Vos reactions 14/03/2010 à 09h48

Jean Ferrat : bilan (musical) globalement positif


Jean Ferrat est mort. Comme Léo Ferré avant lui. Louis Aragon va se sentir moins seul au paradis. Mais le monde des vivants perd encore un poète, et certainement l’une des dernières grandes figures de la chanson française, au panthéon de laquelle il rejoint Brel, Brassens, Gainsbourg et Nougaro.

Oh, naturellement, Jean Ferrat était agaçant. Avec son cheveux blanc de patriarche, sa moustache détenant la vérité, et son regard qui pense. Ah, évidemment, Jean Ferrat était crispant. Avec son sens de l’engagement « de gauche », son ancrage baba-écolo dans l’Ardèche post-soixante-huitarde, son impeccable aura de sage (parfois plus philosophe que poète) au visage buriné par le « bien », son élégance un peu désuète de gentleman farmer, et finalement son horripilant engagement communiste – que l’on se plaira à voir davantage comme une posture de pensée et de poésie le rapprochant d’Aragon, que comme une réelle fidélité doctrinale au « parti ».

Il était donc parfois pénible, Ferrat, mais son œuvre demeure. Sa poésie personnelle parfois, sa musique très souvent.

Des chansons emblématiques

Difficile d’écarter brutalement des chansons aussi emblématiques que « La montagne » (hymne écolo-rural à l’Ardèche des 60’s), « Potemkine » (chanson-spectacle qui cherche à rivaliser avec les images du grand Eisenstein, et n’échoue pas vraiment) ou encore « Nuit et brouillard » (bouleversante ritournelle sur la Shoah).

Au-delà il y a aussi – et surtout – l’interprète des poèmes de Louis Aragon. L’auteur d’« Aurélien » doit évidemment beaucoup à Jean Ferrat, qui a permis de populariser son œuvre auprès du grand public. On mettra en exergue deux petits bijoux du genre... « Aimer à perdre la raison » et surtout « Que serais-je sans toi ? »

Deux poèmes qui se répondent subtilement, et semblent suffire - à eux seuls - à dire toute la complexité du sentiment amoureux.

« J’ai tout appris de toi, jusqu’au sens du frisson... Que serais-je sans toi ? Que ce balbutiement... J’ai tout appris de toi, comme on boit aux fontaines... Tu m’as pris la main dans cet enfer moderne... »

Jean Ferrat sait habiller les vers du poète d’une mélodie sombre et nostalgique, soulignée par l’orgue électrique, rendant fidèlement tout ce qu’Aragon pouvait investir de profondeur en son texte.

Jean Ferrat possédait donc le grand talent – et l’humilité touchante - de savoir s’effacer parfois devant la poésie des autres... délicatesse qui le rapprochait d’un Brassens mettant parfois en musique des poèmes de Paul Fort, Villon, Hugo ou – également – Aragon (pour son cafardeux « Il n’y a pas d’amour heureux »).

Des communiqués attristés

Comme après chaque décès de personnalité, les communiqués attristés fusent de toutes part ! Les hommages crépitent en feux d’artifice ! La furie médiatique de bienveillance et d’amour-rétrospectif fait déferler son tsunami mielleux sur les ondes.

Prenons quelques exemples dans les dépêches Afp consécutives à l’annonce du décès du chanteur... Pascal Nègre, bien connu des adolescentes fans de la Star-Ac, et patron de la maison de disques Universal déclare à propos de sa poule aux œufs d’or moustachue :

« Avec la disparition de Jean Ferrat, c’est un pan entier de la musique française qui disparaît. Je salue l’artiste, l’humaniste et le militant ».

Et le money-maker, naturellement...

Marie-Georges Buffet, pour le PCF, déclare :

« C’était un compagnon, mais un compagnon qui restait très libre, qui avait un esprit critique, qui était très exigeant par rapport à ses compagnons communistes. C’est pour cela aussi que nous l’admirions tant, que nous avions tant d’amitié, de tendresse pour lui »...

Demandons-nous un instant ce qu’un homme aussi délicat que Louis Aragon pourrait penser de cette « ogresse inquiétante » de la rue du Colonel Fabien ? ... et cherchons à savoir ce que cette dernière a pu comprendre de l’univers de Jean Ferrat... Hein ? En musique nous appelons ça un silence.

La socialiste Martine Aubry, certainement arrachée à la longue léthargie onirique dans laquelle l’avait plongée la campagne des élections régionales, déclare tout de go :

« Cet artiste passionné incarnait la difficile synthèse entre la révolte et l’idéal. Il était profondément engagé et aura tenté, sans jamais se lasser, de lutter contre toutes les formes de servitude (...) Il restera comme un militant infatigable de la justice sociale, qui n’a jamais renoncé à porter les valeurs de la gauche et à mener des combats émancipateurs ».

Un sinistre morceau de prose horriblement sclérosé, rédigé certainement par un quelconque chargé de com stagiaire issu de Science Po et colleur d’affiche MJS absolument dénué de toute fantaisie.

Les grands noms de la droite n’ont pas été en reste. La moustache de Jean Ferrat n’a manifestement pas laissé indifférent François Fillon, premier ministre, dont la stricte raie à droite n’interdit pas les incursions dans la poésie gauchiste...

« La voix chaude, tendre et persuasive de l’auteur de ’La Montagne’ s’est tue. Sa mort est un deuil pour la chanson française et tous les artistes français, dont il était le maître incontesté. »

Portez silencieusement le deuil, misérables petits Biolay, Bénabar et Delerm ! Par pitié...

Et Nicolas Sarkozy ? Car oui, c’est désormais l’époux d’une femme créative... Il ne pouvait s’empêcher de donner son avis sur la question...

« Avec Jean Ferrat, c’est un grand nom de la chanson française qui disparaît. Chacun a en mémoire les mélodies inoubliables et les textes exigeants de ses chansons, qui continueront encore longtemps, par leur générosité, leur humanisme et leur poésie à transporter les âmes et les cœurs, à accompagner aussi les joies et les peines du quotidien »

On ne raillera pas, charitablement, la mièvrerie de la synthèse qui est ainsi faite de l’univers de Ferrat. C’est à croire que le Président ait confondu ce poète avec Michel Sardou.

On taira élégamment cette saillie de Mireille Mathieu : « Jean Ferrat était l’un des mousquetaires de la chanson française. » On ignorera, aussi, bien d’autres faux hommages médiatiques au chanteur... comme celui du sombre facteur d’extrême-gauche Olivier Besancenot, osant :

« Je salue la disparition d’un grand homme, d’un poète qui chantait l’amour comme la révolution, un militant résistant à l’air du temps. »

On notera la méprise du petit foutriquet qui met l’amour sur le même plan que la politique politicienne. Lecture trop intrépide d’Aragon. L’amour dominant évidemment tout le reste ! Mais casquette poursuit, frondeur :

« Je lui avait dis à quel point, au début des années 90, son album ’La Jungle et le Zoo’ avait compté dans mon parcours militant »

On imagine, sans malice, que cela avait du faire une belle jambe à Jean Ferrat !

Quant au MRAP on l’entend déclarer :

« Aujourd’hui, à l’heure où la parole raciste se libère jusqu’au plus haut niveau de l’État, la voix de Jean Ferrat continuera de raisonner pour interpeller les consciences »...

Tristement les « interpeller », ou plutôt les... « enchanter » ?

Bilan globalement positif

Quasiment personne – ainsi - pour parler des chansons, des poèmes, des textes du poète... naturellement. Jean Ferrat est mort. Comme Léo Ferré avant lui. Louis Aragon va se sentir moins seul au paradis.

Il faudra certainement quelques années, si ce n’est même quelques décennies, pour que l’on dresse le véritable bilan – globalement positif – de son art.

Rien n’empêche, en attendant, de se (re)-plonger dans cette œuvre chantée de Jean Ferrat, dont le gauchisme militant ne nuit pas à la santé, et qui a quand même écrit de bien belles chansons...

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  • thierry reboud
    • Posté à 10h26 le 14/03/2010
    • Internaute 20923

    Personne pour parler des textes et des musiques, c’est un peu la loi du genre littéraire très singulier qu’est l’éloge funèbre par temps médiatique. De la nécro considérée comme une petite phrase... L’avantage, quand on n’est pas célèbre, c’est que vos proches échappent à ce genre de prose convenue et parfaitement creuse.

    • A déménagé le 8-10 2
      • Posté à 11h23 le 14/03/2010
      • Internaute 41917
        nc

      Dans le genre « je donne ça à écrire au fils de ma concierge qui fait L parce que j’ai mieux à bra.ler et surtout que je n’en pense pas un mot », celle de Blingbling 1er est top moumoute.

      Mourir n’est tolérable que si on sait qu’on ne sera pas là pour entendre la complainte des fauxculs.

      • ysengrimus
        • Posté à 14h39 le 14/03/2010
        • Internaute 12674

        « Un mort est bien plus encombrant
        Qu’un homme en vie, c’est évident :
        On peut pas en faire ce qu’on veut... »
        (Michel « Plume » Latraverse)

        Paul Laurendeau
        Lien

    • coinpomme
      coinpomme répond à thierry reboud
      dieu est une e-pothèse
      • Posté à 23h08 le 15/03/2010
      • Internaute 21711
        dieu est une e-pothèse

      .../...

      je réécoutais ce soir lundi entr’autre la Montagne... sur france 3.... lorsque, au détour des mots superbes, je constatais que lêle Roselyne bachelot s’est inspirée de Ferrat à l’occasion de la terrible épidémie de grippe en nous conseillant de nous moucher d’un revers de manche les lèvres... comme quoi ! ! !

      malheureusement l’émission de Servat est restée un peu trop dans le registre déjà distillé mais si cela peu conduire et instruire les téléspectateurs ignorants c’est déjà bien

      pour ma part j’aurais bien aimé entendre d’autres chansons que j’aime : Santiago de Cuba, En groupe, en ligue et procession, Ma France

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 10h22 le 14/03/2010
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Quelle avoinée ! tout le monde en prend pour son grade : -))
    Mais bon, il s’agit de politiques à la langue de bois qui ne doivent surtout pas rater un hommage à un grand homme décédé, fusse-t-il chanteur.
    Je préfère la première partie de la chronique :)

    • saintgui
      saintgui répond à caro
      • Posté à 17h59 le 14/03/2010
      • Internaute 16732

      Bien d’accord avec vous... Article défouloir qui critique tout à la volée, gratuitement et sans rien apporter. A base de procès d’intention et de « tous pourris »...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h45 le 14/03/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Pourtant , que la montagne gnié bêêêêêêêêêêle..heu
    Comment peut-on gnimaginer
    En voyant gnin vol d’ hirondêêêêêêêêêêles..heu
    Que l’automne vient gniarriver ..

    • A déménagé le 8-10 2
      • Posté à 11h21 le 14/03/2010
      • Internaute 41917
        nc

      Poussons N6 à mourrir de rire avec ce titre de Ouest-France, le plus gros tirage de presse quotidienne en France :

      « La montagne est triste
      Jean Ferrat est mort »

      Mais inutile de lui dire que Ferrat n’a pas chanté que ça, que Drucker et les radios étaient trop heureux de passer ça en boucle pour ne pas avoir à passer les autres, nettement moins consensuelles (mais pas con, et parfois sensuelles).

      • alberich
        alberich répond à A déménagé le 8-10 2
        fumiste
        • Posté à 12h11 le 14/03/2010
        • Internaute 84604
          fumiste

        La Montagne (1964), qui précède de peu Que serais-je sans toi ? , n’a pas eu à subir la censure. De tout son répertoire, elle est pourtant l’une des plus subversives. Non pas qu’il y appelle à renverser l’ordre établi, non pas qu’il y affiche de convictions communistes, pire : alors que la France est en plein dans les Trente Glorieuses, alors que l’attrait d’une vie que l’on promet meilleure attire par millions vers les villes des Français qui désertent leur lieu de vie traditionnel, les campagnes, il y chante la France paysanne qui savait « tuer la caille ou le perdreau et manger la tomme de chèvre ». Il y chante ces vieux « qui avaient tous l’âme bien née, noueuse comme un pied de vigne ». Il brosse le tableau d’une France où, plutôt que de continuer à vivre selon le rythme des saisons et selon ce que la récolte donne, « une année bonne et l’autre non », on devient « flic ou fonctionnaire » en attendant que « l’heure de la retraite sonne ».

        Lien

    • A déménagé le 8-10-2011
      • Posté à 11h22 le 14/03/2010
      • Internaute 13512
        nc

      Et puis, ça veut dire quoi « la femme est l’avenir de l’homme » ?
      J’ai toujours trouvé ça tarte, les chansons de Ferrat et sa voix m’horripile.

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 12h33 le 14/03/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      Que c’est moche, c’est moooche, la moooort...

      • leo s
        • Posté à 12h39 le 14/03/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        la mort
        je la chante
        et dès lors
        miracle des voyelles
        on dirait que la mort
        est la sœur de l’amour

        voir léo ferré

        allez
        bonne lecture
        & bonne écoute

      • kk
        kk répond à A déménagé le 02-02-2012-2
        au vert
        • Posté à 12h53 le 14/03/2010
        • Internaute 13480
          au vert

        « Mourir, c’est pas facile »

         
        • Alexad
          Alexad répond à kk
          • Posté à 15h00 le 14/03/2010
          • Internaute 8145

          La moindre des choses serait de citer le poète voire le philosophe tout de même ! ! ....C’est trop facile de s’approprier les hautes pensées des autres ! ! ... : -))

        • Poilagra
          Poilagra répond à kk
          • Posté à 16h41 le 14/03/2010
          • Internaute 103441

          « Mourir, c’est pas facile »

          Ouais et partir c’est mourir un peu, mais mourir c’est partir beaucoup...

        • m a i a
          m a i a répond à kk
          aquoiboniste
          • Posté à 19h32 le 14/03/2010
          • Internaute 9081
            aquoiboniste

          C’est ben vrai ça, et tant qu’à faire, j’aimerais mieux mourir de mon vivant.

        4 autres commentaires
    • A déménagé le 8-10 2
      • Posté à 20h19 le 14/03/2010
      • Internaute 41917
        nc

      Si votre cadavre bouge encore, allez là !

      Lien

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 10h47 le 14/03/2010
    • Internaute 63037
      utopiste

    Une chose est sûre, Ferrat n’aurait jamais utilisé un mot aussi moche et creux que ce « money maker » que vous utilisez cher F. Xavier ! Le poète en question savait effectivement nous parler avec des mots précis parlant à notre coeur et à notre mémoire lointaine, et non en hurlant des purées incompréhensibles comme une bonne part des chansons d’aujourd’hui.

    Vous savez quoi ? j’ai carrément la nausée d’entendre pratiquement dans tous les lieux publics, des trucs qui font juste du bruit et qui ne me causent nulle part tellement l’anglais (mal parlé en plus !) envahit tout. Pathétique modernité qui tue lentement la poésie et qui la colle dans les rames de métro dans un coin du waggon, écrasée par l’omniprésence des pubs à gerber.

    Tant pis, j’ai été sévère... mais vraiment, je n’en peux plus de tout ce bruit informe...

  • vero87
    • Posté à 10h55 le 14/03/2010
    • Internaute 40938

    ce que je trouve plutot indécent dans cette disparition , c’est l’hommage de tous ces hommes de radio et de tv , et des politiques , qui , du vivant de Jean Ferrat n’ont pas fait grand chose pour lui permettre d’être mieux connu du « grand public “ .... quand les idées qui dérangent , sont en plus si bien mises en musique et si bien interprétees on a surement peur qu’elles soient trop souvent fredonnées et inscrites ds l’inconscient collectif ..........
    en tout cas si on n’est plus interdit de radio quand on est mort il reste donc encore un petit espoir !
    la nécrologie dithyrambique est , décidement , un plat qui se mange froid !

  • mick69
    • Posté à 10h56 le 14/03/2010
    • Internaute 2907

    « Ferrat [...] son horripilant engagement communiste »

    Sur l’actualité brûlante des idées économiques de Marx, lire « La crise du capitalisme et Marx ; Abrégé du Capital rapporté au XXIème siècle » de Domenico Moro paru en 2009 

    Lien

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 11h10 le 14/03/2010
    • Internaute 41917
      nc

    Avajon a raison de brocarder les éloges funèbres déversé sur le cadavre de Ferrat, mais il ne fait pas mieux :

    // sa moustache détenant la vérité, et son regard qui pense // : ça c’est de l’analyse.

    //Avec son sens de l’engagement « de gauche » // : appréciez les guillemets dubitatifs.

    // son ancrage baba-écolo dans l’Ardèche post-soixante-huitarde // : hé oui, ne jamais oublier qu’il n’est bon bec que de Paris, voire du XIX°, Rue des Haies.

    // son élégance un peu désuète de gentleman farmer // : « un peu désuète », il faut cesser de lire Haski, et faire l’effort d’imaginer que l’élégance peut être intemporelle – mais sans doute auriez-vous préféré qu’il adore La Mode et porte baggy et slip apparent comme s’il sortait en cata des vécés.

    // son horripilant engagement communiste – que l’on se plaira à voir davantage comme une posture de pensée et de poésie le rapprochant d’Aragon…// : avec « posture on retrouve les guillemets “ de gauche ” / Ferrat n’est donc qu’un homme de posture et de plus inspirée par cette géniale ordure d’Aragon. Qu’est-ce qu’on a été c.ns hein, d’apprécier les chansons et la personne de Ferrat !

    // Il était donc parfois pénible, Ferrat, mais son œuvre demeure. Sa poésie personnelle parfois, sa musique très souvent // : voilà, ce n’est plus que ça, Ferrat, un gentil zicos.

    Ferrat n’était pas mon idole (moi c’est ni dieu ni césar ni tribun) ni même mon chanteur préféré. Juste quelqu’un de bien, ce qui visiblement n’est pas à la portée de tout le monde.

    PS A lire cet article et celui d’Haski, on se dit que ça a dû être la course (vers la porte) pour savoir qui allait se fader le traitement du cas Ferrat.

    • jyeden
      jyeden répond à A déménagé le 8-10 2
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 11h34 le 14/03/2010
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tu as tres bien vu
      apparement les journalistes de rue89 ne lui pardonne pas de vivre en ardèche et de ne pas trop frequenter le tout paris
      enfin le leur....

      ce qu’on ne souligne pas assez, c’est qu’il a su garder son indépenance vis a vis de la télé (ou il était censuré)
      et sans se répandre sur les plateaux comme l’obscenité est de mise, il arrivait à « percer » et à faire une musique vraiment populaire
      dans le sens noble du terme
      c’est à dire à plaire au plus grand nombe, à etre compris du plus grand nombre sans sacrifier à la médiocrité

      c’est ça que les plumitifs qui l’egratignent ne lui pardonneront jamais

    • Gedeon Grois
      • Posté à 12h02 le 14/03/2010
      • Internaute 11813

      Merci de dire tout ça à ma place.
      Question au gratte-papier de service : es-tu sûr d’aimer les chansons de Ferrat ?
      Tu pourrais t’abstenir d’écrire des sous-textes, toi...(le gratte-papier, pas Pépé, bien sûr)

    • Anonyme répond à A déménagé le 8-10 2

      c’est le genre d’artcile auquel on aboutit quand le rédacteur se contente de glaner des petits bouts, à la va vite. Quand il ne connait rien du sujet qu’il traite, culture absente.
      Il n’a rien compris - ça ne l’intéresse même pas - il fallait « en être », écrire un truc...

      Aucune compétence, juste assez d’oreille pour écrire :
      « la voix de Jean Ferrat continuera de raisonner... » en se disant que ça sonne comme résonner et que ça suffira bien.

      chroniqueur de mes deux !

      • jyeden
        jyeden
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 13h00 le 14/03/2010
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        c’est vrai ça ! !
        il aurait pu laisser ecrire cet article par quelqu’un qui aimait ferrat, voir meme qui aurait eté sensilbe à une de ces chansons
        diable, sur le nombre, il y en a bien une qui a du émouvoir (un peu) au moins UNE personne de la rédaction de rue89

        ma rue deviendrait ruelle avant que de devenir impasse ? c’est mal parti, ma rue finira par faire le trottoir

        reprochait à Ferrat sa moustache, faut oser tout de meme
        a bové aussi on lui reproche sa moustache ?
        de quelle forme aurait du elle etre (la moustache) pour paraitre modeste ou « dans la ligne “ pour le plumitif de rue89 ?

         1 autres commentaires
    • Yotte.Haimevé
      • Posté à 13h37 le 14/03/2010
      • Internaute 108485
        citoyen

      C’est que la doxa anricommuniste, c’est un peu comme la masturbation, cela rend sourd, en plus aveugle et inculte.

      « Posture » Aragon ? Il était quand même membre du Comité Central du PCF !

      Pour une génération bouffée de madiatico politique, il semble obscène de penser que des carrures humaines comme Aragon ou Ferrat — il y en a bien d’autres, aient pu, et peuvent croire en l’idéal communiste, qui n’est pas né à Moscou, mais plutôt en France aux XVIIIe-XIXe siècles.

      Le communisme, pour la génération de Ferrat, c’est aussi les femmes et les hommes qui ont lutté avec le plus d’acharnement contre le nazisme. Son père, à Jean Ferrat, a été assassiné dans les camps de la mort. Ce sont les communistes qui l’on sauvé et protégé. Mais, comme le faisait remarquer le mime Marceau, c’est aussi l’immense espoir de Stalingrad (et Staline), qui a marqué le fin du nazisme.

      L’histoire des hommes, on peut la voir depuis sa télé, on peut se conformer à l’idéologie dominante, qui nous dit et dicte des choses si vraies et évidentes... Ce que n’a pas fait Jean Ferrat Cela peut gêner, moi, cela me fait du bien.

      Y.H.

    • Spook 3421
      • Posté à 15h08 le 14/03/2010
      • Internaute 25586
        sniper

      « juste quelqu’un de bien, ce qui visiblement n’est pas donné à tout le monde » : et c’est bien là l’ essentiel !

  • Anonyme

    Sans parler des fautes – un comble quand on veut célébrer des textes ! – une affirmation m’a fait bondir :

    « “ Nuit et brouillard ” (bouleversante ritournelle sur la Shoah) »
    Pas du tout ! Votre « vision » est complètement faussée. Ce n’est pas la Shoah mais la déportation de TOUS les êtres humains :
    « ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel / certains priaient Jésus Jéhovah ou Vichnou / d’autres ne priaient pas / mais qu’importe le ciel ».

    Et quand on parle de ses musiques, pourquoi oublier un acteur majeur, un ami, Alain Goraguer qui a écrit des orchestrations superbes et dont on reconnait la patte dès les premières mesures ? Et Georges Coulonges ? oublié aussi ?

    Bien triste article au regard de l’événement.

    • pascal190
      pascal190
      Ingénieur
      • Posté à 14h30 le 15/03/2010
      • Internaute 107075
        Ingénieur

      Sur « Nuit et brouillard » :
      Effectivement, il était courageux d’évoquer le sujet de la Déportation à une époque où toute évocation de la période de Vichy était encore taboue. Rappelons qu’à cette époque, Maurice Papon était préfet de police à Paris, avant de de venir ministre, et que René Bousquet siégeait dans les conseils d’administration.
      Cependant, cette chanson, très belle et très émouvante est significative d’une époque ou gaullistes et communistes s’étaient alliés pour réduire la Déportation à une répression sauvage et inhumaine contre les résistants, les gaullistes, les communistes, etc...
      Le génocide lui était non seulement passé sous silence, mais encore masqué sous une présentation « humaniste » : « ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel... » que chacun pouvait approuver à peu de frais.
      Aujourd’hui, le grand public est informé de la réalité de la Déportation et du demi-mensonge qui a été celui des pouvoirs publics pendant 40 ans.
      Cette chanson apparait ainsi comme une bonne illustration de l’Histoire officielle de l’époque.

      • Rabah AIT MOUHOUB
        • Posté à 14h19 le 18/03/2010
        • Internaute 18971

        Non le génocide n’est pas du tout passé sous silence, la preuve étant qu’aujourd’hui l’auteur de l’article évoque cela, c’est donc bien que la chanson renvoie à cela. Au demeurant, le choix du titre par Ferrat n’est pas du tout innocent, Nuit et Brouillard c’est le terme retenu par les Allemands pour la « solution finale ». Et j’écris exprès les Allemands comme dans la chanson.

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 11h53 le 14/03/2010
    • Internaute 61755

    « ferré, ferrat, aragon au paradis » ?

    vous avez des preuves ?

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