10/03/2010 à 10h06

« Trouve-moi un beau Noir » : comment la téléréalité recrute

Céline Vigouroux | Etudiante en journalisme

Pour les sociétés de production, le casting est un moment crucial. L’audimat en dépend. Retour sur les méthodes employées.


De gauche à droite et de haut en bas : Moundir, Loana, Marjolaine et Greg. Ils sont devenus connus après une téléréalité (DR)

La téléréalité fêtera en 2011 ses dix ans d’existence, autant de candidats dont l’image a connu une plus ou moins grande notoriété. Tous sont passés par un casting.

« Joue le coup à fond ! Hésite pas à faire le baise-main s’il le faut. »

Derrière sa caméra la journaliste de la production FremantleMedia s’adresse à un candidat en pré-casting pour l’émission de télé-réalité « A la recherche du grand amour » (diffusion prévue sur la chaîne Nrj12 au printemps 2010).

Dans l’oreillette, la directrice du recrutement dirige le screen-test depuis un moniteur extérieur :

« Demande lui de faire un truc complètement fou ».

Dans la salle d’enregistrement, une cinquantaine de prétendants défilent les uns après les autres et exécutent les pires excentricités : imitation d’une poule, pincement de téton, strip-tease intégral. Dans les couloirs, les rires des techniciens s’étouffent.

Tout se fait dans la plus grande discrétion. Les candidats, confinés dans une salle d’attente, sont inconscients du sort réservé à leurs images. Tous sont ici après avoir répondu à une annonce sur Internet, envoyée à tour de bras par les recruteurs via les blogs et autres réseaux sociaux.

Le recrutement : une foire d’empoigne

La sélection des candidats est un enjeu capital, car ils sont la matière première sur laquelle la production mise beaucoup d’argent. Et pour capter l’attention des téléspectateurs, la production ne lésine pas sur son panel. Un ancien assistant de production de Glem et Endémol témoigne (sous couvert d’anonymat) de certaines pratiques :

« La production impose sa cadence et parfois le recrutement ressemble à une foire d’empoigne. Un jour la directrice de casting de la Star Academy m’a demandé : “trouve moi un noir, mais un beau noir”. »

Sous les ordres de la hiérarchie, les petites mains s’exécutent. Pour percer dans ce milieu, ils doivent en passer par les basses besognes du rabattement. Avec un statut d’intermittent du spectacle. Payés 150 euros par jour, les casteurs ne comptent plus les heures supplémentaires, en l’espace de quatre mois ils doivent amasser un maximum de profils intéressants.

« C’est un métier de grande solitude, nous passons notre temps à convaincre des quidams de participer à des émissions que nous n’aurions pas faites nous-mêmes.

C’est le cas de l’Ile de la tentation, nous étions cinq recruteurs à sillonner la France. Nous écumions les centres commerciaux, les bars, les discothèques au petit bonheur la chance. Notre cible : des personnes à la plastique irréprochable et surtout avec le moins de pudeur possible. »

La proie désignée, le casteur se met en chasse du numéro de téléphone. A chaud, dès le lendemain, elle sera contactée pour participer à un premier casting qui « n’engage à rien ».

La mise en confiance est totale, l’individu a l’impression de se soumettre de son plein gré. Une manœuvre que Philippe Bartherotte dénonce dans son ouvrage « La Tentation d’une île » (éditions Jacob-Duvernet) comme « la technique du pied dans la porte ».

Le processus d’amorçage enclenché, s’en suit à chaque étape une nouvelle escalade vers des interlocuteurs de plus en plus élevés. Chacun lui faisant miroiter une possible ascension sociale.

Autant de chances de devenir une star que de gagner au loto

Parmi la nouvelle génération téléréalité, nombreux sont ceux qui espèrent en secret tirer profit de leur médiatisation. A l’image d’Alex. A 20 ans, il enchaîne les plateaux et comble ses fins de mois en tant que caissier dans un supermarché :

« J’habite une ville où il n’y a pas grand-chose à faire. Alors, quand pour la première fois une équipe de production m’a contacté par e-mail pour participer à leur émission, je me suis dit que je pourrais m’amuser et en même temps lancer ma carrière de DJ. »

Mais toute personne qui se présente uniquement pour passer à la télévision est systématiquement éliminée. Anne-Charlotte Cassigneul productrice déléguée chez Coyotegroup précise :

« Nous recherchons avant tout des personnalités. »

Pour dénicher les meilleurs aspirants, le jury les pousse à se dévoiler sans tabou.

« Le casting de Next, made in France a été assez trash, ils voulaient voir jusqu’où on était prêt à aller en nous posant les questions les plus indiscrètes.

Et pendant l’émission, nous avons même discuté de la collection de sex-toys de l’un des participants. Ce n’est pas le genre de conversations que j’ai avec mes amis. Mais je sais que ce n’est qu’un jeu et je l’accepte à 100%. »

Glissement vers le jeu de rôles

Selon François Jost, professeur à la Sorbonne nouvelle et directeur du Centre d’études sur l’image et le son médiatiques (Ceisme) :

« Plus, le candidat se croit maître de son image, plus il obéit aux objections de la production. C’est ce glissement vers le jeu de rôles qui légitime sa participation.

La plupart croient qu’ils vont pouvoir être célèbres, persuadés que ça va être eux. Pourtant, ils ont autant de chances de devenir une star que de gagner au loto. »

L’ex-lofteuse britannique de l’émission Nice People, diffusée en 2003 sur TF1 Eleanor Legge Bourke raconte sa douloureuse expérience :

« Je me suis fait de l’argent rapide et facile, j’ai fait la couverture de FHM et d’Entrevue. Mais la presse britannique m’a déchirée et grâce à la merveille de Google, l’information vous suit à tout jamais. Un préjudice pour moi et toute ma famille. Aujourd’hui, beaucoup de portes me sont fermées. »

La téléréalité, met en scène de vrais gens, dont le récit est largement suscité et déformé par le filtre de la caméra. Mais la manipulation et le trucage ne sont pas une priorité puisque le candidat modèle se conforme de lui-même aux attentes de la production.

« Les candidats ne se sentent pas autorisés à désobéir, ils agissent comme ils ont appris à le faire en le voyant à la télévision. »

Christophe Nick le producteur et auteur du documentaire choc « Le jeu de la mort », (diffusé le 17 mars sur France 2) montre comment le petit écran flirte de plus en plus avec les limites. Sous couvert d’un simple divertissement, des citoyens ordinaires sont prêts, comme au Japon, à se jeter dans des bains d’eau bouillante.

Le but de la sélection des candidats n’est pas d’atteindre tout le public, mais tout le public disponible pendant l’émission, ce qui implique de coller aux aspirations voyeuristes des téléspectateurs.

Le candidat se doit donc d’être le plus transgressif possible pour capter l’attention. Être un candidat à forte personnalité signifierait-il d’être capable du pire ?

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  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 10h30 le 10/03/2010
    • Internaute 83404
      nc

    L’article est intéressant pour plusieurs raisons qui concernent notre rapport avec la télévision et les comportements sociaux

    La télévision devient pour les jeunes gens la possibilité de devenir célèbre, c’est à dire l’un des objectifs fondamentaux actuel pour une grande partie de la jeunesse :

    Être célèbre,
    avoir de l’argent.

    Ce qui rebondi sur : être aimé, adulé, être envié, être reconnu, laisser une image éternelle de soi.

    D’autre part cela montre ce que les jeunes sont prêt a faire pour cela :

    Envoyer du voltage dans des candidats,
    Se déshabiller,
    obéir sans limite,
    se prostituer.

    En marge de cela, nous voyons que ceux qui recrutent savent qu’ils envoient des gens au casse pipe mais le font quand même.C’est leur boulot, ils obéissent et ne se sentent pas responsable des vies salies.

    Cela dénonce ce qu’une entreprise toute puissante et l’argent engendre : ce qu’il y a de pire dans l’humanité

    Cela sous entend qu’au final, ce qui motive tout cela, les personnes à condamner au bout de la chaine, ce n’est pas la société de production, ni les rabatteurs, ni les vendeurs de TV,

    c’est le public.

    • ElTitouBolivar
      ElTitouBolivar répond à Désinscrit le 15-6
      InsomniaK
      • Posté à 10h41 le 10/03/2010
      • Internaute 53845
        InsomniaK

      Et oui, comme le disait Coluche (à peu de chose près), « il suffirait que les gens arrêtent d’acheter pour que ça ne se vende plus... »

    • clement_m-
      clement_m- répond à Désinscrit le 15-6
      maître contradicteur
      • Posté à 11h18 le 10/03/2010
      • Internaute 100136
        maître contradicteur

      Je ne suis pas d’accord avec votre conclusion. Personne ne regarderait de télé-réalité si personne n’avait pris la responsabilité d’en diffuser. Le cynisme de tous ces acteurs est tout aussi condamnable que le spectateur.

      • Désinscrit le 15-6
        • Posté à 11h30 le 10/03/2010
        • Internaute 83404
          nc

        Qu’est ce qui provoque la demande, est-ce l’offre ?

        et

        doit ’on interdire les choses parce qu’elles sont jugées négatives par un comité restreint ? , ou laisser le citoyen décider lui même de ce choix ?

        Un autre terrain de réflexion :

        Pourquoi un accident sanglant sur l’une des voie d’une route ralentit-il les deux voies ?
        Et est ce que l’on peu condamner les acteurs de cet accident d’en être responsable ?

         
        • slave1802
          slave1802 répond à Désinscrit le 15-6
          Technicien telecom
          • Posté à 11h34 le 10/03/2010
          • Internaute 58485
            Technicien telecom

          Pourquoi un accident sanglant sur l’une des voie d’une route ralentit-il les deux voies ?

          A cause des gendarmes qui font la circulation et répartissent le trafic de manière équilibré ? ? ?

          • Désinscrit le 15-6
            • Posté à 11h38 le 10/03/2010
            • Internaute 83404
              nc

            Pourquoi un accident sanglant sur L’UNE DES VOIES d’une route ralentit-il LES DEUX VOIES ?
            Et est ce que l’on peu condamner les acteurs de cet accident d’en être responsable ?

            Maintenant, si l’on effectuait une mise en scène d’un faux accident sanglant sur une voie, est ce que l’autre voie ralentirait quand même ?

            Ou se situe la différence dans le résultat ?
            Observe t’on un ralentissement dans les deux cas ?

            je n’ai pas de réponses définitives à ces questions

            • skymath
              skymath répond à Désinscrit le 15-6
              ingénieur
              • Posté à 16h27 le 10/03/2010
              • Internaute 105782
                ingénieur

              Les choses ne sont pas si simple.

              Oui, l’offre crée la demande, c’est un principe économique de base (avait-on besoin de télévision avant son invention, non...)

              Beaucoup d’émissions sont testées sans vraiment savoir si elles vont marcher, c’est à dire sans que l’on sache précisément si il y a une demande pour celles-ci.

              A l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a une demande que l’on doit forcément y répondre.
              Le capitalisme n’est pas moral me répondrez-vous, et vous auriez raison ! C’est l’essence même du capitalisme que de ne pas l’être (Adam Smith, avec les intérêts particuliers, l’a bien montré).
              Les acteurs capitalistes chercheront donc toujours à répondre à une demande, quelle qu’elle soit. C’est pour ça qu’on trouve des marchands d’armes par exemple, mais aussi des programmes télé répondant au voyeurisme le plus bas d’une partie des téléspectateurs.

              C’est donc aux pouvoirs publics de réguler le marché. Il n’est, par exemple, pas permis (légalement) de vendre de la drogue, même s’il y a un marché pour ça.
              Il pourrait en être de même pour les programmes de télé-réalité, ça éviterait des vies explosées.

              Sans cela, l’offre télévisuelle aura les mêmes limites que le voyeurisme des spectateurs... aucunes.

              • Désinscrit le 15-6
                • Posté à 18h13 le 10/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                oui je suis d’accord

                mais c’était pas la peine de laisser croire que ce que j’avais écrit était simpliste en commençant par :
                Les choses ne sont pas si simple ...

                BOuuuuuuuhhhhhh

                je vais retourner devant ma Tv me consoler

                 :)

            • ddh75
              ddh75 répond à Désinscrit le 15-6
              salarié
              • Posté à 16h31 le 11/03/2010
              • Internaute 89096
                salarié

              Pourquoi un accident sanglant sur L’UNE DES VOIES d’une route ralentit-il LES DEUX VOIES ?

              Une réponse possible : on ralentit car qui dit accident dit possibilité de personnes se déplaçant sur la chaussée donc la prudence impose de ralentir.

              En posant cette question vous vous attendez sans doute à la réponse parce que les gens ralentissent pour voir ce qui se passe

              Il y a une part de vérité dedans, mais ce n’est pas la SEULE explication possible.

              Il y a un biais de raisonnement chez vous. Vous présentez une situation et vous induisez une seule réponse possible (la curiosité morbide) en ignorant toute une palette de réponses possibles.

              C’est un sophisme connu qui s’apparente au « Faux Dilemne » :

              Lien

              • Désinscrit le 15-6
                Désinscrit le 15-6 répond à ddh75
                nc
                • Posté à 20h57 le 11/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                Je garde votre lien avec intérêt car cela à l’air intéressant,

                Par contre je n’ai pas tout lu, mais il me semble que ma question doit se ranger dans une autre catégorie que le faux dilemme

                Cette question que je pose est d’autant plus pernicieuse qu’elle demande au lecteur d’y répondre lui même :
                En ce sens la conclusion semble émaner de la personne même qui lit le texte.
                Un truc politique et commercial souvent utilisé.

                Sinon a part ca, les gens ralentissent rarement pour voir s’il y a un coup de main a donner, par peur du danger eventuel etc...
                surtout quand la route est séparée par une double barrière de securité

                Non, ils ralentissent pour voir, simplement.

                Mais bon, j’ai répondu largement sur le sujet
                Je vous remercie pour votre réaction

                • ddh75
                  ddh75 répond à Désinscrit le 15-6
                  salarié
                  • Posté à 13h34 le 12/03/2010
                  • Internaute 89096
                    salarié

                  Sinon a part ca, les gens ralentissent rarement pour voir s’il y a un coup de main a donner, par peur du danger eventuel etc...

                  Qu’en savez vous ? Vous avez fait un sondage là-dessus ?

                  surtout quand la route est séparée par une double barrière de securité

                  C’est une donnée non présentée dans l’exemple initial. Vous n’avez pas précisé qu’il y avait une barrière de sécurité (ce qui exclut de fait la réponse « ils ralentissent par prudence »)

                  De toute façon, réduire une situation réelle (ralentissement en cas d’accident) à un ensemble fini d’explications (par curiosité morbide, par prudence etc...) ne tient pas la route. En effet on passe à côté d’une quantité de réponses possibles, aussi minoritaires soient elles.

                  Après, pour étudier des phénomènes sociologiques, il reste des outils statistiques. Mais les statistiques reposent sur un ensemble de règles mathématiques rigoureuses et de conditions préalables.

                  Non, ils ralentissent pour voir, simplement.

                  Dans le cas qui nous intéresse vous ne disposez d’aucun élément statistique sérieux pour étayer votre affirmation. Donc c’est votre point de vue personnel, respectable certes, mais qui ne représente pas nécessairement la réalité.

                  Une formulation du genre « non je pense qu’ils ralentissement pour voir » serait plus approprié que « Non, ils ralentissent pour voir, simplement » car on a l’impression que vous énoncez une vérité ...

              • Désinscrit le 15-6
                Désinscrit le 15-6 répond à ddh75
                nc
                • Posté à 11h59 le 12/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                En lisant le lien il s’agirait donc plutot d’un argument « non sequitur “

                [...]argument ‘non sequitur est le type d’argument où une conclusion est tirée à partir de prémisses qui ne sont pas logiquement reliées.[...]

                exemple
                [...]Des milliers de gens ont vu des lumières dans le ciel qu’ils n’ont pas pu identifier, ce qui prouve que les extra-terrestres existent[...]

                dans le cas de l’accident de la route :
                Les gens sont voyeurs sur les accidents de la route, donc ils sont voyeurs à la TV

                Mais je ne trouve pas qu’il n’y ai aucune relation entre les 2

                On pourrait aussi classé cela dans La fausse analogie’

                Ces démonstrations sont interessantes, mais elles ne peuvent s’appliquer à tout raisonement sans elles-même devenir manipulation,
                on peut s’amuser sans fin a trouver les contradictions, ou les limites d’un raisonnement.
                Il ne s’agit pas d’une science exacte, et la vérité est toujours floue

                • ddh75
                  ddh75 répond à Désinscrit le 15-6
                  salarié
                  • Posté à 13h27 le 12/03/2010
                  • Internaute 89096
                    salarié

                  Ces démonstrations sont interessantes, mais elles ne peuvent s’appliquer à tout raisonement sans elles-même devenir manipulation,

                  Pas nécessairement. La logique est un outil et comme tout outil il dépend de l’intention de celui qui l’utilise.

                  on peut s’amuser sans fin a trouver les contradictions, ou les limites d’un raisonnement.

                  Si un raisonnement peut être mis en défaut ça veut dire qu’il n’est pas assez rigoureux c’est tout.

                  • Désinscrit le 15-6
                    Désinscrit le 15-6 répond à ddh75
                    nc
                    • Posté à 21h25 le 12/03/2010
                    • Internaute 83404
                      nc

                    un point c’est tout

                    Haaa si les équations pouvaient nous sauver

          • I.P
            I.P répond à slave1802
            Flat4
            • Posté à 12h19 le 10/03/2010
            • Internaute 25391
              Flat4


            A cause des gendarmes qui font la circulation et répartissent le trafic de manière équilibré ? ? ?

            À cause des gens qui ralentissent pour regarder, ce qui est une grande cause de sur-accident si ma mémoire est bonne.

            • Désinscrit le 15-6
              Désinscrit le 15-6 répond à I.P
              nc
              • Posté à 15h16 le 10/03/2010
              • Internaute 83404
                nc

              Oui, bravo IP et slave
              vous avez effectivement trouvé la bonne réponse

              ce n’était pas parce qu’il y avait des ralentisseurs sur la route

              Vous gagnez donc le livre « Winie et sa grand mère » ainsi qu’un abonnement à Okapi

              sans méchanceté :) lol

        • clement_m-
          clement_m- répond à Désinscrit le 15-6
          maître contradicteur
          • Posté à 11h57 le 10/03/2010
          • Internaute 100136
            maître contradicteur

          Vous avez raison dans le sens où le choix revient au final au « consommateur ».

          Mais votre comparaison avec les accidents de la route ne tient pas : la diffusion de la télé-poubelle est un acte volontaire et réfléchi effectué par des personnes que je juge donc aussi responsables que le téléspectateur.

          Et poussant votre raisonnement jusqu’au bout, la diffusion d’images pédo-pornographiques ne devrait pas être interdite...

          • Désinscrit le 15-6
            • Posté à 15h13 le 10/03/2010
            • Internaute 83404
              nc

            Peut-on comparer le spectateur amateur de TV-réalité et l’automobiliste qui ralenti pour voir un accident de la route ?

            Si l’on tente d’établir les éléments de similitude : Dans les deux cas le spectateur est à l’abri de ce qu’il voit.
            Assis devant son téléviseur, le spectateur peut à tout moment changer de programme, assis à son volant, dans l’habitacle protégé de son véhicule, l’automobiliste peu à tout moment relancer sa voiture pour quitter le lieu.

            Dans les deux cas le spectateur sait que le spectacle est réel, mais il peut jouir d’un voyeurisme sans s’impliquer dans cette réalité. Le spectateur s’insinue de manière anonyme dans la vie de plusieurs personnes qui connaissent des tensions, des émotions fortes, voir des drames. Mais lui est à l’abri de tout cela, il contrôle son spectacle, il en est le maître.

            Ainsi dans les deux cas, le but recherché par le spectateur n’est pas très éloigné : Regarder des moments intenses d’une réalité tout en étant lui-même à l’abri de cette réalité.

            Les raisons qui motivent cela sont par contre légèrement différentes :
            Dans la Tv réalité il s’agit pour le spectateur de vivre par procuration des émotions qu’il n’a pas ou peu dans sa vie souvent terne.
            Dans le cas de l’accident il s’agit d’une fascination de la destruction, de la mort. (On aurait tendance à condamner ce voyeurisme morbide mais j’ai le sentiment qu’il s’agit d’une tendance naturelle de l’homme à s’approcher de la mort pour tenter de la comprendre, du moins de ne plus en avoir peur.)

            Après ce long préambule, cher Maitre contradicteur j’en arrive à ma réponse à votre mot :

            Vous dites que l’on ne peut pas comparer la Tv réalité avec un accident de la route car la Tv réalité diffuse volontairement alors qu’un accident reste inattendu, que les créateurs de TV réalité sont responsables au même titre que le public qui les regarde.

            Mais que se passe t’il alors si personne ne les regarde ?

            On ne peut alors rien leur reprocher puisque personne n’est là ne serais que pour émettre une critique.

            Il s’agit là de pure logique, le spectacle n’existe que parce qu’il est vu.

            Sans spectateur, le spectacle cesse d’exister et avec lui toute critique qu’on peu lui formuler.

            (je n’ai par contre pas suivit votre cheminement de pensée quand vous affirmez que mon raisonnement abouti à la diffusion d’images pédo-pornographiques, vous m’expliquerez peut être cette extrapolation)

            • Docteur Panel
              Docteur Panel répond à Désinscrit le 15-6
              Sondologue
              • Posté à 16h23 le 10/03/2010
              • Internaute 43290
                Sondologue

              Ce n’est pas le sujet, mais puisque vous en parlez j’en profite pour dire ici mon sentiment : Je trouve un peu facile cette histoire des voyeurs d’accident de la route, abondamment utilisée à tout propos par les commentateurs de tout poil pour dire à quel point « les gens » sont voyeurs, donc bas et médiocres.
              Regarder ce qu’il se passe lors d’un accident ou tout autre événement inattendu sur la route est un réflexe. Et même un réflexe sain et normal. Il s’agit d’abord d’évaluer d’un coup d’oeil si l’événement peut avoir un impact sur nous ou pas. Puis de voir si ce qui est arrivé est grave. Ne pas regarder serait à mon avis le signe d’une grave indifférence à l’égard de ses congénères.
              Faites l’exercice la prochaine fois que vous verrez un accident sur la voie d’en face : je suis sûr que cela vous demanderait un effort de ne pas regarder. Si vous y parvenez sans effort c’est que vous êtes surhumaine... ou dépourvue de réflexes émotionnels de base ce que je ne crois pas.
              Quant au ralentissement, ce n’est pas que les gens s’attardent et se repaissent du spectacle : en circulation dense, il suffit que chcun lève le pied un petit instant pour que ça bouchonne très rapidement.
              Evidemment je ne m’intéresse pas particulièrement aux accidents de la route, mais plutôt à la dialectique entre « les gens » qui parlent sur ces salons de conversation 2.0, et « les gens » nouvelle version du « Français moyen » des années 80 dont les premiers estiment ne pas faire partie, et qui leur servent de « benchmark » de la médiocrité.

              • Désinscrit le 15-6
                • Posté à 06h55 le 11/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                Il est beaucoup plus intéressant de parfois s’éloigner sur des sujets parallèle comme vous le faites, voir sans rapport avec le sujet initial, ce qui a mon avis n’est pas le cas ici que d’émettre des commentaires purement provocateurs ce que vous ne faites pas.

                Vous dites en substance que j’utilise l’argument de l’accident de la route comme d’autre nous parlent des camps nazis ou du réchauffement climatique à tout bout de champ me rapprochant d’un phénomène decrit dans la loi Godwin
                , je ne crois pas avoir choisit ce sujet au hasard ni dans le but d’une quelconque facilité stylistique ou simplificatrice mais bien au contraire car il s’agit d’un phénomène très similaire à mon avis.
                Ce ne sont donc pas des effets de manches.

                Je n’ai jamais, contrairement à ce que vous écrivez, jugé les gens qui ralentissent de « bas et médiocres », relisez mon commentaire et vous verrez que j’analyse cela comme une fascination de la mort dans le but d’une autoprotection. Et le sujet est intéressant à traiter.

                Votre analyse du ralentissement provoqué lors d’un accident est le votre.

                Vous me demandez de faire l’exercice la prochaine fois que je verrai un accident sur la voie d’en face de ne pas regarder, et vous supposez que cela me demandera un effort.

                Sachez que vous êtes dans l’erreur puisque ni moi, ni aucun membre de ma famille ne regardons à ce moment, c’est devenu une règle, une éthique.
                Si un jour une personne vit cette scène :
                Un choc terrible, une personne est entendu à vos pieds, l’odeur de l’essence et du sang. A travers vos larmes vous voyez que les gens ralentissent, certains vous prennent en photo...
                Ceux qui vivent cela adopteront peut être une autre attitude.

                Ensuite vous semblez poser un regard assez sévère sur ces conversations issu des forums,
                Evidemment je ne m’intéresse pas particulièrement aux accidents de la route, mais plutôt à la dialectique entre « les gens » qui parlent sur ces salons de conversation 2.0, et « les gens » nouvelle version du « Français moyen » des années 80 dont les premiers estiment ne pas faire partie, et qui leur servent de « benchmark » de la médiocrité.

                Cela semble dire, « je regarde de loin ces internautes donner des avis en pensant qu’ils échappent à la médiocrité qu’ils dénoncent “

                Mais n’êtes vous pas un internaute comme nous tous qui postons ici ?
                Par contre, français moyen je ne sais pas,
                vous mesurez combien ?

                .

            • clement_m-
              clement_m- répond à Désinscrit le 15-6
              maître contradicteur
              • Posté à 16h51 le 10/03/2010
              • Internaute 100136
                maître contradicteur

              Je répondrai à votre dernière interrogation par une question comme vous semblez aimer le faire : si seul le consommateur est tenu pour responsable de la qualité (au sens très large) des biens qu’il choisit de consommer (télé, produits...), et que vous exonérez les diffuseurs de cette responsabilité, comment continuer à justifier l’existence de lois interdisant la diffusion d’images pédo-pornographiques, la vente de drogue ou d’armes à feu ?

              Notez que je saisis bien le sens de votre propos, mais dans la recherche de solutions aux problèmes posés comme la télé-poubelle ou ceux que j’évoque, cette logique seule ne suffit pas.

              • Désinscrit le 15-6
                • Posté à 17h35 le 10/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                si seul le consommateur est tenu pour responsable de la qualité (au sens très large) des biens qu’il choisit de consommer (télé, produits...), et que vous exonérez les diffuseurs de cette responsabilité, comment continuer à justifier l’existence de lois interdisant la diffusion d’images pédo-pornographiques, la vente de drogue ou d’armes à feu

                cela me semble évident oui

                mais j’ai du mal m’exprimer, je n’ai jamais dit que la Tv devait assouvir les derrives de certains fous

        • kio
          kio répond à Désinscrit le 15-6
          urbain
          • Posté à 12h26 le 10/03/2010
          • Internaute 63657
            urbain

          c’est bien sûr l’offre qui provoque la demande. et ce dans tous les cas (mais on n’est pas débile, on sait bien que l’offre « parie » ou bien « suppose » un certain type de demande. l’offre n’arrive jamais sur un terrain « vierge », il y a toujours un contexte à l’élaboration d’une offre.)
          Personne, aucun public, n’a jamais demandé de télé-réalité. Et encore moins de la tv-realité actuelle (qui, d’ailleurs, n’est pas une « télé-réalité », c’est simplement une œuvre de fiction avec des acteurs amateurs sans experience professionnelle.)

          • Désinscrit le 15-6
            Désinscrit le 15-6 répond à kio
            nc
            • Posté à 14h54 le 10/03/2010
            • Internaute 83404
              nc

            J’espère ne pas déformer vos propos en les reformulant ainsi :

            Vous écrivez que, sans conteste, c’est l’offre des diffuseurs qui provoque la demande des spectateurs.

            Mais vous expliquez après qu’elle est en fait basée sur une étude d’un potentiel qui existe déjà…

            Dans ce cas je ne comprends pas très bien votre logique :
            Au final, qu’est ce qui existe en premier ? L’offre ou le potentiel qui existe déjà ?

            Vous semblez dire l’offre existe en premier, mais la demande la précède … hum

            Bon, glissons sur ce premier point, admettons que l’on offre un produit au spectateur et que la demande pour ce genre de spectacle augmente, cette augmentation est-elle due au fait qu’on continue de leur offrir ce spectacle ou simplement parce qu’il plait ?

            Je pense qu’il faut admettre que ces spectacles correspondent à un désir qui ne demandait qu’à grossir.

            Ne croyez-vous pas que la Tv sait tout simplement caresser le public là où il aime ?

            • kio
              kio répond à Désinscrit le 15-6
              urbain
              • Posté à 12h24 le 11/03/2010
              • Internaute 63657
                urbain


              « Ne croyez-vous pas que la Tv sait tout simplement caresser le public là où il aime ? »
              oui, si vous voulez. entre autre.

              offre/demande/contexte :
              … pas clair, je comprends. Comment le dire autrement ? Disons que l’offre apparaît là où il y a un contexte favorable (et encore : « favorable » c’est large et sujet à très grosses variations). Mais contexte favorable ne voulant pas dire explicitement « demande » non plus…

              je ne sais plus de quoi on parle, là…

              • Désinscrit le 15-6
                Désinscrit le 15-6 répond à kio
                nc
                • Posté à 12h50 le 11/03/2010
                • Internaute 83404
                  nc

                moi non plus mais j’ai de quoi écrire de mon côté sur le sujet.
                Il me fallait un peu de matière...

                je vous remercie

        24 autres commentaires
      • Alexad
        Alexad répond à clement_m-
        • Posté à 18h04 le 10/03/2010
        • Internaute 8145

        + 1
        Si le public était habitué à des émissions intelligentes il en redemanderait !
        Curieuse mode aujourd’hui que d’inverser les responsabilités et de renvoyer la culpabilisation aux autres ! Ainsi dans la production de biens ce sont les consommateurs qui deviennent seuls responsables de la concurrence acharnée qui nécessite la baisse des coûts, la rentabilité ++ et les licenciements ! C’est parce que les gens sont demandeurs de téléphones mobiles qui font la vaisselle, la cuisine, des photos, le ménage que les malheureuses entreprises sont contraintes de satisfaire la monstrueuse exigence des clients que nous sommes !

        Pour ma part, un téléphone pour téléphoner ça me suffit pas vous ?
        Des artistes qui présentent leurs vrais talents, leurs métiers après avoir travaillé leurs dons et leurs savoirs et qui sont payés uniquement pour ça, ça me conviendrait bien et vous ?

    • Inpou
      Inpou répond à Désinscrit le 15-6
      J'enfonce le clou
      • Posté à 11h40 le 10/03/2010
      • Internaute 92671
        J'enfonce le clou

      Vous êtes allée droit au but. Connaissez-vous l’expérience de Milgram ? Il semble que oui.

      • Désinscrit le 15-6
        Désinscrit le 15-6 répond à Inpou
        nc
        • Posté à 11h41 le 10/03/2010
        • Internaute 83404
          nc

        Non et je serais curieuse si vous avez un lien

         
        • Inpou
          Inpou répond à Désinscrit le 15-6
          J'enfonce le clou
          • Posté à 11h49 le 10/03/2010
          • Internaute 92671
            J'enfonce le clou

          Vous êtes servie : Lien Grâce à cette expérience on comprend jusqu’à quel point les gens peuvent se soumettre à l’autorité. Je vous conseille vivement de lire de la psychologie sociale.

          • amonhumbleavis
            amonhumbleavis répond à Inpou
            Rue89 fait monter le FN
            • Posté à 12h03 le 10/03/2010
            • Internaute 93168
              Rue89 fait monter le FN

            Ou W de George Perec

            • Inpou
              Inpou répond à amonhumbleavis
              J'enfonce le clou
              • Posté à 12h22 le 10/03/2010
              • Internaute 92671
                J'enfonce le clou

              Ou le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens (livre grand public, mais très instructif) dans lequel Joule et Beauvois expliquent notamment très bien la technique du pied-dans-la-porte.

              • willdub
                willdub répond à Inpou
                Ferrer
                • Posté à 12h55 le 10/03/2010
                • Internaute 87473
                  Ferrer

                Ou encore « Propaganda » d’Edward Bernays...

                • Inpou
                  Inpou répond à willdub
                  J'enfonce le clou
                  • Posté à 13h16 le 10/03/2010
                  • Internaute 92671
                    J'enfonce le clou

                  Ou Le viol des foules par la propagande politique de Tchakhotine.

                • Désinscrit le 15-7
                  • Posté à 15h02 le 10/03/2010
                  • Internaute 992
                    nc

                  Extrait de Propaganda, Comment manipuler l’opinion en démocratie - E. Bernays : Un conseiller en relations publiques est donc quelqu’un qui, en s’appuyant sur les moyens de communication modernes et sur les formations collectives constituées au sein de la société, se charge de porter une idée à la conscience du grand public. Il ne se borne pas là, loin s’en faut. Il s’intéresse aux façons d’agir, aux doctrines, aux systèmes, aux opinions et aux manières de leur assurer le soutien populaire. Il se passionne pour des choses aussi concrètes que les produits bruts et manufacturés. Il sait ce qui se passe dans les services publics, dans les grandes corporations et dans des associations représentatives de pans entiers de l’industrie.

              • SuperResistant
                SuperResistant répond à Inpou
                Etudiant(e)
                • Posté à 14h06 le 10/03/2010
                • Internaute 105866
                  Etudiant(e)

                Haha je l’ai feuilleté. Pensez vous vraiment que l’on peut prendre ce livre au sérieux ? Il m’as paru trop simpliste, pas vous ? Je devrais peut être le relire.

                • Inpou
                  Inpou répond à SuperResistant
                  J'enfonce le clou
                  • Posté à 14h36 le 10/03/2010
                  • Internaute 92671
                    J'enfonce le clou

                  Comme je l’ai dit, c’est un livre grand public. Néanmoins, il permet de se familiariser avec la psychologie sociale : on fait le tour des techniques de manipulation au quotidien. Il est difficile de commencer avec Tchakhotine...

        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à Désinscrit le 15-6
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 13h05 le 10/03/2010
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          Je vous conseille le post de Guyome un peu plus bas sur ce fil.

        9 autres commentaires
      • Hermes89
        Hermes89 répond à Inpou
        ....
        • Posté à 15h18 le 10/03/2010
        • Internaute 103407
          ....

        Lienà-l-autorité-expérience_news|Lien]Uploaded by Lien. - Lien

    • marcellus59
      marcellus59 répond à Désinscrit le 15-6
      normale
      • Posté à 14h23 le 10/03/2010
      • Internaute 108063
        normale

      Sur la 2, démarre dans quelque temps un émission sur l’expérience de milgram, « La soumission à l’autorité ». Que doit on attendre de cette émission qui, sous couvert de « culture » ne fait qu’exacerber un certain voyeurisme mélangé à du sadisme mêlé à de la compassion.
      Le jeu de la mort... La mort : un jeu ! ! !
      Sous couvert d’expérience et de dénonciation de la télé qui va trop loin, cette chaine diffuse ce documentaire, prime time.
      L’expérimentation est-elle vraiment entourée de toutes les dispositions scientifiques comme il se doit ?
      La recherche du sensationnel, sous une couverture pseudo scientifique, voilà la réalité
      Combien de part de marché demain ?
      Ce qui m’étonne, c’est que TF1 ne se soit pas emparé e du concept.
      J’imagine le « Avant la décharge, une page de pub...pour EDF ! ! !

      Quelles réactions demain, de la part des connaissances des candidats.

      Depuis 1963, cette expérience est renouvelée et donne régulièrement les mêmes résultats.
      Dans le film “I comme Icare” d’Henri Verneuil, elle est mise en scène dans des conditions proches de la réalité expérimentale. Avec les mêmes conclusions : 62.5% des gens obéissent.
      Quelle célébrité....

    • Azza
      Azza répond à Désinscrit le 15-6
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 15h06 le 10/03/2010
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Pas d’accord non plus avec votre conclusion.

      Elle ne fait que foncer tete baisser dans le paradoxe habituel sur l’impossibilite de choisir s’il faut imputer la responsabilite d’une situation a l’offre ou a la demande.

      Qui est responsable :
      -le tyran qui tyranise ou le tyranise qui se laisse faire ?
      -le mari violent ou la femme qui reste
      -le producteur ou le consommateur
      -le travailleur exploite qui participe a l’exploitation des travailleurs en achetant des produits discounts produits par des esclaves en asie, ou l’actionnaire qui dit que s’il ne delocalise pas, le consommateur se detournera de ses produits...
      -....

      Il est impossible de sortir de ce genre de paradoxe, ou plutot de double contrainte, sans monter d’un niveau et sans sortir de sa position d’acteur pour devenir simple observateur et pouvoir denoncer l’absurdite de ces doubles contraintes.

      Ca s’appelle sortir de la peau du consommateur (appelez le « public » pour la tele), ou de celle de la victime du phenomene (ici, des jeunes gens exploites), pour devenir citoyen et prendre des decisions politiques (et non pas juste la decision de consommer ou non, de participer a l’emission ou non).

      Ce qu’il faut regarder, ce n’est pas l’un ou l’autre des acteurs de la situation, mais le systeme tout entier qui aboutit a ces situations absurdes.

      Par exemple, dans le cas qui nous preoccupe, le responsable n’est pas plus le public que les jeunes castes, ni meme de mechant responsable de l’emission (ben oui, il doit faire de l’audience).

      Le vrai probleme est dans la logique commerciale de rentabilite qui pousse a la course a l’audimat, qui lui meme se traduit en pub qui elle meme a pour origine le besoin de vendre des produits en supermarche qui... qui... qui... ? ? ? ?

      Ben oui, en remontant la chaine, on aboutit enfin au vrai probleme : un systeme absurde ou l’on a substitue la consomation (de bien, d’images, d’hommes, de femmes) au bien etre et a l’epanouissement de l’individu.

      Ce systeme na pas ete cree par une seule personne. C’est une oeuvre collective qui ne peut etre demonte que collectivement. Et pour cela, il faut accepter l’idee qu’on puisse le critiquer en tant que citoyen, tout en en faisant partie en tant que consommateur ou producteur.

      Continuer a pointer du doigt l’un ou l’autre des rouages du systeme sans se rendre compte que le probleme, c’est pas les engrenages, mais la facon dont ils sont agences dans la machine est voue des le depart a l’echec des anathemes sans fin.

      • Désinscrit le 15-6
        Désinscrit le 15-6 répond à Azza
        nc
        • Posté à 07h03 le 11/03/2010
        • Internaute 83404
          nc

        J’ai parcouru votre commentaire rapidement (je relierai mieux car je dois y aller)

      • Désinscrit le 15-6
        Désinscrit le 15-6 répond à Azza
        nc
        • Posté à 07h08 le 11/03/2010
        • Internaute 83404
          nc

        Vos exemples sont un peu décalés et loin du sujet, le mari qui tape sa femme n’a que peu de rapport avec le spectateur qui regarde la TV, il ne faut pas pousser tout de même

        Mais bon, je vois ou vous voulez en venir

        Vous dites que l’on ne peut pas blâmer entièrement le public mais que l’on doit voir comment le processus global fonctionne pour l’arrêter du moins le changer.
        Qu’il s’agit d’un processus économique dans lequel nous sommes enfermés malgré nous, une sorte de boucle infernale qui fait que le système s’auto alimente dans son absurdité.

        dis comme ca oui.

        Mais je ne voulais pas dezinguer la TV, ni la pub, vous semblez partir dans une grande œuvre collective de lutte généraliste de notre société.

        vous utilisez pour finir une métaphore :
        Continuer a pointer du doigt l’un ou l’autre des rouages du système sans se rendre compte que le probleme, c’est pas les engrenages, mais la facon dont ils sont agences dans la machine est voue des le départ a l’echec[...]
        Si je suis primairement votre métaphore, il suffit pour arrêter une machinerie de rouages d’enlever l’un des engrenage du système pour que tout s’arrête.
        EN ce sens c’est exactement ce que je disais
        vous avez absolument le droit de dire que je fonce tête baissée dans un habituel paradoxe. Mais je ne situe pas le paradoxe en question.

        Mais je vous remercie, et ceux qui n’était pas d’accord avec mon affirmation : « toute la faute en revient au public » d’avoir apporté leur point de vue complémentaire.
        Car nous savons effectivement que rien n’est absolu dans les comportements sociaux.

         
        • Azza
          Azza répond à Désinscrit le 15-6
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 09h09 le 11/03/2010
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          Merci pour cette lecture attentive et votre commentaire de qualite. Vous avez vu ou je voulais en venir et meme passe un coup de peigne tout a fait pertinent dans mes propos.

          Effectivement, vous pouvez penser que s’attaquer a un engrenage particulier de la machine peut perturber suffisement le systeme tout entier pour qu’il s’enraye. Mais c’est sans compter sur sa capacite extraordinaire a se reorganiser sans cesser de fonctionner. En clair, il y a dans ce systeme de nombreuses redondances qui permettent d’eviter la panne, tout comme la mort d’un ou meme de milliers de neuronnes n’empechent pas le cerveau de fonctionner sans meme s’en appercevoir.

          Par ailleurs, critiquer un seul acteur du systeme, c’est commencer une recherche sans fin de responsabilite.

          Attaque sur l’opportunite d’un licenciement, ou d’une delocalisation, le patron peut repondre qu’il ne fait que suivre la loi de l’offre et de la demande imposes par le consommateur. Le consommateur peut justifier ses choix de consommations par les faibles salaires et le chomage.

          On en vient finalement au paradoxe de devoir choisir entre chomage ou pouvoir d’achat si faible qu’on ne peut pas vivre de son travail. Voir entre delocalisation et faillite.

          C’est un choix absurde et une double contrainte dans le sens « double bind », c’est a dire qu’il y a en fait une troisieme injonction cachee qui interdit de denoncer l’absurdite de la situation, ce qui consisterait a mettre au jour le fait que plein emploi n’est synonyme de faible pouvoir d’achat que dans un cadre d’economie mondialisee impliquant la concurrence avec des pays ne partageant pas nos normes sociales et de forte pression de rendement actionarial.

          L’impossibilite de remettre en cause cette facette du systeme, posee comme un dogme, aboutit effectivement a des situations paradoxales. Dans se contexte, tirer sur le salarie-consommateur ou sur le patron est totalement sterile.

          Ben pour la tele, c’est pareil. Dans un systeme imposant l’abrutissement generalise des masses (faut bien se detendre de la pression exercee par le systeme), ou la prostitution (savoir se vendre, l’individu est le chef de sa propre entreprise « individuelle », c’est a dire reduit a sa seule dimension d’acteur economique) est erigee en ideal, ou la competition est partout (et donc ou les gens sont sans pitie ni empathie, mais petris de violence et pret a consommer l’autre ou son corps), il n’est pas etonnant de constater un developpement de la trash TV. Et dans un contexte de marchandisation generalisee de toutes les activites humaines, de voir une offre se mettre en place, precedent litteralement la demande.

        1 autres commentaires
    • Batouri
      Batouri répond à Désinscrit le 15-6
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      • Posté à 18h52 le 10/03/2010
      • Internaute 81210
        ADS

      Ma chère Christie49 ;

      J’aurai aimé de suivre dans ton raisonnement. Mais, la vie de tous les jours m’en empêche.
      Établir un lien entre les pratiques de recrutement de la télémensonge (le concept de téléréalité sonne faux pour qualifier ce genre d’émission. Ce n’est point la réalité des gens qui est téléprojectée ; mais des rôle qu’on leur fait jouer avant tout.) et notre rapport à la télévision est insuffisant quand on veut réellement analyser ce qui, derrière nos comportements sociaux, se donne à lire et à saisir.
      Le problème, tel que le présente l’article, n’est pas très bien posé. Qu’est-ce qui rend ce genre d’agissement possible ? C’est le mode de production capitaliste qui a érigé l’argent en Dieu, en valeur suprême devant quoi, rien ne résiste. Vous répondez très bien à la question pourquoi des personnes, normalement constituées, accepteraient, pour beaucoup, de perdre ce qui fait leur humanité : dignité et érection de son humanité en valeur suprême.
      L’argent facile, la célébrité et bien d’autre futilité érigées en valeur par la culture capitalistique suffisent-ils à justifier tout type de comportement ? Donc, je pense que la vraie question est celle de notre rapport individuel à nous-mêmes. Volerai-je parce que je suis membre d’une société qui a banalisé le vol ? Que les gens abusent de la crédulité et de la zombïété des personnes légères et superficielles dans une société qui se réclame de la haute culture intellectuelle, ne me choque pas tant que ça. En réalité, ce que la télémensonge met en lumière, c’est la misère de notre narcissisme psychologique ; de notre misère existentielle individuelle. Tout est d’abord affaire de responsabilité individuelle. Comment, pour une hypothétique heure de gloire, l’humain est-il prêt à tout ? Ça c’est une vraie question qui s’adresse à la post-modernité libérale.
      Il n’y a pas que les jeunes, comme vous semblez le croire, qui s’adonne à la bouffonnerie (sens très, très négatif du terme), à la zuaverie dont la télé tendance Patrick Lelay est la nouvelle chapelle. Regardez-vous les hommes et femmes politiques pour qui, la politique a, depuis longtemps, cessé d’être le moyen que la société moderne s’est donnée pour essayer d’apporter des solutions à ses problème de cohabitation, pour devenir moyen d’obtention de l’argent facile et de la célébrisation d’égo ? Rachida Dati, Sarko et autre Royal qui ne vivent que et pour la télé, ça vous dit ?
      Parlant des politiques, il y a une très belle expression dans le milieux des médias pour désigner les thuriféraires prêts à tout pour la célébrité : un bon client. Ils sont prêts à tout pour être sous les feux des projecteurs.

  • Docteur Panel
    Docteur Panel
    Sondologue
    • Posté à 10h18 le 10/03/2010
    • Internaute 43290
      Sondologue

    Brillant article, qui montre bien à quel point la télé-réalité n’a rien à voir avec la réalité. « L’essentiel est invisible pour les yeux », comme dit le renard de Saint-Ex : il faut tout le talent des cinéastes de fiction, des auteurs conteurs et autres raconteurs d’histoires pour restituer vraiment la réalité...

  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 10h28 le 10/03/2010
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    quel qu’en soit le nom, c’est juste un casting pour un diner de cons...
    Moundir s’est laissé rattraper par sa violence à plusieurs reprises, Loana n’a gagné qu’un statut de télépute à vie, marjolaine celui de la pire rapace qui soit et greg celui bogoss (tout est relatif) sans cervelle.

    • lilialbazar
      lilialbazar répond à steed1
      travailleure sociale à Toulouse
      • Posté à 10h30 le 10/03/2010
      • Internaute 36758
        travailleure sociale à Toulouse

      mais un dîner triste et ennuyeux, très ennuyeux !

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