Pourquoi ça marche 16/02/2010 à 10h45

Quand les libraires deviennent vendeurs de casseroles

Renée Greusard | Journaliste Rue89

Les ustensiles culinaires ont envahi les librairies, vendus en coffret avec les recettes. Symptôme de l’évolution du secteur.


Des coffrets de livres de cuisine (Renée Greusard/Rue89)

Une poche à douille pour faire des macarons. Des bols à soupe. Des moules à cupcakes multicolores. Les librairies se retrouvent aujourd’hui parfois en situation de vendeurs de vaisselle.

En 2007, le premier coffret de cuisine faisait son apparition en librairie. Edité par Hachette Pratique « Dîner au verre » proposait un livre accompagné de six verrines. Succès fulgurant. Jean-François Moruzzi est directeur de la maison d’édition. Assis dans l’un des stands du Cookbook festival, terminé ce lundi, il raconte :

« Ça a été un truc de dingue on en a vendu 50 000 en trois semaines. En tout, on en aura tiré 300 000 exemplaires, et on l’a encore vendu à Noël dernier. »

Recette grassouillette

A 14,25€ le coffret, les calculs sont vite faits. A lui seul, « Dîner au verre » a offert une recette bien grassouillette à Hachette Pratique : plus de quatre millions d’euros.

La maison d’édition a donc creusé le sillon commercial. Depuis 2007, elle a sorti quinze coffrets livre de recettes + matériel de cuisine dans cette même collection, 25 toutes collections confondues. Une centaine de coffrets se partage le marché selon l’éditeur Jean-François Moruzzi.

Pour autant, l’éditeur -qui n’a pas souhaité communiquer de chiffres- nuance le gain.

« Un emballage luxueux, avec du matériel à l’intérieur ça coûte très cher. Les marges sont très réduites. »

Pour dégotter de la vaisselle ou des ustensiles bon marché, Jean-Fraçois Moruzzi dit « aller en Chine régulièrement ». Il ajoute très rapidement :

« C’est du matériel de qualité, et nous veillons à ce que les conditions de travail des salariés soient bonnes. »

Benjamin Ducher travaille pour les éditions First qui ont publié trois coffrets de livres autour d’un accessoire à Noël, il confirme :

« C’est vrai qu’avec ces coffrets, les libraires deviennent un peu des fournisseurs d’ustensiles. »

Cuisine gadget, cuisine ludique

Fini la corvée de cuisine, maintenant on veut s’amuser, jouer à la dinette, indiquait une étude du Credoc de 2008. (Voir l’étude)

Amélie est étudiante. Avec des copines, elle a offert un coffret de cuisine moléculaire à une amie.

« Comme t’as tout ensemble, tu te dis que c’est possible de faire quelque chose de marrant. En plus on avait envie de lui offrir quelque chose d’original. »

« On ne veut pas vendre des sacs de farine ! »

Plus de 1 400 nouveaux livres culinaires sortent chaque année sur un secteur dont Ipsos estimait le chiffre d’affaires de 2006 à 93 millions d’euros. Comment convaincre d’acheter un livre de cuisine en plus quand de plus en plus de recettes sont disponibles gratuitement sur Internet ? Fini le pavé de recettes généraliste, la concurrence du web pousse les « beaux livres », les livres à thème, les livres de grands chefs et bien sûr les coffrets.

Pour autant certaines maisons d’éditions refusent le coffret à ustensiles culinaires. Pas de ça chez Agnès Viénot par exemple. Noémie Meyer, attachée de presse :

« On essaye d’avoir une approche artistique du livre de cuisine. [...] C’est un choix on veut rester éditeurs. On ne veut pas vendre des sacs de farine ! »

Elle reconnait que cette position éditoriale est compliquée. Certaines tendances sont impossibles à ne pas suivre.

« On est obligé de faire des livres pas trop chers. Il y a quelques années on pouvait vendre un livre d’Alain Ducasse à 50€. Aujourd’hui c’est pas possible. »

Le chalumeau du coffret qui ne fonctionne pas

Côtés utilisateurs, une fois la boîte ouverte et les gadgets sortis du coffret, on est parfois un peu déçus. Sur un site commerçant, une internaute fait le bilan de son achat, un coffret crèmes brûlées.

« Les ramequins sont jolis, le livret contient de bonnes recettes. Seul problème : j’ai testé dimanche dernier et mon mari a dû sortir son chalumeau, celui du coffret ne fonctionne pas et bien sur nous n’avons pas oublié de le recharger avec du gaz pour briquet. Je me demande si ce n’est pas un gadget ! »

Quant aux vrais passionnés, ils ne sont pas non plus convaincus par cette mode. Cécile, une amie cuisinière émérite, presque professionnelle, s’est vue offrir en tout quatre coffrets. Elle me raconte :

« Moi je suis super contente d’avoir la vaisselle, mais les bouquins ne sont pas très intéressants. C’est pauvre en contenu. C’est très gadget... Mais ça fait plaisir. Au final je n’ai presque pas ouvert les bouquins. »

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  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 11h07 le 16/02/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Quand les libraires deviennent vendeurs de casseroles »

    ► Les bouquins maintenant c’est comme pour le reste,
    ça se vend à la louche.

    • Chrississ
      Chrississ répond à Pierrrrre
      Camelot
      • Posté à 11h26 le 16/02/2010
      • Internaute 64786
        Camelot

      Pas faux... Les espaces « culturels » des grandes surfaces proposent effectivement des objets avant que de la culture... Allez donc voir les petits libraires et les bouquinistes... Ils ont séparé le bon grain de l’ivraie...

      • tobernite
        tobernite répond à Chrississ
        • Posté à 12h43 le 16/02/2010
        • Internaute 13822

        Hélàs, les petits libraires sont obligés de vendre les machins branchés pour survivre ! Peu à peu, ils deviennent aussi standardisés que les gondoles « Culture » des grandes surfaces ! Neuf fois sur dix il faut passer commande si l’on cherche un titre précis. Revenir une semaine plus tard, faire chou-blanc, attendre encore une, deux, trois semaines car les distributeurs ne font pas de zèle pour vous ... Et c’est comme ça qu’un jour on craque : on se met à commander ses livres sur internet.

        Mais quoi qu’il arrive, un vrai lecteur continue toujours d’aller chez le bouquiniste. C’est sa caverne d’Ali Baba : après des heures, de découvertes en redécouvertes, il emporte une grosse pile de livres, pour presque rien (en occasion, seules les éditions originales et les BD coûtent cher). Vivent les bouquinistes !

    • Lyna
      Lyna répond à Pierrrrre
      smile
      • Posté à 15h40 le 18/02/2010
      • Internaute 105528
        smile

      allez qu’on les laisse faire leur cuisine tranquille !

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 11h16 le 16/02/2010
    • Internaute 42204
      en boule

    J’attends avec impatience le coffret « La cuisine au fait-tout », vendu avec ses petites roulettes et sa poignée télescopique pour le ramener plus facilement chez soi.

    • clement_m-
      clement_m- répond à Jack Sullivan
      maître contradicteur
      • Posté à 11h30 le 16/02/2010
      • Internaute 100136
        maître contradicteur

      Et une édition collector « les dîners de l’Elysée » avec un petit faitout et une grande sauteuse.

      • Tom Bombadil
        Tom Bombadil répond à clement_m-
        Je ne suis pas un hobbit
        • Posté à 15h17 le 16/02/2010
        • Internaute 9759
          Je ne suis pas un hobbit

        Je m’incline.

        D’ailleurs c’est un problème : on a du rappeler les premiers exemplaires, la grande sauteuse susurrait à la pratique.

  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h27 le 16/02/2010
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Donnez-moi un Stradivarius, je vous arrache les tympans. Donnez un crincrin à Paganini, il vous emmène au paradis.

    C’est triste de succomber à la mode des gadgets en tout genre (verrines, assiettes carrées, plats en zig-zag, petites cuillers pour l’apéro, etc.), alors que de moins en moins de gens savent vraiment cuisiner.

    Ma mère avait quelques vieilles casseroles cabossées, des assiettes ébréchées, quelques couverts dépareillés, mais elle préparait des plats d’enfer, qui m’ont transmis pour toujours le goût des plats authentiques, simples et savoureux.

    De manière plus générale, je trouve vraiment regrettable que la transmission des savoirs s’est interrompue au cours des 30 ou 40 dernières années. Et pas seulement en matière de cuisine, loin de là.

    D’où la profusion de coaches en tout genre, et de manuels pour expliquer comment marcher correctement, comment dormir, comment manger, comment boire, comment faire l’amour, comment tout ce qu’on veut.

    • cossery
      cossery répond à Majesté
      résistant
      • Posté à 11h40 le 16/02/2010
      • Internaute 85601
        résistant

      C’est tellement vrai... Je crois que je n’aurais pas pu résumer mieux moi-même. Je suis désabusé quand je regarde le monde actuel. C’est devenu le règne du futile et de l’éphémère.

  • andycap
    andycap
    photographe
    • Posté à 11h30 le 16/02/2010
    • Internaute 35577
      photographe

    C’est peut-être UGC qui rachète les librairies. Mais attention pas question de les utiliser sur place et de faire sa bouffe à la librairie.
    La police n’est pas loin.

  • Tropicaleyes
    Tropicaleyes
    Jean-Christophe, En Slim, (...)
    • Posté à 11h33 le 16/02/2010
    • Internaute 95001
      Jean-Christophe, En Slim, (...)

    C’est le progrès les amis

    Bientôt on pourra aller recharger son pass navigo dans un sex-shop ou bien acheter des sex-toys au grec du coin !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h38 le 16/02/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Si ce marketing d’accessoires envahie tous les styles de littératures, ça va très vite devenir ingérable..

    • andycap
      andycap répond à Numerosix
      photographe
      • Posté à 11h41 le 16/02/2010
      • Internaute 35577
        photographe

       :)

    • jyeden
      jyeden répond à Numerosix
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 17h16 le 16/02/2010
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      faut pas oublier les sextoys pour la bibliothèque de Camille ! !

      • Numerosix
        Numerosix répond à jyeden
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h32 le 16/02/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Fais gaffe , on est pas sur Rue69 ici . Sur Eco89, ils ne rigolent pas , il faut tout écrire par allusion...

  • Dave Feng
    • Posté à 11h36 le 16/02/2010
    • Internaute 27954

    Les libraires sont les acteurs de la chaîne du livre qui vont le plus souffrir de la numérisation de l’offre. Leur grand truc est donc de se transformer, de médiateurs du texte en vendeurs d’objets.

    Cela prend différentes formes. D’abord, faire pression sur les éditeurs pour qu’ils travaillent davantage sur le façonnage et le graphisme pour augmenter la valeur marchande de l’objet livre. Ensuite, ajouter des gadgets qui empêchent d’établir l’interchangeabilité numérique/papier.

    Enfin, les libraires sont rémunérés en pourcentage sur le prix de couverture (entre 25% et 43%)... Ils ont donc tout intérêt à encourager des prix « psychologiques » de vente élevés. C’est d’autant plus facile à faire accepter si le façonnage est particulier, ou assorti de gadgets.

    Je ne dis pas du tout que les libraires sont vilains pas beaux - je souligne simplement les contraintes structurelles qui s’exercent sur eux et expliquent certains tendances. Certains résistent avec imagination à ces tendances, d’autres s’y abandonnent.

    • Lictor
      Lictor répond à Dave Feng
      informaticien
      • Posté à 11h48 le 16/02/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Ils ont déjà souffert de la première vague du numérique : la VPC boostée par Internet. Honnêtement, il y a très peu d’intérêt à aller acheter dans une librairie *lambda* plutôt que sur Amazon : choix considérablement moindre, prix plus élevé (pour les livres étrangers, véritable arnaque à Paris), qualité du conseil inférieur (libraire qu’a pas le temps contre avis des dizaines de visiteurs sur Amazon)...

      Pourtant, certains libraires se maintiennent. Ce n’est pas en vendant des produits bidons, mais en s’interrogeant sur leur véritable valeur ajoutée. Je suis un fidèle d’Amazon depuis une dizaine d’années (avant la création des sites européens). Pourtant, il y a certains articiles que j’achète en magasin. Par exemple les BD que j’achète exclusivement chez deux libraires de mon quartier. Parce qu’ils ont compris qu’ils pouvaient faire mieux qu’Amazon :
      - ils sont ouvert jusqu’à tard (1h) et le dimanche. Du coup je peux y aller en rentrant du boulot, bouquiner un peu et faire un achat.
      - il y a un canapé confortable pour s’installer et on n’embête pas les gens qui ne font que « regarder ».
      - les vendeurs sont passionnés, donnent de vrais conseils, voire discutent avec les clients et permettent de faire des découvertes
      - ils vendent des produits dérivés à un prix très très correct et de bonne qualité - par exemple, affiches laminées sur bois, avec un très beau rendu (la lamination matte est vraiment géniale sur de la BD) et pour moins cher que le prix du sous-verre de base chez les gros libraires.

      Pour moi, c’est une bonne adaptation à l’évolution du marché. Et d’ailleurs ça marche : ils ne désemplissent pas, même en soirée...

    • julian ross
      julian ross répond à Dave Feng
      Ancien Globe-trotteur
      • Posté à 12h42 le 16/02/2010
      • Internaute 68354
        Ancien Globe-trotteur

      « les libraires sont rémunérés en pourcentage sur le prix de couverture (entre 25% et 43%)... “

      Pas sur la presse (journaux, magasine, etc ..), on est en dessous des 20%

      • Keuta
        Keuta répond à julian ross
        baroudeur souterrain
        • Posté à 13h04 le 16/02/2010
        • Internaute 78917
          baroudeur souterrain

        UN LIBRAIRE N’EST PAS UNE PRESSE !
        Le libaire vend des livres. La presse vend des journaux, magazines, et quelques best-sellers et de la papeterie.

        Une petite question le prix de ces « ouvrages en coffret » sont avant tous le prix des ustensiles, de fait y a-t-il un prix unique comme pour tous les livres ?

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Keuta
          • Posté à 20h02 le 16/02/2010
          • Internaute 20923

          Oui, ces produits sont soumis au prix unique du livre.

          Au passage, ce procédé (semblable à celui qui fait vendre certains livres-disques dont le livre est vraiment minimal) permet d’assujettir le produit au taux de TVA de 5,5% (comme pour le livre) au lieu des 20,6% auquel ils devraient être soumis. Vraiment une grosse, grosse marge... pour l’éditeur et le distributeur, puisque pour le libraire le taux de remise (et donc la marge) est inchangé par rapport aux vrais livres.

  • screugneugneux
    screugneugneux
    râleur-NRV
    • Posté à 11h37 le 16/02/2010
    • Internaute 43534
      râleur-NRV

    c’est donc la premiere fois qu’on trouve en librairie autre chose que des magazines, livres, journaux....
    et le gadget dans Pif ? ? ? ( et autres... les trucs pour nourrissons dans les magazines pour enfants... toutes les biblots a collectionner......)

    signifiez vous qu’on va dorénavant faire ses courses de vaisselle en librairie.. ? ?

  • Zobi la Mouche
    Zobi la Mouche
    Père au foyer
    • Posté à 11h57 le 16/02/2010
    • Internaute 98854
      Père au foyer

    Comme le précise l’article, dans le domaine des recettes de cuisine la concurrence est rude avec internet.
    J’ai beau avoir pas mal de livres de cuisine, lorsque je souhaite vérifier une recette, j’ai plus vite fait de la rechercher sur le net plutôt que dans mes livres. Finalement je les parcours pour le plaisir des yeux et histoire de me donné des idées.

    Au bout du compte je me dis qu’un livre de cuisine qui se vend avec une popote ne doit pas être très intéressant. D’autant que j’ai pas souvenir d’avoir pu en feuilleté un en présentation.

    • Lictor
      Lictor répond à Zobi la Mouche
      informaticien
      • Posté à 14h57 le 16/02/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Pourtant, il y a en ce moment un boom du livre de cuisine ... mais sous forme électronique ! Regardez donc le classement des dizaines de livres de cuisine qu’on trouve sur l’AppleStore, c’est vraiment étonnant... Tout simplement parce que le format offre de gros avantages : enfin un livre de cuisine que vous avez sur vous en faisant les courses ou chez vos amis...

      Le support livre de cuisine est donc mal en point, mais le concept, lui, reste très porteur, peut-être même plus qu’avant...

  • Chrississ
    Chrississ
    Camelot
    • Posté à 12h11 le 16/02/2010
    • Internaute 64786
      Camelot

    Bouquiniste, je déballe quotidiennement à côté d’un brocanteur. C’est décidé, cet après midi, nous tentons l’expérience lot « livre + vaisselle »...

    • Chrississ
      Chrississ répond à Chrississ
      Camelot
      • Posté à 22h18 le 16/02/2010
      • Internaute 64786
        Camelot

      Nous fûmes grotesques. Mais on s’est bien marré.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 12h26 le 16/02/2010
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Evolution...
    Comme les Pharmacies devenues des boutiques de cosmétiques,
    Comme les Postes où l’on trouve tout, sauf la possibilité de faire affranchir le courrier par un être humain...et qu’il faut même aller à la RATP, oui, dans le métro, retirer les recommandés...METRO où l’on a supprimé la vente de billets aux guichets...

    C’est quoi, le contraire d’évolution ? Régression ? Mort aux cons ? !

    • alabergerie
      alabergerie répond à PIT LE CHIEN
      http://alabergerie.wordpress. (...)
      • Posté à 17h03 le 16/02/2010
      • Internaute 81339
        http://alabergerie.wordpress. (...)

      cornichons ?
      saucisson ?
      chipirons ?

      champignons !

      Bon d’accord je sors

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 12h29 le 16/02/2010
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Evolution... Il est vrai que depuis longtemps les librairies vendaient n’importe quoi, du PPDA, du BHL, des gadgets, tout quoi...
    Comme les Pharmacies devenues des boutiques de cosmétiques,
    Comme les Postes où l’on trouve tout, sauf la possibilité de faire affranchir le courrier par un être humain...et qu’il faut même aller à la RATP, oui, dans le métro, retirer les recommandés...METRO où l’on a supprimé la vente de billets aux guichets...

    C’est quoi, le contraire d’évolution ? Régression ? Mort aux cons ? !

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 12h36 le 16/02/2010
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    Et l’avis des libraires ?

    Je me souviens, lorsque je travaillais en librairie, le casse-tête des magazines pour enfants, avec dans l’emballage plastique, un jouet, les magazines féminins avec un accessoire de mode, etc.

    Impossible de les placer dans leur étal, ça se cassait la gueule tout le temps, les clients déchiraient l’emballage et volaient le jouet, etc.

    Si maintenant il leur faut vendre des casseroles, et bientôt, j’imagine, tout le reste (à quand les flingues pour les polars, le kit de construction de radeau dans le coffret Lost, le vaisseau spatial en plastique avec les livres de science-fiction, etc - mais je suis sans doute en train de donner de (mauvaises) idées aux concepteurs marketing...) il ne vont plus avoir de place... Les librairies vont se transformer en quincailleries...

    Le résultat, c’est que les livres sont fourgués à la sauvette, et que les ustensiles envahissent tous les présentoirs...

  • blagman
    blagman
    http://www.blagman.net
    • Posté à 12h44 le 16/02/2010
    • Internaute 87922
      http://www.blagman.net

    Vendre ce genre de coffret en librairie ne me parait pas aberrant. Ce sont les magasins d’ameublement et d’ustensiles ménager qui vont tirer la tête.

    Ce qui me parait plus surprenant, ce sont les librairies qui font salon de thé. Bon, admettons, pour lire sur place, ça peut être sympa. Mais les librairies qui font restaurant ?
    Je trouve ça bizarre, même si je peux comprendre que pour certains ce soit une passion et une volonté de mettre en avant une conception de la cuisine. Je connais une librairie qui fait... restaurant bio ! La salle à manger et au milieu de la librairie. C’est très étonnant !

    • les_canards
      les_canards répond à blagman
      • Posté à 14h49 le 16/02/2010
      • Internaute 20527

      Il faut bien trouver un moyen de réinventer la librairie, car sa forme traditionnelle se meurt à petit feu... Pourquoi pas en insistant sur l’aspect « bien-être » de la librairie indépendante, qu’on ne retrouve absolument pas à la Fnac ou autres ? c’est un vrai moyen de différenciation. Feuilleter quelques livres une tasse de thé à la main (sans en mettre partout !), se donner une vingtaine de minutes pour choisir celui qu’on va emporter, le « déguster » par avance - ou, réciproquement, profiter de l’attente du repas de midi pour découvrir de nouveaux bouquins... moi, ça me séduit !
      Dommage qu’il n’y ait pas ce genre de librairies près de chez moi, en fait !

    • condamned
      condamned répond à blagman
      Grolandaise
      • Posté à 17h31 le 16/02/2010
      • Internaute 64369
        Grolandaise

      Donc selon vous nourrir son estomac tout en nourrissant son esprit serait incompatible ? Tiens donc !

      Pourtant on se purge bien en lisant ! il parait que ça a des vertus laxatives : -D

      Bonne appétit LOL

  • tooms4444
    tooms4444
    p'tit con
    • Posté à 13h34 le 16/02/2010
    • Internaute 41634
      p'tit con

    C’est quoi, le pb ? La poste vend bien des DVD (tandis que les distributeurs sont vides de carnets de timbres)...

  • les_canards
    • Posté à 13h52 le 16/02/2010
    • Internaute 20527

    Dans un genre un peu différent, Amazon (initialement libraire en VPC) s’est également mis à la vaisselle, et même un peu plus ! balances, gaufriers, robots ménagers... là on tombe vraiment dans le n’importe quoi.

    Pour ma part ces « kits » ne me choquent pas : on n’a rien dit quand on a vendu des livres + poupées vaudou (enfin si, Sarkozy s’est plaint), ni quand on a vendu des livres de poèmes + CD desdits poèmes mis en musique, des romans + CD d’acteurs les lisant, des pièces de théâtre + DVD... livres de cuisine + ustensiles, c’est tout aussi logique.

  • oomu
    • Posté à 13h54 le 16/02/2010
    • Internaute 24928

    début de la fin des librairies.

    -

    Chine.

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 14h14 le 16/02/2010
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    Voilà une façon fûtée de contourner la grande distribution qui n’acceptera jamais de s’enquiquiner avec tous ces ustensiles dans les linéaires.
    Il reste un tas de créneaux inoccupés tels que la littérature sur la 2de guerre mondiale avec laquelle on pourrait mettre une ou deux grenades et un fusil d’assaut, ou l’histoire égyptienne avec quelques bandes Velpeau. Vive l’imagination !

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 14h22 le 16/02/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    y a aussi du BHL, du balkany ,fin la liste est longue

    sont édités par farce et attrape

  • lissac
    lissac
    prof
    • Posté à 14h23 le 16/02/2010
    • Internaute 105440
      prof

    A propos de casseroles de plus en plus fréquentes dans les librairies : les livres de Bernard-Henry Levy avec leurs extraits de Botul. Levy, un auteur qui ne manque pas d’estomac !

  • lifka
    • Posté à 14h47 le 16/02/2010
    • Internaute 37623

    Rien de nouveau. Depuis Pif Gadget, il y a longtemps que les librairies sont devenues des magasins de jouets ou de bricolage avec les séries spécialisées dédiées à un sujet ou un autre qui délivrent chaque semaine ou chaque mois un élément du puzzle, de la maquette etc, ou avec les coffrets du type « petit chimiste ». Vendre des ustensiles avec les recettes n’est qu’une évolution normale.

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 16h17 le 16/02/2010
    • Internaute 97720
      intello

    les librairies vont mal.
    Le budget des Français se rétrécissant... le livre est un +, comme les fleurs !
    Donc ... les libraires tentent de survivre : jouets .... et là « cuisine »...

    Ce type de bouquins c’est de la sous-merde inutile

  • paulilou
    paulilou
    paramedical
    • Posté à 19h32 le 16/02/2010
    • Internaute 105491
      paramedical

    J’ai reçu un de ces coffrets, sur des « yaourts à réaliser sans yaourtière » d’après l’emballage. Une fois ouvert, je me suis aperçue qu’ils expliquaient que toutes les recettes serait réalisées avec la yaourtière, car c’est la méthode la plus simple. Joli abus de com’...
    De plus, le coffret est vendu avec 6 pots de yaourts alors que toutes les recettes sont pour 8 à 10 yaourts.
    Résultat : les pots de yaourts sont toujours au fond du placard....

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 22h44 le 16/02/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    Les conservateurs adorent les produits dérivés de la culture.
    Depuis qu’ils ont découvert ça, ils adorent la Culture.

    Les conservateurs, en plus, c’est culturel, non ?

    Quand toutes les librairies seront transformés en bazars culturels, on dira que les libraires ont enfin trouvé un modèle économique pour le XXIe siècle.

    Et le poster de d’Alexandre Dumas, photographié par Nadar svp, c’est pour un cadeau ?

    Lien

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 08h31 le 17/02/2010
    • Internaute 64790
      dilettante

    Je suggère de vendre un pistolet avec chaque polar, par exemple...
    Et puis, une question me taraude : avec un livre qui parlerait es ustensiles de cuisine, on vendrait quoi : une cuisinière ?
    Il est évident que les éditeurs qui participent à cette mascarade sont peut-être éditeurs, mais pas de livres. Ils sont vendeurs d’objets à valeur ajoutée.
    A TVA 5,5%, rappelons-le. Alors que le quincailler paye, lui, 19,6% de TVA...

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 12h55 le 17/02/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    L’article site la mise en concurrence normale avec ce que peut apporter internet. Ce n’est pas parce qu’Internet est là que les libraires vont fermer boutiques, le marché se transforme et les gens achètent tout autant des livres, d’autres et pour d’autres raisons.
    Je trouve plutôt désolant de voir certains de ces petits coffrets, comme un cadeau tout fait, qui n’invite plus à penser et s’informer des goûts du destinataire. Certains diront que c’est « démocratique » alors que c’est faux. C’est juste que la business fait ses marges là. Tout comme les bonbons à la caisse des supermarchés...

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 12h57 le 17/02/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    L’article site la mise en concurrence normale avec ce que peut apporter internet. Ce n’est pas parce qu’Internet est là que les libraires vont fermer boutiques, le marché se transforme et les gens achètent tout autant des livres, d’autres et pour d’autres raisons.
    Je trouve plutôt désolant de voir certains de ces petits coffrets, comme un cadeau tout fait, qui n’invite plus à penser et s’informer des goûts du destinataire. Certains diront que c’est « démocratique » alors que c’est faux. C’est juste que la business fait ses marges là. Tout comme les bonbons à la caisse des supermarchés : si les caisses sont toujours aussi lentes c’est parce qu’il y a carence en emploi de personnel, il y a plus de caisses mais 1 sur 4 est utilisée, ça donne l’illusion d’ouvrir des caisses mais c’est faux... le but est de faire attendre les gens pour qu’ils prennent des gadgets à la caisse. (Etude de 2000 sur la non automatisation des caisses)

  • fée clochette
    fée clochette
    babyboomer
    • Posté à 07h16 le 18/02/2010
    • Internaute 49178
      babyboomer

    après test, des livres au contenu très banal, et des ustensiles ou de la « vaisselle » très bas de gamme. A quand le paquet de farine et la plaquette de beurre avec les livres ?

  • eye_in_the_sky
    eye_in_the_sky
    étudiante en histoire
    • Posté à 13h32 le 18/02/2010
    • Internaute 43756
      étudiante en histoire

    Ayant travaillé comme vendeuse dans une librairie j’ai été effarée par la rapidité avec laquelle certaines personnes se jettent sur ces « coffrets-cuisine ».

    Avant de connaître ce milieu, il me semblait qu’offrir un livre c’était offrir une expérience, un cadeau personnel, réfléchi, avec une réelle volonté de plaire et de faire plaisir. Or la plupart des gens à qui j’ai tenté de donner des conseils pour offrir un livre n’avaient rien à faire de ces conseils ou du contenu du livre dont je leur parlais... « Ah c’est une histoire d’amour et ben c’est très bien je le prends merci et au-revoir. »« La couverture est jolie et en plus il est pas cher ce livre. »...etc. Quelle déception !

    Il me semble que cette mode du livre-coffret-tout-en-un correspond bien à notre époque : faire plaisir n’est pas le but premier, il s’agit seulement d’arriver chez des amis avec quelque-chose dans les bras, quelque chose pour lequel on n’aura pas trop perdu de temps, quelque chose qui ne co
    ûte pas trop cher, un objret « tendance », quelque chose comme un plat préparé à la saveur insipide mais consensuelle, comme les recettes à la mode qu’on retrouve dans les livres minces qui accompagnent la dinette colorée du coffret.

    Adieu imagination et patiente recherche du « cadeau rare », et bonjour uniformisation et indifférence !
    Il va sans dire qu’aujourd’hui je continue de vendre des livres-coffrets en tous genre avec un sourire désabusé... !

  • Kantus
    Kantus
    Informaticien
    • Posté à 07h47 le 19/02/2010
    • Internaute 105002
      Informaticien

    Alors je dirais que l’école deviendra une cuisine, on mange et on danse et la vie continu.