TRIBUNE 07/11/2007 à 10h56

Vingt ans de pouvoir de Ben Ali en Tunisie : le royaume de la peur

Mohamed Abbou | Avocat

Libéré de prison le 24 juillet dernier, après plus de deux ans derrière les barreaux pour avoir dénoncé la torture, l’avocat et écrivain dissident tunisien Mohamed Abbou dresse le bilan de deux décennies de pouvoir du Président Ben Ali.



Ben Ali attend Sarkozy à Tunis le 11 juillet 2007 (Francois Mori/Reuters)

Comme il est affligeant de vivre dans une société dirigée par un Etat qui ne garantit ni les droits de la personne, ni sa dignité, ni sa liberté ; et qui mobilise ses institutions pour réprimer les citoyens, sans rendre compte de ses actes à personne.

Et comme il est pénible pour un intellectuel de constater que la majorité des enfants de son pays sont sous l’empire de la peur, préoccupés à assurer la subsistance de leur famille, en quête de sécurité personnelle et de salut individuel.

Comme il est triste de constater que l’opposition n’a pas réussi à mettre en échec le despotisme, malgré les sacrifices consentis.

Un Etat de non droit, un peuple sous l’emprise de la peur, une opposition faible ; voilà la moisson de vingt ans de mandat du deuxième président de la « République ».

Un Etat qui viole le droit

L’Etat est nécessaire pour assurer la sécurité de la société, instaurer la justice à la place de la vengeance individuelle, édicter des lois et les faire respecter par des citoyens égaux en droits et en devoirs.

Dans notre pays, la Tunisie, il nous arrive souvent de revenir à cette définition comme référence dans notre vie quotidienne. Mais nous faisons face à des institutions qui fonctionnent plus ou moins normalement. Nous faisons face à un appareil sécuritaire qui poursuit par moments les criminels et les sanctionne ; et par moments agit comme un gang qui menace, frappe et torture, sans aucun respect des lois qu’il est censé appliquer. Cet appareil sécuritaire place au dessus des lois les puissants qui n’ont de compte à rendre à personne.

Ceux-là, il n’est pas permis de les critiquer, ni de les dénoncer, ni d’évoquer leur corruption sous peine d’être jeté en prison. Aucune attention n’est prêtée aux cris de secours venant de l’intérieur, ni aux déclarations de nos partenaires en Occident, qui sont parfois contradictoires avec leurs positions secrètes.

Ces mêmes institutions sont parfois utilisées pour persécuter les adversaires du pouvoir en place qui osent le critiquer. Leurs ressources sont coupées, ils sont affamés et ils sont humiliés de façon qu’ils n’oublieront jamais ; ils sont agressés dans la rue et leur enfants sont soumis à des harcèlements ; tout cela afin de garantir la pérennité du régime et que le pouvoir établisse son pouvoir absolu.

Un pouvoir qui appuie sa légitimité sur des élections qui se déroulent dans un climat de peur ; une minorité d’électeurs est contrainte de voter en sa faveur en mettant dans l’urne le bulletin rouge de façon ostentatoire. Pendant que les chefs de bureau de vote se chargent de voter pour les absents, et que certains partenaires occidentaux se chargent eux de faire reluire l’image de la Tunisie à l’étranger.

Un peuple tétanisé par la peur

Le régime tunisien dissémine la peur auprès des citoyens en vue d’assoir son pouvoir.

Lorsque j’ai osé dénoncer la réalité de la situation qui prévaut en Tunisie, j’ai transgressé l’interdit en dénonçant les scandales et en évoquant le sujet de la corruption. C’est alors que le régime a décidé de frapper les intérêts de ma famille et de la persécuter ; puis il m’a jeté en prison en cherchant à m’humilier.

Et malgré les nombreuses pressions, il a prolongé ma détention au maximum. Non pas parce que je dirigerais une association qui constituerait une menace pour le régime, ni même parce que je disputais au potentat son trône, couvert de sang et de larmes, mais seulement parce que je représentais désormais à ses yeux un modèle de contestation qui risquait de contaminer d’autres franges de la société.

Ceci n’est qu’un aperçu de la politique suivie par ce régime vingt ans durant. Une politique également suivie par l’ancien Président.

Je me remémore une anecdote rapportée par feu Mohamed Chakroun, alors qu’il était ministre dans le gouvernement Bourguiba et qu’il l’accompagnait pour inaugurer une caserne de la garde nationale qui venait d’être « tunisifiée ». Il lui dit : « Il faudrait maintenant que le Tunisien aime la garde nationale après avoir craint la gendarmerie » ; et Bourguiba de rétorquer : « Il faudrait plutôt que sa peur du gendarme reste vivace. »

Cette politique de la peur (comme instrument de gouvernement) est devenue une tradition et s’est renforcée et étendue sous le président actuel. Elle est même devenue une école avec ses techniques sophistiquées. Le pouvoir va jusqu’à diffuser ses faits d’armes en la matière pour que le citoyen comprenne bien qu’il est intransigeant et n’a aucune pitié pour ceux qui le défient.

La sanction ne se fait plus seulement par la voie de l’emprisonnement ou de la torture, mais elle englobe également les représailles collectives, en affamant les familles. De façon à ce que celui qui éprouve une disposition à sacrifier sa liberté, sa santé et sa vie pour une cause, comprenne bien qu’il expose également sa famille et ses enfants à la faim, à la terreur et à la désolation.

Le pouvoir a réussi admirablement dans cette politique et, jusqu’à présent, la majorité des citoyens tunisiens est terrorisée à l’idée de parler de politique.

Une opposition faible

La Tunisie a une spécificité qui la distingue des autres pays arabes : la société tunisienne est homogène ethniquement et religieusement. La majorité des croyants est sunnite. La Tunisie ne compte pas de minorité ayant besoin d’une protection particulière, ni de séquelles de tribalisme. Par conséquent, on ne trouve en Tunisie aucune des causes qui favorisent les conflits dans d’autres pays arabes.

Par ailleurs, les civilisations qui s’y sont succédées, ainsi que ses caractéristiques naturelles et géographiques, ont conféré à ses habitants un tempérament modéré et tolérant. Ajouté à cela, le pays connaît depuis cinquante ans une fréquentation de touristes importante, touristes auxquels se sont accoutumés les Tunisiens. Ces derniers bénéficient de surcroît d’un niveau d’éducation élevé, dû aux choix faits par la Tunisie au lendemain de l’indépendance.

Toutes ces atouts sont suffisants pour prédisposer la Tunisie à devenir une démocratie où prévaut un Etat de droit apte à assurer la dignité, la liberté et le progrès à tout citoyen, sans crainte de scissions ou de chaos.

L’opposition tunisienne est parfaitement consciente de ces données, mais elle n’arrive pas encore à trouver la voie pour devenir une vraie force politique. Oscillant entre la peur de la répression et ses divisions idéologiques –parfois entretenues par le pouvoir- elle a échoué jusqu’à présent à attirer vers elle un nombre significatif de citoyens en les libérant de la peur.

Affligeante réalité que celle-ci ; comme si notre rêve refusait de se réaliser.

Mais la conscience du caractère critique de la situation et les rapprochements qui commencent à se faire jour entre les différents courants politiques d’une part ; et certains indices allant dans le sens du rejet de ce régime d’autre part, font que nous ne renoncerons pas à notre rêve, quand bien même la répression se resserre et les voix qui sèment le doute et répandent l’abattement se font pressantes.

Notre détermination et notre discernement nous conduiront vers la voie de la victoire, et si nous n’y parvenions pas, notre confiance en nos enfants est entière.

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  • Anonyme

    Je pinaille, mais c’est « être censé faire quelque chose », et non pas « sensé »

    • Anonyme

      non, vous ne pinaillez pas, mais votre remarque bien que juste est lamentable. Ce texte n’est pas une dictée, mais le combat d’un mec qui se bat pour le démocratie dans son pays, et paye en le prix de sa liberté. Vous savez lire : 2 ans de prison ? et vous donnez des leçons ? Censeur prend un S, et deux au pluriel.

      (vous avez le droit de montrer votre mot d’excuse)

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 13h52 le 07/11/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Le pinaillage est toujours payant : c’est corrigé ; -) Et puis nous ne sommes pas censés faire de fautes.

      • Anonyme répond à Arnaud Aubron

        votre réflexion est décallée par rapport au récit de ce monsieur ! les commentaires sont mis en place pour faire avancer la réflexion et non la parasiter !

    • Anonyme

      Il est sur que la Tunisie n’échappe pas au manque de démocracie de tous les pays Arabes et autres, mais est ce bien le moment, avec la menace islamiste ?
      L histoire est souvent mal faite, et ouvrir à la totale transparence va emmener à un vote « FIS » comme en Algérie

  • Anonyme

    Tout ce que vous décrivez ne pourrait perdurer sans la complicité active et tacite de la France. Je te tiens tu me tiens, et la françafric-du-nord/sud continue, les intérêts économiques, privés et nationaux sont saufs dur le dos de nos amis tunisiens. La france complice de Ben Ali, autre visage du vieux colonialisme. Seule la gauche tunisienne peut faire quelque chose, après s’être matérialisée ...

    • Anonyme

      Ce que je reproche à Delanoë (une des rares choses que je lui reproche, au fait), c’est d’avoir renoncé, au prix de ses vacances à Bizerte, à critiquer fermement la situation politique en Tunisie. OK, on ne choisit pas ses origines, c’est pas de chance d’être né là-bas - ce qui est le cas du maire de Paris - mais justement, il aurait pu préférer un petit exil partiel, une interdiction de séjour, plutôt que le confort des étés sur la plage et des promenades à Sidi-Bou-Saïd, en prenant radicalement ses distances avec Ben-Ali, qui ne vaut pas beaucoup mieux qu’un Musharraf.

      Voilà qui ne grandit pas le candidat PS à Paris - à côté, ses alliés Verts et PC sont beaucoup plus clairs (même si, pour ce dernier, il y a d’autres dictatures « amies » comme le Vietnam, Cuba...).

  • Anonyme

    Les réfugiés politiques islamistes tunisiens peuvent-ils toujours s’abriter en France ?

  • Anonyme

    je comprends très bien ce dont parle Maître Abbou. J’ai traversé la Tunisie en voiture de location et, j’ai constaté que la population n’ose même pas prononcer le nom « Ben Ali » (qui a le surnom de « Bac moins 3). Autre chose, le pays est encadré au millimètre près par des mouchards à la solde du Parti, c’est-à-dire du gouvernement. Ils sont partout, dans les cafés, dans les marchés, dans les hôtels, partout, partout. Vivre dans cette “ambiance” fait que les Tunisiens se taisent, font le mort qui ne voit ni ne sait rien. S’il dit un mot, il sera sur le champ “embarqué” et mis sous torture. Les journaux de Tunisie ? Une ode à Ben Ali qui a droit tous les jours à des éloges en première page…ainsi qu’à des Bla Bla ridicules sur ses “bienfaits”.

    La seule liberté accordée est celle de faire des affaires, d’avoir un commerce. Par contre, pour avoir un boulot sortant du commerce de bouche, il faut avoir un CV “irréprochable” envers le régime, régime qui contrôle tout, régime dont les ressources naturelles appartiennent à des membres de la famille Ben Ali + de son épouse - à commencer par les Télécom Tunisienne, les aéroports et ses avions…

    Le touriste ne s’aperçoit de rien et certainement pas de la peur de vivre des Tunisiens. Le Tunisien est généralement instruit, souvent à l’européenne. S’il se tait, il est par contre très bien informé. Il attend que le vent tourne.

    Il y a bien une minorité très bien protégée : la (petite) communauté juive de Tunis et celle de Djerba. Celle de Djerba est restée authentique et est même protégée par les Djerbiens qui les considèrent comme les leurs à part entière.

    Concernant le tourisme à Djerba, je ferai gaffe à la déponie IMMENSE et très bien cachée sous des dunes artificielles, déponie proche des hôtels le long de la côte….et surtout, aux eaux usées de ces hôtels déversées dans la mer….

    La Tunisie, c’est comme la Roumanie sous Ceausescu, à la différence qu’il y a le soleil et la mer...

    • Anonyme

      Juste par curiosité. C’est quoi la déponie ?

      • Anonyme

        une « Deponie » est une déchetterie regroupant les ordures ménagères. La poubelle de Djerba est « déposée » le long de la côte (pas loin des hôtels) et est recouverte de sable qui forme ensuite des dunes..

        sorry, je mélange les langues...Deponie, c’est un mot allemand - merci pour la remarque...

         
        • Anonyme

          C’était pas une remarque, je ne savais vraiment pas ce que c’était : p Merci pour l’info.

          Je me disais que ca puait un peu beaucoup sur les plages entre monastir et sousse. C’était peut etre ca.

        1 autres commentaires
    • Succédané
      Succédané
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
      • Posté à 18h47 le 07/11/2007
      • Internaute 13938
        Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

      Votre conclusion est juste, j’ai toujours été frappé par la ressemblance des journaux sous Ceaucescu avec la presse en Tunisie, c’est à dire omniprésence du Chef, ses faits et gestes relatés dans le menu détail mais sans jamais donner le contenu des rencontres ou des discussions lors des voyages à l’étranger. J’ajoute le même népotisme notamment avec leurs épouses.
      Et Ceaucescu disposait quand même des plages de la mer noire

  • Anonyme

    Il y a un moment ou cela commence à bien faire les commentaires sur la responsabilité de la France. Ben Ali a endormi son peuple en le laissant vaquer à des business divers et en achetant la complaisance des « élites » en favorisant leur enrichissement. La France n’y est rigoureusement pour rien. Védrine, en son temps, avait pris de très nettes distances avec le régime de Ben Ali.

    Cet homme est simultanément craint et méprisé mais il a très bien réussi à désarmer les oppositions ; il n’a pas eu besoin de la France pour cela.

    • Anonyme

      Il y a quelques annees, des membres d’Amnesty m’avaient indiqué que les dossiers de demande d’asile politique de citoyens Tunisiens étaient systématiquement refusés par les préfectures. Circulez, y a rien a voir... Est-ce que ce n’est pas une forme de complicité de la France ?

  • Anonyme

    Bonjour,

    j’ai préparé un dessin de presse sur base de votre article :
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    Merci pour vos articles pertinents, qui fournissent une documentation tout à fait appréciable.

    Gib
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    • Anonyme

      génial le dessin et encore tu as été sympa avec lui en lui donnant plus de classe qu’il n’en a.

      • Anonyme

        Merci, cher autre anonyme !
        On a toujours la tentation de leur faire les dents pointues et des oreilles de loup, à ces gens-là, mais on sombrerait à mon sens dans une forme de contre-propagande pas plus louable que la leur.

        Tu as raison, il a trop de classe quand même. : -)

        Gib.
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  • Anonyme

    je regarde la télé tunisienne depuis toute cette matinée<.
    Quel cirque, tout le monde fait de la lèche et tout le monde souhaite que ca change. Mais personne ne fait rien.
    Pour les graces que l’on attend, quelqu’un a t il une idée ? ?
    car de mon coté, je suis condamné par contumace pour un accident de la route ayant causé un drame, ... Pare choc cassé au niveau de l’attache gauche ayant occasionné l’achat d’aggraphe (5oo millimes). Deux ans de prison pour ce crime qui plus est s’en pouvoir me défendre

    • Anonyme

      Hein ? 2 ans pour un accident de la route ? Sérieux ? Sans blessés ?

  • Anonyme

    je trouve que la photo résume bien ce que vous décrivez du personnage. Pour ma part, je ne savais pas qu’en Tunisie une telle situation existait ! ! !

    Merci

  • fratus
    • Posté à 14h55 le 07/11/2007
    • Internaute 14119

    Ce témoignage est vraiment intéressant et propose en effet un rappel de la situation.

    Pour ce qui est de la France et la Tunisie, je ne sais pas trop quoi penser.

    En terme de responsabilité, oui bien sûr des liens doivent exister au niveau financiers entre les deux. Cependant, le peuple Tunisien et surtout ceux au pouvoir sont les principaux responsables de cet état de fait. Les premiers pour ne pas mener d’actions collectives et le second pour ne pas jouer son rôle vis à vis de son peuple.

    Personnellement ce que je regrette c’est l’absence de choix réel possible à faire en tant que citoyen français sur la marche à suivre.

    En effet, personnellement j’aurai tendance à souhaiter boycotter les produits tunisiens, le tourisme etc mais :
    - jamais vu d’organisations proposant ce type d’actions ou se proposant de les regrouper,
    - est ce que le fait de ne plus donner d’argent - devises à un pays est ce qui permet de le faire évoluer via une crise ou bien est ce que le libéralisme économique entraîne in fine (et dommage pour ceux qui souffrent en attendant) un libéralisme politique (au sens anglo-saxon) ?

    Alors que faire en tant qu’occidental ?

    Evidemment, notre pays, ou plutôt les intérêts de notre pays sont dans la stabilité. C’est elle qui permet a minima de faire du commerce donc c’est nécessaire. Pour ce qui est de la répression elle doit donc se faire de façon discrète et pas trop sanglante.

    Mais que faire ?

    Personnellement, même si je sais que ce n’est pas la solution, (parce qu’il y en a pas de bonne) je ne vais pas dans le maghreb faire du tourisme (partout dans le monde d’ailleurs où c’est une ambiance plutôt policière même), je déplore les délocalisations faîtes pour des raisons éco en Tunisie (Call Center, habillements,...) mais je n’ai pas le sentiment non plus de faire le bon choix.

    A noter également que j’éprouve le même sentiment vis à vis de la chine.... et de bien d’autres pays, la plupart j’ai envie de dire : (

    A lire aussi sur le même thème :
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  • Anonyme

    « L’Etat est nécessaire pour assurer la sécurité de la société, instaurer la justice à la place de la vengeance individuelle, édicter des lois et les faire respecter par des citoyens égaux en droits et en devoirs. »

    Je suis a 100% d’accord.

    Mais alors pourquoi les gauchistes sont pour legaliser les sans-papiers ? Sont-ils anti-etat de droit ?

    Assurement apparemment.

    C’est un peu comme la « requisition de logement », qui va a l’encontre de l’article 2 de la declaration des droits de l’homme.

    Comme quoi, un gauchiste, ce n’est qu’une nouvelle version du despote.

    • Anonyme

      gauchiste toi meme. J’ai toujours voté à droite mais pour que l’état accueille officiellement les sans-papiers qui sont là pour travailler. L’humanisme n’est pas exclusif à la gauche, la logique non plus.

  • Anonyme

    Je souhaite, tout simplement vs faire part de mes réflexions sur le sujet évoqué.
    J’ai vécu en Tunisie, non comme touriste, mais comme Dr technique dans une sté à Sousse puis à Tunis.
    Je suis arrivé ds ce pays en janvier 1991, le 16+ exactement, cela vs rappelle sans doute quelque chose ?
    Radio Tunis, 16 janvier 1991, 9H00 (GMT)
    « Les premiers Tomahawks, lancés des porte-avions américains sont tombés sur Bagdad ! »
    Certes, tout à chacun sait bien, que les missiles « Tomahawks », ne sont pas lancés depuis les porte-avions, mais ce n’est peut être pas vraiment le sujet.
    A l’époque, il est vrai, que ds les rues de Tunis c’était un peu l’effervescence : croisillons en acier et barbelés barrant les rues menant aux ambassades engagées ds le conflit de la 1ère guerre du golfe, camions, moteurs tournants bondés de militaires, contrôles draconiens de tous véhicules entrant ds ces mêmes ambassades, autochtones vociférant contre la coalition (USA, France, Italie, GB, etc.) accusés de frapper l’Irak (pays arabe) avec leurs avions F16, F18, Tornado et autres Jaguars français.
    Même pas inquiété, le français ! (comme disent les jeunes), même aux confins des frontières tunisiennes, côté algérien, par exemple, malgré les portraits des Pdts Ben Ali et Saddam Hussein qui fleurissaient ds ttes les échoppes.
    Mais, il est vrai, ce n’est toujours pas vraiment le sujet.
    Et puis, j’ai eu l’occasion de travailler ds ce beau pays, plusieurs années, et même de joindre l’utile à l’agréable, en épousant une tunisienne.
    Mais ce n’est tjs pas le sujet.
    Et puis, peu avant de demander la main (et pas que la main) de ma future épouse, en regardant machinalement au travers des volets vénitiens de mon « triplex » à El Manar, je me suis rendu cpte qu’un policier, talkie- walkie à la main, surveillait ma demeure. Le manège a duré plusieurs jours, les policiers se relayant, 24 H sur 24.
    Je me souviens de ma tronche fatiguée que reflétait le miroir de ma salle de bain, après une belle nuit d’amour passée avec la belle tunisienne ? , mais non, seulement à observer la relève des policiers au bas de mon appart. .
    Que cherchaient t-ils ?
    Suspect le roumy qui demande la religion musulmane afin de pouvoir épouser une musulmane ?
    Et, si la demeure était un repaire de « barbus » ?
    Et, la convocation chez les « flics » avec à la clef les questions qui fusent :
    « Pourquoi, voulez-vs devenir musulman ? »
     » Et la fille que vous allez épouser, elle demeure où ? » (sans rire, comme si, ils ne le savaient pas !)
    Pas le temps, ni la place de vs écrire mes réponses.
    Et puis (bis repetita), ce matin, où, arrivant au bureau, j’apprends de la bouche de mon patron tunisien et ami d’ailleurs, que mon dessinateur industriel s’est fait pincé par la police, à Tunis.
    « Il distribuait des tracs, paraît-il »
    Et… de ne jamais + le revoir.
    Mais ce n’est tjs pas le sujet. Bah… quelque part peut-être… que si ?
    Alors, pas beau la Tunisie ! Un peuple tétanisé par la peur ! Dirigeants corrompus ! Etc.
    Arrêter vos conneries. J’ai eu l’occasion de côtoyer aussi bien le tunisien ouvrier que grand patron,
    dans les grandes villes comme ds les patelins les + reculés… ça va, pas de panique, tout va bien, à condition de s’occuper de ses affaires et de ne pas parler « politique ». Normal ? après tout chacun son job.
    Je pense, très honnêtement que les gouvernants de ce pays ne sont pas + corrompus qu’ailleurs, que le pays est bien géré et que le Pdt et le gouvernement offre un rempart indéniable a l’islamisme radical.
    Et puis (encore !), imaginez, un instant ce que pourrait devenir l’après BEN ALI (Qu’ALLAH lui prête longue vie).
    Un pays mirvé de barbus (la faillite pour Gillette), des femmes recouvertes de bâches, la chape de plomb qui s’abat sur le pays à l’instar de pays comme l’Afghanistan, le touriste aux abonnés absents, et là effectivement un peuple tétanisé par la peur.
    A suivre... peut-être.
    Merci de votre attention

    • fratus
      • Posté à 16h58 le 07/11/2007
      • Internaute 14119

      Ok très bien.

      Mais si je vous suis, c’est pas loin d’être « beaucoup de choses plutôt que des barbus » non ?

      Personnellement, je pense que s’il faut qu’un pays passe par l’étape « barbus » pour se dire que le libéralisme politique c’est moins pire et que c’est ce qu’il faut appliquer alors autant le faire.

      De toute façon, à regarder les pays arabes en général, on image très bien comment ça se passe dans les régimes policiers nationalistes... ça pousse les extrêmes.

      A mon sens il est des remparts qui ne valent pas mieux que ce qu’ils retiennent. D’autant qu’au contraire, les barbus seraient obligés de composer, non pas avec de pauvres personnes sans éducation et recul comme en afghanistant mais avec une population plus éduquée sachant ce qu’est l’occident, ses qualités et ses défauts.

    • Anonyme

      il faut donc un rempart de dictature pour « immuniser » les « barbues » ? Il faut donc vivre avec la peur au ventre à la moindre blague ou satire contre Ben Ali et famille ?

      Patrons ou ouvriers, tous sont muselés. Il n’y a pas deux choix : Vivre à l’ombre de la politique, c’est à dire accepter tout et n’importe quoi ou crever comme votre ancien collègue qui a commis le crime de distribuer des tracs. Peut être est-il mort, mais vous, vous vivez tranquilo : c’est rassurant n’est-ce pas, de se taire.

      Vous tairiez vous aussi, si demain, tous vos voisins de Sousse disparaîtraient ?

      On peut diriger un pays sans voler. Pour preuve, Bourguiba n’avait pas plus de 400 francs sur son compte bancaire lors de sa « destitution » par Ben Ali.

      Je suis celle qui a parcouru la Tunisie en voiture de location. Patrons ou ouvriers, à l’énonce du nom de Ben Ali, j’ai vu et la peur s’instaurer et un silence malsain.

      Il « gère » si bien la Tunisie le Ben Ali que le chômage des jeunes est plus qu’alarmant. C’est le chômage qui fait augmenter le radicalisme vers l’intégrisme islamique ! Je vous assure : la Tunisie ne sera pas épargnée...

      • Anonyme

        j’ai visite la tunisie aussi en voiture, deux annees de suite. Je me suis fait une opinion a droite a gauche et le resultat c’est que tout ce que vous avez decrit reflete la realite. C’est un president dictateur qui pour gagne de l’argent sur la societe est pret a tuer les enfants en les torturant et en volant. La pire espece !

  • Anonyme

    Tant que Ben Ali sera là, les barbus n’y seront pas...vivants, en tout cas ! MDR

  • Anonyme

    A vrai dire étant tunisien je suis parfois septique quand à la manière de décrire un pays qui essaye d’aller de l’avant malgrès tous les murs qui font face...
    La femme est libre elle a voté avant les francaises, elle peuvent avorter ds n’importe qu’elle hosto libre de divorcer etc... cherchez un pays arabe ou musulman avec des femmes aussi libre... y’en a pas. économiquement on a rien ni pétrole ni autre resource naturelle, donc on fait avec, on s’instruit et on essaye de faire en sorte que le pays avance et se modernise grace à la force et panache des tunisiens !
    et pourquoi certaine personne s’oppose à cette avancée ? les islamiste st dangereux ! et si la police est omniprésente et controle tout eh bien qu’elle le face pour etre en sécurité et garantir la sécurité au touriste (font vivre des 100 aine de milliers de familles... on est très vulnérable et faut prendre aucun risque ! ! certe tout n’est pas rose (on torture la coiffeuse et sa bande rapetout...etc mais bon ça reste marginal ça ya qu’a voir sarko lui aussi se sert à 170% ; o)
    bref ya des efforts à faire en tunisie sur certain point mais je pense que ben ali a bien géré le pays et je doute qu’il soit incompétent comme certain le prétende...
    quand à dire que tout le monde à peur lol de lol ce ne sont que les opposants politiques ou les islamistes qui ont peur ! le reste de la population n’a pas peur ! et moi n’ont plus même si je critique le gouvernement à des soirées ou de tps en tps au café... ts le monde le fait ! faut juste etre clin ;)
    les agissements de groupe organisé sont suivit de près en effet... les islamistes st surveillé oui mais bon après tout en europe, la police vous regarde à travers des mini caméras... et des puces vt etre intégré dans la peau très bientot...
    des corrompus ça manque pas (cf Airbus etc...) mais c’est à coup de milliard qu’ont entube le peuple en europe et en toute impunité...
    sarko a viré le rédacteur de paris match (photo cécilia avec un autre mec)... liberté de presse vous dite ? ? ? lol j’en passe mais sachez que ce qui se passe en tunisie se passe également chez vous en france...

    • Anonyme

      La modernité d’un pays est proportionnelle à la place que les femmes y occupent. C’est pour celà que la Tunisie est une exception dans le monde arabe. Déjà Bourghiba avait donné des droits très avancés aux femmes. Si la police est si présente, c’est pour assurer la sécurité : celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre. Les islamistes sont surveillés de près, ce qui est très important en regard de ses frontières avec l’Algérie, repaire d’Al-Qaïda Maghreb. Le tourisme est en effet un apport économique de première importance, il faut pour que les touristes y séjournent que la sécurité leur soit assurée.

      Mon-Al

  • Annissa75
    • Posté à 18h31 le 07/11/2007
    • Internaute 1688

    Avec tout le respect que je porte aux tunisiens ce qui se passe en Tunisie n’est pas nouveau et l’inertie des pays européens et internatinaux ne fait qu’accentuer ce qui s’y passe. cette conivence les rend complice de cette dictature. La Tunisie est « une vitrine magique », un regime dictatorial qui sous couvert de lutte contre le terorisme se permet de bafouer de maniere horrible et honteuse les droits de l’Homme. Quand on lit un journal tunisien on se demande bien à quoi sert le journalisme si ce n’est pas à denoncer ce genre de chose mais il est vrai qu’il est tres dur voir même impossible pour un journal ou un simple citoyen d’oser s’en prendre à Ben Ali et sa famille. Les tunisiens vivant hors de ce pays devraient denoncer cela avec plus de rigueur. C’est avec satisfaction qu’on peut lire sur internet le journal algerien « Le Matin », certes interdit en Algerie mais qui ose tout de même s’exprimer de maniere parfois virulente contre le pouvoir. Puique les Etats-Unis sont les sauveurs du monde, alors pourquoi est-ce que Bush n’enfile pas sa cape pour aller retablir la democratie en Tunise ? ? Le petrole n’y est pas aussi important qu’en Irak...

    Un article interessant est publié sur le site courrier international à ce propos.
    TUNISIE • Vivre sous l’œil des informateurs

    • Anonyme répond à Annissa75

      tu voudrais que bush vienne instaurer une démocratie en tunisie ? ? tu rigoles j’espère ! ! ! moi je veux pas d’un irak dans mon pays et quand à ta façon de voir les choses ya de quoi avoir peur... tous n’est pas faux dans ce que tu dis ... au sujet d’une presse lèche C u l et un manque de réaction des tunisiens... les tunisiens ne réagissent pas par leur réputation de non violent comparé à l’algérie par exp... ou on a bien vu ce qu’a donné une démocratie....
      Alors chere Annissa qu’est ce que tu ferais si les islamiste prennent le pouvoir et t’imposent de porter un voile... t’empeche de conduire ou partager ton homme avec 2 ou 3 autres femmes ? ? ? ou encore tu finirais peu etre lapidée parceque tu aurais rencontré un ami d’enfance...
      soit pas utopiste une démocratie a besoin de tps et d’éducation la tunisie y arrivera lentement mais surement ... pas sous Ben Ali ...

      • Anonyme

        Cher compatriote, c est avec grand interet que j ai lu tes messages.
        Tu as exactement les memes rewflexes que la majorite des tunisiens, je m explique, a partir du moment ou une critique est formule contre la Tunisie et son pouvoir par les medias internationaux, les Tunisiens se braquent et se mettent a defendre bec et ongles leur ppays.Ils font tous mines d oublier la realite et nous servent le discour« c est un mal pour un bien »
        Laissez moi vous dire quelque chose la montee de l islamisme en Tunisie n a qu un seul responsable C est BEN ALI et la famille de sa femmeTRABELSI

  • Anonyme

    Et ça fait combien de temps qu’on dit que la Tunisie a besoin de temps ?

    A compter de quand la Tunisie sera t elle enfin prête ?

    Education, tu dis ?

    Mais les tunisiens ne sont ils pas les plus « éduqués » dans la région (taux de scolarisation) ?

    Mais peut être veux tu parler d’éducation démocratique ?

    Il est de la responsabilité du pouvoir politique d’acheminer la Tunisie vers la démocratie...et lorsque le pouvoir est défaillant à cette égard...c’est à la population, si elle le veux assez, de l’arracher

    Depuis quand faut-il choisir entre le voile et la parole ?

  • Anonyme

    3+7=11

  • Anonyme

    nous y’voilà !
    comme le rappelait Robert Ménard(reporters sans frontières), les déspotes et leurs régimes imposent à leur peuple de « choisir entre la libérté et la sécurité ».
    et puis le bel argument : « le rempart contre l’islamisme » ; alors que toutes les analyses historiques et politiques sérieuses démontrent que l’islamisme qui est le nouveau visage du populisme dans ces pays a été enfanté par l’echec du nationalisme,lequel baillonnait déjà la liberté d’expression au nom de « la lutte contre l’impérialisme et ses suppôts de l’intérieur ».
    quant à l’autre argument qu’est la prospérité économique, qu’elle soit réelle ou factice,celle-ci posera à un moment ou un autre, et c’est déjà le cas en Tunisie, je crois, la question de la redistribution des richesses et du partage du gateau et c’est là que ça va se corser, car la dictature de Ben-Ali, ne peut pas avoir mis en place les mécanismes de redistribution et de justice sociale mais plutôt l’omnipotence et la main-mise d’un clan prévaricateur celui de l’épouse du président et de sa famille les Trabelsi.
    last but not least, l’argument de la condition féminine, « tellement en avance sur les autres pays voisins » ! est relativement recevable. mais il est d’abord l’héritage de la période Bourguiba et le tyran l’exploite jusqu’au bout ; car il a compris sa portée en occident qui ne demande que de quoi relativiser et se donner bonne conscience afin de pouvoir continuer de passer ses vacances au soleil et surtout faire des affaires.

    Patriot vigilant

    • Anonyme

      parfaitement d’accord avec toi

  • Anonyme

    de notre côté de la mer, on refuse le droit d’asile politique aux tunisiens, trois lignes plus bas, des tunisiens arrivent à défendre l’indéfendable...

    allez comprendre.

    de toutes façons, tout le monde ira aux jeux à Pékin, alors...

  • JRCW
    • Posté à 10h38 le 08/11/2007
    • Internaute 14108

    Un régime qui enferme ses journalistes n’est pas un régime démocratique. Point barre.
    Et si en sus ce régime est soutenu par la France je me demande ou est passée notre démocratie.
    Cordialement vôtre

  • Anonyme

    La tunisie est devenue un pays émergent sous la direction de Ben ali.Elle a un taux de croissance remarquable de 6% par an et son niveau de vie est équivalent à celui des pays de l’est aujourd’hui.Le pari éconiomique est donc gagné.Effectivement,ce pays n’est pas une démocratie mais citez moi un pays arabe hormis la mauritanie et la palestine(vote nié par tout le monde ou presque)qui soit une démocratie.Réponse : aucun.Nous naviguons entre des régimes semi-autoritaire type maroc,algérie à la pire des dictatures comme l’egypte.
    De plus,si des élections libres avaient lieu en tunisie,les islamistes fondamentalistes l’emporteraient haut la main.Mr Abbou est très courageux dans son pays mais ultra minoritaire.Donc,quitte à être cynique,Ben ali est la moins pire des solutions.s’il n’était pas au pouvoir,un barbu serait à sa place et les femmes qui jouissent d’un statut sans équivalent dans le monde arabe en prendrait pour leur grade.
    Said Sellali

    • Anonyme

      réponse à Said Sellali.
      je t’invite à relire mon commentaire de 04h17 par patriote vigilant.
      ton argumentaire est fallacieux et l’histoire ne cesse de te donner tort.
      jamais le déni de droit et de libérté n’a triomphé de l’intégrisme ; il l’a nourri.
      ces despotes n’hésiteront pas à s’allier avec ce même islamisme si leur maintien au pouvoir venait à l’exiger.

      patriote vigilant

  • Anonyme

    jai vu le commentaire de M Abbou certe le langage qu’il entetient est celui de l’eternel opposant car il dénigre le pouvoir sans présenter des alternatives
    certes il reste beaucoup a faire pour que la Tunisie devient une démocratie mais ce qui a eté fait mérite une attention particuliere.
    Evitant donc ce langage de bois La Tunisie est l’affaire de tous et le président ben Ali travaille pour la développer je suis pret a offrir a ceux qui n y croit pas l’opportunité de voir le pays sur le tas pour parer a toutes calomnies
    Citoyen Tunisien