A la Une 02/10/2011 à 22h38

Le « vrai et le plus que vrai » du reporter polonais Kapuscinski

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Ryszard Kapuscinski dans sa maison à Varsovie en 2006 (Peter Andrews/Reuters)

« Kapuscinski, le vrai et le plus que vrai » : la biographie du grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski mort en 2007, qui avait fait grand bruit lors de sa sortie en Pologne l’an dernier, vient d’être publiée en France : une enquête sur « ses petits secrets, ses petites ruses, ses petits trucages parfois », comme l’écrit le préfacier français Jan Krauze. Une vie qui se lit comme un roman, celle d’un reporter qui a parfois franchi les limites du journalisme « pour atteindre les rivages d’un autre royaume, celui de la littérature ».

(De nos archives) Pour tout journaliste rêvant de parcourir le monde, le nom de Ryszard Kapuscinski a une dimension quasi-mythique. Le mythe est aujourd’hui menacé de se fissurer avec la publication, en Pologne, d’une biographie du grand reporter mort en 2007, et que sa veuve a vainement tenté de bloquer.

Le hasard a fait que deux des livres les plus célèbres de Kapuscinski viennent d’être réédités en France par Flammarion dans de nouvelles traductions. Son légendaire « Negus », le récit de la chute en 1975 de l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié, et « Le Shah », récit de la chute d’un autre monarque despotique, cette fois en Iran en 1979. Deux superbes exemples de récits journalistiques au long cours qui ont fait rêver des générations de reporters en herbe.

Le problème est que le personnage de Ryszard Kapuscinski est aujourd’hui au cœur d’une polémique dont une partie est désormais classique à l’Est -ses liens supposés avec le régime communiste polonais et ses services de sécurité-, mais une autre plus dérangeante, portant sur les pratiques journalistiques de l’auteur.

Kapuscinski, informateur des services de renseignements

« Kapuscinski Non-Fiction », de Artur Domoslawski (traduit en français sous le titre « Kapuscinski, le vrai et le plus que vrai »), est une biographie sans complaisance, écrite par un proche de Kapuscinski, journaliste au quotidien Gazeta Wyborcza, qui a, de surcroît, eu toutes les facilités d’accès à ses archives par sa veuve. Mais celle-ci a tenté de s’opposer à sa parution en raison de l’accusation, étayée par les archives officielles polonaises, de la collaboration supposée de Ryszard Kapuscinski avec les services de renseignements de l’époque communiste.

La polémique rappelle celle qui a poursuivi l’écrivain tchèque exilé Milan Kundera après la découverte d’un document d’archives lui attribuant un rôle d’informateur épisodique des services secrets communistes alors qu’il travaillait pour l’agence officielle polonaise PAP. Comme dans le cas tchèque, la polémique divise les Polonais d’aujourd’hui.

Piotr Semka, éditorialiste du quotidien de droite Rzeczpospolita, cité dans une revue de presse traduite par Courrier international dénonce Ryszard Kapuscinski comme agent des services secrets communistes et un membre loyal du Parti, et accuse Domaslawski de faire preuve de trop grande indulgence vis-à-vis de son sujet.

Toujours selon Courrier, l’hebdomadaire Newsweek Polska est plus nuancé. Il observe que de nombreux lecteurs ne peuvent pas se souvenir des années 60, car trop jeunes :

« C’était un monde où il n’y avait pas d’alternative à la réalité communiste, où il fallait s’arranger avec le pouvoir pour survivre.

Dans ce monde, le pouvoir flirtait avec l’intelligentsia pour mieux l’aspirer, millimètre par millimètre, et pour la propulser sur son orbite à coup de privilèges, en lui faisant signer un pacte avec le diable pour contrôler son âme.

Cela dit, au nom de la vérité, il faut le dire. N’oublions rien, mais nous ne stigmatisons personne. Nos lecteurs ont le droit de connaître les faits. »

Des libertés avec la réalité

L’autre grand élément à charge retenu par le biographe de Kapuscinski est son rapport ambigu avec la réalité. Cité par le Monde, Domaslawski dit joliment :

« Je préfère placer ses œuvres les plus célèbres, comme “Le Négus” et “Le Shah”, sur l’étagère de la littérature. »

Gênant pour un journaliste, évidemment, même si, avec le recul du temps et avec le talent d’écriture de l’auteur, ses livres se lisent effectivement comme des romans ayant comme toile de fond la réalité.

Le biographe, qui est retourné sur les traces de Kapuscinski, ajoute :

« Il ne faut pas l’accuser de mensonges ou de distorsions. Il s’agit de textes dont la matière est réunie de façon journalistique, car Kapuscinski était fantastiquement informé, mais dont la fabrication repose plus sur un souci d’expérimentation, et non de précision factuelle. C’est vrai que certains de ses interlocuteurs y parlent un langage baroque que personne n’utilise. »

Un peu agent communiste, un peu bidonneur... Ryszard Kapuscinski n’est pas le modèle du journaliste baroudeur sans peur et sans reproche de sa mythologie. Cela n’enlève rien au plaisir que l’on aura à lire, ou relire, ses grands classiques, avec cette petite alerte mentale sur le fait que ce ne sont pas des livres d’histoire.

Pour la bonne bouche, un aperçu de l’écriture de Kapuscinski, dans « le Negus », premières paroles d’un ancien serviteur de l’empereur d’Ethiopie :

« C’était un chiot de race japonaise. Il s’appelait Lulu. Il avait l’autorisation de dormir dans la couche royale. Pendant les cérémonies, il s’échappait des genoux de l’empereur et allait pisser sur les souliers des dignitaires. Ces messieurs n’avaient pas le droit de sourciller ni de faire le moindre geste quand ils sentaient leurs pieds s’imbiber d’urine.

Mon rôle consistait à passer entre les courtisans au garde-à-vous et à essuyer leurs chaussures. Un chiffon de satin était affecté à cette tâche. J’ai assumé cette fonction pendant 10 ans. »

Artur Domoslawski, « Kapuscinski, le vari et le plus que vrai », traduit du polonais par Laurence Dyèvre, préface de Jan Krauze, éd. Les Arènes, 543 pp., 27€.

Photo : Ryszard Kapuscinski dans sa maison à Varsovie en 2006 (Peter Andrews/Reuters)

Article initialement publié le 02/03/2010.

  • 38534 visites
  • 71 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Pierre Haski
    Pierre Haski
    Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
    • Posté à 18h53 le 02/03/2010
      éditeur
    • Journaliste 9
      Cofondateur

    Oui bien sûr, mais tout le monde l’appelle Gazeta, et son site web aussi...

    • Pan Nowak
      Pan Nowak répond à Pierre Haski
      en Galicie
      • Posté à 19h00 le 02/03/2010
      • Internaute 85506
        en Galicie

      Desolé, vous avez raison...mais en Pologne on dit plutot gazeta wyborcza, vu que gazeta ca veut dire journal.

      Bon desolé j’arrete :)

       
      • MiP
        MiP répond à Pan Nowak
        Franco.Polonais
        • Posté à 01h26 le 03/03/2010
        • Internaute 75479
          Franco.Polonais

        Ben, ici à Varsovie, on dit tout simplement « Wyborcza “ quand on l’achète. Pas la peine de dire ‘ Gazeta , n’est ce pas ?
        Quel journal ! Dans l’édition du week end, des débats, des idées, des opinions, des gens qui s’étrillent. Mais d’habitude, ce sont plutôt les gens de la droite des frangins jumeaux qui s’amusent à sortir des infos sur les collabos de la période communiste. On a même créé un organisme pour cela ( Institut de la mémoire nationale ). Le plus célèbre d’entre eux (parmi les collabos ) étant L. Walesa lui-même ! ! ! , Enfin , d’après l’actuel Président de la République de Pologne. ( le jumeau qui reste, celui qui va être viré à l’automne )
        Curieux donc que ce soit un journaliste de GW qui sorte cette info. Ce n’est pas le genre de la maison. Sur le fond, il faut bien dire que tout ça n’interesse pas beaucoup les gens, et que, si l’on en parle, c’est pour s’étonner que l’on s’étonne ! Quoi, un journaliste de PAP, l’agence de presse gouvernementale , aurait flirté avec les services de renseignements ? ? ? Mais quelle affaire ? Et comment faisait on, pendant ces sombres années , pour obtenir un passeport, donc l’autorisation de voyager à l’étranger, si l’on n’acceptait pas des contacts avec les Services ? ? ?

        Pan Michel

        Ps : de quel coin, en Galicie ?

        • Pan Nowak
          Pan Nowak répond à MiP
          en Galicie
          • Posté à 09h30 le 03/03/2010
          • Internaute 85506
            en Galicie

          Entre Krakow et Rzeszow ;)

      2 autres commentaires
    • merrill
      merrill répond à Pierre Haski
      in situ
      • Posté à 20h11 le 02/03/2010
      • Internaute 91647
        in situ

      le débat sur Kapuściński a l’air d’être plus présent sur

      Lien

      que sur Lien qui est le site « loisirs » de Gazeta Wyborcza

       
      • Pierre Haski
        Pierre Haski répond à merrill
        Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
        • Posté à 21h54 le 02/03/2010
          éditeur
        • Journaliste 9
          Cofondateur

        N’en jetez plus, vous m’avez convaincu, je modifie...

      1 autres commentaires
  • Madani@Bouhouche
    Madani@Bouhouche
    www.dislaire.be/
    • Posté à 18h56 le 02/03/2010
    • Internaute 107208
      www.dislaire.be/

    « C’était un monde où il n’y avait pas d’alternative à la réalité communiste, où il fallait s’arranger avec le pouvoir pour survivre. »
    Tout est dit !

    La seul idéologie qui empêche ses habitants de quitter le pays !
    Chez Salazar et Franco, on ne voyait pas ça.
    Même les gauchistes pouvaient s’exiler.
    Quel bonheur !

    • contrelapenseeunique
      • Posté à 06h31 le 03/03/2010
      • Internaute 97410

      ce qui est dingue, c’est qu’il reste encore des gens, presque exclusivement en france, d’ailleurs, pour appeler ce type de régime de leurs voeux...
      et pas un seul pays communiste où ce ne fut pas la guerre, la misère, les tortures, les privations de liberté etc etc

      alors bien sur, nos communistes à nous disent toujours :
      « oui, mais là bas, ce n’était pas le v rai communisme »

      imaginez des nazis qui aujourd’hui diraient : le nazisme, c’est bcp mieux que ce que ce que les allemands en ont fait entre 33 et 45 !

      c’est terrifiant, une telle connerie !
      Et pire, aux régionales, y’en a même qui vont voter pour eux, pour les Buffet, Mélenchon, le postier et consorts !

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 09h23 le 03/03/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        « imaginez des nazis qui aujourd’hui diraient : le nazisme, c’est bcp mieux que ce que ce que les allemands en ont fait entre 33 et 45 ! »

        C’est probablement ce qui se passerait aujourd’hui s’il n’y avait pas eu (entre autres, mais de manière indispensable) des « communistes » pour les virer.

        Je ne suis pas communiste, mais tant que des gens comme vous feront l’amalgame entre l’idéologie communiste pure et dure, et les millions de gens que cette utopie faisait rêver, on laissera la part belle à l’autre forme de totalitarisme.
        Celle qui a assassiné Allende, par exemple.

      • Mikcey
        • Posté à 11h10 le 03/03/2010
        • Internaute 100537

        Qui a dit que la doctrine communiste a été appliqué dans toute sa rigueur ? Personne. L’URSS, la Chine, la RPDK, ... n’ont jamais été communiste : c’étaient des dictatures, certes qui se réclamaient du communisme ... (un peu comme Sarkozy se réclame de de Gaulle) : à part le nom, il y avait pas grand chose de communiste ...

        Et non, vous ne pourrez pas enlever de l’esprit : ce rêve, cette utopie peut-être, de mes camarades communistes et socialistes : le vrai communisme et pas des simulacres de démocratie socialiste comme les exemples que vous avez cité.

         
        • contrelapenseeunique
          • Posté à 00h26 le 06/03/2010
          • Internaute 97410

          vous apportez malheureusement de l’eau à mon moulin
          votre nostalgie romantique est de la même veine que les neo nazis qui se réunissent encore aujourdhui pour célébrer la grandeur de l’allemagne nazie, ses autoroutes, son plein emploi, son système de santé, en gommant l’horreur absolue qu’elle a engendrée
          quand un rêve n’a produit que du crime : une seule solution : en changer, car insister relève de la complicité

        2 autres commentaires
    • Tyb
      Tyb répond à Madani@Bouhouche
      (par ici, par là)
      • Posté à 10h03 le 03/03/2010
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      « Dans ce monde, le pouvoir flirtait avec l’intelligentsia pour mieux l’aspirer, millimètre par millimètre, et pour la propulser sur son orbite à coup de privilèges, en lui faisant signer un pacte avec le diable pour contrôler son âme. »

      C’est marrant parce que ce passage là décrit n’importe quel système politique, y compris et surtout nos démocraties actuelles.

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 19h06 le 02/03/2010
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    J’avoue que l’extrait du récit récit me met en bouche et qu eje suis tentée par l’indulgence...
    Et que je préfère la qualité de l’écriture, fut elle distordue, au style France-Info ! Quelques embellissements littéraires me paraissent moins graves que l’affadissement et la paresse mentale et la soumission à la com qui caractérisent une bonne partie du journalisme actuel... Après tout, il fut un temps où entre journalisme et littérature, la barrière n’était pas infranchissable, et ça a donné les plus belles plumes du journalisme. Peut-on être certains à 100% que des Kessel, par exemple, n’ont jamais enjolivé une réalité ou dramatisé leur écriture pour un effet littéraire ? et quand des écrivains décrivent la réalité sociale de leur temps comme Dickens et tant , la fiction ne nous donne-telle pas au tant de réalité que le journalisme !

    • Tchiper
      Tchiper répond à Valdo Lydeker
      Camillard
      • Posté à 23h10 le 02/03/2010
      • Internaute 66741
        Camillard

      Mise en bouche. Hum... Par rapport à l’extrait du récit, l’extrait qui suintent sur les souliers n’a rien de palpitant...
      (je taquine lol)

    • McRasta
      McRasta répond à Valdo Lydeker
      Humain
      • Posté à 02h34 le 03/03/2010
      • Internaute 71884
        Humain

      Je me retrouve de même tenté de lire « Negus », malgré les avertissements.

      Néanmoins le travail d’auteur et de journaliste me semblent totalement différents, au point d’en être incompatibles.

      Un journaliste à le devoir d’écrire ses articles avec comme contrainte première le respect de la réalité des faits et des paroles qui sont rapportés.
      Écrire l’histoire différemment, ou la présenter sous un angle volontairement subjectif relève de la malhonnêteté intellectuelle et peu entrainer des distorsions de la connaissance historique pour les non-initiés.

      Quand on voit les douces manipulation de l’information par les médias de tous temps, ainsi que leur conséquences, on ne peut être que méfiant quand aux procédés de dramatisation ou d’enjolivement, quand bien même cela nuirait à l’esthétique littéraire.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 19h14 le 02/03/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Moi, je trouve qu’il a une bobine à faire son intéressant à la fenêtre, à Rome, habillé en blanc, avec une grande canne, et à interdire la capote au monde entier...le mec !

  • np
    np
    Web citizen
    • Posté à 19h15 le 02/03/2010
    • Internaute 3037
      Web citizen

    Je trouve le titre de l’article (et le tweet @pierrehaski qui le promeut : « Kapuscinski, le mythe se lézarde. Dommage. ») un poil racoleurs, alors que le passage suivant me paraît bien illustrer le fond du sujet :

    « Gênant pour un journaliste, évidemment, même si, avec le recul du temps et avec le talent d’écriture de l’auteur, ses livres se lisent effectivement comme des romans ayant comme toile de fond la réalité. »

    On aurait bien besoin d’un peu plus de « mythes » de nos jours dans le journalisme, même lézardés ; -)

  • homeless
    homeless
    libre penseur
    • Posté à 19h40 le 02/03/2010
    • Internaute 91071
      libre penseur

    mais ou est donc le probleme, si probleme il y a ? Les pseudo « journalistes » d’aujourd’hui dont la plupart se contentent de repeter la parole officielle des autorites et se complait a fricoter avec les puissants de ce monde sans aucun esprit critique ni professionnalisme, ont-ils des lecons a donner a des personnes qui ont essaye de faire leur metier dans un contexte socio-politique qui n’a rien avoir avec la liberte dont ils jouissent aujourd’hui mais dont ils ne font aucun usage, de peur de nuire a leur petite carriere ? Allons, circulez, il n’y a rien a voir, encore une fausse polemique et de la poudre aux yeux. Que ceux qui critiquent aujourd’hui se regardent d’abord eux-memes dans la glace et s’interrogent sur leur propre pratique professionnelle. Etre a la botte des politiques et groupes financiers d’aujourd’hui est-il moins critiquable que ce qu’ils reprochent a leur defunt collegue ? Quelle honte ! Et on ose appeler cela du « journalisme » ...

    • morlar
      morlar répond à homeless
      nouvelle nuit du 4 aout
      • Posté à 19h53 le 02/03/2010
      • Internaute 40592
        nouvelle nuit du 4 aout

      je suis d’accord avec vous, qu’est ce que c’est que cette polémique ? ? de plus je n’aime pas quand on compare la collaboration avec les communistes.je m’explique : si ce journaliste renseignait les services de police de Pologne c’était avant tout des polonais ! ! les communistes étaient des polonais et non pas une armée étrangère ! !
      la stasi en Allemagne c’est la même chose c quoi cette histoire de considérer les communistes comme des envahisseur de leur propre pays ? ? les allemands étaient des envahisseurs en tant que nazis.
      Les communistes étaient chez eux ! ! comme les talibans qui sont des Afghans et non pas une armée étrangère ! ! !

      • oomu
        oomu répond à morlar
        • Posté à 19h59 le 02/03/2010
        • Internaute 24928

        pour les talibans c’est pas tout à fait aussi simple

        mais j’ai très bien compris votre point.

    • contrelapenseeunique
      • Posté à 06h37 le 03/03/2010
      • Internaute 97410

      faut quand même pas déconner
      les groupes financiers dont vous parlez, pour critiquables qu’ils soient, n’ont rien de commun avec un régime communiste qui emprisonnait, torturait, déportait ses concitoyens

      on peut critiquer les journalistes ici sans pour autant jeter tout le monde dans le même sac
      comparer la situation d’un pays communiste, donc totalitaire, avec un pays occidental est absolument impossible

      sinon pourquoi croyez vous que tant de polonais et de gens issus des dictatures communistes de l’époque soient venus chercher refuge ici ! ! !

      • homeless
        homeless répond à contrelapenseeunique
        libre penseur
        • Posté à 17h58 le 03/03/2010
        • Internaute 91071
          libre penseur

        dans ce cas, tout est permis ! Soyons serieux, vous vous trompez de debat. Il ne s’agit pas de comparer un regime totalitaire a des groupes financiers, mais de porter un jugement sur la ; pratique professionelle de journalistes, dans un contexte donne .... Et il est pour le mois choquant, du moins a mon sens, de voir ceux qui sont aujourd’hui a la botte des grands groupes financiers et/ou des politiques, donner des lecons de « professionnalisme » a certains de leurs aines .... La s’arrete la deconnade.

         
        • contrelapenseeunique
          • Posté à 00h30 le 06/03/2010
          • Internaute 97410

          de ce que vous dîtes, je n’ai rien à retirer,
          parce que cette maladie du donneur de lecons du journaliste justicier sévit depuis des lustres, et lorsqu’ils ne sont pas dans la posture du redresseur de torts, il couchent avec le pouvoir (au propre comme au figuré)
          quand ce n’est pas les 2 en même temps !
          l’époque mitterrandienne avait même poussé l’ironie jusqu’à nous faire avoir 2 journalistes des plus en vue femmes de ministre en exercice !
          népotisme absolu !
          ridicule absolu
          décridibilisation absolue

        1 autres commentaires
  • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Gros con de droite
    • Posté à 19h59 le 02/03/2010
    • Internaute 96637
      Gros con de droite

    Les Fouquier-Tinville contemporains qui sont si prompts à couper les têtes des personnages éminents et remarquables du passé devraient sonder leur propre âme et se demander quel autre sentiment que la jalousie les inspire. Procédés totalement méprisables, aussi bien pour Kundera pour Kapuscinski, et d’autres.

    Au sujet de son style de reportage exotique, nous on a BHL, il faut voir ce qu’on préfère, mais dans les deux cas, ce sont des gens qui sont allés se colleter les pouilleux sur le terrain au lieu de rester dans leur salon. Que ce qu’ils en ramènent soit un peu arrangé ne me semble pas gravissime ; après tout, on lit les écrivains-voyageurs des siècles passés avec plaisir, et ils nous informent.

    • Carlito_Gaucho-
      • Posté à 22h22 le 02/03/2010
      • Internaute 87606
        AUVERGNAT

      content de savoir que tu t’instruies via BHL

      ahahah hulk le donneur de lecon
      j’aurais du deviner d’ou tu tirais ton inspiration

      grosse tanche

    • Homere elmero
      Homere elmero répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      communiste primitif
      • Posté à 00h05 le 03/03/2010
      • Internaute 87706
        communiste primitif

      Dis-moi, tu savais que... BhL et Segogo, eh ben, enfin... bon, apres, libre a toi de penser que BhL est un « ecrivain-voyageur ». Perso il me fait davantage penser a un commis voyageur.

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 09h37 le 03/03/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      D’accord sauf sur BHL :

      Il y a un gros hic dans cette comparaison : en mettant de l’idéologie dans toutes les pages, BHL fait bien plus que romancer. Il est obnubilé par le décryptage de BHL, inspiré de la philosophie de BHL, que BHL daignera vulgariser à la TV.
      Ce n’est pas la durée ou la distance du voyage qui en fait l’exotisme, notamment quand l’objet du voyage est son propre nombril.

    • kaloria
      kaloria répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      documentaliste
      • Posté à 21h49 le 03/03/2010
      • Internaute 107433
        documentaliste

      « si prompts à couper les têtes des personnages éminents et remarquables du passé devraient sonder leur propre âme et se demander quel autre sentiment que la jalousie les inspire “ - très juste, mais aussi, si prompts à juger AUJOURD’HUI des faits et gestes situés dans le PASSE, dans ce passé sur lequel ils n’ont pas la moindre idée. Pour un historien débutant, voire pour un ambitieux sans scrupule ni éthique, il est si facile de nos jours, dans un des pays ex-satellites, de se faire un nom. Il suffit de déterrer une signature, sans se préoccuper du contexte, et de bâtir, autour de cette signature, une histoire tissée de suppositions et de jugements émis avec notre système de valeurs hic et nunc, appliqués à une réalité totalement autre. Mais c’est quoi cette prise de tête avec des détails qui n’intéressent personne. Ma démarche est a-historique et a-scientifique mais je passerai à la télé. Et mon livre se vendra bien.

  • Poilagra
    • Posté à 20h10 le 02/03/2010
    • Internaute 103441

    Pendant les cérémonies, il s’échappait des genoux de l’empereur et allait pisser sur les souliers des dignitaires. Ces messieurs n’avaient pas le droit de sourciller ni de faire le moindre geste quand ils sentaient leurs pieds s’imbiber d’urine.

    Mon rôle consistait à passer entre les courtisans au garde-à-vous et à essuyer leurs chaussures.

    Y en a qui vont encore crier à l’antisarko primaire, mais je ne peux m’empécher de transposer la scène en 2010 dans les salons de l’Elysée ! sauf que j’ai pas encore de nom pour le valet qui essuie les pompes...

    • Jean Michel Abitbol
      Jean Michel Abitbol répond à Poilagra
      Dinosaure Partouseur de Droite
      • Posté à 14h44 le 04/10/2011
      • Internaute 134333
        Dinosaure Partouseur de Droite

      Luc Châtel peut être ? C’est une vraie serpillère...

  • yooy
    yooy
    in situ
    • Posté à 20h24 le 02/03/2010
    • Internaute 86360
      in situ

    Je suis désolé, mais même en n’étant pas un fan de Kapuscinski, votre conclusion me parait bien rapide.
    « Un peu agent communiste, un peu bidonneur… Ryszard Kapuscinski n’est pas le modèle du journaliste baroudeur sans peur et sans reproche de sa mythologie. »
    Agent communiste ? Comment, un grand reporter polonais aurait eu des liens avec le régime totalitaire qui régnait alors sur toute l’Europe de l’Est. Rhôôôôô, ça alors ? Donc là on sait ce qu’on savait presque déjà, mais de là à en faire un agent....
    Bidonneur ? C’est aller un peu vite dans le débat sur l’objectivité de l’information... Kapuscinski appartient à une école d’écriture journalistique polonaise que vous connaissez sans doute, il en a le style, le type de narration. Appelez cela bidonnage c’est un peu court.

  • jack burton
    • Posté à 20h28 le 02/03/2010
    • Internaute 7040

    Sinon Hemingway était communiste et ca devait vraiment pas être facile d’écrire le couteau entre les dents.
    A ce qu’il parait, il mangeait lui aussi des enfants.

  • aumusee
    aumusee
    en direct de l'élysée Montmartre (...)
    • Posté à 20h56 le 02/03/2010
    • Internaute 6663
      en direct de l'élysée Montmartre (...)

    Qu’auraient donc fait x, y ou z dans des circonstances identiques, dans le même pays ?
    Quand on voit aujourd’hui que le patron du nouvel obs prend le même zinc que naboléon (en qualité d’invité)... : c’est ça la presse française ?
    Je préfère ce type même si je me dois d’avouer que je ne connais pas.

    • contrelapenseeunique
      • Posté à 06h41 le 03/03/2010
      • Internaute 97410

      vous êtes vraiment ringard : on peut boire un coup avec quelqu’un sans partager ses idées
      ca s’appelle le respect, surtout quand il s’agit d’élu d’un état démocratique, qu’on l’aime ou non

      c’est quoi le monde réel pour vous, la guerre de tranchée ?
      vous perdez complètement pied

      • Dudesque
        Dudesque répond à contrelapenseeunique
        généralement sur mon séant
        • Posté à 08h33 le 03/03/2010
        • Internaute 2716
          généralement sur mon séant

        J’aurais beaucoup de mal à partager un bout de zinc avec un raciste patenté, voir meme un raciste tout court
        dans ces cas le respect je me le fout au cul !
        je serais plutot dans le « touche moi pas tu m’salis ! » à l’egard de l’équipe en place, et la aussi le respect j’ai un peu de mal
        le respect ça ce merite, qu’on soit elu ou pas

  • Lemanic
    • Posté à 21h37 le 02/03/2010
    • Internaute 26767

    A-il réalisé quelques « enquêtes exclusives “ pour M6 ?

  • malpoli
    malpoli
    Homme de paille
    • Posté à 22h52 le 02/03/2010
    • Internaute 37834
      Homme de paille

    Les polémiques post-mortem me génent. C’est tellement facile : il ne peut empécher que sa veuve trop naive laisse « un proche » accéder à ses archives personnelles, il ne peut se défendre des accusations. Quel procédé dégueulasse.

  • Sakae Osugi
    Sakae Osugi
    abstentionniste réfractaire
    • Posté à 22h19 le 02/03/2010
    • Internaute 101522
      abstentionniste réfractaire

    Bof...et tous ceux qui ont émargé à la CIA de l’autre côté,on n’en fait pas tout un pataquès et on ne les fait pas chier après qu’ils soient clamsés (vivants non plus d’ailleurs...)....Kapuscinski est mort,le communisme aussi...ça rime à rien de vouloir faire dans l’épuration post-mortem,sinon à courir derrière les fantômes de nos vieux fantasmes anti-communistes primaires...a doit être une question d’époque...la sarkozyfication des esprits va laisser des séquelles à certains on dirait...quelle médiocre et triste déchéance pour l’esclave moderne...

    • contrelapenseeunique
      • Posté à 06h50 le 03/03/2010
      • Internaute 97410

      vous vous prenez certainement pour un esprit supérieur !
      très au dessus des esclaves modernes (pompierisme de la formule)
      la sarkozyfication des esprits (néologisme hilarant), dîtes-vous : mais c’est vous qui l’êtes , « sarkozyfié », en le ramenant sans arrêt sur tous les sujets
      c’est assez rigolo de lire des contributions comme la votre ! ! ! ! ! ! ! !

      par ailleurs, assertion définitive : le communisme est mort
      ah bon ! ?
      il a malheureusement encore de vieux restes : comme la Chine, dictature politique où aucun droit civil n’est respecté
      et aussi quelques ridicules pays islamo-communistes de l’ex empire soviétique, et le VietNam et tant d’autres malheureusement

      et puis nous on a encore les princes de la ringardise, no chers thuriféraires communistes : Buffet, le postier, Mélenchon
      ils se prennent tous pour Guevara (icone merdique, soit dit en passant, et assassin d’au moins 40 personnes de ses propres mains)

      bref, vous parlez pour ne rien dire

      • Sakae Osugi
        Sakae Osugi répond à contrelapenseeunique
        abstentionniste réfractaire
        • Posté à 21h01 le 03/03/2010
        • Internaute 101522
          abstentionniste réfractaire

        Tiens,ça m’aurait étonné qu’il n’y ait pas un petit haineux qui vienne troller sur ce genre de commentaire...quand à parler pour ne rien dire,ne prend pas ton cas pour une généralité,vu la teneur et le niveau de tes propos,je ne ressens aucun besoin de me sentir supérieur pour savoir que tu te situes largement sous la semelle de mes pompes.
        Ceci dit,je confirme et persiste en disant même que le jour ou les chinois seront communistes,moi je serais pape...donc vu mon dégout pour les croyances en tout genre,ce n’est pas près d’arriver...les chinois sont des impérialistes,rouges du sang qu’ils ont fait couler...quand aux cocos français,il faudrait qu’ils m’expliquent ou est le communisme dans le fait qu’Arnaud Lagardère soit actionnaire de l’Huma...pour ne citer que celui là...
        Coluche disait : le capitalisme,c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.Le communisme,c’est le contraire....

         1 autres commentaires
  • Citoyenne_lambda
    • Posté à 22h47 le 02/03/2010
    • Internaute 35943

    A portée de ma main il y a Ebène, La guerre du foot, Autoportrait d’un reporter...
    Vous aurez beau dire, vous aurez beau faire, je les garde.

    • Dudesque
      Dudesque répond à Citoyenne_lambda
      généralement sur mon séant
      • Posté à 14h16 le 03/03/2010
      • Internaute 2716
        généralement sur mon séant

      100% !
      Toujours à hauteur d’yeux dans ma biblio, aux cotés de Londres, d’Hérodote (que Kapuscinski m’a fait decouvrir !), de Thompson d’Hemingway...Je pense que c’est mon rayon favoris d’ailleurs : p
      gardons les, pretons les, offrons les, gardons les envie !

  • Aller à la page
  • 1
  • 2