Le « califat » de Swat, bastion des talibans pakistanais
L’Etat d’urgence décrété par le président Musharraf n’atteint pas le fief du « Mollah radio », à la frontière afghane.
(De Jihad Abad, Pakistan) Depuis le 3 novembre, le Pakistan vit sous un régime d’exception. Le général-président Pervez Musharraf a instauré l’état d’urgence. La Constitution est suspendue, les opposants jetés en prison, la presse muselée. Mais pour des régions entières, passées sous le contrôle des talibans, tout cela ne change en rien le quotidien. C’est le cas de la vallée de Swat, au nord-ouest du pays, non loin de la frontière Afghane. Fin octobre, un attentat suicide contre un camion militaire y à fait vingt morts et trente-quatre blessés.
On l’appelle le « Mollah radio ». Il n’a que 32 ans, il s’appelle en réalité Qazi Fazlullah. Il apparaît à ses fidèles sur un majestueux cheval blanc, mais il n’existe pas de photographie de lui. Car dans l’embryon de califat qu’il s’est taillé dans la vallée de Swat (1,5 million d’habitants), Mollah radio a interdit la photographie, la télévision, la musique, l’éducation des femmes, et même la profession de barbier.
Les hommes doivent porter la barbe et leurs épouses, cloîtrées chez elle, la burqa (le voile intégral). Du progrès, Qazi Fazlullah ne tolère que sa radio, qui lui permet de lancer en permanence ses imprécations contre les Américains, le général Musharraf, le président du Pakistan, les chrétiens et les juifs.
Mollah Fazlullah, qui n’est d’ailleurs pas mollah, a instauré dans cette vallée, autrefois touristique, un régime islamique similaire à celui des talibans afghans. Gendre de Sufi Mohammad, le fondateur d’une organisation islamiste interdite, Tehreek-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi, Mollah Fazlullah s’est lui-même battu en Afghanistan.
Avant l’attentat du 25 octobre, qui a coûté la vie à vingt personnes, dont dix-sept militaires, les islamistes avaient détruit dans la même semaine une école secondaire de filles à Kabal, et s’en sont pris à l’un des trésors du patrimoine mondial de l’humanité, le Bouddha de Jihad Abad, datant du VIIe siècle. Sculpté sur une paroi rocheuse, il mesure sept mètres. Sa tête a volé en éclats. Dans un Pakistan instable en proie à la violence, la presse locale n’a accordé qu’un petit entrefilet à la destruction de ce colosse de pierre.
« J’ai l’impression qu’on nous suit »
Malik, mon chauffeur, est de plus en plus inquiet depuis que nous avons dépassé Mardan pour rejoindre la vallée de Swat. Il roule à tombeaux ouverts sur les routes défoncées de montagne. Lorsqu’il double les énormes camions bariolés, les roues de sa Mehran, une voiture japonaise assemblée au Pakistan, passent parfois à quelques centimètres du précipice. « J’ai l’impression qu’on nous suit. Six hommes à bord d’une camionnette », murmure-t-il en transpirant. Fausse alerte.
Dans la petite bourgade de Barikot, des hommes en armes viennent me scruter sous le nez. Malik m’a conseillé de ne pas ouvrir la bouche. Dans la vallée de Swat, autrefois surnommée « la Suisse du Pakistan » en raison de son calme et de ses paysages d’une rare beauté, les étrangers ne sont plus les bienvenus.
Inutile d’attendre le moindre secours de la part de l’armée, de la police ou des forces paramilitaires pakistanaises. Elles ont déserté la région après les attaques-suicides. Un journaliste du quotidien « The News » décrit ce phénomène récent :
« Nous voyons l’apparition de kamikazes d’un genre nouveau. Des jeunes, bardés d’explosifs, circulent sans cibles précises pendant plusieurs heures. Ils découvrent par hasard un groupe de militaires à un carrefour, et se font sauter avec eux. »
Après de longues minutes d’attente, les fidèles du Mollah Fazlullah nous laissent repartir. Ils se sont contentés de réclamer quelques centaines de roupies « pour la construction d’une madrasa (une école religieuse, ndlr) dans un village voisin ».
Une population très pauvre, illettrée et sans espoir
Le propriétaire de l’hôtel Hills City, planté au bord d’une rivière, peu après Mingora, la « capitale » de la vallée de Swat, est à la fois satisfait d’accueillir deux clients (son établissement est vide), mais inquiet pour nous. Il me conseille d’enfiler un costume traditionnel, pour moins me faire remarquer, et nous loue sa voiture, immatriculée dans la région. Les plaques d’Islamabad sont susceptibles de nous faire repérer.
« Personne ne vous emmènera voir l’école détruite de Kabal, c’est trop dangereux », lâche l’hôtelier. Mais l’un de ses employés accepte de nous guider jusqu’au Bouddha de Jihan Abad, à une grosse demi heure de voiture.
Qu’est-ce qui peut pousser autant de jeunes de la vallée de Swat à se sacrifier ? Pour l’hôtelier :
« Une grande partie de la population est illettrée, très pauvre, et surtout sans espoir. Il suffit qu’un chef religieux promette à un jeune qu’après son sacrifice sa famille sera assistée pour que celui-ci devienne kamikaze. »
Faussaires et blasphémateurs
Du IIe siècle avant Jésus-Christ au VIIe siècle de notre ère, la vallée de Swat a été l’un des grands centres religieux du Gandhara, région à cheval sur l’Afghanistan et le Pakistan. Elle a compté jusqu’à 1400 monastères bouddhiques. Après la route, il faut emprunter un chemin improbable, longer des plantations de plaquemines, un fruit orange rappelant le kaki, puis gravir un sentier abrupt.
Le bouddha de Jihad Abad (Ian Hamel)
Le bouddha en méditation, sculpté dans la paroi, est là, impressionnant, mais mutilé. Le visage a été pulvérisé. Autour, la roche est noircie par l’explosion. « Cette région est connue pour son style spécifique de l’art bouddhique de la périphérie du Gandhara. Ce vandalisme est spécialement désolant », déplore le Suisse Pierre Centlivres, auteur des « Bouddhas d’Afghanistan » et ancien conseiller du musée de Kaboul (1).
Il ne fait guère de doute que les fidèles du mollah Fazlullah reviendront terminer leur triste besogne, c’est-à-dire la destruction complète du Bouddha. En 2001, les talibans afghans ont détruit deux merveilles, les Bouddhas géants (55 et 38 mètres) de Bâmiyân, bouleversant l’opinion mondiale.
Aujourd’hui, leurs homologues pakistanais s’en prennent, dans l’indifférence générale, à tout ce qui n’est pas, selon eux, islamique. Pierre Centlivres :
« Pour les talibans, Dieu seul est créateur, tous ceux qui aspirent à la reproduction d’un être animé ne sont que des faussaires et des blasphémateurs. »
Dans la vallée de Swat, les hôteliers, les artisans, les petits vendeurs, les chauffeurs de taxi sont presque tous réduits au chômage. Mais le mollah Fazlullah respire : le Bouddha « ne distrait plus les hommes de la lutte dans la voie de Dieu ».
► Les Bouddhas d’Afghanistan de Pierre Centlivres (Editions Favre, 165 pages).
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« De l’Afghanistan au Soudan, de l’Indonésie au Pakistan, de la Malaisie à l’Iran, de l’Egypte à l’Irak, de l’Algérie au Sénégal, de la Syrie au Kenya, de la Libye au Tchad, du Liban au Maroc, de la Palestine au Yémen, de l’Arabie saoudite à la Somalie, la haine contre l’Occident grandit à vue d’oeil.
Elle se gonfle comme un feu alimenté par le vent, et les disciples du fondamentalisme islamique se multiplient comme les protozoaires d’une cellule qui se scinde pour devenir deux cellules, puis quatre, puis huit, puis seize, puis trente-deux, à l’infini.
Les Occidentaux qui ne s’en rendent pas compte peuvent regarder les images que la télévision nous montre chaque jour. Les multitudes qui inondent les rues d’Islamabad, les places de Nairobi, les mosquées de Téhéran. Les visages féroces, les poings menaçants, les portraits de Ben Laden. Les feux allumés pour brûler les drapeaux américains et l’effigie de George Bush ...
Les Occidentaux aveugles n’ont qu’à écouter leurs hosannas au Dieu-miséricordieux-et-coléreux, leurs braillements Allah akbar-Allah akbar. Djihad-guerre sainte-djihad. De simples franges extrémistes ? De simples minorités fanatiques ? Non, mon cher, non. Ils sont des millions et des millions, les extrémistes. Ils sont des millions et des millions, les fanatiques. Les millions et millions pour lesquels, mort ou vif, Oussama ben Laden est une légende comme l’était Khomeyni. Les millions et les millions qui, avec Ben Laden, ont remplacé Khomeyni, qui en Ben Laden ont reconnu leur nouveau chef, leur nouveau héros.
Hier j’ai vu ceux de Nairobi : un endroit dont on ne parle jamais. Ils remplissaient la place du Marché encore plus que leurs confrères remplissent les rues de Gaza ou d’Islamabad ou de Jakarta, et un reporter a interrogé un vieillard. Il lui a demandé : “Who is for you Bin Laden ? Qui est pour vous Ben Laden ? - A hero, our hero ! Un héros, notre héros !” a joyeusement répondu le vieillard. “And if he dies ? Et s’il meurt ?” a ajouté le reporter. “We find another one. Nous en trouvons un autre”, a répondu, toujours joyeusement, le vieillard.
En d’autres mots, l’homme qui d’une fois à l’autre les guide n’est que la partie visible de l’iceberg : le sommet de la montagne qui surgit des abîmes. Et le véritable protagoniste de cette guerre, ce n’est pas lui. Ce n’est pas la partie visible de l’iceberg, le sommet de la montagne. C’est la montagne submergée, donc invisible. Cette montagne qui, depuis mille quatre cents ans, ne bouge pas, ne sort pas des abîmes de sa cécité, n’ouvre pas les portes aux conquêtes de la civilisation, ne veut pas entendre parler de liberté et justice et démocratie et progrès. Cette montagne qui, malgré les scandaleuses richesses de ses rois et patrons (songez à l’Arabie saoudite), vit encore dans une misère moyenâgeuse, végète encore dans l’obscurantisme et dans le puritanisme d’une religion qui ne sait produire que de la religion.
Cette montagne qui plonge dans l’analphabétisme (les pays musulmans ont un taux d’analphabétisme oscillant entre 60 et 80 %), de sorte que les informations lui parviennent seulement à travers les dessins humoristiques ou les mensonges des mollahs. Cette montagne, enfin, qui, étant secrètement jalouse de nous et secrètement séduite par notre façon de vivre, nous attribue la faute de ses pauvretés matérielles et intellectuelles, ses rétrogradations et ses dégradations.
Il se trompe, donc, l’optimiste qui pense que la guerre sainte s’est achevée avec la défaite du régime taliban en Afghanistan. L’optimiste qui jubile parce que les femmes de Kaboul ne portent plus le bourkah et se promènent de nouveau à visage découvert, vont de nouveau à l’école et chez le médecin et chez le coiffeur. L’optimiste qui exulte parce que, après la défaite des talibans, leurs hommes se sont réduit ou enlevé la barbe comme après la chute de Mussolini les Italiens enlevèrent les insignes fascistes.
Il se trompe parce que la barbe repousse et le bourkah se remet : pendant les vingt dernières années, l’Afghanistan a été un va-et-vient de barbes rasées et repoussées, de bourkahs retirés et remis. Il se trompe parce que les actuels vainqueurs prient Allah autant que les actuels vaincus : des actuels vaincus ils se distinguent seulement par une question de barbe et en effet les femmes en ont peur comme elles avaient peur des autres.
En plus, les actuels vainqueurs fraternisent avec les vaincus. Ils les remettent en liberté, ils se font acheter pour une poignée de dollars, et en même temps ils se disputent entre eux, ils alimentent le chaos et l’anarchie. Mais surtout il se trompe, l’optimiste, parce que, parmi les dix-neuf kamikazes de New York et de Washington, il n’y avait pas un seul Afghan. Les futurs kamikazes ont d’autres endroits pour s’entraîner, d’autres grottes pour se réfugier.
Regarde bien la carte. Au sud de l’Afghanistan, il y a le Pakistan. Au nord, les Etats musulmans de l’ancienne Union soviétique. A l’ouest, l’Iran. Près de l’Iran, l’Irak. Près de l’Irak, la Syrie. Près de la Syrie, le Liban désormais musulman. Près du Liban, la Jordanie musulmane. Près de la Jordanie, l’Arabie saoudite ultramusulmane. Et de l’autre côté de la mer Rouge le continent africain avec tous ses pays musulmans. Son Egypte et sa Libye et sa Somalie, pour commencer. Ses vieux et ses jeunes qui applaudissent la guerre sainte.
D’ailleurs, la collision entre nous et eux n’est pas militaire. Elle est culturelle, intellectuelle, religieuse, morale, politique. (La collision qui existe et doit exister entre les pays démocratiques et les pays tyranniques.) Et nos victoires militaires ne résoudront pas l’offensive de leur sinistre belligérance. Au contraire, elles l’encouragent. Elles l’enveniment, l’exacerbent. Le pire, pour nous, doit encore arriver : voilà la vérité. Et la vérité ne se trouve pas nécessairement au milieu. Parfois, elle se trouve d’un côté seulement. [...] -
Je ne m’adresse pas, bien sûr, aux vautours qui jouissent devant les images des ruines [du World Trade Center] et ricanent “Bien-aux-Américains-ça-leur-va-bien”. Je m’adresse aux personnes qui, n’étant ni stupides ni méchantes, se laissent encore bercer par la prudence et par le doute. Et je leur dis : debout, braves gens, debout ! Réveillez-vous ! Paralysés comme vous l’êtes par la peur d’aller à contre-courant ou de sembler raciste (un mot totalement inapproprié puisque ce que je dis regarde une religion, pas une race), vous ne comprenez pas ou vous ne voulez pas comprendre que nous avons à faire avec une croisade à l’envers.
Habitués comme vous l’êtes au double jeu, aveuglés comme vous l’êtes par la myopie, vous ne comprenez pas ou vous ne voulez pas comprendre qu’il s’agit d’une guerre de religion. Une guerre voulue et déclarée par une frange de cette religion, peut-être (peut-être ?), mais une guerre de religion. Une guerre qu’ils appellent djihad : guerre sainte. Une guerre qui ne vise peut-être pas (peut-être pas ?) à la conquête de nos territoires, mais qui certainement vise à la conquête de nos âmes. A la disparition de notre liberté et de notre civilisation, à l’anéantissement de notre façon de vivre et de mourir. Notre façon de prier ou de ne pas prier, d’étudier ou de ne pas étudier, de boire ou de ne pas boire, de nous habiller ou de ne pas nous habiller, de nous amuser, de nous informer ...
Vous ne comprenez pas ou vous ne voulez pas comprendre que, si nous restons inertes, si nous ne nous défendons pas, si nous ne luttons pas, le djihad vaincra. Et il détruira le monde que nous avons bien ou mal réussi à construire, à changer, à rendre un peu meilleur et un peu plus intelligent, c’est-à-dire moins bigot ou pas bigot du tout. Il détruira notre culture, notre art, notre science, notre morale, nos valeurs, nos plaisirs...
Ne vous rendez-vous pas compte que les Oussama ben Laden s’arrogent le droit de tuer, vous et vos enfants, parce que vous buvez du vin ou de la bière, parce que vous ne portez pas la barbe longue ou le tchador ou le bourkah, parce que vous allez au théâtre et au cinéma, parce que vous aimez la musique et vous chantez une chansonnette, parce que vous dansez dans les boîtes de nuit ou chez vous, parce que vous regardez la télévision, parce que vous portez des minijupes ou des shorts, parce que vous vous baladez nus ou presque nus à la plage et au bord des piscines, parce que vous baisez lorsque vous en avez envie, où vous en avez envie et avec qui vous en avez envie, et enfin parce que vous priez Jésus-Christ ou bien vous êtes athées ?
Même cela ne vous importe pas, espèces d’idiots ? ! ? Moi je suis athée, grâce à Dieu. Irrémédiablement, orgueilleusement athée. Et je n’ai aucune intention d’être punie à cause de mon athéisme par les fils d’Allah. C’est-à-dire par des monsieurs qui au lieu de contribuer au progrès de l’humanité passent leur temps avec le derrière en l’air, à prier cinq fois par jour !
Cela fait vingt ans que je le répète. Vingt ans. Avec une certaine douceur, pas avec cette rage et cette passion, il y a vingt ans j’écrivis sur ce sujet un article. C’était l’article d’une personne habituée à respecter toutes les races et tous les credos, d’une citoyenne habituée à combattre tous les fascismes et toutes les intolérances, d’une laïque sans tabous. Mais c’était aussi l’article d’une personne indignée contre les Occidentaux qui ne sentaient pas la puanteur d’une guerre sainte à venir et qui pardonnaient trop de choses aux fils d’Allah.
Je faisais à peu près ce raisonnement, il y a vingt ans : “Quel sens y a-t-il à respecter ceux qui ne nous respectent pas ? Quel sens y a-t-il à défendre leur culture ou présumée culture alors qu’ils méprisent la nôtre ? Je veux défendre la nôtre, pardieu, et je vous informe que Dante Alighieri me plaît plus que Omar Khayyâm.”
Ciel, ouvre-toi ! Ils me crucifièrent. “Raciste, raciste !” Ce furent les cigales soi-disant progressistes (ils s’appelaient alors communistes) et catholiques qui me crucifièrent. D’ailleurs, l’insulte raciste-raciste je la reçus même lorsque les Soviétiques se plantèrent en Afghanistan. Te souviens-tu des barbus portant la tunique et le turban qui avant de tirer au mortier ou mieux, à chaque coup de mortier, braillaient “Allah-akbar, Dieu-est-grand, Allah-akbar” ? Moi, je m’en souviens. Et chaque fois qu’ils s’adressaient à Dieu pour tirer au mortier, j’avais un frisson d’horreur. [...]
Moi, je ne dénie à personne le droit d’avoir peur. Mille fois j’ai écrit, par exemple, que ceux qui n’ont pas peur de la guerre sont des crétins. Ceux qui prétendent n’avoir pas peur à la guerre sont des crétins et des menteurs en même temps. Mais dans la vie et dans l’Histoire il y a des situations où il n’est pas permis d’avoir peur. Des situations où avoir peur est immoral et barbare. Et ceux qui, par faiblesse ou manque de courage ou habitude de ménager la chèvre et le chou, se détournent de cette tragédie, se cachent, ne sont pas seulement lâches. A mon avis, ils sont aussi idiots et masochistes. “
Oriana Fallaci




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