enquete 09/11/2007 à 11h39

Médias : les petits coups de ciseaux de Bernard Arnault

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Contrairement à ce qu’il affirme, le repreneur des Echos n’hésite pas à faire pression sur les journalistes.


Bernard Arnault à la présentation des résultats de LVMH en 2006 (Benoît Tessier/Reuters).

L’interview de Bernard Arnault sur RTL, « ça nous a fait hurler ! », relate une journaliste de La Tribune. Même s’il décroche rarement lui-même son téléphone, ses collaborateurs n’hésitent pas à faire pression sur des journalistes ou à sucrer des budgets publicitaires. Voire à caviarder ou trapper des articles, comme c’est arrivé plusieurs fois à La Tribune.

Le patron de LVMH a pourtant affirmé jeudi matin sur RTL que pendant les quinze années où il a possédé le titre, les journalistes du quotidien « ont été parfaitement libres » vis-à-vis des pouvoirs économiques et politiques :

Bernard Arnault, 58 ans, contrôle LVMH, leader mondial du luxe avec 64 marques de mode ou d’alcool. Il est le deuxième actionnaire de Carrefour, numéro 2 planétaire de la grande distribution (9,1% du capital avec le fonds américain Colony Capital). Le conseil d’administration de son groupe comprend notamment Arnaud Lagardère et Albert Frère, premier actionnaire privé de Total, de Suez et de Lafarge.

Quant au directeur général de LVMH, Nicolas Bazire, il fut directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon et est resté très proche de Nicolas Sarkozy... dont Bernard Arnault a été le témoin de mariage. Et comme dans tout bon western, le milliardaire a un ennemi juré : François Pinault, le fondateur du groupe PPR.

Articles réécrits, titres adoucis, crises de colère et coups de fil après parution...

Ce décor étant posé, peut-on considérer que « le fait que les journalistes soient indépendants (...), c’est une évidence », comme il l’affirme ? Ce n’est pas évident du tout, non. En témoignent les nombreuses grèves et motions de défiance des journalistes, sur lesquelles Arnault n’a pas été invité à s’exprimer sur RTL. Pendant ces quinze dernières années, des articles sur des sociétés d’Arnault, de ses amis ou de son ennemi ont été allègrement réécrits. Et parmi ceux qui ont passé ce filtre, certains ont suscité l’ire de l’actionnaire.

Au milieu des années 90, un entrefilet un peu critique sur un livre signé Nicolas Sarkozy et un papier racontant les malheurs des petits actionnaires d’Eurotunnel ont mis Bernard Arnault dans une rage folle. Il a pris son téléphone pour dire à un dirigeant tout le mal qu’il pensait de ces parutions.

Les répercussions de la crise asiatique de 1997 sur LVMH sont aussi l’occasion de quelques réécritures d’articles, « aux titres et contenus modifiés » par la rédaction en chef. C’est l’époque où Philippe Mudry, le directeur de la rédaction, explique que « l’intérêt de l’actionnaire ne doit pas être remis en cause par un journal qu’il contrôle ». Celui-ci, continue-t-il, a « le droit d’intervenir sur le traitement de l’information (...), même au détriment du lecteur » (cité dans Libération du 16 mai 1998).

Caviardés, les « adieux » de Jospin deviennent « sans grandeur »

Fin des années 90. Bernard Arnault s’aventure sur Internet, à travers sa filiale Europ@web. Pas toujours très heureusement. Ainsi, sa banque en ligne Zebank est un cuisant échec. La Tribune publie plusieurs papiers sur le sujet. Certains sont réécrits, d’autres non. Quand le journaliste Grégoire Pinson écrit un papier assez insolent -« C’est au tour de Bernard Arnault de se prendre les pieds dans le tapis », pouvait-on y lire-, il est convoqué par son directeur de la rédaction.

« C’était un peu provoquant, je dois le reconnaître. Mon papier a été entièrement caviardé, c’est devenu de l’eau tiède », se souvient celui qui présidait à l’époque la société des journalistes. En 1999, un reportage très flagorneur sur la tour LVMH de New York provoque une grève à la rédaction.

Les pages politiques font partie des « rubriques sensibles », selon un des six directeurs de la rédaction qui se sont succédé sous Arnault. Le 21 avril 2002, le rédacteur en chef du service politique signe le papier sur les adieux de Lionel Jospin. « J’ai écrit qu’il se retirait de la vie politique, et la direction de la rédaction a rajouté “mais sans grandeur”. C’est paru comme ça. »

En septembre 2006, un sondage commandé par le journal et prévu en une est amputé de son principal résultat : selon les sondés, Ségolène Royal était plus crédible en matière de politique économique que Nicolas Sarkozy. L’actuel directeur de la rédaction, François-Xavier Pietri, a assumé seul ce coup de ciseau. Les journalistes dénoncent ainsi une campagne unilatéralement sarkozyste, « mais totalement gratuite, sans se donner la peine de justifier cet engagement par des arguments économiques ».

DGM Conseil, une agence de com « qui demande la tête de certains journalistes »

Autre secteur difficile à couvrir dans La Tribune, les heurs et malheurs des gros poissons du « big business ». Outre les liens de LVMH avec les autres par conseils d’administration interposés, DGM Conseil, l’agence de communication qui travaille pour Bernard Arnault, est aussi celle d’une trentaine de groupes sur les quarante du CAC.

Tous nos interlocuteurs lui prêtent donc une influence décisive sur le contenu rédactionnel du journal, et affirment que DGM a « demandé la tête de certains journalistes ». « On m’a déjà accusée de m’acharner sur Suez », relate une journaliste. « Le rôle de DGM est fondamental, mais c’est pareil dans toute la presse économique, et c’est la même chose avec Image 7 », le grand concurrent de DGM. « Off the record », les concernés nient tout interventionisme.

Dans les pages consacrées aux affaires, le sujet le plus sensible est évidemment PPR, le groupe de François Pinault. Exemple, dans le journal du 10 mars 2006, un article devait paraître sous ce titre : « Le luxe donne du lustre aux résultats de PPR ». Finalement, les lecteurs n’ont lu que « Les résultats contrastés de PPR peinent à convaincre ». « Il a été entièrement caviardé et repris sur tous les points importants », relate un journaliste qui couvrait le luxe à La Tribune.

La couverture des affaires de François Pinault est très tendancieuse dans La Tribune. Parfois jusqu’au ridicule, comme dans cet éditorial du mois de janvier, où Pinault est qualifié de « raider » et de « flibustier à l’affût de bons coups ». Comme si ce n’était pas aussi le cas de Bernard Arnault !

Yvan Levaï : « Bernard Arnault m’est apparu comme un prince éclairé »

Seul ancien directeur de La Tribune à accepter de s’exprimer publiquement, Yvan Levaï n’a pas constaté de pressions ou d’interventionnisme de la part de l’actionnaire :

« Dans la presse, les propriétaires, ce sont des princes. Aujourd’hui, il n’y a plus de séparation entre les finances et les rédactions. Les journaux n’ont donc plus qu’à rêver d’avoir des princes éclairés. Bernard Arnault m’est apparu comme ça. »

Selon Levaï, « la vraie puissance de Bernard Arnault dans la presse, c’est qu’il est un grand annonceur publicitaire ».

En 2006, LVMH a acheté pour 186 millions d’euros bruts d’espaces publicitaires dans les médias, en hausse de 20% par rapport à 2005. Les deux tiers de ce budget vont à la presse écrite, particulièrement magazine. La pub étant la principale source de financement de la presse écrite, tous les titres sont sujets à pression. Surtout ceux qui ont des pages ou des suppléments « conso » (considérés comme des « aspirateurs à pub ») : Le Figaro et ses satellites, L’Express, le Nouvel Observateur... Dans la presse féminine, le phénomène est général. Le Point, qui appartient à François Pinault, est boycotté par les marques LVMH.

L’échange « pages de publicité » contre « articles flatteurs », un classique

Comme d’autres, Le Nouvel Obs s’est déjà fait sucrer des budgets publicitaires pour des articles n’ayant pas plu au milliardaire (lire cette brève de Stratégies). « Mais c’est leur droit de sucrer la pub, ils attendent un retour sur investissement », considère Marie-Pierre Lannelongue, responsable des pages conso du magazine, en évoquant l’ensemble des groupes qui achètent de la pub :

« On n’est pas au pays de Oui-Oui, la pub est très importante. Mais c’est vrai que c’est plus tendu qu’il y a quelques années. Ce qui ne veut pas dire que la presse est aux ordres des annonceurs. »

Voire. Dans ce domaine, le « retour sur investissement », c’est le nombre de citations gracieuses des marques dans les articles par rapport aux pubs payés. Depuis dix ans, des logiciels permettent de faire la relation entre les deux. « Bernard Arnault est sensible au moindre détail », raconte un journaliste qui suit le secteur du luxe dans un journal où LVMH annonce abondamment. « Tout a de l’importance pour lui. Si la photo du sac Vuitton est plus petite que celle du Gucci, ça se passe mal. » Coups de fil à la rédaction, ou au service publicité.

LVMH n’est pas le seul groupe à utiliser ce genre de logiciel, mais il est leader du secteur du luxe. « Un pas irrémédiable a été franchi : ces groupes se sentent chez eux. Aujourd’hui, on oublie que s’ils font de la pub dans les journaux, c’est qu’ils en ont besoin. » C’est sans doute pour cette raison que l’éditorial très critique consacré en 1999 par Elle (groupe Lagardère) à la fameuse collection « Clochards » du créateur John Galliano pour Dior (la marque chouchoute de Bernard Arnault) n’a finalement pas suscité de sanction, après négociations.

Ces « interventions permanentes » provoquent donc « une autocensure à peu près générale », selon ce spécialiste du luxe. Un autre journaliste chargé du secteur n’hésite pas à le dire : « Il y a toujours une tension quand on écrit sur LVMH. »

A La Tribune, « confrères et lecteurs pensent qu’on a une ligne directe avec lui »

A La Tribune, les journalistes « de base » n’ont pas le souvenir d’interventions directes de Bernard Arnault sur le contenu rédactionnel. « D’ailleurs, on ne sait pas comment il est en vrai, il n’est jamais venu », s’amuse un ancien. Ils rappellent que derrière ces cas de caviardage, de nombreux articles sont passés librement, y compris sur LVMH, que leur journal a signé de beaux scoops pendant le règne d’Arnault. Et que le plus grave pour eux, c’est la perte de crédibilité auprès des confrères et des lecteurs, qui « s’imaginent qu’on a une ligne directe avec Bernard et qu’il nous file des infos ».

Pour le rédacteur en chef de La Tribune en charge de l’international, Daniel Vigneron, présent depuis la fondation du journal, le bilan de Bernard Arnault comme propriétaire tient surtout à une chose : « Il a réussi la parité francs/euros : de 17 millions de francs de pertes annuelles à son arrivée, on est passé à 17 millions d’euros. »

Côté contenu, « le plus lancinant pendant ces quinze années, c’était le sentiment évident que Bernard Arnault a choisi ses dirigeants en fonction de leur docilité, et pas de leurs compétences. » Les journalistes des Echos ont obtenu des garanties en ce sens, que Nicolas Bazire, le bras droit d’Arnault, qualifiait dans Le Figaro de « meilleur système d’indépendance au monde ».

Mais Bernard Arnault considérait déjà les journalistes de La Tribune comme « évidemment » indépendants, puisque ça « fait partie du fond de commerce »... Peut-être ignorait-il tous ces cas de censure ou d’autocensure. S’agirait-il d’un problème « d’incompétence », comme pour son ami Arnaud Lagardère dans l’affaire du délit d’initiés présumé chez Airbus-EADS, qui ne savait pas ce qu’il se passait dans ses usines ?

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  • Anonyme

    lecteur depuis les débuts de Rue89, je crois en avoir fait le tour.
    Je vous laisse.

    • Anonyme

      bon vent !

      • Alice77
        • Posté à 12h57 le 12/11/2007
        • Internaute 11594

        Faites un ECHOS89 !

         
        • Anonyme répond à Alice77

          apparemment ça a déjà commencé. A peine l’annonce du rachat officialisée, les réactions des journalistes des echos ont été vives, et encore plus quand Arnaud s’est attaqué sur RTL à leur intégrité, et au fait qu’ils se laisseraient manipuler par la direction de leur journal. Furieux, les journalistes ont naturellement voulu répondre, afficher leur dignité et ne pas se laisser humilier, si vite et de la sorte par ce grand, gigantesque patron convoitant la presse. Que nenni ! une lettre ouverte a monsieur lvmh, apres pourtant deux jours de greve, a été purement censurée.
          Bonne chance

        1 autres commentaires
    • elliot54
      elliot54
      sarkophobe nauséeux
      • Posté à 14h03 le 09/11/2007
      • Internaute 16325
        sarkophobe nauséeux

      Bien le bonjour par là.

      Vous avez raison de cesser de lutter contre votre nature.
      Et puis, au fond, on préfère rester entre nous.

    • Anonyme

      C’est vrai que bon, on n’apprend pas grand chose, dans cette article. Comment, alors, s’émouvoir et s’alarmer d’une telle censure ?

      Au fait, ma révolution de l’info me permet surtout de jauger le pitoyable niveau de français de la plupart des commentaires. Et les échanges quotidiens de ping-pong Sarkozy/internautes m’amusaient au début, m’agacent désormais. Quid des « experts » que la manchette nous présente ?
      Les articles culturels sont sympas, mais au regard des mêmes commentaires, ils n’ont pas l’air d’apporter quoi que soit de neuf. Je me demande comment rue89 va continuer sa révolution de l’info ; comment elle va tirer son épingle du jeu.

      Merci quand même. On repassera.

      • Anonyme

        J’ai écris ce commentaire un peu vite (comme beaucoup). Je reviens dessus. Pour les experts, je comprends qu’il peut qualifier, par exemple, un cinéaste qui parle de son boulot. Pour d’autres articles en marge de l’info à sensation, et outre la culture, il y a de bonnes choses à apprendre, c’est sûr. Mais pour le reste, je garde mon point de vue. J’aimerais comprendre ce que signifie « votre révolution de l’info ».

         
        • Alice77
          • Posté à 12h51 le 12/11/2007
          • Internaute 11594

          J’ai écrit. Faites attention « ca », le correcteur orthographique de Word ne corrige pas tout... Restez chez vous. On s’en fout de votre opinion, sur rue 89, on y est bien. Tiens, je suis bonne fille, allez donc lire « Changer la société » de Bruno Latour. Et revenez. Nos conversations seront édifiantes. En voilà un livre culturel absolument nécessaire. Dont vous n’entendrez parler que presque nulle part.

        1 autres commentaires
      • domino78
        • Posté à 18h49 le 09/11/2007
        • Internaute 14379

        Quand on se permet d’écrire : « Au fait, ma révolution de l’info me permet surtout de jauger le pitoyable niveau de français de la plupart des commentaires », il faut montrer le bon exemple et ne pas écrire : « C’est vrai que bon, on n’apprend pas grand chose, dans cette article. ».

        Chez moi, en France, le mot « article » est masculin et on écrit « cet article ».

         
        • Anonyme répond à domino78

          Ouarf !

        • Anonyme répond à domino78

          ya combien de commentaires qui corrige les fôtes d’autres commentaires ? vous avez rien d’autre à foutre ?

          • Alice77
            • Posté à 12h53 le 12/11/2007
            • Internaute 11594

            Et puis tu peux nous la jouer oh ! vous, l’élite de gauche. Bichon, on la connait par coeur ! Retournez à la fac !

        • Anonyme répond à domino78

          gnagnagna « quand on se permet d’écrire », complètement naze domino ! l’info sur rue89 c’est pas trop mal, mais les commentaires, c’est une catastrophe. J’ai pas allé à l’école moi, mes parents y z avez pas de thunes, sale bourge !

        • Anonyme répond à domino78

          chez toi en France, dans le 78 en tout cas, c’est con ce que tu dis domino !

        • Anonyme répond à domino78

          Oui, bien vu, merci. J’avais d’ailleurs aussi oublié de parler du sarcasme des commentaires.

          Bonne journée !

        6 autres commentaires
      • Anonyme

        Preuve d’une conscience critique admirable, et d’un esprit apte à former spontanément une opinion personnelle précise et indépendante d’influence. Mais sans aucun rapport avec le sujet de l’article ; ou quand l’on se rabat sur le premier article venu pour se défier de rue89 qui a pourtant le mérite, inestimable actuemmement pour un média français, d’être libre de pressions politiques et commerciales, contrairement au journal dont il est question dans cet article. Il me semble que beaucoup repprochent à ce blog d’être aligné plutôt, hein, mais bon, c’est pas sûr, vers la gauche (serait-ce possible ? nooon...), en oubliant qu’un média n’a pas vocation à être objectif, mais à fournir une information de qualité, ce qui ne peut pas être altéré par le fait de porter un jugement sur cette même information. D’ailleurs, les médias de droite, ce n’est pas ce qui manque...

         
        • Anonyme

          Pas de faute de français dans ce commentaire, mais une faute de frappe assez énorme : « actuellement », je crois que c’est mieux. Dans un contexte où la qualité de l’écrit est aussi important, il vaut mieux que je m’en excuse moi-même, qu’en pensez-vous ? ^^ (A ne pas noter)

        • Alice77
          • Posté à 12h55 le 12/11/2007
          • Internaute 11594

          Non mais vous vous prenez pour Pinochet ou quoi ! C’est pas de notre faute si ici, c’est plus ouvert et rigolo qu’ailleurs. allez réformer le Figaro et Paris-Match, si vous vous y ennuyez. On a encore le droit d’être à gauche, petite chose pleurarde !

        • Anonyme

          le canard enchainé a sortit son dossier sur le sujet il est édifiant...pour 5.35€ nous y trouvons tout et particulièrement les chiffres financiers de certains journaux et ce que représentent les grands budgets pub pour l’indépendance des journalistes. nous sommes loin de prendre l’exemple Anglais et ses trusties...

        3 autres commentaires
    • Marc
      • Posté à 15h16 le 09/11/2007
      • Internaute 5828

      ben oui comment peut on encore s’étonner qu’il puisse y avoir une ou deux pressions sur les journalistes d’une rédaction... quand on regarde la « petite » listes des invités de sarko au soir du 6 mai... on compte très peu de gens avec un peu d’argent et de pouvoir :

      le diner de con au Fouquet’s –>
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      • pablico
        pablico répond à Marc
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 18h38 le 09/11/2007
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        l’information c’est très important, ça nous donne un vecteur de pensée, en ce moment c’est le pétrole, l’économie, l’écologie.
        A un moment cela a été le terrorisme et l’entrée en guerre.
        On nous ’manipule’ sans qu’on s’aperçoive, on nous guide dans nos choix, vers une pensée ’bien pensante’, en un mot on suit l’effet de mode des informations.
        Est-ce bien ? ? Cela a toujours été comme cela, mais ce n’est pas une raison pour l’accepter
        au fait les instituts de sondages sont tenus par les memes gens.. c’est dire que si l’on veut nous ballader dans le brouillard, c’est facile à faire.

      • Anonyme répond à Marc

        Les journalistes de La tribune ne sont pas tous des anges, loin s’en faut ! que leur patron leur dise son opinion de temps en temps rien de plus normal. Apreès tout c’est lui qui les paie, non ? ? pas les lecteurs il n’y en a pas assez !

      • Anonyme répond à Marc

        je m’étonne encore une fois de ce que dans la liste d’invités publiée partout , les Sarrau soient qualifiés seulement de « meilleurs amis », le fameux Xavier, qui d’ailleurs traine une belle casserole, est avocat aux barreaux de Paris et Genève, il porte une grosse mallette d’actions Decaux, et il possède une Société à Monaco ...
        la Suisse et Monaco ? ? ? ? des paradis fiscaux peut être ? ? ?

    • Anonyme

      merci d’avoir laissé la porte ouverte, je vous suis.
      la vie est trop courte pour s’ennuyer.

    • Anonyme

      Kénavo ! ! ! ;)))

    • Anonyme

      evidemment c’est triste, c’est ennuyeux.
      Evidemment tous les 3 jours le même genre de constatation et d’article.
      Oui, c’est un peu « ragots sur sarko et ses amis ». Mais la plupart des dits « ragots »
      sont des faits, et une partie importante sont révélateurs.

      Et heureusement que ça existe.

      Pour ceux qui veulent plus d’égalité, de fraternité, et moins d’arrogance des puissances de l’argent,
      ces articles ne nous lassent pas.

      Le journalisme consiste à informer et pas à distraire, pour que l’opinion se construise
      correctement, solidement.

      Je continue donc à apprécie rue89.

      Marc44

      • Anonyme

        de l’uniformité nait l’ennui...

        rue89 regarde le nombril, un peu comme ces films chiants et bavards français.

        plein d’autres choses dans le monde mais là-dessus silence (complice ou impuissant).

        Palestine, Gaza –> rien
        Que s’est-il passé en Syrie ? rien
        Georgie –> une photo
        amérique latine ? ça existe ?
        « droit de suite » ? ? suite de quoi ?
        un livre à critiquer depuis le 26 septembre, des promesses non tenues...
        des films en pagaille passés sous silence « dans la vallée d’Elah » de Haggis, « la commune » de Peter Watkins...

        non ! ce qui les intéresse c’est la critique, la démolition systématique, le people, le partiel et le partial, l’anecdotique, le détail, le superficiel.

        bien sûr ils répondront : allez voir ailleurs ! juste !
        je vais tellement voir ailleurs que je suis ici de moins en moins... et je constate que d’autres en font autant ! ça ne me réjouis pas en fait c’était prévisible.
        dommage.

         
        • Anonyme

          La Commune de Watkins ? Mais ca fait 10 ans que c’est sorti, ca, non ?

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Nanard il a une belle maison
        il est sympa et pas arrogant comme sa meuf
        sa piscine se souleve pour permettre aux petits d’avoir pied
        c’etait ma contribution pour rue89
        Nanard a Saint Tropez

    • Anonyme

      à CA du 09/11/07 - 13 h. 34 - Le tour de quoi ? Suzb.

    • Alice77
      • Posté à 12h44 le 12/11/2007
      • Internaute 11594

      Super ! T’as raison, tu vas ailleurs. Mais tu vas te faire chier ! Et tu reviendras, on est bien plus intéressant que les autres. Un bon psychologue sait que les mots, quelque part , ne veulent rien dire. L’acte compte. Il fallait nous laisser sans le dire. Là on y aurait cru, comme vous avez la flemme de contester point par point le papier sur les Echos, vous lâchez un je vous laisse qui n’engage que vous, et personne puisque vous n’avez même pas de pseudo.

  • Anonyme

    Rooooo
    Mais qu’on laisse tranquille ces pauvres milliardaires !

    Enfin quoi, ça suffit ces soupcons d’interférence finance-rédaction de l’info.

    Et puis quoi ? On ne voudrait quand même pas éveiller un tant soi peu la méfiance des lecteurs(trices) de ces fabuleux journaux à l’indépendance mondialement reconnue ?
     : -)

    Outre l’ironnie, pour faire une référence au livre 1984, je drais que
    - le mensonge, c’est la vérité
    - la liberté, c’est l’esclavage
    - en fait : plus c’est gros, plus ça passe !

    Zut à la fin !

    • k_reno
      k_reno
      Voyageur
      • Posté à 15h11 le 09/11/2007
      • Internaute 15813
        Voyageur

      Peu de lecteurs de la presse économique y cherchent des contenus subversifs. Il me semble qu’un grand nombre de communiqués de presse des entreprises y sont reproduits à peu près en l’état, et cela doit répondre au moins partiellement à une demande des lecteurs.

      Pour répondre aux détracteurs de Rue89 (premier post), effectivement, il est difficile d’apprécier le contenu éditorial des deux types de presse à la même valeur !

      A la décharge de la presse économique française, si on la compare avec le Royaume Uni par exemple, elle semble moins afficher de parti pris néo-libéral. Mais les arrières pensées ne sont peut-être pas si différentes.

      Pouvons-nous parler de l’objectivité du Figaro ? Ils ont aussi leurs pages économiques...

    • Anonyme

      Moi, je voudrais simplement dire un grand merci à Augustin Scalbert pour faire (simplement) son métier de journaliste !

      Force est de constater que, malheureusement, on ne trouve pas beaucoup d’articles de cette qualité en dehors de rue89.com

    • Anonyme

      on peut rajouter que :
      - le capitalisme c’est le libéralisme
      - la censure = la libre expression
      - le droit de grêve = la prise d’otages
      - le RMI = les privilèges
      M. Arnault ne fait qu’utiliser son droit à corriger les articles dans la nov-langue du moment.

      kassis01

  • Gabeuh
    Gabeuh
    Press On
    • Posté à 13h43 le 09/11/2007
    • Internaute 21247
      Press On

    Helas, la logique du « c’est celui qui a les sous qui les distribue » n’est pas prete de s’arrêter de fonctionner...

  • Anonyme

    Les princes éclairés quand bien même sont ils éclairés sont d’abord et avant tout des princes.

    Pour ma part je souhaite la République.

  • Anonyme

    sous une autre forme, mais avec le même effet on a l’air de se retrouver pour la pressse sous le regime de Napoléon III. en plus fin

  • machinchose
    • Posté à 14h07 le 09/11/2007
    • Internaute 8651

    je me permets de conseiller cet article récapitulatif tout simplement sidérant. On ne découvre presque rien, mais en lisant l’ensemble on reste abasourdi par le mouvement incessant de censure et de controle dans le petit monde du Sarko :

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  • Anonyme

    Ca ressemble furieusment au dernier Dossier du Canard sur la censure ....

    • Augustin Scalbert
      Augustin Scalbert
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h31 le 09/11/2007
        rédacteur
      • Journaliste 27
        Journaliste

      Merci, je prends votre allusion pour un compliment.

      Vous remarquerez que s’il y a des éléments en commun entre mon papier et le leur, ils sont peu nombreux et concernent les faits les plus connus -notamment grâce au Canard, qui les a sortis à l’époque. Mon article apporte de nouveaux témoignages et cas de caviardages sur ce sujet d’une actualité brûlante que, vous avez pu le constater, peu de médias ont traité sous cet angle.

      Nous reprenons des infos du Canard, le Canard reprend des infos de Rue89. Est-il vraiment mauvais que plusieurs titres traitent du même sujet en se complétant, si ça permet au public d’être mieux informé ?

  • Anonyme

    La censure de Bernard Arnault m’apparait tout à fait naturelle, même normale. Pouquoi irait-on dépenser 240 millions d’euros (même si ce n’est pas énorme dans le portefeuiile LVMH) sans que ça rapporte quelque chose. Pourquoi insister autant pour acheter Les Echos ? Pour faire de ce jounal un organe de com’ (les journalistes deviennent de facto des employés d’un groupe qu’ils analysent) massant les actionnaires, tirant sur la concurrence et avoir pour pas grand chose une équipe d’analyse à la source fondamentale pour le groupe. Evident, what else ? .
    Ce qui pose question, l’énormité de la chose, l’incroyable scandale, c’est que ce rachat soit légal. Point barre.
    François Pinault, le concurrent juré, est bien silencieux ! ! ! !

    • pablico
      pablico
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h44 le 09/11/2007
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      sous Napoléon IIi la presse marchait un peu comme ca !

  • Anonyme

    Tous les journaux et magazines cités dans l’article s’adressent à des bourges qui se croient intelligents.
    S’ils se font duper par Arnaud et sa bande, qu’est-ce qu’on en a à f...

    • Anonyme

      Le problème c qu’une bonne partie de la population se crois être des bourges ( en comptant la petite minorité qui est est vraiment) et je vous le dit ce genre de pratiques ne se limite pas aux Echos, c’est quasiment toute la presse écrite qui est sous influence, ne parlons même pas de la presse audiovisuelle, c encore pire.

  • Anonyme

    excellent cet article
    où l’on découvre que malgré tout ce que certains disent, les journalistes ne sont pas tous indépendants... Et cela ne semble pa près de s’arranger
    Lien

    • Anonyme

      Cher Goubelle, imaginer que les journalistes soient indépendants est assez, disons, euh, infantile. Ce sont les titres auxquels ils collaborent qui le sont, ou pas. les jounalistes travaillent, ont des patrons (de presse) directs, et des lignes éditoriales. La presse c’est de l’opinion et rien d’autre. Les journalistes sont des employés comme les autres (tout bien pesé) dans des entreprises qui devraient être ne pas être comme les autres. Le journaliste messianique, s’appelle un artiste.

  • Anonyme

    Bravo. Excellente enquête.
    Les journalistes de la Tribune ont toujours rechigné à livrer ces exemples de censure ou d’auto-censure car ils ne voulaient pas être discrédités avant d’être bradés par Bernard Arnault (qui a mis un soin sadique à casser son vieux jouet - la Tribune -, avant de s’en acheter un nouveau, Les Echos).

    Il me semble pourtant essentiel de faire connaître le vision très personnelle que sieur Arnault a de l’indépendance éditoriale.

    Par ailleurs, je ne comprends pas les commentaires injurieux des lecteurs sur l’air du « bien fait pour ces salauds de journalistes libéraux des Echos, il n’ont que ce qu’ils méritent ». Etre démocrate, c’est défendre la liberté éditoriale de tous les journaux, y compris ceux que l’on ne trouve pas bien pensants.

    • Anonyme

      Bien fait pour ces salauds, si ! ! ! !
      Tsarko gros mytho ! ! ! !

      Dire qu’il y en a qui se croient riches, ben alors qu’ils épargnent parce qu’à un moment ou à un autre, il faudra passer à la caisse, si si ! ! ! : s vous ne le saviez pas Mais il y aura un après Tsarko, et surement bien plus vite qu’on l’imagine et seuls ceux qui ont vraiment du fric pourront payer la note qui est déjà salée, en 6 mois.
      Pauvre France, on est mal barrés avec ces fachos cupides au pouvoir ! ! ! Hasta la vista ! ! !

  • Anonyme

    M. Salbert, il serait intéressant de pousser l’enquête sur les différentes influences subies par la presse française en général.
    Aborder sous un seul angle et attaquer un homme est somme toute assez facile et sans danger.
    Le vrai courage serait de s’attaquer aux influences communautaristes.

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