enquete 06/02/2010 à 11h41

A la fac de Metz, on recrute local, tant pis pour la loi Pécresse

Emmanuelle Bonneau | Editrice Rue89

L’université de Metz a préféré faire monter en grade une professeure issue de la maison, plutôt que recruter un agrégé parisien. Preuve que la réforme Pécresse n’a pas éradiqué le recrutement par copinage.

A l’origine de la polémique un événement rare dans le monde universitaire : le conseil d’administration d’une université, celle de Metz, n’a pas suivi l’avis du comité de sélection qu’il avait nommé pour le recrutement d’un maître de conférence.

Alors que le comité soutenait, à l’unanimité, la candidature d’un agrégé parisien, normalien, auteur d’une thèse « considérable », le conseil d’administration a titularisé une « simple » thésarde issue de l’université.

Titulaire d’un Capes en lettres modernes, la nouvelle maître de conférence était jusqu’ici professeure certifiée affectée dans l’enseignement supérieur (PRCE), c’est-à-dire une enseignante de collège-lycée en service dans le supérieur.

Argument officieux du conseil d’administration ? L’enseignante « s’investit localement ». Comprendre : elle a dix ans de maison.

La réforme Pécresse voulait combattre le « localisme » des recrutements en fac

Pourtant, la loi Liberté et responsabilité des universités (LRU) du 10 août 2007 devait éradiquer le « localisme, qui tue le recrutement universitaire actuel », selon Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui donna son nom à la loi.

La réforme Pécresse créa donc les comités de sélection, sorte de collège d’experts dans la discipline du poste à pourvoir. Les comités de sélection, composés à part égale de membres internes et externes de l’université, étudient les candidatures, effectuent une pré-sélection et enfin auditionnent le peloton de tête.

A Metz, six candidats sur 42 ont été auditionnés pour le poste de « maître de conf’ ». Et les membres du comité de sélection n’appartenant pas à l’université n’avaient même pas pré-sélectionné l’enseignante aujourd’hui titularisée. Eléonore Reverzy, professeur à l’université de Strasbourg et membre du comité de sélection, raconte :

« Les membres issus de l’université de Metz ont fait valoir qu’elle correspondait au profil du poste. Mais nous leur avons opposé que le poste avait été préalablement profilé pour correspondre à la candidate locale !

Le dossier du candidat parisien ne contenait pas de failles permettant de le déboulonner. Il a été reçu et c’est le pompiste qui prend sa place ! C’est quand même un concours de la fonction publique... »

Dépités, des membres du comité de sélection signent une lettre ouverte

Depuis, les trois membres extérieurs du comité de sélection ont adressé une lettre ouverte au président de l’université de Metz, Luc Johan, s’engageant à « ne plus participer aux activités scientifiques de [son] université pendant toute la durée de [sa] présidence ».

Eléonore Reverzy a également envoyé un courrier à Frédéric Sudre, président de la conférence permanente du Conseil national des universités, sorte de médiateur qui « a le pouvoir d’en référer en haut lieu ». Ce dernier en a « accusé réception ».

Pour Vincent Jouve, membre du comité de sélection et co-signataire de la lettre ouverte, la décision du conseil d’administration reste « dans le cadre de la loi » mais n’en suit pas « l’esprit », comprendre elle ne met pas « le frein au localisme » :

« Le conseil d’administration, composé du président et de membres élus issus de toutes disciplines, a cassé l’avis d’un comité d’experts...

A l’époque, Valérie Pécresse disait ne pas imaginer que cela puisse arriver. C’est arrivé. Et comme la LRU ne donne au comité de sélection qu’un avis consultatif, cela peut se reproduire. »

Le professeur à l’université de Reims poursuit, dégoûté par le gâchis :

« Il y a très peu de postes à pourvoir dans l’enseignement supérieur, avec à chaque fois quarante à cinquante candidatures. On ne peut pas se permettre de ne pas prendre les meilleurs. Si ce genre de pratiques se reproduit dans d’autres universités, plus personne ne voudra siéger en comité de sélection. »

Au moment de la parution de cet article, le président de l’université de Metz Luc Johann n’a pas pu être joint par téléphone.

► Addendum le 8/02 à 10h30. Eléonore Reverzy conteste le terme « pompiste » qui lui a été attribué en citation, rappelant que « la candidate locale n’est pas responsable » de ce « dysfonctionnement grave ».

► Addendum le 8/02 à 14h38. Joint par téléphone, le président de l’université de Metz Luc Johann se dit « supris », et récuse les accusation de « localisme » :

« Entre 2005 et 2008, 76% des maîtres de conférence étaient recrutés à l’extérieur. Entre 2008 et 2009, première année de mon mandat, c’est 87,5% des maîtres de conférences recrutés qui venaient de l’extérieur. Alors qu’on m’accuse de localisme, ça me fait plutôt mal ».

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  • Peureux anonyme
    • Posté à 19h21 le 06/02/2010
    • Internaute 24415

    De quelles informations disposez vous pour affirmer que le candidat de la commission de sélection était le bon et celle retenue par le président de l’université la mauvaise ?

  • Anonyme répond à A déménagé le 13-01-2012 5

    C’est tout à fait ça !
    Je signe ton commentaire des deux mains.

  • expat
    • Posté à 18h05 le 06/02/2010
    • Internaute 25627

    Y avait-il une chance que les candidats les meilleurs (et exterieurs) n’avait pas de meilleurs popositions ailleurs ?
    Le probleme se pose toujors de cette dacon, il me semble que si la personne choisie ne prend pas le poste, il faut refaire le concour, si la personne choisie attend une meilleur opportunite le poste est bloque un an ou 2, il faut recommencer le concour, on va rechoisir une star et rebelotte, en quoi cela favorise-t-il la qualite de l’enseignement ou de la recherche.

    Jai connu des endroits ou la star se mettait directement a prospecter pour une place plus elevee, d’autres se mettent en conge 6 mois, un an, 2 ans et finalement ne viennent jamais. Mon ancien patron a demissionne avant la date de sa nomination officielle.

    La question se pose donc de facon un peu differente de ce qui est ecrit dans l’article.

    • les_canards
      les_canards répond à expat
      • Posté à 19h22 le 06/02/2010
      • Internaute 20527

      C’est une bonne remarque ; mais en l’occurrence il ne faut refaire un concours que si tous les candidats classés se désistent. Je pense que c’est probablement une des raisons pour laquelle on a classé la « locale », au moins on était sûr qu’en cas de défection des deux premiers le poste serait pourvu quand même.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 18h28 le 06/02/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    C’est quasiment toujours du copinage de toute facon.

  • lulu.sur.rue89
    lulu.sur.rue89
    Entre deux chaises, assez (...)
    • Posté à 18h38 le 06/02/2010
    • Internaute 99634
      Entre deux chaises, assez (...)

    A l’auteure de l’article : « une professeur » , « un professeur certifiée », que d’hésitations ! Depuis presque dix ans, les journaux plus ou moins progressistes ont adopté l’orthographe « professeure », ainsi qu’« écrivaine », etc. et mettent systématiquement au féminin les substantifs « ministre » et autres. S’il-vous-plaît, faites de même ! C’est important, on ne va pas recommencer le débat.

    Sinon, dans le pays où je vis, il est interdit de postuler pour un poste de professeur d’université lorsqu’on y a écrit sa thèse d’état. C’est supposé éviter le copinage. En fait, cela n’évite rien du tout, car au niveau universitaire le copinage n’est pas local, mais de chapelle. Il faut faire partie de la paroisse d’un des grands mandarins (mandarines au féminin, un des avantages de la féminisation systématique des noms, c’est que l’orthographe devient une science rigolote), faute de quoi inutile d’espérer plus qu’une petite bourse de thèse de trois ans (pour laquelle par contre il faut être pistonné localement). Dans certains domaines, par exemple la philosophie, les très grands pontes (qui laissent rarement une œuvre pérenne) disposent de mainmise sur la presque totalité des postes universitaires en CDI.

    C’est ainsi avec la cooptation, et on ne voit pas bien par quelle procédure y remédier, car contrairement aux concours du premier et second degré, on imagine mal les concurrents planchant sur une épreuve, voir leur copie notée et leurs candidatures classées...

  • sportprof
    • Posté à 18h46 le 06/02/2010
    • Internaute 20677

    enseignant dans le supérieur en STAPS mes recherches portent sur la relation concurrence / compétition dans le sport mais aussi le monde du travail.
    plusieurs points : personne ne peut connaître la réalité de ce dossier (sauf les membres du comité de sélection et encore...) donc on est en pleine spéculation.
    Il est comique de dire que ce profil là est « à moustache » (profilé pour une personne particulière)... ils le sont tous et il n’est pas possible de faire autrement.
    utiliser les distinctions - agrégé / certifié ou normalien - du second degré n’a pas de sens dans le supérieur (et je suis un ancien agrégé).
    L’histoire ne dit pas si la « locale » est ou non qualifiée dans une ou plusieurs sections CNU (car il y a une possibilité de recrutement par détachement pour les locaux) correspondant au profil du poste. Si elle n’est pas qualifiée, on peut comprendre que le comité râle mais d’un autre côté il faut aussi qu’ils râlent pour faire supprimer cette possibilité.
    Dire qu’un individu est meilleur qu’un autre est une imbécilité si on ne tient pas compte de l’épreuve qui détermine ce jugement.
    Ce qui est sûr c’est que le président n’a pas été (ou pu être) très bon dans la constitution de sa commission, il y a probablement du règlement de comptes dans l’air..

  • Trente-et-un
    Trente-et-un
    Professeur d'université
    • Posté à 18h57 le 06/02/2010
    • Expert 104229
      Professeur d'université

    Trois remarques :
    S’agissant du recrutement d’un angliciste, l’agrégation (en plus du doctorat évidemment) reste un élément (parmi d’autres) d’appréciation significatif. Le CAPES ne compte pas. C’est comme cela pour toutes les disciplines où l’agrégation a gardé une valeur : lettres, histoire, philosophie, allemand, etc.. En sciences, l’agrégation ne compte pas non plus.
    Le localisme est la plaie des universités françaises. Une seule façon de s’en débarrasser : faire comme les universités allemandes où le recrutement/promotion local est strictement interdit. On change de grade en allant ailleurs, quitte à revenir quelques années après.
    La loi Pécresse, en donnant des pouvoirs exorbitants aux conseils d’administration et aux présidents, favorise l’esprit de clocher. Surtout dans les petites universités de second ordre, comme Metz. Les Universités dignes de ce nom sont obligées de faire plus attention.

  • Cdmt
    Cdmt
    Président polonais
    • Posté à 19h00 le 06/02/2010
    • Internaute 73826
      Président polonais

    Que s’est-il passé ?
    La commission de spécialiste à désigné le meilleur candidat.
    Le président de l’Université à cassé cet avis pour investir une « locale » moins méritante.

    Quelle est la cause du copinage ?
    Ce pouvoir spécial qu’a le président de pouvoir passer outre l’avis de la commission de spécialistes.

    Ce pouvoir attribué au président est-il un vieux vice de l’université ?
    Non. Il est tout récent.

    Qui donc a investi les présidents d’universités de ce nouveau pouvoir ?
    La Loi Pécresse.

    Conclusion :
    C’est la Loi Pécresse qui est la cause de ce recrutement par copinage.

    Question.
    Pourquoi l’article porte-t-il le titre suivant : « A la fac de Metz, on recrute local, tant pis pour la loi Pécresse » ?

  • tiens donc
    tiens donc
    maitre de conférences
    • Posté à 19h52 le 06/02/2010
    • Internaute 104227
      maitre de conférences

    « on recrute encore plus local, grâce à la loi Pecresse », aurait été un titre plus juste.
    Je constate depuis l’application de la loi Pecresse, une dérive clientéliste et maffieuse, depuis la mise en place de comités de sélection qui ont remplacé les anciennes commissions de spécialistes, pourtant très décriées.
    En effet, ces comités Pecresse sont désignés sans aucune transparence, ce qui autorise toutes les dérives. Les anciennes commissions de spécialistes fonctionnaient mal, mais elles étaient stables et ses membres étaient élus par les pairs pour une durée de 3 ans, dans le cadre de règles connues. Il est vrai que cela n’empêchait pas les dérives, qui pénalisaient en particulier les candidats extérieurs, quand ils devaient affronter un candidat local.
    Mais les comités de sélection de Pécresse n’ont fait qu’aggraver la situation au lieu de corriger les dysfonctionnements. Ces comités sont constitués aujourd’hui sans aucune lisibilité ni tansparence, en fonction des résultats recherchés. Par le président ? Je dirai plutôt par des potentats locaux, mal identifiés, qui décident de la composition des comités, sans véritable contrôle.
    A Metz, le résultat n’a pas plu et le conseil d’administration a déjugé le comité. Ce qui semble indiquer qu’à Metz, le président n’a pas encore pris la mesure du nouveau pouvoir que la loi Pecresse lui donne, en matière de recrutement...Ca patauge en dessous de lui.
    Mais dans la plupart des cas, les résultats des « concours » sont maintenant arrangés, compte tenu du mode de désignation des nouveaux comités Pécresse. Loin d’élever le niveau scientifique des universités, il dérive souvent vers un clientélisme maffieux. C’est la loi qui est mauvaise. En tout cas sur ce point au moins. Et Metz n’est bien sûr pas un cas isolé. Bon courage aux candidats aux emplois universitaires...

    • vaugoubert
      vaugoubert répond à tiens donc
      • Posté à 12h05 le 08/02/2010
      • Internaute 31921

      Tout dépend de la fac. Dans la mienne, c’est le contraire qui s’est produit. Le comité voulait imposer un candidat maison plutôt faiblard (le poste était ouvert dans une autre UFR que celle dont sont issus les membres du comité), le responsable du département pour lequel le poste était ouvert a demandé à ce que le CA ne suive pas l’avis du comité et on a pu recruter un excellent candidat qui venait d’une autre université.

      Ce n’est pas la réforme qui est en cause mais la pratique de chaque université.

  • Oister
    Oister
    Soldat inconnu.
    • Posté à 20h54 le 06/02/2010
    • Internaute 46248
      Soldat inconnu.

    Vou me copierez 500 fois : Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien ! Pecresse ne sert à rien !
    Pecresse ne sert à rien !

  • blb1515
    • Posté à 22h28 le 06/02/2010
    • Internaute 104240

    Ceci en dit beaucoup plus sur l’état de l’Université Paul Verlaine de Metz que sur la loi LRU. Jusqu’à 2008, de telles situations étaient monnaie courante dans toutes les universités et toutes les disciplines avec une commission essentiellement locale qui ne se génait pas pour classer en premier le candidat qu’elle connaissait. Personne n’en parlait. Evidemment avec plus de 50% d’extérieurs cela devient plus difficile, et il faut le CA pour arriver au même résultat. Mais c’est un peu génant, les membres extérieurs peuvent protester, la presse en parler, et les crédits diminuier en conéquence. Dans beaucoup d’universités, les CA ont au contraire veillé à l’absence de localisme systématique, et cassé les décisions des comités qui sembaient douteuses.

    • tiens donc
      tiens donc répond à blb1515
      maitre de conférences
      • Posté à 12h07 le 07/02/2010
      • Internaute 104227
        maitre de conférences

      n’accablez pas Metz, cette histoire révèle un mal général. La loi Pecresse prévoit que 50% du comité de sélection doit venir d’autres universités. Bien, mais comment sont choisis ces extérieurs ?
      En tapant dans des réseaux de proches collaborateurs, d’amis, de réseaux d’influence que les universitaires confectionnent soigneusement pour garder la main sur les futurs recrutements. Je parlais plus haut de mafia...la nouvelle loi est détournée de ses buts.
      Et le choix du comité pour recruter au jour J un maitre de conférences sera un comité ad hoc fait sur mesure, par rapport à un poste lui même profilé sur mesure. J’ai vécu les 2 systèmes, je dis que les choses ont empiré, malheureusement.
      On doit sans doute à un règlement de compte local ou régional (académie de nancy-metz), qu’un membre de comité ait dévoilé les secrets de délibération en direction de la presse. D’habitude, la loi du silence prévaut...mais si, je vous assure...cordialement

  • Blackhawk
    • Posté à 23h13 le 06/02/2010
    • Internaute 48430

    Très drôle. Dans cette affaire, le comité de sélection est bien le seul hors de tout soupçon.
    Etrange.

    On parle du piston local : ouf, ça ne touche que les gueux de la province. Les normaliens, eux, ne se pistonnent pas.

    • dy
      dy répond à Blackhawk
      • Posté à 01h48 le 07/02/2010
      • Internaute 47181

      AH ENFIN ! ! !

      J’ai lu tous les commentaires, les arguments des uns et des autres tiennent vraiment bien la route, tous les paramètres ont été pris en considération pour expliquer et justifier (ou surtout pas) cette situation sauf celui-là...

      D’emblée, tout le monde a considéré que le comité de selection était « hors de tout soupçon ».
      Je ne sais pas si vous l’êtes, mais vous feriez en tous cas un excellent chercheur !

      • tiburs
        tiburs répond à dy
        • Posté à 10h11 le 07/02/2010
        • Internaute 6751

        Sans être spécialiste de cela, il me semble tout de même que le comité de sélection prend en compte un dossier complet et auditionne le candidat. De plus, il comporte des membres extérieurs censés dégager un peut le jugement des enjeux locaux. non ?

         
        • Blackhawk
          Blackhawk répond à tiburs
          • Posté à 10h27 le 07/02/2010
          • Internaute 48430

          début de réponse :

          cet article fait appel aux « réflexes » intellectuels les plus basiques, donc les plus rapides, donc à ceux qui s’imposent comme une évidence :

          S’agissant du « piston », quels sont ces réflexes ?
          piston universitaire normal= localisme spatial+ localisme intellectuel. (un cerveau local dans un espace local)

          or le piston possible que je suggère est un piston d’autant plus pervers qu’il s’appliquerait à Normale sup, qui n’obéit pas au critère de localisme géographique, puisque par définition, les normaliens ont pour nécessaire destination TOUTES les universités.
          On change donc de paramètres avec normal sup : le piston n’est plus fonction d’un lieu, mais de personnes appartenant au même « corps » et qui transcendent l’espace universitaire classique, fragmenté en universités.

          Le piston de normal sup est d’un autre genre : il est délocalisé. Cela lui interdit il d’exister ?
          Piston Normalien= localisme intellectuel sans localisme géographique.

          Je serais curieux de connaitre les rapports des 3 signataires avec Normal sup. Qui prend les paris ?

          • tiburs
            tiburs répond à Blackhawk
            • Posté à 10h52 le 07/02/2010
            • Internaute 6751

            Ok, votre propos est sur les sortes de « filières » qui se sont constituées et qui déforment la concurrence. Cela existe bel et bien mais la solution n’est elle pas dans le fait d’assurer le pouvoir de commissions de recrutement avec des membres extérieurs.

            Après, je ne suis pas sûr que les jurys soient dupes : ils ne votent pas forcément en fonction de l’appartenance du candidat mais aussi en fonction de sa production intellectuelle réelle. Un normalien qui n’aurait pas eu une production à hauteur de ce qui devrait être attendue serait quand même pénalisé car il n’aurait ni l’excuse du manque d’intelligence ni celle d’avoir pâti de mauvaises conditions de travail, non ?

        3 autres commentaires
      • les_canards
        les_canards répond à dy
        • Posté à 16h38 le 07/02/2010
        • Internaute 20527

        Je crois qu’il y a une bonne raison à cette hypothèse généralisée (et à laquelle j’adhère) de l’irréprochabilité du comité de sélection : d’une part, il était composé à part égale de locaux et d’extérieurs, et surtout, il a établi son classement à l’unanimité ! Sauf à en appeler à une théorie du complot quand même assez délirante (les locaux - élus par leurs pairs - auraient précisément été ceux qui étaient les plus hostiles à la pauvre locale et les plus favorables au recrutement extérieur à tout prix...), il faut bien admettre que ce sont des présomptions assez fortes en faveur dudit classement.

        Autre argument : la démission fracassante des extérieurs, qui montre qu’ils croyaient sincèrement à leur « mission » initiale.

  • misstic
    misstic
    enseignant
    • Posté à 23h33 le 06/02/2010
    • Expert 65461
      enseignant

    Pour éviter le copinage, il existe une méthode sûre et bien rodée : le concours de la fonction publique. Que l’on m’explique au nom de quoi, le supérieur est le seul endroit où l’on devient fonctionnaire en étant nommé sur dossier ?

  • ima
    ima
    Parisianiste exacerbé
    • Posté à 00h02 le 07/02/2010
    • Internaute 100729
      Parisianiste exacerbé

    la loi pécresse a pas revalorisé toutes les taches de management de la recherche (notamment du point de vue carrière). Du coup des taches super importantes de gestion ne sont pas prises en compte dans les critères de recrutements.

    Si la personne (comme c’est le cas souvent des prag) avait un rôle important dans un département et que son absence va poser un problème de gestion, on comprenne que la fac ait voulu la garder. Des normaliens (ou des profs d’université) inaptes aux taches d’admin de gestion d’équipe ou d’enseignement mais super bons pour ne se réfugier que dans la recherche (d’excellence of course) on en connait ! ! !

    quand au fait qu’elle aurait du rester prag vous avez déjà essayé de vous faire respecter d’un universitaire sans etre prof ou tout du moins MCF ?

  • Au sud de nul part-
    • Posté à 05h20 le 07/02/2010
    • Internaute 57434
      Situation

    Cet article et ses commentaires confirment le mépris des profs entre eux.
    Très instructif....

    Todeti

  • alpha3
    alpha3
    france
    • Posté à 10h50 le 07/02/2010
    • Internaute 101411
      france

    Vous paraissez étonnés mais c’est ca la LRU, le CA recrute qui il veut.

    Dans le cas d’espece, qu’est ce qui permet d’affirmer que le candidat parisien était le meilleur, selon quels critères ? ou que le comité de sélection ne poussait pas ce candidat parisien ? Il est tres courant que les membres du comité de selection poussent leur poulain au detriment d’autres candidats. Il faut bien voir dans une université ou la promotion des enseignants chercheurs ne repose QUE sur leur nombres de publications il est de l’intérêt des directeurs de thèse de trouver un poste à leur poulain, lequel en retour pourra continuer ses recherches avec comme co auteur pendant plusieurs années son directeur de thèse qui l’a « placé ». Les compétences pédagogiques, l’implication dans le fonctionnement des filières, tout cela ne compte pas et c’est bien la qu’il faut chercher le probleme de l’université française ! ! !

    Que peut on imaginer dans ce cas , un brillant chercheur agrégé normalien parisien qui pourrait n’aspirer qu’a rester a paris et aller a metz 2 jours par semaine. L’université ne le verra jamais, il deviendra un vacataire professionnel, qui passe son temps dans son labo de recherche a paris.

    De l’autre coté une enseignante PRCE qui est intégrée, qui a une these, qui habite reims, qui depuis 10ans est investie dans le fonctionnement des filieres etc...

    Que dit l’article ? rien ? Quelles recherches du journaliste ? a t’il contacté les 2 parties, a t’il analysé la composition du comité de selection ? A t’il regardé quels etaient les liens entre le candidat parisien et les membres de ce comité de sélection ....

  • Prataine
    Prataine
    Philosophe
    • Posté à 11h53 le 07/02/2010
    • Internaute 35317
      Philosophe

    C’est n’importe quoi !

    1) Ces petites universités et ces provinces comme Paris sont connues pour recruter en famille ! Comment faire autrement. ici, il s’agit en effet d’une personne sur place, on a toujours préféré cela, et pour cause. Il y a pire : on place sa femme, sa maîtresse, etc. Exemples abondants ! ! ! A Metz, en particulier !

    2) Mais quoi faire ? Le nombre de crétins recrutés dans le supérieur ne tient pas à cela et les jugements nationaux ne valent pas grand chose non plus, tout le monde le sait. Il y a d’autres déterminations, pas toujours reluisantes. Qui juge et comment ? On n’est pas sorti de l’auberge, c’est le temps de l’arasement des valeurs.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 12h17 le 07/02/2010
    • Internaute 55044
      trouveur

    Connaissez-vous le jeu des chaises musicales ?
    Dans le cas qui nous intéresse, il y a 60 individus qui essayent de s’asseoir sur une seule chaise. Pensez-vous que le comité de sélection pourra faire un choix impartial, un choix indiscutable ?
    Ce qu’il faut remettre en question, ce n’est pas les modalités du concours, c’est le nombre d’offres.
    Plus d’offres d’emploi. Un pays plus dynamique économiquement. Une économie moderne, productrice de « chaises et de musiques “...
    Hier, j’ai reçu une télévision : recherche et développement au Japon, assemblage en slovénie, importation par l’Allemagne, télécommande made in China. Vive la mondialisation ...
    Nous devons nous battre pour la croissance du nombre d’emplois.
    Et arrêtons de geindre sur l’injustice des concours.

  • Amilcar REN
    Amilcar REN
    (chômeur diplômé)
    • Posté à 15h40 le 07/02/2010
    • Internaute 104243
      (chômeur diplômé)

    « Je préconise pour les facs de province : le recrutement local et la possibilité de payer pour quelques vacations des profs titulaires à Paris. »

    Franchement, de quoi faudrait-il s’indigner ?

    Cette femme enseigne depuis 10 ans à l’université en tant que vacataire et elle serait titularisée ! Quoi de plus normal ! Où est le scandale ?

    Le même problème se pose pour tous les postes de fonctionnaire territorial. Le recrutement peut se faire en local et n’est pas réservé uniquement aux personnes titulaires du concours.

    Dans les universités de province, je parie que se sont les parisiens qui trustent les postes de MC (qui a des chiffres ?). En tout cas, c’est évident que pour devenir universitaire vaut mieux avoir vécu et fait ses études à Paris.

    En outre, rares sont les parisiens titulaires d’un poste en province qui s’installent. Ils font le turbo (jargon pour dire les allers-retours) en attendant un poste dans une prestigieuse université parisienne. Qu’y gagne une université de province ? Rien. A court terme elle essuie les plâtres et à long terme elle doit rerecruter.

    Les universités de Province sont souvent traitées comme des serpillières.

    Je préconise pour les facs de province, le recrutement local et la possibilité de payer pour quelques vacations des profs titulaires à Paris (puisque se sont les meilleurs).

  • Armand_de_Maupertuis
    • Posté à 19h32 le 07/02/2010
    • Internaute 41272

    Est ce que quelqu’un peut m’expliquer ce que viennent faire ces histoires de capes et d’agrégation pour un recrutement sur un poste de chercheur ?
    Pas un mot sur les publications et la carrière scientifique de la personne recrutée.
    Cet article a une drôle de façon de présenter les choses...

  • iFFLYG
    • Posté à 09h26 le 08/02/2010
    • Internaute 30165

    Contrairement à ce qui est dit, la loi LRU est destinée à renforcer le copinage et le clientélisme en faisant des petits chefs qui décident de tout, à l’instar de notre président. Les comités de sélection n’ont strictement aucun pouvoir puisque c’est le conseil d’administration qui est le véritable jury de recrutement consultatif et le président d’université peut ensuite faire ce qu’il veut. L’objectif de cette loi est de flatter ces présidents pour en faire des exécutants (ou des exécuteurs) dociles de la politique sarkozienne. Dans les faits, si les présidents d’université ont gagné en ’autonomie’, les universités ont perdu en autonomie scientifique puisque la moindre décision scientifique, comme la création d’un mastère ou d’une école doctorale, doit être avalisée par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, organe gérée selon le grand principe du centralisme démocratique, c’est-à-dire dans l’opacité la plus totale, sans conseil scientifique ni stratégie. De plus, pour améliorer sa réactivité et son efficience, ses évaluations ne peuvent avoir lieu qu’à dates fixes tous les 4 ans.
    De plus, la composition de ces jurys ’externes’, à supposer même le le conseil d’administration et le président suivent leurs recommandations, n’assurent pas plus la qualité du recrutement que d’autres modes de recrutements. En effet, c’est le président de l’université qui décide de la composition du jury. Donc, on serait certainement mieux servi si c’était le conseil scientifique de l’université qui était le jury d’admission, avec obligation faite au président de suivre ses recommandations, sur avis du conseil du département où a lieu le recrutement (éventuellement élargi à tous les membres du département). Pour l’occasion, le CS pourrait être étendu avec quelques personnalités extérieures à l’université qui recrute, mais compétentes dans le domaine, dont l’une pourrait être l’un des rapporteurs des dossiers à examiner.

    En fait, le véritable problème n’est pas recrutement local contre recrutement externe. Les meilleures équipes pédagogiques et de recherche se sont formées en constituant des écoles de pensée grâce à une certaine proportion de recrutement local. Si elles ont acquis leur renommée, c’est parce que leur recrutement s’est toujours fait sur la base de la qualité et non du copinage ou du clientélisme, ce que n’exclut absolument pas le recrutement externe même par des ’extérieurs’.

  • orso941
    orso941
    Enragé
    • Posté à 11h53 le 08/02/2010
    • Internaute 28910
      Enragé

    C’est la loi du genre, une candidature extérieure est toujours un pari et la frisolité est bien partagée.
    On change de problématique lorsqu’il s’agit de placer ses proches en politique , en famille , en couples, etc.
    Les institutions secrètent leur reproduction conforme.
    La moins mauvaise des solution solution reste le concours sur titres et état de service examiné par un jury dont les membres sont choisis de façon à conjuguer compétence, efficacité dans la fonction future et impartialité.
    Bon coiurage !

  • jb2
    jb2
    (ec)
    • Posté à 11h49 le 10/02/2010
    • Internaute 104525
      (ec)

    Je ne comprends pas le titre, « On recrute local, tant pis pour la loi Pécresse. » Il aurait dû être : « On recrute local, c’est la loi Pécresse. »

    Dans notre université (université d’Artois) par deux fois aussi des personnes classées secondes et locales ont été recrutées au détriment d’autres personnes classées premières.

    La loi LRU donne tous les pouvoirs au Conseil d’Administration (en réalité au Président, puisque la liste du futur Président, arrivée la première est assurée de détenir la majorité). Comment un Président qui a tous les droits n’en userait-il pas pour « promuovoir » (recruter ici) ses bons serviteurs. Cela avait été dénoncé et annoncé depuis la promulgation de la loi LRU. La mise en place s’est faite uniquement depuis l’année dernière.

    Je ne comprends pas cette volonté de toujours relayer les bobards ministériels. On supprime la carte scolaire sous prétexte d’égalité sociale cela ne fait que renforcer l’inégalité sociale (et on le savait), on impose une « masterisation » des métiers de l’enseignement sous prétexte de renforcement de la formation et on ne fait qu’appauvrir la formation, on modifie les procédures de recrutement des enseignants du supérieur sous prétexte de clientélisme et de localisme et on renforce le clientélisme et le localisme. D’ailleurs, si on voulait s’attaquer au localisme, on élargirait le recrutement au niveau au moins académique voire national, on ne le restreindrait pas !

    J’en profite aussi pour réagir aux contrevérités assenées avec assurance ici ou là (sur votre site par exemple).
    NON, le problème du localisme n’est pas sur la place publique grâce à la loi LRU, il y est depuis longtemps (croyez-vous que la Ministre s’en servirait comme prétexte s’il n’était pas connu ?)
    NON la loi LRU ne permet pas de dénoncer ces mauvaises pratiques, notre université en est la preuve. Personne n’en avait entendu parler (à part les enseignants de notre université).
    NON le problème n’est pas que des personnes élues sont plus sujettes à pression (voire plus corrompues) que des personnes ... nommées. Rappelons qu’auparavant les personnes qui « sélectionnaient » étaient élues en tant que spécialistes pour une certaine durée (disons 3-4 ans, il y a eu des variations, mais cela a toujours été fait par élection au sein de la discipline), le Conseil d’Administration avait le droit de refuser le classement (pour irrégularité dans la procédure par exemple, mais ne pouvait choisir le second à la place du premier, tout était à refaire). Aujourd’hui on a un « chef » nommé par le Président qui nomme les autres membres du comité (et la composition de ce comité est d’ailleurs approuvée par le Conseil d’Administration) et cela pour chaque poste. La constitution de ce comité est donc dès le départ soumise au Président d’Université et par conséquent, il y a risque dès le départ de clientélisme.

    La loi LRU donc loin de favoriser la dénonciation des « mauvaises pratiques » les cachent sauf s’il y a « clash » entre le Président et le « chef » du comité de sélection.
    La guerre des chefs (fréquente, il est vrai dans l’enseignement supérieur) est-ce cela une bonne pratique ?

    Respectueusement
    JB, enseignant-chercheur

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