a debattre 27/02/2010 à 15h15

« Vive l'inflation ! » Le FMI ose toucher à un tabou économique

Pascal Riché | Redchef Rue89

Enfin, un débat sur l’inflation ! Et porté par qui ? Par le gardien de l’othodoxie financière, le FMI lui même. Son économiste en chef, Olivier Blanchard, a osé briser un tabou il y a quelques jours en écrivant qu’après tout, viser 4% d’inflation serait plus favorable à l’économie (actuellement, les banques centrales s’efforcent de ne pas dépasser 2%). Se fixer un objectif un peu plus lâche, à lire l’article publié sous son autorité (disponible en français), permettrait aux banques centrales de se décrisper un peu. L’objectif de 2% les paralyse en effet : si elles pouvaient baisser plus rapidement leurs taux d’intérêt, elles donneraient un peu plus d’oxygène à l’économie quand celle-ci en a besoin.

On a droit, depuis la publication de cet article, à un concert de protestations en provenance des grands argentiers de la planète. « Le FMI joue avec le feu » a déclaré le patron de la Bundesbank, Axel Weber, dans une tribune au Financial Times Deutschland publiée jeudi. Ce qui est menacé, selon, lui, c’est pas moins que « la crédibilité acquise depuis des décennies par la politique monétaire » !

Ben Bernanke, le grand manitou de la Réserve fédérale, s’est lui aussi étranglé devant le congrès américain : « 4%, pourquoi pas 5%, 6%, 7% ? »

Dès qu’il s’agit de l’inflation, on touche à une vache sacrée

Je connais Olivier Blanchard, je lui avait confié une chronique dans Libération, pendant quelques années. Ce n’est pas précisément un farfelu : c’est un professeur du MIT, libéral-keynésien, profil assez classique d’économiste aux Etats-Unis.

Le problème, c’est que dès qu’il s’agit de l’inflation, on touche à une vache sacré. Le souvenir de l’hyperinflation allemande des années 20 hante encore l’Allemagne et sa banque centrale, et celui de la « stagflation » (mélange de croissance faible et de forte inflation) des années 70 est encore présent dans bien d’autres pays.

Depuis lors, pourtant, les banquiers centraux ont fait beaucoup de progrès, et savent bien mieux piloter les évolutions de la masse monétaire qu’auparavant. (Voir le graphique)

1

Pourquoi l’inflation est-elle mauvaise pour l’économie ?

La question peut paraître naïve, mais la réponse est loin d’aller de soi. Imaginez que l’on multiplie par 100 tous les prix, tous les salaires, et la masse monétaire en circulation. Ce serait une simple convention, qui n’aurait aucune incidence pour l’économie (la France avait d’ailleurs réalisé l’opération inverse en 1958, en créant le
franc « lourd »).

Mais l’inflation n’est pas une simple convention orchestrée à l’avance. C’est un phénomène avec des gagnants et des perdants, où chacun -entreprise, salarié, épargnant, fournisseur-
essaye de garder son avance. Et ce phénomène a toujours tendance à s’emballer.

Tôt ou tard, la banque
centrale ou le gouvernement doit intervenir pour stopper cet emballement, par des hausses de taux d’intérêt douloureuses pour l’économie et/ou une politique d’austérité.

Le coût principal de
l’inflation, c’est ce retour de bâton, qui fait chuter la croissance. L’autre coût, c’est la déformation de la structure des prix relatifs. Les prix évoluent les uns par rapport aux autres. Si leur évolution est imprévisible, les entreprises prennent de mauvaises décisions. Ils renoncent par exemple à des projets d’investissements qui deviennent trop risqués.


L’inflation est-elle forcément mauvaise pour les salariés ?

C’est ce que suggère le bon sens (les prix grimpent, donc mon pouvoir d’achat baisse). Historiquement, pourtant, les salariés se sortent plutôt bien des périodes d’inflation. Car leurs salaires augmentent aussi. Le partage de valeur ajoutée de l’économie, pendant les années 1970, a ainsi évolué en faveur des salaires, et au détriment du capital. C’est pendant la désinflation que ce partage s’est déformé au profit du capital. (Voir le graphique : en bleu, les salaires ; en rouge, les profits, en vert, les impôts)

3

Quels sont les gagnants de l’inflation ?

L’inflation a-t-elle des vertus ? Elle ronge les créances, et donc est crainte par les épargnants. Mais symétriquement, elle est bénie par les ménages qui empruntent à taux fixe.

Normal : si votre salaire augmente (pour suivre les prix) mais que vos mensualités ne changent pas, vous faites une
très bonne affaire. De très nombreux Français sont ainsi devenus propriétaires à la faveur de l’inflation des années 70. Autre grand bénéficiaire de l’inflation, l’Etat, parce que sa principale ressource est la TVA, qui grimpe avec les prix.


L’inflation peut-elle aider à résoudre la crise ?

Il y a une chose que l’inflation pourrait aider à résoudre, c’est le casse-tête de la dette publique. Historiquement, lorsque la dette publique d’un Etat est devenue insupportable, cela s’est toujours terminé par de l’inflation (le roi frappait monnaie à tire-larigot...) ou par des révolutions (à commencer par celle de 1789).

L’inflation permet en effet de faire diminuer le poids relatif des dettes, à commencer par celle des Etats. Si tous les prix et les salaires doublent, mais pas la valeur des dettes, celles-ci deviennent plus facile à rembourser.

Jusque là, cependant, le FMI n’a pas encore osé prôner l’inflation comme outil pour alléger le fardeau des dettes. Dans son rapport sur les finances publiques, il met en garde les pays contre cette tentation :

« Une inflation plus rapide n’est pas une stratégie de réduction de la dette efficace. Faire passer l’inflation à 6% pendant cinq ans n’éroderait que de moins d’un quart les tendances prévisibles des ratios d’endettement. »

Un quart ? Ce serait déjà pas si mal ! Autrement dit, une inflation de 6% réduirait le ratio entre dette et PIB de 25% en cinq ans. Un calcul qui rejoint les recherches de deux professeurs, Joshua Aizenman et Nancy Marion, sur la dette publique américaine.

► Article nourri par un précédent texte publié sur Rue89 et recyclé.

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  • 180 réactions
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  • Ruski
    Ruski répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Gracchus
    • Posté à 14h02 le 28/02/2010
    • Internaute 50606
      Gracchus

    Je cite les chiffres (exactes et référencés).
    Je ne fais aucune interprétation, contrairement aux vôtres.... fumeuses !

    • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      Bobus Trucus Bidulus Maximus- répond à Ruski
      Gros con de droite
      • Posté à 14h38 le 28/02/2010
      • Internaute 96637
        Gros con de droite

      Vous citez ceci, qui est incontestable :

      Salaires (rémunération totale du travail) 67,6 %
      Profits (excedent brut d’exploitation) 32,4 %

      Et comme vous citez ceci en pensant me contredire, cela signifie bien que vous interprétez ces chiffres comme signifiant que 32,4% part aux capital. Ce qui est faux.

      Les 32,4% comprennent en particulier les éléments suivants qui ne sont PAS une rémunération du capital :
      . les amortissements
      . la rémunération des artisans et entrepreneurs individuels
      . les impôts et taxes diverses
      . les variations de stocks

      Les chiffres que j’ai donnés, qui ont la même source que les vôtres (comptabilité nationale) ne font qu’entrer dans le détail pour isoler la part de la valeur ajoutée qui est effectivement consacrée à la rémunération du capital.

      Si vous ne comprenez pas ça, c’est votre problème, pas le mien.

      • Ruski
        Ruski répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus-
        Gracchus
        • Posté à 15h25 le 28/02/2010
        • Internaute 50606
          Gracchus

        J’avais très bien compris votre…. raisonnement.
        Mais alors pourquoi n’avez vous pas citez ces chiffres en premier, ou alors en quoi ils vous gênaient ?
        Et je vous le répète : JE NE FAIS AUCUNE INTERPRETATION ! je cite les chiffres que vous n’avez pas citez !
        Quant au détail qui suit :
        La rémunération des artisans et entrepreneurs individuels entre bien dans la rémunération du capital, les amortissements, les impôts et les taxes existent aussi pour la catégorie salaires (puisque ces chiffres sont brut) vous connaissez le tableaux, n’est ce pas !
        Et de grâce, cessez de prendre de haut vos contradicteurs d’insulter leur intelligence avec des réflexions grossières, vous n’avez pas la science infuse. Si vous ne savez pas débattre de façon cordiale et citoyenne alors abstenez vous.
        Vos grand airs de matamores du numérique ne m’impressionnent pas !

        • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
          Bobus Trucus Bidulus Maximus- répond à Ruski
          Gros con de droite
          • Posté à 15h26 le 28/02/2010
          • Internaute 96637
            Gros con de droite

          1) Je ne les ai pas cités pour la simple raison qu’ils figurent dans l’article... Ce qui vous aura échappé, manifestement.

          2) Je crois que vous ne comprenez décidément rien à ces sujets ; votre commentaire le démontre, vous mélangez tout.

          • Ruski
            Ruski répond à Bobus Trucus Bidulus Maximus-
            Gracchus
            • Posté à 16h56 le 28/02/2010
            • Internaute 50606
              Gracchus

            1) Même si ces chiffres ne figurent pas explicitement dans l’article, ils apparaissent dans le tableau sur la répartition de la valeur ajoutée que je n’avais pas regardé plus attentivement. Ce tableau est très difficilement lisible sur le 15 pouces de mon Mac book pro.
            2) Je maintiens le reste de mes objections.
            Je ne mélange pas tout et je comprends ces problèmes tout aussi bien que vous.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 17h08 le 27/02/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    ♫ Mourir pour des idées d’accord...♪

    ... mais de mort leeeeenteu ! ♪ ♫

    • fantome de la nuit
      fantome de la nuit répond à Anastaze
      insomniaque
      • Posté à 18h08 le 27/02/2010
      • Internaute 50069
        insomniaque

      Votre propos semble intéressant, mais je ne vois pas où vous voulez en venir...
      Pourriez-vous être plus explicite SVP ?

      • Anastaze
        Anastaze répond à fantome de la nuit
        inconsolable
        • Posté à 19h18 le 27/02/2010
        • Internaute 53186
          inconsolable

        Ce graphique montre qu’il y a une corrélation entre les taux d’intérêts long terme et l’investissement.

        Les taux d’intérêts des prêts long terme augmentent en cas d’inflation, car le prêteur veut se prémunir contre la dépréciation de la monnaie.

        La baisse des taux d’intérêt devrait logiquement encourager les entreprises pour investir, mais il n’en est rien, au contraire, plus les taux baissent moins les entreprises investissent.

        La lutte contre l’inflation, si elle est nécessaire en cas d’emballement ne se justifie pas toujours. La lutte contre l’inflation rend les entreprises frileuses, car elle s’accompagne de politiques budgétaires a minima des états.

        Hors, le « dogme » des Chicago boys en a fait un principe intangible, même, si ça doit tuer l’euphorie qui accompagne l’investissement.

        Le FMI est un des principaux propagateur de ce dogme.

        Nous assistons à la mort par asphyxie de notre économie pour des raisons uniquement idéologiques, sans que rien ne vienne dans les faits révélés par ce graphique, justifier une telle rigidité.

        Nous sommes dans un jeu de Monopoly, où un des joueurs à fini par éliminer les autres en rachetant, tout, et il se rend compte qu’en réalité lui aussi il est en train de perdre, car le jeu va s’arrêter. Alors rapidement il change la règle du jeu en passant de 2% d’inflation à 4% en offrant des possibilités de crédits aux autres joueurs, pour sauver les autres points de la règle du jeu.

        C’est très bête.

  • Otromeros
    Otromeros
    Retraitégauchoagnostique
    • Posté à 17h20 le 27/02/2010
    • Internaute 103757
      Retraitégauchoagnostique

    Rebonjour,

    Dans un scénario d’inflation , le pouvoir d’achat des RETRAITES est
    ............................................................. ? ?

    • caoua
      caoua répond à Otromeros
      sur la lune
      • Posté à 17h34 le 27/02/2010
      • Internaute 95100
        sur la lune

      Perso,
      quand je n’ai plus d’argent pour me payer a manger, parce que le tout petit peu que je gagne part dans le gazoil, assurances, frais d’entretien du moyen de locomotion pour me rendre sur mon lieu de travail, tva, ..., alors, je me fend la gueule en allant me servir gratuitement des pâtes, des boites de thon, et des oranges a carrouf pour survivre.
      Maintenant, si on veux m’arrêter et me faire payer une amende que je ne pourrai pas payer, et que l’on me dis : « monsieur, vous êtes hors la loi », alors, faites donc, et rendez vous compte a quel point vous êtes devenu des machines, a quel point votre humanité vous a quitté, et je vous souhaite a tous « bon jeux », entretuer vous tous, tapez vous bien sur le coin du nez pour savoir qui possède le pouvoir illusoire de vos pauvres petits esprits si beau et si médiocre à la fois.
      Allez, je retourne a mon suicide : D

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 17h42 le 27/02/2010
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    SAUVE-QUI-PEUT !

    Mouais, tout ça sent un peu le sauve-qui-peut. L’inflation, pas plus que l’inverse, ne sauvera strictement rien. Surtout pas ce système moribond.

    Pourquoi ? Parce que justement on reste À L’INTÉRIEUR de la logique obtue d’un système qui a fait sont temps. Celui qui ne tient que par une croissance exponentielle et une pseudo « création de richesses ».

    Vous remarquerez qu’à défaut de créer de nouvelles VRAIES richesses économiques, je veux dire bien concrètes, matérielles, palpables et surtout utiles, le système ne crée plus depuis longtemps que des richesses financières. Ou au mieux du gaspillage et du superficiel.

    En bref, du vent. Celui qui est en train d’emporter le zinzin de ces has-been.

    (Sur la déroute en cours, lire le tout récent et indispensable Lien de Paul Jorion.)

  • Peureux anonyme
    • Posté à 17h50 le 27/02/2010
    • Internaute 24415

    « Historiquement, pourtant, les salariés se sortent plutôt bien des périodes d’inflation. »

    Cette déclaration me parait plus que douteuse. Quand vous considérez l’évolution du pouvoir d’achat des salariés suisses ou allemands (pays de faible inflation dans les années 60 et 70) et celui des salariés français , britanniques ou italiens pendant la même période, il n’y a pas d’erreur possible : il vaut mieux être suisse ou allemand.

    Avec l’inflation vous assistez à une course à l’échalote où l’on croit que la perte de valeur de la monnaie vous rend compétitif sans avoir à améliorer vos produits. Au bout de 20 ans, les produits haut de gamme sont allemands et vous les payez très cher, ce qui permet de mettre du beurre dans les épinards des salariés allemands.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 17h58 le 27/02/2010
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Juin 73 la sortie de l’album Money de Pink Floyd
    Octobre 73 premier choc pétrolier et petit pic de l’inflation.
    Si le FMI a des visions prémonitoires aussi justes que celle de Pink Floyd, les banques ont du soucis à se faire mais doit-on s’inquiéter pour ses dernières qui financent de moins en moins l’économie réelle préférant miser sur des produits financiers à l’origine de l’amplification des dettes dites d’Etat et donc de l’appauvrissement de la majorité des citoyens ?
    Lienpar Lien

    • caoua
      caoua répond à Xavier Denamur
      sur la lune
      • Posté à 18h24 le 27/02/2010
      • Internaute 95100
        sur la lune

      Les artistes sont en quelque sorte des « visionnaires »
      alors que acteurs majeur de ce système se font de plus en plus « berner » par leurs propre esprits, en croyant avoir le pouvoir de sauver tous leurs semblables, alors qu’ils sont déjà eux même prisonnier de leurs terribles ego,
      et donc n’avance vraiment pas sur un chemin libérateur, mais plutôt sur un chemin d’auto-destruction rapide.
      VIVE LE CAPITALISME lol (ironie)
      pourquoi d’abord forcément trouver un système qui tourne ?
      Pourquoi ne pourrions nous pas vivre au jour le jour en allant tous participer au fait que nous devons tous manger a nos faims, loger dans un endroit relativement confortable pour avoir une nuit réparatrice, pour que le jour, nous puissions vivre le plus possible en harmonie avec la nature ?

  • G_Remy
    • Posté à 18h05 le 27/02/2010
    • Internaute 27305

    Un tabou ? En fait ce type de politique économique a déjà été utilisé dans le passé par l’administration Roosevelt après la crise de 29.
    Voir ce documentaire de propagande :

    Lien

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 18h07 le 27/02/2010
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    * « Rejettes l’industrie et son profit, les voleurs et les bandits disparaitront. »

    Lao-tseu, Livre de la Voie et de la Vertu (~600 av. J.-C.)

  • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Gros con de droite
    • Posté à 18h53 le 27/02/2010
    • Internaute 96637
      Gros con de droite

    Je doute qu’un épisode inflationniste soit positif pour tous les salariés.

    Par exemple parmi les cadres.

    Etant donné que les entreprises ne font presque plus d’augmentations générales, une inflation forte aurait pour conséquence une plus grande latitude pour différencier les augmentations selon les gens. Une entreprise qui fait augmenter sa masse salariale au ryhtme de l’inflation, par exemple, pourrait chaque année donner en moyenne 8% à 50% de l’effectif, et zéro aux autres (parmi lesquels certains sont augmentés tous les deux ou trois ans, et d’autres ne le sont jamais, ayant atteint un rapport performance/coût trop bas).

    La conséquence serait qu’une partie des cadres (entre un quart et un tiers probablement) se verraient en quelques années rattrapés par les minima conventionnels. Une petite moitié verrait sa situation inchangée par rapport à un épisode sans inflation. Et le reste, constitué des cadres « performants » en profiteraient à plein.

    En diminuant le coût réel d’un bon tiers de cadres les moins performants, cela aurait peur-être pour effet d’éviter quelques plans sociaux ; mais la paupérisation serait là quand même pour ceux-là.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 19h07 le 27/02/2010
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    « C’est ce que suggère le bon sens (les prix grimpent, donc mon pouvoir d’achat baisse). Historiquement, pourtant, les salariés se sortent plutôt bien des périodes d’inflation. Car leurs salaires augmentent aussi. »

    Raisonnement fallacieux.

    Il est évident que les salaires ne sont pas augmentés à cause de l’inflation. C’est plutôt l’augmentation des salaires qui provoque l’augmentation des prix, puisque les patrons sont « naturellement » tentés de conserver leur marge.
    Ou alors il s’agit d’un système légal de *rattrapage* comme c’est le cas pour le SMIC. Mais ce n’est pas ce qui va faire la richesse des salariés, sauf à imaginer des lois obligeant les patrons à augmenter tous les salaires plus que l’inflation, ce qui serait très amusant à expérimenter, mais passons...

    Non, le seul intérêt de l’inflation, c’est de diminuer l’importance du patrimoine. Et à mon avis, ce sont surtout les grosses économies qui sont touchées, et en cela je pense tout particulièrement aux héritages.
    Dès lors, si vous voulez bénéficier du seul point vraiment positif de l’inflation, il y a beaucoup plus simple qu’en provoquer artificiellement.

    Supprimez l’héritage.

  • Romi...
    Romi...
    Etudiant en M1 ingénierie des (...)
    • Posté à 19h12 le 27/02/2010
    • Internaute 103557
      Etudiant en M1 ingénierie des (...)

    pour faire court :

    le chômage n’a jamais été si fort

    sans chômage pas de salaires

    donc pas de bénéfice à l’inflation

    l’explosion des déficits proviendras bientôt des chômeurs touchant leurs droits.

    cette logique échappe t elle à l’article ou n’est elle pas nécessairement prise en compte ? si quelqu’un peut me répondre je lui en serais reconnaissant ! merci d’avance

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 21h47 le 27/02/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    J’IMAGINE QUE VOUS ÊTES TOUS SOUS LA TEMPETE ET L’ORAGE

    Vous aurez probablement choisi d’éteindre vos Ordinateurs par sécurité
    ¤ LES DEBATS SEMBLENT BLOQUES. A demain donc à vous tous !

    Faites gaffe à ne pas vous faire foudroyer, même au téléphone !
    • et soyez prudent, ce n’est pas le moment d’aller voir Mamie Nova ou Mémée.

    Ici à Montpellier, aucun vent - aucune pluie - aucun ciel couvert
    mais je sais qu’à Bordeaux les rafales atteignent en altitude les 180 km / h.

    Dormez bien tout de même, demain sera un autre jour - sans dégats j’espère !

    ► Ceux qui sont encore en ligne sont ceux qui habitent le Sud ou l’Est !

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 19h43 le 27/02/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Le problème est-il de parier ou non sur de l’inflation ?
    N’oublions pas que sur ce sujet on reste dans le monde des signes, c’est à dire de la planche à billets.
    Le FMI se propose d’être une super banque avec sa super monnaie...
    Tour cela est peut-être bel et bon mais ressemble à de grands moulinets de bras sans conséquences.
    Car le vrai problème, dans le système tel qu’il est, c’est le redémarrage impossible de l’économie . Et on peut douter qu’une pluie de monnaie quelle qu’elle soit puisse le générer.

  • theodore-perier
    theodore-perier
    fonctionnaire
    • Posté à 20h01 le 27/02/2010
    • Internaute 52874
      fonctionnaire

    La crise de 2008 provient du fait que de l’argent avait été créé artificiellement et pouvait être créé artificiellement en permanence sans faire fonctionner les planches à billets (puissant), si j’ai bien compris. Ce système reposait sur l’endettement généralisé et permanent, des Etats aux clampins moyens. On a vu ce que ça a donné. D’ailleurs, est-ce que ça a vraiment changé ?

    N’était-ce pas une forme d’inflation ?

    Aux économistes distingués qui me paraissent en manque d’imagination pour sortir de la Crise et qui ne nous ressortent que des vieilles recettes éculées, il existe une autre forme de monnaie qui a été proposée par Jacques Duboin et son économie distributive et qui aurait le double avantage d’être abondante et non inflationiste. N’y aurait-il pas quelque chose à creuser par là ?

    Lien

    EXTRAIT : « 2.5. Une autre monnaie : À cette nouvelle économie qui n’est plus basée sur l’échange, il faut une nouvelle monnaie qui se substitue à la monnaie actuelle. C’est la monnaie distributive gagée sur les richesses produites, proportionnellement à leur valeur écologique. C’est une monnaie de consommation qui, par essence, ne peut pas rapporter d’intérêt, et qui s’annule quand elle a servi à faire passer un bien ou un service du producteur au consommateur (comme un ticket de métro ou un billet de chemin de fer). Elle n’est donc qu’un pouvoir d’achat et son nom vient de ce que c’est là sa seule fonction. »

    Pour quand la destruction créatrice chère à Schumpeter des orthodoxies économiques ?

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 20h27 le 27/02/2010
    • Internaute 36141

    Le débat sur pour ou contre le retour de l’inflation oublie de mettre sur la sellette qu’un monde avec une inflation à 2% n’est pas le meilleur monde pour produire de la croissance et résorber le chômage. Une inflation trop faible avec des salaires nominaux rigides ne permettent pas aux salaires réels de s’ajuster à la baisse, provoquant une croissance de l’économie inférieure à son potentiel. Avec des objectifs de 2%, la BCE est critiquée, d’autant qu’elle surestimerait l’inflation de 0.6% (effet Boskin).
    En conséquence une inflation de l’ordre de 2-4% en Europe permettrait probablement de faire de meilleures performances économiques et aussi de diminuer le chomage. On rappellera a bon escient que les pays qui ont connu avec la politique de désinflation compétitive, la plus forte déformation du partage de la VA, sont aussi les pays qui connaissent aujourd’hui un chomage de masse à l’image de la France. Je crois simplement que l’idée de Blanchard nécessite un vrai débat public sous l’éclairage des économistes de toutes tendances et pas seulement les représentants des banques centrales.

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 21h39 le 27/02/2010
    • Internaute 89071
      non connue

    Un tabou ? Il était évident depuis plus d’un an que les gouvernements allaient laisser partir l’inflation pour résorber la dette abyssale. Aucune surprise que le FMI, institution en main américaines, décide de suivre le même chemin.

    Et bon, rappelons que l’inflation est l’ami du débiteur. Donc le salarié avec son leasing ou son hypothèque a payé ne va pas forcément être malheureux que le montant de ses dettes diminuent.

    Par contre, le salarié-greviste qui gueule tout les 2 mois, lui il ne va pas être content. De toute façon, il n’est jamais content, donc pourquoi ca changerai aujourd’hui ?

    Bref, un pet dans l’eau maquillé en bombe A.

  • mlrocap
    • Posté à 21h42 le 27/02/2010
    • Internaute 22729

    Le problème n’est-il pas, de plus en plus, de faire la différence entre les différents prix ? L’inflation a été largement maîtrisée dans la plupart des économies les plus riches ces dernières années... en moyenne. Ca n’a pas empêché la hausse des prix de l’immobilier. Surtout, ça n’a pas empêché la hausse des prix dans la finance. Un économiste comme Aglietta dit d’ailleurs que le boulot des banques centrales aurait dû être (il le disait avant la crise) de s’occuper des prix des produits financiers et pas seulement des prix des marchandises. Plutôt que de desserrer la vis sur l’inflation, ne faudrait-il pas s’occuper de resserer la vis sur ces prix-là ? Plutôt que de réfléchir au niveau des prix, ne faudrait-il pas plutôt s’occuper aussi des mécanismes de formation de ces derniers (une inflation maîtrisée n’empêche apparemment pas les distributeurs de se faire des marges confortables sur plusieurs produits alimentaires) ?

  • bigvanish
    bigvanish
    Développeur web
    • Posté à 22h15 le 27/02/2010
    • Internaute 106118
      Développeur web

    « la crédibilité acquise depuis des décennies par la politique monétaire »

    Désolé je n’ai même pas pris le temps de lire les autres commentaires avant, ni même de finir l’article !

    Mais là vraiment il m’a fallut un moment pour me remettre de mon fou rire.

    Bon d’accord il faut tenir compte du contexte, le « Financial Times Deutschland » est lisible par tous mais ne s’adresse pas vraiment au citoyen lambda.

    Mais cet homme donne une telle importance à ce système qui l’habite.
    (ne pas confondre avec qu’il habite ;) )

    J’avoue que j’ai des difficultés à me mettre dans la peau d’un ponte (ou même d’un jeunot aux dents longues) de notre système financier.

    D’un coté ça me fait donc bien rire car (je l’espère mais je n’en suis pas sur) le « citoyen lamda » comme je disais (je me classe dans cette catégorie) sait bien à quel point tout ce bazar est abstrait et qu’il est facile d’en prendre ses distances si on le souhaite vraiment.

    D’un autre coté je sais bien aussi (je ne suis pas totalement aveugle à la réalité non plus ^^) qu’un certains nombre se font prendre et en subissent ensuite les conséquences.

    Alors je ris, puis je fait la gueule. Car cet homme à au fond toute la crédibilité nécessaire.
    Et il est horrifiant de penser que cette crédibilité n’est pas appuyé comme elle devrait l’être dans tout système logique sur la balance réussite/échec. Mais sur les conséquence que l’échec (récurrent) entraine (voyez, je ne parle pas de charité là).

    Je ne jette pas la pierre à l’auteur de cet article. Après tout les journalistes ont principalement un devoir de transmission, avant celui de jugement. Il est trop facile de les rendre responsables des travers de la pensée dans laquelle toute une société peut tomber.

  • richy
    • Posté à 22h22 le 27/02/2010
    • Internaute 38388

    l’inflation grignotte inexorablement le capital , mais comme seul le travail productif nous permet de vivre et que vivre du capital n’est qu’une forme de parasitisme ....

    • bigvanish
      bigvanish répond à richy
      Développeur web
      • Posté à 22h50 le 27/02/2010
      • Internaute 106118
        Développeur web

      C’est très joliment et simplement dit je trouve. (je n’ emplois jamais le mot « simple » de façon péjorative,la capacité à exprimer succinctement une idée est un talent, que je ne possède pas hélas ; D )

      Mais comme pour tout rien n’est blanc ni noir. Où s’arrête l’apport au productif, ou commence le parasitisme ? Question complexe il me semble.
      Mais à bien y réfléchir ton commentaire rejoit lemien (juste au dessus).
      On en revient donc à mon problème d’expression. : D

      Désolé j’aime disserter : à vrai dire cette question me préoccupe particulièrement car je vis à 100% de « l’industrie de service », je suis développeur web. Et donc je me pose à moi-même,régulièrement, cette (ces) question que j’ai donné au dessus :

      - où s’arrête mon apport réel au travail du producteur auquel je fournis un site ?
      - où commence mon parasitisme ?
      - suis-je bien nécessaire ? (si l’on accepte l’idée que notre sytème actuel n’est pas une vérité en soi bien sur)
      - ou alors la conscience n’est qu’une erreur de cheminement dans l’évolution et effectivement la seul réponse c’est la réponse gagnante... : -/ (ça ne me plais pas mais qui croit encore que la bonne réponse est toujours la plus agréable ?)

      (et bien sur je sais que ces questions possèdent elles-même une foule de réponses et d’autres questions qu’elles entrainent. Mais ça fait du bien parfois de les poser. ;) )

      • richy
        richy répond à bigvanish
        • Posté à 19h25 le 28/02/2010
        • Internaute 38388

        le problème de votre métier n’est pas le parasitisme mais le fait que le résultat ne passe pas dans la production rééle, dans l’industrie on dit qu’il a fallut un siécle pour que l’éléctricité donne toute sa puissance, dans le cas de l’informatique , au lieu d’ètre un + on se trouve avec des développeurs, des informaticiens etc.. qui au lieu de diminuer la charge de travail , sont en doublons et au bout du compte ne servent a rien alors que ces métiers devraient ètres le fer de lance de nos sociètés ...... il y a un net avantage a une société qui se créé actuellement en partant de rien car elle part sur une base exclusivement informatique ; vous ètes donc necessaire mais la société ne sait pas vous rentabiliser, ceci n’étant qu’un avis...

    • bigvanish
      bigvanish répond à richy
      Développeur web
      • Posté à 22h28 le 27/02/2010
      • Internaute 106118
        Développeur web

      dsl doublon, je suis nouveau sur rue89 (du moins pr les commentaires) mais assez habitué des forums et là pr le coup je ne comprends pas l’origine du problème.

      • Pascal Riché
        Pascal Riché répond à bigvanish
        Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
        • Posté à 01h46 le 28/02/2010
          éditeur
        • Journaliste 7
          Redchef

        Vous avez cliqué deux fois sur « publier » ?
        Pas grave. Bienvenu dans la Rue, en tout cas !

         
        • Hulkovitch-
          Hulkovitch- répond à Pascal Riché
          Déporté en Sibérie (gla gla)
          • Posté à 01h55 le 28/02/2010
          • Internaute 106589
            Déporté en Sibérie (gla gla)

          Oui, mais quand comptez-vous libérer mon Hulk_ injustement retenu en otage depuis plusieurs jours ?

          Ca devient lourd, là...

          • Yann Guégan
            Yann Guégan répond à Hulkovitch-
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
            • Posté à 12h05 le 28/02/2010
              éditeur
            • Journaliste 1836
              Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

            Ben quand je vois les insultes que vous avez tenus avec ce nouveau compte, ça donne pas vraiment envie de débloquer l’ancien... : -(

            • Numerosix
              Numerosix répond à Yann Guégan
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 13h18 le 28/02/2010
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              LIBEREZ HULK_ !

            • Hulkovitch-
              Hulkovitch- répond à Yann Guégan
              Déporté en Sibérie (gla gla)
              • Posté à 13h40 le 28/02/2010
              • Internaute 106589
                Déporté en Sibérie (gla gla)

              Où ça ?

              Ça sent la diffamation à plein nez cette affaire !

              • Homere elmero
                Homere elmero répond à Hulkovitch-
                communiste primitif
                • Posté à 16h34 le 28/02/2010
                • Internaute 87706
                  communiste primitif

                Guéguan a raison, tu as ecrit « crotte » l’autre soir. Et tu devrais avoir honte.

                • Hulkovitch-
                  Hulkovitch- répond à Homere elmero
                  Déporté en Sibérie (gla gla)
                  • Posté à 20h50 le 28/02/2010
                  • Internaute 106589
                    Déporté en Sibérie (gla gla)

                  Ca devait être à un moment où j’avais prêté mon compte à Lefebvre, parce que c’est vraiment pas mon genre, ça...

            • lidiot du village-
              lidiot du village- répond à Yann Guégan
              imbécile heureux
              • Posté à 14h09 le 28/02/2010
              • Internaute 106647
                imbécile heureux

              Et mon compte Ben85 ?

              C’est pas pour dénigrer mon camarade, mais, contrairement à Hulk, je me suis très bien tenu, moi !

            • Anonyme répond à Yann Guégan

              Ah, même pas un chouïa de compassion : il se les gèle sévèrement, vous savez ?

              • Yann Guégan
                Yann Guégan
                Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
                • Posté à 17h08 le 28/02/2010
                  éditeur
                • Journaliste 1836
                  Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

                Mais vos généreux soutiens lui réchauffent le coeur dans cette épreuve.

                Et puis, si jamais ça lui permet de garder l’esprit frais et de ne plus s’échauffer à chaque fois que quelqu’un le contrarie, ce sera ça de gagné.

                • Edouard Chastagnier
                  Edouard Chastagnier répond à Yann Guégan
                  Bogue la galère
                  • Posté à 17h34 le 28/02/2010
                  • Internaute 101113
                    Bogue la galère

                  Ah ouais, Yann : mais le fait est qu’il y a des esprits chauds... voire même bouillants... et aussi chaleureux par la même occasion.

                  Alors qu’en faire ? La Sibérie c’est pas terrible, malgré la proverbiale hospitalité des mamouthesses locales.

                  Le truc c’est qu’un Hulk est un Hulk, alors qu’un Cyp peut très bien être un Chastagnier.

                  Je le soutiens aussi, vu que c’est un sacré copain.

                • Mon-Al
                  Mon-Al répond à Yann Guégan
                  roturière : -)
                  • Posté à 17h49 le 28/02/2010
                  • Internaute 24219
                    roturière : -)

                  Sous ses abords rudes, Hulk cache un coeur de midinette,sensible et tout ... et il est très triste de se voir relégué en Hulkovitch ... il a très très froid en Sibérie et il voudrait revenir ... siouplait : -)

        13 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h48 le 27/02/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Question naïve :

    - Les USA étant incapables de rembourser leur dette
    - Les Chinois l’ayant compris

    Ne sommes-nous pas en train de chercher une solution pour éviter la méga-cata ?

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