La marmite de l'info 07/02/2010 à 12h58

Speed dating avec Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

L’inventeur du microcrédit rencontrait journalistes et blogueurs à Paris, lors d’une séance contrôlée de près par Danone.


Muhammad Yunus au Grand Rex, à Paris, jeudi (Audrey Cerdan/Rue89)

Une rencontre éclair, un blogueur audacieux rembarré pour avoir tenté de poser deux questions, une séance « photo souvenir » à la fin de l’entretien, des fans tentant de l’approcher et lui réclamant des autographes, le passage jeudi de Muhammad Yunus en rock star au Grand Rex, à Paris profite-t-il au débat sur le micro-crédit ?

« Vous, vous voulez l’interroger sur ses impressions lors de son séjour à Paris ? » Avant la rencontre, la question de l’attachée de presse de Danone nous avait un peu surpris, à la rédaction. Merci, mais on voudrait plutôt l’interroger sur les questions que soulève le micro-crédit, et ses risques de dérive.

A la fin de la rencontre, une photo souvenir pour les « interviewers »

Pour approcher le prix Nobel de la paix et fondateur de la Grameen Bank à l’occasion du point presse « nouveaux médias » organisé par Danone à l’issue d’un débat au Grand Rex, je ne devais donc ne poser qu’une seule question, envoyée à l’avance. La séance n’aura duré que neuf minutes... (Voir la vidéo, en partie en anglais)

C’est donc Danone qui organise l’opération. Logique : Muhammad Yunus a créé avec le groupe en 2006 la Grameen Danone Food, une usine de yaourts « sociale », dans le Nord du Bangladesh.

« Danone Communities a organisé cette soirée. Ils n’ont pas de service presse, on s’en est donc chargé », répond Marie-Liesse Calmejane, responsable des relations presse de Danone. L’envoi des questions à l’avance ne constituait pas du tout, selon elle, une volonté d’éviter les critiques :

« Ce n’était pas du tout une volonté de validation ! Il y avait peu de temps, c’était juste une question d’organisation, pour éviter des frustrations et pour que tout le monde puisse poser sa question. »

Interrogé sur sa relation avec Danone, Muhammad Yunus répond :

« On me demande souvent si Danone m’utilise, mais c’est moi qui utilise Danone. Avant de travailler avec eux, personne ne connaissait le “social business”, maintenant tout le monde sait ! »

« Il y a un “black out” sur les dérives du microcrédit »

Alors que Muhammad Yunus est devenu la figure du micro-crédit, dans les ONG attachées à son développement, on s’inquiète que le « Yunus Show » n’éclipse les interrogations de ce secteur en développement.

Un responsable d’une ONG de micro-crédit s’inquiète du silence du prix Nobel sur les risques de dérives du microcrédit  :

« Muhammad Yunus a développé le microcrédit, c’est génial mais il y a un “black out” sur les dérives. La clé du microcrédit, c’est le suivi de l’activité économique de ceux à qui on prête.

De plus en plus de prêts sont utilités comme du crédit à la consommation. Il faut faire attention à ne pas se retrouver avec des familles en situation de surendettement.

Beaucoup d’agents d’organismes de microcrédit sont payés à la quantité de prêts qu’ils octroient. Ils les multiplient sans se préoccuper du suivi ! »

Yunus : « Tout le micro-crédit s’en est trouvé sali »

Il préfère que son nom et le nom de son ONG ne soient pas mentionnés. « Ce serait compromettre nos chances de développement auprès de tous ceux qui ne jurent que par Yunus. »

J’ai demandé à Muhammad Yunus si les institutions de microcrédit s’écartaient de leur mission sociale. Sa réponse, qu’on voit dans la vidéo :

« Oui, je suis d’accord avec vous et je m’en plains. Le microcrédit est devenu populaire, tout le monde l’a apprécié et certains ont exploité cette popularité dans leur propre-intérêt. Ils ont commencé à mal l’utiliser, à en abuser.

Et tout le micro-crédit s’en est trouvé sali. Ce n’est plus très clair. Il faut qu’on trace une ligne. Qu’est-ce qui est du ressort du micro-crédit, qu’est-ce qui ne l’est pas. Cette ligne doit être déterminée clairement. »

Photos : Muhammad Yunus au Grand Rex, à Paris, jeudi (Audrey Cerdan/Rue89)


Muhammad Yunus au Grand Rex, à Paris, jeudi (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • 46 réactions
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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 13h10 le 07/02/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Micro-planète à crédit .

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 13h15 le 07/02/2010
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « ... une séance contrôlée de près par Danone »

    Drôle, c’est comme si Besancenot était sponsorisé par Total [rires].

    • Numerosix
      Numerosix répond à Le Yéti
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 13h42 le 07/02/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Bah , reconnaissons qu’il n’est pas le seul à pédaler dans le yaourt, en ce moment ..

    • Benjisite
      Benjisite répond à Le Yéti
      (entrepreneur)
      • Posté à 13h47 le 07/02/2010
      • Internaute 51820
        (entrepreneur)

      Un peu plus de renseignement de votre part sur l’action de danone et yunus en inde serait équilibrant pour votre commentaire ;)

      Yunus utilise danone, danone utilise yunus, mais il en ressort au moins quelque(s) chose(s)

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Benjisite
        yetiblog.org
        • Posté à 14h08 le 07/02/2010
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        D’après Zineb Dryef, auteure de l’article, il en ressort surtout un solide contrôle par Danone des interventions de ce monsieur, et de ses relations avec son auditoire.

         
        • Benjisite
          Benjisite répond à Le Yéti
          (entrepreneur)
          • Posté à 14h31 le 07/02/2010
          • Internaute 51820
            (entrepreneur)

          Je suppose aussi que ce contrôle vise à ce que chaque journaliste ait un temps de question égale, a mon avis plus pour ne pas se mettre à dos quelques un de ceux la :)

          Mais bon, tant qu’on est pas dans les arcanes, on peut jamais savoir.
          C’est comme les journalistes se plaignait de n’avoir que 15 minutes avec une star sur la croisette dans une suite d’un hotel, hors c’est le cas.

          Bref :)

        • Yann Guégan
          Yann Guégan répond à Le Yéti
          Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
          • Posté à 15h51 le 07/02/2010
            éditeur
          • Journaliste 1836
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

          Sur ces questions, vous pouvez aller faire un tour sur le blog « Le printemps des bonzaïs », que tenaient deux jeunes documentaristes sur Rue89.

          Lien

        • Numerosix
          Numerosix répond à Le Yéti
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 18h45 le 07/02/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Après le Bifidus , le Yunus ?

        3 autres commentaires
    • Adam Smith
      Adam Smith répond à Le Yéti
      Laisse-moi Faire
      • Posté à 07h44 le 08/02/2010
      • Internaute 37986
        Laisse-moi Faire

      J’ai vu Mr. Yunus en conference. Il disait que Danone etait en train de produire avec Grameen des yaourts et qu’il sera possible de manger la boite apres. Mais ca demande beaucoup de recherche. Investie par Danone.

      A mon avis ce n’est pas profitable pour danone mais c’est bon pour son image.

      C’est drole qu’ une innovation ecologique vienne du Bangladesh plutot que des pays occidentaux donneurs de lecons :)

  • Andouille
    Andouille
    Être Souverain
    • Posté à 13h43 le 07/02/2010
    • Internaute 78695
      Être Souverain

    Entre le prix Nobel de la Paix qui envoit 30.000 soldats de plus et celui qui permet d’endetter encore plus les pauvres, j’ai comme l’impression que c’est de plus en plus moisi ces Nobels ...

    • Benjisite
      Benjisite répond à Andouille
      (entrepreneur)
      • Posté à 13h50 le 07/02/2010
      • Internaute 51820
        (entrepreneur)

      La aussi, lisez au moins un livre expliquant le concept et comment cela fonctionne et pourquoi cela marche dans la formule originale de Yunus.. (prêt uniquement aux femmes, pour des achats permettant développement d’activité, micro communauté solidaire de remboursement, etc..)

      • willdub
        willdub répond à Benjisite
        Ferrer
        • Posté à 15h32 le 07/02/2010
        • Internaute 87473
          Ferrer

        Oui, mais il y a aussi de lourdes dérives, comme le mentionne d’ailleurs très succinctement l’article. En effet, de nombreuses femmes utilisent ce crédit comme un crédit à la consommation car les prêts se font à partir d’engagements oraux et les contrôles, compte-tenu de sa popularité, sont loin d’être suffisants.
        En conséquence, ces femmes ouvrent d’autres crédits pour combler le premier et risquent, à court terme, le surendettement.
        D’autre part, les taux fixés sont très élevés (20%) et donc de loin supérieurs aux taux du secteur bancaire traditionnel.
        Ce n’est pas un hasard si de nombreuses sociétés, qui n’ont rien de philanthropiques, s’intéressent à ce système.
        J’espère donc, comme l’espère Muhammad Yunus, qu’à l’avenir, ce secteur sera mieux contrôlé (soyons utopistes !) et que ces crédits ne deviendront pas les subprimes du pauvre.

         
        • Adam Smith
          Adam Smith répond à willdub
          Laisse-moi Faire
          • Posté à 07h49 le 08/02/2010
          • Internaute 37986
            Laisse-moi Faire

          Je peux avoir des sources et des chiffres pour ces ’lourdes derives’ ?

          Les taux fixes sont tres eleves car on est au bangladesh et le risque de defaut est grand. Un taux de 20% est normal dans les pays en developement.

          ’Taux du secteur bancaire traditionnel’ en Occident ! svp.

          Grameen bank ne cherche pas le profit avec le micro-credit. Mais d’autres commencent en effet.

          • willdub
            willdub répond à Adam Smith
            Ferrer
            • Posté à 16h09 le 08/02/2010
            • Internaute 87473
              Ferrer

            Bonjour,
            Je me souviens avoir lu un certain nombre d’articles sur le sujet. Malheureusement, je ne parviendrai pas à vous en fournir une liste exhaustive mais je me souviens de quelques noms crédibles qui ont émis des réserves :
            - Jean-Michel Servet, professeur d’économie à Genève.
            - Gina Neff, journaliste économique au New York Times qui a longuement enquêté sur le sujet.
            - Je me souviens aussi d’un reportage d’« Envoyé spécial », intitulé « Le banquier des pauvres » et le verdict des journalistes était assez éloquent.
            - Enfin, en jetant un coup d’oeil rapide sur l’évolution des statistiques économiques et sociales d’un pays comme le Bangladesh où ces prêts ont débuté (Lien), on peut s’interroger sur leur efficacité...

            • Adam Smith
              Adam Smith répond à willdub
              Laisse-moi Faire
              • Posté à 09h03 le 09/02/2010
              • Internaute 37986
                Laisse-moi Faire

              Hello,

              Je ne suis toujours pas satisfait avec les sources... J’ai fait des recherches sur ce sujet a l’universite.

              Votre dernier graphe ne veut rien dire. En 2004, il y a eu des innondations au bangladesh qui ont couvert 60% du pays. D’ou la hausse de la pauvrete.

              Jean-michel Servet se focalise plus sur l’Inde que sur le Bangladesh. Contexte tres different.

              Allez-voir sur le site de Grameen Bank les chiffres (pas de pertes, 97% de femmes, peu de profit car l’objectif n’est pas de maximiser le profit). Grameen Bank est une ’development bank’ qui ne cherche pas le profit mais qui ne veut pas perdre d’argent non plus. Ils n’ont pas de problemes de ’lourdes derives’. Ils pretent de l’argent a 7 millions de femmes et l’immense majorite de ces prets sont rembourses.

              Il y a deux questions importantes a mon avis, le microcredit reduit-il la place de la societe civile et de l’etat au bangladesh ? Et a un niveau plus philosophique, est-ce que pousser une societe par le bas de l’echelle (au niveau individuel) est une utopie liberale ?

              • willdub
                willdub répond à Adam Smith
                Ferrer
                • Posté à 11h15 le 09/02/2010
                • Internaute 87473
                  Ferrer

                Vos deux questions sont intéressantes.
                Quant aux sources, en voilà une, qui j’espère se révélera plus convaincante. Elle confirme en tout cas quelques unes de mes craintes et elle rejoint ce que je disais dans mon premier message, à savoir que, si les prêts sont remboursés, il me semble légitime de s’interroger sur le motif du prêt, sur leur remboursement et si, par manque de coordination et de contrôle, il n’y a pas un risque de surendettement pour les populations.
                J’avoue que je n’ai pas lu le livre de Rahman mais il faudrait y jeter un coup d’oeil car son enquête à l’air sérieuse et pas du tout partisane :
                Lien
                Bonne lecture ! =)

                • Adam Smith
                  Adam Smith répond à willdub
                  Laisse-moi Faire
                  • Posté à 11h45 le 09/02/2010
                  • Internaute 37986
                    Laisse-moi Faire

                  La ca me va mieux ;)

                  Mais ca ne me surprend pas. Le probleme est que l’auteur de l’article ne compare pas la situation avant a celle presente. Y’a t’il eu amelioration ou pas depuis que Grameen est apparue ?

                  Le manque de coordination rejoint le probleme de l’absence de societe civile. Mais on parle du Bangladesh la... Pays qui a ete decrit par H. Kissinger (droite pure et dure americaine) comme etant un ’international basket case’ il y a 25 ans.

                  Bonne journee a vous : D

        • Benjisite
          Benjisite répond à willdub
          (entrepreneur)
          • Posté à 12h07 le 08/02/2010
          • Internaute 51820
            (entrepreneur)

          En effet. Cependant l’idée de base est de ce monsieur pour des personnes n’ayant pas accès au secteur bancaire justement puisqu’aucune caution n’est demandé. Son système à lui est surement mieux contrôler que les clones plus ou moins intéressé par la manne, surtout au vues des taux de remboursement très élevé obtenu.

        6 autres commentaires
    • 100 000 d entre nous
      100 000 d entre nous répond à Andouille
      meurent de faim chaque jour
      • Posté à 15h57 le 07/02/2010
      • Internaute 95182
        meurent de faim chaque jour

      j’ai comme l’impression que c’est de plus en plus moisi ces Nobels ...

      Alfred nobel : marchand d’armes et voleur d’idées. Il a créé les nobels par testament afin de redorer l’image associée à son nom.
      Je ne comprends même pas que des êtres humains puissent accepter une récompense venant de ce sinistre individu. Seuls trois l’ont refusé : Boris Pasternak (littérature, 1958) pour éviter de froisser les autorités soviétiques et mettre sa famille et lui-même en danger, Jean-Paul Sartre (littérature, 1964) car il refusait tous les honneurs et Le Duc Tho (paix, 1973), pour la paix au Viet-Nam mais il estimait que la paix n’était pas totale.

      Le gens, y compris les brillants esprits, sont contents de recevoir le hochet (comme disait Napoléon à propos de la légion d’honneur).

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 14h35 le 07/02/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Dans ce contexte économique globalisé et sans limite, les véritables États, au sens de la dimension internationale du Pouvoir, sont les multinationales.

    Ce qu’on appelle encore les États ne sont plus qu’un alibi pour faire croire à la démocratie, et un repoussoir contre les velléités collectivistes, dans la mesure où les fonctions régaliennes sont justement les fonctions traditionnellement haïes par le peuple.
    L’État, c’est les guerres, les PV, les gardes à vue et l’inflation... (les 4 missions régaliennes).

    Nous revoilà donc quelques siècles en arrière, avec des princes plus ou moins éclairés ou philanthropiques, qui daignent servir de sponsor au bien, grâce aux nouvelles dîmes.

    Vive le micro-crédit au bifidus actif !

    • Troll-en-folie
      Troll-en-folie répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Parano chronique
      • Posté à 16h30 le 07/02/2010
      • Internaute 87214
        Parano chronique

      « Dans ce contexte économique globalisé et sans limite, les véritables États, au sens de la dimension internationale du Pouvoir, sont les multinationales. »

      Tout est résumé, et bien résumé dans cette phrase.

      Micro-crédit, une nouvelle tentacule du « charity-business ?

    • A déménagé le 13-01-2012 5
      • Posté à 19h23 le 07/02/2010
      • Internaute 98137
        non connue

      Eh, arrête ta lecture de l’intégrale des pensées de Besancenot, on dirait que ça commence à attaquer le cortex ! ! !

      • Éric  Perrin
        • Posté à 19h34 le 07/02/2010
        • Internaute 51185
          Ginkonaute

        Non non, pas Besancenot !

        « La politique, en tant que moteur de l’Etat-nation, n’existe plus. Elle sert seulement à gérer l’économie, et les hommes politiques ne sont plus que des gestionnaires d’entreprise. Les nouveaux maîtres du monde n’ont pas besoin de gouverner directement. Les gouvernements nationaux se chargent d’administrer les affaires pour leur compte. Le nouvel ordre, c’est l’unification du monde en un unique marché. Les Etats ne sont que des entreprises avec des gérants en guise de gouvernements, et les nouvelles alliances régionales ressemblent davantage à une fusion commerciale qu’à une fédération politique. »
        Sous-commandant Marcos

         3 autres commentaires
      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 19h35 le 07/02/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Hé hé, j’ai connu des commentaires hulkiens plus argumentés.

        On peut être pour une limitation de la taille des entreprises sans être contre toutes les formes de capitalisme.
        A l’école de Besancenot, j’ai séché pas mal de cours...

        Par contre, dans la vie active, j’ai vu de près le pouvoir de ces multinationales.

         1 autres commentaires
  • DeathWalker
    DeathWalker
    Au milieu .. à l'extrème.
    • Posté à 15h27 le 07/02/2010
    • Internaute 83488
      Au milieu .. à l'extrème.

    J’espère que ce système sera interdit dans les pays développés.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à DeathWalker
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 15h54 le 07/02/2010
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      C’est mal parti : -) Depuis vingt ans, l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) accorde ce type de crédits à des créateurs d’entreprises que les banques ne veulent pas financer.

      Lien
      Lien

      • DeathWalker
        DeathWalker répond à Yann Guégan
        Au milieu .. à l'extrème.
        • Posté à 16h06 le 07/02/2010
        • Internaute 83488
          Au milieu .. à l'extrème.

        Ah je ne savait pas, espérons que sa reste dans l’esprit de départ et que sa deviennent pas un banal crédit de plus.

    • soleil_vert
      soleil_vert répond à DeathWalker
      Etudiant
      • Posté à 16h18 le 07/02/2010
      • Internaute 82974
        Etudiant

      Et pourquoi donc ? C’est une drôle de remarque ça tout de même !

      Mais bon, votre manque d’argumentation (attention à cette remarque, ceux qui s’en servent l’utilisent aussi souvent pour éviter qu’on ne le leur reproche.. je vais éviter) montre peut-être aussi un manque d’information sur le sujet, ou une réflexion pas assez poussée.
      (d’ailleurs même si j’admire le professionnalisme de Rue89, un petit dossier poussé et récuré à fond de temps en temps ça ne serait pas de refus. Comme des rétrospectives, les médias actuels passent d’un sujet à un autre sans y revenir et n’assurent aucun suivi. C’est dommage je trouve... mais je m’égare)

      Il est vrai que tout ce système bancaire est assez complexe. Et souvent, il est très difficile de savoir où sont les causes réelles face à un problème qu’on retrouve partout, à savoir la pauvreté.
      Je ne viens pas là pour apporter des réponses, évidemment. Je me contenterais d’expliquer pour ceux qui ne le savent pas, le principe du micro-crédit.

      Yunus est parti d’une observation : la richesse attire la richesse et la pauvreté attire la pauvreté.
      Il faut savoir que le micro crédit a été mis au point pour des cas de pauvreté extrême, ou au moins très forte. Au Bangladesh, ce me semble. Quand on est dans le cas d’une forte pauvreté, nous ne sommes pas propriétaire : pas d’argent pour payer sur le moment et aucune garantie à donner pour faire un gros emprunt qu’on ne pourra pas rembourser car, même si l’intérêt était très faible (ce n’est de toute façon pas le cas), il est dans l’absolu trop important par rapport à la capacité de cette population.
      Ainsi, sans être propriétaire de quoi que ce soit : habitat, certes, mais surtout de l’outil de travail, les loyers à payer s’additionnent et deviennent au final plus lourd que l’achat direct.

      Ce que Yunus souhaitait favoriser, via ces micro crédits, c’est la propriété de l’outil de travail. Il s’agit de quo ici ? D’un matériel de cirage à 25$ par exemple ! C’est pas grand chose, pour nous. Mais dans une famille pauvre, 25$ c’est déjà 24$ de trop. Et c’est là que la notion de MICRO crédit prend toute son importance puisque c’est à peu près la teneur de ce prêt.
      Et que fait-on une fois qu’on possède son propre outil de travail ? On se prend en charge déjà plus, on devient plus mobile, on a plus de libertés. Autrement dit : on se libère.

      J’ai vu plus haut quelqu’un se plaindre de taux étourdissants. Faut dire aussi qu’il ne s’agit pas des mêmes sommes que lorsqu’on achète une voiture et une maison où le moindre dixième de pourcent d’intérêt se compte en centaines d’euros. Ici, pour qu’on puisse voir une différence, il faut des taux élevés. 20% de 25$ ? 5$ ! Rien à voir avec des prêts classiques donc. ; -)

      Mais le micro crédit est-il uniquement un prêt minuscule ? Justement non. Ce qui participe grandement à sa force, c’est aussi qu’une formation est proposée, pour apprendre les nouveaux entrepreneurs à gérer leur budget et leurs outils. Et là ça n’a plus rien à voir avec les subprimes où l’on prête à n’importe qui sans se poser de questions. Non, ici il y a un suivi et une formation pour apprendre aux gens à gérer et rembourser dans les temps.

      Certes, la demande étant très forte, le contrôle peut être plus faible. Mais je ne vois pas là un point tellement noir qu’il faille absolument arrêter ce genre d’initiatives. Tout juste une opportunité de progresser dans cette démarche.

      C’est pour cela que finalement, et contrairement à vous, je n’ai qu’une hate : c’est que cette formule « pret + formation » se reprenne dans nos pays « développés » comme vous dites.

  • olivier2point0
    olivier2point0
    Social Innovator (alpha)
    • Posté à 16h15 le 07/02/2010
    • Internaute 91595
      Social Innovator (alpha)

    Bonjour à tous.
    Je m’appelle Olivier et travaille pour danone.communities (incubateur de social businesses, lancé par le Pr. Yunus et le groupe Danone il y a plus de 3 ans. Historiquement, c’est donc à notre équipe que le Pr
    demande de co-organiser ses voyages ici). C’est moi que vous voyez sur la vidéo montée de cet article avec le pull bleu : j’essaye tant bien que mal de rester dans le timing... pas simple ; -)

    Quand le Pr.Yunus vient en France, pour 3 jours, bcp de personnes souhaitent le voir : des journalistes biensur, mais aussi des organisations sociales, des entrepreneurs, des étudiants... Difficile de trouver les meilleurs dispositifs pour tout le monde. Pour cette visite, à la fin d’une conférence « Génération solidaire : réinventons, entreprenons » (près de 3000 personnes, invités par plus d’une cinquantaine de partenaires) nous avions essayé de dégager 15min pour un échange avec des acteurs « des nouveaux médias ». Désolé pour l’inconfort dû à ces contraintes de timing ; en revanche, le mot « rembarré » me semble un peu fort... l’avantage d’internet, c’est précisément de pouvoir continuer les échanges dans le temps et je ne crois pas que Laurent Esposito (Lien) est souffert de ne poser qu’une question (dommage qu’elle n’est d’ailleurs pas été laissé dans la vidéo). Reparlons-en sur le bog ou facebook de Laurent... je crois qu’il a publié un CR.

    Au delà du dispositif, je pense qu’il faut surtout reparler du microcrédit. Les questions que pose Zineb, même s’il n’y a pas de source dans cet article, méritent d’être creusées. Pourquoi ne pas organiser une rencontre avec experts et curieux dans les bureaux de Rue89 pour avancer ?
    Nous avions essayé de faire un premier recueil sur le sujet, il y a quelques mois.
    Lien

    Je serais très intéressé si cette discussion permet d’avancer, de maniere constructive, sur ces enjeux de l’économie au service de l’humain. Je dis cela à titre personnel, mais c’est cette motivation qui m’a donné envie de rejoindre un groupe agroalimentaire qui essaye d’innover socialement, pas en communication mais en actions concretes.
    Vous pouvez aller voir ce blog :
    Lien
    et le mien pour vous faire une idée
    Lien

    Mieux : un super programme d’aide à l’initiative économique, en France, par le microcrédit, lancé par l’ADIE - CréaJeunes
    Lien

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à olivier2point0
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 17h42 le 07/02/2010
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Bonjour,

      Tiens, après le service de com’ d’Altran, voici que la 4ème voix devient celle du service de com’ de Danone...

      Donc pouvez nous déjà nous expliquer par quel petit miracle, une personne qui à l’en croire se serait penché sérieusement sur le fonctionnement du système de dette et de crédit ne mentionne nulle part le fait que la dette à l’égard des institutions financières internationales constitue DEJA, aujourd’hui, une part non négligeable du budget des pays en voie de développement capitaliste que ces même personnes se prétendent « aider », et constitue actuellement (mais là c’est sans doute aller un peu loin) un subtil outil de domination

      En un mot vous travaillez à « sortir » de la pauvreté des gens en remplaçant un système de domination globale par une micro-domination généralisée.
      Et ce à l’égard des mêmes institutions financières. Lorsqu’on sait (je cite) que :

      « le Grameen Trust reçoit une donation de la Fondation MacArthur, puis des dons supplémentaires de la Banque mondiale, de la Fondation Rockefeller, de l’USAID (p. 143) ; le même trust a signé un accord de partenariat avec le Crédit Agricole (p. 144) : Grameen Capital India est créée en partenariat avec Citibank India et ICICI Bank (p. 266)

      - extrait du propre livre de Yunus, joliment intitulé “ Vers un nouveau capitalisme ”
      Lien

      Néanmoins je remarque que vous avez l’honnêteté de ne pas nier qu’il s’agit bien là de taux exhorbitants, et quand on dit comme on dessus “ oh mais il s’agit de 20% de 25$ donc 5$ ”, on aimerait savoir combien en bénéfice prélevé sur a tête de la population du Bangladesh, cela représente donc au TOTAL du côté de la banque.

      Un dernier mot pour dire qu’il n’est évidemment là, une fois encore :

      - nullement question de mentionner le fait que les politiques économiques menées dans ces pays sont contrôlées par des institutions financières où elles n’ont aucun poids (leur tête s’échangeant entre l’Europe de l’Ouest et les US depuis leurs créations) [Voir Aminata Traoré ou Stiglitz sur les ajustements structurels]
      - nullement question de réclamer un audit ou d’annuler des dettes odieuses (dictatures soutenues par des multinationales) contractées par ces pays et qu’ils continuent de rembourser, en parralèle du merveilleux microcrédithallelujah
      - nullement question de préciser que ces gens “ du Sud ” sur lesquels se précipitent la meute sont des cas bien particulier, qui tiennent un discours bien particulier (voir référence plus haut), bien loin d’autres auteurs comme l’indiennes Vandana Shiva (auteure de “ Le terrorisme alimentaire - Comment les multinationales affament le tiers-monde ”)
      Mais bon, on se doute bien que dans ces cas là, il y aurait eu beaucoup moins de monde

      Magnifique votre dernier clip, c’est comme cela que pendant un siècle on a réussi à former dans les “ grandes écoles ” européennes un “ indigénat d’élite ” (pour reprendre la formule de Sartre) qui ne s’est révélé être rien d’autre une fois au pouvoir que l’intermédiaire de puissance étrangère dans les pays en “ développement ”
      Ca fait 30 ans que ça dure, pourquoi changerait-on après tout ?

      • soleil_vert
        soleil_vert répond à Weatherboy
        Etudiant
        • Posté à 18h40 le 07/02/2010
        • Internaute 82974
          Etudiant

        Deux choses à vous reprocher.

        De une je vous trouve inutilement agressif. Monsieur n’est pas responsable de la dette des Pays (moi non plus d’ailleurs), et personnellement je la déplore tout autant que vous.
        On pourrait très bien parler de Copenhague, du vaccin du SIDA que les pays du nord ont refusé de distribuer gratuitement aux africains etc.
        Ça serait juste un débat vain dans l’état actuel des choses. Enfin c’est ce que j’en pense... Notre gouvernement n’est pas vraiment ouvert au débat. Et nous, nous sommes d’accord. ; -)

        Ensuite, je vous reproche d’attribuer à monsieur de Danone mes propres propos.(les 25$) Nous avons écrit en même temps et il n’a pas pu savoir ce que j’ai écrit, donc le réfuter/confirmer.
        Si vous souhaitez m’attaquer sur ce terrain, je vous conseillerais de relire le livre de Yunus où il est bien expliqué pourquoi de tels intérêts sont nécessaires et où ils vont. Vous verrez alors qu’il ne s’agit que de financer les prochains prets pour agrandir le rayon d’action du Grameen Trust et non pas d’enrichir les capitalistes.

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à soleil_vert
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 20h23 le 07/02/2010
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          Et bien je n’ai nullement l’intention d’« être agressif » ni à votre égard, ni à l’égard de l’intervenant en question, et je ne vois pas trop ce que j’y gagnerai. Pas plus d’ailleurs que je ne l’ai accusé d’être responsable de tous les maux de la terre, juste de se planter méchamment, et à mon humble avis, c’est tout.

          Quand à la phrase ce que je vous ai piqué sans honte, ben d’un autre côté, le côté des intérêts exhorbitants c’est quelque chose de bien connu, donc on aurait pu penser que quelqu’un qui venait défendre ce truc aurait commencer par là ( il l’a pas fait, donc je me suis jeté sur vous, bon oui c’est pas sympa : -)

          Quand à lire Yunus, ben je sais pas, vous devriez peut-être déjà Lien et après on verra si vous avez encore envie de lire son prochain livre ( ?)

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 19h09 le 07/02/2010
        • Internaute 33755

        Salut Weatherboy,

        « En un mot vous travaillez à “ sortir ” de la pauvreté des gens en remplaçant un système de domination globale par une micro-domination généralisée. »

        Cet argument est inapplicable à la doctrine économique de Yunus.
        Le concept de domination est combattu par Yunus : les banques grameen appartiennent aux emprunteurs. C’est à peu près le même système que les caisses communes en Afrique. La caisse appartient à tous ceux qui y déposent de l’argent. La « création » monétaire est donc décidé par eux-mêmes.

        S’il y a une critique à faire concernant Yunus, je pense que c’est plus sur l’absence de lois régulant l’activité de ces crédits. C’est à l’État de le faire, d’aller taper du poing sur la table et de lancer les chantiers, or il critique cet état* alors qu’il en a besoin pour « retracer les lignes » de son micro-crédit : le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. Ça trahit une trop grande foi dans le libertarianisme.

        * tout est relatif, son état de référence est le Bangladesh, pas vraiment connu pour être une démocratie exemplaire.

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à A déménagé le 25 octobre
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 20h12 le 07/02/2010
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          Salut Blaise,
          Chacun fait modestement avec les informations à sa disposition et de mon côté il me semblait plutôt avoir compris que les banques en question ne leur appartenaient pas vraiment, ni même que tout celà se fasse dans un petit cadre de caisse commune. Ce sont les extraits de l’article que je citais qui sont dans le message précédent
          Lien
          ceux là par exemple :

          « Chaque jour, le Social Wall Street Journal donnera les dernières nouvelles des progrès et des revers des social business (p. 287).
          Il y aura un indice Dow Jones social qui reflètera la valeur des actions de quelques-uns des plus importants social-business du monde (p. 289). »

          C’est ça qui me fait dire que dans le fond, on est loin de ce qgenre d’idée. Tu as un autre extrait dans le lien au dessus qui montre à quel point le bonhomme nie toute compétence à l’Etat, il n’y a donc pas lieu de s’étonner qu’il n’y ait rien comme tu dis sur des liois régulatrices. « Ça trahit une trop grande foi dans le libertarianisme », je te le fais pas dire...

          Enfin bon, Danone a peut-être des réponses plus pertinentes là dessus...

          • A déménagé le 25 octobre
            • Posté à 23h30 le 07/02/2010
            • Internaute 33755

            et aussi, tiré de ton lien : « “ Si vous passez suffisamment de temps parmi les pauvres, vous découvrirez que leur pauvreté vient de ce qu’ils ne peuvent conserver le fruit de leurs efforts. La raison en est claire : ils ne contrôlent pas le capital. Les pauvres travaillent au profit de quelqu’un d’autre qui détient le capital ”, Yunus (p. 190). Yunus découvre donc l’existence des classes et du prolétariat. Pour ne plus être pauvre, une seule solution : devenir capitaliste ! »

            et le dire aux capitalistes qui l’écoutent et marchent dans ses « combines ». Son coup d’avance : il ne sort pas de l’école occidentale. Il peut échapper aux étiquettes qu’on colle habituellement.

            Je soupçonne aussi Muhammad Yunus d’être un bonhomme très malin. Il obtient des résultats sociaux avec une politique macroéconomique de droite toooute (le crédit). Dans la sphère officielle, la grande école de l’économie occidentale, celle qui depuis deux siècles ne sait remettre en question l’aboutissement de sa doctrine, l’extrêmisme financier, il dépose tout sourire sa recette d’amour un peu fou : au début la décroissance (son prisme universitaire), ensuite la « banque » (bah, bouh !), pour finir par un coup d’épée dans le coeur des problèmes (ou du gros avantage...) : il sait que les états ne sont plus que des oligarchies ou presque. Il sait donc où se situe désormais le vrai pouvoir : dans les multinationales. À quoi s’attaque-t’il en toute logique ? à ces dernières en exigeant que leur association soit régit par sa logique et non plus la leur : les dividendes, « raus » ; le capital : au service du travail.

            Noooon d’une pipe.

            Car critiquer un social business nécessite d’aller creuser à d’autres endroits que ceux dans lesquels d’habitude nous nous avachissons. Zineb, bien-sûr que l’on sait d’avance qu’il déversera le contenu de son verre de champagne dans sa bouche.

            L’investissement ? l’autofinacement ? Où va réellement le fric tiré de sa production et quelles sont ces « avancées sociales ».

            Et il te dit comment faire : « Chaque jour, le Social Wall Street Journal donnera les dernières nouvelles des progrès et des revers des social business. »

            C’est à lui que doit revenir le privilège d’édité un tel journal ? ...

        2 autres commentaires
  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h33 le 07/02/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Allez un peu plus loin. Remplacez « micro-crédit » par n’importe quel outil financier, entreprenarial, économique :

    « Oui, je suis d’accord avec vous et je m’en plains. Le microcrédit est devenu populaire, tout le monde l’a apprécié et certains ont exploité cette popularité dans leur propre-intérêt. Ils ont commencé à mal l’utiliser, à en abuser.
    Et tout le micro-crédit s’en est trouvé sali. Ce n’est plus très clair. Il faut qu’on trace une ligne. Qu’est-ce qui est du ressort du micro-crédit, qu’est-ce qui ne l’est pas. Cette ligne doit être déterminée clairement. »

    Et vous résumerez la plupart des problèmes qu’on reproche au capitalisme : de donner des outils aux gens sans scrupules pour asseoir leur pouvoir. Ce que j’aime chez Yunus, c’est qu’il montre à quel point ces outils sont neutres et peuvent être retournés afin de servir les populations et non les élites. Mais c’est une guerre constante : lorsque vous créez une arme, elle finira dans les deux camps.

    J’en ai assez des altermondialistes, des dénonceurs d’abus qui sont incapables de proposer autre chose qu’un pogrom de banquiers. On a besoin de plus d’individus comme Yunus ou Stallman qui montrent que l’on peut s’approprier es outils économiques et retourner l’usage qu’en font les abuseurs.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 18h38 le 07/02/2010
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    danone est le bon sponsor pour les micro-crédits , ils font dèjà dans les micro morçeaux de fruits dans leurs yaourts :)

  • Nothing but the truth
    • Posté à 18h51 le 07/02/2010
    • Internaute 104286
      Etudiant

    L’angélisation de Yunus par la multinationale du yahourt qu’est Danone n’est pas étonnante.

    La vidéo est assez parlante, regrouper les bloggueurs pour la photo est le seul but avéré de l’attaché de presse, créer une communauté artificielle autour de ce nouveau symbole qu’est Yunus. Et il continue en voulant aspirer rue 89...

    Après petite vérification, Yunus a créé la Grameen Bank (5 milliards de dollars de chiffre d’affaire), Grameen Telecom (Opérateur Mobile / 13 milliards de dollars), Grameen Danone, Grameen Veolia, Grameen Crédit Agricole, et bientôt Grameen Adidas...

    Un problème que maitriser l’eau, la bouffe, la banque, les chaussures dans un pays de 160 millions d’habitants ?

    Un problème de tout faire passer sous l’auréole du social business alors qu’il ne s’agit que de faire du business avec les pauvres ?

    Yunus s’avérera être un mauvais choix pour Danone : Yunus n’est pas un économiste, ni un professeur et encore moins l’abbé Pierre.

    C’est un business man.

    Et il vend son pays aux multinationales en créant des joints venture sous couvert de « social business », quelqu’un peut dire ce que c’est vraiment ? Attaquer le marché des pauvres = social business ? ? ? ?

    L’objectif de Danone est le même que toutes les autres multinationales, attaquer des marchés en devenir
    Un très bon article :
    Lien

    Yunus est à sa place avec l’attaché de presse d’une multinationale. Il appartient à la caste des privilégiés qui vient donner des leçons de social business au monde avec Franck Riboud...

    Danone cherche à faire de Yunus un missile communicatif qui pourrait bien exploser avant le lancement.

    Et ça fait quoi un missile qui explose dans un pot de yahourt ?

    • freedid
      • Posté à 07h48 le 08/02/2010
      • Internaute 17282

      Assez d« accord avec vous.

      J’ai assisté au grand show de jeudi au Grand Rex. Vu que le truc était organisé par HEC c’était essentiellement destiné aux 18-25ans en école de commerce. L’impression générale c’est que le formatage et la machine à décérébrer fonctionne à merveille. On met un vernis de social qui coute rien, ça déculpabilise les futurs entrepreneurs. A cet age là c’est encore jouable on n’a pas encore trop gouté à l’argent facile et on a pas encore de gros crédit comme à 30ans.

      En gros le message c’était que pauvre ou riche, la consigne c’est que tout le monde est un patron. Du pur libéral. En plus quand tu viens d’un pays riche tu peux faire du social en même temps que ton business, que du bonus. Plus besoin de se poser des questions, l’entreprise va sauver le monde en commençant par les pauvres.

      Pour Riboud la manœuvre est assez claire, il fait tout pour se démarquer de Nestlé, la multinationale tentaculaire, ce truc de social business ça lui permet de s’implanter sur d’autres marchés.

      Le truc marrant de la soirée, c’est que ce que ce vieux crocodile de Riboud s’est un peu payé le présentateur de la soirée qui était à fond dans les poncifs.

      Le seul qui a parlé de la responsabilité des états, ou plutôt de la responsabilité des gouvernements, c’est Wim Wenders qui a fait un passage éclair pour présenter son court métrage du projet 8 le temps presse Lien

      A la fin je suis parti, c’était la présentation des jeunes entrepreneurs qui en veulent. On se serait cru à la nursery du medef

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 19h30 le 07/02/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    si les yougourts s’en mèle ça n’est plus du micro credit

    ça devient du bus’ness

  • zazachavez
    • Posté à 20h22 le 07/02/2010
    • Internaute 83209

    Je n’ai qu’une question : a t il essayé le biobidus de nadone et si oui, son transit s’en est il trouvé amélioré ? il se sent moins balloné ?

    parce que pour quelques milliards d’entre nous, ce ne sont pas des problèmes de digestion qui les font souffrir ...

    Vive Nadone ... la nouvelle BIG alimentaire qui fait dans l’humanisme ... tant mieux , d’ici quelques temps les eaux de source vont redevenir la propriété des peuples ... merci Nadone

     : -)))

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 22h49 le 07/02/2010
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Les pauvres sont devenus un nouvel eldorado ?

    Je le crains !

    Un pauvre rembourse mieux les crédits (Y compris des micro-crédits) que n’importe quel nanti... !

    Et « une » pauvre femme rembourse avec encore plus de sérieux que n’importe quel pauvre homme ...

    Rien de neuf ! !

    Sinon que ceci est le « business » de demain !