Vos Réactions 06/11/2007 à 23h56

La majorité des prostituées sont des mères de famille provinciales


Comme toujours, le travail du sexe excite les neurones et... les prostates ! Je me permets d’intervenir dans le débat car je suis, me semble-t-il, légitime à double titre. Comme pute, je l’ai été, et comme travailleur social auprès de celles-ci, je l’ai aussi été. Tout d’abord, je vous engage à lire le livre « La prostitution à Paris » (éditions de la Martinière, 2005) qui, à ce jour, est le seul ouvrage qui reprenne bien l’ensemble de la thématique et laisse la parole aux premières concernées. Ensuite, lisez l’oeuvre de Grisélidis Réal, écrvaine géniale.

Quelques chiffres. La prostitution de personnes recevant des clients ne représente que 1% du chiffre du travail du sexe. Le reste provient en grande partie du porno, qui fait partie intégrante de l’industrie du film et n’est pas considéré comme de la prostitution. Pourtant il y a acte sexuel contre une rémunération.

La très grande majorité des prostituées en France sont des mères de familles françaises provinciales, qui travaillent pour leur compte. Les immigrées mises en lumière par les médias ne sont donc pas représentatives de la profession (ce qui n’enlève rien à l’horreur de leur condition bien-sûr !).

Le proxénétisme, jusqu’à la loi sur la sécurité intérieure, était marginal. Aujourd’hui il est en recrudescence, sous la forme du proxénétisme immobilier. Il s’agit de propriétaires qui louent trois fois le prix du marché à des travailleuses du sexe. C’est un « commerce » très rentable qui comporte somme toute peu de risques. La prostitution en tant que telle n’est pas interdite en France, tout simplement elle n’existe pas comme métier, d’où les stratégies de contournement législatifs pour la combattre, comme le racolage passif.

La plupart des travailleuses du sexe paient des impôts, mais il n’est pas possible de le faire sous la dénomination de « prostituée » ou de « travailleuse du sexe ». L’imposition se fait sur la base des plus grosses journées de travail multiplié par 365 car, comme chacun le sait, les putes ne sont jamais malades, n’ont pas le droit au repos hebdomadaire et ne prennent pas de congés ! Cela, bien sûr, n’ouvre pas droit à l’assurance maladie ou à la retraite et il y a des prostituées qui travaillent bien au delà de 65 ans. Toute personne qui vit ou a un échange d’argent avec une prostituée est un proxénète. Par exemple : la fille d’une prostitué sera proxénète si sa mère lui verse une pension ; le ou la compagne d’une prostituée est de facto proxénète, etc.

Les putes qui manifestaient hier ne disaient pas que le métier de prostituée est la panacée et que toutes celles qui pratiquent cette activité le font par choix. Ce qu’elles disaient, c’est tout simplement que la position abolitionniste de la France est contre-productive pour tout le monde, y compris pour l’Etat.

Elles revendiquent le droit, comme tout un chacun, à travailler tranquillement et à disposer librement de leur corps. Elles revendiquent que ce travail soit reconnu comme une profession libérale, au même titre que les infirmières ou les comptables, comme en Suisse.

Rapports non protégés

La professionnalisation de la prostitution est aussi un problème de santé publique. En effet, travailler dans de mauvaises conditions (c’est un euphémisme) entraîne une fragilité face aux clients qui, dans plus de 80% des cas, demandent ce qu’ils appellent des « rapports naturels », c’est à dire non protégés. Ces clients sont la plupart du temps des pères de famille mariés.

Une prostituée qui peut travailler sans risque aura le chaland suffisant pour refuser de tels clients et imposer le préservatif car, bien sûr, comme vous, elle ne souhaite pas contracter une infection sexuellement transmissible. Par contre, face à la précarité de leur situation, nombre d’entre elles seront contraintes d’accepter un rapport non protégé.

Prenons l’exemple des travailleuses du sexe du bois de Boulogne, qui sont, depuis des années, presque exclusivement des personnes transgenres (travestis, transsexuelles, intersexes) sans papier ayant fuit leur pays pour sauver leur peau, mais n’ayant pas le statut de réfugié pour discrimination de genre auquel, selon la convention de Genève, elles auraient dû avoir droit.

Bien souvent, la seule solution pour elles est la prostitution. Ensuite, du fait de la loi pour la sécurité intérieure et parce que la France ne respecte pas, pour cette catégorie, la convention de Genève, la seule solution pour pouvoir rester légalement en France est d’obtenir une autorisation provisoire de séjour pour soin.

Pour ce faire, bien sûr il faut une pathologie grave et durable. Alors, un grand nombre contractent sciemment le virus du VIH. En effet, cela leur permettra de se protéger d’une expulsion fatale pour leur vie, et d’aider leurs proches au pays. Elles sont plus d’un millier dans ce cas en Ile-de-France.

J’ai toujours été sidéré de leur capacité à débattre

Dans la prostitution, rien n’est simple. Notre approche de la thématique est brouillée pour de nombreuses raisons. Les médias aiment à nous donner une vision sensationnaliste de ce monde. Ce versant de la prostitution existe et il faut le dénoncer, mais il n’est pas représentatif de la profession.

La plupart des associations qui s’occupent de prostitution ne sont pas des associations de prostituées, elles sont le fait de professionnels abolitionnistes et n’ont aucun intérêt à ce que les travailleuses du sexe s’émancipent. Elles vivent de la prostitution et à ce titre sont considérées par les putes comme des proxénètes ! (Lire « J’ai des mots à vous dire », de Claire Carthonnet, éditions Robert Laffont).

De l’autre côté se trouvent les personnes concernées. Celles qui manifestent ont le soutien de l’ensemble de la communauté, qu’elles aient choisi ce métier ou qu’elles soient esclave. Simplement, celles qui sortent dans la rue sont celles qui courent le moins de risques. Elles s’organisent, posent des revendications et font partie intégrante du mouvement social.

Beaucoup sont engagées dans les luttes contre les discriminations de classe, de sexe et contre le racisme. Elles ont une conscience politique, lisent les journaux, s’informent,votent lorsqu’elles le peuvent, bref sont des citoyennes actives. Beaucoup ont fait, soit en France soit dans leur pays d’origine, des études supérieures et parlent plusieurs langues.

Ce ne sont pas, même lorsqu’elles proviennent de milieux très défavorisés, de « pôvres filles », car leur métier est un incroyable observatoire de notre société, qui a pour effet d’obliger à réfléchir, à se questionner, à questionner le monde dans lequel nous vivons. J’ai toujours quand à moi été sidéré de la qualité de réflexion et de la capacité à débattre de la part des putes.

A mon sens, dans le cadre d’un projet de société plus juste, nous ne pouvons nous passer des prostituées, car elles sont au coeur de celui-ci, de par la place qui leur est réservée au bas de l’échelle sociale. N’oublions pas que, dans toutes les révolutions, elles furent parmi les premières à bouger.

Alors, s’il vous plaît. Comme pour n’importe quelle minorité, ayez l’humilité de les écouter, de ne pas vous projeter en elles, de ne pas immédiatement jeter l’opprobre sur elles et sur cette profession, de ne pas, au prétexte de faire disparaître le proxénétisme, leur jeter la pierre. La solution n’est pas là et, ce faisant, vous vous coupez d’une partie du peuple en lutte pour un monde plus humain.

Ce texte a été posté en réaction à l’article de Zineb Dryef sur la manifestation des prostitués à Paris.

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  • PétaouSchnok
    • Posté à 00h10 le 07/11/2007
    • Internaute 11586

    Excellent article. Rien de plus à dire...

    • Anonyme répond à PétaouSchnok

      Merci pour cet excellent article ainsi que pour celui de Ginette Drief auquel il fait référence.
      Il m’aura permis de noter quelques bonnes adresses.

      Steve P. (puceau boutonneux mais de gauche)

      • k_reno
        k_reno
        Voyageur
        • Posté à 12h18 le 07/11/2007
        • Internaute 15813
          Voyageur

        Même si je n’ai pas d’autre légitimité que celle d’observateur, je pense personnellement que si les personnes qui exercent cette profession doivent être respectées (ni poursuivies par la justice, ni privées d’assurance sociale), il s’agit tout de même d’une profession dégradante pour les personnes qui l’exercent, trop souvent contraintes ou forcées, dont il ne convient ni de faire l’apologie, ni de soutenir le développement.

        Je ne crois pas que la pornographie ni la prostitution soient nécessaires pour une société plus juste. En revanche, ce sont des réalités dont il faut tenir compte en essayant de préserver au mieux la dignité des individus.

        Le propos sur les méres de famille provinciales m’inquiète également. Même si la remarque est juste, ce dont je ne suis pas certain, ce qui est inquiétant de l’exercice de la prostitution c’est le traffic d’êtres humains, l’utilisation de la force, les dérives criminelles. Il est donc souhaitable que ce soient ces dérives qui soient stigmatisées, et que l’existence éventuelle d’une prostitution gentillette ne serve pas de cache misère.

         
        • meg
          meg répond à k_reno
          • Posté à 17h49 le 07/11/2007
          • Internaute 12017

          Qu’est ce qu’il y a de gentil à etre si mal payé qu’on doive tapiner pour payer son loyer et vivre décament ?

          Toutes ces mères de familles, si on leur donnais un salair décent pour leur traval n’auraient pas besoin d’exercé cette activité pour finir le mois. Activité dangeureuse sur le plan physique et mental.

          C’est au contraire bien plus inquétant que je ne le pensait. Les femmes sont maintenant tellement mal payé que la majorité des prostituées sont des mères de familles de province en détresse économique. Et j’ai pas l’impression que ca va s’amélioré avec la politique actuel.

          • Anonyme répond à meg

            hey faut arreter de déconner la ! !
            c’est la faute aux autres si elles sont devenues prostitués ces pauvres mères provinciales ? ? ( je ne parle pas la des réseaux ou les filles sont forcées)
            elles ont fais un choix il me semble !
            personnelement ça m’aurait vraiment fait chi** si ma mère avait fait ce choix plutot que de faire des ménages, ensuite garder des enfants et ensuite faire une formation pour devenir secrétaire ! ho bah merde alors c’est possible ! mais comment ca se fait ?
            parce qu’il y en a qui s’accroche et qui ont une dignité !
            se prostitué c’est choisir la facilité !
            meme si cette activité n’est pas facile, ca l’est toujours plus que d’aller travailler 8h par jour pr gagner une misère ! quoi me dites vous ? c’est une aide en plus financièrement ? merde ma mère à moi elle a fait les marchés pour se faire un complément de revenus ! donc ca voulait dire plus de week-end ! c’est quand meme bizarre c’est gens qui s’en sorte sans se prostituer !
            alors arretons l’hypocrisie s’il vous plait !
            si déjà les hommes arrivaient à controler leurs pulsions beaucoup de choses changerais dans cette scociétè ou le sexe est présent partout !
            et nan je ne suis pas une vieille fille moche aigrie ! j’ai 22 ans, en couple et épanouie, étudiante qui travaille 20h par semaine pour essayer de vivre !
            tiens mais si j’allais me prostituer pour gagner plus !
            et qu’on vienne pas me dire que c’est un métier comme un autre et qu’on se respecte quand on fait ce choix ! se faire payer pour « baiser » c’est tout sauf digne !

        2 autres commentaires
    • romi45
      romi45 répond à PétaouSchnok
      découvre l'information
      • Posté à 14h01 le 07/11/2007
      • Internaute 20205
        découvre l'information

      tres tres bon article
      bravo

  • Servais-Jean
    • Posté à 00h21 le 07/11/2007
    • Internaute 4591
      43

    Excellant article qui éclaire la vision que l’on a de ces dames si décriées à tord.
    Je me souviens d’un juge qui avait été radié aprés s’être marié avec l’une d’elle.Il a d’ailleurs écrit un livre et il me semble qu’il vit en Haute Loire,pas loin de St Etienne.

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      est ce que le fait qu’il vive en haute loire, pas loin de st etienne est important ? ? ? ? S’agit il de montrer du doigt quelqu’un ?

      Note a rue89 : ne serait il pas judicieux d’effacer cette partie du commentaire auquel je réagit, ainsi que le mien, afin de protéger le juge en question ?

      • Anonyme

        Il me semble que vous n’ avez pas vu la phrase plus importante que St Etienne :

        « qui a écrit un livre »

        et puis c’est grand St Etienne surtout avec les environs

  • Anonyme

    J’ai vendu des sandwich et des mergez frites dans le bois de boulogne, pret de bagatelle il y a plus de 15 ans et a l’époque, les travs étaient parisiens et les les trans venaient d’amérique du sud, avec un gros réseau, et des proxos a tout les coins de rues. Elles étaient les esclaves d’un système économique basé sur le sexe, mais avaient des papiers. L’esclavagisme était basé sur le remboursement des traitements hormonaux voire chirurgicaux, presque ad vitam eternam. Je suis surpris de voir qu’aujourd’hui il s’agit de sans papiers - Quelles sont les origines majoritaires ?

    Question de beotien : je n’avais encore jamais rencontré le terme d« intersexes », quelle en est la définition ?

    • Anonyme

      Sont intersexe toutes les personnes qui ne naissent pas avec un corps conforme au masculin ou au féminin. Elles peuvent se vivre en homme en femme ou autrement. On peut aussi les appeler hermaphrodites.
      Comme les personnes transsexuelles elles n’ont souvent comme solution de survie que la prostitution car dans la plupart des pays elles sont pourchassées pour leur différence et en occident le fait de ne pas avoir un corps conforme à son sexe administratif est rédhibitoire pour accéder à un autre emploi que celui de prostitué. Par contre dans cette activité elles ont un réel créneau commercial car ce qui est rare excite les fantasmes de ces messieurs.

      Vincent Guillot
      Porte parole de l’Organisation Internationale des Intersexes pour l’Europe
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      • Puttermesser
        • Posté à 11h38 le 07/11/2007
        • Internaute 6280

        « ce qui est rare excite les fantasmes de ces messieurs. »
        et de ces dames aussi mais nous ne fréquentons guère les prostituées ! !

        Bravo pour l’article.
        Je n’aime pas l’idée qu’une femme puisse être un objet, je serais plutôt une « sale réac » qui dans un monde idéal abolirait la prostitution.

        Mais, comme ce n’est pas pour demain et que cela entraînerait d’autres dérives, il me semble absolument urgent et fondamental de réformer le statut des prostituées !

        Courage !

         
        • Anonyme répond à Puttermesser

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          cest long mais c’est un avis argumenté sur la question abolitinisme/regularisation. vraiment interressant.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    La Banque Mondiale, l’ONU, Amnesty International, Le conseil de l’Europe, les rapport fait sur la prostitutions montrent, chiffre a l’appuie, que 85 % des prostitues sont des femmes trafiquees.

    Le trafic des femmes dans le monde pour la prostitution representent le deuxieme business le plus lucratif apres la drogue.

    Pour devenir prostituees, ces femmes auxquelles on avaient promis des emplois de serveues passent a travers differents rites d’exclavagisme, allant de viols quotidiens, a la violence et la prise de drogue. 90% des prostitues sont drogues. La combinaison de la confiscation de leur passeport, les viols quotidiens, les brimades, les humiliations (dont le viol) contribue a les rendre docile afin que les proxenetes empochent le maximum d’argent.

    De plsu le voyage pour venir dans le pays d’accueil fait partie de leur dette. Il est bien montre que cette dette, elles n’arriveront jamais a les rembourser car elles augmentent perpetuellement.

    85% des prostituees ne peuvent en aucun cas denonce leur conditions de vie et d’exclavagisme sexuelle aupres d’une quelconque police car elles seront directement renvoye dans leur pays ou elles devront expliquer a leur famille ce qu’elles ont fait.De plsu majoritairement, elles ne parlent pas la langue du pays et des fois, du fait du traffic, ne savent pas dans quel pays elles sont.

    Dire que les prostituees ne sont que des meres provinciales est un mensonge qui contribue a renforcer le traffic des femmes.

    Dans une societe ou la place des femmes est encore bien en dessous de celui des hommes, ou la violence conjugale et la mort est quasi quotidienne, que role de la femme est d’etre sexuellement disponible pour les hommes, il est tout de meme dangeureux d’avoir un discours aussi liberal. Ce discours pretend en gros que les femmes ont le choix et donc si elles sont prostituees, c’est uniquement par choix.

    Les prostituees n’ont pas le choix, et elles sont violees perpetuellement.

    Entre l’hyper mediatisation de la degradation de la femme, sa sexualisation a outrance, l’exploision de la pornographie, on ne peut pas pretendre que la femme a le choix.

    les recherches academiques montrent bien qu’une exposition a outrance a des images pornographiques a des consequenses sur les enfants et les ados qui les regardent. Ce qu’ils voient dans les films pornos, ils estiment que c’est la norme sexuelle.

    Q’est-ce que l’on voit dans les film pornos. Un excellent document a ete fait par les etats unis sur l’ampleur du business de la pronographie aux USA. On y voit la mort de femme, le voil de femme, les viol collectif, la mise en escalvagisme des femmes pour satisfaire un soi-disant besoin sexuel des hommes.

    La prostitution n’es tque le reflet de cette croyance. les hommes ont soi-disant des besoins sexuels et les femmes doivent etre la pour les satisfaire.

    L’ensemble des ces pratiques sont contre les droits humains.

    On n’hesite pas a denoncer les pedophiles quand les enfants sont abuser sexuellement, c’est a dire des personnes entre 1 et 18 ans et quand cette personne a 18 ans on appelle cela un choix. Ce ne’st pas un choix. c’est un societe patriarchal qui prend les femmes pour des objets sexuels.

    Une etude d’ampleur a ete fait dans differents pays pour montrer que le choix de la prostitutions etait un choix errone. Si on demande a ces prostitues si elles feraient autre chose, elles repondent oui. De plus, une grande majorite d’entre elles, du fait de la societe dans laquelles on vit, sont tellement degradees, humiliees, mises plus bas que terre, estiment qu’elles ne sont pas capables de faire autre chose. la prostitution n’est pas un choix mais bien un processus de degradation et d’humiliation qui mene la femme a se mettre elle-meme plus bas que terre.

    La prostitution, comme pour la Suede et bientot pour l’Espagne devrait etre condamnee et les clients devraient etre mis en prison pour abus de droits humains

    Ce a quoi il faut s’interrsser quand on parle de la prostitution, c’est combien les proxemetes se font d’argent et cela nous donne une bonne idee de la raison pour laquelle tant de femmes sont trafiquees

    • Anonyme

      Cher CA de 01H27,

      Vous nous dites : « La Banque Mondiale, l’ONU, Amnesty International, Le conseil de l’Europe, les rapport fait sur la prostitutions montrent, chiffre a l’appuie, que 85 % des prostitues sont des femmes trafiquees ».

      Pour ma part je parlais de la situation en France et je vous engage à lire le très bon livre « La prostitution à Paris » aux éditions de La Martinière qui était au départ une étude commandé par la Mairie de Paris lors de la mise en place de loi dite LSI.

      Je ne fais pas la promotion du travail du sexe et note que des prostituées sont esclave. Quel que soit le pourcentage, c’est inacceptable, Mais je maintiens que la majorité des prostituées en France sont des mères de famille françaises et libres de leur choix.

    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 10h42 le 07/11/2007
      • Internaute 19295

      Vous croyez sincérement que mettre tout le monde en prison va résoudre le problème du trafic d’ êtres humains ? c’ est exactement le contraire qui risque de se produire.
      La prohibition de l’ alcool aux USA prônée par les ligues féministes bien pensantes a aboutit à un énorme trafic souterrain et à l’ explosion des maffias et à Al Capone...
      Méfiez-vous des solutions trop simples à une question bien plus complexe que la description que vous en faites.
      Et dans la mesure ou il n’y aurait aucune violence, aucune contrainte, mais un choix clair serait-il si choquant de considérer le sexe tarifié comme une fonction sociale et pas forcément comme quelquechose de dégradant ?

      • meg
        • Posté à 18h07 le 07/11/2007
        • Internaute 12017

        La contrainte et la violence existe et ce sont des contraintes et violence économiques. En france a qualification egal et travail egal les femmes sont encor payer 20% de moins que les hommes. Le taux de chomge des femmes est superieur a celui des hommes, le travail à mi-temps subit est une réalité féminine. Les femmes se conltinent les boulots les plus mal payé avec des horraires de plus en plus fractionner. C’est une violence et celle violence pousse des mères de familles à chercher des revenus par ce moyen dangeureux. Ce n’’est pas un choix libre et consentie, ca ne fait aucun doute que ces femmes feraient autre chose si elles y trouvaient un moyen de boucler les fins de mois.

        Tous les exemples de prostituées hommes et femmes donné par l’auteur de cet article sont des gens contraints qui ne trouvent pas d’autres moyen de vivre. les trans, intersex, sans paiers, femmes pauvres... c’est pas ce que j’appel un choix libre.

        Il est evident que la poursuite des prostituéEs auquel on assiste aujourd’hui est une très mauvaise chose, mais on ne peu continuer a accepter que le confort sexuel masculin légitime l’exploitation des femmes et trans.

        Il faut lutter pour que les trans, intersex, travestis ne soient plus rejeter socialement, et qu’ils trouvent de vrais emplois.

        Il faut lutter pour l’egalité des salaires entre hommes et femmes et pour l’augmentation des bas salaires, la fin de la précarité.

        Et surtout pas légaliser l’exploitation de la misère des trans, travestis, intersex et mères de famille !

         
        • Anonyme répond à meg

          En attendant que la lutte aboutisse, fin de la précarité, salaires décents pour tout le monde, etc.. etc... et j’ai lutté (comme vous je l’espère) assez concrétement pendant une trentaine d’années dans ce but, mais j’ai la cruelle impression qu’il faudra encore un paquet de temps(hélàs !)pour y arriver.
          Vous dites surtout ne pas légaliser l’ exploitation de la misère OK
          Mais on fait quoi concrétement aujourd’hui en attendant les lendemains qui chantent...

          • meg
            meg
            • Posté à 19h17 le 08/11/2007
            • Internaute 12017

            Je n’ai pas de solution miracle. A mon avis en attendant, le moins mauvais à faire est de foutre la paix aux prostituéEs (en abrogeant la loi sarko sur le raccolage passif) et de pourrire méchamant la vie des clients et proxos. Le client est seul résponsable de la prostitution et de la traite des femmes, les macs ne font que leurs donner satisfaction et les prostituéEs essayent juste de vivre ou survivre.

            Je dit ca mais de toute façon j’habite Sarkoland et je n’espère plus rien de bon à court et moyen thèrme. (sauf, peut etre un paquet fiscal pour les prostituéEs de luxe que fréquente les gens de l’UMP et leurs amis du MEDEF !)

            Je ne croi pas une seconde que ce gouvernement va faire quoi que ce soit pour amélioré les conditions de vie des prostituéEs, au contraire il va y avoir de plus en plus de femmes en situation de grande précarité qui vont se retrouvé à faire le trottoire. Et je ne croi pas non plus que le peuple s’interessera au statu des prostituées pour faire pression sur ce gouv de salopards cyniques.

            Pour les droits des homosexuelLEs, (là je pense aux conditions de vie des trans, travestis et intersex qui ne trouvent pas d’emploi), vu que Vanneste vien d’etre réintegré à l’UMP, Boutin ministre des tentes, et toute la clique de réacs qu’on a au pouvoir... ainsi que le « retour du religieux » de tous poile... l’homophobie a de beaux jours devant elle.

            Pour les prostituéEs sans papiers, j’ose même pas en parler, maintenant qu’on a un ministère de la race qui veut du chiffre. Combien de prostituéEs dans les quotas d’immigration prevu par Sarko ?

            Autant dire que ca me semble vraiment mal barré pour encor un bon moment (sauf pour les clients, ils aurons bientot des promotions vu la banqueroute généralisé vers laquelle on fonce). Franchement les lendemains qui chantent je les entends gueuler le requiem.

            Désolé pour mon pessimisme mais j’ai beau essayé, je ne voie que du brun depuis le 6 mai.

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    je pensais pas en venant sur Rue89 être raccolé par un ex prostitué reconverti en travailleur social.

    Rue89 pourrait activer un contrôle parental afin de protéger les moins de 18 ans quand même !

    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 09h56 le 07/11/2007
      • Internaute 19295

      c’ est de l’humour j’espère ? ?
      j’ai un petit doute, rassurez moi.

      • Arnaud Aubron
        Arnaud Aubron répond à le-vilain-petit-canard
        Les Inrocks (et ex-Rue89)
        • Posté à 10h04 le 07/11/2007
        • Internaute 77
          Les Inrocks (et ex-Rue89)

        C’est étrange mais j’ai le même doute que vous.

         
        • le-vilain-petit-canard
          • Posté à 11h02 le 07/11/2007
          • Internaute 19295

          C’ était pas de l’humour.....
          c’était quoi alors ? ? ? étrange il me semble mon cousin etc.. ; etc..
          Pas d’humour hélàs
          AAAhh peut-être un désir enfoui et secret d’être raccolé ? ?
          Vous allez être contraint d’ ouvrir une rubrique « au boulevard des fantasmes »
          Y en a quand même des « sévères » sur le site (Réf réactions à l’article sur l’ école d’art de Bendora)

        • Anonyme répond à Arnaud Aubron

          vous êtes prié de respecter ma liberté d’expression.

          j’ai le droit d’être interpellé par un texte pronant la légalisation de la prostitution.
          ce que j’appelle facétieusement du raccolage.

          « les prostituées, d’honnêtes mères de famille provinciales »
          Vincent Guillot ne manque pas d’humour lui non plus.

          ceci dit, libre à vous de laisser vos filles se prostituer dans des immenses sex-center comme celui de Berlin, bondé pendant la coupe du monde de foot.

          remarquez, on peut toujours voir les choses sous le jour le plus favorable pour vous : en se prostituant occasionellement, vos filles se feraient de l’argent de poche et vous seriez quitte de les aider financièrement pour leurs études.

          et puis, comme je voudrais pas passer pour un horrible phallocrate ou un misogyne que je ne suis pas, je vous invite à vous prostituer vous même Arnaud.
          ainsi, vous pourrez nous raconter cela de l’intérieur.
          qui sait ? ce travail d’investigation pourrait vous rapporter plus que de l’argent, le prix Pulitzer par exemple.

          • Anonyme

            Désolé, mais ce n’ est pas A.Aubron, mais ma modeste personne qui vous posait une question. Le terme « facétieusement » laisse supposer un brin d’humour ou un peu de provocation. Mais personne n’ a attenté à votre liberté d’ expression, ou manqué de respect. A moins que, balancer une vanne soit un manque de respect, mais alors la vie serait bien triste.
            Ceci dit, on fait quoi concrètement, pour s’occuper du problème,on met tout le monde en prison (ce que certains commentaires proposent),ou on continue de regarder ailleurs, en disant, hou, la prostitution c’est sale ? ? ?
            Pour ce qui est de la supprimer, à mon avis, c’ est perdu d’avance .

            • Anonyme

              on fait quoi concrètement ?

              -on ne légalise pas la prostitution
              -on continue de subventionner les associations qui viennent en aide aux prostitués (es)
              -on pénalise les clients mais pas les prostitués (es) comme en Suède
              -on démantèle les filières (y compris sur Internet)
              -on fait de l’éducation sexuelle à l’école et des campagnes contre la prostitution dans les médias (ça exclut tout propos tendant à donner une image positive de la prostitution ou prônant sa légalisation)

              on ne supprimerait pas totalement la prostitution, mais on observerait une baisse significative (surtout de la prostitution forcée)
              ça ne serait déjà pas si mal.

        4 autres commentaires
  • Anonyme

    Tout d’abord il s’agit d’unE ex prostituéE. Ensuite, si vous pensez que je vous racole, posez-vous quelques questions sur votre propre sexualité cher anonyme. Car rien dans mes propos n’appelle de près ou de loin à un racolage quelconque et encore moins un racolage de ma part. Si par le plus grand ses hasards vous avez un souci de ce côté là, je me propose de vous apporter un accompagnement psychologique dont vous semblez avoir bien besoin !
    Pour ce qui est d’un contrôle parental, rien ne laisse supposer dans mon intervention qu’elle relève de celui-ci. Mes enfants lorsqu’ils étaient plus jeunes n’avaient pas accès à l’ordinateur sans contrôle parental, je vous suggère d’en faire autant.
    Porte parole de l’Organisation Internationale des Intersexes pour l’Europe
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  • Anonyme

    Très bon article. ça donne envie d’en savoir un peu plus et surtout d’aborder le sujet avec respect.

  • MèreEvé
    MèreEvé
    témoin
    • Posté à 09h23 le 07/11/2007
    • Internaute 10713
      témoin

    En complément sur un angle particulier, je viens de lire « Les Filières Africaines de la prostitution - mémoire d’une enquête » (éditions Ccinia Communication) du journaliste Olivier Enogo, qui est un complément à son film documentaire passé sur Planète il y a quelques mois. C’est effarant. Oui, il y a une misère terrible dans la prostitution cachée, qui est certainement la beaucoup plus grande partie de cette pratique. Chaque parcours est unique, entre la prostituée qui devient proxénète et la gamine d’une famille sans-papier qui à 13 ans paie le loyer familial « en nature » au propriétaire, et l’assassinat d’une jeune Ivoirienne qui laisse la police de marbre… C’est vraiment un monde qui existe juste à côté de chez nous sans que nous en ayons le moindre soupçon.

  • Emal Vidor
    • Posté à 09h38 le 07/11/2007
    • Internaute 16445

    Mais flûte alors ! Qu’on les laisse tranquille à la fin ! Que l’on rouvre les Maisons Closes,et stop à l’hypocrésie ambiante ! Si c’est le plus vieux métier du monde, ya bien une raison, non ?

  • SaintClaude_007
    • Posté à 11h01 le 07/11/2007
    • Internaute 21361

    Vincent Guillot Bravo !
    Très bon article !
    Vous dites : « La prostitution en tant que telle n’est pas interdite en France, tout simplement elle n’existe pas comme métier, d’où les stratégies de contournement législatifs pour la combattre, comme le racolage passif. »

    J’ai toujours été étonné de constater qu’au pays des Lumières, il puisse exister un tel infantilisme idéologique ! Culture messianique quand tu nous tiens !
    De quel droit un groupe d’idéologues peut-il décider de ce qui est bon pour les gens qui se prostituent ? Il est tant qu’on en finisse avec l’esprit républicain bananier ! Qu’on redonne la parole aux gens qui assument leurs actes.

    Les personnes prostituées sont-elles des victimes ?
    Oui, victimes du système économique libéral dont il faut tout de suite dire qu’il n’a pas de système alternatif crédible pourl’instant ! La Chine donnant l’exemple caricatural d’une idéologie communiste au service du capitalisme le plus débridé qui soit !
    NON ! Ces personnes ne sont pas toutes soumises à des réseaux mafieux.
    Interdire la prostitution sous prétexte d’asservissement à des salauds conduit en toute la logique à :
    - interdire le travail sous prétexte de mettre hors d’état de nuire les réseaux de travailleurs clandestins ;
    - interdire l’hôtellerie sous prétexte de couper les sources de revenus des marchands de sommeil ;
    - interdire en son temps la consommation de café sous prétexte de l’esclavage économique qui sévissait il y a une centaine d’années.

    Doit-on aller vers un système à l’allemande ou à la Suisse ?
    Je crois en effet qu’il faut reconnaître socialement cette activité un point c’est tout ! Toute décision devant être prise en concertation avec les intéressé(e)s
    Et légiférer pour organiser cette profession enfin reconnue. Ceci devant nécessairement déboucher :
    - Sur une meilleure sécurité de l’exercice de cette activité ( Faut-il autoriser l’ouverture de maisons du type FKK en Allemagne, version humanisée de nos anciens bordels ? ; Faut-il définir des zones géographiques d’exercices avec protection policière assurée ?)
    - Une meilleure couverture sociale tant sur le plan de l’hygiène que psychologique ;
    - Un meilleur accès au système bancaire et au marché immobilier.

    Quant à l’aspect « moral » de la chose. Il n’appartient à personne d’en juger. Même si je reconnais le droit à un certain nombre de « culs bénis » tant de droite que de gauche de penser différemment de moi.
    La liberté d’être ce que j’ai choisi d’être est le but ultime de chaque être humain.
    Il est fini le temps des gourous. Pour se sentir proche des autres, il faut d’abord être au plus proche de soi, c’es-à-dire accéder à la liberté de son « choix » de vie. Bref, devenir adulte. Vraiment.

  • Anonyme

    En effet , si tout le monde lisait Grisélidis Réal, le monde n’en serait que meilleur, que ce soit pour les Putes ou pour tous les autres :)

  • Gilliatt
    • Posté à 12h54 le 07/11/2007
    • Internaute 18560

    Une sortie de la clandestinite de cette profession et un debat centre autour des premiers interesses, les prostitues, me semblent tout a fait necessaire.

    Sur la banalisation totale de cette activite, il y a un probleme qui a ete illustre il y a quelque temps, si je ne perds pas la boule, par le cas d’une allemande qui se voyait invitee a se protituer sous peine de perdre son chomage ou quelquechose dans ce gout la... Je ne connais pas les suites de l’affaire...

    Il semble, il est vrai, facile d’eviter cet ecueil maintenant qu’il est signale...

    voila ma foi un commentaire (le mien) qui part de nulle part pour n’arriver qu’a bien peu.

  • Anonyme

    Une simple petite piqure de rappel...
    Cet article de Vincent Guillot est intéressant mais malheureusement très pro-règlementariste...lui qui dénonce les associations d’aide aux prostitué(e)s comme d’affreux abolitionnistes qui devraient avoir honte de consacrer toute leur énergie à aider les prostitué(e)s à changer d’activité si elles ou ils le souhaitent...

    Passons également sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’être ou d’avoir été soi-même prostitué pour savoir un peu de quoi il retourne dans le milieu. La majorité des membres de ces associations sont des professionnels de l’action sanitaire et sociale ou médicale, des psychologues etc, qui accueillent quotidiennement des prostitué(e)s. Je pense qu’il faut respecter un minimum leur travail à eux aussi et non pas les taxer de proxénètes (le comble...) alors que leur objectif est de veiller à la protection des intérêts des prostitué(e)s.

    Je me permettrai également de corriger quelques erreurs sur les chiffres....75% des prostitué(e)s en France sont des étranger(e)s dont la majorité n’ont jamais choisi la prostitution mais y ont été contraints, que ce soit par des proches ou par des réseaux (plus ou moins importants...la mafia n’est pas non plus derrière chaque fille ! ..). Une minorité de prostitué(e)s a choisi d’exercer cette activité effectivement mais je pense qu’étant donné la gravité des violences physiques et psychologiques subies par les prostitué(e)s forcé(e)s, il est important de réagir.
    C’est irresponsable de minimiser le nombre de femmes et d’enfants victimes de la traite des êtres humains sous prétexte qu’à côté de ce phénomène il y a aussi des prostitué(e)s qui se sentent libres et veulent rester dans la prostitution.

    Je ne pense pas que la solution soit de forcer toutes les prostituées à quitter le milieu, loin de là, puisque effectivement chacun fait ses choix. Mais il est urgent de se donner enfin les moyens pour proposer une réelle alternative crédible aux prostituées qui veulent en finir avec la prostitution ou se libérer de leur proxénète, se réinsérer socialement et professionnellement etc.

    Ce qui est clair c’est que le règlementarisme n’est pas du tout la solution : aux Pays -Bas, la prostitution dite illégale (prostitué(e)s et établissements non déclarés aux autorités) a littéralement explosé depuis la mise en place de ce régime, tout comme la traite d’êtres humains aux fins de prostitution y augmente constamment, et entre 10 et 20% seulement des prostitué(e)s ont fait une déclaration officielle afin de pouvoir bénéficier effectivement de leurs droits sociaux (sécurité sociale, chomage etc). Autrement dit, les autorités hollandaises n’ont en réalité aucun controle sur ce qui se passe dans les bordels, la majeure partie des prostitué(e)s ne profitent même pas des droits auxquels ils peuvent prétendre et la situation des prostitué(e)s non déclaré(e)s ne cesse d’empirer puisque personne n’est là pour voir ce qui se passe dans les bordels et empecher les proxénètes (désolée mais les gérants de bordels ne sont pas des « commerçants honnêtes et respectables », mais bien des proxénètes qui se remplissent les poches sur le dos des prostitué(e)s) d’abuser des filles qui sont enfermées dans les bordels.
    Pour faire simple, le règlementarisme n’a arrangé la situation de personne : pas l’Etat puisque le crime organisé tient 95% de la prostitution en Hollande désormais ; pas les prostituées parce qu’elles n’ont pas plus de droits qu’avant et sont plus exposées à la violence des proxénètes et des clients dès lors qu’elles sont cachées dans les bordels.
    Au final, ce régime « ingénieux » a essentiellement bénéficié aux proxos et aux réseaux criminels qui peuvent maintenant avoir pignon sur rue et continuer à exploiter les prostitué(e)s en ayant l’apparence de la légalité.

    Le régime prohibitionniste n’est pas la solution non plus evidemment puisqu’il conduit à condamner les prostitué(e)s et à les mettre dans des situations encore plus précaires, alors que ce ne sont pas des criminel(le)s.

    Concernant la France, il est clair que la loi de 2003 doit être abrogée. C’est une loi hypocrite qui n’a pour objectif que de faire disparaitre les aspects visibles de la prostitution parce que cela dérange Mme Michu quand elle sort son chien le soir...et plus sérieusement pour des raisons soi-disant de sécurité et de salubrité publiques. Cette loi ne tient absolument pas compte de la situation des prostitué(e)s et des conséquences qu’elle peut avoir sur celles et ceux qui n’ont en fait plus aucun lieu où ils/elles sont tolérés (puisque la prostitution en appartement est interdite en France)...

    Bref, toutes les prostituées ne sont pas des victimes mais s’il vous plait laissez nous aider les victimes de la prostitution, qui représentent en réalité la majorité des prostitué(e)s en France

  • Anonyme

    merci.

  • Anonyme

    Très beau témoignage. Je vous félicite. J’ai beaucoup appris (notamment que les loueurs de chambre sont les nouveaux proxénètes). Je ne comprends pas les réactions violentes comme celle du CA de 18h56 ci-dessus. Vouloir une règlementation n’est pas incompatible avec le travail nécessaire pour empêcher que des jeunes deviennent prostitué(e)s.

  • Anonyme

    Bonjour,

    Ne pouvant pas répondre à toutEs, je me permet au travers du long message d’unE courageuSE anonyme (18H56 07/11/2007) d’essayer une synthèse des réactions.

    J’entends votre position et en partie je la partage. Les associations abolitionnistes font souvent un bon travail et les prostituées les fréquentent car elles y trouvent un service qui peut leur convenir. Mais combien sont-elles à les fréquenter ? Par ailleurs, relisez mon article, je ne dis pas que ces associations sont proxénète, je dis simplement que les prostituées disent que ces association sont proxénètes. L’an passé, j’ai monté et réalisé un projet d’insertion socioprofessionnelle pour prostituées sans papier trans’ et intersexes, financé par le fond social européen ( Lien). J’ai travaillé naturellement en réseau avec plusieurs associations abolitionnistes. Par contre, j’ai personnellement fait le choix, bien que travaillant plus qu’à temps plein pendant deux ans sur ce projet, de le faire en tant que bénévole. Comme vous pouvez le voir, je ne condamne pas le travail de ces associations, je ne fais que rapporter l’opinion des personnes concernées. En ce qui me concerne toutefois, je préfère des associations gérées par les personnes concernées qui de toute façon peuvent faire appel à des professionnels lorsque cela dépasse leurs compétences. En France il en existe plusieurs comme Grisélidis à Toulouse, Cabiria à Lyon et le Bus des Femmes ou Les Putes en île de France.

    Je n’ai jamais écris par ailleurs, qu’il faille être pute pour parler de la prostitution. Je dis simplement que j’ai en la matière une double légitimité, c’est tout. Pour autant, il me semble que pour n’importe quel sujet de société abordé, l’important avant tout est de donner la parole aux personnes concernées. C’est ce que j’ai tenté de faire avec mes petits moyens en invitant des prostituéEs à s’exprimer lors d’émissions de radio et en les faisant participer à un reportage tout du long du projet social (nous ne l’avons pas produit faute de moyens financiers mais je ne désespère pas de le faire).

    Par contre, là ou je ne peux pas vous suivre (ainsi que d’autres personnes qui ont répondu à mon article) c’est lorsque vous prenez comme exemple les Pays-bas (d’autres l’Allemagne ou la Suède).
    Comme vous le constaterez aisément en me relisant, je ne reprends pas ces exemples car ils sont mauvais pour tout le monde (idem pour la ré-ouverture des maisons closes). Je ne parle que de la Suisse car les prostituées Suisse sont satisfaites de ce système et qu’à ma connaissance il n’y a pas les horreurs que vous relevez justement dans les autres pays cités (Je me rends souvent là-bas pour mon travail et rencontre lors des colloques sur la prostitution des travailleuses du sexe helvètes).

    Pour ce qui est des chiffres, je m’en tiendrais à ceux de l’OCRTEH (Office Central pour la répression de la traite des humains) ; Il y aurait entre 15000 et 18000 prostituées en France, Femmes, Hommes et transgenres (travestis, transexueLEs opéréEs ou non et intersexes). De l’aveu de toutes les personnes travaillant sur cette thématique, les seuls chiffres fiables sont ceux de la Préfecture de Paris qui n’est pas représentative de la France. Il n’y a en effet dans Paris (inclus les bois de Boulogne et Vincennes) que 6% de françaiSEs. Mais la population totale représente seulement 2400 personnes (tout de même !) sur les 15 à 18000 mille répertoriées (c’est à dire ayant fait l ’objet d’une interpellation). Il faudrait pouvoir y ajouter touTEs ceulles qui ne sont jamais interpelléEs, mais dont nul ne connaît le nombre. (in La prostitution à Paris édition de la Martinière 2005 pages 11et 12).
    Je ne minimise pas la prostitution forcée et au contraire me bat auprès des personnes concernées par celle-ci (d’où mes exemples forcément négatifs), mais je ne peux passer sous silence la prostitution consentie ou la volontaire car elle existe, elle est beaucoup plus représentative que l’esclavagisme et personne n’a rien à gagner en disant que touTES les putes sont contraintes. En effet, en rappelant que les travailleuses du sexe forcées sont minoritaires, on dit aussi qu’il faudrait finalement peu pour régler ce problème. En ne le faisant pas on invisibilise paradoxalement celles qui se font asservir et malheureusement trop souvent assassinées dans l’indifférence générale il faut bien le dire.

    Cordialement
    Vincent Guillot

    Porte parole de l’Organisation Internationale des Intersexes pour l’Europe
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  • Anonyme

    La prostitution des mères de famille n’est pas une nouveauté.
    Deux ou trois choses que je sais d’elle réalisé par godard (1967), ést inspiré d’un article qui avait fait scandale sur la prostitution dans les grands ensembles