bonnes feuilles 07/03/2010 à 20h21

Banlieues : l'appel au secours de collégiens d'Aubervilliers


Dans son livre, le journaliste Luc Bronner publie des lettres d’élèves qui témoignent de leur sentiment d’insécurité. Extraits.


Le couloir d’un collège aux Etats-Unis (House of Sims/Flickr)

En 2008, un professeur de collège d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a proposé à ses élèves d’écrire chacun une lettre à l’inspecteur d’académie, juste après un incident (une bande avait fait une « descente » dans l’établissement). Le journaliste Luc Bronner, qui suit l’actualité des banlieues depuis 2005 au Monde, évoque cette histoire dans son livre « La Loi du ghetto », paru le 3 mars, dont Rue89 publie des extraits.

Luc Bronner, 36 ans, est le seul reporter de la presse nationale à consacrer tout son temps de travail aux « quartiers » des banlieues françaises, de l’Ile-de-France à la Drôme ou à la Haute-Marne. Il a reçu en 2007 le prix Albert Londres pour ses articles sur ce sujet, notamment les émeutes de Villiers-le-Bel.

Avec « La Loi du ghetto, enquête dans les banlieues françaises », Luc Bronner digère, synthétise et met en perspective les histoires humaines qui ont fait l’objet de dizaines de reportages dans Le Monde ces dernières années. Ecrit à la première personne, le livre y ajoute son ressenti de journaliste.

Il rencontre des ados, des policiers, des élus, des dealers, des acteurs associatifs, des sociologues, des ministres.

Il explore les échecs des politiques de la ville, les tares de l’urbanisme, les « tabous de l’immigration », les frontières physiques, temporelles et sociales qui « ghettoïsent » ces pans entiers de la société française -il s’explique sur le choix de ce terme dans une interview aux Inrockuptibles, et sur la référence à « Gomorra », un livre sur la mafia italienne.

Le jeu de dupes entre médias et politiques

Son livre est aussi particulièrement intéressant sur la description du jeu de dupes entre les médias (qui ne couvrent les banlieues qu’épisodiquement, en cas d’incident « chaud ») et les politiques (qui profitent de la présence à éclipse des premiers pour présenter les événements sous un jour favorable, mais sont aussi obligés de réagir en fonction de la couverture médiatique).

Chaque chapitre est introduit par des citations de Nicolas Sarkozy qui montrent qu’au fil des années (2002, 2005, 2009...), le discours ne change pas. Pas plus que la réalité.

Loin du faisceau des projecteurs de l’agenda médiatique, il y a le travail quotidien de dizaines d’acteurs de terrain. Comme ce professeur d’un collège de banlieue parisienne, à l’origine d’une initiative très parlante sur l’état d’esprit de ceux qui grandissent dans cet univers très particulier. Augustin Scalbert

Les prénoms des élèves, mineurs, ont été modifiés. Les fautes d’orthographe et de conjugaison n’ont pas été corrigées.


En avril 2008, je rencontre un professeur de collège, Emmanuel Tridant, 38 ans, au cours d’une manifestation d’élèves et de professeurs devant un collège d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Avec ses collègues, l’enseignant défile contre les réformes dans l’Éducation nationale, notamment les suppressions de postes.

En marchant, il me raconte qu’il vient de réaliser une expérience étonnante : demander à ses élèves de témoigner par écrit sur leur sentiment d’insécurité après un incident grave dans leur établissement. En l’occurrence, l’intrusion violente d’une dizaine de jeunes, en marge de manifestations contre les réformes.

Soixante élèves écrivent à « Monsieur l’inspecteur d’académie »

Rassemblé devant les grilles, le groupe avait d’abord tenté de bloquer l’établissement pacifiquement. Sans succès. Ils étaient alors devenus beaucoup plus agressifs, jetant des bouteilles contenant de l’acide et de l’aluminium -un mélange explosif dont la recette circule sur Internet. Deux bouteilles avaient explosé au milieu des élèves, provoquant un nuage de fumée blanche. Dans la confusion, les assaillants étaient montés au premier étage du collège, avaient ouvert des portes et jeté des œufs dans les salles de classe, devant des élèves paniqués.

Face au choc de ses élèves de quatrième et de troisième, Emmanuel Tridant leur propose d’écrire, chacun, une lettre à « Monsieur l’inspecteur d’académie » pour l’alerter sur la gravité de la violence à l’école. Pas seulement sur l’épisode exceptionnel de la veille. Mais sur leur quotidien d’adolescents de banlieue.

Une soixantaine d’élèves de quatrième et de troisième prennent la plume. En deux lignes, parfois. Sur une page pleine, pour d’autres. Avec, presque toujours, une orthographe et une syntaxe hésitantes -une formule diplomatique pour dire que l’écriture est catastrophique.

« Si cela continue les élèves n’auront plus d’avenir »

Mais toutes les lettres témoignent, avec une franchise rare, de la dureté des conditions de vie dans un établissement de ZEP marqué par des épisodes de violence. Comme un cri de colère. Comme un appel au secours de collégiens d’une banlieue difficile. Avoir 15 ou 16 ans dans une ZEP peut se révéler extrêmement difficile -et les premières victimes en sont bien les élèves eux-mêmes, bien avant les enseignants ou les policiers.

« Monsieur l’inspecteur, commence ainsi Géraldine, élève de troisième, décrite comme “très timide” par ses enseignants. La situation du collège Jean-Moulin est devenu très grave. On ne peut plus travailler dans de tel condition, les éleves perturdateurs nous laisse plus travailler. [...] Cette situation n’est plus acceptable. Si cela continue comme sa les élèves n’auront plus d’avenir. »

Une de ses camarades de classe, Jenny, excellente élève, qui s’occupe de tout à la maison pour seconder sa mère handicapée, écrit sa colère et son inquiétude. Elle recense les actes de violence subis : jets de projectiles, agressions physiques et verbales, perturbations des cours, salle de permanence dégradée, etc. « Moi, personnellement, je ne peux plus travailler dans ces conditions et je vous informe que j’ai un avenir devant moi, que j’ai un brevet, un bac et un métier à obtenir ! » La jeune fille désigne les responsables :

« Dans ce collège, des élèves s’amusent à interrompre les cours d’autres élèves et de perturber les cours. D’autres sèchent leurs cours et trainent dans les couloirs, se mettent à crié comme des sauvages. »

« Tout le matériel scolaire est dégradé chaque jour »

« Nous les élèves, on en a raz-le-bol de ces situations depuis quatre ans. Réagissez vite s’il vous plait Mr l’inspecteur pour trouver des solutions », ajoute Charlotte, d’origine turque, qui rêve de devenir architecte mais ne dépasse pas 10 en maths. « Elle est désespérée parce qu’elle ne peut pas aller en première scientifique », glisse son professeur.

Chose exceptionnelle, les garçons se livrent aussi. Eux qui joueraient probablement aux petits « caïds » si on les interrogeait au pied de leurs immeubles.

Mike, par exemple, élève de troisième. D’origine chinoise, passionné par l’informatique mais en grande difficulté scolaire, il est « souvent sur la défensive », selon son professeur. Dans sa lettre, il témoigne de son inquiétude :

« Notre éducation est systématiquement perturbé par les violences. Notre avenir n’est donc pas assuré avec certitude [...]. La situation actuelle du collège est très désespérante, car les tables, les chaises, et tout le matériel scolaires est dégrader chaque jour par tout les élèves perturbateurs. »

Une partie des violences sont provoquées par d’anciens élèves, qui reviennent sur les lieux de leur échec ou de leur souffrance scolaires. Dont beaucoup de jeunes qui ont été exclus pour des problèmes de comportement : « On a eu jusqu’à trente conseils de discipline dans l’année. C’est devenu une procédure de gestion comme une autre. Mais les conséquences sont catastrophiques parce que, faute de suivi, les gamins en question sont rapidement déscolarisés », témoigne un enseignant.

« Il ne faut plus dissoudre de postes de professeur »

Les autorités ont commencé par installer un muret autour du collège dans les années 1990. Puis des grilles de cinquante centimètres. « C’était grand ouvert. Aujourd’hui, on monte à 1,2 ou 1,5 mètre. Jusqu’où il faut aller ? » interroge Emmanuel Tridant.

Les attentes de ces adolescents sont clairement sécuritaires, au grand dam des enseignants. Une élève demande « plus d’autorité » de la part des surveillants, des professeurs, des policiers, bref de tous les adultes.

Un autre propose de remonter la grille qui ceinture le collège. Un troisième suggère d’installer des caméras de vidéosurveillance.

Mike : « Il ne faut plus dissoudre de postes de professeur car sinnon l’éducation des élèves est très menacée. Il faut renforcer la sécurité des élèves et des enseignants du collège grâce à des vigiles, et un plus grands nombres de surveillants. »

Géraldine : « Je sais que ce que je vais vous demandé vas vous paraître abusif mais sa serait bien s’il y avait des policiers civils qui surveilleraient le collège le temps de calmé tous sa ! Aidez-nous Monsieur, sacher que notre avenir est entre vos mains. »

« La Loi du ghetto » de Luc Bronner, Calmann-Lévy, 3 mars 2010, 264 pages, 17 euros.

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  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe répond à Pierrrrre
    chien de talus
    • Posté à 08h47 le 08/03/2010
    • Internaute 50571
      chien de talus

    gna gna immigré perturbateur gna gna gna communiste gna gna gna gna gna gna soviétique france de demain gna...

  • LienRag
    • Posté à 22h08 le 07/03/2010
    • Internaute 34767

    Les attentes de ces adolescents sont clairement sécuritaires, au grand dam des enseignants
    Un principe élémentaire de méthodologie indique pourtant que la réponse est généralement contenue dans la question...

    • Duc du Granlac
      Duc du Granlac répond à LienRag
      Républicain
      • Posté à 22h14 le 07/03/2010
      • Internaute 86373
        Républicain

      Vous êtes en train de perdre la bataille idéologique...

      J’espere juste que le retour de balancier ne sera pas trop fort.

      Le gauchisme allié des pires fachos...

      • LienRag
        LienRag répond à Duc du Granlac
        • Posté à 22h25 le 07/03/2010
        • Internaute 34767

        Vous êtes en train de perdre la bataille idéologique...
        Oh, je crois en être conscient : demander à un anti-sarkozyste de réfléchir sur la base de la réalité et non de préjugés devient en effet presque aussi difficile que de vous le demander à vous et aux vôtres...
        Et comme la pensée est la seule arme que nous ayons face à la non-pensée que vous véhiculez, je suis assez d’accord en effet que la défaite est une possibilité non négligeable.

         
        • Duc du Granlac
          Duc du Granlac répond à LienRag
          Républicain
          • Posté à 22h36 le 07/03/2010
          • Internaute 86373
            Républicain

          Je ne suis pas un sarkozyste je suis un républicain de gauche.

          Et je suis content que vous soyez conscient de vos échecs, j’espère que vous profiterez pleinement de toute votre agonie idéologique...

        1 autres commentaires
  • Oister
    Oister
    Soldat inconnu.
    • Posté à 22h10 le 07/03/2010
    • Internaute 46248
      Soldat inconnu.

    Il n’y a plus d’argent, il faut « réduire les coûts ». On rédiut les programmes et les postes de professeurs.
    Les gens sont moins instruits donc moins compétitifs, intelligents performants et heureux.
    Le pays est moins performant. nous consommons à la place de produire, nous nous entêtons à croire à l’indépendance du nucléaire par exemple. Ce n’est qu’un exemple mais le nucléaire coûte cher et nous n’avons pas de mines d’uranium en france. Donc, c’est cher et nous sommes dépendants. Hélas, un lobby qui défend son dogme est parfois puissant mais toujours gênant pour le bien-être public. Ceci est valable pour tous les dogmes.
    Le manque de projection dans l’avenir, du fait de capacités médiocres dont résulte une inadaptation au présent donne une population de gens aigris et égoïstes, car repliés sur eux-même. Cette population est donc la proie de tous les charlatans qui vendent leur huile de baleine dans de jolies bouteilles avec de belles étiquettes colorées.
    Donc moins d’éducation, conduit à de l’insécurité.
    Moins d’études et de diplômes conduisent à des métiers moins bien rémunérés. Or, l’insécurité est souvent de mèche avec la pauvreté. Et donc, pour protéger les gens de l’insécurité que proposent les politiques ? Plus de policiers.
    A moins que je ne me trompe, les policiers n’apprenent pas aux enfants à lire, ni à écrire (ils ont d’ailleurs eux-même des difficultés pour y arriver) ni à compter. Je crois même qu’un homme politique a dit qu’ils n’étaient même pas là pour jouer au foot avec les jeunes... avant d’aller s’évanouir après un jogging.

    Bref. En trente ans on a laminé l’école qui est devenu un garde chiourme infâme ou on laisse les porfs et les élèves crever au soleil. Mais on va « régler le problème », on va « mettre sur la table ».
    Aupravant cette expression était réservée aux maquereaux, aux joueurs de poker, c’est devenu le tic de langage du moment en politique ce qui va avec le reste dirons nous.
    Mais surtout plus de policiers !
    Les gens sont devenus cons, et fiers de l’être. Le coq n’a jamais été autant le symbole de la france que ces temps-ci. Gueuler sur un tas de fumier, voilà ce qu’on sait faire ! En voilà de l’identité ! Et ça gueule la Marseillaise, et ça défile au milieu des bidasses dans la voiture à BigJiM, et ça construit des portes avions, et ça construit des EPR et ça met des caméras et merde...

  • placo
    • Posté à 22h27 le 07/03/2010
    • Internaute 13170

    à Pierrrrre
    Soit, admettons votre explication du problème dû à « l’immigration sans contrôle ». Mais tout de suite qu’est-ce qu’on fait ?
    L’article évoque une Turque et un Chinois, doit-on les expulser ? Expulse-t-on que les cancres et perturbateurs étrangers ? comment règle-t-on le problème avec les cancres et perturbateurs français ?
    Peut-on penser qu’un enfant cancre et perturbateur peut évoluer positivement et réussir sa vie professionnelle (devenir député ?) ?

    Cher Pierrrre soyez plus précis (la situation est précise et demande une réponse urgente) : donnez-nous votre solution (sans grand principe abstrait et oiseux). Merci

  • libéré
    libéré
    chom
    • Posté à 22h33 le 07/03/2010
    • Internaute 106189
      chom

    tous les élèves ont le droit d’apprendre, mais l’échec du système est du aux politiques, pourquoi supprimer des postes ; pour la réduction du déficit sarko fait payer aux jeunes son incurie économique.
    la droite a supprimé la police de proximité et nous voyons le résultat le dialogue avec les jeunes est important ils ne demandent pas le pérou mais seulement être écoutés quand au plan banlieue la ministre en charge encore de la com et la ministre en charge du dossier est fier de son plan.
    pour résoudre ,si je puis dire,le problème sarko à créé les collèges d’exception une fois de plus il tourne le dos au problème

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h34 le 07/03/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Moins d’enseignants = plus d’élèves par classe

    Plus d’élèves par classe, c’est :
    - des cours d’un moins bon niveau
    - moins de contrôles, donc des situations d’échecs moins décelables
    - moins de temps par élève en cours, donc quand l’élève est en état de se concentrer

    C’est donc :
    - moins de formation générale par citoyen, donc une plus grande difficulté à changer de filière. C’est plus de chômage.
    - moins de socialisation et d’égalité, donc plus de délinquance et de repli sur le communautarisme.

    Moins d’enseignants, ça coûte très très très cher à la société. Beaucoup plus cher que l’économie des postes.

    Ce n’est pas une question idéologique. C’est une question de logique.

    • lidiot du village-
      lidiot du village- répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      imbécile heureux
      • Posté à 22h38 le 07/03/2010
      • Internaute 106647
        imbécile heureux

      C’est bon de te lire !

      Tu m’as remotivé pour la semaine, là !

    • Hoé-
      • Posté à 22h50 le 07/03/2010
      • Internaute 106781
        xxx

      « Ce n’est pas une question idéologique. C’est une question de logique. »

      Mais non plutôt d’enflure

      Le problème ce n’est pas une question de nombre d’enseignants mais de répartition géographique. La France a le plus gros contingent éducation nationale de la communauté européenne mais aussi le plus sclérosé syndicalement parlant.

      Un mammouth qui coûte non seulementt très cher mais aussi improductif .

      • Squall Lionheart
        Squall Lionheart répond à Hoé-
        Un message que les riverains (...)
        • Posté à 22h58 le 07/03/2010
        • Internaute 103509
          Un message que les riverains (...)

        « La France a le plus gros contingent éducation nationale de la communauté européenne »

        Vous avez une source ou c’est quelque chose que vous a raconté votre grand mère ?

         
        • Hoé-
          Hoé- répond à Squall Lionheart
          xxx
          • Posté à 23h03 le 07/03/2010
          • Internaute 106781
            xxx

          « Vous avez une source “

          au choix : Evian ,Vittel, Périer ou château la pompe ...mon bon !

          • Squall Lionheart
            Squall Lionheart répond à Hoé-
            Un message que les riverains (...)
            • Posté à 23h04 le 07/03/2010
            • Internaute 103509
              Un message que les riverains (...)

            C’est bien ce que je pensais.

            • Hoé-
              Hoé- répond à Squall Lionheart
              xxx
              • Posté à 23h05 le 07/03/2010
              • Internaute 106781
                xxx

              Ah bon tu penses ?

              • BobFromMarketing
                BobFromMarketing répond à Hoé-
                Immigré Vulcain
                • Posté à 23h27 le 07/03/2010
                • Internaute 83538
                  Immigré Vulcain

                J’ai pas l’impression que tu ais compris ce que voulais dire Squall.. je vais reformuler, très simplement pour toi, parce que sa question était importante :

                Toi « Hoé » y en a affirmer un truc au début, Squall y en a te demander si toi dire ça comme ça au hasard ou si toi y en a être vraiment documenté, et si oui, si toi y en a pouvoir citer l’origine de ton affirmation (ça y en a être une « source », dans ce contexte)

                • Hoé-
                  Hoé- répond à BobFromMarketing
                  xxx
                  • Posté à 23h31 le 07/03/2010
                  • Internaute 106781
                    xxx

                  moi y en a bone soursse dan insee é ocde ; mé toi te démerdé.banane.

                  • Hoé-
                    Hoé- répond à Hoé-
                    xxx
                    • Posté à 23h43 le 07/03/2010
                    • Internaute 106781
                      xxx

                    comme moi grand sorcier te mettre sur la voie :

                    Pour le secondaire :
                    83 enseignants pour 1000 élèves
                    66 en Allemagne
                    60 en GB.

                    toi mieu comprandre

                    • Squall Lionheart
                      Squall Lionheart répond à Hoé-
                      Un message que les riverains (...)
                      • Posté à 00h50 le 08/03/2010
                      • Internaute 103509
                        Un message que les riverains (...)

                      J’ai cherché ce chiffre (83 enseignants pour 1000 élèves) et je ne suis tombé que sur des sites de droite ou d’extrême droite, mais jamais sur la source (l’OCDE).

                      Pour la droite :
                      Lien
                      Pour l’extrême droite :
                      Lien

                      Par contre j’ai trouvé le rapport de l’OCDE de 2008 :

                      Graphiques page 448 et 452.

                      L’intégralité du rapport (6 152 Ko)
                      Lien

                      Si votre chiffre est vrai, pourriez vous m’expliquer pourquoi on a le plus d’enseignant pour 1000 élèves, mais que le nombre d’élèves par classe ne soit pas le plus bas ?
                      Surtout qu’en plus, on n’est pas du tout bien placé.

                  • BobFromMarketing
                    BobFromMarketing répond à Hoé-
                    Immigré Vulcain
                    • Posté à 23h45 le 07/03/2010
                    • Internaute 83538
                      Immigré Vulcain

                    ahh bin voilà bravo :)

                    C’est laborieux, mais y a du progrès :)

                    • Hoé-
                      Hoé- répond à BobFromMarketing
                      xxx
                      • Posté à 23h51 le 07/03/2010
                      • Internaute 106781
                        xxx

                      « C’est laborieux, mais y a du progrès :)

                      et pour toi ça avance ?

        9 autres commentaires
    • alberich
      • Posté à 22h50 le 07/03/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      N’importe quoi.

      Avez vous déjà enseigné ? Je l’ai fait dans des amphithéâtres de plusieurs centaines d’étudiants, je l’ai fait en TD et TP avec des effectifs de quelques dizaines, voire moins.

      Si vous croyez que l’enseignement consiste à tenir le stylo de chacun je pense que votre logique devrait changer d’idéologie.

      Un point cependant, le manque de budgets matériels qui est un véritable handicap dans notre enseignement supérieur.

      • Hoé-
        Hoé- répond à alberich
        xxx
        • Posté à 22h54 le 07/03/2010
        • Internaute 106781
          xxx

        Vous perdez votre temps avec lui, étant lui-même un produit de cette fabrique.

      • Squall Lionheart
        Squall Lionheart répond à alberich
        Un message que les riverains (...)
        • Posté à 23h00 le 07/03/2010
        • Internaute 103509
          Un message que les riverains (...)

        « Je l’ai fait dans des amphithéâtres de plusieurs centaines d’étudiants »

        Essayez de faire la même chose mais avec des gamins de 14 ans.
        Et bon courage surtout, vous en aurez besoin.

         
        • alberich
          alberich répond à Squall Lionheart
          fumiste
          • Posté à 23h15 le 07/03/2010
          • Internaute 84604
            fumiste

          Bah je parle de ce que je connais, désolé mais je n’ai jamais eu d’élèves mais des étudiants.

          Je ne pense pas qu’il y ait de différences fondamentales, dans une salle de cours il se joue une affaire entre vous et votre assistance, une affaire privée en quelque sorte, peut-être une relation.

          Il faut un peu d’humilité pour enseigner, ne pas se poser comme détenteur d’un savoir et garder à l’esprit la phrase de Léonard de Vinci : bien piètre l’élève qui un jour ne dépasse son maître.

          • framboise92
            framboise92 répond à alberich
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 07h28 le 08/03/2010
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            pfffffffffffff
            je vois très bien un élève danser le rap ou autre « fon-da-men-tal il a dit le louf »
            Ouarf !

          • TH.
            TH. répond à alberich
            multicontractuel flexisécurisé
            • Posté à 09h57 le 08/03/2010
            • Internaute 34927
              multicontractuel flexisécurisé

            Etant moi-même formateur, je ne me permettrais pas de comparer la situation pédagogique qui est la mienne et celle d’un prof de l’EN en collège, pour une raison bien simple : un collégien est en situation d’obligation légale d’enseignement, alors qu’un adulte se situe dans un choix (même par défaut) d’enseignement.
            Même si la formation pour adulte n’est pas, loin s’en faut, un monde de Bisounours...

            • alberich
              alberich répond à TH.
              fumiste
              • Posté à 10h29 le 08/03/2010
              • Internaute 84604
                fumiste

              Comparaison n’est pas raison bien sûr.

              Toutefois, pensez vous vraiment que les contraintes de l’enseignement en secondaire tiennent à la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans ? Quid du lycée dans ce cas...

              Quant à l’âge adulte, je dirais que la première, voire les deux premières années d’enseignement supérieur sont des années de transition vers la maturité, les gamins ne deviennent pas adultes l’espace de l’été post-baccalauréat.

              Par ailleurs je pense que pour des raisons sociales, familiales, financières etc. les pressions sont plus fortes lorsque l’on fait le choix de poursuivre des études, justement car l’individu ne se situe plus dans le cadre d’une l’obligation légale qui par parenthèse est aussi un droit (droit qui fait peut-être la différence que vous évoquez).

              • TH.
                TH. répond à alberich
                multicontractuel flexisécurisé
                • Posté à 11h28 le 08/03/2010
                • Internaute 34927
                  multicontractuel flexisécurisé

                Toute chose égale par ailleurs...
                Les observations concernant le caractère complexe du rapport pédagogique - dans sa construction endogène ET exogène -, me paraissent fondées.
                Je retrouve parfois d’ailleurs les ambiances adolescentes de mes années lycée quand je donne cours aux plus jeunes d’entre les adultes, ce qui va dans le sens de ce que vous dîtes.
                Mais je ne ressens pas de crainte, celle en tout cas que nous relate des profs de ZUP et de ZUS, devant les étudiants... (et je ne dis pas cela pour conforter le lobby sécuritaire)
                Certes, l’école est un droit, mais n’oubliez pas non plus que pour des collégiens ou des lycéens - avant 16 ans, ce droit est bien souvent vécu comme une contrainte...
                Je reste persuadé que cela joue dans les difficultés décrites, et tout autant que cela doit être relativiser par d’autres facteurs explicatifs, bien entendu.

          • Burpy
            Burpy répond à alberich
            Dans...
            • Posté à 13h48 le 08/03/2010
            • Internaute 80393
              Dans...

            « Bah je parle de ce que je connais, désolé mais je n’ai jamais eu d’élèves mais des étudiants. »
            Ben voilà.

        6 autres commentaires
      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à alberich
        non connue
        • Posté à 23h03 le 07/03/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Vous êtes sérieux ?
        En enseignement supérieur, vous avez déjà 90% des problèmes de société qui sont réglés.
        Vous n’avez aucune idée des situations vécue en classe de primaire et en collège.
        En primaire, le matériel est secondaire, ça fait bien longtemps que les instits ont appris à se débrouiller, avec l’aide des parents.
        Mais les double-niveaux sont légion, les effectifs explosent, les classes chargées accueillent dans l’année les nouveaux arrivants et les enfants du voyage, plus les handicaps qui sont parfois très durs à gérer comme l’autisme, les langues à enseigner avec quelques heures de formation quel que soit le niveau, les stats et autres tracasseries, les évaluations qui sont une insulte à la profession, etc.

         
        • alberich
          • Posté à 23h50 le 07/03/2010
          • Internaute 84604
            fumiste

          Imaginez que j’ai des enfants et des petits enfants, outre mes anciennes fonctions de professeur, il me semble que mon engeance est passée sous les fourches caudines de l’éducation nationale.

          A ce propos je suis effaré de voir les évaluations que portent les fonctionnaires, n’ayant nul souvenir de cette pratique que ce soit pour moi ou mes enfants. On met les gamins dans les tuyaux dès le primaire de nos jours.

          Dans notre famille cela ne pose pas de souci, éventuellement nous avons de quoi contrer, mais dans d’autres ...

          • Hurluberlu
            Hurluberlu répond à alberich
            A l'écart
            • Posté à 08h11 le 08/03/2010
            • Internaute 72620
              A l'écart

            Ah ! enfin un parent qui s’élève contre l’évaluationnite !

            Aux fonctionnaires, ce gouvernement demande de « fonctionner », c’est-à-dire d’appliquer ses décisions. Celle d’évaluer constamment pour « vérifier l’efficacité des dispositifs » - et virer les budgets si les chiffres ne permettent pas au principal/inspecteur/recteur d’académie (rayez la mention inutile selon votre grade dans l’EN) - en est une bien inquiétante. Outre le fait que l’on classe comme vous le dites dès la primaire, elle empêche surtout de faire cours, tout simplement. Certains riverains parlaient tout à l’heure de goût d’apprendre et e goût de l’effort : entre faire un QCM et travailler ensemble en classe sur une oeuvre ou un problème mathématique, selon vous, qu’est-ce qui motive le plus les élèves ?

        2 autres commentaires
    • SuperResistant
      • Posté à 08h43 le 08/03/2010
      • Internaute 105866
        Etudiant(e)

      La politique de la France aujourd’hui c’est le court et le très court terme malheureusement. Supprimer des postes ça fait des économie « directes » mais ça fait perdre beaucoup d’argent si l’on regarde au moyen et long terme, je suis d’accord.

    • benboo
      benboo répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      raton laveur
      • Posté à 12h14 le 08/03/2010
      • Internaute 103241
        raton laveur

      Plus d’élèves par classe, c’est :
      - des cours d’un moins bon niveau (les cours en amphi de fac doivent être catastrophique alors si l’on suit cette logique)...
      - moins de contrôles, donc des situations d’échecs moins décelables (le problème là n’est pas le nombre d’élève mais l’implication du prof, je suis passé par là et j’ai pu constater les profs qui relisaient leur cours d’année en année, en comparant avec les cahiers des grands frères et grandes soeurs, et ceux qui faisaient des cours magistraux sans lire quoi que ce soit priviliégiant l’échange avec les élève et le dynamisme)
      - moins de temps par élève en cours, donc quand l’élève est en état de se concentrer (là je ne peux qu’être d’accord).

      dans mon parcours collège lycée, ma classe la plus chaotique niveau chahut a été ma seconde terminale où nous n’étions que 22... C’est d’autant plus impressionnant quand on comparait avec ma précédente terminale de 35 élèves où il n’y avait aucun chahut.

      J’ai fait deux lycées, un privé (où je n’ai pas eu mon bac et qui affichait un 99% de réussite) et j’ai retapé dans un public où je l’ai eu (qui affichait un 83% de réussite). Quand j’étais dans le privée les années de première et terminale tous les samedi matins j’avais DST, c’était obligatoire, nous le savions et les matières « tournaient » chaque samedi, 3 samedi par mois.
      Dans le public, il n’y avait pas de DST systématiques, c’était au bon vouloir du prof (et curieusement le nombre de DST par matière variait en fonction de l’implication/plaisir (très perceptible en tant qu’élève) du professeur qui nous enseignait).

      le problème à la base est à mon avis un manque d’éducation combiné à une « sévèrité toute relative »... bien que je pars du principe que ce n’est pas au corps enseignant d’assurer la majeure partie de la bonne éducation des jeunes.

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à benboo
        non connue
        • Posté à 13h30 le 08/03/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Un prof de fac qui fait 8H de cours hebdomadaire, et qui s’adresse à des adultes n’a évidemment pas la même écoute ni les mêmes objectifs que quelqu’un qui fait 6H de cours par jour, à des élèves issus de milieux extrêmement diversifiés, et beaucoup plus fragiles sur le plan affectif.
        Le sujet de l’article, c’est le niveau en collège, donc tout ce qui concerne l’éducation jusqu’en 3ème.

        Sinon, l’implication du prof est essentielle effectivement.

        Je ne suis pas enseignant, et je vis avec une enseignante. Un pied dans et un pied hors de l’EN, donc. J’ai une vision très critique de l’EN, notamment à travers ce constat :

        Dans l’EN, si l’on veut progresser hiérarchiquement, il faut souvent s’orienter vers des missions (conseil pédagogique, spécialisation, inspection) qui sortent du cadre de l’enseignement classique, et qui éloignent du quotidien de l’enseignant lambda.
        Souvent, donc, une des principales motivations de celui ou celle qui quitte son métier d’enseignant est que cette personne ne souhaite plus enseigner, voire n’aime plus ce métier.
        On aboutit alors à ce délire qui consiste à faire prendre toutes les décisions pédagogiques (programmes, grandes orientations) à ceux qui n’aiment plus enseigner, ou du moins qui n’ont jamais tenu une classe depuis une ou deux décennies.
        Un décalage immense entre le ministère et les enseignants de terrain se produit, alors, d’une manière très prévisible.

      • Burpy
        Burpy répond à benboo
        Dans...
        • Posté à 14h08 le 08/03/2010
        • Internaute 80393
          Dans...

        « - moins de contrôles, donc des situations d’échecs moins décelables (le problème là n’est pas le nombre d’élève mais l’implication du prof, je suis passé par là et j’ai pu constater les profs qui relisaient leur cours d’année en année, en comparant avec les cahiers des grands frères et grandes soeurs, et ceux qui faisaient des cours magistraux sans lire quoi que ce soit priviliégiant l’échange avec les élève et le dynamisme) »

        Vous ne pourrez pas, même avec votre meilleur jeu d’acteur, des anecdotes sanglantes ou croustillantes, tenir certaines classes de trente gamins en 4è pendant plus d’une quinzaine de minutes et parfois moins ! Quelque soit votre degré d’implication. C’est comme ça.
        De plus, il s’agissait d’évoquer la récurrence des évaluations, pas les méthodes pédagogiques. Indiquer que l’échec des élèves vient pas du nombre d’élèves mais de l’implication des profs me laisse perplexe.
        Laissons les fumistes (ils sont partout... même dans l’EN !) de côté. Sinon, ça donne toujours un goût de pisse aux discussions sur l’Éducation.

  • hagalma
    • Posté à 22h45 le 07/03/2010
    • Internaute 8451

    Notre civilisation est insécure car elle ne donne guère d’espace pour loger une singularité. Des individualités, oui, en regard de normes. La filière « S », par exemple, est un horizon laminoir de désirs. EIle est le seuil dans la tête du monde de l’éducation et des élèves en-deçà duquel le reste est de toute façon un échec. Il faut avoir accompagné un enfant, qui va bien, dans le cheminement de l’orientation pour prendre la mesure de la souffrance qu’endure un enfant sur la touche. Ce doit être comme une déflagration interne, avec comme bouée le consummérisme : la jouissance tout de suite d’objets, les mêmes pour tous bien sûr, loin, très loin, d’un désir personnel.
    Pas moins effrayant, la ligne de notre politique néo-droitière : la stigmatisation de la racaille. Comme la ligne est prédictive, ça produit bien sûr de la racaille, puisque c’est elle qui est attendue. Ca fait finalement deux raisons : la pensée de masse, et la stigmatisation de ceux qui n’y ont pas accès, de pétocher un max dans les collèges et lycées. Il est alors à noter que les premiers concernés réclament de l’ordre, un ordre qui est à l’origine même d’une impossibilité à entrouvrir d’autres horizons. C’est là où le talent, au quotidien, des enseignants, peut permettre une ouverture. J’imagine que parfois il doit falloir se faire violence.

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 23h07 le 07/03/2010
    • Internaute 61755

    bon ok, j’enseigne en auvergne...je suis donc peu confronté à des phénomènes de violences comme en région parisienne. et d’un.

    cependant, la demande « sécuritaire » des mioches m’apparaît être dictée par un discours ambiant. et de deux.

    de plus, il m’arrive parfois - souvent - être confronté à des actes d’incivilité, d’ailleurs plus hors classe, dans les couloirs par exemple, j’essaie d’intervenir, quitte parfois à passer pour un vieux con. et de trois.

    en outre, il m’arrive de prendre quelque liberté avec mon sacrosaint « programme », n’en déplaise à ma hiérarchie. et de quatre.

    enfin, il me semble qu’un enseignant a un rôle éducatif en sortant les élèves du carcan de cette course à l’échalote de la poursuite au diplôme. et de cinq.

    je sais, je suis naze. mais demain, à 8 heures, je serai là, devant 30 kids, sans peur au ventre dans mon lycée pro, loin des foireux qui donnent des leçons à pas cher genre immigration sauvage - puisqu’ils s’auto-censurent afin de ne pas se faire virer de rue 89 (« immigration des sauvages » les turlupine) -

  • deprav
    deprav
    ou l'ambivalence de la (...)
    • Posté à 23h22 le 07/03/2010
    • Internaute 78140
      ou l'ambivalence de la (...)

    Quand on construit une société pourrie, on fait des écoles pourries, et on laisse pourrir.

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 00h07 le 08/03/2010
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    Ah, l’insécurité et les problèmes des banlieues en période d’élection...
    On se demande même s’il ne faudrait pas supprimer les élections pour rendre les banlieues plus vivables…

  • lancetre
    • Posté à 00h16 le 08/03/2010
    • Internaute 18658

    J’attends avec intérêt les réactions de Nestor Romero et de Bernard Girard.

    Les deux meirieulâtres de La Rue ne peuvent, sans se couvrir de ridicule, laisser passer un tel affront.

    De quoi ? De vrais profs, et de vrais collégiens, qui s’insurgent contre leurs belles théories de docteurs en sciences de l’éducation ?

    Mais je crains fort que les deux rigolos ne restent cois...

    Merci à La Rue, peut-être grâce au César largement mérité par Isabelle Adjani, de laisser enfin entrer un peu d’air frais, qui nous change des ordinaires pédagogoleries...

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