10/02/2010 à 12h28

Livre : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être »

Têtu"
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Dans son livre « Biologie de l’homosexualité : on naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être », le chercheur belge Jacques Balthazart soutient la thèse d’une homosexualité héritée à la naissance et ravive les oppositions avec la psychanalyse et l’Église. Le débat de l’inné et de l’acquis est relancé. Quels en sont les enjeux ?

Études sur les jumeaux et les fratries, données génétiques et hormonales... Pour Jacques Balthazart, directeur du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement (université de Liège, Belgique), les études scientifiques sont suffisamment nombreuses pour affirmer que l’homosexualité innée est la théorie « la plus plausible ».

C’est le point de vue qu’il défend dans son livre « Biologie de l’homosexualité : on naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être ». Il y explique que :

« Une partie des facteurs de l’homosexualité est génétique, c’est la partie que l’on connaît le moins bien. On a beaucoup plus de données sur la partie hormonale de ces facteurs.

Il y a enfin une partie immunologique, une réaction immunitaire développée par la mère contre l’embryon de sexe mâle [qui affecterait les préférences sexuelles]. »

L’ouvrage prend ainsi le contre-pied des psychanalystes ou encore des théologiens qui soutiennent que l’orientation sexuelle résulte principalement de l’éducation et de l’environnement, et donc qu’elle s’acquiert ou qu’elle se choisit.

L’Église catholique, par la voix du pape Benoît XVI, présentait il y a peu « la confusion des sexes comme une menace aussi grave pour l’humanité que les changements climatiques ». Pour le Vatican, l’homosexualité est acquise, volontaire, et s’oppose donc à la sacro-sainte « loi naturelle ».

Avantages et écueils


La couverture du livre de Jacques Balthazart

Du côté de la psychanalyse, le Dr Stéphane Clerget, psychiatre et auteur de « Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ? » déclarait encore en 2008 :

« Ce que j’affirme à partir de mes recherches, c’est que l’orientation sexuelle se construit. Être homosexuel, ce n’est pas la conséquence d’un événement traumatique, d’une mauvaise éducation, d’un problème génétique, ce n’est donc pas le résultat d’un “ratage”, mais c’est une des formes possibles, minoritaire certes, mais normale de vivre sa sexualité. »

Mais les points de vue du Dr Clerget, des freudiens et post-freudiens sont mis à la marge par le Pr Balthazart, qui invoque dans ses écrits le manque d’études scientifiques rigoureuses pour les étayer.

Innée ou acquise ? Les deux théories sur l’homosexualité ne sont pas nouvelles et chacune a montré ses avantages, mais aussi ses écueils.

L’homosexualité acquise, résultant de l’éducation, reste une thèse culpabilisante pour des parents qui s’interrogent sur les erreurs qu’ils ont pu commettre (mère trop proche, père absent) quand leur enfant fait leur coming out.

En revanche, des mouvements gays et lesbiens préfèrent affirmer que leur orientation sexuelle est un choix, parce qu’ils trouvent dans cette conception les ressources pour mieux s’assumer.

« Soigner » les homos ?

Quant à la théorie de l’homosexualité innée, elle peut être de nature à ressusciter les heures sombres de la médecine. Dans les années 30, le nazisme et de nombreux médecins et psychiatres considéraient l’homosexualité comme une « dégénérescence pathologique héréditaire ». Qui sait si les futures thérapies géniques ou hormonales ne tenteront pas de « soigner » les homosexuels ?

Pour le Pr Jacques Balthazart, pas de doute : la science tranche en faveur d’une homosexualité innée. Mais il est plus optimiste sur notre siècle et affirme que cette théorie est plutôt de nature à permettre aux homosexuels d’être mieux tolérés :

« Les homosexuels ne sont pas pervers (en tout cas pas plus que les hétéros), ils ne sont pas dangereux (l’homosexualité n’est pas contagieuse) et ils ne sont pas, en général, responsable de leur condition [...]

En retour, la société devrait, comme elle le fait de façon croissante mais pas encore uniforme, les accepter sans aucune forme de discrimination... »

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  • OneTrickPony
    OneTrickPony
    dans les limbes du post-doc
    • Posté à 12h39 le 10/02/2010
    • Internaute 88576
      dans les limbes du post-doc

    On écoute encore les psychanalistes ? En tout cas, j’ai bien aimé qu’ils soient mis dans le même panier que l’église !

    • brazz
      brazz répond à OneTrickPony
      • Posté à 12h50 le 10/02/2010
      • Internaute 40271

      D’ailleurs, ce n’est jamais qu’une variété, un substitut ou un déguisement, comme on voudra, de cette bonne vieille idée de la transcendance, il suffisait d’aller écouter les cours, je veux dire les offices de Lacan pour en être totalement édifié.
      Mais, comme la scientologie aujourd’hui et l’église hier, ça rapporte tellement de blé ! et en plus ça stabilise la société, excellent tout ça !
      c’est étrange cette nécessité pour l’homme de ne pas regarder en face sa condition et de toujours se réfugier derrière des dieux bien commodes, c’est étrange aussi cette compulsion a toujours tenter de ne pas vraiment accepter comme naturelle la différence de son voisin, mais ça aussi c’est bien commode !

      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à brazz
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 13h15 le 10/02/2010
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        Non mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre...

        La psychanalyse lacanienne est aujourd’hui l’un des seuls endroits où l’individu peut se regarder, justement, directement, sans le filtre des discours tous plus moins scientistes, des chapelles du bon sens, et des abrutissements du style de cette étude.

        De la transcendance ? Expliquez-moi où, dans les textes ?

        Que vous ne compreniez pas ses écrits, c’est une chose - il est effectivement plus compliqué à lire que les théories à deux sous qui vous expliquent que vous n’êtes responsable de rien, et que c’est dans vos gênes.

        Comparer la psychanalyse à la scientologie, alors là, je pouffe absolument. Savez-vous quel est le quotidien des psychanalystes qui travaillent en institution aujourd’hui ? Qui luttent encore pour conserver quelque chose qui se rapporte au sujet, malgré les coups toujours plus violents des théories comportementalistes, qui font de l’individu une sorte de petit chien à éduquer, et qui calculent la souffrance du sujet à l’aune de grilles pré-établies ? Vous croyez qu’il est où, le pouvoir de l’argent ? Du côté des psychanalystes ? C’est à mourir de rire.

         
        • Keldan
          Keldan répond à Gibert Because-Youno
          Now future & karpe diem
          • Posté à 17h31 le 10/02/2010
          • Internaute 5164
            Now future & karpe diem

          Le problème c’est qu’on mélange facilement le mec qui écoute des vieilles bourges raconter leurs malheurs, leur répondre par des grandes phrases creuses, leur filer trois boites de Valium et encaisser les billets ; et de l’autre ceux qui bossent sur des gens vraiment malades et qui essayent de comprendre comment tout ce bordel peut fonctionner.

          Il faut dire que la confusion est vraiment facile, vu qu’il n’est pas rare qu’il fasse les deux : D

          • Gibert Because-Youno
            Gibert Because-Youno répond à Keldan
            Kaléïdoscopique
            • Posté à 17h39 le 10/02/2010
            • Internaute 68955
              Kaléïdoscopique

            Pas faux.

            Mais en général, ceux qui font bien la deuxième tache que vous décrivez ne font pas, dans leur cabinet, que recevoir des vieilles bourges, et ne filent pas de valium...

            Et d’ailleurs, le plus souvent, ils ne répondent pas par grandes phrases creuses... ils ne répondent pas du tout...

        2 autres commentaires
    • ysengrimus
      • Posté à 12h55 le 10/02/2010
      • Internaute 12674

      Alors là, moi aussi j’ai de sérieuses difficultés avec cet aspect transcendance. Par contre j’aime moins qu’on marginalise, volontairement ou involontairement, l’importante historicité de l’homosexualité. Il faut assumer : ce que nous avons de nos jours, c’est l’homosexualité masculine sous le capitalisme. Délicat...

      Lien

      mais il faut tenir compte de cette facette historique cruciale..
      Paul Laurendeau

    • pablico
      pablico répond à OneTrickPony
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 16h05 le 10/02/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      il faut regarder juste la nature.. autour de nous..

      depuis l’adn, on a conscience que l’on est que des animaux.. avec une conscience..(la notre) peut-être certains animaux en ont une mais on ne le sait pas..

      je vais revenir donc sur le petit élevage de poulet de ma grand-mère, ou quelque fois des poules se prenaient pour des coq, et où j’ai vu une fois un coq se prendre pour une poule..

      pensez-vous qu’ils aient été intoxiqués par des lectures ’vicieuses’ ? initiées par de vieilles poules lubriques ?

      malheureusement non...

  • Payul
    Payul
    étudiant chômeur
    • Posté à 12h51 le 10/02/2010
    • Internaute 76766
      étudiant chômeur

    « En revanche, des mouvements gays et lesbiens préfèrent affirmer que leur orientation sexuelle est un choix, parce qu’ils trouvent dans cette conception les ressources pour mieux s’assumer. »

    Que l’homosexualité soit acquise au cours du développement social et sexuel de l’enfant, et c’est l’avis vers lequel je tends, ne veut pas dire qu’elle est un choix.
    La plupart des homosexuel-le-s que je connais sont scandalisés chaque fois que l’on parle de leur orientation comme un choix, impliquant que celui-ci est réversible.
    Lorsque ceux-ci ont souffert de trop de culpabilisation, pouvoir affirmer au contraire « ce n’est pas un choix » est salvateur, je crois ?

    Pour le reste, je trouve normal que chaque science explique la chose par son point de vue en niant les autres ?
    Le débat n’en est pas moins intéressant, c’est le trop d’empressement à conclure des sciences « dures » que je critique.

    • jma14
      jma14 répond à Payul
      • Posté à 11h44 le 12/02/2010
      • Internaute 31729

      Surtout quand ces sciences « dures » n’ont pas trouvé le gène ! ! ! ! !

  • Zeki
    Zeki
    Curieux de tout
    • Posté à 12h51 le 10/02/2010
    • Internaute 64085
      Curieux de tout

    C’est une position intéressante.
    Pourtant dans les questions inné/acquis l’environnement agissant sur l’expression des gènes une théorie qui n’englobe pas les 2 permet certes des effets d’annonce vendeurs mais s’éloigne de ce qui est habituellement observé.

  • Sowinski
    • Posté à 12h51 le 10/02/2010
    • Internaute 45555

    C’est curieux cette obsession de certaines sciences (génétique et neurosciences en particulier) à vouloir chercher la « cause » de l’homosexualité... Déjà on aimerait qu’ils prennent plus souvent conscience que nos catégories d’orientation sont nécessairement des vues de l’esprit et sont le fruit de notre époque.

    Par ailleurs, on verrait mal ces mêmes chercheurs chercher les gênes de l’homosocialité, fait que certaines personnes ne veulent faire ami-ami qu’avec des personnes de leur sexe. Ou chercher des causes biologiques du sexisme. Sans doute parce que pour eux ces phénomènes sont « naturels » et non-problématiques. Pourtant, ces deux dimensions sont fondamentales dans le rapport qu’ont les gens a à l’autre sexe.

    Bref je crois que ces chercheurs auraient besoin de faire de solides recherches en histoire des comportements humains avant de construire leur hypothèses de travail.

    • Gibert Because-Youno
      Gibert Because-Youno répond à Sowinski
      Kaléïdoscopique
      • Posté à 13h40 le 10/02/2010
      • Internaute 68955
        Kaléïdoscopique

      Les théories sur les « gênes de » sont aussi vieilles que les théories scientifiques issues du 19e siècles (physiognomonie et autres). On cherchait à expliquer, pèle-mêle, le crime, l’alcoolisme, la violence, l’homosexualité, la religion, et j’en passe. Régulièrement, des labos nous pondent des études bidons sur le gêne de l’amour, l’hormone du désir, la molécule du crime, etc, etc

      Ce qui me paraît sidérant, c’est que ce genre de théories totalement farfelues (il n’y a qu’à lire dans le détail l’étude de ce monsieur, qui explique gentiment que les facteurs sont simultanément génétiques et hormonaux, et que d’un point de vue hormonal, l’homosexualité serait due à une attaque hormonale de la mère sur l’embryon mâle !
      C’est à s’étouffer de rire) puisse encore trouver une certaine résonance aujourd’hui. Et surtout, là où je m’étonne, c’est que des associations gays puissent les relayer.

      Non seulement, tout cela revient à ranger l’homosexualité dans la catégorie du handicap, et donc, d’en faire de pauvres victimes (c’est tellement pratique), mais surtout, cela revient à renier totalement le choix de la jouissance. Si il est bien un domaine où le choix du sujet (sujet conscient ou sujet de l’inconscient, mais c’est là une distinction à laquelle les pro-sciences vont pousser des hauts-cris) est déterminant, c’est bien la jouissance. Merde quoi. On ne jouit pas là où la nature vous dit de jouir. Si ce n’est pas un tout petit peu agité par le fantasme, d’où est-ce que ça sort ? On est des animaux ? On bande comme ça, hop, parce que c’est dans les gênes ?

      Quand à l’argument débile, consistant à dire que ça « déculpabilise », c’est vraiment la tarte de la crème de cette société marchande. Il faudrait une sexualité débarrassée de la culpabilité, avec des gentils acheteurs, des sex-toys, des poupées gonflables, plus de culpabilité - et tout le monde est content. La culpabilité (ou appelez ça comme vous voudrez, il y aura sans doute des petits malins pour venir dire : oh, mais vous vous sentez coupable quand vous baisez, oh, pauvre coincé), elle concerne tout le monde, pas seulement les homosexuels.

      Accepter ses choix de jouissance, c’est justement ce qui fonde le sujet. Dire qu’on n’est pas responsable, c’est ce qui fonde les petits sujets capitalistes passifs et béats.

      • Payul
        Payul répond à Gibert Because-Youno
        étudiant chômeur
        • Posté à 18h43 le 10/02/2010
        • Internaute 76766
          étudiant chômeur

        Je suis entièrement d’accord avec vous ! ! !
        Le choix de par où l’on prend son plaisir et son équilibre est culturel, acquis conscient ou pas. Il est important d’assumer ça sans culpabilité, pour mieux jouir, tout simplement.
        L’exemple de la civilisation grecque antique est édifiant pour montrer qu’à un moment on plaçait la norme à un autre endroit, et que ça marchait bien. (pour la banalisation de l’homosexualité, parce que sinon cela posait d’autres problèmes, la culpabilité étant déplacée, indépendemment du genre, sur le fait d’être pénétré-donc dominé, et on trouvait ainsi des « perversions » à base de godemichets, mais je m’égare)

        Il n’empêche, allez essayer d’affirmer à des homos qui ont subi cette culpabilisation (capitaliste ? peut-être) que ce calvaire est le résultat d’un choix de leur part. Mais mettez un casque, avant.

      • Au sud de nul part-
        • Posté à 23h13 le 10/02/2010
        • Internaute 57434
          Situation

        Très juste commentaire.

        Todeti

      • onyx
        onyx répond à Gibert Because-Youno
        à terre
        • Posté à 10h20 le 11/02/2010
        • Internaute 53131
          à terre

        Je crois qu’il est nécessaire de clarifier certains points. Tout d’abord, à ma connaissance, aucune étude ne « pond des études bidons sur le gène (et non le “gêne”) de quoi que ce soit. Ce sont les interprétations faites dans la presse de vulgarisation qui conduisent à de tels raccourcis.
        Quant à votre façon de balayer d’un revers de main l’argument de J. Balthazart, laissez-moi rester perplexe : “c’est à s’étouffer de rire” dites-vous. Soit, mais pourquoi ? Vous pouvez développer ?
        Les travaux de ce chercheur ne conduise en aucun cas à ranger l’homosexualité dans la catégorie d’un handicap. Ce qu’il démontre, à travers ses propres travaux, mais aussi avec les travaux d’autres auteurs (citons Ball, Doupe ou Brainard par exemple), c’est que l’environnement neuroendocrinien de l’embryon exerce une influence sur son développement, ce qui peut alors orienter les préférences sexuelles. De tels effets sont largement identifiés chez d’autres espèces animales, que ce soit chez des oiseaux ou des rongeurs.
        Ce sont des faits. Point. Le reste n’est qu’interprétation. Ah c’est sûr que mettre en avant le terme de handicap assure tout de suite des réactions épidermiques. Mais c’est vous qui faites se rapprochement. Jamais J. Balthazart lui-même ne le fait.
        Et quels arguments vous permettent d’avancer “on ne jouit pas là où la nature vous dit de jouir” ? Ah bon ? Nous ne sommes que des animaux, dont l’unique fonction est de disperser nos gènes (encore eux). Et la jouissance est un bon moyen pour ça.
        Les propos de J. Balthazart entre autres (lisez réellement ses travaux, ça évitera les raccourcis) ont le mérite de soulever cette question : “comment se fait-il qu’il y ait des comportements homosexuels alors que ce n’est évolutivement pas compatible (parce que pas seulement restreint à l’espèce humaine) ?” Refuser cette question, c’est se fermer les yeux. Et c’est ainsi nier que l’environnement, qu’il soit embryonnaire ou périnatal (de nombreux travaux montrent qu’un juvénile élevé dans un environnement stressant présente à l’âge adulte des altérations profondes de son comportement) puisse avoir une quelconque influence sur le développement.
        Devenir, choisir et accepter ces choix, ce sont trois questions fondamentalement différentes.
        Peut-être m’attirerai-je des foudres mais c’est dit !

         
        • Gibert Because-Youno
          Gibert Because-Youno répond à onyx
          Kaléïdoscopique
          • Posté à 21h58 le 11/02/2010
          • Internaute 68955
            Kaléïdoscopique

          Bien. ca ne servira sans doute pas à grand chose, mais je vais prendre la peine de vous répondre. Et la réponse vaudra aussi pour le benêt d’en bas (greenday), qui vient de nous pondre une jolie comparaison entre les pingouins et les hommes.

          Primo : tant que vous partirez du postulat que nous sommes des animaux, il est certain que nous ne pourrons pas nous entendre. Vous êtes visiblement totalement imperméable à l’idée de base de la psychanalyse, à savoir que nous sommes des êtres de langage, pas de gène. Mais vous me rétorquerez sans doute que les animaux parlent, que les baleines chantent et que les ornithorynques fredonnent la nuit sous la lune. Bon. Mais jusqu’à preuve du contraire, une araignée n’a pas d’inconscient, pas plus qu’une huitre, et visiblement, pas plus que vous.

          Mais savez que d’après des études neurologiques beaucoup plus sérieuses que les élucubrations de votre clown belge, des enfants, au départ atteints de déficiences neurologiques graves, après des consultations psy, ont vu ces connexions neuronales se reformer. So long pour l’argument du donné qui reste à tout jamais. C’est plastique un être humain, parce que ça parle. Et que c’est doué d’un inconscient, structuré comme un langage.

          Je répondrai à peine du bout des lèvres à Greenday, qui n’est visiblement pas capable de faire la différence entre le sujet conscient et le sujet de l’inconscient. Le choix de jouissance, c’est pourtant pas compliqué : ça se passe dans les rapports entre le fantasme, la pulsion, et les constructions subjectives. Ce n’est pas MOI qui décide de mon orientation sexuelle. C’est moi + les dimension imaginaires et symboliques, moi et mon inconscient. Et ce ne sont surement pas vos sacro-saints gènes.

          Sinon, je crois que j’ai raison sur toute la ligne, et vous en faites une démonstration éclatante. Puisque nous sommes des animaux, dont l’unique fonction est de disperser nos gènes, et puisque bien entendu, l’homosexuel ne disperse pas ses gènes (oh le vilain), la théorie du savant farfelu et la votre tendent une fois de plus à prouver la naturalité de l’hétérosexualité, et la déviance des autres sexualités, non-animales, non reproductrices.

          Après, le handicap, il vient tout seul : si la normalité (vis à vis de mère nature), c’est l’hétérosexualité, le reste, c’est juste un déficit. Ne pas êtres foutu de se reproduire normalement comme tout bon animal que nous sommes, c’est donc un handicap. Et ne vous y trompez pas, ils seront nombreux, les diagnostics prénataux qui chercheront l’homosexuel dans le ventre de maman, pour l’en extirper - comme on extirpe le myopathe ou le trisomique.

          Bref. Outre ces joyeuseté introductive, pourquoi l’étude de Blatasart prête à rire ? Ce cher savant affirme sans se démonter « qu’il y a une partie immunologique, une réaction immunitaire développée par la mère contre l’embryon de sexe mâle ».

          Alors là, désolé, si vous ne pouffez pas, je ne peut rien pour vous. Une réaction immunitaire développée par la mère contre l’embryon de sexe mâle ? Il ferait bien d’aller voir un psy, Blatasart. La maman, avec ses hormones, essaie de rendre son fiston homo. C’est adorable. Et re-donc, l’étude porte sur l’homosexualité masculine exclusivement ? Les lesbiennes sont exclues du paquet génétique ? Il faut avoir un phallus pour avoir droit à son gène de l’homosexualité ?

          Le plus drôle ici, c’est que Blatasart reproduit très exactement, sous couvert de science (en papier crépon) les clichés que par ailleurs il prête à la psychanalyse : ce serait la faute à maman. Mais attention, c’est la faute à ses hormones. Mais pourquoi donc les hormones maternelles attaqueraient l’embryon, et uniquement l’embryon mâle ? Mystère et boule de gomme.

          Je pourrais m’étendre encore longtemps - je pourrais même être d’accord avec vous sur le fait que le stade embryonnaire est important, et que le foetus ressent certainement une part de son environnement, du désir de la mère, ou de la violence liée à sa grossesse. Mais désolé, je ne vais pas non plus pondre un article, de toute façon je parle dans le vide - et j’ai autre chose à faire.

          • onyx
            onyx répond à Gibert Because-Youno
            à terre
            • Posté à 12h51 le 12/02/2010
            • Internaute 53131
              à terre

            Je m’excuse de vous faire perdre du temps, mais je trouve toujours intéressant de discuter (le pouvons-nous ?).
            Bien, forcément, nous ne sommes pas d’accord sur votre postulat de base qui est que nous sommes des êtres doués de langage et non des animaux. Bien, je pourrai faire une digression sur ces petits ou gros aspects quotidiens qui vous rappellent votre nature humaine, mais je m’abstiendrai (ou pas !).
            Que les animaux non-humains parlent, là aussi, nous sommes dans de l’interprétation. Cependant, vous ne pouvez nier que de nombreux précurseurs du langage puissent être identifiés chez différentes espèces animales. Que ce soit la syntaxe chez les oiseaux chanteurs (voir les travaux de Marler par exemple), ou la communication référentielle chez des vervets (des singes, cf les travaux de Cheney et Seyfarth), des chimpanzés (cf K. Zuberbuhler) ou même chez des perroquets (cf I. Pepperberg). De là à dire que ces animaux parlent, il y a un énorme trou que je me garderai bien de franchir, mais en tous les cas, il existe des systèmes de communication propres à ces animaux qui présentent des caractéristiques identiques à celles du langage humain, y compris sur le signifiant et le signifié chers à Ferdinand de Saussure. Mais je crois que ce débat nous éloigne de nos interrogations originelles.
            Concernant la psychanalyse, je ne vois aucun inconvénient à ce que des personnes y ait recours à partir du moment où ça peut les aider à surmonter/comprendre/analyser leur vie. Que l’expérience influence le développement, en effet, de nombreuses études le démontrent. Je ne connais pas d’études sérieuses sur ce que vous dites en particulier (une plasticité cérébrale après avoir parlé à un psy, mais je veux bien vos sources, cela m’intéresse). Je crois par contre que vous faites un raccourci assez serré pour dire que « l’homme est plastique parce qu’il parle ». Ah, alors là, outre le côté finaliste d’une telle affirmation (comme s’il y avait un parce que à l’existence), laissez moi être perplexe sur un tel propos. Que parler amène de la plasticité, je veux bien l’entendre, mais dire que « la plasticité, c’est parce que l’on parle », là, non, je ne vois pas le lien de causalité. Excusez-moi d’être terre à terre.
            Omettons ce point et reprenons sur les études des neuroendocrinologues (Balthazart entre autres, et nombreux sont les autres). Où avez-vous vu un déni de la plasticité cérébral dans ces travaux ? Je suis curieux de voir ça parce qu’à vous lire, ces chercheurs élimineraient cette option. Je crois au contraire que ce sont des arguments sans cesse pris en compte. Quant à l’influence des gènes. C’est sûr que si vous niez toute influence de la génétique, là, c’est moi qui ne peut plus rien pour vous. Et je me doutais bien que vous profiteriez de l’argument de la dispersion des gènes pour étayer votre thèse (pour laquelle il est difficile d’identifier de réelles arguments à part des : « je ne peux rien pour vous » ou des « ça prête à rire »). Sachez que la dispersion des gènes se fait non seulement par la reproduction des individus, mais aussi par l’aide apporté à la fratrie pour élever/éduquer leur progéniture. A ce titre, les exclus de la reproduction sexué, célibataire ou homo, dispersent aussi leur patrimoine génétique.
            Et, non, je ne vois toujours pas d’argumentaire dans vos propos pour contrer la thèse des neuroendocrinologues (encore une fois, Balthazart n’est qu’un des chercheurs ayant contribué à ces travaux). Vous déplacez le problème et interprétez de façon erronée : les mères ,« n’essaient pas de rendre leur fiston homo ». Où avez-vous vu ça ? C’est avec de tel propos que se forment des eugénismes : vous déduisez de ces travaux que les mères ont une intention de, mais jamais il n’est fait mention d’une telle chose dans ces travaux cités par et de Balathazart. Après, si vous refusez d’entendre que l’environnement embryonnaire influence le développement de l’enfant, forcément, il y a divergence ! A moins que vous ne l’acceptiez que pour des aspects non comportementaux. Et dans ce cas, vous écartez d’un revers de la main l’idée même que le cerveau et les hormones contrôlent, régulent et affectent le comportement.
            Concernant les études sur les lesbiennes, je ne connais pas suffisamment le sujet, mais il semble évident que d’autres mécanismes vont être mis en jeu. Il est réducteur d’imaginer que les mêmes mécanismes conduisent à deux comportements complètement distincts, bien qu’ils portent le même nom (l’attirance vers quelqu’un(e) du même sexe).
            Parlez de faute, de handicap, si ça vous chante. Si ce ne sont que ces arguments que vous avez à offrir, je vous souhaite bon courage pour publier l’article que vous ne voulez pas pondre.
            En soi, qu’y a-t-il de mal à dire que le développement influence le comportement, quel qu’il soit ?
            Pour conclure, l’intérêt majeur de ces travaux, c’est qu’ils reposent sur des expériences reproductibles, pouvant être remises en cause. Là est l’avantage incommensurable de la science sur quelque autre théorie.

      • Greenday
        Greenday répond à Gibert Because-Youno
        Cadre
        • Posté à 17h04 le 11/02/2010
        • Internaute 104565
          Cadre

        > « cela revient à renier totalement le choix de la jouissance »

        Donc tu as choisi d’être hétéro ? Tu t’es dit « tiens, cela me paraît le plus adéquat » ? Et tu penses vraiment que l’on décide d’être homo ? « Tiens, j’ai envie de faire partie d’une minorité, et de me mettre des batons dans les roues dans mon chemin pour crééer une famille ».

        Puisque l’on choisit sa jouissance, je trouve étonnant qu’il n’y ait pas plus de variations dans les films X. « Aujourd’hui, j’ai décidé de jouir en pensant à ma corbeille à papier ». Pourquoi pas un peu plus de créativité après tout ?

        > « On bande comme ça, hop, parce que c’est dans les gênes ? »

        Aux dernières nouvelles, en tout cas je parle pour moi, ce n’est pas moi qui donne l’ordre à mon pénis d’avoir une érection en fonction du menu du jour...

        L’argument sur l’aspect « naturel » et non décidé de l’homosexualité est quand même renforcé par la présence de l’homosexualité chez les animaux également. Tu crois qu’eux aussi décident de leur jouissance, décident qu’ils n’auront pas de rapports sexuels avec des membres du sexe opposé ?

        J’aimerais bien me dire que, nous les humains, nous sommes distincts des animaux. J’aimerais bien pouvoir décider d’être hétéro, parce que la vie serait probablement plus simple.
        Malheureusement, j’ai beau me forcer, je tombe invariablement amoureux de mecs. J’ai beau me concentrer, mais même Angelina Jolie ne me fait pas bandé.

        Et même si des gens comme toi aimeraient que je disparaisse, hé bien je suis quand même là, avec ces sentiments-là. Et avec ma volonté de ne pas être conspué pour ce que je suis.

        Greenday

         
        • Gibert Because-Youno
          Gibert Because-Youno répond à Greenday
          Kaléïdoscopique
          • Posté à 18h01 le 11/02/2010
          • Internaute 68955
            Kaléïdoscopique

          Mais je ne vous conspue absolument pas pour ce que vous êtes. Je ne veux pas que vous disparaissiez. A vrai dire je ne vous veux rien du tout.

          Mais si vous ne voulez pas chercher à savoir ce qui fait que vous êtes ce que vous êtes (sans aucune nuance péjorative, je cherche moi-même encore ce qui fait que je suis ce que je suis), si « connais-toi toi même » se résume pour vous à : connais tes gènes, désolé, je n’ai pas envie de discuter avec vous.

          • Greenday
            Greenday répond à Gibert Because-Youno
            Cadre
            • Posté à 13h01 le 12/02/2010
            • Internaute 104565
              Cadre

            Mais à quel moment ai-je dit que je ne voulais pas connaître l’origine de mon homosexualité ?
            Merci de relire ce que j’ai écrit et de ne pas m’amalgamer dans une espèce de « vous » général.

            Il n’y a de toute façon pas de consensus sur le sujet des « origines » de l’homosexualité, mais moi j’en reste sur prédispositions génétiques + acquis dans les premiers mois de la vie. Opinion qui peut évoluer.

            Mais ce qui est certain, c’est que je ne crois absolument pas l’homosexualité comme un mode de vie dépendant de son époque. Seul le choix de s’assumer est lié à ça.

            Et je ne vois pas pourquoi je dirais aveuglément « non, c’est faux » à une étude scientifique sur une homosexualité liée, au moins en partie, à la génétique, juste parce que VOUS NE VOULEZ PAS que ce soit d’origine génétique.

            Je vous rassure, en quelques années de vie, j’ai eu l’occasion de me poser des questions sur qui je suis. Et je suis aussi passé lar la phase « j’aimerais être hétéro ».

            « Malheureusement », réflexion ou pas, mon amour ou mon désir vont toujours vers les hommes.

        2 autres commentaires
    • Greenday
      Greenday répond à Sowinski
      Cadre
      • Posté à 14h10 le 10/02/2010
      • Internaute 104565
        Cadre

      Sowinski,

      Qu’entends-tu par « Déjà on aimerait qu’ils prennent plus souvent conscience que nos catégories d’orientation sont nécessairement des vues de l’esprit et sont le fruit de notre époque. »

      Si le fait d’assumer qu’on est homo dépend bien entendu de la société et de l’époque à l’aquelle on vit, l’orientation sexuelle elle-même, le fait d’être homo ou hétéro, n’apparaît pas en fonction de l’air du temps.

      L’amour ou le désir ne sont pas des choix, ou des « vues de l’esprit »...

      Greenday

      • Sowinski
        Sowinski répond à Greenday
        • Posté à 14h27 le 10/02/2010
        • Internaute 45555

        Ce que je veux dire par là c’est que la catégorisation « homosexuel » / « hétérosexuel » / « bisexuel » est une invention récente.
        Auparavant les gens avaient des préférences ou pas pour tel ou tel sexe aussi bien sûr, mais la question de l’identité sexuelle ne se posait pas, ou alors en des termes très différents. La façon même de définir ce qu’est la sexualité était différente.

        Un exemple caricatural est les relations femme/femme qui pendant longtemps ont été considérées comme non sexuelles (et donc regardées souvent avec indifférence, parfois même avec attendrissement !). A l’époque on considérait que pas de pénis => ne relève pas de la sexualité.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Greenday
        Situation
        • Posté à 23h15 le 10/02/2010
        • Internaute 57434
          Situation

        Certes. Mais le corps ne se réduit pas un mécanisme, fut-il extrêmement complexe.

        Todeti

    • Malabara
      Malabara répond à Sowinski
      Incertaine
      • Posté à 22h07 le 10/02/2010
      • Internaute 103780
        Incertaine

      C’est vrai, et c’est à cause de cette absence de solides recherches que la zoophilie, la nécrophilie et la pédophilie sont encore dans l’ombre. Espérons qu’un jour elles soient reconnues aussi comme des pratiques sexuelles admissibles et non comme des perversions ou déviances du moment qu’elles se font entre personnes consentantes. (bon d’accord,pour la nécrophilie c’est plutôt difficile pour le consentement mutuel).
      Qu’elles seront libérées du carcan de la morale capitaliste, bourgeoise, religieuse, etc. etc. etc. etc. etc.

      Ceci est de l’ironie et non le message d’un adepte de ces déviances. Ce n’est pas la peine de venir me chercher avec des menottes.

      • Sowinski
        Sowinski répond à Malabara
        • Posté à 23h08 le 10/02/2010
        • Internaute 45555

        Les 3 pratiques que vous citez sont justement hors-jeu parce qu’elles excluent par essence toute idée de consentement. La société considérant (à mon avis à juste titre) qu’avant un certain âge la notion de consentement n’a pas de sens.

        Donc on peine à voir le rapport avec la sexualité entre adultes autonomes et consentants. Pour répondre à un autre de vos commentaires, la sexualité entre animaux du même sexe est documentée sur pas moins de 1500 espèces (des vers aux primates) - sachant qu’on ne s’intéresse au phénomène que depuis peu de temps (c’était tabou avant, bien entendu.). La nature s’intéresse peu à vos convictions, hélas.

        Lien

  • cooboolt-
    cooboolt-
    DISPARU
    • Posté à 12h57 le 10/02/2010
    • Internaute 36892
      DISPARU

    « Soigner » les homos ?

    Faut-il encore que cela soit une maladie.
    Et une maladie n’est ce pas un évènement qui altère ou tue la personne atteinte ?
    En quoi dans sa vie est-on altéré ou proche de la mort quant on est homo ?
    Personnellement, je ne vois pas.
    Le peut d’homos que je connais se portent très bien et se comportent de même.
    Si parfois ils n’atteignent pas le bonheur des hétéros par ce qu’ils n’ont pas de gamins, ils ont bien plus de courage face à la vie par ce qu’ils l’acceptent tout en continuant à maintenir leur statue devant ceux qui ne les supportent pas.
    Après que l’homosexualité soit inné ou pas est ce que cela change quelque chose ?
    Certainement pour ceux qui sont prêt à s’en débarrasser.
    Mais que l’on soit homophobe ou raciste on peut se débarrasser de tout mais jamais de ses cauchemars.
    Alors qui est malade et de quoi ?

  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 12h57 le 10/02/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Tous les cinq ans ce genre d’arguments ressort, ce n’est vraiment pas nouveau.

    Quant à connaitre l’origine de l’homosexualité… Peut-être qu’elle est un mélange des deux : une part de biologique (sacrées hormones) et une part d’ « acquis »

    Ou alors l’homosexualité n’existe pas… Pas plus que l’hétérosexualité ou la bisexualité.

    Je ne sais pas pour les autres riverains mais j’en ai assez de ces étiquettes. C’est étriqué !

    La sexualité c’est quelque chose d’intime et de magique. Chaque aventure est unique, après tout.

    D’ailleurs dans le terme homosexualité il y a comme un goût de sexe ou de luxure.

    La psychanalyse se trouve devant un formidable dilemme puisque la fin de l’utilisation du terme homosexualité obligera à une révision de la fameuse primauté du sexuel, concept fondateur du freudisme.

    Il est tant pour tout le monde, gays, hétéros, trans etc. de sortir des clichés et des stéréotypes, et de grandir.

    • MoonShadow
      MoonShadow répond à Nils Wilcke
      tétanisé
      • Posté à 13h34 le 10/02/2010
      • Internaute 103778
        tétanisé

      Bien d’accord avec vous. Et à étriqué je rajouterais complétement clos.
      C’est ce qui fait que certains « heteros » considèrent l’attirance pour une personne du même sexe, ou pire encore la « transexualité », comme des déviances en contradiction avec la nature.
      C’est ce qui fait aussi que certains « homos » préfèrent rester entre eux...
      A quand le temps où on remplacera les termes que je viens de mettre entre guillemets par « des gens, comme vous, comme moi, et c’est tout ! » ? ? ?

  • neereas
    neereas
    (édition)
    • Posté à 13h08 le 10/02/2010
    • Internaute 104555
      (édition)

    Alors que la génétique néo-libérale semble gagner du terrain dans toutes les sphères de la société (justifiant par exemple une homosexualité « naturelle »), je vous suggère la lecture de ce livre paru en janvier aux Editions de l’Eclat : La génétique néo-libérale, les mythes de la psychologie évolutionniste par Susan McKinnon (Lien).

  • MoonShadow
    MoonShadow
    tétanisé
    • Posté à 13h36 le 10/02/2010
    • Internaute 103778
      tétanisé

    Qu’est ce que c’est que ça ? On en est encore à se demander d’où vient l’homosexualité ? C’est une preuve d’évolution de la société que d’essayer d’y attribuer une explication biologique, ou au contraire un choix des individus ? Et pourquoi pas les deux ?
    L’homosexualité serait génétique ? Alors ça en fait quoi, une maladie ? Mais le contraire prôné par le Vatican (qui se devrait d’être ouvert sur le monde soit dit en passant) me pose problème tout autant : l’homosexualité ne serait pas « naturelle ». Alors je me demande : qu’est ce qui est naturel : la religion sans doute ?

    Je me réjouis tous les jours de pouvoir travailler avec ou fréquenter des gens de tout bord ou tout azimut, qui s’assument et qui vivent (plus ou moins) en totale intégration dans la Société... En fait je trouve ça normal tout simplement, et je me dis que l’évolution des mœurs n’est pas tant en mauvaise voie que ce que j’aurais pu penser...

    Eh bien si en fait ! Ce genre de bouquin, malgrès ses « En retour, la société devrait, comme elle le fait de façon croissante mais pas encore uniforme, les accepter sans aucune forme de discrimination… » sonne pour moi encore une fois comme une stigmatisation qui ne contribue pas au « sans aucune forme de discrimination ».

    • Keldan
      Keldan répond à MoonShadow
      Now future & karpe diem
      • Posté à 17h35 le 10/02/2010
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      J’espère que tous les trucs génétiques ne sont pas des maladies, sinon être leucoderme ou avoir les yeux bleus est aussi une maladie : D

  • ZS
    ZS
    intellectuel
    • Posté à 13h13 le 10/02/2010
    • Internaute 104558
      intellectuel

    Ce genre de théories revient tel un marronnier…
    Quand bien même la génétique serait à l’œuvre (elle l’est partout), un individu est un mélange de nature (le physique) et de culture (le reste). Titrer « On naît homosexuel » est du coup un mensonge, car la génétique seule n’explique rien.
    Que l’auteur me dise pourquoi les Grecs anciens étaient tous (pour les classes supérieures du moins) homosexuels… la génétique n’y était pour rien !
    ©neereas Bien vu la mention à la génétique néolibérale, ce livre devrait être lu par tout le monde ! Les homos, les femmes…

    • eliboa
      eliboa répond à ZS
      visiteur
      • Posté à 20h42 le 10/02/2010
      • Internaute 104643
        visiteur

      A l’époque de la Grèce antique les hommes n’étaient pas « tous » homosexuels. Les hommes pratiquaient tous la pédérastie mais avaient également femme et enfants. Il s’agissait plutôt d’un rite initiatique entre un adulte et un jeune garçon dont les règles étaient strictement définies. Il faut aussi savoir que la femme était quasi inexistante dans la société grecque et elle restait uniquement cantonnée à la sphère privée (jamais dans les arts, la politique, les sorties, etc)
      L’acte sexuel entre deux hommes (matures) étaient très mal vu et on détestait l’homme passif, qui se faisait prendre comme une femme. Il était largement raillé et insulté.
      L’homme actif, viril et épris de jeunes et beaux garçons était quant à lui glorifié.

      A noter toutefois, quelques cas d’institutionnalisation de l’homosexualité dans l’armée ou l’on considérait qu’un soldat combattant aux côtés de son amant mettait deux fois plus d’ardeur à la tâche qu’un autre luttant seul pour sa vie (on devrait peut-être songer à rétablir ça à la place du « Don’t ask, don’t tell » aux states :)

      • Malabara
        Malabara répond à eliboa
        Incertaine
        • Posté à 21h43 le 10/02/2010
        • Internaute 103780
          Incertaine

        Le carré sacré de Thèbes, connu pour sa bravoure au combat.

        Chez les romains un maître pouvait profiter de ses esclaves mâles comme il l’entendait, qu’ils soient consentant ou pas. Une seule règle, ne jamais être surpris dans la position du « dominé » sous peine de mort. Question de respect de rang social.

      • ZS
        ZS répond à eliboa
        intellectuel
        • Posté à 10h47 le 11/02/2010
        • Internaute 104558
          intellectuel

        Effectivement, vous avez complètement raison. Je n’avais juste pas l temps de développer ! Quelle que fussent ces relations hommes-homes en Grèce, il s’agissait bien de « construction sociale » n’ayant rien à voir avec la génétique. D’où mon énervement lorsque le titre d’un livre est « On naît homosexuel… »

  • A.V.
    • Posté à 13h28 le 10/02/2010
    • Internaute 24685

    Si l’homosexualité est acquise, l’hétérosexualité aussi.
    Si l’homosexualité est innée, l’hétérosexualité aussi.
    La thérapie génique, ce serait pour soigner quoi ? Homosexualité ou hétérosexualité ? ...

    • Malabara
      Malabara répond à A.V.
      Incertaine
      • Posté à 21h46 le 10/02/2010
      • Internaute 103780
        Incertaine

      Cela dépends si à un moment ou à un autre on pense à utiliser la sexualité pour la reproduction de l’espèce. Dans ce but il y en a une de trop, mais bon, on peut vivre avec.

      • A.V.
        A.V. répond à Malabara
        • Posté à 22h43 le 10/02/2010
        • Internaute 24685

        Naaaaan, personne ne pense à utiliser la sexualité pour la reproduction de l’espèce. C’est totalement délire comme idée. 6,5 milliards d’êtres humains, 9 milliards en 2050 selon les projections de l’ONU. Chiffres ridicules qui s’expliquent par le comportement débauché et improductif de la communauté gay. Comportement qui oblige le pape à condamner l’utilisation du préservatif pour que les plus pauvres aient 10 enfants par famille. Et puis manipuler génétiquement des individus pour en faire des reproducteurs, c’est ce qu’on espère tous dans une démocratie. « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là. » (Dieu à Adam et Eve, Genèse 1,28)

  • Orageon
    Orageon
    Rejeton cyclonique
    • Posté à 13h24 le 10/02/2010
    • Internaute 55236
      Rejeton cyclonique

    Débat récurrent mais personnellement je dirais qu’il y a des deux.

    Il y a peut être aussi plusieurs « chemins » différents qui peuvent faire qu’une personne est homosexuelle ou pas, peut être que pour certains c’est plus génétique et que pour d’autres c’est plus psychologique. Peut être que chez chacun, l’influence des différents facteurs est répartie de manière unique.

    Au lieu d’opposer les deux il faudrait peut être regarder du côté de synergies ?
    Comment fonctionne le désir d’autrui chez l’Homme ? Pourquoi la majorité des gens sont attirés sexuellement par le sexe opposé plutôt que le même sexe ? Quels mécanismes biologiques interviennent ? Quels mécanismes psychologiques interviennent ?

    Si il y a plus d’éléments pointant vers l’aspect biologique que l’aspect psychologique, il ne serait pas anormal de considérer la génétique comme principale responsable a priori, sans pour autant exclure totalement l’influence psychologique.

    Il faudrait regarder du côté des études qui ont déjà été faites, car un sujet pareil quand même il doit y en avoir pas mal, des études !

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 13h30 le 10/02/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Et oui, c’est héréditaire, de père en fils et de mère en fille, et les androgynes naissent dans les choux-fleurs, c’est prouvé, c’est scientifique !

    C’est la logique de la poule et de l’œuf, est-ce la poule qui fait l’œuf, ou le contraire ? Et pendant ce temps, le coq fait « cocorico ! »

    On régresse les mecs... on régresse !

    • Keldan
      Keldan répond à Anastaze
      Now future & karpe diem
      • Posté à 17h37 le 10/02/2010
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      C’est l’œuf le premier, un dinosaure a pondu un œuf et une poule en est sortie.
      Le problème c’est qu’on se retrouve avec le dinosaure et l’œuf... same player shoot again : D

  • batila-
    • Posté à 13h39 le 10/02/2010
    • Internaute 34191

    La psychanalyse manque sans doute d’étude scientifique mais il me parait vraisemblable que le nombre d’homos reçu par des psychanalystes est largement supérieur au nombre d’homos « étudiés » scientifiquement à travers le prisme de la génétique. J’aurai donc plus tendance à écouter le psychanalyste. Serait-ce absolument incroyable qu’il y ait des homos qui le choisissent sans prédisposition génétique ? Des homos qui le sont génétiquement ? Des homos génétique ayant refoulé leurs pulsions et qui vivent en hétéro parce que c’est tout ce que leur éducation leur a permis ? Des homos qui sont « déterminés » génétiquement et dont l’histoire, l’éducation et l’environnement les ont amené a choisir ostensiblement leur sexualité ? .. Comment classifier les causes de l’homosexualité chez l’humain en une seule grande cause génétique alors que tout nous montre que c’est plus complexe que cela ?

    André Gide, dans le Corydon parle déjà de la querelle des « tout-inné » et des « tout-acquis », il y après d’un siècle, et il finit par dire que c’est sans doute entre les deux que se situe la vérité.
    Encore un article à contretemps, on dirait...

    PS : Le docteur Clerget (drôle de nom pour un psy) dit explicitement :
    « Être homosexuel, ce n’est pas la conséquence d’un événement traumatique, d’une mauvaise éducation, »

    Et vous introduisez la controverse du livre ainsi :
    « L’ouvrage prend ainsi le contre-pied des psychanalystes ou encore des théologiens qui soutiennent que l’orientation sexuelle résulte principalement de l’éducation »

    N’y a-t-il pas une légère incohérence ?

    • Gibert Because-Youno
      Gibert Because-Youno répond à batila-
      Kaléïdoscopique
      • Posté à 14h30 le 10/02/2010
      • Internaute 68955
        Kaléïdoscopique

      Tout à fait d’accord. Il y a un vieux différent entre la psychanalyse et les homosexuels, tout à fait compréhensible, dans la mesure où Freud, et encore beaucoup de vieux freudiens (aux états-unis en particulier, où le terme de psychanalyse ne correspond plus à grand chose) rangeaient l’homosexualité dans la catégorie des perversions.

      Mais dire que la psychanalyse tient encore ce discours, c’est dire en gros que la science en est restée à Lavoisier. La psychanalyse, lacanienne en particulier, a énormément déplacé son discours sur la question, et dire que la psychanalyse ne consiste qu’à culpabiliser les parents (Oh, la mauvaise mère !) n’est rien d’autre qu’une déformation aberrante - que les compormentalistes et autres neuro-scientifiques colportent régulièrement.

      Et d’ailleurs, l’objectif de ce livre est assez clair, l’auteur le revendique lui-même : c’est tenter de clouer le bec à tous ces méchants psychanalystes qui voudraient nous rendre responsables de nous-mêmes.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 14h11 le 10/02/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Une partie des facteurs de l’homosexualité est génétique, c’est la partie que l’on connaît le moins bien. On a beaucoup plus de données sur la partie hormonale de ces facteurs. »

    Excusez la naïveté de ma question

    Si la production hormonale était le seul élément prépondérant dans la détermination de la préférence sexuelle à l’age adulte, comment expliquer que certains homos soient couverts d’une toison simiesque (grosse moustache, moquette sur le torse et parfois dans le dos...et pattes poilues comme les crabes de mangroves).
    - Ceux là sont en effet bourrés d’homones mâle, paraît-il...
    ce qui à priori, devrait empêcher qu’il n’y ait orientation sexuelle autre que celle déterminée par les attributs sexuels et le bouquet garni.
    .............................................................................................
     »♪ La femme ♫ est ♫ ♪ l’avenir ♫ de l’homme »...chante Jean Ferrat :
    Je considère que l’avenir est en effet à la féminisation du corps de l’homme, au moins pour ce qui concerne son système pileux. Son développement musculaire aussi.

    ...mais dire qu’on naît Homosexuel me paraît être un raisonnement trop incertain.

    PS : J’ai connu des garçons extrêmement attirés par la femme étant ados, et qui plus tard ont « viré leur cuti »...très souvent après une grosse déception amoureuse.
    Quid donc de ce type de revirement de situation ?

    Peu importe d’ailleurs la réponse à cette interrogation
    La conclusion de l’article me convient :

    « La société devrait, comme elle le fait de façon croissante mais pas encore uniforme, les accepter sans aucune forme de discrimination… »

    ...et seule une société intelligente et cultivée y parviendra !

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 14h14 le 10/02/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    concernant l’église ou les églises ainsi que toutes les religions ou religieux : je n’aurais que cela à leur dire : dieu a t’il fait oui ou non l’humain à son image.

    et une question : les homosexuels ne sont ils pas des enfants du seigneur ?

    si la réponse est oui : alors pourquoi les pourchasser, les emmerder, les juger...

    Maintenant concernant tous les autres mon message est très claire, occupez vous de vos affaires…est ce que les « homos » s’occupent de vos affaires... ?

    L’humain naît et deviendra naturellement comme il est.
    ( à par les politiciens, les véreux, les bons à rien, bref les pourritures de toutes sortes…et certains hauts et petits fonctionnaires…qui eux tous le deviennent...véreux)

    Concernant les psychologues et psychiatres et autres fous qui pensent et affirment que l’homo est une maladie et culpabilisent des personnes déjà rejetés donc en état de faiblesse (pour certains)…je n’aurais qu’une chose à dire…allez vous faire soigner

    Et priez (si vous êtes croyants) que le peuple ne m’appel à la présidence de ce foutu pays…de même pour les religieux de toutes confessions.

    • A.V.
      A.V. répond à Jean-Luc LUMEN
      • Posté à 15h02 le 10/02/2010
      • Internaute 24685

      « Et une question : les homosexuels ne sont ils pas des enfants du seigneur ? »

      Contre ce genre d’argument, l’Eglise a tout prévu.
      Lien

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à A.V.
        en invalidité
        • Posté à 15h21 le 10/02/2010
        • Internaute 47198
          en invalidité

        ...d’où avez vous eu ma photo...

  • Lady Principia
    Lady Principia
    Maîtresse
    • Posté à 14h32 le 10/02/2010
    • Internaute 82324
      Maîtresse

    Le soi-disant « inné » justifie depuis toujours la pathologisation et l’eugénisme. Il faut combattre sans concessions cet essentialisme réactionnaire, au nom des Droits Humains.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 14h34 le 10/02/2010
    • Internaute 55044
      trouveur

    « Études sur les jumeaux et les fratries, données génétiques et hormonales… Pour Jacques Balthazart, directeur du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement (université de Liège, Belgique), les études scientifiques sont suffisamment nombreuses pour affirmer que l’homosexualité innée est la théorie “ la plus plausible ”.
    Est ce qu’il y a quelque chose d’étonnant dans l’hypothèse que le comportement homosexuel est en partie déterminé par des éléments biologiques - génétique et épigénétique, donc des caractéristiques existant à la naissance ( inné). Ces caractères peuvent ensuite se développer au cours de l’existence en fonction de différents stimulus et événements émotionnels (acquis).
    Sans exception, tous les comportements, les talents, les qualités et les défauts que nous connaissons sont basés sur une construction complexe, une interaction entre l’inné et l’acquis.
    On vient d’ailleurs de découvrir que certains acquis ( liés à l’ environnement, au stress, à l’alimentation ) de grands parents ont joué un rôle dans la modification de l’inné des petits enfants ( processus épigénétique d’ouverture ou de fermeture de l’expression de gènes).
    “Nous sommes le fruit de la nécessité et d’un hasard en partie ‘pipé’.

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