04/03/2010 à 12h37

Audiard aux Césars : le cinéma qui prend des risques, ça marche

Olivier De Bruyn | Journaliste


L’équipe d’« Un Prophète » à la 35e cérémonie des Césars à Paris, le 28 février (Victor Tonelli/Reuters)

Le triomphe d’« Un Prophète » à la cérémonie des Césars (neuf breloques) conclut provisoirement le parcours enchanté du film de Jacques Audiard. Ce succès interroge aussi l’économie du cinéma français. Et si l’audace et l’originalité étaient de bonnes idées financières ? Et s’il n’y avait rien à perdre en prenant des risques ?

Il était un peu gêné et on le comprend. En raflant neuf récompenses le week-end dernier lors de la cérémonie des Césars, Jacques Audiard et son « Prophète » n’ont laissé de miettes à personne.

Le sans faute d’« Un Prophète »

Et ce n’est peut-être pas fini. Après avoir flirté avec la Palme d’or en mai dernier à Cannes (il y est récompensé par le Grand prix, la médaille d’argent locale), « Un Prophète » va dimanche prochain concourir aux Oscars, catégorie « meilleur film étranger ».

Entre Cannes et Hollywood, le film a rameuté 1 250 000 de spectateurs. Un vrai succès public. Et une bonne affaire pour tous ceux qui sont associés à sa production.

Pourtant, le montage financier d’un tel film dans l’économie du cinéma français contemporain ne relève pas de l’évidence. Plusieurs handicaps :

  • un acteur principal inconnu
  • une histoire sombre
  • un scénario refusant les facilités dramatiques
  • un réalisme âpre qui ausculte la France d’aujourd’hui.

Sur le papier, selon les normes en vigueur, un tel film n’a rien pour séduire les principaux argentiers du cinéma hexagonal (en premier lieu les chaînes de télévision), soucieux avant tout de produire des comédies consensuelles et autres fictions de prestige (tendance du moment : le biopic) portées par une poignée de comédiens considérés « bankables » [rentables, ndlr].

Mais Jacques Audiard est... Jacques Audiard. Une valeur sûre du cinéma national, déjà couronné par plusieurs succès au box-office et de nombreux Césars (« Sur mes lèvres », « De battre mon cœur s’est arrêté »).

Sa notoriété, son talent et (surtout) ses succès antérieurs lui garantissent une autonomie à peu près totale. Il a le temps de bosser ses scénarios, d’affiner ses choix. Son exigence est à ce prix et on lui donne des moyens.

Mais son cas ne vaut pas généralité, le formatage reste une menace.

Les temps sont durs pour le cinéma hexagonal

Un des symptômes les plus flagrants du côté de la production ? La pénurie de premiers films et de révélations. Difficile, aujourd’hui, de se faire connaître avec des projets singuliers.

Pour aller vite, deux modèles économiques dictent leur loi. D’un côté, les grosses productions répondant aux critères télévisuels déjà cités. De l’autre, des fictions financées avec des bouts de ficelle, tentées de glisser dans l’underground pur et dur, et qui risquent au final de ne passionner qu’une poignée de spectateurs. Au centre, les films dits du « milieu », en souffrance. C’est pourtant à cet endroit que sont nichées la diversité et la richesse du cinéma français.

Heureusement, dans tous les wagons de la chaîne de production (y compris du côté des télévisions), les bonnes volontés et l’intelligence demeurent. Grâce à elles, l’indépendance n’est pas rayée du paysage. Les plus lucides (qui, en l’occurrence, sont aussi les plus audacieux) ne travaillent pas seulement à leur bonne réputation culturelle, ils réalisent aussi souvent de bonnes affaires financières.

Visages inconnus : ça marche

En recevant ses multiples prix samedi dernier, Audiard expliquait qu’une des raisons justifiant l’aventure du « Prophète » était de tourner avec de nouveaux visages. De toute évidence, ce désir rencontre celui du public.

Et ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit ces dernières années. Laurent Cantet avec « Entre les murs », Abdellatif Kechiche avec « L’Esquive » puis « La Graine et le mulet » en sont les exemples les plus flagrants. Les deux cinéastes, avec des partis pris radicaux et des visages inconnus, ont remporté les prix les plus prestigieux (Palme d’or à Cannes, Césars en rafale...). Ils ont surtout triomphé dans les salles, dépassant le million de spectateurs.

À chaque fois, des acteurs non-professionnels au premier plan, des scénarios arpentant des territoires inédits, un regard engagé sur la France... Comme Audiard, Cantet et Kechiche, succès aidant, peuvent à peu près tout se permettre. Tant mieux pour eux.

« Marre des films inoffensifs »

Mais les autres ? Un jeune cinéaste débutant se pointant avec un scénario comme « Le Prophète’’ ou “La Graine et le mulet’’ sous le bras, est à peu près certain, aujourd’hui, de rencontrer d’énormes difficultés pour mener à bien son projet.

Dans un registre voisin, Philippe Lioret avec ‘ Welcome ’ a lui aussi rappelé une évidence : audace et succès peuvent être deux bons amis. Son film sur les clandestins à Calais a réuni 1 200 000 de spectateurs. Avec lucidité, le cinéaste sait qu’il n’aurait jamais pu le tourner s’il n’avait pas triomphé au préalable avec des fictions plus consensuelles.

Il nous l’expliquait l’an passé :

‘ Je bénéficie de mes succès antérieurs. Mademoiselle ’ et ‘ Je vais bien ne t’en fais pas ’ ont très bien marché. Les gens des chaînes de télévision se disent ‘ Il a le truc, laissons faire... ’. J’en profite. Et tant que les spectateurs suivent... Évidemment, ce serait plus simple de tourner des comédies inoffensives. Mais j’en ai marre des films inoffensifs. ”

Les succès répétés des projets originaux qui squattaient cette année les nominations des Césars (“ La Journée de la jupe ” et “ Les beaux Gosses ”, quoi qu’on en pense, en font aussi partie), devraient inciter le cinéma français à prendre des risques qui, en fait, n’en sont pas. Ces films-là sont moins chers à produire que beaucoup d’autres. Et, en cas de succès, rapportent... beaucoup.

Le sacro-saint box-office en témoigne : le grand public aime fréquemment déserter les voies balisées pour arpenter les routes secondaires. Encore faudrait-il qu’on lui en offre plus souvent l’occasion.

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  • BILOU
    • Posté à 12h47 le 04/03/2010
    • Internaute 9373

    Au-delà de l’aspect consensuel, le spectateur est lassé de ce politiquement correct qui pollue tous les secteurs de notre vie.
    Ce cinéma « coup de poing », tel le Prophète ou la Journée de la Jupe, est une bouffé d’oxygène car offre une vitrine sur une réalité sociale dans laquelle les spectateurs s’identifient clairement.
    Espèrons que cela annoncera un tournant pour le cinéma français.

    • k-i
      k-i répond à BILOU
      endimanché
      • Posté à 12h46 le 05/03/2010
      • Internaute 55073
        endimanché

      Un prophète et la vision d’Audiard fils en général, est empreint de cette réduction de l’homme a ses instincts animaux. Loin d’en faire la critique ou d’y proposer une alternative (cf Le Roi de l’Evasion, Alain Guiraudie), l’auteur se repaît de la bêtise des confrontations viriles, et par ses beaux gestes cinématographiques, force notre admiration de ce qui est à l’origine de tant de malheurs.

      Son « puisque je n’ai plus rien à dire, je vais parler des sans-papiers » lors de la cérémonie montre bien que ce cynique n’aboie qu’avec la meute.

      Le seul risque que devrait prendre le cinéma, en général, c’est de transgresser cet ordre animal de la pure émotion qui a engraissé les « fils de... » qui s’en réclament, pour inventer des formes de « collectifs culturels » comme il l’a déjà fait par exemple, avec l’intermittence.

      PS : « Les films du milieu » d’Audiard et ses potes, s’ils se trouvent bien dans les budgets moyens (quoiqu’ Un Prophète est à mon avis au-dessus), sont surtout représentatifs d’un certain milieu d’auteurs reconnus mais qui ont rarement eu un succès public. Le budget médian (au-dessus et en-dessous duquel autant de films sont produits) est plutôt autour de 3 millions, soit moins de la moitié que ce que les gens du « milieu » se plaignaient d’avoir... Ah... s’ils avaient su rassembler au lieu de prêcher pour leurs pommes...

      • BILOU
        BILOU répond à k-i
        • Posté à 14h04 le 05/03/2010
        • Internaute 9373

        Je ne partage votre point de vue sur le cynisme d’Audiard. Il sait mettre en scène une certaine réalité sans fard, il retranscript ce qu’il voit et ressent.
        Pour ma part, dans « Le Prophète », j’ai retrouvé l’atmosphère oppressante et les règles de survies de la prison telles que décrites lors de procès auxquels j’ai assisté.
        .
        La plupart de ses films sont caractérisés par une vision du monde et de la vie empreinte d’une certaine noirceur magnifiant les personnages.
        .
        Au-delà de la simple claque, Audiard répond à une attente que bon nombre de cinéastes refuse de voir. Ces derniers s’attachent à ce qui est consensuel, lisse afin de pouvoir « vendre » leur oeuvre aux autres médias.

  • GanLanShu
    GanLanShu
    http://shodavid.blog.lemonde.fr/
    • Posté à 12h51 le 04/03/2010
    • Internaute 10692
      http://shodavid.blog.lemonde.fr/

    ’Un prophète’ est un grand film, tout comme ’De battre mon coeur s’est arrêté’ l’était... Tout y est et on ne va pas refaire ici ce que de nombreuses critiques ont déjà relevé puisque... tout y est. En revanche, on peut regretter qu’à l’occasion d’un tel cru ’Un prophète’ ait jeté une telle ombre sur le reste de la production de l’année. Cannes et (fingers crossed) Hollywood, c’est déjà un beau carton ! Une place de choix pour le magnifique Welcome de Philippe Lioret aurait été un juste et sérieux bol d’air dans l’avalanche des récompenses carcérales...

  • ElTitouBolivar
    ElTitouBolivar
    InsomniaK
    • Posté à 12h56 le 04/03/2010
    • Internaute 53845
      InsomniaK

    « Et s’il n’y avait rien à perdre en prenant des risques ? »... Et s’il n’y avait rien à perdre à faire autre chose que de la soupe insipide ? C’est peut-être la question que devrait se poser le « cinéma français »... Bravo au Prophète pour oser montrer le chemin...

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 12h57 le 04/03/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    « Et s’il n’y avait rien à perdre en prenant des risques ? »
    C’est quand on ne prend pas de risque qu’il n’y a rien à perdre. Quand on en prend, par contre, on a tout à gagner : -)

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 13h42 le 04/03/2010
    • Internaute 97720
      intello

    QQ peut dire ?
    les chapeaux pourquoi ? ? ? je n’ai pas encore vu le film

    • jpouille
      jpouille répond à alice91
      Fils du vent
      • Posté à 11h07 le 05/03/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      Vous devriez aller le voir, c’est une merveille.

  • Richard Glion
    Richard Glion
    Branleur de combat
    • Posté à 13h42 le 04/03/2010
    • Internaute 97671
      Branleur de combat

    Ce bon film (sans être excellent, il contient son lot d’imperfection a commencer par l’aspect ’prophète’ purement gratuit et racoleur) a peut être plu pour avoir su reprendre les codes de films de gangster, mais avec un personnage qui ressemble beaucoup au stéréotype issu de la culture intramuros, du gavroche moderne paumé mais débrouillard. Bref un genre classique repeint aux couleurs et phantasmes d’une certain ’élite’ culturelle de notre temps, ce qui en soit vaut le coup d’œil d’autant plus que c’est bien fait, mais on est loin d’une véritable prise de risque.

    Le fait que l’on attribue l’adjectif réaliste (pourtant quand j’entends parler de prison en France, j’entends parler de cellules surpeuplées, phénomène absent du film, mais je n’ai jamais entendu parler de directeur de prison au service de la mafia) me semble être le point le plus problématique, car il montre une certaine confusion entre ce qui est de la pure fiction et la réalité d’une part ; et que l’idée que s’approcher d’une réalité même fantasmée serait une qualité en soi. Manquer de prise de distance et s’en vanter...

    • Yago
      Yago répond à Richard Glion
      • Posté à 15h01 le 04/03/2010
      • Internaute 30043

      Merci !
      « Bon » sans être excellent » comme vous le dites et plutôt bon teint voire racoleur.
      J’ai le même sentiment que vous. Un prophète détonne dans la production actuelle, mais à aucun moment le film ne décolle. Sitôt vu sitôt oublié, tout y est tellement convenu. J’ai détesté l’aspect prophète et le fait que les Corses parlent corse. Ridicule.
      ça me rappelle le succès de la « Haine », même si les intentions cinématographiques ne sont pas comparables.

      • Kurz
        Kurz répond à Yago
        disco spinner
        • Posté à 10h16 le 05/03/2010
        • Internaute 39754
          disco spinner

        Tu voulais que les Corses parlent breton ? Etant de cette engeance mal aimée, je te confirme que les Corses parlent corse. Et alors les cagoulards, eux, le parlent ad nauseam.

         
        • Yago
          Yago répond à Kurz
          • Posté à 12h28 le 05/03/2010
          • Internaute 30043

          Mal aimés ? Comme tu y va fort du lonzo. Sûrement la peur des insulaires que leur sang ne se dilue vers d’autres engeances continentales. Voire mauresques en ce qui concerne ce film.

          Il m’avait semblé que le corse, même chez les encagoulés était purement liturgique, comme le latin pour la messe, et que seuls les vieux des villages le parlaient au naturel.
          Ma foi si vous le dites. Je ne suis pas diplômé de l’université de Corte mention droit et maquis et ne fréquente pas les parloirs.
          Mon seul défaut est d’habiter Marseille, la première ville corse de France. Je suis un colonisé en somme. Mais je ne vais pas embrayer sur les querelles de clocher.

    • jpouille
      jpouille répond à Richard Glion
      Fils du vent
      • Posté à 11h09 le 05/03/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      C’est bien.... va voir Amrican pie jeune....et n’oublie pas de ranger ta chambre.

      • Richard Glion
        Richard Glion répond à jpouille
        Branleur de combat
        • Posté à 10h23 le 07/03/2010
        • Internaute 97671
          Branleur de combat

        C’est vrai qu’un film comme American Pie permettrait une discussion à votre niveau.
        Quand on se contente de répondre aux critiques négatives, ou aux critiques mesurées comme la mienne, par des commentaires mono-lignes avec vanne à deux balles ; on est bien placé pour prendre tout le monde de haut et faire une de ces ’leçons de culture’ si chères à nos élites mainstream.
        Vous avez beau vous draper dans une attitude suffisante et pédante, votre intolérance et votre ignorance transpirent dans chacun de vos postes.

  • Ziadinho
    Ziadinho
    Post Doc - INSERM
    • Posté à 14h19 le 04/03/2010
    • Internaute 4086
      Post Doc - INSERM

    Beaucoup de parallèles avec le film Precious visiblement. Je n’ai vu aucun des deux, mais j’ai hâte de corriger cela.

    Bravo en tout cas à ces gens, récompensés ou pas par des prix mais toujours par le public, de nous offrir quelque chose de non inoffensif et de non insipide ! !

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 14h28 le 04/03/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet

    S’il y a UN film Français que j’attends avec impatience pour 2010 c’est bien 8th Wonderland !

    Lien

  • Pouffpouff
    Pouffpouff
    En activité
    • Posté à 14h32 le 04/03/2010
    • Internaute 27937
      En activité

    Mouaiff ces prix sont donnés par les professionnels du cinéma soit 3 ou 4000 personnes. C’est pinuts par rapport aux 200 millions d’entrées en 2009 et le « Prophète » n’a pas fait 2 millions d’entrées en France.
    Quant aux Etats-Unis dès qu’un film parle de prison c’est Jack Pote assuré.

    • tweesty
      tweesty répond à Pouffpouff
      Gaucher et contrarié
      • Posté à 15h40 le 04/03/2010
      • Internaute 83901
        Gaucher et contrarié

      La question du nombre d’entrées ne peut pas entrer en compte dans l’évaluation de la qualité d’un film.
      Le nombre d’entrées est souvent une conséquence de la promo faite autour du film.
      C’est plus facile de faire la promotion d’une comédie familiale en envoyant sur le plateau des comédiens connus comme Kad Mérad ou Poelvoorde, qui en plus, sont des « bons clients » (le genre bout-en-train qui fait marrer tout le monde, qu’un film sur l’univers carcéral avec des inconnus.
      Vous pouvez être certain que n’importe quel animateur de talk show choisira la première solution. Même si le deuxième film est meilleur.

    • jpouille
      jpouille répond à Pouffpouff
      Fils du vent
      • Posté à 11h11 le 05/03/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      Vous evaluez la qualite d’un film par ses nombres d’entrees ? Whouaaaaa. Vous devriez aller bosser a TF1.

  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 15h07 le 04/03/2010
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    « le cinéma qui prend des risques, ça marche »

    mouais ! !

    J aime bien les films d Audiard (depuis « sur mes lèvres »), mais on ne peut pas vraiment dire qu il prend des risques.
    Dans la réalisation, la musique et même le scénario, j ai l impression que ca tourne en rond (de voir la même trame)

    cela étant dit, audiard a le talent pour que cela passe comme une lettre à la Poste, mais de là à dire qu il prends des risques.....

    NB : félicitation à Tahar Rahim pour sa prestation et ses 2 Césars, tout à fait mérité

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h18 le 04/03/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Pour une fois qu’un vrai film est récompensé, et pas un film de merde comme c’est la coutume, on va pas se plaindre.

    Ce qui est bien dans ce film, c’est qu’on nous casse pas les couilles avec le gentil pauvre petit prisonnier tout mignon tout innocent. Le mec c’est une belle raclure, un opportuniste, un mec qui s’emmerde pas de savoir si ce qu’il fait et bien ou mal, juste un type qui fait ce qu’il doit faire pour s’en sortir. Et putain ça fait du bien.

    Bien sur le scénar est terrible, on passe tout le film à ne pas savoir ce qui va se passer, on ne sait pas si le mec va survivre à la fin du film. Et j’étais bien content de voir un happy end... enfin happy pour moi, j’imagine que les moralistes parlent de fin triste.

    Et j’adore ce côté un peu décousu, un peu décalé, un peu perché mais jamais trop histoire qu’on puisse suivre.
    De même c’est trash mais ça ne tombe pas dans la violence gratuite, et chose exceptionnelle pour un film français on n’a pas le droit à une histoire de cul à n’en plus finir avec des femmes à poil qui n’ont rien à foutre là.

    En plus j’ai adoré le fait que la moitié du film ne soit pas en français. Surtout que je l’ai vu en VOST... enfin sous-titre en anglais, du coup ça a encore plus de gueule : D

    Des films français que j’ai vu l’année dernière, celui-là et 99F ont été ces perles qui font qu’il reste un peu d’espoir dans le désert du cinéma français.
    Parce que les autres films cités dans l’article, je refuse de les voir si je ne suis pas payé très cher pour ça.

  • le dormeur s est éveillé-
    • Posté à 15h23 le 04/03/2010
    • Internaute 102742
      Covadonga 722

    le cineaste a pris des risques ?

    ce cineaste s’appelle ?
    son heros est ?
    il est enfermé en ?
    les méchants sont tous ?
    les gentils sont tous ?
    la société est ?
    c est de la faute à ?

    la vache qu elle belle prise de risque ! ! ! ! ! !
    a tout hasard ce texte ne
    prendrait il pas les enfants du bon dieu
    pour des canards sauvages ?

    • jpouille
      jpouille répond à le dormeur s est éveillé-
      Fils du vent
      • Posté à 11h13 le 05/03/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      va voir Forest Gump man...

      • le dormeur s est éveillé-
        le dormeur s est éveillé- répond à jpouille
        Covadonga 722
        • Posté à 14h46 le 05/03/2010
        • Internaute 102742
          Covadonga 722

        boaf ,preféré full metal jacket ou né un 4 juillet

         
        • jpouille
          jpouille répond à le dormeur s est éveillé-
          Fils du vent
          • Posté à 16h39 le 05/03/2010
          • Internaute 31114
            Fils du vent

          Full metal pas le meilleur de Kubrick (les sentiers la gloire, l’un des premiers est excellent). Mais bon ca va, je prefere Platoon ou Apocalypse Now.
          ne un 4 juillet. C’est Tom Cruise, j’peux pas. Ptet dans Collateral il est OK, mais apres, c’est le personnage really.

          • le dormeur s est éveillé-
            le dormeur s est éveillé- répond à jpouille
            Covadonga 722
            • Posté à 18h23 le 05/03/2010
            • Internaute 102742
              Covadonga 722

            yep pour cruise d ac, non on parlais de la description de la société us dans forrest gump elle fait l impasse sur une mentalité
            sur une pression sociale qui a poussé des gosse us au vietnam au début et dans né le 4 juillet je trouve cela bien decris , la mere cul benie de cruise est terrifiante dans né 4 juillet , full metal plus que platoon pour moi pour montrer le « dressage » des soldats mais bon ça doit etre lié a des souvenir professionnel
            les sentiers decouvert tard ...
            un kirk douglas étonnant .....

        2 autres commentaires
  • Jose.M
    Jose.M
    étudiant
    • Posté à 15h25 le 04/03/2010
    • Internaute 65913
      étudiant

    « Un des symptômes les plus flagrants du côté de la production ? La pénurie de premiers films et de révélations. Difficile, aujourd’hui, de se faire connaître avec des projets singuliers. »

    Un peu rapide comme affirmation... Des Beaux Gosses à Espion(s), en passant par Gainsbourg ou Qu’un seul tienne et les autres survivront, j’ai pas l’impression que la production de « premiers films » soit en berne, au contraire...

    • aymthe
      aymthe répond à Jose.M
      • Posté à 01h34 le 05/03/2010
      • Internaute 32291

      Exact.
      J’avais lu un article il y a quelques années, je ne sais plus où, qui affirmait que le problème du cinéma français était, au contraire, qu’il y avait beaucoup de premiers films, mais très peu de seconds. La France produit beaucoup de films, on peut donner leur chance à des jeunes cinéastes, mais vu le nombre de sorties en salle, les « petits » premiers films ne peuvent pas tous rencontrer de succès commercial fracassant, indépendamment de leur qualité. Du coup il devient difficile de justifier la production d’un second film, meme par un cinéaste prometteur, car c’est un risque...

      edit : en fait, si on se fit au dossier récent de télérama sur le cinéma français, on apprend que c’est 43% de la production qui est constituée de premiers films...

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 15h34 le 04/03/2010
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    « Un prophète » est le meilleur produit du cinéma français depuis bien longtemps. C’est bien simple, je l’ai vu 3 fois dont 2 fois au cinéma.
    Tout, dans ce film, frôle la perfection. En particulier, le réalisme de la narration et le traitement des aspects sociaux.
    Je conseillerais bien à notre président de voir ce film s’il veut prendre le pouls d’une partie de la nation.
    Sûr que ça va le changer de « bienvenue chez les ch’tits »...

  • corsico
    corsico
    retraité
    • Posté à 16h39 le 04/03/2010
    • Internaute 52635
      retraité

    le film d’audiard s’est fait en crachant sur les corses .son metteur en scene
    marocain l’a dit explicitement dans le journal corse matin soit disant pour se venger des corses qui maltraiteraient les arabes en corse.ce qui pour l’essentiel est inexact.il suffit d’interroger les dizaines de milliers d’arabes qui vivent en corse tranquillement pour l’immense majorite d’entre eux.
    traiter de cette façon un peuple s’assimile a du racisme sans avoir la possibilite d’etre poursuivi car il n’est pas reconnu par la france (vour arret cour de cassation y afferent)
    pour les marocains je leur rappellerai qu’un certain orsoni a combattu du cote marocain pendant la guerre du rif contre les francais et est mort au combat et que l’arriere grand mere du roi du maroc etait corse

    • Atlantis
      Atlantis répond à corsico
      Etudiant apolitique
      • Posté à 01h48 le 06/03/2010
      • Internaute 39710
        Etudiant apolitique

      C’est vrai, les Corses en veulent à tous les métropolitains, pas seulement à ceux d’origine maghrébine.
      Je plaisante, rassurez vous^^

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 16h51 le 04/03/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    J’avoue que je n’ai pas regardé les Césars...^^ mais j’ai entendu parler du « Prophète » et comme le dit cet article je suis content que ce soit ce genre de films qui ait gagné. Comme quoi même d’une société bankable et aseptisée peut sortir le meilleur.
    Je plussoie ce billet. Les français commencent à en avoir marre des soirées à la star ac et autres conneries comme la ferme etc...De même pour le cinéma. Il est temps de rentrer dans l’ère des sujets de fond de société. Et prophète pose un vrai sujet de fond sur le fonctionnement pénal, sur la réintégration, sur la prison etc...Bravo.

  • Ruski
    Ruski
    Gracchus
    • Posté à 17h35 le 04/03/2010
    • Internaute 50606
      Gracchus

    « Il faut confronter des idées vagues avec des images claires. “
    Jean Luc Godard.

  • Newsmoos
    Newsmoos
    blogueur
    • Posté à 17h56 le 04/03/2010
    • Internaute 52056
      blogueur

    Samedi soir Isabelle Adjani a reçu le 5ème César de sa carrière, mais elle vieillit. Elle n’ arrive plus à retenir un texte bouleversant de 5 lignes pour remercier sa famille et le gratin cinématographique national. Elle est obligée de tout écrire sur un grand et beau papier plié en 4 dans sa robe Ferrero Rocher. Il parait aussi qu’elle sentait l’oignon : Elle en avait caché un dans son soutient gorge pour pleurer au cas où....

    newsmoos.blogspot.com

  • boland
    • Posté à 18h21 le 04/03/2010
    • Internaute 4100

    Je ne vois pas en quoi le prophète prend des risques. C’est du cinéma de bonne facture française et somme toute assez académique et vu son financement il ne prends aucun risque. Il y a beaucoup de films qui sont faist avec moins de moyen et qui eux prennent des risques mais hélas ils restent une semaine à l’affiche et sont débarqués rapidement par les exploitants, qui eux ne prennent aucun risque non plus.

    • aymthe
      aymthe répond à boland
      • Posté à 01h50 le 05/03/2010
      • Internaute 32291

      D’un point de vue financier, plus un film coûte cher, plus les risques sont grand de ne pas suivre le profil des gros succès. Or, ici, l’acteur principal est totalement inconnu, c’est un risque.

      De plus, choisir une prison comme décor, c’est un risque aussi car c’est pas exactement ce qu’on recherche quand on va au cinéma pour s’évader...

      • boland
        boland répond à aymthe
        • Posté à 21h22 le 05/03/2010
        • Internaute 4100

        Le risque n’a rien à voir avec le coût des films. Ce type de film comme le prophète est amorti avant sa sortie (avec le CNC, financement télé, MG distributeur, prévente étranger) à la différence d’un film qui est financé sur les fonds propres du producteur avec souvent la participation du réalisateur. Le risque est bien plus grand sur les petits films que sur les gros

  • raphaorama
    • Posté à 19h03 le 04/03/2010
    • Internaute 25569

    Juste une réflexion en passant :
    Je n’aurais pas qualifié un César, je veux dire le trophée, de breloque (« Le triomphe d’“ Un Prophète ” à la cérémonie des Césars (neuf breloques) conclut provisoirement le parcours enchanté du film de Jacques Audiard. »)
    Ce terme me semblant plus approprié aux « pendentifs » en tout genre...mais l’influence des Jeux Olympiques ne saurait se nier, et l’on excusera l’auteur... d’avoir confondu l’Or suprême d’une médaille avec le triomphe suprême du cinéma français !

  • Lucien_de_Rubempré
    Lucien_de_Rubempré
    Splendeur et misère des court- (...)
    • Posté à 22h07 le 04/03/2010
    • Internaute 50016
      Splendeur et misère des court- (...)

    Tant d’éloges pour cette grosse daube, cela en dit long sur l’absence d’esprit critique et de culture des spectateurs. Mais après tout cela avec le reste de l’époque.

    • jpouille
      jpouille répond à Lucien_de_Rubempré
      Fils du vent
      • Posté à 13h05 le 05/03/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      je suis sur que t’as prefre Nikita ? ou bien Avatar ? Ou bien the Hangover ? ptet que celui la fait trop reflechir ?

      • Lucien_de_Rubempré
        Lucien_de_Rubempré répond à jpouille
        Splendeur et misère des court- (...)
        • Posté à 21h58 le 05/03/2010
        • Internaute 50016
          Splendeur et misère des court- (...)

        Pas de projection svp : -) Ce que j’ai préféré est peut être hors de ta portée.

         
        • jpouille
          jpouille répond à Lucien_de_Rubempré
          Fils du vent
          • Posté à 13h34 le 06/03/2010
          • Internaute 31114
            Fils du vent

          permettez moi de douter

          • Lucien_de_Rubempré
            Lucien_de_Rubempré répond à jpouille
            Splendeur et misère des court- (...)
            • Posté à 16h25 le 06/03/2010
            • Internaute 50016
              Splendeur et misère des court- (...)

            Mais tu fais ce que tu veux mon gars, c’est ta vie, pas la mienne : -)

        2 autres commentaires
      • Atlantis
        Atlantis répond à jpouille
        Etudiant apolitique
        • Posté à 01h59 le 06/03/2010
        • Internaute 39710
          Etudiant apolitique

        Arrêtez de dénigrer les films grands publics. Hangover n’est pas un grand film, mais il arrive à faire passer un moment agréable, ce que j’ai bien du mal à faire avec le comédies françaises actuelles...

         
        • jpouille
          jpouille répond à Atlantis
          Fils du vent
          • Posté à 13h41 le 06/03/2010
          • Internaute 31114
            Fils du vent

          Il arrive surtout a endormir les masses. Personne ou si peu semble s’en apercevoir, on est en train de construire un pays d’idiots, de cretins, de neu neu. les flims grand public sont un danger, celui de rendre les gens mous du cerveau. On va vous demander de reflechir a votre boulot, pas dans votre vie privee. surement pas, on ne veut pas que vous ayez acces a des informations qui ne vous regardent pas, on ne veut pas que vous questionniez, analysiez etc...
          Voila pourquoi je n’aime pas ce genre de film grand plubic, j’ai l’impression d’etre berce par un scenarion rechauffe, des acteurs qui se ressemblent tous et..... en parlant d’identite nationale, des films grand public qui nous viennent des USA, comme tous nos programmes TV... ce qui montre tout de meme que depuis bien 30 ans, ceux qui nous envahissent ne semble pas venir d’Afrique du Nord mais d’outre Atlantique

          • Lucien_de_Rubempré
            Lucien_de_Rubempré répond à jpouille
            Splendeur et misère des court- (...)
            • Posté à 16h35 le 06/03/2010
            • Internaute 50016
              Splendeur et misère des court- (...)

            Ah bon par ce que « un prophète » n’est pas un film grand public ? évidemment, on ne peut pas demander à tout le monde d’avoir le même niveau de conscience. Arrête de te prendre pour un intellectuel parce que tu as aimé « un prophète ». Creuse, lis, regarde ce qu’à produit le cinéma depuis qu’il existe, va à des expo de peinture ou autres, et aperçois toi que ce que tu prends pour de la réflexion n’est que de la rêverie en boîte, du prêt-à-penser. Ce qui m’amuse c’est que tu à l’impression d’être « à part », alors que tu ne fais que suivre. Enfin si cela te satisfait : -) Comme je ne condamne pas les gens sur toute une vie, je me dis qu’un jour tu ouvriras peut être les yeux. Une vie c’est à la fois court et c’est aussi un long parcours initiatique. Tout vient à point en fonction de notre propre horloge individuelle (ou pas, car pour certains cela ne vient jamais). Enfin bon moi ce que j’en dis, en fait je m’en fous. Comme dit plus haut, c’est ta vie, pas la mienne : -)

            • jpouille
              jpouille répond à Lucien_de_Rubempré
              Fils du vent
              • Posté à 01h00 le 07/03/2010
              • Internaute 31114
                Fils du vent

              Ah non, vous ne m’avez pas compris, j’ai ouvert mes yeux et ptet que je naurais pas du...

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