Entretien 08/03/2010 à 22h59

« Supprimer le juge d'instruction, pourquoi pas ? »

David Servenay | Ex-Rue89

A condition de garantir l’indépendance des enquêteurs du parquet, le juge Renaud Van Ruymbeke n’est pas contre cette réforme.


Renaud Van Ruymbeke à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

A 57 ans, Renaud Van Ruymbeke est l’un des juges d’instruction les plus respectés de France. Affaires Urba, Elf-Aquitaine, Frégates de Taïwan ou Société générale : pas un dossier de la planète finance qu’il n’ait géré avec prudence et efficacité.

Surprise : il réclame la suppression du juge d’instruction, à condition qu’après la réfome, les futurs enquêteurs du parquet soient indépendants. Il raconte aussi l’inquiétude des policiers et le bilan mitigé du pôle financier. Ce mardi, il manifestera dans la rue dans le cadre de la journée « justice morte » organisée par les syndicats, afin de dire son ras-le-bol d’une réforme bâclée. Entretien.

Cela fait plusieurs années que les réformes successives rognent les prérogatives du juge d’instruction. N’est-il pas logique de le supprimer ?

Je vais vous surprendre, je partage cette logique. La plupart des pays ont abandonné le juge d’instruction, comme l’Italie ou l’Allemagne. En France, son point faible est d’être à la fois enquêteur et juge, joueur et arbitre si vous préférez. Il a une double casquette ambiguë. Si on veut améliorer le système, on le transforme en arbitre en donnant le rôle de l’enquêteur au parquet.

Mais cela à une condition, qui doit être un préalable à la suppression du juge d’instruction : ceux qui seront chargés de l’enquête doivent être indépendants. Sinon, demain, toutes les enquêtes sensibles seront confiés à des magistrats qui ne le sont pas.

Cela veut dire que le juge d’instruction est défaillant aujourd’hui ?

Non, mais il a plusieurs faiblesses. La première est son isolement. Ensuite, il ne fait souvent que prolonger des enquêtes initiées par le parquet avec lequel il peut se trouver en désaccord.

Cette dualité est source d’équivoque. La réforme aurait l’avantage de clarifier leur position respective.

Quand je travaille avec des procureurs américains, c’est plus simple car il y a un seul interlocuteur. Ce serait donc plus cohérent de concentrer les pouvoirs d’enquête entre les mains d’une personne. Mais il faut des garanties :

  • sur l’indépendance de celui qui enquête
  • sur les droits de la défense

Concrètement, cela veut dire quoi pour le parquet ?

Aujourd’hui, la nomination et la carrière des magistrats du parquet dépendent du pouvoir exécutif et du garde des Sceaux. Les procureurs généraux sont nommés en conseil des ministres et les procureurs peuvent être nommés sans l’avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)...

Il faut des garanties statutaires, avec le même système de gestion de carrière pour les parquetiers que pour les magistrats du siège. Il y va du crédit de l’enquête, sinon il y aura toujours une suspicion.

Il ne faut pas que les parquetiers soient à la merci du pouvoir politique et puissent faire l’objet de pressions ou d’instructions verbales par un simple coup de téléphone, sans parler de l’autocensure.

C’est un réflexe encore vivace ?

La culture de la soumission existe, certains ne veulent pas déplaire. Ce sont des pratiques qui existent, la magistrature n’a pas tant évolué que cela.

Lorsque vous intervenez à l’Ecole nationale de la magistrature, que vous disent les auditeurs de justice ?

Depuis deux ou trois ans, ils sont inquiets de la reprise en main hiérarchique. Depuis l’affaire d’Outreau, le discours c’est : « Ne prenez plus d’initiative sans nous en référer. » Il y a une caporalisation du corps.

Heureusement, il existe aussi des procureurs qui résistent et cultivent leur indépendance. Il est donc temps que la nouvelle génération de magistrats gagne réellement son indépendance.


Renaud Van Ruymbeke à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Qu’est-ce qui vous fait choisir les affaires financières dès le début de votre carrière ?

Je suis entré dans la magistrature en 1977, avec le sentiment que les affaires financières étaient étouffées et ne parvenaient pas à leur terme, comme à leur époque l’affaire Stavisky, le scandale de la Garantie foncière... Les années 90 ont connu un véritable changement avec l’émergence de ces affaires à l’instruction, c’est un acquis sur lequel on ne pourra plus revenir. Je fais confiance aux nouvelles générations pour relever ce défi, mais c’est aussi pour cela qu’il faut leur donner des garanties statutaires.

Comment expliquez-vous cette position des politiques ?

Le juge est un électron libre, on ne le contrôle pas et ça fait peur. Regardez en Italie avec les procureurs indépendants que continue à mettre en cause Berlusconi. C’est un jeu stérile, personne n’a rien à y gagner.

Les politiques qui discréditent la justice se discréditent eux-mêmes. Le sentiment d’injustice est insupportable pour le citoyen ; il ne doit pas penser qu’il peut y avoir deux poids deux mesures en matière judiciaire. Il faut assurer une égalité de traitement devant la loi. Et les gens ont conscience qu’avec le juge d’instruction, il y a encore une sphère de liberté.

En même temps, les 600 juges d’instruction ne traitent qu’environ 2% des enquêtes pénales...

C’est vrai, mais ce sont les affaires les plus sensibles : terrorisme, financier, santé publique, trafic de drogue... Et puis 600 juges, c’est 10% de la magistrature, ce n’est pas rien. Les enjeux sont plus lourds que la statistique.

Vous avez l’impression que les responsables politiques comprennent ces enjeux ?

Je le crois au vu des débats qui se multiplient.

On peut espérer que les responsables politiques prendront la mesure des atteintes aux libertés et à l’indépendance de la justice et, comprenant les dangers de la réforme, n’adhèreront pas à un tel dispositif.

En tout cas, les politiques ne contrôleront jamais tous les parquets. Il y aura toujours de mauvais sujets, des esprits libres. J’ai beaucoup d’amis au parquet. Ceux qui seront libres risquent juste de le payer en terme de carrière.

Cette volonté politique, c’est celle d’un seul homme ?

Ne personnalisons pas. Il n’échappe à personne que le président de la République a lui-même annoncé publiquement la suppression du juge d’instruction lors de l’audience de rentrée de la Cour de cassation. La commission Léger n’a fait que lui emboîter le pas et la garde des Sceaux, aujourd’hui, nous annonce que ni la suppression du juge d’instruction ni le statut du parquet ne sont négociables.



Renaud Van Ruymbeke à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Justement, que faut-il pour garantir les droits de la défense ?

La présence de l’avocat dès la première heure de la garde à vue, avec accès au dossier. C’est une vraie garantie, que recommande la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

La présence de l’avocat donnerait du crédit aux déclarations faites par les suspects face aux enquêteurs. Par ailleurs, le juge d’instruction assure l’accès de l’avocat au dossier. Si vous le supprimez, les libertés individuelles régresseront.

Vous avez constaté des abus lors de garde à vue ?

Une garde à vue, c’est un climat particulier où la personne retenue contre son gré n’est pas dans un rapport d’égalité face aux enquêteurs. Cela peut générer des abus. Dans l’affaire de Pleine-Fougères, au début de l’enquête, un homme a avoué un crime qu’il n’avait pas commis à la 45e heure de garde à vue. Depuis, je n’ai plus la même perception de cette mesure.

Soit vous avez des preuves, soit vous n’en avez pas. La garde à vue aujourd’hui, c’est la culture de l’aveu.

Le bilan mitigé du pôle financier, créé en 1998, n’a-t-il pas alimenté ce mouvement anti juge d’instruction ?

Encore faut-il comprendre le pourquoi de ce bilan.

  • On n’a pas formé et suffisamment spécialisé les magistrats financiers, en dehors des assistants spécialisés qui ont une grande expertise. Il n’y a pas d’autres plus-values à notre travail.
  • La délinquance financière est complexe et difficile à appréhender, c’est une délinquance internationale où les outils de répression n’existe pas.

Le fonctionnement du pôle n’est donc pas très différent de ce passait avant, c’est surtout un regroupement géographique des moyens.

Quid des policiers spécialisés ? Sont-ils favorables à la suppression du juge d’instruction ?

Ils sont assez inquiets, car ils pensent que la justice financière risque d’en pâtir. Si le magistrat enquêteur est plus en retrait, quelle sera leur marge de manoeuvre vis-à-vis de la hiérarchie du ministère de l’Intérieur ? Et puis un enquêteur financier peut sortir un dossier tous les six mois, pas des centaines... ce n’est pas bon d’un point de vue statistique.

Donc, il faudrait rattacher la police judiciaire à un parquet indépendant ?

Absolument, mais on n’en prend pas le chemin.

Si la réforme offre des garanties d’indépendance, vous pourriez devenir procureur ?

Pourquoi pas ? Cela ne me dérangerait pas, si j’étais parfaitement libre dans mes décisions. Pour moi, le magistrat est quelqu’un qui prend ses décisions librement, en conscience. Je ne transigerai jamais là-dessus.

Et si la réforme se fait sans ces garanties ?

J’irais au siège pour rester indépendant.



Renaud Van Ruymbeke à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • Simple-Mind
    • Posté à 23h03 le 08/03/2010
    • Internaute 89432

    « Ce serait cohérent de confier l’enquête à un seul magistrat »

    Outreau vous salue !

    • elLolo
      elLolo répond à Simple-Mind
      • Posté à 23h52 le 08/03/2010
      • Internaute 27714

      Combien d’années va-t-on passer avec des boulets qui vont nous ressortir cette affaire encore et encore ? Du pain béni pour ceux qui voudront faire n’importe quelle réforme de la justice : « c’est pour éviter un nouvel Outreau ! ».

      • Terence
        Terence répond à elLolo
        • Posté à 01h28 le 09/03/2010
        • Internaute 15208

        Si vous voulez on peut parler de l’affaire Daniel MASSÉ :

        Lien

        Toutes les étapes de la procédure font l’objet d’un recours devant la CEDH : instruction à charge avec un juge d’instruction du même acabit, même collusion avec le parquet qui entérine toutes les violations.
        Procès inéquitable.

        Lien

        Lienélus-de-la-rép_news|Lien]envoyé par Lien. - Lien

         
        • tlaloc
          tlaloc répond à Terence
          Retraité
          • Posté à 12h00 le 09/03/2010
          • Internaute 47359
            Retraité

          vous avez dit le parquet entérine les décisions du juge d’instruction avec la réforme cela sera encore plus directe

          • Terence
            Terence répond à tlaloc
            • Posté à 23h07 le 09/03/2010
            • Internaute 15208

            En réalité cela ne changera strictement rien ou de façon très limitée. Combien de juges d’instruction réellement indépendants ? Très peu.

            Combien de catastrophes judiciaires : Très nombreuses.

            Hylda Di Marino : instruction de l’affaire Ranucci : 5 comparutions dont trois comparutions sans avocat avant de l’envoyer sous le couteau de la guillotine, une servilité totale vis-à-vis du parquet et des policiers : on cache même qu’on replante le couteau dans la terre le lendemain pour valider des aveux qui n’ont pas de sens. Multiples violations des droits fondamentaux et au final une magistrale plantade avec des morts qui se multiplient : le juge d’instruction Michel qui était passé sous les fourches caudines du parquet et n’avait pas pu réouvrir ce dossier pourri : mort d’une balle, l’un des inspecteurs décapité par une aile d’avion, le frère de la victime qui devient meurtrier à son tour, n’en jetez plus..

            L’instruction de l’affaire du Petit Grégory : du n’importe quoi, un juge paumé qui ne sert à rien sauf à enliser le dossier.

            Dans l’affaire Massé : le juge Joachim Fernandez, totalement inféodé au parquet qui le soutient à fond surtout lorsqu’il piétine les droits de la défense, et au final une épouvantable erreur judiciaire.

            Dans l’affaire de la josacine empoisonnée : une affaire de famille qu’on cache, le juge d’instruction totalement inféodé au parquet qui défend ce que le gouvernement lui ordonne : protégez les intérêts des laboratoires pharmaceutiques coute que coute et profitez du fait que le seul accusé ne sait pas se défendre, masquez l’affaire de famille et faites en une « erreur sur la victime » comme si les empoisonneurs pouvaient se tromper ...

            Affaire Raddad : juges d’instruction totalement inféodés au parquet, monumental ratage qui aboutit à cette novation : la morte qui écrit dans le noir sur les portes et les assassins qui courent toujours. Bien sûr.

            Et on peut continuer longtemps la liste.

            Moi je ne vois ce qu’on a à perdre dans n’importe quelle réforme. De toute façon, cela ne peut pas être pire. Même sous Charles X la justice fonctionnait de cette façon.

            • Terence
              Terence répond à Terence
              • Posté à 23h11 le 09/03/2010
              • Internaute 15208

              En réalité, la seule réforme qui vaille : c’est la séparation totale et définitive entre le corps des juges du siège et celui du parquet. Aujourd’hui, les magistrats passent d’un corps à l’autre, à savoir un coup ils obéissent au gouvernement et un autre coup ils sont paraît-il indépendants.

              Dans les autres pays, quand on a intégré le parquet, on ne peut plus rejoindre le siège, et vice et versa.

              En France, il n’y a que le vice et c’est le sentiment de justice qui versa.

        3 autres commentaires
  • AlfredoGarcia
    • Posté à 23h06 le 08/03/2010
    • Internaute 47461
      Rien

    « à condition qu’après la réfome, les futurs enquêteurs du parquet soient indépendants » donc il n’en a pas de surprise.

    Je crois qu’ Élisabeth Guigou était pour cette formule, mais, principalement, la droite française est contre toute indépendance du parquet.

    Rien de nouveau.

    • Anonyme répond à AlfredoGarcia

      La justice, une notion toute relative de nos jours...

      • Augustus-
        Augustus-
        Globe-trotteur en quête de (...)
        • Posté à 15h04 le 09/03/2010
        • Internaute 11613
          Globe-trotteur en quête de (...)

        Attention à ne pas confondre Justice avec Institutions judiciaires : deux choses qui n’ont rien à voir entre elles... ou si peu !

    • tlaloc
      tlaloc répond à AlfredoGarcia
      Retraité
      • Posté à 12h03 le 09/03/2010
      • Internaute 47359
        Retraité

      indépendance du parquet si la France ne le fait pas elle sera condmnée une fois de plus par l’Europe

      • fxh.dechezmoi
        fxh.dechezmoi répond à tlaloc
        Ancien étudiant en attente du (...)
        • Posté à 13h46 le 09/03/2010
        • Internaute 100035
          Ancien étudiant en attente du (...)

        l’affaire Medvedyev contre France du 10 juillet 2008...

        Dans cette décision, la cour de Strasbourg affirme que « le procureur de la République n’est pas une “autorité judiciaire” au sens que la jurisprudence de la Cour donne à cette notion : il lui manque en particulier l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif pour pouvoir être ainsi qualifié »...

        Suite à cette horrible nouvelle qui compromet les plans de réforme de certains, la France a fait appel et l’affaire a été réexaminée devant la grande chambre, l’arrêt est attendu...

        une mise au point faite notamment par le procureur général près de la cour de cassation lors de l’audience de rentrée de la cour de cassation en présence de monsieur Fillon et madame MAM

        Lien

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 23h32 le 08/03/2010
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    on peut se demander à quoi a servi la commission Vallini après Outreau. Aucune des propositions n’a été reprise. Dommage que vous n’ayez pas demandé au juge Van Ruymbeke ce qu’il pense de la collégialité proposé, c’est vrai que lui est le tenant d’un seul juge. Et pourtant :

    Lien

    ... Elle aurait pour effet d’instituer une véritable collégialité. On ne saurait voir dans cette idée la manifestation d’une quelconque revanche sur une réforme qui n’a pas fait ses preuves ou un mouvement de balancier supplémentaire dans l’histoire mouvementée de notre procédure pénale. Dans la mesure où tous les praticiens s’accordent à reconnaître que la collégialité est une garantie puisque la vérité judiciaire a plus à gagner à l’échange d’arguments qu’au monologue, la collégialité doit être comprise comme la volonté d’instituer le plus en amont possible de la procédure pénale un travail d’équipe, pour faire échec le plus tôt possible à tout risque d’erreur. ...

    Que l’instruction soit de nouveau menée par un seul juge, cette fois du Parquet, n’empêchera de nouveau pas des erreurs.

  • Psyfou
    Psyfou
    pas glop
    • Posté à 23h35 le 08/03/2010
    • Internaute 102931
      pas glop

    Respects pour Monsieur le conseiller Van Ruymbeke.

    Il me semble me souvenir que son appel conjoint (Bertossa, Garzon,...) pour une collaboration plus étroite entre les différentes juridictions nationales, dans les affaires financières, n’avaient été que peu reprises par les médias importants.

    La disparition du juge d’instruction est à lier à la dépénalisation du droit des affaires. Laissons les as de la finance faire des affaires loin de la justice. C’est bon pour la croissance. Pas celle du tout venant, bien entendu.

  • Fredo.
    Fredo.
    Un peu à côté
    • Posté à 23h46 le 08/03/2010
    • Internaute 64833
      Un peu à côté

    Un garde des sceaux. Pas un ministre.

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 23h57 le 08/03/2010
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    L’analyse de Van Ruymbecke est intéressante bien que je la trouve parfois quelque peu angélique. On sait très bien que la politique du pouvoir en place passe par une reprise en main et un contrôle total de l’institution judiciaire, de l’audio-visuel public ou du monde associatif (en supprimant le juge d’instruction, en nommant lui-même les directeurs de chaînes ou en sucrant les subventions des récalcitrants).
    Il serait naïf de croire à une indépendance des procureurs comme dans le système américain, qui a au moins le mérite de faire élire les officiers de justice par le peuple, même si le résultat peut faire peur dans certains coins du Texas ou du Missouri...
    Cependant, ces états de fait sont sans doute davantage la conséquence de donées sociologiques et culturelles particulières que de la volonté de ses dirigeants.
    D’ailleurs, Van Ruymbecke évoque cette hypothèse à demi-mot :

    « Ne personnalisons pas. Il n’échappe à personne que l’origine du projet vient du président de la République »
    Hilarant de sincérité... Si même les juges de son acabit ne peuvent pas emettre des critiques frontales face aux tenants du pouvoir, on est vraiment dans le bouzin...

    Il me vient une autre idée : pourquoi ne pas supprimer plutôt le procureur ?
    Parce que, à part des effets de manches et une éloquence grandiloquante pour transformer des « conducteurs préssés » et des usagers de drogues douces en dangereux criminels mangeurs d’enfants et récidivistes...

  • renmi21
    renmi21
    retraité
    • Posté à 00h06 le 09/03/2010
    • Internaute 74148
      retraité

    à condition qu’après la réforme, les futurs enquêteurs du parquet soient indépendants.
    Je ne comprends pas : le parquet est bien indépendant …. Le parquet est constitué de juristes donc un juriste est là pour faire appliquer les lois donc il est honnête et si par hasard il reçoit des pressions il serait le premier à démissionné de son poste …..

    • Augustus-
      Augustus- répond à renmi21
      Globe-trotteur en quête de (...)
      • Posté à 15h08 le 09/03/2010
      • Internaute 11613
        Globe-trotteur en quête de (...)

      Euh... tu sais, en fait, le père noël, et bien, comment te dire....

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 00h36 le 09/03/2010
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Comme toujours sur ces sujets techniques et complexes, monsieur Van Ruymbeke fait preuve de mesure, de pédagogie et de classe.

    On ne peut que rendre hommage à ce grand juge pour sa soif d’indépendance et de transparence.

    Soutenons la démarche de ses ultimes gardiens de la démocratie et continuons de rêver qu’ils seront nombreux ce mardi à marcher dans la rue avec monsieur Van Ruymbeke afin que notre justice assure demain aux citoyens une vraie « égalité de traitement devant la loi ».

    Rêvons que la réforme de la justice ne soit pas aussi bâclée que celle de la TVA dans la restauration car on risquerait après l’addition de très mal digérer l’affliction.

    • Anonyme répond à Xavier Denamur

      Déjà à l’époque (1945), un bon mot sur le mélange des genres au sein du prétoire :

      « Monsieur l’avocat général, je vous fais juge ! “

      (Sacha Guitry lors de son procès)

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur
        Restaurateur
        • Posté à 12h22 le 09/03/2010
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Manque « d’instruction » je vous l’accorde. Malgré tout je plaide non coupable, vous n’en ferez pas un fromage.

  • Aengus
    Aengus
    étoile filante
    • Posté à 01h39 le 09/03/2010
    • Internaute 65126
      étoile filante
    • Niamor
      Niamor répond à Aengus
      étudiant
      • Posté à 02h27 le 09/03/2010
      • Internaute 71859
        étudiant

      Heuu je vois pas trop le rapport entre une révision de la procédure pénal intervenant avant un jugement et donc s’appliquant a celui ci et la rétroactivité de la loi. Une loi permettant d’interjeter appel s’applique aux jugements, elle n’a pas vocation à l’être aux faits, elle agit donc pour les jugements à venir .
      De plus, la loi est rétroactive en matière pénal si elle adoucie la peine.

      • Terence
        Terence répond à Niamor
        • Posté à 23h22 le 09/03/2010
        • Internaute 15208

        Réfléchissez un peu !

        Effectivement, comme cette loi qui permet l’appel des acquittements aux assises - loi initiée par l’UMP Schosteck mais votée par les parlementaires socialistes ! - est une loi dite « de procédure » elle s’applique instantanément et nos glorieux juristes que sont les parlementaires n’ont pris aucune précaution quant à ses effets rétroactifs.

        Mais en réalité elle aggrave la peine que risque l’accusé qui, sans cela, aurait été acquitté définitivement. Or avant 2002, l’appel des acquittements n’existait pas.

        En cela, elle est bel et bien rétroactive.

        C’est ce qu’on appelle une loi scélérate. Une loi anticonstitutionnelle. Elle ne pouvait s’appliquer en réalité qu’aux faits postérieurs à son entrée en application, même s’il s’agit d’une loi de procédure.

        Mais la constitution, comme dirait l’autre, c’est un chiffon de papier !

  • Homere elmero
    Homere elmero
    communiste primitif
    • Posté à 02h54 le 09/03/2010
    • Internaute 87706
      communiste primitif

    « Aujourd’hui, la nomination et la carrière des magistrats du parquet dépendent du pouvoir exécutif et du garde des Sceaux. »

    Voila a quoi ca sert de voter en republique democratique ; sur tous ces sujets dont le bon citoyen se balance faute d’avoir l’intelligence suffisante pour y reflechir 3 secondes, il se fait mettre en beauté.

    Et a force de show electoraux a l’americaine, on se retrouve avec une republique qui n’a plus rien de democratique.

  • LeLapin
    LeLapin
    Infopigiste
    • Posté à 03h19 le 09/03/2010
    • Internaute 31149
      Infopigiste

    Je n’ai pas dû tout comprendre au film. Sans juge d’instruction, l’avocat de la défense deviendra donc l’enquêteur à décharge ? Avec quels moyens ? Qui va le payer ? Le mis en cause RMIste ?

    • fxh.dechezmoi
      fxh.dechezmoi répond à LeLapin
      Ancien étudiant en attente du (...)
      • Posté à 10h27 le 09/03/2010
      • Internaute 100035
        Ancien étudiant en attente du (...)

      c’est aussi un des problèmes...
      On pourrait finir avec une justice de série américaine...
      le procureur poursuit, l’avocat tente de défendre et le juge n’est qu’un arbitre...
      C’est sympa à regarder à la TV, beaucoup moins dans la réalité...

      Lien

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 05h26 le 09/03/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ « Surprise :
    - il réclame la suppression du juge d’instruction, à condition qu’après la réfome, les futurs enquêteurs du parquet soient indépendants. Il raconte aussi l’inquiétude des policiers et le bilan mitigé du pôle financier ».]

    On ne peut qu’être surpris en effet de cette volte-face du Juge Renaud Van Ruymbeke vis à vis de cette réforme importante de la justice, lorsqu’on sait a quel point il aura été roulé dans la farine par le pouvoir, des soi-disant indicateurs de confiance, et ses pairs...dans l’affaire Clearstream.

    Le Juge Van Ruymbeke sait très bien que l’objectif de cette disparition est de permettre aux malfaisants de haut vol d’échapper aux foudres de la loi.
    Peut-être un moyen pour Sarkosy, d’éviter que certains pourris ne partent à l’étranger avec de l’argent volé ou détourné (comme il l’a fait pour le bouclier fiscal, et comme il envisage de le faire en proposant une amnistie globale à tous ceux qui fiscalement se sont évadés). Avec Sarko, seules les finances de quelques uns se portent bien !

    Nous rentrons dans la même logique : Ne pas emmerder les riches... !
    ET PEU IMPORTE LA MANIERE DONT LEUR RICHESSE AURA ETE ACQUISE.

    Pour le pauvre laborieux, ce n’est pas pareil :
    Faute de présenter une pièce d’identité au guichet (même si son banquier le connait très bien) - pour un simple dépot d’espèces sur son misérable compte - il se voit d’ores et déjà regardé de travers, comme s’il faisait partie d’un grand réseau de blanchiement !

    « Le juge Renaud Van Ruymbeke n’est pas contre une telle réforme, à condition de garantir l’indépendance des enquêteurs du parquet ».

    Quant à ceci ▲...le Juge sait très bien que c’est totalement utopique !

    Je propose une nouvelle loi : A partir d’un certain niveau de richesse, de standing et de puissance, vous n’êtes plus redevable de Justice et pouvez faire fi de la loi.

    SI LES DELITS FINANCIERS N’EN SONT PLUS, JE ME LANCE !

    • ColvertLE
      ColvertLE répond à Yvon le Zébulon
      Retraité
      • Posté à 10h42 le 09/03/2010
      • Internaute 84712
        Retraité

      @ Yvon le Zébulon
      Et de plus NICONAGY pour asseoir son pouvoir absolu a surement en tête le rétablissement des lettres de cachet ! ...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à ColvertLE
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 10h48 le 09/03/2010
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « a surement en tête le rétablissement des lettres de cachet.. ! »

        Elles existent déjà...mais sous forme de « mélodies en sous-sol ».

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à ColvertLE
        en invalidité
        • Posté à 11h07 le 09/03/2010
        • Internaute 47198
          en invalidité

        lettres de cachet... elles existent depuis toujours est ont été renforcées avec la loi du 30 juin 1838
        vous ne connaissez encore pas le pire que la France a en réserve pour mater les récalcitrants, lisez le texte de l’article L-3213-2 (code de la santé publique) depuis 1838, qui fait la notoriété publique une preuve irréfutable.
        Cet article a été détourné de son but, vers les années 1840, par l’administration préfectorale
        Pour éliminer physiquement les opposants au régime.
        Pour voler les biens de personnes
        Pour faire du chantage
        Par sadisme et perversité pour nuire à autrui

        Cet article a été intentionnellement placé sous « santé publique »
        Le coup de géni des autorités, est de discrédité d’emblai aux yeux du plus grand nombre la personne qu’ils veulent éliminer

        Ce qui fait de la France le seul pays démocratique ou un ragot, une rumeur (notoriété publique) est une preuve irréfutable, mais toujours contre vous…jamais pour vous aider.

        dans les années 50 le navigateur Marcel BARDIAUX qui a du fuir la France
        livres de Marcel BARDIAUX : Entre deux tours du monde, pages 248-249 et Aux 4 vents de mes amours, page 250
        Le livre d’Éric BRUNET la Bêtise Administrative, pages 177 à181.
        comment un vieux paysan a été dépouillé de ses biens, par un maire pourri appliquant l’article L-3213

        Roland Veuillet - Arrêté préfectoral internements abusifs–(hospitalisation d’office)
        Lien.
        Michel Prévidi , histoire d’un internement forcé– (hospitalisation d’office)
        Lien , Lien
        ROUSSELLE Lien et mis en hospitalisation d’office
        Lien LA NUIT SECURITAIRE
        LE DUALISME JURIDICTIONNEL EN MATIÈRE D’HOSPITALISATION D’OFFICE ...
        Vincent TOUCHARD. Sous la direction de. Monsieur Le Professeur Bernard PACTEAU
        Réquisitoire envers les abus de l’administration Préfectorale
        Lien

  • Le Bost 1789
    Le Bost 1789
    Réfugié en Périgord
    • Posté à 05h21 le 09/03/2010
    • Internaute 100997
      Réfugié en Périgord

    Dans la même loi de réforme il parait qu’on modifie le délai de prescription pour les affaires politico-financières. Actuellement il court à partir de la découverte de l’affaire, avec la nouvelle loi il devrait démarrer au moment où le délit a été commis. Exemple, pour l’affaire Karachi ... il y aurait prescription ! A qui profite la réforme ? ! ! J’ai entendu un magistrat déclarer sur Inter que quasi toutes les affaires qui sortiraient seraient prescrites d’office. Ce serait bien d’en savoir un peu plus sur cette disposition surprise-du-chef !

    • fxh.dechezmoi
      fxh.dechezmoi répond à Le Bost 1789
      Ancien étudiant en attente du (...)
      • Posté à 09h30 le 09/03/2010
      • Internaute 100035
        Ancien étudiant en attente du (...)

      Il est vrai

      La prescription n’est déjà pas une chose simple au départ (je me souviens notamment d’une séance de travaux dirigés consacrée à ce magnifique sujet où l’on pouvait voir que les juges, notamment ceux de la Cour de cassation, n’aiment pas la prescription et réussissent à trouver des petits riens qui ont font beaucoup... qu’il s’agisse de modifier le point de départ, de créer des notions comme celle d’« infraction clandestine » ou encore d’« interversion de délais » ou encore de voir des actes de poursuite là où il n’y en a pas toujours...)

      La prescription en droit pénal des affaires s’est sans doute encore pire (pour certains infractions, on en arrive parfois à avoir jusqu’à trois points de départs du délai possibles selon la situation) et pas toujours totalement cohérent...

      Le juge, en installant ces jurisprudences parfois contraire à la loi, tente d’envoyer des signaux aux gouvernants, de lui dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas... Il ne fait pas cela juste pour le plaisir...
      Le juge, comme la doctrine, est un acteur du droit.
      Il constate ce que donne, dans la pratique, l’application de textes forcément un peu théorique...

      Quelques fois, l’acharnement finit par payer : le gouvernant revoit sa copie...
      D’autres fois, rien ne change, ni du côté des gouvernants ni de celui des juges ; chacun reste sur sa position.
      Parfois, le gouvernant reprend même un texte (dans un sens opposé à la tendance jurisprudentielle) histoire de bien montrer au juge qu’il n’est pas d’accord avec son interprétation.
      Et même dans ce cas, il arrive que le juge continue à faire prévaloir sa vision des choses tout en violant la loi (et oui, il y a plusieurs manières de résister)

      Tout cela pour en arriver un peu à notre sujet.
      Que l’on veuille modifier les règles régissant la prescription, d’accord mais pas comme cela...
      Disons-le, crions-le mais n’oublions pas qu’il s’agit pour l’instant d’un avant projet de réforme et que donc, il y aura un projet de loi (différent...ou pas), une discussion, un débat, un vote... et puis, les juges et les acteurs du droit en règle générale n’ont pas encore dit leur dernier mot.

      • ColvertLE
        ColvertLE répond à fxh.dechezmoi
        Retraité
        • Posté à 12h26 le 09/03/2010
        • Internaute 84712
          Retraité

        Quand on voit ce que notre équipe au pouvoir a fait comme massacre avec Hadopi et Loppsi pour imposer son « bon vouloir », on est en droit de s’inquiéter pour toutes nos libertés accaparées par ces imposteurs illégitimes, élus par moins de 17% des français inscrits sur les listes électorales ! ...
        Accentuons notre phénomène de rejet les 14 et 21 mars .

      • Le Bost 1789
        Le Bost 1789 répond à fxh.dechezmoi
        Réfugié en Périgord
        • Posté à 15h16 le 09/03/2010
        • Internaute 100997
          Réfugié en Périgord

        Très intéressant, mille mercis pour les informations.
        Toutefois j’ai bien peur qu’il ne s’agisse pas d’un avant-projet mais bien de la nouvelle loi « justice » dont Alliot-Marie a dit clairement que certains volets ne seraient pas discutables. Espérons que celui-ci n’en fera pas partie.

         
        • fxh.dechezmoi
          fxh.dechezmoi répond à Le Bost 1789
          Ancien étudiant en attente du (...)
          • Posté à 16h19 le 09/03/2010
          • Internaute 100035
            Ancien étudiant en attente du (...)

          il s’agit en fait de l’article 121-7 (provisoire) de l’avant projet de code de procédure pénale soumis à concertation :

          « hors les cas où la loi en dispose autrement, la prescription de l’action publique court à compter du jour où l’infraction a été commise quelle que soit la date à laquelle elle a été constatée. »

          Sauf erreur de ma part, cette partie ne figure dans le bloc des dispositions qui ne sont clairement pas discutables...

          • Le Bost 1789
            Le Bost 1789 répond à fxh.dechezmoi
            Réfugié en Périgord
            • Posté à 07h25 le 10/03/2010
            • Internaute 100997
              Réfugié en Périgord

            Tant mieux ! Ils en ont parlé hier soir dans le Soir3, avec interview du juge Van Ruymbeeck. A voir sur le site de France 3. Affaire à suivre ... de près !

        2 autres commentaires
  • superbuse83
    superbuse83
    Retraité attentif
    • Posté à 07h05 le 09/03/2010
    • Internaute 54861
      Retraité attentif

    Oui oui tout sera respecté indépendance du parquet etc etc Ah ! ah ! ah ! ....c’est la dernière brève de comptoir ? bof pas drôle.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 07h36 le 09/03/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Le juge Renaud Van Ruymbeke n’est pas contre une telle réforme, à condition de garantir l’indépendance des enquêteurs du parquet

    pour la forme c’est fait, pour le fond c tout l’contraire

    et ça ne changeras pas

  • clb75
    clb75
    Observateur
    • Posté à 08h08 le 09/03/2010
    • Internaute 74565
      Observateur

    Pourquoi on oublie de dire que tous les syndicats ne sont pas contre la suppression du juge d’instruction ?

    Le Syndicat de la magistrature par exemple est pour une enquête confiée au parquet, mais à la condition sine qua non que l’indépendance du parquet soit assurée !

    • Iv
      Iv répond à clb75
      Roboticien utopiste
      • Posté à 10h35 le 09/03/2010
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      On oublie de le dire parce que le statu quo actuel, malgré tous ses défauts, est préférable à la réforme que souhaite le gouvernement : plus de juge d’instruction indépendant, remplacé par un parquet aux ordres.

      La demi-mesure, dans le cas présent, serait bien plus dangereuse que pas de mesure du tout.

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 08h38 le 09/03/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Plus de juge ? ...mais des enquêteurs libre ?
    Si les juges sont supprimés, c’est pour que les enquêteurs ne soient plus libres !
    Il veut manger un jambon beurre....sans pain ?

  • fxh.dechezmoi
    fxh.dechezmoi
    Ancien étudiant en attente du (...)
    • Posté à 09h16 le 09/03/2010
    • Internaute 100035
      Ancien étudiant en attente du (...)

    je me suis souvenu ; je me suis replongé dans un passé pas si lontain...
    Il y a de celà quasiment un an, j’étais assis sur une chaise, quelques feuilles de papiers posées sur une table juste devant moi, nous étions plusieurs dans la même situation...
    Une femme est alors entrée dans la pièce, elle a installé ses petites affaires et a déclaré :
    « nous allons commencer par étudier la réforme de l’instruction préparatoire »
    Une séance de trois heures pour cela...

    On a beaucoup causé, de l’instruction en général, du juge d’instruction en particulier...
    On en est arrivé à aborder l’affaire d’Outreau, la commission d’enquête parlementaire qui a suivi, la publication du rapport qui relevait de nombreuses lacunes... l’idée de renforcer la collégialité et le contradictoire...

    On s’est alors intéressé au contenu de la loi n°2007-291 du 5 mars 2007 visant à renforcer l’équilibre de la procédure pénale.
    Le texte avait pour but de supprimer les causes les plus flagrantes identifiées dans l’affaire d’Outreau...
    Il visait à renforcer les droits de la personne poursuivie, à conférer à la clôture de l’instruction un caractère plus contradictoire et surtout à promouvoir le travail en équipe...
    Afin de rompre la solitude, de diminuer les risques d’erreur, le législateur a voulu mettre en place la collégialité...

    Tout cela ne pouvait pas se faire du jour au lendemain,
    la mise en oeuvre du texte ne pouvait alors se faire qu’étalée dans le temps...certaines mesures applicables au 1 mars 2008, d’autres pas avant le 1 janvier 2010...

    Théoriquement, à peine l’horloge aura-t-elle sonné les douze coups mettant fin à l’année 2009, on serait passé du juge d’instruction au collège de l’instruction...

    Les jours passèrent, puis les semaines et enfin les mois...
    Les rumeurs les plus folles couraient : on voulait supprimer le juge d’instruction
    La rentrée solennelle de la Cour de cassation fut l’occasion pour notre bon Président de laisser fuiter l’info à son tour...
    La remise du rapport de la commission Léger confirma la triste nouvelle...mais ce n’était qu’un rapport ; l’espoir que le projet de loi ne soit pas tout à fait conforme demeurait

    ...surtout que la réforme n’était pas complètement entrée en vigueur...

    MAM, en présentant les grandes lignes de ce texte, a mis fin à l’espoir...
    La réforme de l’instruction issue de la loi du 5 mars 2007 est déjà enterrée avant même qu’elle n’est eût réellement le temps de naître et de produire les effets escomptés...

    Comme le dirait si bien Maitre Eolas : « On a eu chaud : on a failli appliquer une bonne idée du parlement et qui faisait l’objet d’un consensus entre la majorité et l’opposition. Ouf. »

    Lien

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 09h22 le 09/03/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    « Et puis un enquêteur financier peut sortir un dossier tous les six mois, pas des centaines… »

    Ce point est très important et M. Van Ruymbeke est au deçà de la réalité.

    Lorsqu’il s’agit de délits financiers de haut vol les enquêtes courent sur des années et n’intéressent guère la police financière qui va mobiliser des moyens pour coincer un type qui au final se « prendra » une peine de sursis après avoir fait annuler des m3 de procédures par des avocats particulièrement retors et pointus.

    Sans compter que le délinquant a bien souvent d’importants moyens de dissimulation et de destruction de preuves

    Il n’est tout simplement pas rentable de poursuivre de tels délits et ils ne sont que rarement poursuivis sauf s’il s’y greffe des délits d’autre nature ou un intérêt accessoire.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 09h23 le 09/03/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    « La culture de la soumission existe, certains ne veulent pas déplaire. »

    « La garde à vue aujourd’hui, c’est la culture de l’aveu. »

    « La délinquance financière |est] une délinquance internationale où les outils de répression n’existe pas. »

    « Les politiques qui discréditent la justice se discréditent eux-mêmes »

    Bravo !
    C’est clair et complet. Très bonne interview.

  • misanthrope
    misanthrope
    bucheron
    • Posté à 10h48 le 09/03/2010
    • Internaute 96659
      bucheron

    « Sinon, demain, toutes les enquêtes sensibles seront confiés à des magistrats qui ne le sont pas. “

    Qu’est qu’il voulait dire, qui ne le sont pas, sensibles ou magistrats ?

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 10h55 le 09/03/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    a partir du moment ou le dogme de la libre circulation des capitaux est érigé en airain, a t-on besoin de magistrats pour s’en préoccuper ?

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 11h19 le 09/03/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    N’y a pas à dire, la mafia a de beaux jours devant elle...sans oublier le fascisme...

    Vive la france patrie des scélérats

  • princesse dauphin
    • Posté à 12h05 le 09/03/2010
    • Internaute 58201
      punk

    Lienenvoyé par Lien. - Lien

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  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 12h06 le 09/03/2010
    • Internaute 68357
      Employée

    LA MEME JUSTICE POUR TOUS
    Lien

  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 12h12 le 09/03/2010
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    Le remplacement du juge d’instruction par le procureur est déjà l’oeuvre avec le procureur général de Paris Jean Claude Marin . Souvenons nous :
    -Chirac et les emplois fictifs de la mairie de Paris. Marin : « circulez il n’y a rien à voir “.Heureusement la juge d’instruction Xavière Siméoni maintient son ordonnance de renvoi de Chirac en correctionnelle

    -Clearstream : il requiert 18 mois de prison et 45000 euros d’amende contre de Villepin puis fait appel du premier jugement de non lieu en faveur de Villepin . Au début de l’affaire il avait affirmé qu’il n’y avait rien dans le dossier contre l’ex PM .Entre temps Sarkozy est à l’Elysée et se porte partie civile . Elémentaire mon cher Watson !

    -Tarnac : acharnement contre Julien Coupat pour sauver la mise de MAM et son barnum médiatique au départ de l’affaire . Les Irlandais de Vincennes ; le retour ! !

    Dray : Un petit froncement de sourcil via un rappel à la loi . Message subliminal : faire comprendre aux parlementaires y compris de gauche que la suppression du juge d’instruction c’est bon pour étouffer les affaires politico- financières y compris celles de l’opposition .

    Cette aspect de la réforme du code de procédure pénal est à la fois liberticide et digne d’une république bananière ., car jamais le duo infernal Sarko Mam ne remettra en cause le rattachement hiérarchique du parquet à la chancellerie . Ca fait peur ...

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