« Allaiter est une liberté » : NKM répond à Elisabeth Badinter
Dans son dernier livre, « Le conflit, la femme et la mère », Elisabeth Badinter s’alarme : la cause féministe régresserait en France depuis les années 80, les femmes étant sommées, dans l’air du temps écologiste, d’être des « mères idéales ». L’auteur cite en exemple de porte-étendard de cette « régression » Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) et Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’Etat à la Prospective et au numérique). Celle-ci lui répond sur son blog.
Extraits.
« Elisabeth Badinter me cite dans son livre et m’y désigne comme l’une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l’alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio.
Voilà qui m’installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et “l’idéologie naturaliste” qui ne voudrait voir dans la femme qu’une mère. J’ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu’E. Badinter fait du “maternalisme”, c’est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J’en ai d’autant plus que la génération d’E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d’être autre chose qu’une épouse, autre chose qu’une mère.
[...] À ses yeux, l’écologie est un “naturalisme” nécessairement rétrograde, auquel elle demande qu’on oppose un “artificialisme” progressiste. Je trouve cela un peu rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas philosophe.
Les femmes d’aujourd’hui sont aussi, pour bon nombre d’entre elles, des mères. Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d’allaiter leur enfant, qu’elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m’en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu’elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la “femme parfaite”.
M’intéressant à la situation des femmes aujourd’hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l’allaitement. Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les “genres”, à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au “plafond de verre” qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre “féministe”, pas un mot n’est dit. »
Pour sa part, Cécile Duflot, tête de liste aux élections régionales d’Ile-de-France, a déjà réagi lapidairement :
« Tout faux. Rendre l’écologie responsable des carences héritées du monde patriarcal européen est tout à la fois erroné et stérile. » Elisabeth Badinter « ne se pose pas les bonnes questions ».
- Sur Rue89Elisabeth Badinter, actionnaire féministe d'un Publicis sexiste ?
- Sur libertepolitique.comBadinter, anti-verte de rage (Liberté politique)
- Sur lexpress.frNKM et Duflot accusées d'anti-féminisme
- Sur nkm-blog.orgLa note de blog de NKM
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autre
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Alors les questions féministes, ce seraient juste le statut de la mère ?
Et surtout l’allaitement et les couches ?
Grâce à Elisabeth Badinter et ses consoeurs, nous avons gagné le choix.
Par encore partout, pas encore pour tout.
Allaiter comme on le voudrait et aussi longtemps qu’on le voudrait (ou pas après tout), c’est encore souvent un luxe.
Mais globalement, avec un peu d’information, on a gagné ce choix. Encore faut-il avoir l’information ?
Ce que je trouve dommage, c’est qu’on s’arrête à ce débat.
Qu’on passe sous silence les différences professionnelles qui persistent, l’orientation socialement très précoce des comportements sexués (ça commence dès les 1ères années de vie) qui aboutit à ces inégalités professionnelles, et donc sociales.
J’aimerais mieux qu’on s’intéresse à ça, plutôt qu’on garde le nez sur les seins des femmes et les couches des enfants.
Pendant qu’on parle de l’arbre, la forêt, finalement...
@ zonzon : le droit à l’allaitement figure dans le code du travail, mais combien de femmes peuvent-elles réellement en bénéficier ?




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