ni sur leurs propres politiques, trop affairés à se goinfrer sur le dos de leur peuple qu’ils passent leur temps à faire tabasser par la police,

        Ils ne peuvent donc plus compter que sur eux-mêmes.

        Exemple : les activistes du Delta du Niger qui prennent les armes contre TOTAL et séquestrent ses expatriés qui viennent se bunkeriser dans leurs résidences surveillées, le temps de piller un an ou deux l’or noir du Niger en se gargarisant de leurs aventures africaines.

        Aux armes, Africains.

  • Anonyme

    Merci Pierre Haski de signaler ce Livre et cet auteur de moi inconnu.

    Pour qui n’a jamais été en Afrique, n’y a jamais travaillé, pour qui n’a jamais eu à faire avec les africains si ce n’est comme voisins de palier à Paris ou à Bondy, rares sont les infos permettant de comprendre ce continent. En tant qu’immigré en France (non Africain) de première génération je n’ai pas vécu les « liens proches » de la France avec l’Afrique et je suis toujours sidéré par la façon violente dont les Français reçoivent les africains (et vice-versa sans attribuer de cause et d’effet).

    Célestin Mongin dit que la nouvelle génération de camerounais est plus libre dans sa tête que sa génération, en ce sens, si j’ai bien compris, que les ravages du colonialisme sont plus loin et que l’état d’esprit des plus jeunes est moins dépendant de ce que l’ancien colonisateur ressent et de ce que les colonisés en retour recherchent. Ou que l’Afrique commence une vraie rupture comme dit un CA ci-dessus.

    Permettez-moi tout de même d’en douter : les Coréens ont mis en place une politique de conquête technologique après la guerre dans un très clair esprit de revanche contre le Japon. Ils ont utilisé l’argent des américains pour cela et ils ont réussi à atteindre leur ancien ennemi. Vous achetez des téléphones portables Samsung en partie à cause de cette haine féroce des Coréens contre les japonais. C’est cet esprit de revanche qui a fonctionné à plein. Pourquoi la jeune génération africaine (camerounaise, sénégalaise, burkinabé, etc) du fait d’une moindre volonté de revanche seraient-ils plus aptes à développer son pays ? Au contraire elle a tout intérêt à se battre et pas dans l’esprit d’aide au développement, mais de commerce.

    Je ne crois pas que la France veuille établir le moindre partenariat ou appui de l’ampleur de celui que les US ont fourni aux Coréens. Ni d’aucune ampleur d’ailleurs : le discours raciste déclamé par le Président sarkozy à Dakar disait que l’homme africain n’est pas dans l’histoire. J’ai entendu dire plus de mille fois autour de moi en France. Et les très grandes difficultés que rencontrent les jeunes français noirs d’origine africaine en France le prouvent et ne sont certainement pas là pour arranger les choses. Monsieur Monga a raison : il ne faut rien attendre de la France. Il faudra tout lui arracher. Sortir du colonialisme c’est aussi cela : sortir d’une vision qui confond les relations d’état à état avec des relations de famille.

    • Servais-Jean
      • Posté à 03h40 le 13/11/2007
      • Internaute 4591
        43

      « Les africains doivent tout arracher à La France »

      C’est évident comme il est évident que les français aussi doivent tout arracher à La France,enfin à ceux qui la pillent et qui vont planquer leur butin dans des paradis fiscaux.

      Le combat est le même, qu’on soit français, sénégalais, chinois, chilien ou autre.

      Il n’y a rien de nouveau sous le soleil sauf peut-être ce que nous donne l’Education.

    • bekinadan
      • Posté à 11h28 le 13/11/2007
      • Internaute 21875

      « Il ne faut rien attendre de la France. Il faudra tout lui arracher ».
      Je pense que le problème est mal posé. Il faut surtout que les africains « s’arrachent » eux-mêmes et cessent un peu de tendre la main sans arrêt. C’est d’ailleurs essentiellement un problème de l’Afrique francophone, précisément parce que la France n’a eu de cesse d’infantiliser les africains et de les maintenir dans un état d’assistanat condescendant, ce que la lamentable histoire de l’arche de Zoé ne fait que confirmer.
      Regardez l’Afrique du Sud : voilà un pays que l’on a mis au ban des nations civilisées du temps de l’apartheid, à juste titre au demeurant. Ce pays a réussi depuis 10 ans une formidable évolution après avoir fait sa propre « psychanalyse » et devrait constituer un exemple pour tous les autres pays africains.

      • Anonyme répond à bekinadan

        Un exemple ? !

        L’apartheid continue.

        L’économie reste détenue par les « grandes familles » blanches qui restent les propriétaires terriens et les détenteurs du pouvoir économique.

        Une grande partie de la population noire s’enfonce chaque jour un peu plus dans la misère, pendant que les blancs s’amusent et restent la vitrine du pays (cf leur équipe de Rugby, par exemple, ce formidable exemple de valeurs (comme nous l’ont vendu ces couillons du marketing pendant toute le coupe du monde)).

        L’Afrique du Sud n’est pas un exemple.

  • Anonyme

    Bravo,mille fois « bravo“pour ce discours si riche en enseignements.

  • Compte supprimé le 23 janvier 10
    Compte supprimé le 23 janvier 10
    en territoire apache
    • Posté à 21h21 le 12/11/2007
    • Internaute 2863
      en territoire apache

    PFFFFFF

    yep « lead economist » auprès du Vice-Président de la Banque Mondiale à Washington...

    blanc ou noir quand le realisme froid du dieu dollard
    les rattrappe
    ces revolutionnaires intellectuels revoltés
    la caste des penseurs tire toujours « ses » marrons du feu

  • Compte supprimé le 23 janvier 10
    Compte supprimé le 23 janvier 10
    en territoire apache
    • Posté à 21h22 le 12/11/2007
    • Internaute 2863
      en territoire apache

    Pour qui n’a jamais été en Afrique, n’y a jamais travaillé

    yep ça vous fais une excuse pour

    Sortir du colonialisme c’est aussi cela : sortir d’une vision qui confond les relations d’état à état avec des relations de famille.

  • Bakima Baliele
    • Posté à 05h37 le 13/11/2007
    • Internaute 18299

    Le constat que fait M. Celestin Monga de la volonte des Africains a s’en sortir est bien reel dans la majeur partie des etats d’Afrique.
    Sur le plan politique par exemple, la resolution du conflit ivoirien par les Africains eux-memes, les Ivoiriens en premier- alors que les accords de Marcoussi inities par l’ancienne puissance coloniale ont fait long feu-est une preuve(parmi tant d’autres) qui montre qu’avec un peu de volonte politique, les crises africaines peuvent etre eteintes.

    Sur le plan economique, les institutions de Bretton Woods, pour lesquelles travaille M. Celestin Monga, ont tort de penser que la crise africaine est avant tout une crise structurelle. Elles prescrivent a tout vent le meme traitement aux malades(pays africains). Alors que l’etat de sante du Niger, pays desertique, n’est pas forcement celui du Congo, un pays arrose par le plus grand fleuve du monde apres l’Amazonie, et qui regorge en plus du bois, du petrole. Ou que la situation du Benin n’est pas celle du Gabon. Ou encore que celle du Cameroun n’est celle du Burundi, etc.

    Pourtant l’Europe a beneficie du plan Marshall pour s’en sortir, apres la deuxieme guerre mondiale. Les ex puissances colniales n’ont jamais fait une proposition semblable au G8 et a l’Onu ou deux d’entre elles disposent d’un d’un droit de veto : La France et la Grande Bretagne. L’aide au developpement dont elles ont ete les initiatrices existe depuis pres de 50 ans. Mais aucun pays africain n’est devenu autosufisant, en depit de la cooperation au developpement avec les anciennes puissances coloniales. Ah, je vois, la faute aux elites africaines bien formes dans le moule du maitre preferent s’en remplir les poches ! Au deriment des populations.

    Il faudrait peut-etre qu’un jour que la MB et le FMI pensent plus en terme de capitaux prives en Afrique. De toute facon la raison principale de l’existence de ces deux institutions etait d’aider a la reconstruction de l’Europe. Plus d’un demi siecle apres, les objectifs ont ete largement atteints. Et que le bon sens voudrait que ces ojectifs-la, soient revus et corriges. Mais je ne me fais pas d’ullusion. Les Club de Londre et de Paris perdraient gros. C’est l’un de leurs moyens de pression sur les Etats debiteurs !

    Depuis le debut des processus de democratisation lances en Afrique au debut de la decennie 90, plusieurs pays africains ont mis en place des cadres juridiques interessants, pour attirer les investisseurs etrangers. Meme s’il est ausi vrai qu’il y a encore beaucoup de lacunes, on constate que les choses bougent dans le bon sens.

    La Chine qui n’a pas un probleme de conscience avec le continent noir ne s’est pas trompee. Elle s’active de plus en plus. La Chine n’est peut-etre pas encore devenue un partenaire salutaire pour l’Afruque. Seule l’histoire nous en dira la suite. Pendant ce temps, l’Angeterre, la France et le Portugal, trois pays europeens qui ont colonise l’Afrique tournent le dos au 750 millions d’Africains sous ptretexte que leur continent est pauvre et tres instable. A peine 40 ans l« Occident se moquait des chinoiseries. Aujour’hui l’UE, les USA sont contraints de signer des accords avec le pays de Mao.

  • Charles M.
    • Posté à 08h40 le 13/11/2007
    • Internaute 21573

    quel magnifique retournement veste

    très émouvant.

  • Anonyme

    je suis un toubab de base qui me rend en Afrique depuis 30 ans.Je ne suis pas un eco po distingué comme Mr MONGA mais j’ai pu me rendre compte par moi méme de l’evolution de ce continent à travers le senegal , le mali, le burkina ou le benin ces derniéres décades.En 1994 la France versait déjà 22miliards de francs à ce continent.Je doute que l’africain de base en ait vu la couleur et les habitants de la brousse (que je frequentais essentiellement)ormis la bassine en plastique,vivent toujours comme à l’epoque pré coloniale.Pour schematiser en Afrique ou tu roules en mercedes ou tuvas pieds nu.
    Mr Monga a beau jeu de fustiger ces sales colons de français qui ont permis à l’Afrique de l’Ouest de sortir du moyen age et qui a su former gratuitement en Françe l’elite africaine dont il fait parti et qui crache si volontier dans la soupe.
    Je suis ravi que l’Amerique si peu raçiste comme chacun le sait trouve plus de graçe à ses yeux que la Françe.
    Je me permet enfin de lui faire remarquer que la Françe a elever une vipére en son sein avec les blacks français de deuxiéme génération qui ont pour toute occupation de dealer et de casser du « petit cul blanc ».
    Une amie Togolaise travaillant à Paris à qui je faisais part de ma sympathie et du grand nombre d’amis que j’avais en Afrique m’a dit : « N’oubli jamais pour un africain tu es un baobab que l’on secoue et d’ou il tombe des piéces d’or ».

    • Anonyme

      le pen dit facilement qu’il n’est pas raciste car il a des gens de maison noirs. Je veux juste dire que je me méfie des gens qui stigmatisent toute une partie du monde : l’Afrique. Je suis d’accord avec vous, les USA ne sont pas parfait. Les racistes sont partout. Mais enfin il faut bien voir ce qu’à produit la colonisation française. Les chefs d’états qui se raccrochent au pouvoir jusqu’à la mort sont les francophones. Pourquoi ? Soutenu par l’armée française qui y a des bases. Je rappelle : bongo au gabon, sassou ngesso au congo, houphouet boigny en cote d’ivoire, eyadema père et fils, campaore au burkina, enfin la liste est longue. Quel est le rapport entre toutes ces personnes. La plupart ont été formé à l’école française. quelles en sont les résultats alors ? il faut être lucide monsieur le blanc qui ne donne pas son nom. Le constat est clair. Il y a dans la diplomatie française et dans l’armée des idées très très fortes sur les droits des uns et des autres. D’ailleurs si vous êtes souvent en Afrique entendez-vous ces gens qui disent que la France est le pays des droits de l’homme blanc ? Vous vous plaignez de ceux de la 3 eme génération ici. vous n’êtes pas sans savoir que lorsque vous avez dit à des personnes pendant 400 ans en fait tu n’es pas un être humain, tu es un animal et en tant que telle tu n’as aucun droit humain, il ne faut pas s’étonner de ce que les enfants deviennent. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il est urgent que la France ce préoccupe de ces mauvais rapports avec l’Afrique francophone et qu’en même temps elle s’occupe véritablement de la promotion de sa population non blanche (pas seulement pour la représentation dans le sport ou le chant).Mais dans les plus hautes sphères de l’état. Il me semble que c’est un défi majeur dans l’avenir immédiat. Si non nous risquons de voir les banlieues flambées pas seulement qu’une fois.
      Quant à votre amie togolaise, je lui laisse ses mots et cela ne m’étonne en rien que des personnes aient une mauvaise idée d’eux mêmes comme je vous l’ai expliqué précédemment. Je ne la partage en rien.

      malcom

  • Baptiste Hamon
    • Posté à 13h57 le 13/11/2007
    • Internaute 14875

    Pas sûr que l’Afrique du Sud soit tant un modèle que ça pour l’Afrique. Plus d’apartheid, mais ça se mélange pas des masses non plus. Le Botswana serait un bon exemple de pays africain stable et prospère, qui sait utiliser son pétrole et son diamant pour aider sa population... Mais malheureusement, le pays, comme tous les autres de la région, est miné par le Sida, plus que jamais problème dramatique et principal de l’afrique...

  • Franck_Maison Blanche
    • Posté à 18h13 le 13/11/2007
    • Internaute 21989

    Je salue cette memoire vivante. Mais au-delà j’aimerais poser une question à Celestin Cynisme ou Ignorance dans la gestion des affaires pour nos dirigeants. Ce manque de crédibilité de nos dirigeants ki les oblige à tourner vers la BM et le FMI condamne-t-il l’avenir des futures générations ? On veut changer ou du moins faire bouger les choses. Nous sommes formés par ces pays et aspirons à s’asseoir autour d’une table de négociation d’égal à égal, nous avons la matière d’échanges (nos ressources), mais ce manque de considération de la part des interlocuteurs d’en face perdure encore aujourd’hui. Tu l’as dit. c’est pour cela que la coopération Sud-Sud reste le moyen pour retourner la situation. Autre chose, la volonté politique est une expression que nos dirigeants savent définir mais dans l’application... ils préfèrent la revoir. (à leur avantage..)Alors Comment encourager une generation qui n’a connu que cette manière de gérer la chose publique à changer la manière de faire ; quand on sait par ailleurs que votre génération, celle de célestin) a vu se conforter ses systèmes. la mienne y a grandi. et les dirigeants en place ont eu 1/4 de siècle pour préparer leur « succession ». dans cette optique, c’est vrai l’espoir fait vivre ce qui ne croient plus en rien. Nous on n’y croit plus, Nos dirigeants, à la porte de la retraite (tant kel soit voulue...), ne s’inqiètent pour notre futur. Ils n’ont meme pas d’ébauche de plan d’avenir pour une nation qu’ils sont censés dirigér. D’autre part, l’ère de coups d’etat est révolue. On veut la paix dans notre souffrance ! Le cercle vicieux est là mon cher Celestin. seules certaines personnes comme au Camer voient « le bout du Tunnel ». NE nou berçons pas d’illusion. Qd tu laisse entendre kil faut une croissance à deux chiffres pendant 20 ans, nous sommes en plein délire ! Ki peut soutenir cette croissance. je me trompe, ki peut l’initier ? Certainenemnt pas os « vieillards » Alors ki d’autre ke les institutions financières ? Pouvons-nous nous allier à la Zone AMSUD ? Encore là manipulation de la géopolitique par les états-unis et le bloc européens sont prêt à faire face. ils ne vont se laisser evincer par des « nouveaux venus ». De toute manière, on ne voit jamais rien venir. La Chine surprend tout le monde ! c’est vrai, malgré les tentatives de déstabilisation. voilà nos vrai allier si on veut avoir un avenir.
    kelk 1 l’a dit contre nos ressources. c’est le principe de l’échange et non de l’exploitation comme cela a été le cas depuis les indépendances en Afrique. C’est le moindre mal ! Encore faut-il se le dire,Qu’est-ce ki peut nous arriver de pire au point où nous en sommes ?

  • Anonyme

    Extraordinaire méditation que celle de Célestin Monga. Ce n’est pas tous les jours qu’il nous est donné de lire des réflexions d’une telle pertinence sur l’Afrique d’aujourd’hui. Entre ceux qui pleurnichent constamment au sujet du continent et ceux qui n’en ont que du mépris, entre les victimes permanentes et les cyniques qui voudraient ignorer complètement 4 siècles d’histoire, l’équilibre est souvent difficile à trouver. Célestin Monga y parvient avec simplicité et profondeur. Il fait preuve d’un pragmatisme qui ne l’empêche pas de demeurer idéaliste et optimiste. On a l’impression que le fait de travailler à la Banque mondiale ne lui a pas ôtésa liberté d’opinion et de ton. J’aime beaucoup de qu’il dit de la France et de Sarkozy. J’espère que les Africains seront nombreux à écouter ses propos.

  • Anonyme

    quel plaisir de t’entendre et de savoir que tu as toujours ce franc parler ...je respirais le gaz lacrymogène de la police quand je me fondais dans la masse humaine pour te voir soutenir les leaders des manifestations etudiantes( 1990 -1991 ) dans les tribunaux camerounais ...je te retrouve 16ans apres avec un réel plaisir de savoir que tu es resté le meme j’acheterais le livre je connais ta plume et ton franc parler c’est qu’un aperçu sur le net ...

  • Anonyme

    Fidele a lui meme Celestin pose de vrais questions qui poussent a la reflexion. A mon humble avis, il est temps de passer a l’action. C’est ce qui fait bouger les choses . Ne vous trompez pas, toute action n’est pas souhaitable, nous avons des examples destructeurs a ne pas suivre comme au moyen orient ou au Nigeria. Ce qu’il faudrait c’est « strategiser » en tenant compte de notre environement exterieur : il n’y aura pas de plan Marshal pour l’Afrique subsaharienne, nous ne ressemblons pas aux autres et leur sympathie envers nous a des limites. Nous devons recadrer avec l’exterieur nos rapports dans un esprit de concurrence et d’echange benefiques pour tous et cesser d’attendre de l’aide. Nos amis seront ceux qui veulent etre fair play avec nous et qui ne cherchent pas a nous exploiter. Aux Africains de faire la difference. En ce qui concerne l’environement interieur, nous devons tenir compte de la resistance au changement de ceux qui profitent du statu quo et qui ont le pouvoir. Il faudra de l’innovation et du courage pour imposer une dynamique de changement. Le vrai probleme de l’Afrique est l’absence de leadership, un visionaire qui a la capacite de rassembler et d’executer. Tant que le systeme social Africain sera incapable de generer ce genre de leader, nous seront toujours a la traine.
    Il y a des examples a emuler : Le Singapore, la Coree du Sud, et les pays d’Asie du Sud Est qui ont pris une avance dramatique sur l’Afrique. Suivez le fil qui lie ces pays... ils agissent et ne gemissent pas. Ils evaluent les rapports de force et « strategisent » sur la facon de gagner en tenant compte de leur faiblesses.
    A vos sessions de « brainstorming » il y a espoir au bout du tunnel, n’attendez pas un leader providenciel, creer le.
    Piompi Kwuax

  • Anonyme

    recherche sur l’apartheid
    Qu’est que l’apartheid ?
    Quand ce systeme a-il-ete mis en place ?
    Et dans quel pays ?
    Sur quoi est basé ce systeme ?
    Quand a-t-il pris fin ?
    Qui est Nelson mandela ?
    faire une biographi svp.

  • Anonyme

    l^’apartheid

  • Anonyme

    J’écoute avec beaucoup de plaisir et de tristesse Celestin parler de l’Afrique à partir de Paris. plaisir parce que Celestin constitue un patrimoine important pour tous ceux et celles qui osent imaginer,qui osent rever le reve d’humanite. Les idées de Celestin témoignent de sa générosité qui l’a poussé à risquer sa vie en 1990 pour confronter une dictature du parti unique dirigée par Monsieur Paul Biya. Je connais le contexte le contexte dans lequel Célestin a intervenu et parler de courage ne peut épuiser son geste. son geste était en soi sucidaire d’après une logique pragmatique. Pourtant, Célestin fut condamné par les tribunaux du parti unique. la radio d’État à Douala avait même annoncé le verdict avant le juge, question de signifier que la justice répondait à d’autres divinités que celles du droit. Je suis cependant triste, et cette tristesse me poursuit dans mes rêves depuis plus de quinze ans. Célestin est le bantou à Washington. J’aurais bien aimé que ce bantou partage son expérience, son savoir et son imaginaire avec les Camerounaines et les Camerounais de New bell (quartier de Douala). Mais Célestin a été contraint, pour seulement respirer, de prendre les traverses de l’exil. Je suis toutefois heureux d’entendre Célestin raconter ce que les profanes nommeront une interview. Célestin professe sa foi d’African (pour emprunter le titre d’un autre « contemporain capital » dérivant sur les chemins d’exil, Jean-Marc Ela). Célestin parle de l’Afrique, et je revois Mongo Beti. Célestin croit en l’Afrique et peut-être que cette foi est la seule contribution que Célestin et nous autres pris dans les serres d’un exil tragique devons à l’Afrique, notre Afrique. L’écriture de Célestin, sa voix qui résonne dans cette interview désignent le chemin de la générosité qui constitue l’épure de son dire intellectuel, litéraire, poétique. merci d’avoir permis à Célestin de partager cette générosité avec le monde. Cilas Kemedjio, Université de Rochester, USA.

  • Anonyme

    C’est vrai que la France à des intêtets en Afrique mais on est plus au temps de la colonisation,jusqu’à dire que la colonisation a eu des effets positifs en Afrique c’est pas sérieux.
    Aujourd’hui tout est pillé en Afrique et cela continue.Si nous prenons le cas de l’Arche de Zoé c’est honteux,en ce 21ème siècle qu’on s’aventurie à vendre des enfants soit disant des orphelins.
    Soyons honnêtes et les chefs d’Etat africains doivent ouvrir les yeux.
    Merci à tous.
    Milck